Promouvoir et défendre le logiciel libre

04 May 2016

jzimmermann.png Jérémie ZIMMERMANN

Newsletter #70

Le 04 May 2016 à 14:37:34

Salut à toutes et à tous !

Voici la newsletter 70 de La Quadrature du Net !

Sommaire

L'activité de La Quadrature du Net

Nuit debout

Depuis le 32 mars (1er avril 2016), des centaines de personnes se rassemblent chaque jour sur la Place de la République, à Paris, pour parler, échanger, réfléchir. La Quadrature du Net a estimé qu'elle y avait une place, pour répondre aux questions et diffuser un petit manuel d'autodéfense numérique dont le succès (7 000 exemplaires distribués !) montre qu'il répond à un vrai besoin collectif de protéger ses communications électroniques.

Neutralité du Net

Le Parlement européen a voté en octobre 2015 un règlement sur les télécommunications. Mais ce texte retravaillé à la hâte sous les pressions des gouvernements européens pour mettre fin à des années de négociation, aboutissait dans l'urgence à un consensus mou qui sacrifiait toutes les idées fortes dont la neutralité du Net et qui avaient été adoptées par le Parlement européen en 2014.
Depuis, le BEREC s'est mis au travail. Cet organe qui rassemble les régulateurs européens des télécoms (Sébastien Soriano, de l'ARCEP, représente la France) : il est chargé d'interpréter les conséquences pratiques de ce règlement trop flou. Comme rien ne filtre, plusieurs associations de citoyens européens ont décidé de tirer la sonnette d'alarme.

Le BEREC doit avoir terminé ses travaux pour le 30 août 2016, mais le goupe présentera un premier brouillon début juin, suivi de six semaines de consultation express : ce sera court !

La Quadrature du Net et les autres associations européennes impliquées dans le collectif Save The Internet dénoncent ce court-circuitage et veulent ouvrir le débat public dès aujourd'hui.

Comment ? En lançant dès maintenant une consultation alternative, en ligne : le site Save The Internet est ouvert pour contacter les régulateurs européens, et le site Respect My Net pour recueillir le témoignages sur les violations de la neutralité du Net par vos fournisseurs d'accès à Internet (FAI). Participez dès maintenant !

Directive Terrorisme

Par ailleurs, le Parlement européen travaille en ce moment-même sur une directive relative à la lutte contre le terrorisme. Et la France n'est malheureusement pas le seul pays membre qui aimerait transposer au niveau européen sa propre politique sécuritaire nationale. D'après le projet publié en décembre dernier, ça se présente plutôt mal : le texte oublie de se référer à la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, le blocage des sites internet est à l'ordre du jour, comme en France, et sans l'aval d'un juge, comme en France depuis la Loi Terrorisme de 2014, le chiffrement est présenté comme une entrave aux enquêtes, etc.

La Quadrature recense en détail ces atteintes aux libertés fondamentales : un communiqué dense et assez long, mais très éclairant sur les enjeux et les forces en présence. À lire maintenant sur le site de La Quadrature du Net : https://www.laquadrature.net/fr/directive-europeenne-inquietante-extension-domaine-antiterroriste

Données personnelles

Le 14 avril, le Parlement européen a adopté trois textes sur les données personnelles.

Un règlement sur la protection des données personnelles, quand des entreprises les utilisent.

Une directive qui accompagne ce règlement : elle encadre le traitement des données personnelles par la police et la justice dans les États membres.

Une directive au sujet du PNR (Passenger Name Record), qui oblige chaque État membre à ficher les passagers des vols internationaux, entre pays de l'UE et pays tiers, et entre pays membres de l'UE.

Par ailleurs, les négociations vont bon train pour la mise en place du Privacy Shield, qui remplacera feu le Safe Harbor, annulé par la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) à l'occasion de la décision Schrems. Cet accord de 2010 devait garantir la protection des données personnelles collectées en Europe par les entreprises américaines. Mais les révélations d'Edward Snowden sur l'étendue de la surveillance pratiquée par les services de renseignement américains avaient montré son peu de valeur.

L'Observatoire des Libertés et du Numérique (OLN), dont la Quadrature fait partie, a publié le 7 avril une lettre ouverte à ce sujet, adressée au G29 et au Parlement européen : le nouveau projet d'accord ne donne pas toutes les garanties demandées par la CJUE, concernant la surveillance de masse, le droit à la suppression des données ou l'existence d'un vrai médiateur indépendant pour relayer aux États-Unis les demandes en provenance de l'Europe.

Que retenir de ces quatre textes ? PNR mis à part, il est grand temps d'aller visiter le site Contrôle tes données afin de prendre en main votre vie numérique !

Droit d'auteur

Les éditeurs se plaignent beaucoup de la baisse de leurs revenus dans l'économie numérique, et militent pour la création d'un « droit voisin » au droit d'auteur – similaire a celui que perçoit un interprète, par exemple. Cette piste avait été écartée par le Parlement européen, mais la Commission européenne qui planche sur le sujet a remis l'idée à l'ordre du jour, dans une consultation lancée en mars 2016.

La Quadrature explique pourquoi elle s'y oppose.

Mais les auteurs ne sont pas les seuls à devoir s'inquiéter. Nous sommes tous concernés par les exceptions prévues au droit de panorama, celui qu'on exerce pour l'instant (sans le savoir ?) quand on photographie un bâtiment encore soumis au droit d'auteur. D'après la consultation, ce droit serait désormais restreint quand la photographie est à usage commercial. Mais 'usage commercial a des contours flous. Et une liberté de panorama pleine et entière est nécessaire, d'autant plus qu'elle affecte aussi les images partagées sous licence libre. Le raisonnement détaillé est à lire ici.

Lanceurs d'alerte

Si vous suivez les médias et les réseaux sociaux, vous en avez sûrement entendu parler : en plein scandale des Panama Papers, et à quelques jours de l'ouverture au Luxembourg du procès d'Antoine Deltour, le lanceur d'alerte des LuxLeaks, le Parlement européen a voté le 14 avril une directive sur le secret des affaires qui menace gravement le travail des journalistes et les initiatives des syndicats, des salariés et des lanceurs d'alerte.

Deux jours plus tôt, La Quadrature s'associait à une campagne européenne pour la défense de ces droits, vitaux pour la démocratie, et menacés par la défense des intérêts des entreprises privées. Une mise en garde très claire, à lire absolument.

Spectre Radio

La directive européenne « relative à l'harmonisation des législations des États membres concernant la mise à disposition sur le marché d'équipements radioélectriques », que nous appellerons donc la directive Radio, doit être transposée par les États membres avant le 12 juin 2016. Mais les critères de conformité qu'elle impose menacent l'utilisation de logiciels libres utilisés par exemple par les associations qui développent des réseaux Internet citoyens sans-fil.

La Quadrature du Net, en partenariat avec APRIL, French Data Network, Fédération FDN et la Free Software Foundation Europe, adresse une lettre ouverte à l'ARCEP et à Bercy (ministère de l'Économie, de l'Industrie et de l'Emploi). Où l'on apprend que suite à une insécurité juridique, une carte wifi exploitée par un logiciel libre pourrait devenir un problème pour les associations qui, aux quatre coins du territoire, développent des réseaux Internet citoyens sans-fil. Alors qu'il travaille à la transposition de ce texte, le gouvernement français doit d'urgence corriger le tir et garantir la liberté d'installation des logiciels libres sur les équipements radios.


Revue de Presse

Général

  • Réforme Pénale : on refait le point sur les dispositions touchant au numérique — NextInpact
  • Sans l’aide d’Apple, le FBI décrypte l’iPhone de San Bernardino — Rfi

Lutte contre le terrorisme

  • L'autocensure des idées minoritaires, conséquence de la surveillance de masse — Le Monde
  • Les secrets de « Citizenfour » par sa réalisatrice Laura Poitras — Nouvel Obs
  • Le Sénat crée un délit de « consultation habituelle de sites terroristes » — Le Monde
  • Terrorisme : la frénésie sécuritaire française à côté de la plaque — Libération
  • C’est confirmé : le blocage des sites ne sert à rien pour lutter contre le terrorisme — Rue89
  • Terrorisme : forte augmentation des demandes de retraits de contenus sur le Web après le 13 novembre — Le Monde

Surveillance

  • Les écoutes coûtent cher, très cher : démonstration en quatre chiffres — Libération

Loi Numérique

  • Au Sénat, l'impressionnant détricotage de la loi Numérique — NextInpact
  • Loi Numérique : l’art et la manière de donner la priorité au logiciel libre — NextInpact

État d'urgence

  • Le gouvernement veut proroger l'état d'urgence de deux mois — Le Monde

Données personnelles

  • L’obligation de conservation des données de connexion auscultée par la CJUE — NextInpact
  • À Strasbourg, l’ombre du groupe Safran plane sur les fichiers de passagers aériens — Mediapart
  • La CNIL ignorée sur la conservation des empreintes digitales — Numerama


Participer

Il existe de nombreuses façons de participer à l'action menée par La Quadrature du Net. Vous pouvez aider La Quadrature en parlant de ses publications autour de vous, et en les diffusant sur vos blogs, Twitter, Diaspora*, vos réseaux sociaux, listes de discussion… Bref, en « buzzant ».

Vous pouvez également participer à nos listes de discussion ou échanger sur notre chat (ou directement sur notre canal IRC : #laquadrature sur irc.freenode.net).

La Quadrature du Net a aussi besoin d'aide pour un grand nombre de tâches quotidiennes, par exemple pour l'édition de sa revue de presse, des traductions, la mise à jour de son wiki, des créations graphiques ou sonores… Si vous en avez la capacité, vous pouvez contribuer à améliorer les outils comme Memopol, Respect My Net, ou le Piphone, Contrôle Tes Données, ou bien nous proposer de nouveaux projets sur notre GitLab. N'hésitez pas à nous contacter pour avoir plus d'information à ce sujet.

Enfin, si vous en avez les moyens, vous pouvez également nous soutenir en effectuant un don.


Calendrier

Mai 2016 :

  • 2 : Arrivée de Léa Caillère Falgueyrac en tant que stagiaire au service juridique !
  • 3 : Le PJL Numérique discuté au Sénat
  • 4 : Dernier jour de Lori Roussey, stagiaire au service juridique
  • 5-9 : AG de la FFDN
  • 17 : Intervention au centre LGBT Rennes, par Okhin, sur les libertés individuelles
  • 24 : Vote en LIBE sur la directive Terrorisme (Parlement européen)
  • 28-29 : Ubuntu Party Paris

Juin 2016 :


English Version

Nuit Debout

Since "32 March" (1 April 2016) hundreds of people are gathering every day on the Place de la République in Paris and everywhere in France to talk and to share. La Quadrature du Net thought it was the right place to answer questions and shared a brief digital self-defence manual, which was a real success (7 000 copies distributed!) which shows that it meets a real need for the protection of personal electronic communications.

Net Neutrality

The European Parliament adopted a regulation on telecommunications in October 2015. But the text was finalised under pressure of European governments in order to end years of negotiations, lead to a weak consensus which sacrificed all powerful ideas of Net neutrality that had been adopted by the European Parliament in 2014.
Now BEREC is working on it. This organ gathers the European telecom regulators: it is responsible for the establishment the practices coming from the interpretation of the regulation. As nothing filters out of the negotiation room, several associations of European citizens decided to send out alarm signals.
BEREC must complete its work by 30 August 2016 but the group should present a first draft of its work in early June, followed by six weeks of public consultation: it will be short!
La Quadrature du Net and other European associations involved in the group Save The Internet denounce this short-cut and wish to open public debate at once.
How? By starting an alternative online consultation: Save The Internet is open to contact European regulators and Respect My Net to collect testimonies on violations of Net neutrality by your Internet service provider (ISP). Please join in and take part!

Directive on Terrorism

The European Parliament is currently working on a directive to combat terrorism. Unfortunately, France is not the only Member State which would like to transpose its own national security policy with European policy. According to the project that was published last December, things are not turning out very well: the text fails to refer to the Charter of fundamental rights of the European Union; the blocking of websites without the approval of a judge is back in the agenda and , just like in France since the 2014 Terrorism Law; encryption is presented as an obstacle to investigations.
La Quadrature du Net lists these human rights violations in a dense and rather long statement, but quite enlightening about the issues and present forces. Read now on the website of La Quadrature du Net: https://www.laquadrature.net/en/european-directive-expansion-antiterrorism-scope

Personal Data

On 14 April, the European Parliament adopted three texts on personal data.
A regulation on the protection of personal data collected by companies.
A directive accompanying this regulation: it supervises the processing of personal data by the police and judiciary in Member States.
A directive about the PNR (Passenger Name Record), which requires each Member State to file the passengers on international flights between EU countries and between EU members and other countries.

In addition, negotiations are in progress for the implementation of the Privacy Shield, which will replace the Fire Safe Harbor, annulled by the European Court of Justice (ECJ) as a result of the Schrems decision. This 2010 agreement aimed to guarantee the protection of personal data collected in Europe by American companies. But the revelations of Edward Snowden about surveillance by the NSA had shown its value.

The Observatoire des Libertés et du Numérique (Digital and Liberties Observatory), of which La Quadrature du Net is a member, published on 7 April an open letter on this subject addressed to the WP29 and to the European Parliament: the new draft agreement does not provide all the guarantees required by the ECJ concerning the protection against mass surveillance, the right to delete personal data, or the existence of a true independent mediator to relay European demands to the US.

What should be learned from these four texts? It's time to go visit "Control your data" (FR) to take control over your digital life!

Copyright

Publishers complain a lot about the drop of their income in the digital economy, and advocate for the creation of a "neighbouring right" to copyright, similar to the one perceived by an interpreter, for example. This idea had been rejected by the European Parliament, but the European Commission which works on this issue presented the idea again, in a consultation launched in March 2016.
La Quadrature du Net explains (FR) why it opposes this idea.

But authors are not the only ones who should worry. We are all concerned by the exceptions of copyright soon in the law. For example, when photographing a building, exercising your freedom of panorama, you might soon be infringing copyright of the building designers. According to the consultation, freedom of panorama would be restricted when the photograph is for commercial use. But the term "commercial use" is blurred. And freedom of full panorama is needed, especially as it also affects pictures shared under free license. The detailed analysis is here (fr).

Whistleblowers

In the middle of the Panama Papers scandal, and a few days before the opening of the trial of the LuxLeaks whistleblower Antoine Deltour, the European Parliament adopted on 14 April a directive on trade secrets seriously endangering the work of journalists, unions initiatives, employees and whistleblowers.
Two days earlier, La Quadrature du Net took part in a European campaign to defend these vital rights for democracy threatened by the interests of private companies.

Radio Spectrum

The European directive "on the harmonization of the laws of the Member States concerning the availability on the market of radio equipment", which we shall name the "Radio Directive", must be transposed by Member States before 12 June 2016. But the compliance criteria set up by the directive threaten the use of free software by associations developing wireless Internet networks (fr).
La Quadrature du Net, in partnership with APRIL, French Data Network, FDN Federation and Free Software Foundation Europe addresses an open letter to the ARCEP and the French Ministry of Economy, Industry and Employment. Following legal uncertainty, a wireless card run by free software could become a problem for associations which develop wireless public Internet networks across the territory. While working on the transposition of this text, the French Government must urgently correct the situation and ensure the freedom of installation of free software on radio equipments.


Calendar

May 2016 :

  • 2 : Arrival of Léa Caillère Falgueyrac as an intern at the legal department :)
  • 3 : Digital Bill discussed at the French Senate
  • 4 : Last day at La Quadrature du Net for Lori Roussey, former intern at the legal department :(
  • 5-9 : General meeting of the FDN Federation
  • 17 : Intervention in LGBT center in Rennes, by Okhin, on fundamental freedoms
  • 24 : LIBE vote on Terrorisme directive (European Parliament)
  • 28-29 : Ubuntu Party Paris

June 2016 :

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april.png Nouvelles April

Libervia : repenser nos communications - Goffi - RMLL 2015

Le 04 May 2016 à 13:45:52


Goffi

Titre : Libervia : repenser nos communications
Intervenant : Jérôme Poisson - Goffi
Lieu : RMLL2015 - Beauvais
Date : Juillet 2015
Durée : 34 min 23
Pour suivre la vidéo

Présentation

Les nouveaux médias sont désormais omniprésents et influencent notre vie privée, nos comportements, notre façon d’apprendre, de comprendre, de penser.

À travers le logiciel libre Libervia (du projet Salut à Toi) nous allons expliquer comment nous développons les fonctionnalités telles que (micro)blogage, partage de fichiers, chiffrement ou messagerie instantanée en essayant de repenser notre façon de communiquer.

En faisant une démonstration du logiciel, nous allons également aborder l’association loi 1901 « Salut à Toi » qui a pour but le développement du projet, mais aussi de porter une réflexion sur l’impact social et politique des nouveaux médias.

Transcription

Salut à vous. Moi je m'appelle Jérôme Poisson. Je suis aussi connu sous le pseudo de Goffi sur Internet. Je suis un des développeurs du projet Libervia, que vous connaissez peut-être sous le nom de Salut à Toi. J'expliquerai un petit peu après pourquoi on utilise Libervia.

Je vais d'abord faire un rapide rappel de ce que c'est. Désolé pour ceux qui ont déjà vu des confs avant, ça va être un peu répétitif, mais c'est histoire que tout le monde sache de quoi on parle. Ensuite je vais expliquer pourquoi c'est un projet qui est unique, enfin qui est original, parce que je me rends compte, en fait, qu'il y a beaucoup de gens qui nous demandent c'est quoi la différence avec Diaspora, etc., donc je vais essayer de vous l'expliquer là. Et enfin je vais vous parler de la campagne d'adhésion qu'on vient de lancer.

Petit rappel

Libervia/Salut à Toi1. Juste pour vous expliquer un peu la différence. Salut à Toi, en fait, c'est le nom du projet dans son ensemble et le nom de l’association qu'on vient de créer pour gérer ce projet. Et Libervia c'est une des interfaces, c'est l'interface web. On commence à parler un petit peu plus de Libervia parce qu'on s'approche d'une version qui va être stable et prête pour le grand public, et on va chercher aussi à s'internationaliser un petit peu, donc à aller un petit en dehors de la France. On essaye de parler un peu plus d'interface web qui est plus accessible et d'avoir un nom, aussi, qui passe évidemment mieux à l'étranger.

Donc c'est un outil de communication. On parle d'outil de communication. Certains préfèrent le terme réseau social, nous on n'aime pas trop le terme, puisque bon, réseau social, pour nous, c'est un terme qui, au final, ne veut pas dire grand-chose. IRC ou le mail sont des réseaux sociaux autant que les plus connus. Donc c'est un réseau social qui est multi-interfaces, c'est-à-dire qu'on n'est pas uniquement web. On a aussi une interface de bureau. On a aussi une interface en ligne de commande. On a aussi un interface en console. Qui est multi-usages, c'est-à-dire qu'on ne se concentre pas uniquement sur la messagerie ou microblogage. On a aussi des jeux, on a aussi du partage de fichiers. Il y a aussi des tas d'autres trucs que je vous montrerai en fin de conférence, qu'on envisage pour l’année prochaine. Qui est décentralisé. Donc ce n'est pas tout le monde qui va se connecter à un unique serveur. On peut avoir des serveurs, il y a déjà des serveurs un peu partout dans le monde qui communiquent entre eux, parce que c'est un protocole qui existe déjà et qui est déjà très utilisé. Et évidemment qui est libre, sinon je ne serais pas là.

