Promouvoir et défendre le logiciel libre

11 February 2016

Frederic BEZIES

La deuxième guerre des navigateurs est-elle déjà terminée ?

Le 11 February 2016 à 08:10:54

Entre 1997 et 2002, la première guerre des navigateurs a eu lieu, et le résultat fût simple : Microsoft ayant encastré au maximum Internet Explorer dans les différentes versions de son MS-Windows 98 (avec Internet Explorer 4.01), 98Se et 2000 (avec Internet Explorer 5.0), Millenium (avec Internet Explorer 5.5) et XP (avec Internet Explorer 6.0) que les autres navigateurs internet ne pouvaient qu’être lentement vidés de leur sang. Je sais qu’il y a eu des projets comme 98lite pour enlever Internet Explorer, mais cela n’a pas vraiment changé la donne au final.

En 2002, Internet Explorer (sous ses diverses variantes) mangeait à lui seul plus de 90% des parts de marché des navigateurs internet. Ce n’est pas le tout jeune projet Mozilla (à l’époque une suite avec un client courrier et un éditeur de pages web) qui pouvait lutter. La sortie de Mozilla Firefox 1.0 en 2004 força Microsoft à ouvrir un oeil et faire renaître de ses cendres son navigateur internet et mettre près de deux ans à proposer Internet Explorer 7 sorti à peu près en même temps qu’un certain MS-Windows Vista.

Entre 2004 et 2008, Mozilla Firefox a eu les coudées franches pour croître en terme de parts de marché. Aucune concurrence sérieuse n’existait pour ralentir sa croissance. Mais en 2008, Google sort son navigateur, Chrome. Sur un graphique de StatCounter au niveau mondial qui montre les évolutions entre décembre 2008 et janvier 2016, on voit que le pic de Mozilla Firefox, c’est en novembre 2009 (31,82%). En janvier 2016, Mozilla Firefox arrive difficilement à 9,1%. Google Chrome ? 47,82%.

Plusieurs facteurs sont entrés en compte, entre autres

  1. La puissance de feu médiatique de Google
  2. L’installation de Google Chrome en « pièce jointe » et souvent en douce avec nombre de logiciels du type Ccleaner
  3. Certains choix stratégiques de Mozilla Firefox, parfois discutables à rapprocher de la politique de gribouille d’une partie de la communauté du libre.

L’annonce de la mise à mort – prévisible – de FirefoxOS est un indice de plus qui laisse penser que désormais Mozilla Firefox a perdu la deuxième guerre des navigateurs, comme jadis Netscape avait perdu la première. L’histoire ne se répète pas ? Vraiment ?

Comme l’a précisé Dada dans un de ses articles, la chute spectaculaire de Mozilla Firefox est aussi liée au départ de certains développeurs pour des cieux plus cléments. Ce fut le cas à la naissance de Google Chrome.

Il est à craindre que dans un avenir assez proche, le choix sera très simple, du moins sur les OS libres : ce sera un navigateur basé sur Webkit / Blink ou un navigateur basé sur Webkit / Blink.

Car il faut le dire, si on sort la carosserie, il n’y aura peu ou pas différences entre Chromium, Opera (nouvelle génération dont l’actualité est assez chargée en ce mois de février 2016), Midori, QupZilla, Web (anciennement Epiphany) pour rester dans les gros navigateurs.

Comme disait un célèbre industriel connu pour ses idées parfois sulfureuses, Henry Ford : « Les gens peuvent choisir n’importe quelle couleur pour la Ford T, du moment que c’est noir. »

Patrice ANDREANI

Dimanche, c’est #ilovefs Day

Le 11 February 2016 à 04:18:12

#ilovefs

Dimanche, montrez votre amour pour le logiciel libre. Nouvelle campagne de la FSF pour la Saint Valentin, les utilisateurs de logiciels libres sont appelés à montrer leur amour pour le libre. Écrivez à vos projets préférés pour leur montrer votre reconnaissance. Partagez votre amour pour le libre, sur les réseaux, vos blogs, chez vous et entre amis.

Remercions les développeurs et autres contributeurs, sans qui ce beau mouvement n’existerait pas.

Nouvelle version de l’Expolibre

Le 11 February 2016 à 04:11:47

April

L’April publie une 3ème version de l’Expolibre, pour les 10 ans de la 1ère version, une exposition itinérante présentant le mouvement des logiciels libres. Le but est de sensibiliser le grand public aux enjeux de société liés à cette révolution informatique en présentant la philosophie de ce mouvement. Un très beau travail réalisé par le groupe sensibilisation de l’April. Tout a été entièrement revue.

Bien évidemment, cette exposition est libre, vous pouvez la télécharger et la diffuser partout 😉

A partager !

 

10 February 2016

jzimmermann.png Jérémie ZIMMERMANN

Open Letter to Věra Jourová: From Safe Harbor to Privacy Shield, Words in the Wind

Le 10 February 2016 à 16:47:51

Paris, 10 February 2016 — On 6 October 2015, the European Court of Justice (ECJ) invalidated the Safe Harbor, the agreement concluded in 2000 with the USA in order to give a legal framework to data transfers between the European Union and the USA. The W29, a working group bringing together all Member States' national data protection authorities, waited until the end of January for the European Commission to draft a new agreement taking into account the requirements of the ECJ. This agreement called "Privacy Shield" was announced on 2 February but only contains vague promises.

Joint communiqué from the Observatoire des Libertés et du Numérique (Civil liberties and Digital Observatory)1

The Civil liberties and Digital Observatory is worried about the situation and calls on Mrs. Věra Jourová, European commissioner in charge of the negotiations, to enforce the provisions of General Data Protection Regulation and the decision of the ECJ of the 6th October in order to obtain real guarantees for European citizens' personal data.

Dear Commissioner Jourová,

You announced on 2 February reaching a political agreement establishing a new framework for transatlantic transfer of personal data related to any person whose data was collected within Europe. But rather than a framework, these are only vague promises which seem to aim mainly at having the W29 wait for the outcome of negotiations in late January. Neither the W29 nor members of the European Parliament nor civic organizations are fooled by the huge risks involved by this strategy.

The judgement of the European Court of Justice on 6 October 2015 condemned the current system of personal data transfer with the United States. It denounced the European Commission's inaction, unable to review it by itself while Edward Snowden's revelations were proving that US practices didn't ensure a sufficient protection. This ruling must be, in addition, the opportunity to review the growing mass surveillance provisions in Europe, threatening Europeans' personal data protection.

We urge you to meet your commitments and to ensure that US commitments are legally binding and offer sufficient security to enable adopting a European decision that recognizes a high level of protection. Such a ruling shall in particular:

  • protect personal data of people involved with US intelligence services and surveillance practices;
  • offer means of redress to people involved, with an independent and easily accessible judge with sufficient and adapted power to perform checks in the USA;
  • allowing the implementation of data subject's rights to access, to correct and to delete their personal data and their right to oppose the processing of their data;
  • ensure that US commitments abide by the principle of privacy by design and by default, sanctioned by the upcoming European ruling and European directive on personal data protection
  • for companies seeking to import data into the USA, define obligations regarding personal data protection, in particular about transparency towards the people concerned;
  • give assurance that decisions will be binding for EU Member States as well as for the USA.

Yet you are announcing the "Privacy Shield", an agreement stemming from an exchange of letters, of promises without real guarantees, putting yourself in a weak position for talks, without any concrete and binding US commitments. Three weeks from now you will have to submit the text to the W29. Will you be able to obtain all required guarantees in such a short time?

We will remain wary of the negotiation's outcome. This landmark ruling of the ECJ repealing the Safe Harbor must not result in discarding our civil liberties. A watered-down agreement would most likely be repealed again by the Court and would have serious consequences for the confidence of both Europeans and European and American companies involved with the "Privacy Shield". Europe's credibility in the world is at stake, in an era of globalization driven by digital transformation.

L'Observatoire des Libertés et du Numérique
Creis Terminal
Le Cecil
La Ligue des Droits de l'Homme
La Quadrature du Net
Le Syndicat des Avocats de France
Le Syndicat de la Magistrature

Patrice ANDREANI

Des CHATONS chez Framasoft

Le 10 February 2016 à 15:18:57

framasoft

framasoft

Framasoft, l’association qui propose de nombreux services libres, un annuaire de logiciels et d’autres choses encore lance une initiative intéressante. Des CHATONS :

Collectif d’Hébergeurs Alternatifs, Transparents, Ouverts, Neutres et Solidaires

Ce n’est qu’une ébauche pour le moment, mais cela aurait pour but de rassembler sous une même « bannière », avec une charte commune, les organisations qui proposent des services alternatifs aux GAFAM, partout en France.

Comme ils le disent eux-même ce serait « un moyen de rassembler, de mutualiser, de décentraliser, de donner de la visibilité, de fédérer autour de valeurs communes, de faciliter l’essaimage, mais sans pour autant centraliser, rigidifier, contrôler ces structures. »

Pour en savoir plus, rendez-vous ici.

C’est une très bonne initiative, à mon avis.

jzimmermann.png Jérémie ZIMMERMANN

Data Retention: Will the French Council of State Defy the ECJ?

Le 10 February 2016 à 13:20:15

Paris, 10 February 2016 — As the French Council of State is set to render a first decision on this burning issue this Friday1, Privacy International (PI) and the Center for Democracy and Technology (CDT) have submitted a third party intervention aiming to support the legal challenges brought by FDN, the FDN Federation and La Quadrature du Net. The goal: repealing the provisions enforcing the generalised retention of metadata in France and allowing the European Court of Justice (ECJ) to play its role of guardian of fundamental rights.

A bit of context

In the weeks following World Trade Center attacks of 9/11 and the terrorist attacks in London and Madrid in 2004 and 2005, France and several countries voted laws in favour of a general retention of connection data. The European Union adopted Directive 2006/24/CE on 15 March 2006, imposing the principle of general retention of connection data to all Member States of the Union, with a range of retention periods ranging from six months to two years.

But on 8 April 2014 the Digital Rights decision, the ECJ has invalidated the directive. At this time, the interference with privacy rights had already been denounced by constitutional and administrative jurisdictions among Member States. National judges had deemed that these provisions entailed a disproportionate encroachment on the citizens' right to privacy and freedom to communicate. Such conclusions were reached in Romania (2009), Germany (2010), Bulgaria (2010), Cyprus (2011) and Czech Republic (2011).

On 24 December 2014, the French Government adopted a decree referred to as “LPM”2. It is against this decree that the "exegetes amateurs”3 brought their first legal action. Soon after they initiated another legal challenge on the refusal by the French Government to abrogate:

  • article R. 10-13 (fr) of the Post and Electronic Communications Code;
  • Decree 2011-219, of 25 February 2011 (fr), amending provisions related to judicial requisitions in article 6 the Law on Digital Trust and Economy (LCEN), 2 June 2004 (law 2004-575).

Both legal actions aim at the same goal: to expose the French mass surveillance measures' contradictions with European law and to come back to more targeted and proportionate approaches. In their third party intervention, CDT and Privacy International analyse both the European Court of Justice's (ECJ) and the European Court for Human Rights' (ECHR) case-law and remind that in the aftermath of the Digital Rights ruling, several courts across Europe invalidated national laws' provisions4.