Ici on a une capture d'écran de l'interface web. Ici on voit la messagerie de groupe, donc un peu du type IRC. Ici on a de la messagerie simple, donc assez classique. Ici on a du microblogage avec un envoi de photos, avec les commentaires, etc. Vous voyez déjà une chose : c'est qu'on n'essaie pas de cloner les grands réseaux commerciaux, on ne fait pas forcément une timeline à la Facebook avec tout à la suite. On s'organise en widget, mais ça pourrait être autrement. En fait là c’est plus un peu comme un espace de travail où on aurait, par exemple, une série de salons ouverts quand vous êtes au travail ou quand vous êtes chez vous, ou quand vous êtes avec votre association, etc.

Ici on met beaucoup les groupes en avant parce qu'on cherche à permettre facilement d'envoyer un message public pour tout le monde ou d'envoyer uniquement des messages aux amis ou que à la famille… Et donc en dessous les contacts, normalement.

C'est un logiciel qui est multi-interfaces. Ici l'interface web que je viens de montrer. Ici, on ne voit pas beaucoup, mais c'est une interface en console, plus pour ceux qui aiment bien être sur le clavier. Là on ne voit carrément rien, mais c'est une interface en ligne de commande ; ça c'est plus pour les administrateurs système. Et ici on a une interface de bureau avec un exemple de jeu. On avait implémenté un peu un jeu de tarot pour essayer.

Donc évidemment, on essaye de respecter la vie privée au maximum. Donc on a du chiffrement déjà d’origine entre le client et les serveurs, entre les serveurs. Et on a implémenté OTR2, si ça vous parle, qui est un protocole qui permet de chiffrer les communications alors simples, uniquement, pas de groupes encore, entre une personne et une autre. On est en train de travailler aussi sur le chiffrement de bout en bout, c'est-à-dire que même l'administrateur du serveur ne pourra pas savoir les données que vous avez.

Projet unique et original

Maintenant je vais vous expliquer pourquoi c'est un projet qui est unique et original.

Une chose très importante, c'est qu'on utilise des standards. Est-ce que XMPP ça parle à tout le monde ? On utilise le standard XMPP. En gros, pour ceux qui ne connaissent pas, c'est un peu comme le HTML des communications. En fait, c'est un standard documenté qui permet de partager, enfin de discuter. Il ne fait pas que de la messagerie instantanée contrairement à ce que beaucoup de gens pensent. Ça permet de faire énormément de choses. Ça permet d'envoyer des fichiers. Ça permet de créer des jeux en se basant dessus. Ça permet de faire énormément de choses. Et donc on ne part d'une feuille blanche. Donc on peut réutiliser non seulement des documentations avec les détails techniques qui ont été corrigés, mais on peut aussi réutiliser toute une base de code existante. C'est-à-dire que nous on ne développe pas le serveur parce qu'il y a déjà des tas de serveurs qui sont existants. On peut utiliser des bibliothèques qui sont déjà existantes. Il y a des tas de choses qui sont faites, ce qui fait qu'on ne réinvente pas tout nous-mêmes et on a déjà la plupart des problèmes qui ont été corrigés.

Si on décide d'étendre, parce que ce sont des projets qui sont extensibles, si on décide d'ajouter quelque chose (ce qu'on a fait, ce qu'on est encore en train de faire avec le microblogage), les solutions sont discutées. Les solutions techniques sont discutées avec des gens de différents horizons. C'est-à-dire qu'il va y avoir des gens qui travaillent sur des serveurs, des gens qui travaillent chez des grandes entreprises (XMPP c'est chez Siemens, chez IBM, chez Google. Facebook, jusqu'à très récemment, ils l'utilisaient). Il y en a qui s'en servent pour faire l'internet des objets, etc. Donc si on décide de rajouter quelque chose, ces gens de différents horizons vous nous aider à discuter et vont dire : « Ah oui, mais là, la façon dont vous le faites ce n'est pas forcément bien, ce serait mieux de faire telle façon, etc. » Ce qui fait que quand on va étendre la chose, on va, en général, arriver à une solution technique qui est meilleure, et donc on va s'éviter les problèmes en amont. Et quand on va rajouter une fonctionnalité, du fait que c'est un standard, on va la documenter. C'est-à-dire que si quelqu’un d'autre veut développer quelque chose qui va être compatible avec nous, enfin qui veut être compatible avec nous, qui développe autre chose, il aura tout ce qu'il faut pour faire sa propre implémentation. Donc l'utilisation d'un standard c'est un point sur lequel on insiste.

Il y a un autre projet, ici on a les développeurs de Movim3, qui est un autre projet qui utilise le même protocole et on est amis avec eux. Et le gros intérêt de ça, c'est que les gens qui ont un compte chez Movim, les gens qui ont un compte chez nous, peuvent communiquer, et on peut même inverser les logiciels, il n'y a pas de soucis ça va fonctionner. C'est un gros point par rapport au… Alors je ne vais pas non plus taper sur les autres projets. Il y a des tas d'autres projets libres et c'est très bien qu'il y ait des projets libres, mais il y en beaucoup qui sont un peu sur des îlots. Et ça risque de poser un problème un jour parce qu'on va se retrouver avec des gens sur un réseau qui ne pourront pas communiquer avec des gens sur d'autres réseaux. Le fait d’utiliser un standard ça permet d'éviter ce problème.

Là, je vais vous réexpliquer la même chose de manière un peu plus visuelle.
Là on a donc Movim avec sa base utilisateurs, sa base de serveurs installés un peu partout dans le monde. On a Jappix qui est aussi un autre réseau qui a eu son heure de gloire avec pas mal d'installations un peu partout. Donc là pareil avec ses utilisateurs, etc. On a Gajim qui est client de messagerie très connu, qui est disponible dans, je pense, toutes les distributions, donc pareil avec sa base utilisateurs, etc. Et on a Salut à Toi. Et là on ne va pas se retrouver avec quatre réseaux différents, quatre îlots différents. On va se retrouver avec un grand réseau, avec tous ces logiciels qui vont pouvoir communiquer entre eux. Donc on n'est pas du tout en train de s’isoler. Et en plus, si on veut discuter avec d'autres réseaux… Là, je vais rapidement vous expliquer un peu tous ces réseaux-là.

GNU social c'est un réseau qui se base sur l'ancien moteur de Identi.ca, si vous connaissez, qui recommence à avoir un peu de succès en Espagne, j'ai vu qu'il y a un peu de monde dessus.

Matrix c'est un nouveau truc. Tiens on parlait un peu d'eux au FOSDEM.

Diaspora je pense que vous connaissez tous, qui reprend un peu du poil de la bête parce qu'il y a eu des instances avec Framasoft, notamment.

Le courrier électronique, évidemment tout le monde connaît.

IRC tout le monde, je pense, connaît aussi. C'est de la messagerie instantanée.

Et aussi SeenThis/Zinc c'est aussi un réseau assez intéressant qui a été développé par, notamment, le créateur de SPIP, qui est utilisé par des gens comme Le Monde diplomatique, comme CQFD4, etc.

Donc voilà. Tous ces réseaux-là en fait sont des réseaux qui sont extérieurs, mais on peut communiquer avec eux à travers des passerelles. C’est-à-dire des choses qui vont traduire, en fait, le langage de ces réseaux vers XMPP, ce qui va nous permettre de communiquer avec ces réseaux. Et ce qu'on aimerait, c'est que tous les projets libres soient ensemble et fassent une espèce de grand réseau ensemble.

L’intérêt d'utiliser XMPP, c'est qu'XMPP gère énormément de choses. Donc ça gère, comme je disais tout à l'heure, microblogage, messages, etc. Et si on arrive à avoir quelque chose de simple partout, on va se retrouver avec un seul compte. Par exemple n'importe qui qui aura un blog basé sur XMPP n’aura pas besoin de créer, attendre l'e-mail ou vous faire un CAPTCHA ou je ne sais pas quoi : vous avez déjà votre compte XMPP, vous envoyez le commentaire et vous aurez le commentaire qui s'affichera directement sur le compte que vous souhaitez avoir. Et on pourrait faire pareil avec du partage de fichiers, etc. L'idée ce serait d’avoir un compte et non plus dix mille comptes sur dix mille sites différents.

Libervia, l'interface que vous avez vue. Ce n'est pas une finalité, c'est plus un exemple de ce qu'on peut faire avec le grand projet Salut à Toi.

On peut s'en servir comme base pour construire des nouveaux réseaux. Par exemple, il y a un réseau d'hébergement qui s'appelle BeWelcome, qu'on utilise, qui a une base de code un peu vieillissante. On aimerait beaucoup utiliser Salut à Toi pour refaire, en fait, le site basé sur XMPP. On aimerait bien faire, par exemple, des réseaux de covoiturage, auto-stop, etc., qu'on pourrait baser là-dessus. En fait, on a toute la base. À chaque fois c'est un peu la même chose. C'est toujours des commentaires, des gens qui se mettent en relation, etc., et on a tout ce qu'il faut de base pour ce genre de choses.

On peut aussi utiliser les fonctionnalités séparément, pour avoir des logiciels qui ne font que la partie copie de fichiers. Par exemple, vous pourrez intégrer ça dans votre bureau. On pourrait faire des fichiers qui ne font que la messagerie. On a Jitsi, par exemple, qui est spécialisé dans la visioconférence.

Et on va aussi s'en servir comme un outil de réflexion. On a créé donc une association. Une des raisons de l'association c'est de développer la base de code. Le but de l'association c'est de s'en servir comme point de réflexion sur l'utilisation des nouveaux médias, parce qu'on pense que la technologie n'est pas neutre. On pense que la façon de créer, la façon d'organiser un outil influence énormément son utilisation. Le choix des fonctionnalités est quelque chose d’important. Je vais vous donner un exemple. Il y a Free, il y a un an ou deux, je ne sais plus, qui avait décidé d'activer par défaut un blocage de publicité, l'équivalent d'un Adblock au niveau du réseau local. Et dès qu'ils ont annoncé ça, il y a eu une levée de boucliers dans tout le web. On a crié au scandale, qu'on allait tuer tous les sites, etc., alors que c’était juste rien du tout, une case, une option à cocher. Pourquoi ? Parce que tout le monde sait que la plupart des gens ne changent pas les options par défaut. Et donc, le choix des options par défaut, est une chose qui n'est absolument pas neutre. Il est très important de choisir la façon dont on organise les choses par défaut.

Un autre exemple que je sors assez souvent, c'est la lecture linéaire. Si vous lisez sur un journal papier, par exemple un article, vous aurez une lecture approfondie, vous serez concentré, etc. Vous allez lire le même article sur le web, vous allez lire deux lignes, vous allez vous retrouver avec un lien, par exemple vers Wikipédia, puis un autre, un autre, un autre, etc. Et au final vous aurez complètement perdu le lien vers l'article d’origine. Donc une solution technique simple pour ça, ce serait de prendre tous les liens et de les mettre à la fin de l’article.

Donc voilà. La façon d'organiser l'outil influence énormément notre façon d’utiliser l'outil. Et c'est le genre de choses auxquelles on essaye de réfléchir quand on crée notre logiciel. Un autre exemple qu'on a ce sont les like. On pense que les like, qui ont été inventés par Facebook, sont uniquement un outil de marketing et qu'ils posent un gros problème, parce qu'il y a des choses, là, qui se font comme l'achat de like. On va se retrouver avec les grandes marques, donc celles qui ont le plus de sous, qui sont meilleures en marketing, qui auront plus de like, et après ça va complètement déséquilibrer l’influence des gens parce les articles ou les entités qui ont le plus de like vont se retrouver en priorité sur ce que vous allez lire, et ça va énormément influencer ce que vous allez lire, votre façon même de penser. Donc c'est important aussi, et nous, pour le moment, on n'a pas l'intention d'implémenter les like pour cette raison.

Donc voilà. La disposition. Une chose qui est connue, la courbe de mon ami Frank Rousseau, il n'y a pas longtemps, qui expliquait ça. Quand vous allez sur un site, il y a une lecture qui est en Z, où, en général, vous allez commencer par quelque chose qui vous intéresse puis vous allez arriver sur une pub, puis vous allez arriver sur quelque chose qui va vous donner envie de rester. Donc la disposition, non plus, n'est pas neutre du tout dans la façon dont vous regardez une page. Et pour donner une petite comparaison, Facebook, leur but, c'est que vous restiez le plus longtemps sur leur site. Nous, notre but, c'est que vous restiez le moins longtemps possible sur le site, que ce soit un outil et qu'on favorise au maximum les rencontres réelles, etc.

Une chose importante aussi, c'est le rôle de la langue. Il y a souvent des traductions dans différentes langues de l'interface, mais souvent, quand on écrit dans des logiciels de messagerie, il n'est possible d'écrire que dans une langue. Ce qui fait que si on veut être lu, la plupart du temps, c'est l'anglais qui va être choisi comme langue par défaut. Le problème avec l’anglais c'est, d'une part, que tout le monde ne le lit pas, ne le parle pas, et, d’autre part, il y a toute une culture qui est associée avec cette langue. Donc, on va se retrouver avec les gens qui sont anglophones qui vont avoir plus d'influence que les gens dans toutes les autres langues et ça peut poser un problème aussi. Nous, le logiciel et le protocole qu'on utilise de base, permet d'écrire dans différentes langues, d'origine, donc c'est une chose qu'on a envie de mettre en avant par la suite pour permettre d'écrire pas uniquement en anglais et de parler plus facilement avec des gens, soit de votre langue maternelle, soit avec d'autres langues. Donc voilà. On considère ça comme un outil et non pas comme une finalité.

On est très engagés au niveau éthique. On a écrit un contrat social que vous pourrez lire sur le site, où on explique clairement nos intentions : pas de censure, des logiciels libres, pas de publicité, pas de vente de données, l'accessibilité autant que possible, etc.

On a décidé aussi de choisir nos canaux de communication. On n'est pas forcément aussi connus que d'autres projets parce qu'on refuse d'utiliser Twitter et Facebook pour communiquer, parce qu'on pense qu'aller sur ces réseaux c'est les alimenter et les justifier quelque part. Et c'est une incohérence avec notre discours qui critique, d'un autre côté, ces réseaux. Donc vous nous verrez sur Diaspora, vous nous verrez sur Singly, vous nous verrez sur des réseaux libres, mais vous ne nous verrez pas sur Twitter, Facebook ou Google+.

Aussi, le choix des outils. C'est très important de penser à ce qu'on utilise. Il y a énormément de sites, y compris libres, qui, des fois juste par méconnaissance utilisent, par exemple, des fontes de chez Google ou vont mettre des boutons partagés ou vont mettre des choses comme ça qui vont aller envoyer des informations à ces sites et trahir, quelque part, le fait que vous êtes en train de lire ou que vous êtes connecté. Donc ça, ce sont des choses aussi auxquelles il faut réfléchir.

Notre gestion projet. On pense que l'entité qui gère un projet est très importante. Elle va influencer, en fait, l'éthique qu'elle va avoir. On n'est pas du tout dans un esprit start-up, c’est-à-dire qu'on n'a pas du tout l'intention d’être millionnaires ou quoi que ce soit. On a décidé de s'organiser sous forme d'association dans l'idée de faire une coopérative plus tard, une association autogérée, dans le sens vraiment des années 70 ou d'avant. Donc on veut être dans l'économie sociale et solidaire parce qu'on pense que la façon de s'organiser va éviter qu'il y ait des actionnaires qui prennent après le pouvoir et fassent dévier complémentent de l'éthique dont on parle.

Campagne d'adhésion

Je vais vous expliquer un peu ce qu'on compte faire dans les mois et l'année à venir. On vient de lancer une campagne d'adhésion justement pour les raisons que je viens de vous expliquer. Parce qu'évidemment, pour développer le projet, il va falloir qu'on réussisse à se financer. Nous, pour l'instant, on travaillait bénévolement, ça fait deux ans qu'on travaille à plein temps dessus.

On a lancé une campagne. On ne passe pas par les grands réseaux connus, parce qu'on veut absolument éviter PayPal qu'on déteste. Donc on a décidé de faire notre propre truc via une association, via un site de notre banque. On veut atteindre 60 000 euros d'ici la fin de l'année. Alors ça peut paraître beaucoup, mais au final ce n'est pas énorme, c'est juste pour avoir deux salaires au SMIC pendant un an. Pour des développeurs, ce n'est rien du tout. Après, il y a d'autres solutions auxquelles on peut penser, du support technique, etc., mais on veut garder une certaine indépendance, alors on va voir ce que ça donne et puis on verra en fonction. Voilà, comme je disais tout à l'heure, on veut être dans l'économie sociale et solidaire.

Ce qu'on a prévu de faire avec cette campagne. On va sortir une version stable, dite grand public, c’est-à-dire qui sera facile à installer, et on va passer par des phases de bêta pour tester au maximum, pour qu'elle soit facile à installer pour la fin de l'année 2015. On a prévu de faire une interface pour bureau et pour téléphone… Alors Android, a priori, parce que pour iOS il y a des problèmes entre logiciel libre et market, enfin… Donc, a priori, ce sera pour la fin d'année aussi. Donc on parle bien d'une application native et pas d'une application web déguisée. C'est-à-dire que vous aurez vos données en local, etc., sur votre téléphone, enfin vous aurez un vrai client XMPP sur le téléphone.

On a l'intention de développer des passerelles. Les trois qu'on a envie de faire en priorité c'est une vers Diaspora et une vers Singly parce que ce sont des réseaux qu'on utilise, et une vers le courrier électronique pour pouvoir envoyer des messages, des mails via XMPP. Et on a prévu de faire une version TorTor. Ils sont en bas, de toutes façons, mais pour ceux qui ne connaissent pas c'est, en gros, un réseau qui permet d'avoir un certain anonymat, donc qui permet de vraiment masquer votre identité.

On a fait une image Docker, si ça vous parle, on a déjà fait une image Docker pour installer l'interface web. On va faire une image préparée pour utiliser Tor, avec un service caché en pelure d'onion, avec le chiffrement forcé, enfin avec tout ce qu'il faut (le plugin dangereux enlevé, etc.), pour pouvoir connecter. Mais ce sera une expérimentation pour le moment et s'il y a de l’intérêt, on essaiera de leur faire une version correcte. C'est pour ça qu'on a un petit logo masqué, c'est pour Tor.

Ça c'est une chose qu'on a prévue plutôt pour 2016. On aimerait faire un boîtier pré-installé un peu dans l'esprit FreedomBox. On aurait donc Salut à Toi, éventuellement d'autres logiciels, voire d'autres logiciels XMPP, que vous auriez juste à brancher sur votre box internet, avec très peu ou pas du tout de configuration. L'idée d’être un peu plus dans l'esprit de l'internet des origines : vous avez vos données chez vous et réparties correctement. L'idée ce serait de vendre avec une petite marge pour financer l'association. Et évidemment de mettre toutes les images et tous les scripts nécessaires pour la fabriquer pour que les gens puissent le faire sans passer par nous s’ils veulent.

Ça c'est plus pour la fin 2016, mais on a aussi l'intention de s'introduire, enfin de faire des plugins pour des logiciels connus comme Blender, Gimp, Inskape, Freescape, etc., pour permettre d'avoir de la messagerie, de partager des informations et de faire du travail collaboratif via ces logiciels. Ça c'est un boulot qui est assez important, mais on a déjà une base très solide pour faire ça. Il ne faut pas compter ça avant la fin d'année 2016, évidemment pas pour tous les logiciels en même temps. Il faudra qu'on étudie bien au cas par cas. Mais voilà, on pense que ça peut être un gros ajout par ces logiciels de permettre de travailler collaborativement voire entre logiciels différents. Par exemple on pourrait commencer une modélisation sur Blender et faire la texture sous Gimp, directement sur une autre machine et tout transférer via le logiciel entre autres.