It is therefore the French Council of State's turn to do the same. Otherwise, it should at least refer the matter to the ECJ to ensure that the French law on the subject respects European Union's law. This would appear all the more essential since two preliminary rulings to clarify the Digital Rights ruling's consequences are pending before the ECJ. If the Council of State failed to do so, it would not only go against the European case-law and its upholding by many Member States' supreme courts, but also turn its back on two constitutive elements of the European Union, namely: the Charter of Fundamental Rights of the European Union on the one hand and the dialogue between judges on the other hand.

Will France thumb its nose at the ECJ?

A hearing has already taken place on 27 January 2016 before the French Council of State on the legal action against the LPM decree. On this occasion, the public rapporteur (a judge) opposed the idea of the Council of State referring the matter to the ECJ for a preliminary ruling, so as to evaluate the conformity of the French law with the Charter. According to him, this would not be appropriate as French measures would "in any case" be validated because it is more precise than the 2006 directive invalidated by the ECJ.

This argumentation is extremely political as well as chocking. It goes against several rulings in other European countries5, against a report of the European Parliament's own legal services but also of statements in the annual report (fr) of the French Council of State itself which recognised that the applicability of the Charter could not be dismissed6?

On 12 February at 4pm, the French Council of State will take a first decision on the appeal against the LPM decree. If French judges had to validate the French measures or to object to a preliminary ruling to ECJ, this would not only be the sign of profound defiance towards the ECJ, but also a real denial of justice vis-à-vis French citizens.

As a worldwide debate is being held against Internet surveillance measures and when, all across Europe, courts are pushing towards an overhaul of national legislations in order to take account of the ECJ's case-law, the dismissal of the action initiated by FDN, FFDN and La Quadrature du Net would symbolize a new historical step back for the rule of Law in France. It would be yet another sign of the historic crisis the European Union is currently facing.

For more informations:

  • The offical release of the third party intervention by CDT;
  • The abrogation request (fr) of the article R. 10-13 of the Post and Electronic Communication Code and of the 2011-219 decree of 25 January 2011, which modify the dispositions related to judicial requisitions under the article 6 of the Law of Trust in the Digital Economy (LCEN) of 21 June 2004 (2004-575);
  • The LPM brief (fr);
  • To read more on the actions of the Exegetes Amateurs see this page;
  • 1. On the 12 February at 2pm, the French Council of State is set to give its first decision on the legal challenge against the Military Programming Act (LPM)
  • 2. Decree n° 2014-1576 of 24 December 2014 on administrative access to connection data.
  • 3. Nickname given by former MP Jean-Jacques Urvoas to the group of activists of the three aforementioned associations. The exegetes are mobilised against the French government's abuses infringing freedoms on the Internet.
  • 4.
      Examples:
    • In June 2014, the Austrian Constitutional Court invalidated most of its national law. Telecom operators immediately stopped retaining the concerned data;
    • On 3rd July 2014, Slovenian Constitutional Court quashed a decision on data retention. The three main rationales raised by the Court were the massive and indiscriminate retention of a significant part of the population's data without any justification, the lack of motivation of the retention duration (8 months for Intenet connection data), the use of other motives than "serious crimes";
    • In Romania, the first transposed national law was invalidated by the Constitutional Court as early as in 2009. The government adopted a new law in 2012. On 8 July 2014, the Constitutional Court declared this 2012 law unconstitutional as well;
    • In Bulgaria, the Constitutional Court declared the national law unconstitutional on 12 March 2015;
    • To finish, the Belgian Constitutional Court ruled on 12 June 2015 that the transposing Belgian law adopted in June 2013, "with similar grounds as the ones that brought the ECJ to invalidate the 'data retention' directive", and in particular taking into consideration the generalised and undifferentiated aspect of the retention, the legislator violated the human rights Charter, hence, the Belgian Constitution.

  • 5. See the request for a preliminary ruling from the Kammarrätten i Stockholm (Sweden), lodged on 4 May 2015 — Tele2 Sverige AB v Post- och telestyrelsen (Case C-203/15):

    "Is a general obligation to retain traffic data covering all persons, all means of electronic communication and all traffic data without any distinctions, limitations or exceptions for the purpose of combating crime (as described [below under points 1-6]) compatible with Article 15(1) of Directive 2002/58/EC, 1 taking account of Articles 7, 8 and 15(1) of the Charter
    If the answer to question 1 is in the negative, may the retention nevertheless be permitted where:

    • access by the national authorities to the retained data is determined as [described below under paragraphs 7-24], and
    • security requirements are regulated as [described below under paragraphs 26-31], and
    • all relevant data are to be retained for six months, calculated as from the day the communication is ended, and subsequently deleted as [described below under paragraphs 25]?"

  • 6. RICHARD, Jacky et CYTERMANN, Laurent, 2014. Le numérique et les droits fondamentaux, Les rapports du Conseil d’État. S.l. Conseil d’État. [Last visited on the 29th May 2013]. Études du Conseil d’État, p. 200. Avalaible here: http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/144000541/index.... (fr).

tnitot.png Tristan NITOT

Un nouveau CNNum

Le 10 February 2016 à 12:30:00

La nouvelle version du CNNum vient d’être annoncé officiellement. Il est confirmé que ma candidature n’a pas été retenue.

On retrouve six (excellents) anciens : Marie Ekeland, Daniel Kaplan, Godefroy Beauvallet, Sophie Pène, Marc Tessier et Benoît Thieulin (ex-président) et 24 nouveaux, avec une forte connotation entrepreneuriale et, me semble-t-il, plus jeune. Bonne nouvelle, la parité est toujours de mise !

Et le libre, dans tout ça ?

Ce nouvel équilibre, intéressant, se fait toutefois aux dépens de l’Open Source et du Logiciel Libre. Exit les piliers de cette mouvance, dont Valérie Peugeot (Orange et Vecam), Michel Briand, Serge Abiteboul (chercheur, professeur, blogueur et… romancier !) et moi-même. À une période où les signaux anti logiciel libre se sont multipliés (EducNat et Microsoft, absence de priorité au libre et refus des biens communs dans la loi numérique), c’est très très préoccupant. L’excellente Véronique Torner, co-fondatrice et présidente d’Alter Way, se sentira bien seule quand il s’agira de pousser les thématiques du libre au CNNum…

Quoi qu’il en soit, je souhaite le meilleur à la nouvelle équipe et à son président, Mounir Mahjoubi. Je sais qu’ils pourront compter sur un secrétariat général ultra-compétent et très dynamique, mené par l’infatigable Yann Bonnet, que je remercie ici (Charly, Camille, Judith, Somalina, et les autres).

april.png Nouvelles April

Le groupe de travail sensibilisation de l'April publie une nouvelle version de l'Expolibre illustrée par Antoine Bardelli

Le 10 February 2016 à 06:54:59

L'April a le plaisir d'annoncer la publication d'une nouvelle version de l'Expolibre, collection de panneaux d'information concernant le Logiciel Libre. L'objectif de cette version 3 a été de simplifier le message et de l'organiser autour de thèmes mieux délimités. Les illustrations grand format lui donnent le potentiel pour toucher un plus large public. L'aspect visuel est plus fort, l'exposition est ainsi bien visible sur les lieux de passage, mais aussi beaucoup plus accessible.

La première version de l'Expolibre lancée en 2006 par le réseau de la Ligue de l'enseignement dans les Alpes du sud, l'association Linux-Alpes et APITUX a rencontré un franc succès. En 2008, le groupe sensibilisation de l'April publiait une deuxième version disponible en format ouvert, notamment grâce au travail de François Poulain. Pour les 10 ans de l'Expolibre, nous vous proposons une exposition entièrement renouvelée, tant dans sa forme que dans son contenu, sous la houlette d'Antoine Bardelli.

 Qu'est-ce qu'un logiciel libre ?

Les observateurs les plus attentifs avaient pu l’apercevoir en avant première sur le stand de l'April à l'occasion du Village du Libre pour Alternatiba Ile-de-France 2015. Pour permettre aux groupes d'utilisateurs de Logiciels Libres, aux espaces publics d'accès à Internet, aux bibliothèques, aux médiathèques, aux clubs informatiques, et à toutes les associations intéressées d'en profiter à l'approche du Libre en Fête, l'April publie aujourd'hui une nouvelle version de l'Expolibre.

Expolibre est une exposition itinérante expliquant les logiciels libres au grand public. Au travers des différents thèmes abordés, ces panneaux présentent la philosophie du logiciel libre, mouvement qui se développe depuis le début des années 1980. L'objectif est de sensibiliser aux enjeux de société liés à cette révolution informatique. Dans l'esprit du logiciel libre, cette exposition est « libre » et nous vous invitons à la télécharger pour la diffuser le plus largement, la copier, l'exposer et bien sûr l'adapter à vos besoins. Les panneaux imprimés sur bâches grand format seront également prochainement proposés à la location.

C'est une grande satisfaction pour l'April de mettre à disposition ce nouvel outil de promotion du logiciel libre.

09 February 2016

april.png Nouvelles April

Pour une politique publique en faveur du logiciel libre - Jeanne Tadeusz - RMLL2014

Le 09 February 2016 à 07:16:16


Jeanne Tadeusz

Titre : Pour une politique publique en faveur du logiciel libre
Intervenant : Jeanne Tadeusz
Lieu : RMLL - Montpellier
Date : Juillet 2014
Durée : 41 min
Pour visionner la vidéo : Pour une politique publique en faveur du logiciel libre

Description

L'actualité politique autour du logiciel libre est riche : de la préférence accordée au logiciel libre inscrite dans la loi pour le service public de l'enseignement supérieur, au choix de collectivités locales comme la région Rhône-Alpes de favoriser le logiciel libre, les derniers mois ont vu une claire évolution des pouvoirs publics.

Transcription

Merci d’être là en cette heure matinale, un mardi matin, comme ça, à Montpellier, en plus pour parler d'un sujet pas forcément simple qui est celui des politiques publiques.

Pour me présenter rapidement je suis Jeanne Tadeusz, je suis responsable des affaires publiques à l'April qui est l'association de promotion et de défense du Logiciel Libre. Cette conférence va d'abord être l'occasion de faire un récapitulatif, déjà, de toutes les avancées qu'on a pu avoir en faveur du logiciel libre, principalement en France, parce que c'est le sujet que je connais le mieux, ces dernières années, donc principalement au niveau de l’État, mais éventuellement on peut aborder aussi un petit peu la question des collectivités locales avant de voir le chemin qui reste à parcourir et aussi toutes les occasions manquées pour, (oui, je n'ai pas de connexion internet et ça se voit), toutes les occasions manquées pour avoir vraiment une politique publique en faveur du logiciel libre, en France, aujourd'hui.

On va commencer par de l'actualité récente, mais on va commencer aussi par des choses qui font plaisir à entendre, c'est-à-dire les dernières avancées. Parce qu'on a tendance tous, et c'est normal, à regretter les choses qui ne sont pas faites en faveur du logiciel libre, mais il faut aussi parfois penser aux choses qui sont faites pour le logiciel libre aujourd'hui. Donc le premier signal politique fort qu'on a, c'est donc 2012, la fameuse circulaire signée en septembre 2012, par le Premier ministre, sur le bon usage des logiciels libres dans l'administration. Cette circulaire était principalement indicative, il ne faut pas l'oublier, mais c'était surtout un guide pour les administrations publiques, les administrations de l’État, pour leur expliquer comment utiliser du logiciel libre, quels étaient les logiciels libres pertinents à utiliser, les situations, et ainsi de suite.

On pouvait déjà noter sur ce document qu'il était intéressant parce que bien écrit, et que, visiblement, ils avaient compris ce que c'était que le logiciel libre, quels étaient ses avantages, quel était, aussi, son écosystème. Et puis, aussi, c’était très important dans le sens où c’était un signal très fort pour toutes les personnes qui sont dans les administrations et qui poussent pour plus de logiciel libre depuis des années et des années, souvent sans être entendues, parfois même pour être critiquées pour le faire. Et, finalement, de voir, quand même, un document signé par le Premier ministre qui dit que le logiciel libre c'est intéressant, c'est une piste à explorer parce qu'il présente beaucoup d'avantages, c'était une manière de revaloriser et de justifier, quelque part, tous leurs efforts en faveur du libre. Au moins pour ces points-là, c’était quand même un premier signal important et puis c'était aussi un des premiers documents qui avait vraiment été signé au niveau de l’État, quand même au niveau du Premier ministre, ce qui n'est pas rien, pour plus de logiciels libres. Donc c'était la première étape qui était plus sur un aspect, on va dire, réglementaire.

Il y a eu aussi des avancées récentes, en 2013, des avancées cette fois-ci législatives. C'était il y a pile un an, parce que c'était pendant les RMLL de l'an dernier que ça été discuté et adopté. Il y a une disposition dans la loi sur l'Enseignement Supérieur et la Recherche qui donnait la priorité au logiciel libre dans le service public de l'enseignement supérieur. Bien sûr c'est limité, ce n'est que le service public de l'enseignement supérieur, on est bien d'accord, ce n'est pas tout le service public. Mais, de fait, c'est déjà une priorité au logiciel libre, c'est-à-dire que l'idée qu'on doit utiliser du logiciel libre à chaque fois que possible, et éviter le logiciel propriétaire sauf quand on n'a pas le choix, au moins pour un service public, et qui est inscrit, vraiment, dans le droit. C'est quand même un aspect politiquement fort. Ça venait, en plus, à la suite de beaucoup de débats sur ce type de disposition, parce que, vous vous souvenez peut-être, mais il y avait le même type de disposition sur la priorité au logiciel libre qui avait été proposé juste avant, pour la loi sur la Refondation de l'école, donc pour le service public de l'enseignement numérique. La disposition n'avait finalement pas été adoptée, principalement à cause d'un lobbying extrêmement fort de la part de Microsoft, Apple, et compagnie. Il y avait même, de mémoire, le directeur de l'INRIA qui s’était joint dans la bataille. Enfin il y avait vraiment eu une bataille de lobbying extrêmement forte contre cette disposition pour l’Éducation nationale, donc pour l'enseignement primaire et secondaire. Et, finalement, c'est quand même passé pour l'enseignement supérieur, dans une autre loi, donc sur un autre sujet. Mais cette idée d'une priorité au logiciel libre, contrairement à ce qui avait été annoncé, elle n'a pas été retoquée par le Conseil constitutionnel, elle est, a priori, légale, on la retrouve d'ailleurs dans d'autres pays, l'Italie notamment, mais il y en a sans doute d'autres, mais qui au moins permet de dire que dans tous les cas où c'est possible il faut d'abord utiliser du logiciel libre.

A ce titre on avait, vraiment, une évolution, au moins dans les annonces. Après, dans les actions, c'est bien évidemment plus compliqué. Même un an après c'est difficile de tirer un bilan concret, même si on pense bien que, pour les gens qui sont en interne, une fois de plus, dans les administrations, notamment l'enseignement supérieur, le fait qu'il y ait cette disposition qui soit dans la loi, quand ils veulent pousser pour du logiciel libre c'est déjà beaucoup plus simple de le faire parce qu'on a un texte de loi sur lequel s’appuyer : « Regardez le logiciel libre c'est bien parce que », tout ce qu'on connaît, tout ce sur quoi on est convaincus nous, parce que ce sont des questions de liberté, ce sont des questions d'éthique, ce sont des questions de partage. Mais, en plus, la loi dit qu'il faut utiliser du logiciel libre autant que possible, déjà ça va rassurer ceux qui ne sont pas du tout techniciens, qui sont, par exemple, des acheteurs publics, qui sont dans les départements juridiques, de dire que bon, au moins ils suivent la loi, ils sont carrés, ils sont tranquilles. Et après aussi, les décideurs de dire que si c'est dans la loi, donc ça ne doit pas être dangereux, on peut y aller.

Au moins, pour ces aspects-là, on a quand même des signaux qui sont positifs, même si, évidemment, ça ne reste que des premières étapes, et, même si ça fait plaisir, et je pense que c'est important de se rappeler qu'on a ces succès qui existent: Il y a aussi eu des défaites et des choses plus compliquées, des dossiers plus complexes sur lesquels ce n'est pas encore gagné, pour que l'on ait vraiment une politique qui soit en faveur du logiciel libre aujourd'hui.

Donc des occasions manquées, on en a eu aussi un certain nombre récemment. La première ça va être celle du brevet. Je pense qu'on voit tous aujourd'hui les brevets logiciels qui reviennent par la petite porte, notamment les batailles sur les smartphones, sur les tablettes, avec des brevets logiciels qui sont déposés un peu dans tous les sens.

En Europe, encore aujourd'hui, on est relativement épargnés, parce que, théoriquement en Europe, il n'y a pas de brevets logiciels. C'est inscrit dans un certain nombre de textes internationaux de la France, même s'il y a un certain nombre d'acteurs notamment de lobbies, mais pas que, qui essaient de battre ça en brèche, pour dire que « oui il n'y a pas de brevet sur du logiciel pur, mais si on peut l'appliquer techniquement avec un ordinateur dans ces cas-là on peut déposer un brevet ». Ce qui permet de, finalement, déposer un brevet sur n'importe quoi parce que tous les logiciels s’appuient sur un ordinateur, a priori. Donc il y a des reculs. C'est un sujet où on a l'impression qu'en Europe on est protégé, alors qu'en réalité on ne l'est pas réellement, et il y a de plus en plus de brevets logiciels qui sont déposés et un lobbying extrêmement fort pour qu'ils soient adoptés rapidement.

C'est d'autant plus regrettable, c'est le cas, notamment, par le projet de brevet unitaire, qui est un projet assez technique, mais dont l'idée c'est de donner tous les pouvoirs de jurisprudence de dire si un brevet est valide ou pas, non plus aux tribunaux nationaux comme c'est le cas aujourd'hui. Aujourd'hui, finalement, en France c'est la Cour de cassation, très largement, qui nous protège contre les brevets logiciels en appliquant strictement le droit qui dit qu'il n'y ait pas de brevets logiciels, mais de le confier à un nouveau tribunal spécialisé qui serait composé de spécialistes des brevets, donc principalement d'anciens avocats des brevets, pour dire si un brevet est valide ou non. Donc ça serait une porte d'entrée monstrueuse pour les brevets logiciels, mais aussi pour les semences, ils sont très inquiets sur ces questions-là, parce qu'ils sont exactement dans le même cas de figure que nous.

Donc on a quand même des reculs importants en ce moment. C'est quand même un sujet de préoccupation qui est majeur, et qui l'est d'autant plus parce que c'est regrettable de voir que nous on est en train de reculer avec de plus en plus de brevets logiciels alors que même, aux États-Unis, qui était pourtant le « pays de rêve » pour tout ce qui était Patent Trolls et compagnie, donc tous les spéculateurs sur les brevets. On a, au contraire, une avancée en faveur de moins de brevets logiciels. Ils ont enfin compris le danger de ces brevets, et on a eu tout récemment là, début juillet, fin juin pardon, une décision de la Cour suprême américaine qui restreint ce qui est brevetable, et qui restreint, notamment, tout ce qui est brevets logiciels en disant que le fait qu'une invention soit applicable sur un ordinateur ne suffit pas à la rendre brevetable. Donc, en clair, ça veut dire qu'il faut que le logiciel améliore le fonctionnement de l'ordinateur pour que ce soit un logiciel brevetable.
Alors on n'est pas encore sur l'interdiction des brevets logiciels, malheureusement. Mais tous les brevets, enfin les pires dont on a pu entendre parler ces dernières années dans toutes les batailles, que ce soit le brevet sur l’achat en un clic d'Amazon, par exemple, ou ce genre de choses, eh bien de facto c'est annulé par cette décision, donc on a un vrai progrès à ce point-là.

Oui, parce que les brevets les plus problématiques, finalement, ce ne sont pas les brevets hyper techniques, même s'ils posent encore un certain nombre de problèmes, bien évidemment. Ça va être les brevets sur des concepts très généraux. C'est, par exemple, Apple qui gagne contre Samsung parce qu'ils ont le brevet sur le fait que, quand on descend tout en bas d'un texte, ça va rebondir avant de redescendre. Et c'est notamment sur cette base-là qu'ils ont réussi à attaquer Samsung pour avoir violé ce brevet-là, pour obtenir des milliards de dommages et intérêts (NdT, procès non terminé au moment de cette conférence).

Donc on voit bien, sur ce type de questions, qui ne sont finalement que des questions de design, qui pourraient être, éventuellement, sanctionnées, si c’était vraiment du parasitisme dans le sens où Samsung ferait quelque chose qui ressemblerait exactement et pourrait faire croire que c'est de l'Apple, mais qui ne sont, en aucun cas, une problématique de droit des brevets. Ça n'a finalement rien à voir.

Donc voilà. Les États-Unis progressent. L'Europe recule. Espérer que nos nouveaux députés européens, nouvellement élus, se réveillent sur cette question-là. Qu'on ait enfin une législation claire en Europe, qui soit contre les brevets logiciels, parce qu'on sait tous, aujourd’hui, que les brevets logiciels c'est dangereux pour l'innovation. Il y a un consensus, notamment auprès des chercheurs, là-dessus, comme quoi, notamment, dans l'aspect logiciel, ça coûte aujourd'hui beaucoup plus cher que ça ne rapporte d'avoir des brevets, et ça nuit à l'innovation beaucoup plus qu'autre chose, au point qu'aux États-Unis, on voit tous les chercheurs en informatique, et dans tous les départements de recherche et développement, qui ne regardent même pas s'ils sont en train de risquer de violer un brevet, parce qu'ils savent que, de toutes façons, c'est le cas, et que, après on s'arrangera, si besoin et si on se fait attaquer. On en est à ce point-là.

Aujourd'hui c'est vraiment une question où ça devient important de légiférer clairement. Rappeler aussi que le brevet est protégé par le droit d'auteur, que le droit d'auteur fonctionne bien pour le brevet, c'est-à-dire qu'on ne peut pas copier votre code si vous n'avez pas donné votre autorisation pour l'insérer dans un autre logiciel et prétendre que c'est le vôtre. Ça, ça existe, ça fonctionne. Voilà. Remettre clairement en place le fait que le logiciel c'est le droit d'auteur et ce n'est pas du brevet.

Voilà une première occasion manquée. C'était pour la partie un peu plus technique. J'espère que je ne vous ai pas noyés là-dessus. On va revenir sur un dossier qui est plus politique qui est le contrat Open Bar entre Microsoft et le ministère de la Défense.