Conclusion

Donc voilà. Salut à Toi/Libervia c'est un outil qui est unique, qui est engagé. Je pense qu'on est un des projets les plus - si ce n'est le plus - engagé sur notre refus d'utiliser Twitter, Facebook, sur notre contrat social, sur notre militantisme en général.

Donc la boite que vous avez vue c'est un Lime2 d'OlinuXino qu'on a choisi, enfin qu'on va choisir, a priori, parce que c'est du matériel libre. Le logo a été fait par Adrien Vigneron et la version vectorielle par Anna Möstl. Si vous voulez voir le site ou nous soutenir, vous avez l'adresse ici. Vous avez une démo dans l'interface web qu'on a vue au début. Je n'ai pas trop insisté sur les interfaces parce que je voulais un peu plus expliquer ce qui nous différenciait sur cette conférence, mais vous pourrez voir un petit plus, essayer la démo en ligne.

Vous avez le site officiel ici et si vous voulez me contacter directement c'est ici. Oui, je pense que j'ai le temps pour faire quelques vidéos, comme ça on aura un peu de temps pour les questions après. Excusez-moi une seconde.

Ici on voit à quoi ressemble l'interface web avec le microblogage, un partage de photos, etc. Là on a un blog public, donc c'est possible de micro bloguer, non seulement avec les gens que vous voulez, mais vous avez un blog public un peu style Dotclear ou Wordpress, donc accessible de l'extérieur sans problème.

Ici on a une conversation, je vais accélérer un petit peu, si je n'ai pas mis sur pause, voilà. Juste la barre ici que vous voyez est en vert parce qu'on a un code couleurs, en fait, qui permet de savoir si vous écrivez uniquement à une personne ou un groupe de personnes ou si ça va être public. C'est pour éviter d'envoyer par erreur un message à trop de monde. Ici on a une conversation instantanée. On a activé ici le petit canal qui s'est mis, c’est-à-dire qu'on a OTR qui s'est activé, donc la conversation est chiffrée de bout en bout.

Toutes ces vidéos-là vous les retrouverez sur le site. Ici c'est un autre exemple. Alors là on s'est un petit peu amusés. Il y a deux navigateurs, j’accélère encore. Il y a deux navigateurs parce qu'en fait on montrait, il faut être deux pour tester la fonctionnalité. En gros on va lancer une conversation, un salon de conversation normal, de groupe. Hop voilà. Et ici vous voyez il y a titre, artiste, album, en fait on permet d'envoyer des musiques, on s'est un peu amusés pour essayer d'exploiter à fond ce qu'on pouvait faire et on a une liste de lecture qui va être commune et qui va être lue en même temps par tous les membres du salon.

Ça c'est une autre que je montre, de toutes façons on ne voit pas grand-chose, bon, eh bien désolé, on ne voit pas grand-chose. En fait c'est une que je montre, qui est un peu plus pour ceux qui aiment la console. En gros on a deux comptes. D'un côté, on dit qu'on va envoyer la sortie d'une commande Unix à l'autre groupe. Ça a été rapide. En gros on a envoyé la bande annonce de Sintel à notre contact.

Je voulais en montrer une autre qui ne marche pas, mais je peux vous la montrer en-dessous, comment faire une télécommande avec le logiciel pour VLC, simplement pour montrer qu'on va un peu dans beaucoup de directions, pour tester un peu ce qu'on peut faire. Donc voilà. Donc un peu de temps pour les questions je pense. Merci.

Applaudissements

Est-ce qu'il y a des questions ? Il y a un deuxième micro ? Super !

Public : Bonjour.

Goffi : Bonjour.

Public : Je suis arrivé juste un peu en retard, j'ai manqué les cinq premières minutes, je m'en excuse.

Goffi : Ce n'est pas grave. Vous regarderez la vidéo.

Goffi : Je voulais juste savoir la différence entre Movim, par exemple, et Salut à Toi.

Goffi : Déjà un truc qui est clair, c'est qu'on ne fomente pas du tout dans l'esprit de concurrence ou quoi que ce soit. On est amis avec Movim et on encourage à utiliser Movim ou Salut à Toi, celui que vous préférez, il n'y a pas de soucis. Après on a des visions différentes. Peut-être que Timothée dira une chose différente, je n'en sais rien. Movim se concentre sur l'interface web, se concentre beaucoup sur le design. Movim est vraiment superbe, il n'y a pas de soucis là-dessus. On n'a pas forcément les mêmes choix de fonctionnalités. Par exemple ils avaient travaillé sur la vidéo pendant que nous ce n'est pas une priorité du tout. Nous, on travaille beaucoup sur le microblogage. Là on a un truc qu'on aimerait bien standardiser. On peut envoyer des messages uniquement à un groupe. En ce moment on est les seuls à le faire et on va essayer de le standardiser pour que tout le monde puisse le faire. On travaille beaucoup sur ce genre de trucs, sur le microblogage.

Après c'est vraiment une question de choix personnel. Nous, ce qu'il y a, c'est qu'on a aussi des interfaces différentes et des trucs comme je pense intégrer dans Blender, etc., ce n'est pas forcément dans l'optique de Movim. Movim, ils se concentrent vraiment sur un truc pour le web, joli, agréable à utiliser. On est amis, de toutes façons, on va fonctionner ensemble. Donc je recommande aussi Movim, il n'y a pas de problème. Et voilà.

Public : Ça marche par pod aussi je pense ?

Goffi : Pod c'est plus un terme hype que sur un serveur quoi. Oui, ce sont des serveurs XMPP, tout à fait. Les serveurs classiques sauf que pour le microblog on a besoin d'extensions pour le moment parce que le temps que vraiment ça se… Voilà, ce sont des trucs dont on peut discuter par mail ou qu'on explique sur le site, enfin voilà quoi !

Public : Merci beaucoup.

Goffi : De rien. Une autre question.

Public : Bonjour.

Goffi : Bonjour.

Public : Moi j'ai une question peut-être un peu naïve. Je rêvais, moi, d'avoir un réseau social libre pour me passer de Facebook ou autres. Mais le problème que je me pose c'est que voilà, si je m'installe un Linux, un Firefox, c'est moi qui décide. Pour un réseau social il faut que mes amis adoptent aussi. Et donc, quand on connaît la force de frappe de Facebook ou autres ! Alors bien sûr, votre but ce n'est pas de concurrencer ces géants-là, mais vous êtes quand même sur le même marché. Quel est votre plan, en fait, pour arriver à faire en sorte que les gens adoptent votre solution ?

Goffi : Ça c'est ce qu'on appelle l'effet réseau. C'est-à-dire qu'il faut un certain nombre de gens avant qu'un réseau soit utile. Nous, deux choses déjà : on ne part pas de zéro, on est sur un réseau existant. Il y a déjà beaucoup de monde sur XMPP. On ne part vraiment pas de rien. Ensuite le fait qu'on est compatibles, encore une fois on n'est pas sur des îlots, donc on va profiter et inversement ils vont profiter, ceux qui sont chez Movim, ceux qui sont chez Japix, etc. Après, nous on a aussi envie de créer, en fait, un système d'identifiants, c’est-à-dire qu'on pourrait, par exemple, créer une conversation ou créer un blog privé mais qu'on inviterait quelqu'un avec une URL, avec une clef dedans qui permettrait, même sans avoir de compte, de rejoindre une conversation.

Donc il y a des tas de raisons. L'effet réseau ce n'est pas quelque chose qui nous traumatise particulièrement. Et en plus, aussi, c'est non seulement utile d'intégrer dans d'autres logiciels, mais je pense que le fait d'intégrer du XMPP dans du Blender, dans du Gimp, etc., ça va énormément faciliter l'adoption de ce genre de choses. Ce n'est pas quelque chose qui m'inquiète outre mesure l'effet réseau. Une autre question ? Non ? Oui vas-y !

Public : Du coup est-ce qu'il n'y a pas aussi un coup à jouer pour concurrencer les outils un peu plus pros genre Slack qui, pour l'instant, sont gratuits, mais on ne sait pas trop combien ça dure et puis c'est fermé.

Goffi : De toutes façons, utiliser un truc fermé pour communiquer, déjà, à mon avis, c'est une grave erreur. Je ne comprends pas en fait à quoi jouer ? Comment ça ?

Public : Comme ce sont des groupes plus restreints, au sein d'une entreprise, c'est plus facile si une entreprise impose comme messagerie interne, on utilise Salut à Toi, d'un coup on a plein de personnes dessus.

Goffi : Oui, c'est clair que nous, de toutes façons, on cherche à être dans les entreprises aussi, etc. Nous, en fait, notre problème c'est qu’effectivement, il faut qu'on se fasse connaître. Surtout comme on refuse d'utiliser Twitter, Facebook, c'est quand même plus compliqué. On compte beaucoup sur tous les médias alternatifs pour faire parler de nous. On a eu un article sur Reflets, l’année dernière, qui nous a bien aidé. Là je pense qu'on va avoir besoin de sortir notre prochaine version pour ça. Voilà. On compte beaucoup sur les médias pour faire parler de nous. On a déjà été contactés par des entreprises qui voulaient installer chez nous. C'est juste que jusqu'ici on disait : « Non, ce n'est pas le moment, parce que ça ne va pas être stable et on n'est pas encore prêts ». Là, on dit qu'à la fin de l'année 2015 on sera prêts. Après, on a un coup à jouer ! Oui, de toutes façons, je pense que ce sont des outils qui sont très demandés. On voit des trucs qui se financent et qui font beaucoup moins de choses que ce qu'on fait. On a de la messagerie chiffrée, on va faire de la messagerie pseudo anonyme avec Tor, enfin anonyme, à peu près. Et on va faire du partage de fichiers. Enfin moi, tous les projets que j'ai vus, il n'y en a aucun qui faisait autant de choses et surtout, on a la compatibilité avec les autres réseaux qui est quand même essentielle. Je pense qu'on a quelque chose. Une autre question ? Toujours pas ? OK. Bon, eh bien on va laisser la place à Movim. Merci beaucoup.

Applaudissements

Migration vers LibreOffice à Nantes - Éric Ficheux - RMLL 2015

Le 04 May 2016 à 10:09:31


Éric Ficheux

Titre : Accompagnement d’une migration vers LibreOffice
Intervenant : Eric Ficheux
Lieu : RMLL2015 - Beauvais
Date : Juillet 2015
Durée : 38 min 06
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Transcription

Bonjour à toutes et à tous. Je me présente rapidement. Je suis Eric Ficheux. Je suis chef de projet à Nantes Métropole/Ville de Nantes et je m'occupe, entre autres, de la migration en bureautique libre donc vers LibreOffice.
Voici la structure de ma présentation. Une petite intro en préambule pour vous situer un petit peu le contexte de la migration. Ensuite je vais vous présenter comment on a procédé pour préparer cette migration. Vous présenter un petit peu le dispositif d'accompagnement auquel on est arrivé, et vous faire un retour d’expérience sur la manière dont ça se déroule.

Quelques éléments de contexte

Donc quelques éléments de contexte. Ville de Nantes/Nantes Métropole, on est une collectivité territoriale, avec des compétences très variées. Ça va, par exemple, de la distribution, collecte de déchets, qui sont des activités très techniques, jusqu'à des choses comme la relation avec le citoyen-usager, tout ce qui est organisation des élections, le social. Donc un ensemble de compétences très vaste.

Au niveau informatique, on a environ 5 000 postes de travail, 320 applications métier et on a un écosystème numérique qui est varié. C'est-à-dire qu'on a, à la fois, de l'open source et du propriétaire, et on n'est pas fortement marqués par un éditeur précis ; je pense, entre autres, à Microsoft.

Au niveau organisation, on est une collectivité de 7 500 agents et donc c'est assez organisé. On peut s'appuyer sur des fonctions supports qui sont bien développées. Donc c'est important pour les projets de conduite du changement en particulier. Notamment sur tout ce qui est formation, communication, support technique, il y a déjà plein de choses qui sont en place et sur lesquelles on peut s'appuyer lorsqu’on a des migrations à effectuer. Chose importante également, on a des relais informatiques dans nos directions. Donc le dialogue avec nos différentes directions métier est facilité, grandement facilité, par cela.

Le projet a démarré, en fait, il y a assez longtemps. Il a dû démarrer en 2011/2012 et on a franchi pas mal d'étapes avant d'arriver là où on en est maintenant, c'est-à-dire à peu près à 50 % d'agents migrés et on prévoit de terminer en 2016.

Tout d'abord, ce qui a motivé ce projet, c'est l'obsolescence d'Office 2003. Microsoft avait annoncé la fin du support, donc forcément on s'est demandé ce qu'on allait faire pour remédier à cela. Il y a plusieurs scénarios qui ont été évoqués. Parmi ces scénarios on trouve de la bureautique en ligne. On trouve, évidemment, une montée de version de la suite bureautique Microsoft Office, normal, et un passage vers du Libre. Donc on a étudié ces trois types de scénarios et on a choisi un scénario à étudier plus précisément pour faire une étude détaillée, une étude de faisabilité. En fait, c'est le scénario de migration vers LibreOffice qui est ressorti en premier, essentiellement sur un critère financier.

Donc on a mené une étude de faisabilité. Je vais vous en parler un petit plus en détail, puisqu’en fait ça correspond à la préparation du projet que je vais vous présenter juste après. Suite à cette phase préparatoire, on a une validation par la direction générale, donc sur un critère essentiellement financier, avec un principe de base, qui était de migrer l'ensemble des postes de la collectivité vers LibreOffice. On ne se dirige pas vers une cohabitation LibreOffice autre chose, on va vers du full LibreOffice. Parce que les autres options, en fait, ne sont pas tenables.

Est-ce que dans l’assistance vous êtes nombreux à être familiarisés avec la conduite du changement ? Vous pouvez lever la main, s'il vous plaît, si vous connaissez un petit peu le domaine. D’accord très bien. Donc j'espère que je ne vais pas raconter trop de bêtises.

Conduite du changement

Je vais en dire quelques mots pour vous situer un petit peu le contexte. Voilà mes utilisateurs, ils sont là, ils sont sous Office 2003. Ils sont sur leur rive, là, bien tranquilles. Ils ont l'habitude, ça fait dix ans qu'ils bossent avec cet outil-là. Et puis on leur annonce : « Demain vous allez utiliser LibreOffice. »

Alors là, évidemment, ils tirent un peu la tronche. Ils anticipent des difficultés réelles. Par exemple : « Et mes macros ? Et mes documents existants ? Mais comment ça va se passer ? » Ou des difficultés supposées : « LibreOffice, ça ne marche pas de toutes façons, on ne va pas y aller ! » Et puis voilà. Effectivement, vous le dites bien, il y a un a priori par rapport aux outils libres. Ce n'est pas payant donc effectivement c'est moins bien. Tout à fait, je confirme, il y a bien ce type d’à priori.

Donc nos utilisateurs, comme on pousse pour le changement, ils vont passer par différentes phases. La phase de déni : « Eh bien non je ne vais pas migrer, moi je n'ai rien demandé de toutes façons. » Ce sont des cas, je les vis. J’ai des discours de cette nature-là par certains agents parfois.

La colère : « Ah non, mais ce n’est pas possible. Migrer vers LibreOffice, il n'y a plus rien qui va marcher, moi je ne suis pas d'accord. De toutes façons,l’informatique c'est n'importe quoi ! »

Phase de négociation : « Oui moi je veux bien migrer, mais bon il va quand même falloir que je puisse continuer à faire tourner mes macros. Donc ce serait bien, quand même, peut-être, de me laisser une licence Excel. » Ça on rencontre aussi.

Tristesse : « Oui, eh bien de toutes façons il faut migrer, on doit faire des économies. Donc, oui, on va migrer. »

Et acceptation : « Eh bien OK. Moi j'y vais. De toutes façons je connais l'open source, je l’utilise déjà chez moi. Donc ça marche, on y va quoi. »

Ça, ce sont des choses dont il faut être conscient quand on veut entamer ce type de migration. Moi, ce que je recommanderais à ceux d'entre vous qui voudraient se lancer dans ce type de migration, c'est la première chose : faites une formation à la conduite du changement. Parce que ces manifestations-là vous allez les avoir, de toutes façons, à un moment ou à un autre, et vous allez les avoir souvent. Donc il faut y être prêt, il faut savoir comment les gérer et il faut savoir les supporter également, parce que ce n'est pas toujours facile.

Donc l'accompagnement, la conduite du changement. On va construire un dispositif d'accompagnement pour arriver à faciliter, en fait, ce parcours de nos utilisateurs. Il faut savoir que ce n'est pas nous qui faisons le changement, ce sont bien les utilisateurs. Simplement on peut mettre en place tout un paquet de choses que je vais vous présenter un petit peu après pour faciliter le passage de cette rive à l'autre. Ça, ce sont des principes généraux. Donc vraiment, si vous voulez vous lancer dans ce type de projet, commencez par faire une formation à la conduite du changement, ça vous donnera pas mal de clefs sur ce qui va se passer et la manière de structurer les choses.

Moyens d'action

Globalement les moyens d’action que nous on a mis en œuvre, c'est assez classique en conduite du changement. On a de la formation évidemment. On a une partie support et assistance, beaucoup de communication, une structure de pilotage adaptée et la technique. La technique n’étant pas forcément là où on gagne le projet. Il faut que ça tourne. C'est plus la partie qui va se trouver autour, donc non technique, qui va permettre de faire bouger les utilisateurs vers la cible. Mais attention, côté technique il faut quand même que ça marche. C'est important aussi.

La préparation

L’approche qu'on a eue par rapport à la préparation, on l'a faite en trois étapes en fait. Au départ, quand on m'a annoncé que j'allais devoir mener ce projet, qu'on me confiait ce projet, j'étais pas mal inquiet parce que la bureautique c'est un sujet vraiment vaste. Je m'attendais à pas mal de difficultés, je suis venu avec quelques à priori, effectivement, des choses que je pressentais, les macros, les applications métier, etc. Et il a bien fallu mettre un petit d'ordre dans tout ça pour construire une démarche et arriver à quelque chose qui soit efficace et adapté.

Première chose, on s'est intéressé aux acteurs de la migration. Je vais détailler un petit peu après. Ensuite on est allé vers les utilisateurs pour connaître leur avis, leurs usages de la suite bureautique, et une phase d'expérimentation. Et donc toute l’information qu'on a retirée de ces trois étapes-là, eh bien en fait on s'en est servi pour construire un dispositif de migration qui soit pertinent par rapport à la situation où on était et aux difficultés qu'on a mises à jour et qu'on a évaluées au travers de ces trois étapes.

Les acteurs de la migration

Là en fait, on a fait un brainstorming. L'entrée par acteurs est volontaire, c'est pour ne pas être dans le côté technique. Moi je suis dans le département informatique, j'ai tendance à être technique, et, en fait, là on a pris une entrée par acteurs. On a commencé par lister les acteurs de la migration qui allaient être impactés, qui allaient pouvoir nous aider dans cette migration.

On a des acteurs qu'on a classés en acteurs externes, alors ce n'est pas très lisible, je suis désolé, et en acteurs internes. L’intérêt étant de lister pour chaque acteur les risques et les opportunités qu'il porte. Par exemple, ce n’est pas forcément très lisible, mais on a une communication interne à la Ville de Nantes/Nantes Métropole, et ce qu'on a vu c'est qu'effectivement c’est un fort appui sur la communication, par contre c'est une cellule qui se charge de la communication dans l’ensemble de la collectivité. Donc ils ont un timing, des fenêtres de communication qui ne sont pas forcément très fréquentes, très nombreuses et qui ne vont pas forcément être adaptées par rapport à un projet de conduite du changement : on va avoir besoin de communiquer très souvent. Voilà. Donc c'est typiquement le genre de choses qu'on ressort de cette analyse.

Même chose avec les acteurs externes. Par exemple, on a les partenaires de la collectivité, que ça soit d'autres collectivités, des fournisseurs, diverses organisations. Il y a une possibilité d'incitation à réflexion bureautique libre et on a également des partenaires qui sont déjà en bureautique libre, qui étaient déjà en bureautique libre au moment du projet. Et, par contre, la question qui se pose c'est la compatibilité des documents échangés. C'est relativement trivial comme question, mais il y a des choses un peu moins triviales qui sont ressorties de ce brainstorming. Ça nous donne déjà une base de départ.

Questionnaire

Ensuite, ce qu'on a fait, c'est qu'on a interrogé nos utilisateurs. Attention ! À partir du moment où on communique vers nos utilisateurs en disant : « Eh bien voilà, notre suite bureautique, on va en changer », la conduite du changement elle démarre là, parce qu'en fait on annonce le changement. Du coup, on commence déjà à avoir les fameuses réactions dont j'ai parlé tout à l'heure. Ce qu'on a fait dans ce questionnaire, on l'a construit par rapport au brainstorming et par rapport à certaines problématiques qu’on anticipait donc les macros, les progiciels, etc., pour valider certaines opportunités. Qu'est-ce que j'ai comme exemples d’opportunités ? Par exemple, on a cherché à savoir combien d'agents, quelle proportion d'agents dans notre collectivité utilisaient déjà la bureautique libre et quel était leur à priori par rapport à une utilisation professionnelle. Là, les résultats qu'on a eus, c'est que 35 % de nos agents utilisaient de la bureautique et ils étaient massivement pour son utilisation en milieu professionnel. Donc on part avec un levier, finalement facilitateur, assez important.

On avait mesuré également l'impact et la fréquence de certaines difficultés pressenties. Par exemple les macros. Dans la collectivité on ne savait pas quelle était la proportion d'agents qui écrivaient des macros complexes. Don ça a été l'occasion de leur demander. Il y a un chiffre qui est tombé suite à ce questionnaire, c'est qu'on a 2 % de nos agents qui écrivent des macros plus ou moins complexes.Enfin on avait 2 % des agents qui écrivaient des macros plus ou moins complexes. Donc ce n'est pas la majorité des agents, mais c'est quand même un problème à prendre en compte.

Également les échanges avec l'extérieur. On peut se dire, dès qu'on va migrer on va avoir des problèmes pour communiquer avec l'extérieur. Oui, mais qui communique avec l’extérieur et dans quelle proportion ? Ça on ne le sait pas. Donc pareil, on a demandé à nos agents. Tout l’intérêt de ce questionnaire, c'est vraiment de mesurer l'impact et la probabilité des problématiques qu'on pressent, pour savoir s'il faut mettre le paquet dans le dispositif d’accompagnement sur telle ou telle problématique, ou alors si c'est un petit peu secondaire et qu'on peut la traiter plutôt « en mode exception », entre guillemets, donc via le support classique, via du support niveau 3, et pas sur un dispositif construit.

Dans ce questionnaire, on avait également des zones de saisie libre qui nous permettaient soit de détecter des éléments non anticipés. En fait, on a surtout eu les fameuses manifestations de la courbe de deuil, enfin courbe de changement que j'ai présentée tout à l'heure. Par exemple des choses genre : « Oh là, là si on migre mes macros ne vont plus fonctionner, je n'y survivrai pas. » On a eu des choses assez exceptionnelles là-dedans. À l'inverse on a eu des supports aussi : « Oui, moi je suis à fond pour l'open source. C'est bien qu'on fasse ça, je ne comprends pas pourquoi on ne l'a pas fait avant ! » Enfin voilà. Donc on voit un petit peu tout.

Expérimentation

Et donc ensuite on est passé à une phase d'expérimentation. Là on a pris ce qu'on a détecté sur les deux premières étapes et on s'est confronté à la réalité. On a pris une centaine d'agents volontaires, donc c'est à peu près 2% de nos agents. On les a migrés, sans accompagnement. En fait ça nous permet plusieurs choses. D'abord d'avoir un point de référence. Parce qu'en fait, quand on va faire le bilan, on va faire des statistiques, on va demander : « Est-ce que ça s'est bien passé », par exemple. J'ai eu la question tout à l'heure de savoir si on pouvait mesurer l'efficacité de la conduite du changement. Donc en fait, lorsqu’on a fait cette migration sans accompagnement, 50 % de nos agents nous ont dit : « Eh bien non, ça ne s'est pas bien passé » ou « pas bien passé du tout ».

Aujourd’hui quand on migre et qu'on fait un bilan, on est plutôt à un quart des agents, on n'est plus à 50 % qui nous répondent « ça se passe difficilement ou très difficilement ». D'accord ? Donc on mesure aussi l'efficacité par rapport à une situation de référence. Et on confirme les difficultés qu'on peut rencontrer sur le terrain. Donc ça nous donne encore une indication supplémentaire pour construire un bon dispositif d'accompagnement.

Concrètement ce qui est ressorti massivement, donc cinq problèmes principaux pour les utilisateurs. Alors attention, il faut remettre ça en perspective parce que là on est en 2012. On utilisait LibreOffice, on utilise toujours LibreOffice. LibreOffice a fait beaucoup de chemin, donc il y a certaines problématiques qui ne ressortiraient probablement plus dans cet ordre-là.

5 problèmes principaux pour les utilisateurs

La première chose qui est ressortie c'est la prise en main de l'outil. Eh bien évidemment, on n'a formé personne. On leur a balancé l'outil comme ça et on leur a dit : « Écoutez, vous êtes volontaires, donc vous testez ! », et l'objectif c'était de les migrer provisoirement, pas de faire une migration définitive. Donc effectivement, c'est ce qui est ressorti en premier.

Deuxième chose, compatibilité avec les documents Office existants et les documents échangés.

Les macros, les performances et la compatibilité des progiciels.

Un petit mot sur les performances. Ce sont des choses qui ne remontent plus trop aujourd'hui parce qu'en fait les machines sont beaucoup plus puissantes qu'à l'époque, en tout cas celles sur notre parc. LibreOffice également a beaucoup progressé de ce côté-là. Donc ça remonte de temps en temps, mais c'est assez rare. OK !

Donc concrètement ça nous dit où est-ce qu'on va devoir mettre l'effort par rapport à notre dispositif de migration. Il faut absolument qu'on forme les gens. Il faut absolument qu'on prévoie, qu'on étudie en détail, qu’on forme les gens à migrer leurs documents. Qu'on leur apprenne à échanger avec l’extérieur, parce qu'en fait ils vont devoir changer leurs habitudes et ça c'est compliqué. Qu'on prévoie un dispositif pour prendre en compte les macros et qu'on référence nos logiciels pour voir lesquels ont une adhérence à Office 2003. Ça je vais en parler un petit peu après.

Le brainstorming a identifié de nombreux points. Donc l'existence de certains leviers internes ou externes qu'on pouvait actionner. Des risques à considérer, évidemment, et aussi des axes de communication.

Les différents points qu'on a détectés tout à l'heure, donc avec les cinq fameux premiers points qui sont répartis sur évidemment les différentes thématiques de notre dispositif de conduite du changement. Je ne vais pas m'étendre sur le sujet mais grosso modo, il y a des choses qui partent dans la technique. Par exemple la gestion des adhérences avec les progiciels, les difficultés de migration liées aux progiciels, donc c'est dans un dispositif technique.

On a un dispositif de dépannage pour les échanges avec l'extérieur par exemple. La prise en main de l'outil est traitée via de la formation. Les problématiques de macros aussi. Donc tout va, en fait, se dispatcher sur le dispositif.

Je vais vous présenter chaque élément en détail.

Communications

Côté communications. En fait il y a deux types de communications sur ce projet. Il y a une communication globale, pour faire passer les communications générales d'annonces de changement, diverses informations, où est-ce qu'on en est, comment ça se passe pour les directions déjà migrées. Ça a une fréquence peu élevée comme j'ai dit tout à l'heure. C'est ce qu'on a vu au niveau du brainstorming et c'est pour ça, effectivement, qu'on a deux types de communications. Et on quelques communications exceptionnelles. Par exemple récemment il y a eu des envois, il y a des gens qui ont reçu des documents qu'ils ne pouvaient pas lire sur leurs smartphones parce qu'ils n'avaient pas installé l'application pour lire OpenDocument. L'information avait déjà été relayée. On l'a re-relayée de nouveau, parce que là ce sont de directeurs qui nous ont saisis, en disant : « Là je n'arrive pas à lire, comment on fait ? Ce n'est pas possible ! » Donc on fait des communications exceptionnelles de temps en temps.

Et de la communication de migration. Sa fréquence est beaucoup plus adaptée aux phases de migration. Il faut savoir qu'on ne migre pas en Big Bang, mais par paquets de plusieurs centaines d’agents, donc c'est entre 200/300 agents en moyenne. Récemment on fait une migration avec un groupe de 1200 agents, donc ça a été assez chaud. On va répartir un peu mieux à l’avenir. Donc cette communication est intégrée au processus de migration.

Technique

Côté technique. En fait on a comme enjeu, côté technique, de ne pas bloquer les utilisateurs dans leur utilisation. On a pris une stratégie, en fait, par rapport à tout ce qui est progiciel et macros de ne pas mettre le couteau sous la gorge aux utilisateurs et aux équipes projets. C'est-à-dire qu'on tolère, pendant un certain temps, une conservation de Word ou d'Excel sur les postes de travail.

Une migration LibreOffice. On passe LibreOffice en suite bureautique par défaut sur les postes de travail, mais surtout on désactive Microsoft Office partout où on peut. Si on ne le fait pas, vos utilisateurs ne vont pas franchir le ravin, la rivière. Ils ne vont pas aller de l'autre côté. Il faut les pousser un petit peu quand même. Donc on désactive Microsoft Office là où on peut et évidemment, techniquement, ça il faut qu'on le gère.

Concrètement on a automatisé, via un petit outil, la prise en compte des situations utilisation de progiciels, utilisation de macros, via des questionnaires utilisateurs qui sont couplés à nos systèmes de télédistribution, qui nous permettent de gérer, d'une part, des vagues de migration de 100/200/300/400 agents de manière automatique. On leur pose des questions individuellement pour savoir qu'est-ce qu'ils utilisent sur leur poste de travail, s’ils veulent garder Word et Excel. Ça, on le détermine en fonction de leurs réponses, on ne leur dit pas d’emblée qu'ils vont pouvoir le conserver. Et le jour J fixé pour leur migration, leur poste de travail est configuré automatiquement. Ça nous évite pas mal de boulot.

Donc on traite les situations individuelles, utilisation de macros, écriture de macros et utilisation de logiciels adhérents à Office 2003. Pourquoi je dis adhérents à Office 2003 ? Parce qu'en fait ça correspond à la réalité. Il y a des gens qui nous ont dit, en début de projet : « Mon progiciel je ne peux pas migrer, il n'est pas compatible avec LibreOffice. » C'est faux ! Quand on installe LibreOffice sur un poste de travail, il n'y a rien qui s’arrête de tourner. Par contre quand vous retirez Microsoft Office vous avez certaines applications qui, elles, vont s’arrêter de tourner. Sémantiquement c'est important, effectivement, de parler d'adhérences à Office 2003.

Dans les réponses, côté technique, on a pré-installé, de manière générale, LibreOffice et on a décorrélé les mises à jour de LibreOffice du processus de migration. Tous les postes, chez nous, ont LibreOffice depuis très longtemps et on les tient à jour de la manière la plus régulière possible. On a automatisé la gestion des migrations et ont a des dispositifs techniques de dépannage pour des besoins ponctuels d’accès à Microsoft Office.

Pilotages

Côté pilotages, c'est un peu comme pour la communication, en fait. On a deux niveaux de pilotage. On a un niveau de pilotage projet, classique, avec un comité de pilotage. Chez nous ça s'appelle comité de suivi. Comité de pilotage, c'est lorsqu'on a des élus, donc je rectifie au cas où des collègues seraient en train de suivre la conférence. Et un comité opérationnel qui lui s'occupe plus des problématiques opérationnelles du projet.

Donc on a une organisation, un pilotage de migration. En fait chaque migration est gérée comme un projet à part entière.

Phases de migration des directions

Donc voilà le phasage d'une migration. On migre par vagues de 300 agents environ. Parfois c'est moins, parfois c'est beaucoup plus. En moyenne ça fait à peu près 300. Il y a une phase d'information préalable. Donc là on va aller informer le management des directions qui vont migrer. On le fait un petit peu avant pour rassurer, expliquer comment ça va se passer, et puis leur dire : « Voilà, on ne va pas vous bloquer dans votre boulot. Tout est prévu pour que vos agents puissent continuer à travailler. »

Deuxième phase. Donc là il y a juste une icône de présentation. En fait ça se fait en deux phases. Il y a une deuxième phase. On présente aux agents. On a des sessions plénières. On convoque tous les agents des directions pour leur expliquer comment ça va se dérouler, comment solliciter le support, leur présenter LibreOffice également, leur montrer les petites astuces qui permettent de ne pas être bloqué dans les premiers jours. Par exemple un truc bête, le formatage pour une impression. Sous Microsoft Office 2003 c'est « Fichier – Mise en page ». Sous LibreOffice c'est « Format – Page ». Une fois qu'on le sait ce n'est plus un problème, on ne va pas appeler le support. Typiquement ce sont des choses qu'on adresse dès ces phases de communication initiale.

Ensuite on a une phase qui dure à peu près un mois. Donc c’est là, en fait, où entre en scène l’outil qu’on a appelé LibreOffice Now, qui est l’outil dont je vous ai parlé un petit peu avant, qui permet d’organiser de manière automatique ces campagnes de migration. L'outil commence par envoyer un mail avec un lien vers un questionnaire disant : « Répondez-y parce que, dans le cadre de la migration, si vous n'y répondez pas, grosso modo, eh bien vous risquez d’être bloqué ». On a des taux de réponses très élevés, qui dépassent les 90 %. Dans ce questionnaire on demande quelles sont les applications utilisées. Est-ce que les gens utilisent, écrivent des macros ? Est-ce qu'il utilise plutôt Powerpoint, plutôt Word, plutôt Excel ?

En fonction des réponses on va leur délivrer une information personnalisée. Par exemple, quelqu'un qui déclare écrire des macros, eh bien on va lui proposer, dans ce mail personnalisé, d'aller s'inscrire à une formation pour réaliser, porter ses macros de Microsoft Office vers LibreOffice. Et on l'informe de l'existence d'un dispositif d'accompagnement qu'il peut solliciter : il y a un consultant qu'il peut solliciter pour l'aider à migrer ses macros. Voilà, phase d'information personnalisée. On diffuse aussi les liens d'inscription aux formations à ce moment-là. Donc les agents ont environ un mois pour aller s'inscrire aux formations. Ils les font avant ou après la migration. Peu importe en fait, c'est à eux de choisir.

Le jour de la migration, ça se déroule automatiquement. L'agent vient, se connecte et en fait, son poste est déjà configuré. Il n'a plus accès à Office qu'on a pu lui retirer. LibreOffice est passé ensuite par défaut. Et il peut solliciter le dispositif d’accompagnement. Pendant deux mois, en fait, on fait un accompagnement un peu plus poussé des directions et c'est suivi d'une phase de bilan.

En termes d'organisation, on a recours à des relais qui sont ici. On appelle ça des assistants de migration. Ce sont des collègues dans les directions. Ils sont environ un pour cinquante agents, qui sont formés spécifiquement pour faire du support niveau 1 et ils connaissent bien le dispositif d'accompagnement et ils peuvent communiquer directement avec l'équipe projet. Je suppose que vous êtes assez familiers du fonctionnement des dispositifs de support informatique. Donc en gros, l'équipe projet, on ne la sollicite que pour des problématiques expertes. Nous, en l’occurrence, nos assistants de migration servent à faire le relais avec nos utilisateurs.

Donc on a une coordination hebdomadaire avec ces relais, avec les personnes qui s'occupent du support, et un consultant qui est là pour faire de l'assistance sur site, de l'assistance niveau 3. Ça nous permet, en fait, de prendre un petit peu la température, savoir un petit peu comment ça se passe dans les directions qui viennent de migrer. Voir si ça se passe bien ou s'il y a des problématiques émergentes, et de pouvoir y répondre. Par exemple en organisant des formations ciblées, spécifiques, ou en prenant en compte, de manière un peu plus poussée, telle ou telle conversion de document qui pose problème.

On a le même type de suivi au niveau de chaque direction, avec un référent de migration, qui lui est plus là pour le suivi avec la direction. Il n'est pas en contact direct avec les utilisateurs migrés.

Support et assistance

Le support et l'assistance. Toutes les diapos que vous voyez, enfin la grande majorité en tout cas, sont tirées du document qu'on présente aux agents et au management. Donc je n'ai pas eu besoin de refaire la plupart de ces slides. En fait nos agents sont tout en haut. Quand ils ont besoin d'aide, ils ont quatre canaux disponibles :

  • un petit système d'aide interactif, où on peut orienter, par exemple, vers des vidéos de démonstration de telle ou telle fonctionnalité, via un jeu de questions. Ça ce sont des choses assez classiques, mais chez nous c'est tout nouveau ;
  • l'intranet où on a mis énormément de documentation concernant le déroulement du projet, les trucs et astuces, comment solliciter l'aide également ;
  • quelque chose qu'on appelle le STP, chez nous c'est notre hotline informatique. C'est un moyen classique de support qui a été renforcé pour l'occasion ;
  • et donc, nos assistants de migration ;

Le STP et les assistants de migration, donc la hotline et les assistants de migration, soit fournissent une aide directe, répondent aux questions simples, soit orientent dans le dispositif d'accompagnement pour aller, éventuellement, sur des formations spécifiques, du support avancé à la conversion de documents, ou voire un accompagnement sur site, par un consultant, dans certains cas.

Formation

Côté formation. Là en fait on a différents types de formations qu'on propose. Surtout en volume on a prévu de pouvoir former jusqu'à 50 % de nos agents. C'est à peu près ce qui se passe actuellement. On est à peu près à 50 % d'agents qui viennent en formation. Les 50 % restants déclarant en général, dans les bilans, qu'en fait ils ne souhaitent pas, n'ont pas besoin de formation pour la migration. OK !

On a une formation standard, donc en présentiel. Elles sont par modules et on propose toujours deux niveaux, donc un niveau de base et un niveau avancé. Des formations en ligne pour réduire, justement, notre volume d'agents qui partent en formation présentielle. C'est pour des questions budgétaires, évidemment, d’optimisation. Et les formations sur mesure. Ça c'est sur demande des relais, des fameux assistants de migration. On peut, effectivement, venir faire des formations sur des problématiques ciblées, là où les offres de formation classique ne répondent pas aux besoins.