Ce contrat, c'est quelque chose dont on a entendu parler pour la première fois vers 2007/2008. Pour contexte, eux n'appellent pas ça un Open Bar, évidemment, eux appellent ça un « accord cadre ». L’idée c'est que le ministère de la Défense a passé un contrat avec Microsoft, dans le cadre duquel, pour tous les postes non sécurisés, parce qu'évidemment on ne sait pas ce qu'ils font sur les postes sécurisés, notamment opérations de terrain ou autres, là on ne parle que des postes dans le ministère, des postes non sensibles, on va dire. Donc, sur ces postes-là, le ministère de la Défense peut se servir, pour un certain nombre de produits Microsoft, incluant, a priori, tout ce qui est les licences de systèmes d'exploitation, mais aussi bureautique, serveurs, etc, pour utiliser autant de licences qu'ils veulent, pendant un certain nombre d'années, pour chaque marché c'est quatre ans. Ils payent tous les ans un forfait à Microsoft, par contre, c'est un forfait de location. C'est-à-dire qu'à la fin des quatre ans, soit ils repassent un contrat et ils repayent, soit ils doivent tout désinstaller.

Donc vous imaginez bien qu'en termes d'enfermement chez un éditeur particulier c'est monstrueux, parce que, comme toutes les licences, eh bien, elles sont là, pourquoi on irait utiliser autre chose, parce qu'on a déjà les licences, n'est-ce pas, donc c'est beaucoup plus simple. Effectivement ils ont une uniformisation dans l'utilisation globale de Microsoft qui est très importante depuis le passage de ce contrat. En plus, ça a permis à Microsoft de mettre en place un centre de compétences Microsoft, au sein même du ministère de la Défense, pour les aider à utiliser les produits, à les déployer, etc. Donc, pour le ministère, pour eux, officiellement, c'est tout bénef, parce que ça leur permet de supprimer des postes d'informaticiens. Dans un contexte de réduction des coûts, ils n'ont plus besoin d'avoir autant de monde en interne qui soit compétent pour gérer le parc, parce qu'il y a des gens de Microsoft qui sont là et qui s'en occupent pour eux !

Au point de vue, par contre, des « petits détails », comme souveraineté, indépendance technologique, c'est relativement problématique. Après il faut quand même aussi rajouter que, bon, ce sont des contrats Open Bar, en plus des contrats qui ont été passés sans concurrence, sans appels d'offres, sans quoi que ce soit, négociation directe entre le ministère et l'éditeur. Donc, comme ça ils sont tranquilles ! Il n'y a personne d'autre qui peut les demander, qui peut, même, tenter sa chance. Parce qu'on pourrait imaginer, pourquoi pas, un regroupement d'éditeurs, que ce soit libre ou autre, qui, au moins, propose une solution alternative. Là, ils n'en ont même pas la possibilité. Qu'ils soient capables ou non c'est une autre question qui se débat, après tout je n'en sais rien. Mais voilà, on ne leur laisse même pas cette possibilité matérielle de le faire. Donc, très clairement, on est un peu limite sur les questions de droit des marchés publics.

Sur les questions de souveraineté et de l'indépendance on est limite aussi, surtout quand on pense aux révélations de Snowden ou autres, le fait que la NSA installe des back doors dans les produits Microsoft, et ça, on le sait aujourd'hui. C'est un peu donner les clefs, notamment aux services secrets américains, pour savoir ce qui se passe dans les ordinateurs du ministère de la Défense. Et puis, aujourd'hui, on se retrouve dans une situation de dépendance qui est telle que ça devient de plus en plus difficile de revenir en arrière. Parce que, finalement les gens qui connaissent bien ce qui se passe dans l'informatique du ministère, eh bien, ce sont des gens de Microsoft, qui sont payés par l’entreprise et pas du tout des fonctionnaires indépendants. Il y a de moins de moins de monde qui gère l'informatique au niveau de l’État, même si on vous présentera çà comme un succès parce qu'on a réduit les dépenses. Parfois ça peut devenir un peu problématique. En plus, l'idée de revenir en arrière devient de plus en plus difficile, et, finalement, on se retrouve dans une situation de dépendance complète avec, en plus, l'obligation de repayer tous les quatre ans, parce que sinon on n'a plus rien, parce qu'on n'a plus les licences. Donc il n'y a même l'aspect qu'on pourrait espérer d’achat des licences. Il y a un effet de dépendance parce que c'est une technologie propriétaire, parce que c'est difficile d'en sortir, mais au moins on possède une licence de logiciel. Là ce n'est même pas le cas, c'est un droit de location qu'ils payent.

Le premier marché a été passé en 2009. Il y avait eu pas mal de critiques qui avaient faites à l'époque. Le marché a été renouvelé en 2013, au milieu d'encore plus de critiques. Nous, à l’April, on avait notamment fait un certain nombre de demandes de documents administratifs pour en savoir un peu plus. On peut regretter, on n'a pas beaucoup d'informations sur le marché 2013. Officiellement ils nous ont envoyé le marché de 2013, sauf que la moitié des informations sont noircies. Par exemple, on ne sait pas quels types de produits ça concernait exactement, parce que toutes les pages qui listent les produits sont noircies. C'est regrettable. Du coup on ne sait que les produits que pour 2009, parce que pour 2009 on avait la version entière.

Pareil, on ne connaît pas les montants. Ça, pour les montants, ça peut se comprendre, secret des affaires, etc. Mais au moins, pour les produits, ça semble quand même particulièrement problématique et pareil, on ne sait pas quels services du ministère de la Défense ça concerne exactement, parce que, pareil, ça a été noirci. Donc on reste sur des marchés où il y a beaucoup de questions, sachant que le marché a été reconduit en 2013.

Donc la question va se reposer pour 2017. Ça va redevenir un aspect important parce qu'il y a de vraies mauvaises habitudes qui sont prises au ministère de la Défense. Sans dire que, pour 2017, on va arrêter tout Microsoft et passer au Libre, même si c'était une bonne nouvelle que le ministère de la Défense passe au Libre, au moins de cesser ces mauvaises pratiques qui est de dire que « Microsoft est ultra dominant, tous nos partenaires de l'OTAN utilisent Microsoft, donc on va faire comme tout le monde », et on ne se pose pas la question. C'est quand même particulièrement dommage, surtout avec les dernières connaissances qu’on peut avoir en termes de sécurité informatique. Et aussi, en France, on a quand même un écosystème, notamment logiciels libres, qui existe, avec beaucoup d’entreprises qui pourraient, au moins, proposer un certain nombre de choses, pour sortir de cette hégémonie.

Donc voilà ! Pour les deux aspects, on va dire, occasions manquées et en même temps les évolutions positives.

Maintenant, pour le logiciel libre, plus dans la pratique administrative, donc dans les ministères. On a un peu vu le ministère de la Défense, mais de manière plus générale, dans les différents ministères, on a eu en 2012/2013, un certain nombre de questions écrites de la députée Isabelle Attard qui a demandé à chacun des ministres quelle était la politique en matière d'usage du logiciel libre dans leurs administrations, et pour savoir, aussi, quel était le chiffre au départ, quelles étaient les dépenses en matière de logiciel propriétaire et les dépenses en matière de logiciel libre.

Les réponses ont commencé à arriver en 2013. Aujourd'hui on a la plupart des ministères qui ont répondu. C'était intéressant parce que des choses dont on avait pas forcément conscience, par exemple que l'ONF était très en pointe sur l'utilisation de logiciels libres. C'est là qu'on découvre, qu'en fait, il y a beaucoup d'initiatives sur certains produits, notamment en termes de bureautique, il y a énormément d’avancées et d'améliorations qui sont faites, de choix, notamment OpenOffice, LibreOffice qui commencent à s'imposer de plus en plus dans les administrations.

Après, aussi, mais ça on s'en doutait peut-être plus, dans l'aspect plus serveurs, infrastructure derrière, il y a énormément de logiciels libres. Par contre ils ont encore beaucoup de mal aujourd'hui à donner des chiffres, notamment à faire la séparation entre les deux, ce qui est regrettable, parce que normalement les licences ne devraient pas être comptabilisées de la même manière que la maintenance ou l'aide au déploiement par exemple. Mais ça, visiblement, ce n'est pas encore simple à séparer au point de vue budget.

Voilà, on a des chiffres variables, pour chaque ministère. On a des premières réponses qui sont fournies. Des cas d'études intéressantes. Je parlais de l'ONF. On découvre que, par exemple, le ministère de la défense utilise, pour tous ses ordinateurs portables sécurisés, une variante d'Ubuntu. Pardon le ministère des Affaires étrangères. Donc là, on découvre que le ministère de la Défense, au contraire, aurait des choses à apprendre de la part des Affaires étrangères. C'est plutôt intéressant. Ce sont toujours, comme ça, des informations supplémentaires. Là, ce qu'on a pu voir aussi, c'est que tout récemment là, il y a quelques semaines, cette même députée, donc Isabelle Attard qui est très en pointe sur cette question, a reposé les questions pour voir quelles étaient les évolutions un an après. Donc un an après, deux ans après la circulaire Ayrault, s'il y avait eu des évolutions qui avaient été faites en termes de choix de logiciels libres. On va sans doute avoir de nouveaux chiffres, de nouvelles réponses. Et c'est une manière aussi, intéressante, de voir concrètement, dans le quotidien administratif, donc un peu au-delà de la politique, quel est l'usage du logiciel libre et quelles sont les politiques concrètes en faveur du logiciel libre qui sont mises en place aujourd'hui.

Voilà. À mon sens, aujourd'hui, on est vraiment sur un entre deux. C'est-à-dire qu'il y a des choses intéressantes qui se passent. Il y a encore beaucoup de mauvaises habitudes à combattre et d’initiatives regrettables là-dessus. Après, il reste qu’aujourd’hui on a de nouvelles opportunités pour plus de logiciels libres qui sont intéressantes et qui permettent, pourquoi pas, d'envisager la voie vers plus de logiciels libres.

Donc, pour commencer avec les nouvelles opportunités. Il y avait de nouvelles initiatives législatives, notamment. Ça peut sembler anecdotique, mais ça témoigne d'une réflexion, quand même, je pense intéressante au sein de l'Assemblée. Il y a eu, dans différents projets de loi, des amendements sur les DRM et la TVA sur le prix du livre.

Pour les derniers qui ont été déposés, c'était dans le cadre du projet de loi de finances qui ont été débattus la semaine dernière et la semaine d'avant. L'idée c'est de dire que le prix du livre, c'est un prix à taux réduit, ça s'applique aussi, certes, pour les livres numériques, ça ne s'appliquerait que pour les livres numériques que l'on possède réellement, c'est-à-dire sur les livres sans DRM. Vous savez bien qu'avec les DRM, tous ces dispositifs de contrôle d'usage, eh bien tous vos livres numériques, le vendeur peut parfois y accéder à distance, peut les supprimer, peut les modifier, sans votre accord. Aussi, si vous ne pouvez pas forcément utiliser le support comme vous pouvez pour pouvoir le lire, vous ne pouvez pas le prêter et ainsi de suite. Donc, finalement, ce n'est pas comme le livre papier que vous achetez à la librairie. Parce que le livre papier vous pouvez le lire un peu où vous voulez, quand vous voulez. Vous pouvez le prêter autant de fois que vous voulez et ainsi de suite. Ce n'est clairement pas le cas avec des DRM, en dehors des problèmes, notamment, de vie privée que posent les DRM, la possibilité pour certains éditeurs, notamment Amazon, de supprimer de livres à distance.

En tout cas, finalement, quand on a des DRM et donc des verrouillages qui s'appliquent sur les livres numériques, on ne possède pas le livre : c'est simplement une location. Donc l'idée d'un certain nombre de députés c'est de dire que, dans ces cas-là, ce n'est pas vraiment un livre, donc c'est la TVA normale qui doit s’appliquer. Alors, c'est un peu tordu, mais c'est de faire clairement la différence entre ce qui est dans le cadre d'un livre, là on s'approche du logiciel libre parce que c'est aussi pour les utilisateurs de logiciels libres, la possibilité de pouvoir les lire comme ils veulent, c'est le même type de libertés qui s'applique, donc c'est important.