Retour d'expérience

On arrive à la partie retour d'expérience. Il y a deux éléments qui sont vraiment indispensables sur ce type de projet : les relais et les phases de bilan. Parce qu'en fait, quand vous démarrez une migration, et moi ça a été le cas notamment pour les pilotes, on a migré en premier le département des ressources numériques, par souci d'exemplarité, et une direction métiers pour avoir un point de référence qui ne soit pas technique, qui ne soit pas avec des personnels habitués au changement d’outil et à la technique. Du coup, en fait, quand vous démarrez, les seuls retours que vous avez ce sont les remontées du support. Donc du coup vous pouvez très bien tomber dans le biais de vous dire « tout va mal, on n'a que des problèmes, ça arrive de partout c'est une cata ! » Alors qu'en fait, quand vous interrogez vos relais, ils vous disent : « Eh bien non, nous on n'est pas trop sollicités, les collègues ça a l'air d'aller. » Là vous pouvez déjà avoir des remontées un peu plus rassurantes. Et quand vous faites le bilan, vous demandez « comment ça s'est déroulé ? Est-ce que vous avez eu des difficultés ? Est-ce que vous avez été bloqués ? », là vous vous apercevez que pour les trois quarts des agents, et ce n'est pas ceux que vous avez entendu via le support, en fait ça se passe plutôt pas mal.

Donc vraiment élément indispensable. Ne faites pas une migration sans relais et sans faire de bilan à la fin de chaque phase. Sinon vous allez être découragé, et en plus si vous avez des attaques du type : « Eh bien non, ça ne se passe pas bien, il faut absolument revenir en arrière », vous n'aurez rien à opposer à ce type d'attaque. Par contre si vous arrivez en disant : « Eh bien non, voilà, pour votre direction, le bilan, nos agents nous disent ça », c'est beaucoup plus difficile après de venir dire : « Eh bien non c'est la Bérézina ». Là vous avez du factuel, du concret.

Globalement ça se déroule de manière finalement plus facile que ce à quoi on s'attendait. On a des dispositifs de support qui sont moins sollicités que prévu, alors pas beaucoup moins, mais moins quand même. Et sur les premiers déploiements, on a les deux tiers des agents qui n'ont pas rencontré, finalement,de difficultés importantes. Deux tiers, voire trois quarts, ça dépend des directions.

Par contre, de l'autre côté du spectre, il y a trois points qui sont compliqués à gérer :

Les macros

Nous on a pris une stratégie qui est de dire les directions ont développé des macros, donc on va former leurs agents à faire évoluer leurs macros vers LibreOffice, et on va leur mettre une aide à disposition pour le faire. Ça prend du temps, qu'ils n'ont pas forcément, ça c'est la première chose. On a des gens qui sont plus ou moins de bonne volonté et, il faut le dire, écrire des macros sous LibreOffice, on est moins aidé, dans l'écriture des macros, que sous Microsoft Office. On peut, grosso modo, faire la même chose, mais ça va être moins facile parce que l'éditeur de code, en l’occurrence, est bien moins avancé. Du coup ça présente certaines difficultés. On est aussi à la frontière entre ce qui est applications métier et bureautique. On a de véritables petites applications métier qui ont été développées par les directions, sans connaissances informatiques, sans respecter les process informatiques, qu'elles sont incapables de maintenir finalement. On ne va pas leur jeter la pierre parce qu'elles ont voulu faire vite, etc., mais ça pose quand même question sur la limite de ce qu'il faut faire dans une suite bureautique et ce qu'il ne faut pas faire. Utiliser par exemple un tableur comme une base de données, ce n'est pas forcément une bonne idée !

Les échanges de documents avec l'extérieur

Les échanges de documents avec l'extérieur. Ce n'est pas tellement que c'est compliqué techniquement ou que ça pose énormément de problèmes, c'est juste que ça demande un changement d'habitudes aux agents. Ils ont l'habitude, par exemple, pour envoyer des documents à destination de personnes qui vont simplement les lire, de générer du PDF. Donc ça, ça va. Par contre, nous ce qu'on leur recommande déjà c'est d'envoyer de l'OpenDocument à leurs correspondants. Certains, à peu près 50 % qui vont pouvoir les lire, soit parce qu'ils ont des suites Office, Microsoft Office récentes, soit parce qu'ils ont déjà du LibreOffice, du OpenOffice sur leurs postes de travail. Dans les autres cas, eh bien il faut les informer qu'on est sous LibreOffice, qu'ils peuvent le télécharger. C'est plus ou moins bien accepté, à peu près la moitié vont accepter. Et après, eh bien, s’ils n'acceptent pas comment on fait ? Donc là on est obligé de passer des consignes aux agents. Parfois on est obligé de leur demander de ré-enregistrer dans des formats de Microsoft pour pouvoir travailler avec leurs correspondants. Ça se fait bien, globalement on arrive à résoudre toutes les situations, mais ça demande un changement d'habitudes de nos agents. Et là, la conduite du changement c'est compliqué.

Programmes de formation

Et également une difficulté au niveau des programmes de formation. On organise des formations massives, donc forcément on fait des programmes qui sont collectifs et on a des agents, pas mal d'agents qui arrivent avec des attentes qui sont en dehors, finalement, des programmes de formation qu'on propose. Donc là-dessus on a encore pas mal de travail à faire.

Voilà. Je suis arrivé à la fin de ma présentation. N'hésitez pas à me poser des questions.

Avez-vous des questions ?

Public : Bonjour. Merci pour la présentation.

Éric Ficheux : De rien.

Public : Est-ce que vous avez utilisé comme levier de conduite du changement la fourniture d'un nouveau matériel ? Nouveaux PC, nouvel environnement bureautique et donc LibreOffice.

Éric Ficheux : Pas du tout. En fait je sais que notamment la Gendarmerie nationale, il me semble que ce sont des choses qui ont été faites et que ça a plutôt bien marché. Malheureusement au niveau budgétaire, on est très contraints en ce moment et donc aller fournir du matériel un petit peu plus perfectionné, même si on aurait pu l'envisager, c'était un peu compliqué. Niveau budgétaire, je pense que ça ne l'aurait pas fait, tout simplement.

Public : Bonjour.

Éric Ficheux : Bonjour.

Public : Merci pour cette présentation qui est très vivifiante, parce qu'on voit que c'est un projet qui marche bien, qui est déjà bien entamé. J'ai trois questions. Donc vous avez parlé de conduite du changement et donc faire des formations à la conduite du changement. Je voudrais savoir pour qui étaient ces formations ? Est-ce que, par exemple, les usagers ont été informés ? Là vous avez présenté les différentes phases par lesquelles on passe généralement, est-ce qu'ils ont été informés sur ces phases ? Il peut être assez rigolo qu'ils soient au courant. Ça c'est ma première question. Vous pouvez peut-être y répondre.

Éric Ficheux : D'accord. Oui je vais y répondre dans la foulée, ça va être plus simple. La formation conduite du changement pour l’équipe projet, d'accord, en priorité. Après il n'y a pas forcément nécessité de former tous les utilisateurs. Plutôt, vraiment cibler sur l'équipe projet pour donner les clefs nécessaires, pour arriver à monter le projet et à le dérouler, et arriver à y « survivre » entre guillemets. Ça c'est une chose. Alors ensuite, donc la suite de la question ?

Public : C'était de savoir si les usagers, par exemple, étaient au courant qu'ils allaient passer par ces cinq phases-là ?

Éric Ficheux : Non. Après je ne sais pas si ça serait… Concrètement non, mais ils le font !

Public : D'accord. Je pense que ça peut être rigolo de leur dire : « Voilà vous allez passer par cinq phases », au moins ils se rendront compte.

Éric Ficheux : Oui. Tout à fait. Pourquoi pas ?

Public : Il vaut mieux être au courant avant. Deuxième question, vous n'avez pas parlé de l'aspect financier, donc de ce que ça a fait économiser. J'aimerais savoir combien coûte une licence Microsoft Office et puis, au bilan, combien a coûté le projet ? Aujourd’hui combien ça coûte, est-ce que ça coûte plus en support, etc. ?

Éric Ficheux : D’accord. Concernant le ROI. Donc le ROI qui a été calculé et qu'on tient pour l'instant c'est de 1,7 millions d'euros tous les cinq ans à sept ans, selon la fréquence à laquelle on prévoyait de renouveler la suite bureautique Microsoft. D'accord ? Donc c'est relativement élevé. Après, par rapport aux dépenses de la collectivité ça reste modeste, mais c'est quand même pas mal. Effectivement ce ROI, aujourd'hui on l'atteint. Après concernant le support. Le support a été budgété dans l'enveloppe de conduite du changement. Il faut savoir que l'enveloppe de conduite du changement, pour ce projet, elle est de l’ordre de 600 K euros. D'accord ? Mais attention, l’enveloppe de conduite du changement, on a 5 000 agents déjà, mais attention l'enveloppe de conduite de changement pour aller vers une suite bureautique Microsoft, elle n'est pas négligeable non plus. Elle est de l'ordre de 400 K euros, parce qu'on a les problématiques d'adhérences au logiciel. Adhérences, tout à l'heure, on disait, c'est Office 2003. Je retire Office 2003, eh bien on un paquet de logiciels qui ne marchent plus. Ça veut dire qu'il faut faire évoluer un certain nombre de solutions logicielles. Tout ça, ça a un coût. Il faut aussi former les utilisateurs. Donc il ne faut pas croire que le fait de migrer, de monter le niveau dans les versions de Microsoft, va être indolore niveau conduite du changement. Pas du tout !

Public : Merci. La troisième question. Vous avez parlé, à la fin, des situations qui posaient problèmes. Donc il y avait les macros. Je ne me souviens plus des autres, mais il me semble que vous n'avez pas cité les problèmes de formats de documents et les documents, par exemple, qui ne s'affichaient pas du tout de la même façon quand on recevait des documents et qu'on les lisait sous LibreOffice et que c’était complètement décalé. Moi je le constate tous les jours puisque j'ai LibreOffice sur mon poste, mais j'échange régulièrement avec l'administration de la faculté dans laquelle je travaille et les documents, parfois, ils ne ressemblent à rien du tout.

Éric Ficheux : OK. En fait on a mis en place tout un ensemble de dispositifs « en cascade », entre guillemets, pour pallier à ça. Sur nos postes de travail on a des visionneuses. Donc de toutes façons, quand on reçoit des documents, on va toujours pouvoir les lire, que ce soit dans LibreOffice ou dans les visionneuses. Après, le cas dont vous parlez, il n'est pas si fréquent que ça, en fait, en particulier quand on est sur les toutes dernières versions de LibreOffice. Donc chez nous, ce ne sont pas des choses qui sont aujourd'hui dans nos préoccupations majeures. Ça existe, ça arrive. Après voilà, on a différents dispositifs techniques qui peuvent aller jusqu'à donner un accès temporaire à du Microsoft Office virtualisé par exemple, et, éventuellement pour certains documents, faire appel au consultant pour qu'il puisse aider à convertir le document vers du OpenDocument. Mais globalement ce ne sont pas les choses auxquelles on se heurte le plus en fait.

Public : Il vient de répondre à ma question que je ne pose donc pas.

Public : On a vu qu'il y avait à la fois des formations standards, donc en groupe, et des formations en ligne. Est-ce que vous vous êtes appuyés sur une plate-forme d'apprentissage en ligne type e-learning ? Et d'autre part, comment avez-vous traité les personnes qui, selon votre questionnaire de départ, étaient les plus réfractaires ? Est-ce que vous les avez formées en premier ? Et une fois formées, une fois la migration effectuée, est-ce que vous avez un retour sur leur niveau de satisfaction ? Et est-ce qu'elles sont devenues, elles-mêmes, de nouveaux prescripteurs pour le Libre ? Merci.

Éric Ficheux : D'accord. Pour la première question, en fait sur la partie formation, comme je l'ai expliqué, on n'est pas parti de zéro sur la partie formation. Puisqu'en fait on a déjà des équipes qui s'occupent de l'organisation des formations dans la collectivité et on a déjà, on avait déjà, des marchés avec des prestataires qui étaient capables de répondre à notre problématique de formation. Donc ce sont ces prestataires qui ont réalisé, sur notre demande, des modules de e-learning. Du coup non, on ne s'est pas appuyés sur des plates-formes open source, on s'est appuyé surtout sur les marchés qu'on avait déjà, sur le socle qu'on avait déjà.

Pour la deuxième partie donc concernant les utilisateurs réfractaires. En fait on a une mesure de départ, suite à notre expérimentation, qui nous a montré qu'on avait, enfin « réfractaires » entre guillemets, réfractaire c'est vraiment réfractaire pur et dur, c'est la personne qui ne veut pas y aller par principe. Alors en conduite du changement, les consignes qui sont données c'est qu'en fait la conduite du changement elle ne s'adresse pas aux gens qui sont déjà convaincus et pas aux gens qui sont dans la phase réfractaire. Si quelqu'un ne veut pas migrer par principe, vous allez avoir beaucoup de mal à l'y contraindre, à l'y pousser, c'est-à-dire cette personne-là, de changer, pour arriver à surmonter le changement. Le reste, et c'est la majeure partie des utilisateurs, ce sont des gens qui sont plutôt pour mais avec réserve, parce que j'ai des macros, parce que j'ai, etc. Et l'autre partie qui est plutôt contre parce que j'ai beaucoup de macros, parce que j'anticipe beaucoup de problèmes avec les documents. Ce n'est pas tellement les dispositifs de conduite du changement, on ne s'occupe pas forcément tellement des réfractaires. Après on mesure quand même. Je n'ai pas les chiffres précis pour les réfractaires, sauf sur l'expérimentation, je sais qu'on était de l'ordre de 10 % de réfractaires purs et durs qui n'exprimaient pas de raisons tangibles ou qui n'expliquaient pas pourquoi ils étaient réfractaires. Près de 10 % au moment des questionnaires et de l'expérimentation. Aujourd'hui, il faudrait que je regarde les chiffres, mais je pense qu'on est un petit peu en deçà de ça.

Public : Bonjour. Je voudrais vous demander, expérimentalement, quelle est la complexité des macro envisagées ? Est-ce qu'il y a des macros, je ne sais pas moi, avec des interfaces graphiques par exemple ? Des trucs qui seront quand même vraiment très difficiles à migrer, ou bien est-ce qu'on est dans le parsing de documents et qu'on reste dans des trucs relativement raisonnables, on va dire ?

Éric Ficheux : D'accord. En fait je vais faire une réponse assez vague, mais grosso modo on a de tout. On a des petites macros qui servent juste à faire de la mise en forme de documents. Et on a aussi des agents qui ont poussé les choses jusqu'à de l’interfaçage avec des solutions métier présentes sur le poste de travail. Il y a vraiment des choses très poussées et qui seront très difficiles à migrer, ça c'est certain. Oui, tout à fait. Il y a un peu de tout. Après, les macros les plus fréquentes, c'est plus pour retravailler de la donnée, pour qu'elle soit filtrée. Un exemple, des données financières, qui sortent d'un logiciel qu'on a qui s’appelle Coriolis, sont souvent retraitées par les agents parce que les exports de cette application, aujourd'hui, ne répondent pas très précisément à leurs besoins. Donc ils re-trient les données, ils les remettent en forme souvent via des macros. Donc c'est là où on va trouver, effectivement, le gros des macros. Ce n'est pas forcément très compliqué, mais ça l'est suffisamment pour demander un petit peu de travail pour être adapté.

Public : Trois questions très courtes. La version utilisée actuellement ?

Éric Ficheux : Aujourd'hui, on est en 4.2, déployée, et on est en train de préparer le déploiement de la 4.4. Normalement on devrait y être, mais on a eu des petits soucis de télédistribution.

Public : Est-ce que vous avez imposé le format ODF en interne ?

Éric Ficheux : Oui.

Public : D’accord. Et puis la troisième. Est-ce que vous avez des utilisateurs qui commencent à vous demander du travail collaboratif, à travailler à plusieurs sur un fichier ?

Éric Ficheux : On en a qui le font déjà.

Public : D'accord.

Éric Ficheux : Merci beaucoup.

Applaudissements

Apéro April le 13 mai 2016 à partir de 19h00 dans les locaux de l'April (Paris)

Le 04 May 2016 à 08:41:48

13 Mai 2016 - 19:00
13 Mai 2016 - 22:00

Un apéro April ?

Un apéro April consiste à se réunir physiquement afin de se rencontrer, de faire plus ample connaissance, d'échanger, de partager une verre et de quoi manger mais aussi de discuter sur l'actualité et les actions de l'April. Un apéro April est ouvert à toute personne qui souhaite venir, membre de l'April ou pas. N'hésitez pas à venir nous rencontrer.

L'apéro a lieu à Paris notamment parce que le local s'y trouve ainsi que les permanents et de nombreux actifs. Membre ou pas de l'April vous êtes les bienvenus. Contactez-nous pour organiser un Apéro April dans votre région.

Quand et quoi

Le prochain apéro parisien aura lieu le vendredi 13 mai 2016 à partir de 19h00 dans les locaux de l'April au 44/46 rue de l'ouest, bâtiment 8, 75014 Paris (entrée possible par la place de la Catalogne, à gauche du biocop, au niveau des autolib), le téléphone du local est le 01 78 76 92 80 en cas de besoin.

En ouverture de l'apéro nous ferons un court point sur les dossiers/actions en cours.

Pour tous les détails et vous inscrire rendez-vous sur le pad.

03 May 2016

april.png Nouvelles April

Rencontrez l'association April à Marseille le samedi 21 mai 2016

Le 03 May 2016 à 10:51:51

21 Mai 2016 - 15:00
21 Mai 2016 - 17:00

À l’invitation du CercLL, l’association April sera présente le samedi 21 mai 2016 à 15h00 dans la salle d' Arsenic au 18 rue Colbert 13001 à Marseille.

Une conférence présentant l'association, son rôle, ses enjeux, ses moyens ainsi que les dossiers d'actualité sur lesquels travaillent ses permanents, sera donnée par une des administratrices de l'April, Magali Garnero, alias Bookynette. La conférence sera suivie d'une séance de questions-réponses et pourquoi pas d'un brainstorming pour envisager l'avenir.

Petit apéro pour bien finir la journée!

Bookynette, membre de l'April depuis 2007, au CA depuis 2012, a commencé dans le groupe de Travail transcriptions où elle s'est épanouie pendant 8 ans, se formant aux arguments éthiques du logiciel libre tout en transcrivant de nombreux conférenciers et interviewés. Elle s'active aussi dans les groupes sensibilisation, animation et diversité ainsi que dans les campagnes Candidats.fr afin de sensibiliser les futurs élus. C'est grâce à son engagement dans le projet de l'Agenda du Libre, qu'elle a rencontré Christian Delage, modérateur de l'Agenda et libriste de Cercll, qui a eu la gentillesse de l'inviter pour parler de l'April.

Cercll (CecLL d’Entraide et Réseau Coopératif autour des Logiciels Libres) est une association loi 1901 qui accueille toute personne désireuse de maîtriser simplement, de manière responsable et citoyenne et en toute liberté l’univers informatique. Pas tous forcément des informaticiens chevronnés, les membres du GULL ont divers niveau de compétences, mais le sujet les passionne, et il leur parait important de se réunir régulièrement. Outre la bonne humeur, ils cultivent une philosophie liée à la liberté de chacun et veulent la partager au travers de la découverte et l’utilisation de logiciels libres. Localement, outre les activités régulières, « install party », etc., ils essayent de participer aux diverses manifestations qui peuvent se dérouler dans leur région pour présenter et promouvoir le logiciel libre.