Ce qui est intéressant de voir c'est que ce type d'amendements qui aurait été, je pense, inenvisageable il y a quinze ans, déjà, parler de DRM, parler de choses comme ça, ça semblerait complètement abstrait, eh bien, ce sont des amendements qui sont réellement débattus aujourd’hui. Malheureusement il n'est pas passé, mais plus sur une argumentation du type « ça ne fait partie d'une loi de finances, il faudrait consulter la commission culture », que sur un argument du type « DRM, pas DRM, c'est pareil, et le livre numérique, on ne sait même pas ce que c’est ». Au moins à ce titre-là, à mon sens, on a un progrès qui a eu lieu, qui est encore limité, mais aujourd'hui, quand on leur parle de DRM, quand on leur parle de logiciel libre, c'est valide aussi quand on leur parle de Neutralité du Net, les députés, alors on ne va pas dire qu'ils sauront donner une définition précise et parfaitement exacte, mais déjà ils ont une idée de ce que c'est. À ce niveau-là on a un vrai progrès et je pense une possibilité, aussi, de pousser pour une législation qui devienne, non seulement moins nocive pour le logiciel libre, mais pourquoi pas, un jour, plus positive.

À ce titre-là, au niveau réglementaire aussi, on a quand même des choses positives qui ont été faites. Notamment il y a le socle interministériel de logiciels libres, qui, même s'il n'a pas été signé, celui-ci, par le Premier ministre, c'est un peu la suite de la circulaire Ayrault. C'est-à-dire que ce sont en partie les mêmes personnes qui sont travaillé dessus et la DISIC, donc la Direction interministérielle des systèmes d'information, qui est placée sous la responsabilité du Premier ministre, qui a élaboré un premier document qui récapitule les logiciels libres qui sont matures, faciles à utiliser pour les administrations et pour lesquels on a déjà des connaissances en interne, dans les administrations, dans les services informatiques, pour pouvoir aider au déploiement, à l'installation.

Concrètement pourquoi c'est important ? Pour tous ceux qui seraient, notamment des administrations, qui seraient un peu perdus sur le logiciel libre, ça permet de savoir, concrètement, ce qu'on peut utiliser de manière simple et à qui s'adresser si on a un problème. Donc c'est vraiment aussi une approche qui est plus celle des communautés, que nous on peut connaître, et c'est l'idée de recréer des communautés au sein des administrations, pour vraiment avoir un usage du logiciel libre qui se fasse en interne et à l'inverse de ce qu'on a pu voir, notamment, avec l'Open Bar, de développer des compétences pour pouvoir réellement maîtriser son infrastructure. Et ça permet, en plus, d'avoir une certaine uniformité, plutôt que d'avoir un informaticien qui connaît bien tel logiciel, donc il va le déployer dans le service pour lequel il travaille, alors que dans l’autre service on va mettre autre chose, etc. C'est d'avoir, quand même, une forme d'uniformisation, ce qui, pour l'administration est bien évidemment plus simple ensuite à gérer, tout en mutualisant les connaissances.

À ce titre-là c'est vraiment un document intéressant. C’est une première version qui a été publiée, ça va sans doute être mis à jour parce que ça évolue vite là-dessus, notamment en termes de bureautique ou autre. Clairement, aujourd'hui, il y a une vraie poussée en faveur de tout ce qui est outils libres, OpenOffice, LibreOffice, ils sont en train de pousser pour que ça devienne, de facto, le standard, en proposant aussi, l’État a passé un contrat interministériel, pour du support, pour de l'aide au déploiement, donc pour aussi faciliter l'usage des agents au quotidien, ce qui est réellement positif.

Donc, a priori, je n’étais pas présente, mais il y a Axelle Lemaire, donc la ministre chargée de l’Économie numérique, qui est passée aux RMLL samedi, et qui a dit que, notamment aussi, toutes les économies qui seraient faites en termes de logiciels libres, ils en utiliseraient une partie pour les reverser aux communautés. C'est une annonce, après c'est toujours une annonce qui fait plaisir. Déjà, mine de rien, ça veut dire que même au niveau de l’État, au niveau d'une ministre, on a compris que logiciel libre ce n'est pas que du gratuit et qu'il y avait quand même des gens qui travaillaient dessus derrière, qu'il y avait des entreprises, qu'il y avait tout un écosystème, et que faire du développement ça coûtait de l’argent, et que reverser aussi à la communauté, y compris une aide financière, ce n'était pas négligeable. Voilà. On a quand même des bonnes nouvelles sur cet aspect-là.

Après il y a aussi beaucoup d'initiatives au niveau des collectivités locales, qui sont prises et qui sont intéressantes, alors pas tout à fait réglementaires, mais des décisions qui sont souvent politiques. Je pense, notamment, au niveau de la ville de Toulouse qui a choisi de passer entièrement tout ce qui est bureautique sur du logiciel libre, ce qui est un premier exemple important, vu la taille de la ville, ce n'est quand même pas négligeable. Ce ne sont pas les seuls. Il y a beaucoup de collectivités qui passent aujourd'hui, voire qui font du tout logiciel libre. La plus connue, la plus importante, qui n'est pas en France, c'est Munich, qui aujourd'hui utilise exclusivement du logiciel libre sur un système d'exploitation qui est basé sur un Ubuntu, mais qui a été modifié pour convenir plus précisément à leurs besoins.

C'est aussi, après tout, l'exemple de la Gendarmerie nationale qu'ils sont en train de terminer, là ce sera terminé pour 2015, une migration vers que du logiciel libre. C'est-à-dire qu'aujourd'hui les gendarmeries sont très majoritairement équipées de postes, pareil, sous un dérivé d'Ubuntu, où ils utilisent de l'OpenOffice tous les jours, ils utilisent Firefox, ils n’utilisent que du logiciel libre. Et, actuellement, les retours sont bons. La Gendarmerie nationale communique, d'ailleurs, sur le sujet, ce qui est assez remarquable, pour dire qu'ils sont très contents de leur choix. Ça a mis cinq ans. C'est une migration qui est quand même lourde, ce sont quand même beaucoup de postes de travail. Ça leur a coûté de l’argent, évidemment, même en termes de développement, ils ont notamment aidé, mais ils ont joué le jeu parce qu'ils ont développé, notamment, des patchs de sécurité, des choses comme ça, pour renforcer la sécurité dans les courriels, mais ils ont reversé leurs développements à la communauté ensuite, ce qui est un bon exemple à suivre. Aujourd'hui, voilà, ils ont passé d'abord tous les logiciels en logiciels libres, en restant sur des postes Windows, et ensuite, ils ont gardé les mêmes logiciels, mais ils ont tout passé sous de l'Ubuntu ce qui a permis une transition plutôt en douceur pour les agents, avec formation de tous les agents qui sont passés en formation pratiquement à un moment ou un autre, pour savoir comment l’utiliser. Les retours de la Gendarmerie sont excellents et, a priori, les retours du terrain sont plutôt bons aussi. Ils ne sont pas connus. Il y a eu, forcément, quelques petits ratés, mais globalement ça fonctionne bien et ça fonctionne nettement mieux que ce qu'a la police nationale aujourd'hui et, pour ça, ils sont finalement très contents

Voilà ! Des nouvelles opportunités.Des nouveaux dangers, je vais conclure quand même là-dessus, mais rapidement, parce que je vois que le temps passe. Nouveaux dangers qu'on peut citer, bon, tout ce qui est les nouveaux accords transatlantiques. Alors on se souvient d'ACTA et de la belle victoire qu'on a eue en 2012 pour arrêter ce traité commercial soi-disant anti-contrefaçon, mais qui en réalité allait affecter toutes les règles sur le droit d'auteur et ainsi de suite.

On a des nouvelles versions qui arrivent, qui ont des différents noms, TAFTA, TTIP ou CETA, qui sont, finalement, toujours ces traités de libre-échange, notamment entre les États-Unis et l'Europe, qui très clairement, remettent en danger la possibilité de choisir nos législations sur, notamment, droit d'auteur, DRM et ainsi de suite, notamment dans le cadre du TTIP où l'idée c'est de mettre en place un nouveau tribunal arbitral pour régler les litiges en termes, notamment, de droit d'auteur. Donc on peut tout à fait imaginer les dérives. On en a parlé pour le brevet unitaire, mais c'est un peu la même règle qui s'applique, de définir ce qui est brevetable et ce qui ne l'est pas, qui soit défini par un tribunal international qui soit composé de spécialistes, on peut s'imaginer le danger et surtout s'il n'y a plus aucune cour généraliste indépendante qui ait de pouvoir derrière.

Ce sera le cas aussi, sans doute, sur plein d'autres sujets. Heureusement ce sont des textes qui sont encore en discussion. Il y a une mobilisation qui existe, qui est réelle sur ces sujets. La Quadrature du Net, notamment, est très active. À l'April on l'est également. Il y en a d'autres, je pense notamment, sur d'autres sujets, mais, comme ACT UP qui est très active sur le sujet, parce que sur les médicaments ça les concerne directement. Ça va être aussi sur les semences où il y a des associations comme Semences Paysannes. Donc voilà ! On a des dangers qui sont importants, qui concernent, finalement, énormément de monde. C'est pour ça que je vous invite à, même si ça semble technique, à regarder ces sujets-là, et à s'en préoccuper, d'autant qu'on a une consultation de la Commission européenne dont la deadline est dimanche, et qui demande l'avis, notamment sur la mise en place de tribunaux arbitraux pour régler tout un tas de litiges. Donc n'hésitez pas à y jeter un œil. À l'April, et avec d'autres, on est en train d'essayer d'organiser un atelier, demain, si tout se passe bien, pour justement voir comment y répondre, en tant qu'individus quelles sont les problématiques et ainsi de suite. N'hésitez pas à y participer et aussi à venir nous voir sur les différents stands, on est là pour ça aussi, sachant que la deadline, c'est le 13 juillet pour répondre, sachant que le 14 et le 15 ils sont à nouveau en négociations sur ce texte, dont on ne connaît toujours pas la portée exacte, parce qu'il est toujours confidentiel malheureusement. Le but étant de faire annuler tous ces textes extrêmement dangereux, jusqu’à ce que tous nos politiques, et notamment la Commission européenne, comprennent qu'il y a un vrai refus de tous ces textes et de tous ces reculs, à nouveau, sur les droits, notamment, des utilisateurs de logiciels libres, mais aussi, plus largement sur les droits de tous les citoyens.

Voilà. Comment agir ? Effectivement, je disais, répondre à des consultations, s'informer, informer les autres c'est important aussi. On l'a vu avec l'affaire Snowden, on a un début de prise de conscience tout autour de nous de ces questions, alors, qui est encore limité, mais qui progresse. Et c'est important, et je pense que c'est là quelque chose sur lequel on peut tous s'impliquer pour dire pourquoi on ne veut pas de ce qu'ils nous proposent et pourquoi, au contraire, on veut une vraie politique publique et une vraie société, avec du logiciel libre, avec la neutralité d'Internet et toutes les valeurs qu'on défend.
Donc voilà. Merci de votre attention. Je crois que j'ai déjà juste un peu dépassé le temps, j'en vois là qui arrivent pour la conférence d'après. Je ne sais pas si on a le temps pour prendre une ou deux questions. S'il y a des questions, n'hésitez pas.