Apéro Actux / April à Rennes le 2 juin 2016 à partir de 19h00

Le 03 May 2016 à 09:14:34

2 Juin 2016 - 19:00
2 Juin 2016 - 23:00

Un apéro April ?

Un apéro April consiste à se réunir physiquement afin de se rencontrer, de faire plus ample connaissance avec le logiciel libre et l'April, d'échanger, de partager le verre de l'amitié et manger ce qui l'accompagne. C'est aussi l'occasion pour l'association et de discuter sur l'actualité et les actions de l'April.

Un apéro April est ouvert à toute personne qui souhaite venir, membre de l'April ou pas, novice ou amateur d'informatique. N'hésitez pas à venir nous rencontrer : la liberté informatique ne s'use que lorsqu'on ne s'en sert pas !

Apéro Actux / April

L'association Actux (Actions pour le Libre à Rennes) a la gentillesse de nous permettre de partager leur Apéro du Libre du 2 juin 2016 à partir de 19h00 à Rennes.

L'apéro du libre se déroule au Papier timbré.

Frédéric Couchet, délégué général de l'April, participera à cet apéro. En ouverture de l'apéro il fera un court point sur les dossiers/actions en cours

Frederic BEZIES

Dis tonton Fred, ça ressemblait à quoi le monde du libre, il y a un an ? Épisode 2 : mai 2015.

Le 03 May 2016 à 09:00:59

Après le premier épisode publié le 9 avril 2016, voici donc le deuxième épisode de cette série mensuelle, celui consacré à mai 2015. Je comptais le publier le 10 mai 2016, mais j’ai décidé de lui faire « devancer l’appel ». Terme que les moins de 20 ans ne comprendront pas 🙂

En mai 2015, les « Jamais Contents » alias français de métropole fêtait les 20 ans de l’élection de Jacques Chirac… Déjà. On fêtait aussi le 30ième anniversaire du massacre du Heysel… Pas franchement très joyeux, je vous l’accorde.

Mais revenons-en au logiciel libre, et voyons ce qu’il se passait il y a un an, mois pour mois. Vous avez du café ou du thé dans votre tasse préférée ? Si oui, on est parti !

Je parlais pour la première fois de la Devuan, avec un titre emprunté à l’univers d’Harry Potter, en utilisant une pré-alpha. Il a fallu attendre près d’un an pour avoir la béta 1 dont j’ai parlé fin avril 2016.

Celle qu’on appellera par la suite la Slackware Linux 14.2 est déjà en développement depuis 18 mois. Grand amoureux de cette distribution austère, je lui consacre un billet d’étape… En me demandant : mais quand va-t-elle finalement sortir ?

MéchantFred est aussi de sortie. Ne serait-ce qu’avec une gueulante sur le côté potentiellement casse-gueule des distributions semi-rolling release. Ou encore sur le côté « plus que libriste » de la Parabola GNU/Linux… Sans oublier les projets qui veulent être calife à la place du calife comme… Palemoon 🙂

Mate Desktop 1.10 commence à faire parler de lui et je fais mumuse pour voir ce qu’il a dans le ventre. Sans savoir qu’un an plus tard j’utiliserai Mate Desktop 1.14.0 en saveur GTK3 compilé maison sur mon Archlinux… 🙂

Côté distribution sur le point de sortir, je demande la Fedora Linux 22 ou encore la Solus béta 2. Sans oublier la sortie de la HandyLinux 2.0… Et oui, en mai 2015, dont la principale nouveauté était d’être basée sur la Debian GNU/Linux Jessie !

J’ai connu pire comme mois chargés en sortie de distributions et en coups de gueule.

Pour terminer, un petit rappel des principaux logiciels libres au début de mai 2015, en me basant sur le tutoriel d’installation d’Archlinux du même mois.

  1. Le noyau Linux 4.0.1. Et oui, Linux 4.0 est sorti en avril 2015.
  2. Gnome 3.16.1
  3. KDE SC 4.14.7 et Plasma 5.2.2
  4. Xfce 4.12.0
  5. Mate Desktop 1.8.2
  6. LibreOffice 4.4.2

Allez, rendez-vous début juin prochain pour le troisième épisode de cette série de voyage dans le passé récent.

april.png Nouvelles April

Un livre électronique verrouillé par un DRM sera toujours un recul comparé à un livre imprimé (vidéo)

Le 03 May 2016 à 07:25:50

Les DRM sont des menottes numériques que la loi interdit de contourner

Dans le cadre de la Journée internationale contre les DRM (« menottes numériques ») ce 3 mai 2016, la vidéo concernant la question des livres électroniques et des DRM, réalisée par l'April, est toujours d'actualité.

Cette journée est l'occasion de rappeler à quel point ces menottes numériques sont dangereuses pour les utilisateurs comme pour les développeurs de logiciels libres, et empêchent des usages, pourtant tout à fait légitimes, des œuvres.

Le paysage des livres électroniques n'a pas beaucoup changé depuis l'an dernier. La vidéo que nous avions diffusée en 2015, pour attirer l'attention sur la question des DRM, est toujours d'actualité. Nous la publions à nouveau pour marquer cette journée internationale contre les DRM.

Les DRM réduisent grandement les droits des lecteurs et font que, justement, un livre électronique n'est pas équivalent à un livre imprimé. Avec un livre électronique sans DRM, l'utilisateur a globalement les mêmes droits que ceux dont il dispose avec un livre papier (possibilité de le prêter, de le lire autant de fois qu'il le souhaite, en tout lieu ou sur tout périphérique, ... ), alors qu'avec un livre électronique verrouillé par un DRM l'utilisateur n'a que des droits limités. Regardez, partagez cette vidéo pour aider à informer sur les dangers que représentent les DRM.

Et n'essayez même pas de caler une table bancale avec votre livre électronique.

Les sous-titres de la vidéo : en français et en anglais (format SRT).

Cette vidéo est une première version destinée à être enrichie de vos commentaires éventuels. Le choix du terme compatibilité au lieu d'interopérabilité est volontaire pour cette vidéo destinée à un large public.

Transcription (en anglais, en espagnol)

Voici une libraire… Et ceci est un livre.

Quand la libraire vend un livre à un client, il repart avec et il en fait ce qu'il veut. Normalement, ça ressemble à un truc comme ça. Quand il a fini, il fait généralement ça. Mais il se peut aussi qu'il fasse ça. Soit qu'il le prête, donne ou qu'il le revende. Il a le droit d'en faire tout autre chose… C'est son livre. Plus précisément, c'est sa copie du texte, le papier est à lui. Il en est le propriétaire.

Ceci est une liseuse. C'est une machine qui permet de lire des ebooks. En bon français, on devrait dire livre électronique. Il n'est pas vraiment possible de vous en montrer un. Ça n'a pas de forme. C'est un fichier numérique. Une information qui peut voyager sur plein de supports différents. C'est pour cela qu'en matière de numérique, on parle d'immatériel. Contrairement au livre, un fichier numérique peut-être dupliqué facilement, sans perte de qualité et pour un coût négligeable. Du coup, le partager est très facile. Quand on a l'habitude de vendre des livres, cette facilité à partager des ebooks pose un tas de questions.

Une mauvaise réponse a été apportée à celles-ci. On l'appelle DRM pour Digital Rights Management. En français on parle de MTP, ce qui veut dire « mesure technique de protection », sans qu'on sache trop ce qui est protégé de quoi ou de qui. Un DRM est immatériel lui aussi. Si on veut se le représenter, ce serait un truc comme ça (libraire avec un tshirt DRM) La justification des DRM est de faire que des ebooks se comportent comme des livres. Les DRM sont censés permettre d'éviter qu'ils soient massivement dupliqués et partagés sans que chaque copie soit achetée. Ça pourrait sembler bien mais ça ne l'est pas.

La première raison est que ça va contre la nature des choses. Donc c'est compliqué. Et quand c'est compliqué ça marche mal. Pour lire un ebook avec un DRM il faut avoir du matériel compatible. On est donc obligé d'acheter certaines liseuses et pas d'autres et on est obligé d'avoir le bon logiciel et le bon ordinateur qui fera tourner tout ça. La compatibilité, ce n'est pas le fort d'un DRM. Une fois qu'on a la liseuse, il faut encore que l'ebook qu'on veut lire soit publié sur le matériel qu'on a acheté et le jour où on a envie de changer de liseuse, de fournisseur... nos ebooks ne suivront pas. Le monde des ebook avec DRM ressemble à ça.

La seconde raison pour laquelle les DRM sont une mauvaise solution, c'est qu'ils font plus que d'empêcher la copie. Quand on paye un ebook avec un DRM, on est pas le propriétaire du fichier. On n'a pas le droit de le donner, de le prêter ou de le revendre et il y a tout un tas d'autres conditions d'utilisation qui n'existent pas avec un vrai livre. On n'achète pas un ebook, on loue tout au plus un service de lecture.

La troisième raison est que les DRM vous surveillent. Pour savoir ce que vous lisez, quand, à quelle vitesse, combien de fois, quels passages en particulier et dans quel ordre... Quand vous lisez un ebook, il y a vous, le texte et le DRM qui vous observe.

La quatrième et dernière raison est sans doute la meilleure. Le DRM permet d'effacer vos ebook à distance. Oui, les effacer. Ce n'est pas de la théorie. Amazon avec son Kindle l'a déjà fait plusieurs fois. Les ebooks avec DRM ne sont pas des livres. L'objectif des DRM n'est pas de rétablir un équilibre rompu par le numérique mais de s'en accaparer tous les bénéfices. Les DRM se voudraient des mesure de protection mais ce sont plutôt des menottes numériques. Pour cela ils vous dépouillent, vous exploitent et vous méprisent.

Ce qui se joue aujourd'hui dans avec les ebooks, se retrouve ailleurs, notamment dans la vidéo à la demande ou le jeu vidéo. La loi prévoit que le consommateur soit informé sur la compatibilité de ce qu'il achète , y compris en matière de mesure de protection technique. Exigez cette information lorsque vous achetez. Sachez faire le bon choix. Bannissez les DRM de votre vie.

Traductions

Version anglaise

This is a bookseller... And this is a book.

When the bookseller sells a book to a customer, he leaves the book shop with it and does what he wants with it. Normally, it looks something like this... When he is done reading it , he usually does this. But he could also do that. He can either lend it, give it, or sell it. And he has the right to do whatever he wants with it. It's his book. More precisely, it is his own copy of the text, the paper is his. He owns it.

This is an e-reader. It is a device that makes it possible to read e-books. Properly speaking, we should say, electonic books. It isn't really possible to show an electronic book to you. It neither has shape nor form. It is a digital file, data that can travel on many different storage devices. That's why we talk of intangibles when it comes to the digital world. Contrary to a book, a digital file can easily be duplicated, without any loss of quality and at insignificant cost. This means sharing it is really easy. When one is used to selling books, this ease with which e-books can be shared raises a ton of questions.

A wrong answer was given to these questions. It is called DRM, for Digital Rights Management. , supposedly methods to protection. What is protected from what or from whom is open to question. DRM is also intangible. If one wanted to represent it anyway, it would look something like that. The justification for DRM is to make e-books behave like books. DRM is supposed to prevent them from being massively copied and shared, without every single copy being bought. That could seem right, but it isn't.

The first reason is that it simply goes against how things work the natural order of things. So it's complicated. And when things are complicated, they don't work well. So you have to buy a certain kind of e-reader, and not others, and you need to have the right software and the right computer to make it all work. Compatibility is not DRM's strong suit. And once you have an e-reader, you still need the e-book you want to read to be published specifically for the hardware you bought. And the day you want to change your e-reader or publisher, your e-books won't work.

The second reason why DRM is a bad solution is that it does more than prevent users from copying. When you purchase an e-book with DRM, you do not own the file. Therefore, you can neither give it, nor lend it, nor resell it. And there are tons of other terms of use that do not exist for a real book. You don't actually buy an e-book; at most you only rent a reading service.

The third reason is that DRM tracks you. To know what you read, when, at what speed, how many times, what passages in particular and in what order. When you read an e-book, there is you, the text, and DRM monitoring your actions.

The fourth and last reason is probably the best. DRM can remotely erase your e-books. Yes, erase them. This isn't just theory. Amazon has already done this several times with its Kindle. E-books with DRM are not books. The goal of DRM isn't to reestablish a balance lost with the advent of the digital age, but to hoard all of its benefits. DRM purports to be a protection measure, but it's actually digital handcuffs. It takes from you, exploits you, and treats you with contempt.

What is happening today with e-books can also be seen elsewhere, in particular with video on demand or video games. The law states that the consumers must be informed of the compatibility of what they are buying, and this includes technological measures such as DRM. Demand this information when you shop. Learn to make the right choice. Ban DRM from your life.

Version espagnole

Esto es una librera... Y esto es un libro.

Cuando la librera vende un libro a un cliente, éste último se marcha con el libro y hace de él lo que quiere. Normalmente, se parece a algo así. Cuando acaba, en general, hace esto. Pero quizás haga esto también. O sea, lo presta, lo regala o lo revende. Tiene el derecho a hacer cualquier otra cosa... Es su libro. Más precisamente, es su copia del texto, el papel es suyo. Él es el propietario.

Esto es un ereader. Es un aparato que permite leer ebooks. En castellano castizo deberíamos decir un libro electrónico. No es posible enseñarles uno. No tiene forma. Es un archivo digital. Una información que puede viajar en una multitud de soportes diferentes. Es por eso que en el ámbito digital se habla de algo inmaterial. Al contrario del libro, un archivo digital puede ser duplicado fácilmente, sin pérdida de calidad y a menor coste. Por lo tanto, compartirlo es muy fácil. Cuando acostumbramos a vender libros, esta facilidad para compartir ebooks plantea un montón de cuestiones.

Se les ha dado una respuesta equivocada. Se le llama DRM por Digital Rights Management, o sea, una medida técnica de protección, sin que se sepa muy bien lo que se protege y de qué o de quién. Un DRM es una cosa inmaterial también. Si queremos hacernos una idea, sería una cosa así (librera con una camiseta DRM). La justificación de los DRM es hacer que los ebooks se comporten como libros. Se supone que los DRM permiten evitar que se dupliquen masivamente y que se compartan sin comprar cada copia. Podría parecer una buena idea, pero no lo es.

La primera razón es que va en contra de la naturaleza de las cosas. Por lo tanto es complicado. Y cuando algo es complicado, funciona mal. Para leer un ebook con DRM hay que tener material compatible. Estamos obligados pues a comprar ereaders concretos y no otros y estamos obligados a tener el software adecuado y el ordenador adecuado que harán que todo esto funcione. La compatibilidad no es el punto fuerte de un DRM. Una vez tenemos el ereader, aún es necesario que el ebook que queremos leer sea publicado con el material que hemos comprado y el día en el que queramos cambiar de ereader o de proveedor... nuestros ebooks no seguirán. El mundo de los ebook con DRM se parece a esto.

La segunda razón por la que los DRM son una solución equivocada, es que hace más que impedir la copia. Cuando pagamos por un ebook con DRM, no somos los propietarios del fichero. No tenemos el derecho de darlo, de prestarlo o de revenderlo y hay un montón de condiciones de uso que no existen con un libro de verdad. No compramos un ebook: como mucho alquilamos un servicio de lectura.

La tercera razón es que los DRM os vigilan. Para saber qué es lo que estáis leyendo, cuando, con qué velocidad, cuántas veces, qué partes en concreto y en qué orden... Cuando estáis leyendo un ebook, estáis vosotros, el texto y el DRM que os observa.

La cuarta y última razón es sin duda la mejor. El DRM permite borrar vuestros ebooks de manera remota. Sí, borrarlos. No es teoría. Amazon con su Kindle ya lo ha hecho varias veces. El objetivo de los DRM no es restablecer un equilibrio roto por lo digital sino acapararse todos los beneficios. Los DRM se presentan como medidas de protección pero son más bien esposas digitales. Para eso, os despojan, os explotan y os desprecian.

Lo que ocurre hoy en día con los ebooks, ocurre en otros ámbitos, en particular el del vídeo a la demanda o los vídeojuegos. La ley preve que el consumidor sea informado sobre la compatibilidad de lo que compra, incluso en términos de medidas de protección técnica. Exigid esta información cuando compréis. Debéis saber hacer la buena elección. Desterrad los DRM de vuestra vida.

02 May 2016

vbernat.png Vincent BERNAT

Petit traité empirique de l'empaquetage Debian

Le 02 May 2016 à 19:25:13

Bien que la création de paquets Debian soit abondamment documentée, la plupart des tutoriaux ciblent les paquets respectueux de la charte Debian. De plus, leur création a longtemps eu la réputation d’être particulièrement difficile1 et beaucoup se sont tournés vers des outils moins contraignants2 tels que fpm ou CheckInstall.

Toutefois, je vais montrer que la construction de paquets Debian en utilisant les outils officiels est plutôt simple en appliquant ces quelques concessions :

  1. Aucun paquet source ne sera généré. Les paquets seront construits directement depuis une copie propre issue du système de versions.

  2. Des dépendances supplémentaires peuvent être téléchargées pendant la construction. Empaqueter individuellement chaque dépendance est un travail ingrat, notamment avec certains environnements tels que Java, Javascript et Go.

  3. Les paquets produits peuvent combiner et inclure des dépendances tierces. Cela peut lever certaines objections liées à la sécurité et à la maintenance à long terme, mais c’est une concession courante dans certains écosystèmes tels que Java, Javascript et Go.

Ceinture blanche§

Deux types de paquets coexistent dans l’archive Debian : les paquets sources et les paquets binaires. Un paquet source produit un ou plusieurs paquets binaires. Chaque paquet doit porter un nom.

Comme indiqué lors de l’introduction, aucun paquet source ne sera construit. Nous allons travailler directement sur sa représentation décompressée : une arborescence de fichiers incluant le répertoire debian/. Les exemples qui suivent utilisent une arborescence composée uniquement du répertoire debian/, mais ce dernier peut être inclus dans n’importe quel project existant.

Comme point de départ, nous allons empaqueter memcached, un cache mémoire distribué. Il nous faut créer quatre fichiers :

  • debian/compat,
  • debian/changelog,
  • debian/control et
  • debian/rules.

Le premier contient uniquement 9 :

echo 9 > debian/compat

Le second contient ceci :

memcached (0-0) UNRELEASED; urgency=medium

  * Fake entry

 -- Happy Packager <happy@example.com>  Tue, 19 Apr 2016 22:27:05 +0200

La seule information d’importance est le nom du paquet source, memcached, sur la première ligne. Toutes les autres informations sont sans influence sur les paquets créés.

Le fichier de contrôle§

debian/control décrit les méta-données à propos du paquet source et des paquets binaires. Un bloc est dédié à chacun d’eux.

Source: memcached
Maintainer: Vincent Bernat <bernat@debian.org>

Package: memcached
Architecture: any
Description: high-performance memory object caching system

Le paquet source est memcached. Il faut utiliser le même nom que dans le fichier debian/changelog.

Un seul paquet binaire est créé : memcached. Par la suite, si vous voyez memcached, il s’agit du nom du paquet binaire. The champ Architecture doit être soit any, soit all. Ce dernier est utilisé exclusivement si tous les fichiers sont indépendants de l’architecture matérielle. Dans le doute, il suffit de mettre any.

Le champ Description contient une courte description du paquet binaire.

La recette§

Le dernier fichier à rédiger est debian/rules. Il s’agit de la recette du paquet. Nous avons besoin de télécharger memcached, le construire et installer son arborescence dans debian/memcached/ :

#!/usr/bin/make -f

DISTRIBUTION = $(shell lsb_release -sr)
VERSION = 1.4.25
PACKAGEVERSION = $(VERSION)-0~$(DISTRIBUTION)0
TARBALL = memcached-$(VERSION).tar.gz
URL = http://www.memcached.org/files/$(TARBALL)

%:
    dh $@

override_dh_auto_clean:
override_dh_auto_test:
override_dh_auto_build:
override_dh_auto_install:
    wget -N --progress=dot:mega $(URL)
    tar --strip-components=1 -xf $(TARBALL)
    ./configure --prefix=/usr
    make
    make install DESTDIR=debian/memcached

override_dh_gencontrol:
    dh_gencontrol -- -v$(PACKAGEVERSION)

Les cibles vides override_dh_auto_clean, override_dh_auto_test et override_dh_auto_build permettent de s’assurer que debhelper ne fera rien de « magique ». La cible override_dh_gencontrol permet de spécifier la version3 sans avoir à tenir à jour debian/changelog. Cette recette est très similaire à ce qui aurait été écrit pour fpm :

DISTRIBUTION=$(lsb_release -sr)
VERSION=1.4.25
PACKAGEVERSION=${VERSION}-0~${DISTRIBUTION}0
TARBALL=memcached-${VERSION}.tar.gz
URL=http://www.memcached.org/files/${TARBALL}

wget -N --progress=dot:mega ${URL}
tar --strip-components=1 -xf ${TARBALL}
./configure --prefix=/usr
make
make install DESTDIR=/tmp/installdir

# Build the final package
fpm -s dir -t deb \
    -n memcached \
    -v ${PACKAGEVERSION} \
    -C /tmp/installdir \
    --description "high-performance memory object caching system"

Vous pouvez lire le résultat final sur GitHub et le construire avec la commande dpkg-buildpackage -us -uc -b.

Ceinture jaune§

À partir de là, il est possible d’inclure quelques améliorations. Aucune n’est essentielle mais le gain est suffisamment intéressant pour justifier l’effort.

Les dépendances sources§

Notre recette initiale ne fonctionne que si nous disposons déjà de wget et de libevent-dev. Ces paquets ne sont pas présents sur tous les systèmes. Il est assez aisé de spécifier ces dépendances en ajoutant un champ Build-Depends dans debian/control :

Source: memcached
Build-Depends: debhelper (>= 9),
               wget, ca-certificates, lsb-release,
               libevent-dev

Il faut toujours spécifier debhelper (>= 9) car son utilisation est centrale dans debian/rules. Il n’y a pas besoin de dépendre de make ou d’un compilateur C car le paquet build-essential est considéré comme toujours présent et il les fournit indirectement. dpkg-buildpackage se plaindra si une des dépendances est manquante. Pour installer sans peine ces paquets, vous pouvez utiliser la commande suivante4 :

mk-build-deps \
    -t 'apt-get -o Debug::pkgProblemResolver=yes --no-install-recommends -qqy' \
    -i -r debian/control

Il est aussi intéressant de se pencher sur des outils tels que pbuilder et sbuild qui permettent de construire des paquets dans un environnment minimal et isolé.

Les dépendances binaires§

Si le paquet ainsi construit est installé sur une machine vierge, memcached refusera de démarrer en raison de l’absence de libevent. Il est possible d’exprimer cette dépendance en ajoutant un champ Depends dans le fichier debian/control. De plus, dans le cas des bibliothèques dynamiques, ces dépendances peuvent être générées automatiquement en utilisant des variables de substitution :

Package: memcached
Depends: ${misc:Depends}, ${shlibs:Depends}

Le paquet construit contiendra les informations suivantes :

$ dpkg -I ../memcached_1.4.25-0\~unstable0_amd64.deb | grep Depends
 Depends: libc6 (>= 2.17), libevent-2.0-5 (>= 2.0.10-stable)

Intérgration avec un système de démarrage§

La plupart des paquets fournissant un démon incluent une intégration avec le système de démarrage afin de démarrer le démon au boot ou de le redémarrer après une mise à jour. Pour les distributions basées sur Debian, il existe plusieurs systèmes de démarrage. Voici les trois plus courants.

  • System-V est le système historique. Ces scripts de démarrage peuvent être réutilisés par les autres systèmes. Il s’agit donc du plus petit dénominateur commun.
  • Upstart est le système popularisé par Ubuntu. Il est utilisé jusqu’à la version 14.10, incluse.
  • systemd est le système par défaut pour Debian depuis Jessie et pour Ubuntu depuis la version 15.04.

Écrire un script de démarrage pour System-V est une tâche ardue. Habituellement, je préfère donc simplement fournir un script pour le système de démarrage par défaut de la distribution visée (Upstart et systemd).

System-V§

Si vous voulez écrire un script de démarrage pour System-V, adaptez5 le script /etc/init.d/skeleton de la distribution la plus ancienne que vous souhaitez supporter. Mettez le résultat dans le fichier debian/memcached.init. Il sera installé au bon endroit et invoqué lors de l’installation, mise à jour ou retrait du paquet. Habituellement, l’utilisateur peut personnaliser les options du démon en modifiant le fichier /etc/default/memcached. Pour en fournir un, placez son contenu dans le fichier debian/memcached.default.

Upstart§

Fournir un script pour Upstart est similaire : son contenu doit être placé dans debian/memcached.upstart. Par exemple :

description "memcached daemon"

start on runlevel [2345]
stop on runlevel [!2345]
respawn
respawn limit 5 60
expect daemon

script
  . /etc/default/memcached
  exec memcached -d -u $USER -p $PORT -m $CACHESIZE -c $MAXCONN $OPTIONS
end script

La directive la plus importante à surveiller est expect. Ici, nous utilisons expect daemon et memcached est démarré avec l’option -d.

systemd§

Fournir un script pour systemd est un tout petit peu plus compliqué. Le contenu doit se placer dans debian/memcached.service. Par exemple :

[Unit]
Description=memcached daemon
After=network.target

[Service]
Type=forking
EnvironmentFile=/etc/default/memcached
ExecStart=/usr/bin/memcached -d -u $USER -p $PORT -m $CACHESIZE -c $MAXCONN $OPTIONS
Restart=on-failure

[Install]
WantedBy=multi-user.target

Bien que cela ne soit pas considéré comme une bonne pratique6, nous réutilisons /etc/default/memcached. Comme pour Upstart, la directive Type est particulièrement importante. Nous utilisons forking car memcached est démarré avec l’option -d.

Il est également nécessaire d’ajouter une dépendance source sur dh-systemd dans debian/control :

Source: memcached
Build-Depends: debhelper (>= 9),
               wget, ca-certificates, lsb-release,
               libevent-dev,
               dh-systemd

Il faut également modifier la règle par défaut dans debian/rules :

%:
    dh $@ --with systemd

Cette complexité supplémetaire est regrettable et est dû au fait que l’intégration de systemd ne fait pas partie de debhelper7. Sans ces modifications, le script sera installé mais l’intégration n’aura pas lieu et il ne sera pas lancé au démarrage de la machine.

Utilisateur dédié§

De nombreux démons n’ont pas besoin de s’exécuter en tant que root et c’est souvent une bonne idée de fournir un utilisateur dédié. Dans le cas de memcached, nous allons fournir l’utilisateur _memcached8.

Ajoutez un fichier debian/memcached.postinst avec le contenu suivant :

#!/bin/sh

set -e

case "$1" in
    configure)
        adduser --system --disabled-password --disabled-login --home /var/empty \
                --no-create-home --quiet --force-badname --group _memcached
        ;;
esac

#DEBHELPER#

exit 0

Lorsque le paquet est désinstallé, aucun ménage n’est effectué :

  • moins de code à écrire, moins de bugs,
  • l’utilisateur peut toujours posséder quelques fichiers sur le système.

L’utilitaire adduser effectuera toujours la bonne action que l’utilisateur demandé existe déjà ou non. Il faut penser à l’ajouter comme dépendance binaire dans debian/control :

Package: memcached
Depends: ${misc:Depends}, ${shlibs:Depends}, adduser

Le marqueur #DEBHELPER# indique le point d’insertion pour des scripts d’intégration supplémentaires.

Le résultat final est disponible sur GitHub et peut être testé avec la commande dpkg-buildpackage -us -uc -b.

Ceinture verte§

Il est possible d’exploiter certaines capacités de debhelper pour réduire la taille du fichier debian/rules et pour le rendre plus déclaratif. Cette section est totalement optionnelle : vous pouvez la sauter si besoin.

Banalités§

Il y a quatre étapes dans la construction d’un paquet Debian :

  1. debian/rules clean va nettoyer l’arborescence pour revenir dans son état initial.

  2. debian/rules build doit construire le logiciel. Pour quelque chose de basé sur autoconf, comme memcached, il s’agit essentiellement d’exécuter ./configure && make.

  3. debian/rules install doit installer l’arborescence de chaque paquet binaire dans le répertoire approprié. Pour des logiciels basés sur autoconf, il s’agit d’exécuter make install DESTDIR=debian/memcached.

  4. debian/rules binary doit empaqueter les différentes arborescences en paquets binaires.

Il ne faut pas écrire directement chacune de ces cibles. L’utilitaire dh, un composant de debhelper, va faire la majeure partie du boulot. Le fichier debian/rules minimaliste suivant suffit pour accomplir cette tâche pour de nombreux paquets sources :

#!/usr/bin/make -f
%:
    dh $@

Pour chacune des quatre cibles décrites ci-dessus, vous pouvez exécuter dh --no-act pour voir les utilitaires invoqués. Par exemple :

$ dh build --no-act
   dh_testdir
   dh_update_autotools_config
   dh_auto_configure
   dh_auto_build
   dh_auto_test

Chacun de ces utilitaires dispose d’une page de manuel. Ceux commençant par dh_auto sont un peu « magiques ». Par exemple, dh_auto_configure va tenter de configurer automatiquement le logiciel avant l’étape de construction. Selon les cas, il peut invoquer ./configure, cmake ou Makefile.PL.

Si un des utilitaires dh_ ne fait pas ce qu’il faut, il est possible de le remplacer en déclarant une cible nommée de manière adéquate :

override_dh_auto_configure:
    ./configure --with-some-grog

Chaque utilitaire est également configurable via des options. Ainsi, il est possible de modifier leurs comportements en définissant la cible correspondante et en invoquant l’utilitaire manuellement :

override_dh_auto_configure:
    dh_auto_configure -- --with-some-grog

Ainsi, ./configure sera appelé avec l’option --with-some-grog mais aussi avec des options par défaut telles que --prefix=/usr.

Dans l’exemple initial de memcached, ces cibles « magiques » sont surchargées. dh_auto_clean, dh_auto_configure et dh_auto_build ont été neutralisées pour éviter tout comportement inattendu. dh_auto_install a été détournée pour exécuter l’intégralité de la construction de l’arborescence cible. De plus, le comportement de dh_gencontrol a été modifié en lui fournissant le numéro de version désiré plutôt que de le laisser regarder dans debian/changelog.

Construction automatique§

memcached utilisant autoconf, dh sait comment le construire : ./configure && make && make install. Il est donc possible de laisser dh faire la majeure partie du boulot avec le fichier debian/rules suivant :

#!/usr/bin/make -f

DISTRIBUTION = $(shell lsb_release -sr)
VERSION = 1.4.25
PACKAGEVERSION = $(VERSION)-0~$(DISTRIBUTION)0
TARBALL = memcached-$(VERSION).tar.gz
URL = http://www.memcached.org/files/$(TARBALL)

%:
    dh $@ --with systemd

override_dh_auto_clean:
    wget -N --progress=dot:mega $(URL)
    tar --strip-components=1 -xf $(TARBALL)

override_dh_auto_test:
    # Don't run the whitespace test
    rm t/whitespace.t
    dh_auto_test

override_dh_gencontrol:
    dh_gencontrol -- -v$(PACKAGEVERSION)

La cible dh_auto_clean est détournée pour effectuer le téléchargement et la mise en place de l’arborescence9. Ni dh_auto_configure, ni dh_auto_build ne sont modifiés. dh appellera ./configure avec les options appropriées puis make. dh_auto_test doit exécuter la suite de tests de memcached. Toutefois, un des tests échoue en raison d’un fichier dans le répertoire debian/. Nous supprimons ce test récalcitrant et invoquons manuellement dh_auto_test. dh_auto_install n’est pas surchargé et dh exécutera alors une variante de make install.

Afin de mieux apprécier la différence, la voici sous forme de patch :

--- memcached-intermediate/debian/rules 2016-04-30 14:02:37.425593362 +0200
+++ memcached/debian/rules  2016-05-01 14:55:15.815063835 +0200
@@ -12,10 +12,9 @@
 override_dh_auto_clean:
-override_dh_auto_test:
-override_dh_auto_build:
-override_dh_auto_install:
    wget -N --progress=dot:mega $(URL)
    tar --strip-components=1 -xf $(TARBALL)
-   ./configure --prefix=/usr
-   make
-   make install DESTDIR=debian/memcached
+
+override_dh_auto_test:
+   # Don't run the whitespace test
+   rm t/whitespace.t
+   dh_auto_test

Vous avez le choix de laisser dh faire une partie du travail ou non. Il est généralement possible de partir d’un debian/rules minimal et de surcharger uniquement quelques cibles.

Fichiers supplémentaires§

Bien que make install ait installé les fichiers essentiels pour memcached, il est parfois nécessaire de copier quelques fichiers supplémentaires dans le paquet binaire. Pour se faire, il est possible d’utiliser cp ou encore de déclarer les fichiers à copier :

  • les fichiers listés dans debian/memcached.docs seront copiés dans /usr/share/doc/memcached par dh_installdocs,
  • les fichiers listés dans debian/memcached.examples seront copiés dans /usr/share/doc/memcached/examples par dh_installexamples,
  • les fichiers listés dans debian/memcached.manpages seront copiés dans le sous-répertoire approprié de /usr/share/man par dh_installman,

Voici un exemple pour debian/memcached.docs :

doc/*.txt

Si vous avez besoin de copier des fichiers à un endroit arbitraire, il est possible de lister ceux-ci ainsi que leur répertoire cible dans le fichier debian/memcached.install. dh_install se chargera de la copie. Par exemple :

scripts/memcached-tool usr/bin

L’utilisation de ces fichiers permet une description plus déclarative de la recette. Il s’agit d’une histoire de goût et vous pouvez tout à fait utiliser cp à la place. Le résultat final est visible sur GitHub.

Autres exemples§

Le dépôt GitHub comprend d’autres exemples. Ils suivent tous le même schéma et mettent en œuvre les techniques décrites dans les sections précédentes.

Il y a notamment des exemples de démons en Java, Go, Python et Node.js. Le but de ces exemples est de démontrer que l’utilisation des outils Debian est relativement simple. Mission accomplie ?


  1. La mémoire collective est toujours marquée par la glorieuse époque précédant l’introduction de debhelper 7.0.50 (circa 2009). La création du fichier debian/rules était alors particulièrement laborieuse. Toutefois, de nos jours, le squelette est devenu minimal. 

  2. La complexité n’est pas la seule raison de ce choix : les outils alternatifs proposent également la création de paquets RPM, ce que les outils Debian ne permettent pas. 

  3. Il y a différentes façons de numéroter les versions d’un paquet. La façon proposée ici n’est pas plus mauvaise qu’une autre pour Ubuntu. Pour Debian, elle ne couvre pas les mises à jour entre deux versions de la distribution. De nos jours, il est cependant plutôt courant de réinstaller un système plutôt que de le mettre à jour. 

  4. Les paquets devscripts et equivs sont alors nécessaires. 

  5. Il est également possible d’utiliser le script fourni en amont. Toutefois, il n’existe pas de script universel fonctionnant sur toutes les distributions. Il est donc important de vérifier que ce script est adapté à Debian en le comparant au squelette et en vérifiant qu’il utilise bien start-stop-daemon et le fichier /lib/lsb/init-functions. Si c’est le cas, vous pouvez le copier vous-même dans debian/memcached/etc/init.d. debhelper ajoutera les scripts nécessaires à son intégration. 

  6. Un utilisateur désireux de modifier certaines options doit plutôt utiliser systemctl edit

  7. Voir #822670 

  8. La charte Debian ne se prononce pas sur la convention à utiliser. Il est courant de préfixer le nom du démon avec un tiret bas (comme dans les BSD). Un autre usage courant est d’utiliser Debian- comme préfixe. Cette dernière méthode a l’inconvénient de produire un nom d’utilisateur trop long pour être visible dans les utilitaires comme top et ps

  9. Il aurait été possible d’appeler dh_auto_clean à la fin de la cible. Toutefois, nous nous plaçons dans l’hypothèse que chaque construction est faite sur une nouvelle copie issue du système de version. 

april.png Nouvelles April

Revue de presse de l'April pour la semaine 17 de l'année 2016

Le 02 May 2016 à 14:54:19

La revue de presse de l'April est régulièrement éditée par les membres de l'association. Elle couvre l'actualité de la presse en ligne, liée au logiciel libre. Il s'agit donc d'une sélection d'articles de presse et non de prises de position de l'association de promotion et de défense du logiciel libre.

En podcast.

Sommaire de la revue de presse de l'April pour la semaine 17

[LeMagIT] OS, poste de travail, suite bureautique: osez les alternatives!