Public : Inaudible

Jeanne : D'accord. TAFTA, TTIP, CETA. Alors TAFTA c'est le traité de libre échange transatlantique en français, donc c'est Trans-Atlantic Free Trade Agreement, en anglais. TTIP c'est Transatlantic Trade Investment Partnership, donc le partenariat transatlantique sur les investissements et les échanges économiques. Deux acronymes pour des choses différentes. Et CETA c'est l'accord entre le Canada et les États-Unis et je vais retrouver ce que veut dire l'acronyme dans un instant. Non, c'est entre Europe, Canada, États-Unis, je crois, c'est pour ça.

En tout cas ça reste toujours la même logique. C'est entre des différents pays. Les pays développés, en plus, enfin pays riches, très clairement, où on nous dit qu'on a besoin d'un tribunal arbitral parce qu'on ne peut pas faire confiance à la justice. On serait en train de négocier un traité avec des pays qui ne sont pas forcément des démocraties, ou des pays avec des régimes instables, on pourrait le comprendre. Je fais quand même un minimum confiance à la justice en France et en Europe, et je pense que pareil, pour tout ce qui est investissements internationaux, on peut, aussi, faire à peu près confiance à la justice américaine pour interpréter correctement un traité. Je doute qu'on ait besoin d'un tribunal arbitral pour ça.

Public : Inaudible.

Jeanne : Je récapitule la question s'il y en a qui n'ont pas entendu. C'est sur les marchés publics et notamment dans le cadre du CNRS, où pour l’achat d'ordinateurs, il y en a à peu près la moitié qui sont avec licences Windows et la moitié sans. Donc qu'est-ce qu'on fait notamment au niveau de l'April sur le sujet ?

Après, déjà ce qu'il faut voir, c'est que normalement ils ne devraient même pas acheter avec des ordinateurs avec licences Windows, en tout cas pas explicitement. Ils n'ont même pas le droit de faire ça. Ce qui est la première étape quand même à rappeler, parce que, normalement, on n'a pas le doit de préciser une technologie particulière ou une marque. C'est interdit de préciser une marque dans un marché public. C'est quelque chose que pas mal de monde oublie, visiblement. Dire qu'on veut un ordinateur avec Windows, on ne peut pas. Dire qu'on veut un ordinateur avec système d’exploitation qui permet de faire telle ou telle chose et qui soit compatible avec notre système qui existe avec Windows Serveur, on a le droit et ça se comprend, puisque c'est un besoin existant. Mais par exemple on pourrait dire qu'un autre fournisseur il permet de dire que oui on a la compatibilité, donc ça fonctionne. Donc, il y a ce premier aspect déjà.

Après, qu’est-ce qu'on fait au niveau de l'April ? On s'intéresse au sujet, ça c'est clair. On fait pas mal de sensibilisation, notamment au niveau des collectivités locales, pour leur expliquer gentiment, déjà c'est le premier point. Les sensibiliser, parce qu'il y en a plein qui ne sont même pas au courant que, un minimum il faut dire qu'il faut des ordinateurs avec Windows ou équivalent. Mais même le « ou équivalent » est un peu limite, et puis, en tout cas, il faut quand même un peu laisser le marché ouvert. Donc il y a cet aspect-là.

Après, quand on est face à des gens qui sont de moins bonne foi comme ça a l'air de cas puisqu’il y a moitié moitié, c'est déjà plus délicat. Nous en tant qu'association on ne va pas pouvoir, par exemple, aller en justice là-dessus, parce qu'on n'est pas lésé. Il y a déjà eu des entreprises du logiciel libre qui sont allées attaquer des marchés comme ça, qui ont souvent gagné. Ce n'est pas simple de le faire, on le conçoit très bien. Après, nous, tout ce qu'on peut faire, je pense, c'est de la sensibilisation, de l'information, de la critique aussi quand c'est non justifié et qu'il y a des marchés comme ça.

Et puis après nous on propose un certain nombre de ressources notamment en termes de textes de lois, de références, d'analyses aussi des différentes décisions de justice pour qu'aussi chacun puisse s'en saisir, et expliquer pourquoi ce type de marché est dangereux, est illégal, parce que, finalement, la plus grande crainte d'un acheteur public, de celui qui va signer les contrats, c'est de se faire retoquer son marché, parce que ça va mettre six mois de retard avec toutes les galères que ça implique et c'est souvent par cet argument qu'on peut gagner. Clairement, concrètement, pour parler très clairement, travailler dans un service juridique à l’achat, la plus grosse crainte c'est de se faire annuler son marché et devoir tout recommencer à zéro avec, en plus, le juge qui va surveiller très attentivement chaque étape, ce n'est pas vraiment plaisant. Et c'est un des plus gros risques dans ces fonctions-là.

Après, quand on a des gens qui sont complètement bouchés, qui veulent absolument du Windows, eh bien ça va être difficile de faire quelque chose, je l'accorde volontiers. Par contre, il y a quand même une vaste majorité, qui n'est pas forcément franchement au courant, qui hésite un peu, qui ne se rend pas compte des risques et ce sont ceux-là qu'on peut vraiment faire bouger.

Je ne sais pas s'il y a d'autres questions, si on passe à la conférence suivante. Merci beaucoup, en tout cas, de votre attention et n'hésitez pas à passer nous voir sur le stand de l'April.

08 February 2016

Frederic BEZIES

Deepin 15.1 : une distribution GNU/Linux provenant de l’Empire du Milieu.

Le 08 February 2016 à 15:46:28

Je n’ai presque jamais abordé la Deepin Linux sur le blog. La dernière fois, ce fût en 2013. Cette distribution d’origine chinoise, jadis basée sur Ubuntu (qui est une Debian GNU/Linux « unstable » stabilisé au niveau du coeur) quitte la base Ubuntu pour aller directement sur la Debian GNU/Linux unstable. Ce changement a été officialisé avec l’arrivée de la version 15 de la distribution sortie fin… 2015 :)

Elle propose le Deepin Desktop Environment qui est spécifique à la distribution, même s’il a été porté pour Archlinux par exemple.

La Deepin 15.1 est sortie récemment, une occasion pour voir ce que donne l’environnement en action. J’ai donc fait chauffer mon wget pour récéuper l’image ISO qui pèse un peu plus de 1,9 Go.

[fred@fredo-arch ISO à tester]$ wget -c http://cdimage.linuxdeepin.com/releases/15.1/deepin-15.1-amd64.iso
–2016-02-08 14:56:14– http://cdimage.linuxdeepin.com/releases/15.1/deepin-15.1-amd64.iso
Résolution de cdimage.linuxdeepin.com (cdimage.linuxdeepin.com)… 2001:da8:d800:95::114, 202.141.160.114
Connexion à cdimage.linuxdeepin.com (cdimage.linuxdeepin.com)|2001:da8:d800:95::114|:80… connecté.
requête HTTP transmise, en attente de la réponse… 200 OK
Taille : 2059567104 (1,9G) [application/octet-stream]
Sauvegarde en : « deepin-15.1-amd64.iso »

deepin-15.1-amd64.i 100%[=====================>] 1,92G 3,29MB/s ds 14m 16s

2016-02-08 15:10:31 (2,29 MB/s) — « deepin-15.1-amd64.iso » sauvegardé [2059567104/2059567104]

J’ai ensuite créé dans VirtualBox une machine virtuelle basée sur un modèle Debian GNU/Linux en 64 bits, tout en lui donnant de quoi s’exprimer : 2 Go de mémoire vive dédiée, 128 Go de disque dur, 2 CPUs virtuel et l’acceleration 3D activée au passage. Au démarrage, deux options : l’installation ou le démarrage en mode « failsafe », le « mode sans échec » du monde MS-Windows.

L’installateur est très bien conçu, et fait penser à celui de MS-Windows 8.x/10 dans sa présentation générale.

Après avoir choisi la langue d’installation, nous avons droit à une gueulante si une machine virtuelle est détectée. Donc acte. Les performances seront réduites ? Et bien, nous n’en parlerons pas :)

Un panneau récapitulatif apparait. En cliquant sur « Anglais (US) », on accède à la liste des claviers disponibles, rangé par ordre alphabétique.

Le principe est le même pour le choix du fuseau horaire.

Une fois les deux réglages effectués, il suffit de remplir le formulaire proposé à l’écran. Inutile de sortir de Polytechnique pour cette étape :)

On passe après à l’étape de la cible d’installation et le partitionnement. On peut passer en mode expert en cliquant sur « Mode expert » en haut. J’ai décidé de garder les options par défaut, histoire d’éviter les bugs vicieux, en cliquant sur le bouton « Installation ».

Nous avons droit ensuite à l’habituel diaporama sur les outils disponibles, la communauté, etc. Bref, du grand classique. Pas de quoi casser trois pattes à un palmipède. Le seul point dommageable : une énorme faute d’orthographe sur la dernière page de l’installateur.

On arrive dans le Deepin Desktop Environment alias DDE, avec une barre de lancement qui fait penser au Dock de MacOS-X, et des icones à la mode « flat ». Une icône permet d’accéder à tous les réglages de l’environnement, et fait penser à des outils introduits avec MS-Windows 8.x, mais en plus utilisable, et aussi d’une certaine manière à la barre latérale du Budgie Desktop développé par le projet Solus.

Certains outils ont été réécrit, comme le visionneur de vidéo ou l’outil de lecture musicale. J’ai l’impression que le navigateur de fichier n’est autre que Nautilus, l’outil de Gnome, et que le magasin d’application est l’adaptation de l’ubuntu store version Debian GNU/Linux. À moins que je ne me trompe lourdement ?

Mais le plus simple reste de montrer l’ensemble en action.

<iframe allowfullscreen="allowfullscreen" frameborder="0" height="480" src="https://www.youtube.com/embed/eQ_V5UEoM9Q?rel=0" width="640"></iframe>

Malgré la mise en garde et le temps de chargement un peu long, le Deepin Desktop Environment est resté assez utilisable. Dommage que le choix d’icônes soit aussi restreint, que Google Chrome et WPS Office soient proposés par défaut. C’est une agréable surprise, et l’ergonomie de l’ensemble est bien pensée. Surtout la barre latérale qui reprend l’image de la télécommande tout en étant plus utilisable qu’une télécommande classique 😉

Reste à savoir maintenant si le Deepin Desktop Environment sera suffisamment portable pour permettre sa démocratisation. Il y a bien un port pour Archlinux, mais je ne l’ai pas encore essayé. En tout cas, on reste loin de l’horreur qu’est le port d’Unity pour Archlinux.

Une bonne surprise donc. Comme des publicités informatiques le disait dans les années 1990, « À suivre… »

april.png Nouvelles April

Revue de presse de l'April pour la semaine 5 de l'année 2016

Le 08 February 2016 à 14:21:29

La revue de presse de l'April est régulièrement éditée par les membres de l'association. Elle couvre l'actualité de la presse en ligne, liée au logiciel libre. Il s'agit donc d'une sélection d'articles de presse et non de prises de position de l'association de promotion et de défense du logiciel libre.

En podcast.

Sommaire de la revue de presse de l'April pour la semaine 5

[cio-online.com] Edito: l'abus de propriété intellectuelle nuit à la propriété intellectuelle

Par Bertrand Lemaire, le vendredi 5 février 2016. Extrait:
> Les conflits se multiplient entre éditeurs de logiciels et entreprises utilisatrices, notamment autour des audits de licences. Mais, en fait, il n'y a rien de neuf sous le soleil: la rapacité justifiée par la propriété intellectuelle veut réduire à néant une autre propriété intellectuelle, celle des clients utilisateurs.
Lien vers l'article original: http://www.cio-online.com/actualites/lire-edito%A0-l-abus-de-propriete-intellectuelle-nuit-a-la-propriete-intellectuelle-8210.html

[LeMonde.fr] Le Parlement européen veut reprendre la main sur le TiSA, l’autre grand traité qui effraie

Par Maxime Vaudano, le jeudi 4 février 2016. Extrait:
> Dans l’univers très anxiogène des grands accords commerciaux négociés derrière des portes closes, le traité transatlantique Tafta/TTIP en préparation entre l’Europe et les Etats-Unis occupe depuis bientôt trois ans le devant de la scène de notre côté de l’Atlantique – quand les Américains s’intéressent davantage au traité transpacifique, officiellement signé le 4 février 2016.
Lien vers l'article original: http://transatlantique.blog.lemonde.fr/2016/02/04/le-parlement-europeen-veut-reprendre-la-main-sur-le-tisa-lautre-grand-traite-qui-effraie

[ouest-france.fr] Il donne accès à une informatique plus éthique

Par Anne-Emmanuelle Lambert, le mercredi 3 février 2016. Extrait:
> Depuis septembre, Nicolas Barteau, un Alençonnais de 36 ans, est entrepreneur salarié de la coopérative d'activités et d'emplois Crescendo, basée à Flers. Son boulot: animateur numérique spécialisé dans les logiciels libres.
Lien vers l'article original: http://www.ouest-france.fr/normandie/alencon-61000/il-donne-acces-une-informatique-plus-ethique-4017462

[ZDNet France] Lancement de l'Open Source School

Par Thierry Noisette, le mercredi 3 février 2016. Extrait:
> Smile et l'EPSI lancent l'OSS, école d'enseignement supérieur et de formation continue dans l'open source, avec une aide d'Etat de 1,4 million comme investissement d'avenir.
Lien vers l'article original: http://www.zdnet.fr/actualites/lancement-de-l-open-source-school-ecole-superieure-pour-le-logiciel-libre-soutenue-par-le-cnll-39832062.htm

Et aussi:
[ChannelNews] Smile lance une école supérieure dédiée aux technologies open source
[Le Monde Informatique] L'Epsi et Smile ouvrent la 1ère école dédiée à l'open source

[L'Express.fr] Partenariat entre Microsoft et l'Education nationale: bugs en vue?

Par Sandrine Chesnel, le mercredi 3 février 2016. Extrait:
> Un collectif d'associations et entreprises du numérique a déposé un recours auprès du ministère de l'Education nationale pour demander l'annulation d'un partenariat signé en novembre avec Microsoft. Un accord accusé d'illégalité.
Lien vers l'article original: http://www.lexpress.fr/education/partenariat-entre-microsoft-et-l-education-nationale-bugs-en-vue_1759758.html

Et aussi:
http://www.ouest-france.fr/societe/microsoft-education-nationale-la-ministre-menacee-dune-plainte-4010524
[ouest-france.fr] Microsoft - Education Nationale. La ministre menacée d’une plainte
[l'Humanité.fr] La mainmise de Microsoft sur l’école fait des bugs
[ClubicPro] Partenariat Microsoft - Education: le logiciel libre passe à l’attaque
[Silicon.fr] Le logiciel libre se rebiffe contre l’accord Microsoft-Éducation Nationale

Voir aussi:
Un partenariat indigne

[rts.ch] "L'iPhone d'Apple est un ordinateur-prison", selon le père du logiciel libre

Par Delphine Gendre, le mardi 2 février 2016. Extrait:
> Lors de son passage à Fribourg lundi, le pape du logiciel libre Richard Stallman a accordé un entretien à la RTS. L'Américain de 63 ans a notamment souligné le côté intrusif des logiciels standards.
Lien vers l'article original: http://www.rts.ch/info/sciences-tech/7463886--l-iphone-d-apple-est-un-ordinateur-prison-selon-le-pere-du-logiciel-libre.html

Et aussi:
[RTBF Culture] Logiciel libre: "la propriété c'est le vol"

[Next INpact] Le registre gouvernemental de lobbyistes prend forme

Par Xavier Berne, le mardi 2 février 2016. Extrait:
> Annoncé il y a plus d’un an par François Hollande, le registre gouvernemental de lobbyistes devrait prendre forme dans le projet de loi qui sera porté dans quelques semaines devant le Parlement par Michel Sapin. Selon une première version du texte consultée par Mediapart, le dispositif serait cependant largement perfectible.
Lien vers l'article original: http://www.nextinpact.com/news/98331-le-registre-gouvernemental-lobbyistes-prend-forme.htm

Note

Les articles de presse utilisent souvent le terme « Open Source » au lieu de Logiciel Libre. Le terme Logiciel Libre étant plus précis et renforçant l'importance des libertés, il est utilisé par l'April dans sa communication et ses actions. Cependant, dans la revue de presse nous avons choisi de ne pas modifier les termes employés par l'auteur de l'article original. Même chose concernant l'emploi du terme « Linux » qui est généralement utilisé dans les articles pour parler du système d'exploitation libre GNU/Linux.

07 February 2016

Philippe SCOFFONI

HHVM, cas concret avec WordPress

Le 07 February 2016 à 17:09:57

hhvm-logoHHVM ou Hip Hop Virtual Machine est une machine virtuelle développée par Facebook afin de compiler et interpréter le code des langages PHP et Hack (un langage proche de PHP). Ces derniers temps, pas mal d’articles, tutoriels, tests ont fleuris dans la blogosphère geek à son sujet.

L’intérêt de cet outil open source serait d’offrir des performances de premier plan face à l’interpréteur standard du langage PHP. Des tests ont notamment opposé la version 7 de PHP à HHVM et là encore ce dernier sort gagnant. Un exemple de comparatif trouvé sur developpez.com.

HHVM-PHP7-Drupal-8

Le résultat semble sans appel.

Reste à savoir d’une part si HHVM est réellement stable et surtout s’il ne pose pas de problème de compatibilité. Là-dessus, il y a dans mon esprit un doute encore. Mais en parcourant divers sites, il semble que la compatibilité avec WordPress soit plutôt bonne.

Je suis un peu comme l’apôtre Thomas, et je ne crois que ce que je touche. Il me fallait un cobaye. J’aurais pu commencer par ce site, mais une occasion s’est présentée par ailleurs avec la mise à jour d’une plateforme WordPress. Le site candidat reçoit environ 6000 visiteurs par jour. Il est hébergé sur un serveur dédié que je gère.

Après quelques tests histoire de vérifier que le changement de moteur ne va pas provoquer de catastrophe nucléaire, j’effectue la bascule d’Apache vers le combo Nginx + HHVM. Le résultat en terme de charge sur la machine est sans appel.

Sélection_177

Comme vous pouvez le voir, la courbe de charge CPU s’effondre… Nous voilà donc avec un serveur dédié qui pourrait encaisser bien plus de trafic. Cela fait bientôt une grosse semaine que le site tourne et le client ne m’a signalé aucun dysfonctionnement.

Évidemment, je vais continuer à surveiller cela comme le lait sur le feu. Ce site aura aussi droit à son passage sous HHVM prochainement. Je vais en profiter pour mettre à jour la Debian qui l’héberge et qui est actuellement en version 7.

J’ajouterais quand même un bémol. Le passage d’Apache vers un combo type Nginx + Php-fpm aurait déjà permis de gagner en performance. L’écart constaté aurait probablement été moindre.

N’hésitez pas à faire part de vos retours d’expérience sur le sujet.


Réagir à cet article

Article original écrit par Philippe Scoffoni le 07/02/2016. | Lien direct vers cet article

Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons BY à l'exception des images qui l'illustrent (celles-ci demeurent placées sous leur mention légale d'origine).

.

bsibaud.png Benoît SIBAUD

Un système d'exploitation français pour la souveraineté numérique

Le 07 February 2016 à 13:48:47

C'est passé à l'Assemblée nationale française (en attendant le Sénat), au sein d'un texte comportant plusieurs volets : l'État français veut se doter d'un système d'exploitation afin d'obtenir une certaine souveraineté numérique. Le texte vise à la production d'un rapport envisageant la « possibilité créer un Commissariat à la souveraineté numérique » et précisant « les conditions de mise en place, sous l’égide de ce commissariat, d’un système d’exploitation souverain » (article 16 ter dans la version adoptée à l'Assemblée nationale).
Si le sujet suscite des critique, la France n'est pas le seul pays à vouloir en quelque sorte protéger sa souveraineté numérique. Il y a des précédents, tous basés sur Linux. Tour d'horizon en seconde partie.

Des précédents en France

Déjà l'année dernière, on avait assisté à la création d'un Institut pour la souveraineté numérique. Le Conseil national du numérique, lors d'une de ses sessions de travail, avait abordé cette thématique. Même si la tentation est forte de dire que GNU/Linux serait la solution, ce n'est pas si évident.

L'opérateur télécom Orange avait déjà envisagé d'avoir son propre système d'exploitation en 2010 (et avait sorti sa tablette Tabbee sous GNU/Linux). Et le ministre français de l’Économie, du Redressement productif et du Numérique Arnaud Montebourg avait déjà évoqué un système d'exploitation bleu, blanc, rouge en 2014 (en se basant sur le concept de « résogiciel français » du président de Skyrock, Pierre Bellanger).

Ajoutons qu'il existe déjà un système « souverain » CLIP, basé sur Linux, développé par l'ANSSI, depuis 2005 pour les opérateurs d'importance vitale (OIV), prévu pour des cas d'usage spécifiques et pas pour une utilisation par le grand public ou les administrations en général. Il est « en phase préliminaire de déploiement ».

Des précédents dans d'autres pays

D'autres pays ont déjà créé des distributions pour garantir leur indépendance. En Espagne, l'Andalousie produit GuadaLinex et l'Argentine propose Huayra (ces deux distributions sont basées sur Debian). L'article de ZDNet cite aussi la Chine, l'Inde, le Brésil et la Turquie.

On notera que tout le monde semble avoir opté pour une base Linux. Est-ce que la souveraineté numérique peut exister en dehors de Linux ? C'est le sujet de la dissertation à laquelle vous allez participer par vos commentaires.

Et des critiques de toute part

Le Monde rappelle que « La secrétaire d’Etat au numérique "ne croit pas à la possibilité d’un système d’exploitation souverain, qui serait peu opérant" » et des députés de la majorité et de l'opposition l'ont qualifié d'« erreur » et de « ridicule ». Et le directeur général de l'ANSSI l'a qualifié de « non-sens » et refuser l'idée d'un système noyauté (« plein de saletés ») pour les services de renseignement.

Les critiques sont nombreuses : travail gigantesque, coût exhorbitant, usine à gaz en préparation, lubie du « made in France », fiascos précédents dans le secteur éducatif français et du « cloud souverain », railleries multiples via Twitter.

En tout cas le projet de loi « Économie : pour une République numérique » a permis d'évoquer largement les logiciels libres au sein de l'Hémicycle.

Lire les commentaires

06 February 2016

Frederic BEZIES

En vrac’ de fin de semaine.

Le 06 February 2016 à 07:10:23

Comme chaque fin de semaine, l’obligatoire billet en vrac’. Rédigé en essayant de digérer les quelques crêpes qui restaient de la Chandeleur.

Pour le logiciel libre ?

Côté musique ?

  • Premier album hommage à David Bowie, mais attention, pas la pollution de trottoir comme le machin produit pour les 30 ans de la mort de Daniel Balavoine. C’est Amanda Palmer, Neil Gaiman et des amis qui s’y sont collés. Un hommage tout en corde. Jusqu’au 5 mars 2016, 46% des fonds récoltés iront à l’antenne de recherche contre le cancer du centre médical de Tufts.
  • Si vous aimez le post-rock bien sombre avec une ambiance « Dean Can Dancienne », alors les créations d’Anna von Hausswolf sont pour vous.
  • Si vous cherchez du plus léger, genre folk acoustique matinée de blues et un brin psychédélique, alors le premier album des Vaudeville Etiquette est pour vos. Il s’appelle « Debutantes & Dealers »

Bon week-end !

Patrice ANDREANI

Firefox OS pour smartphone : terminé

Le 06 February 2016 à 03:04:24

firefoxOS

Mozilla l’a annoncée, cette fois c’est clair, plus de Firefox OS pour les smartphones. La fondation se concentre désormais sur les objets connectés, dont les Smart TV. Après la version 2.6, il n’y aura plus de développement, et l’équipe sera retirée du projet.

Cela faisait quelques temps que l’on voyait venir cela, mais quand même, ce n’est pas une bonne nouvelle de la part de Mozilla. Thunderbird, Firefox OS, à qui le tour ?

C’est un gros gâchis, un vrai raté, et beaucoup d’énergie (et d’espoir) dépensé pour rien……..

 

 

04 February 2016

Isabelle DUTAILLY

Un vademecum pour les rédacteurs dans SPIP 3.1

Le 04 February 2016 à 16:13:41

Or donc SPIP en version 3.1 est sorti en janvier avec, notamment une fonctionnalité très utile pour les rédacteurs. Il se trouve également que je devais rédiger un guide plus touffu sur la rédaction d’un article dans SPIP 3.1 et que je pense qu’un petit vademecum avec l’essentiel est un complément utile et pratique. J’ai … Continuer la lecture de Un vademecum pour les rédacteurs dans SPIP 3.1

Cet article Un vademecum pour les rédacteurs dans SPIP 3.1 est apparu en premier sur Tutoriels et logiciels libres.

03 February 2016

april.png Nouvelles April

Un forum ouvert sur les logiciels au sein de l'administration

Le 03 February 2016 à 14:28:27

Suite à sa fusion au sein de la DINSIC (Direction interministérielle du numérique et du système d'information et de communication, sorte de DSI de l'État), la mission Etalab, qui initialement s'occupait uniquement de l'ouverture des données publiques, semble s'intéresser maintenant aussi au code.

Elle a commencé à mettre en place un « forum qui […] traite du logiciel, de tous les logiciels, libres ou non, au sein de l'administration » (basé sur le logiciel libre Discourse).

Ce site encore en développement n'est semble-t-il pas (encore ?) officiel, mais on y trouve déjà quelques informations utiles sur :

Souhaitons que cette initiative, occasion de dialoguer avec l'administration, offre aussi la possibilité de mettre en perspective, de manière constructive, les demandes et les frustrations des libristes, comme par exemple, les problèmes rencontrés par les sociétés de services pour accéder à la commande publique.

Projet PIQO - Quand on peut faire simple - Émilien Court - Christophe Schweizer

Le 03 February 2016 à 11:51:40


Émilien Court - Christophe Schweizer

Titre : Projet PIQO - Quand on peut faire simple
Intervenants : Émilien Court - Christophe Schweizer
Lieu : Nevers (58)
Date : Mai 2015
Durée : 5 min 07
Pour suivre la vidéo : Projet PIQO - Quand on peut faire simple

Transcription

piqo l'ordinateur à but non lucratif

« piqo » c'est émilien…

Émilien : Je suis Émilien Court, je suis étudiant infirmier, je suis tombé dans l'informatique quand j'étais petit. Et donc récemment, effectivement, en voyant l'évolution de la technologie, je me suis dit qu’il serait intéressant de développer un ordinateur qui soit à la fois extrêmement économique, puisse être accessible à tout le monde et à moindre prix, en particulier pour les associations, pour les écoles, pour les universités, pour les particuliers, les entreprises. Qui soit aussi un ordinateur qui consomme très peu d'énergie et qui repose sur des logiciels libres.

piqo c'est aussi christophe

Christophe : Je m’appelle Christophe Schweizer. Je suis prof en économie et sociologie. Un soir Émilien m'a envoyé un mail pour me présenter un peu son projet. Moi, la particularité, c'est que je m'y connaissais pas beaucoup en informatique. Donc j'avais dit oui, ça peut-être intéressant. Et puis, une fois que j'ai vraiment fouillé le projet, c'est devenu une évidence, piqo, on est proche du zéro défaut, si on peut dire.

« piqo » un vrai projet !

Christophe : Le projet piqo, ce n'est pas juste un ordinateur, ce n'est pas une idée on a l'ordinateur et on en vend le maximum. Il y a toute une dynamique autour. Déjà, il y a le côté environnemental, parce que ça consomme moins. En termes de recyclage, on peut quasiment tout recycler le produit. Il y a aussi une idée de création d'emplois, donc, si possible, à destination des personnes précaires ou en difficulté. Il y a le fait qu'on raisonne dans une économie sociale et solidaire. On est dans une association qui regroupe extrêmement de personnes diverses.

Émilien : Piqo c'est un projet qui est, effectivement, associatif. Ce qu'il faut bien comprendre c'est que c'est un projet qui est un projet de synthèse. C'est-à-dire que ce n'est pas seulement de l'informatique. C'est d’abord des gens qui se sont réunis pour répondre à un besoin : ça peut être des enseignants, ça peut être des gens issus de la santé, issus du social, issus des arts, de la culture, et qui ont compris, en fait, l’intérêt de cet ordinateur dans leurs disciplines respectives et qui ont, du coup, envie de travailler dessus, sans forcément être des pros de l'informatique.

« piqo » un projet plus que local…

Émilien : Pourquoi le choix de la Nièvre ? Déjà parce que c'est notre territoire et qu'on a envie de le défendre et qu'on a envie de montrer que, même s'il y a un certain déclin économique et industriel, eh bien, il y a des solutions pour rebondir. Et donc on est très attachés, oui, effectivement, à ce que piqo soit un projet ancré localement.

« piqo » et les logiciels libres…

Émilien : Le projet est né assez rapidement puisque la technologie existait déjà. On s’appuie sur Raspberry PI 2, pour lequel on a adapté un système d'exploitation qui est Xubuntu. Le choix du Logiciel libre, en fait, c’était assez évident. D’abord il y a une contrainte de coût, évidente, puisque les logiciels propriétaires sont payants et assez chers.

Ensuite, la deuxième raison, c'est que le logiciel libre, en fait, c'est aussi une philosophie, qui est une philosophie du partage et de l’échange des savoirs et c'est exactement cette philosophie-là, aussi, qu'on veut développer avec piqo. Du coup, eh bien, le logiciel libre s'imposait comme une évidence.

Ensuite, c'est un écosystème. On trouve énormément d'outils qui sont, aujourd'hui, tout à fait mûrs pour faire leur entrée de façon massive dans l'utilisation grand public. Donc le coût, plus la technologie, qui est complètement prête, plus le fait que ce soit des logiciels qui sont aboutis et sûrs, il était évident qu'on ne pouvait choisir que ça.

« piqo » c'est combien ?

Émilien : C'est un ordinateur qu'on va proposer à partir de 79,90 euros, et qui permet de remplir toutes les fonctions, on va dire élémentaires d'un ordinateur de bureau, c'est-à-dire aller sur Internet, pouvoir faire du traitement de texte, du tableur, regarder des films, écouter de la musique. Tout ça, avec un prix extrêmement bas.

« piqo » a besoin d'un coup de pouce !

Émilien : Aujourd’hui, en fait, le projet techniquement, il est quasiment prêt, mais pour pouvoir lancer la production, on est en recherche de fonds. Ça passe par un financement participatif qui a lieu actuellement sur KissKissBankBank. Et donc, à partir de là, on pourra commencer à produire les premiers exemplaires. On est aussi en recherche de financements par d'autres moyens, ça peut être des fonds publics, des fonds privés, mécénat. On réfléchit à la possibilité d'une souscription aussi.

Une fois qu'on a le 50 000 euros, on commence à produire piqo et à le commercialiser, dans un premier temps. Et ensuite, on n'a pas l’intention de s’arrêter là. On va continuer à développer piqo pour l'améliorer au niveau des performances, pour développer, éventuellement, un écosystème au niveau logiciel, inviter les développeurs à travailler dessus, permettre aux éditeurs de logiciels, aussi, de porter leurs produits ou leurs solutions sur pico.

toutes les infos sur http://www.piqo.fr

tnitot.png Tristan NITOT

En vrac du mercredi

Le 03 February 2016 à 10:11:00

Quelques liens glanés ici et là, livrés en vrac :

bsibaud.png Benoît SIBAUD

Wikipédia a soufflé ses 15 bougies

Le 03 February 2016 à 09:34:18

L’encyclopédie collaborative libre Wikipédia a fêté ses 15 ans mi‐janvier. Forte de cinq millions d’articles en anglais, de dix autres langues avec plus d’un million d’articles chacune (dont l’allemand avec 1,8 millions et le français avec 1,7 millions) et globalement plus de 35 millions de pages en 291 langues, ce recueil d’informations et de connaissances, tour à tour adulé et décrié, devenu L’encyclopédie, poursuit son chemin. 28 % des Terriens n’ont jamais connu un monde sans ce commun informationnel (source Fondation Wikimédia).

Wikipédia

Quelques informations en vrac :

  • la Fondation Wikimédia a mis en ligne un site dédié aux 15 ans, comportant de nombreux témoignages ;
  • pour soutenir l’encyclopédie en cas de problème, elle a aussi annoncé la création d’un fonds de 100 millions de dollars sur dix ans ;
  • le budget annuel est d’environ 76 millions de dollars, à 95 % financé par les dons privés ;
  • courant janvier, une polémique a eu lieu autour d’Arnnon Geshuri, un membre du conseil d’administration de Wikimedia qui a démissionné, suite à des ennuis judiciaires liés à sa carrière dans les ressources humaines chez Google et après un vote de défiance de la communauté ;
  • courant janvier, une autre information largement relayée par la presse : une adresse IP du ministère français de l’Intérieur a été suspendue par Wikipédia pour « attitude non collaborative (…) passage en force et foutage de gueule. » ;
  • Wikimédia France comporte environ 400 membres et emploie une quinzaine de salariés ;
  • Wikimédia France a milité auprès des parlementaires pour la liberté de panorama dans le cadre de la loi sur le numérique d’Axelle Lemaire ;
  • le projet Wikidata de données sémantiques poursuit sa route et devrait bientôt comporter 16 millions d’éléments réutilisables ;
  • le Québec serait un « parent pauvre de Wikipédia » (et un sujet local de polémique) ;
  • Wikipédia manquerait de femmes (près de 90 % des contributeurs seraient des hommes) ;
  • Wikipédia sert de rubrique nécrologique.

Lire les commentaires


Powered by Planet!
Mise à jour: Le 11 February 2016 à 08:32:46