Par Gene Demaitre, le vendredi 29 avril 2016. Extrait:
> Les administrateurs réfléchissant à des alternatives libres aux postes de travail Windows devraient savoir ce qu’offre déjà la communauté.
Lien vers l'article original: http://www.lemagit.fr/conseil/OS-poste-de-travail-et-suite-bureautique-oser-les-alternatives

[Télérama] Hadopi supprimée en 2022: “Je ne m'attendais pas à ce que l'amendement passe”

Par Olivier Tesquet, le vendredi 29 avril 2016. Extrait:
> La député Isabelle Attard a réussi, à la surprise générale, a faire passer un amendement qui prévoit en 2022 la fin de la haute autorité chargée de la lutte contre le téléchargement illégal. Elle s'en explique.
Lien vers l'article original: http://www.telerama.fr/medias/hadopi-supprimee-en-2022-je-ne-m-attendais-pas-a-ce-que-l-amendement-passe,141720.php

[Next INpact] Loi Numérique: les sénateurs grillent la priorité au logiciel libre

Par Marc Rees, le jeudi 28 avril 2016. Extrait:
> Dans le cadre des débats autour du projet de loi Lemaire, les sénateurs ont finalement refusé d’accorder la priorité au logiciel libre dans la vie des administrations. En lieu et place, ils ont adopté un amendement du groupe socialiste se limitant à encourager ces licences.
Lien vers l'article original: http://www.nextinpact.com/news/99643-loi-numerique-senateurs-grillent-priorite-au-logiciel-libre.htm

Et aussi:
[Silicon.fr] Le logiciel libre repart à l'assaut de la loi Numérique
[Numerama] Priorité au logiciel libre dans l'administration: le Sénat vote un texte mou
[Developpez.com] Sénat: un amendement réintroduit une disposition visant à promouvoir le logiciel libre et les formats ouverts
[L'Informaticien] Loi République numérique: domaine public, logiciel libre… on ampute à tout-va au Sénat

Voir aussi:
Le Sénat adopte une simple «déclaration de bonnes intentions» sur le logiciel libre

[Libération.fr] Grâce au numérique, le mouvement perpétuel

Par Amaelle Guiton, le jeudi 28 avril 2016. Extrait:
> La création de plusieurs outils, dont la nouvelle version du site mise en ligne mercredi, vise à soutenir les rassemblements et à prolonger la lutte sur Internet.
Lien vers l'article original: http://www.liberation.fr/france/2016/04/28/grace-au-numerique-le-mouvement-perpetuel_1449290

Et aussi:
[ZDNet] Sous les pavés Nuit Debout, la plage des logiciels libres

[ZDNet] Bureautique: le format ODF recommandé dans les administrations

Par Thierry Noisette, le lundi 25 avril 2016. Extrait:
> La nouvelle version du référentiel général d'interopérabilité recommande le format ODF dans les administrations et pointe les défauts de l'OOXML de Microsoft. Le RGI s'appuie par ailleurs sur Wikipedia.
Lien vers l'article original: http://www.zdnet.fr/actualites/bureautique-le-format-odf-recommande-dans-les-administrations-39836012.htm

Et aussi:
[CIO] Le RGI 2.0 consacre les formats ouverts et les nouveaux standards

Voir aussi:
Approbation du RGI v 2.0, l'April salue le travail de la DISIC/DINSIC

[Next INpact] Au Sénat, nouvelle charge contre l'ouverture des codes sources des administrations

Par Xavier Berne, le mercredi 25 avril 2016. Extrait:
> Alors que les discussions relatives au projet de loi Numérique doivent débuter demain au Sénat, un parlementaire vient de déposer un amendement s’opposant à l’ouverture du code source des administrations – au travers d’une argumentation qui risque d'en laisser plus d'un pantois.
Lien vers l'article original: http://www.nextinpact.com/news/99591-au-senat-nouvelle-charge-contre-l-ouverture-codes-sources-administrations.htm

Voir aussi:
La communicabilité des codes sources des administrations encore plus restreinte
Soutenez une réelle communicabilité des codes sources des administrations

Note

Les articles de presse utilisent souvent le terme « Open Source » au lieu de Logiciel Libre. Le terme Logiciel Libre étant plus précis et renforçant l'importance des libertés, il est utilisé par l'April dans sa communication et ses actions. Cependant, dans la revue de presse nous avons choisi de ne pas modifier les termes employés par l'auteur de l'article original. Même chose concernant l'emploi du terme « Linux » qui est généralement utilisé dans les articles pour parler du système d'exploitation libre GNU/Linux.

jzimmermann.png Jérémie ZIMMERMANN

Joint Civil-Society Statement Addresses Net Neutrality in Europe

Le 02 May 2016 à 14:33:40

Paris, 2 may 2016 — In a joint letter, 73 organisations from 31 countries call on the European Telecom Regulators to uphold net neutrality in their current negotiations about the future of the Internet in Europe.

After 2 years the EU adopted a net neutrality law which leaves many core questions up for interpretation. The Telecom Single Market regulation was adopted in October 2015 in second reading in the European Parliament.

The Body of European Regulators of Electronic Communication (BEREC) and the 28 telecom regulators are currently negotiating guidelines that clarify the recently adopted ambigous European net neutrality law. The regulators have time until August 2016 to publish their final guidelines and will hold a public consultation in June to July.

Europe is in the final stages of the fight for net neutrality. Whether zero-rating, DPI and paid prioritization are allowed for half a billion people depends on the final guidelines that will be published late August 2016. Europe could either follow the global trend towards strong safeguards or set a dangerous precedent.

"This is important that BEREC's guidelines lay the foundations for a neutral and open internet for the upcoming years. This is the only way to ensure fundamental freedoms" says Agnès de Cornulier, Legal and Policy Analysis Coordinator at La Quadrature du Net.

The letter from 73 NGOs calls on the telecom regulators to consider:

  • So called "specialised services" which risk becoming paid fast lanes that circumvent all net neutrality safeguards.They should be tightly defined to only cover services which are technically not possible over the open internet;
  • Interpreting the EU regulation as banning application-specific Zero-Rating because it is a harmful practice that restricts consumer choice, perpetuates less expensive low data volumes and distorts competition;
  • Traffic management should be as application-agnostic as possible. When telecom companies decide about the priority of data packages this risks discriminating against services, including encrypted traffic, harming user choice.

The legal text can be read to both allow and prohibit paid fast-lanes, zero-rating or privacy-intrusive traffic managment forms like Deep Packet Inspection. Basically the legislator kicked the can down the road and now the unelected regulators have to decide on the future of Europe's Internet. This is essential to keep pressuring the telecom regulators in order to ensure the interests of European internet users and this despite the major failings of the process. Besides this public warning, La Quadrature du Net and the other organizations which signed this letter invite internet users to report violations of net neutrality they could have observed on the website respectmynet.eu and to take part in the public consultation available on the website savetheinternet.eu and this in order to alleviate the weaknesses of this European regulation and to enlight regulators.

Read also the letter of the 73 organizations addressed to the BEREC.
See also EDRI's analysis.

april.png Nouvelles April

Quoi de neuf chez Framasoft ? - Radio RMLL 2015

Le 02 May 2016 à 11:39:01


Framasoft

Titre : Quoi de neuf chez Framasoft ? Framasoft 2015.
Intervenants : Pierre-Yves Gosset - Pouhiou - Quesch
Lieu : Radio RMLL 2015 - Beauvais
Date : Juillet 2015
Durée : 41 min 35
Pour écouter le podcast

Transcription

Quesch : On est sur radio RMLL, on est en direct depuis Beauvais, depuis l'antenne universitaire de Beauvais, et on est avec ?

Pouhiou : Avec Pouhiou.

Quesch : Avec Pouhiou. Et ?

Pierre-Yves : Pierre-Yves.

Quesch : Et Pierre-Yves, de Framasoft ?

Pierre-Yves : Tout à fait.

Quesch : Tout à fait. Voilà. Ensemble. Et donc Framasoft, pour les personnes qui ne connaissent pas du tout ?

Pierre-Yves : Qu'est-ce que c'est ? C'est ça ta question ?

Quesch : Oui. Qu'est-ce que c'est ?

Pierre-Yves : Framasoft1, c'est un réseau de sites web, c'est aussi une communauté et c'est aussi une association qui visent, toutes les trois, à promouvoir le logiciel libre et la culture libre par le biais de différentes actions, depuis maintenant plus d'une dizaine d'années.

Pouhiou : En gros, l'idée c'est vraiment d’essayer de faire un peu le trait d'union entre cette magnifique communauté du Libre qui crée du logiciel, qui crée de la culture, qui crée tout un tas de créations de l'esprit, et d'amener toutes ces créations vers M. et Mme Tout-le-Monde qu'on appelle, nous, M. et Mme Dupuis-Morizot.

Pierre-Yves : Parce que les pauvres M.et Mme Michu !

Pouhiou : Ils en ont marre.

Pierre-Yves : Ils en ont marre.

Quesch : La grosse campagne par rapport à ce que tu nous disais Pierre-Yves, on a Dégooglisons Internet.

Pierre-Yves : Oui, qui est une campagne qu'on a lancée en octobre 2014, donc ça ne fait pas si longtemps que ça, qu'on avait annoncée, d'ailleurs, aux RMLL 20142, sont triples. C'est de, premièrement, sensibiliser le grand public aux dangers de la centralisation du web, c'est-à-dire que, aujourd'hui, comment est-ce qu'on fait pour ne pas aller dans l'espèce de trou noir, d'aspirateur à données, que sont GAFAM c'est-à-dire Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft, et, un petit peu prévenir le public. Ça, c'est l'objet du site web.

Le deuxième objectif qu'on a c'est de démontrer, donc là, c'est un petit peu plus ambitieux, puisqu'il s'agit de mettre en face de chaque service de Google, Facebook, etc., un service libre, parce qu'il y a des alternatives libres qui permettent de quitter Google, de quitter Facebook, etc., mais ça prend du temps, c'est un petit peu compliqué, parfois, à installer, etc. Et donc, exactement comme le disait Pouhiou, nous, Framasoft, on essaye d’être le trait d'union, la porte d'entrée, pour montrer, regarder un petit peu comment ça fonctionne, par exemple Diaspora par rapport à Facebook ou par rapport à Twitter. Regarder comment fonctionne EtherPad, Framapad par rapport à Google Docs, etc. Là, aujourd’hui, sur ce deuxième objectif de démonstration, on en est à peu près à un tiers, un quart du chemin, puisqu'on a prévu d'étaler ça sur trois ans. On a déjà plus d'une dizaine de services, mais il y en a encore des dizaines qui vont sortir les années à venir.

Et le troisième objectif de cette campagne Dégooglisons c'est d’essaimer. C'est-à-dire qu'on ne vise pas du tout, évidemment,

Quesch : De devenir un autre Google.

Pierre-Yves : Voilà exactement. La blague qui court en ce moment, c'est comment est-ce qu'on va « déframasoftiser » Internet. L'idée, évidemment, c'est d'essayer de construire un réseau d'acteurs indépendants, libres, engagés, qui vont, ensuite, pouvoir prendre le relais de nos actions en attendant qu'on ait tous des FreedomBox, des boîtes internet, des Cozy Cloud, etc., qui fonctionnent chez chacun. Donc voilà, c'est ça le projet Dégooglisons Internet.

Pouhiou : Il faut bien se rendre compte que, évidemment, on ne se pose pas du tout en concurrence, ce serait ridicule. En gros, le budget annuel de Framasoft, c'est 2,7 secondes du chiffre d'affaires annuel de Google.

Quesch : Deux secondes ?

Pierre-Yves : 2,7. N'oublie pas ! Excuse-moi !

Pouhiou : On n’est pas loin des trois. Si tu arrondis, tu arrondis à trois.

Quesch : Ce n'est pas possible !

Pouhiou : Donc clairement, on ne va pas se poser en concurrent. Mais par contre, on peut montrer que c'est possible, donner envie aux gens et faire en sorte qu'il y ait de plus en plus de possibilités.

Quesch : C'est vrai que c'est intéressant quand on parle. Juste l'Etherpad, eh bien on sait que ça fonctionne, on sait que c'est intéressant, mais c'est encore mieux de montrer par l'exemple. Voilà, tu peux aller sur un pad, ça montre.

Pierre-Yves : Le principe est très simple. C'est que, pour installer Etherpad, ce n'est pas, non plus, d'une simplicité, justement ce n'est pas très accessible à M. et Mme Dupuis-Morizot. L'idée c'est de dire « allez-y, testez sur Framapad comment fonctionne Etherpad ». Vous voyez que ça fonctionne, vous l'utilisez. Finalement le besoin se crée lui-même et vous répondez à ce besoin via un outil libre et puis le jour où vous dites « mais je passe ma journée à créer des pads chez Framapad, chez Framasoft, autant l'installer ». Et là, du coup, on fournit des tutoriels, qui sont en français, qui sont grand public, sur lesquels on fait, d'ailleurs, un parallèle avec l'agriculture, puisqu'on explique qu'il faut, un petit peu, préparer la terre.

Quesch : Cultiver son jardin.

Pierre-Yves : Exactement, c'est très candide. Et à un moment donné, il faut savoir se prendre en main et être acteur, vu que tout l'objet, finalement, de Framasoft et de pas mal d'autres associations du Libre, c'est de savoir comment est-ce qu'on passe de la société de consommation à la société de contribution. Donc, il faut devenir contributeur et acteur.

Quesch : En parlant de contribution avec les contributrices, contributeurs, Pouhiou, ton rôle dans Framasoft, c'est quoi exactement ?

Pouhiou : Justement ça va être, d'une part, d'aider à communiquer vers M. et Mme Dupuis-Morizot, vers la famille Dupuis-Morizot, parce que c'est une famille très élargie, on est tous un peu Dupuis-Morizot,

Quesch : Dix-huit enfants apparemment.

Pouhiou : Hou là, si tu savais !

Quesch : D'après les dernières infos.

Pouhiou : Enfin voilà, l'idée ça va être, donc, de communiquer vers le grand public, donc d'aider à faire, eh bien des articles blog, des communiqués de presse, etc. Mais une grande partie aussi de mon travail va être, justement, d’accueillir les nouvelles énergies et de les aider à s'exprimer au mieux chez Framasoft. L'idée de Framasoft, en fait, c'est qu'on a une association, avec des bénévoles de l'association, qui sont là pour mettre les murs de la maison, pour faire le ménage, pour que la maison soit prête et dispo, afin que tout un tas de personnes bénévoles rentrent dans cette maison et viennent y soutenir les projets déjà existants, y créer des projets, etc. Nous, on a envie d'offrir cette liberté aux personnes qui veulent démocratiser, promouvoir du Libre, et nous on bosse pour ça. Et j'essaie donc, en fait, de faire le lien entre les personnes qui rentrent dans la maison et celles qui continuent à l’entretenir pour qu'on rajoute des étages.

Quesch : OK. Animation de la communauté.

Pouhiou : Exactement. Donc typiquement, on a un forum, maintenant, des bénévoles, qui s’appelle FramaColibri.org3, en hommage à ce magnifique réseau Colibri qu'on porte dans notre cœur, et surtout en hommage à cette petite légende du colibri. Tu sais, il y un incendie dans la forêt, tous les animaux fuient, et puis il y a un animal qui voit le colibri qui fait des aller-retour entre le lac et la forêt. Il fait : « Qu'est-ce que tu fais ? Qu'est-ce que tu fais ? » Il voit qu'il apporte une goutte, à chaque fois, de l'eau du lac pour essayer d'éteindre. Mais il fait : « Tu n'y arriveras jamais ». Et le colibri le regarde et fait : « Je fais ma part, tout simplement ! » Et donc voilà, si tu veux venir, si tu veux faire ta part ça comptera. C'est avec des gouttes d'eau qu'on fait des Dégooglisons Internet. Donc, on a ce forum-là que j'essaie d’animer, et j'essaie de faire ce lien-là.

Pierre-Yves : Tout à fait. Justement, on a fait, un petit peu, ce pari-là, de se dire qu'il manque souvent, dans les communautés du logiciel libre, des capacités d'accueil et de médiation avec le public. C'est quelque chose que nous on a constaté, évidemment depuis des années, sur lequel Framasoft n’était pourtant pas la pire. Je ne juge pas les autres associations, mais on faisait, nativement, on portait beaucoup.

Pouhiou : On portait une attention.

Pierre-Yves : C’était dans l'ADN de Framasoft de faire attention au public, mais on s'est dit qu'on n’était pas forcément très bons, et surtout pas à niveau des demandes et des propositions d'aide qu'on pouvait recevoir. Donc on s'est dit « il manque vraiment quelqu’un qui puisse le faire ». Soit on a une communauté de plusieurs milliers de bénévoles et, entre guillemets, « ça tourne et c'est organisé ». Framasoft ce n'est pas ça du tout. On est plutôt, on va dire, un groupe de potes qui se disent « bon, voilà, on va se lancer dans la Dégooglisation d'Internet, c'est rigolo, c'est sympa ». Sauf que, évidemment, quand le projet prend forme, prend corps, et qu'il se développe, on voit bien que, justement, il faut savoir attirer d'autres personnes et leur dire « eh bien, par exemple, tu peux nous aider, là, sur une traduction, là tu peux nous aider ».

Pouhiou : On a besoin d'un tutoriel.

Pierre-Yves : Voilà, on a besoin d'un tutoriel, on a besoin, un petit peu, d'aide en adminsys sur tel logiciel qu'on ne connaît pas très bien, etc. Et c'est comme ça qu'on agrandit la famille et le nombre de personnes qui viennent dans cette maison dont parlait Pouhiou tout à l'heure.

Pouhiou : Il faut bien se rendre compte, alors d'une part, que nous, on a eu une surprise formidable, c'est que, quand on a lancé Dégooglisons Internet, c'était un pari fou, à l'origine.

Pierre-Yves : On avait bu. Disons-le on avait bu.

Pouhiou : Chut ! Ne dévoile pas nos secrets de potion magique. Donc oui, quand on a lancé Dégooglisons Internet, c'était un pari fou. Il y a eu un véritable engouement, et on a eu des propositions d'aide qui ont afflué de partout mais qui nous ont submergés. Parce que nous, déjà, on s'est lancés bille en tête dans ce projet, donc on était déjà submergés de travail par ce projet-là.

Quesch : Quand tu vois la liste des outils à mettre !

Pouhiou : Ah oui.

Pierre-Yves : On n'a peur de rien.

Pouhiou : Et on a eu des propositions d'aide qui ont afflué de toutes parts. On n'a pas forcément su y répondre parce qu'on s'est faits submerger, et du coup, on a vu qu'il y avait ce besoin, cette envie-là de partager et, de toutes façons, Dégooglisons Internet, on n'y arrivera pas sans vous. C'est évident. C'est-à-dire qu'il faut absolument que ce projet vous vous en empariez, que ce soit en partageant pour informer et sensibiliser les gens aux dangers de GAFAM. Bien sûr on entend Snowden, les révélations de Snowden, bien sûr on voit les horreurs de la loi renseignement et de tout un tas d'autres lois liberticides et scélérates, mais, quand bien même, il y a le besoin de rappeler « attention, il y a des aspirateurs à données, il y a des entreprises, la première et la deuxième capitalisation boursière au monde, Apple et Google, respectivement, qui font quelque chose de très grave ». Donc il faut que vous partagiez, il faut que vous participiez, si vous voulez venir vous relever les manches, parce qu'on a besoin de tout le monde, et si jamais vous pouvez aussi donner des sous parce que c'est ainsi aussi que Framasoft vit.

Quesch : Donc il y a des campagnes de dons ?

Pierre-Yves : Alors, sur les campagnes, elles sont, en fait, plus ou moins permanentes. À partir du moment où on a lancé ce projet-là, on s'est dit qu'il fallait réussir le pari, et que ça allait nous demander pas mal d'argent, en fait essentiellement pour embaucher et créer de l'emploi. Si on veut employer les termes économiquement « novlaguiesques », nous avons créé de l'emploi. L'idée, évidemment, de rester toujours sous forme associative et sur une petite structure, mais il faut de l'argent pour les serveurs et pour les salaires. Ce sont, essentiellement, les deux postes de dépenses qu'on a. Nos comptes sont publiés sur le réseau Framasoft, ils sont accessibles publiquement.

Quesch : Framacomptes ? Je ne sais pas !

Pierre-Yves : On pourrait. Si je me souviens bien c'est sur contact.framasoft.org/asso4. Voilà. Enfin vous cherchez, vous trouvez.

Quesch : Beaucoup trop compliqué. Framacomptes, ça devrait être !

Pierre-Yves : Framacomptes. Voilà. On y pensera. On va finir par monter une boite de noms de domaine, à force d'en acheter. Donc la campagne, elle est permanente. Par contre là, le projet était lancé en octobre 2014, eh bien à l’occasion de ces RMLL 2015, à Beauvais, ce qu'on voulait c’était faire un point. Neuf mois après où est-ce qu'on en est ? Qu'est-ce qu'on a fait ces neuf derniers mois ? Et puis, eh bien qu'est-ce qui va venir dans les trois/quatre mois qui viennent, pour que, un an après le lancement de la campagne, on puisse dire « bon, alors qu'est-ce qu'on a foutu ces neuf derniers mois ? » Eh bien on a sorti plein de sites.

Pouhiou : Un réseau social. Un moteur de recherche.

Pierre-Yves : Framasphère.

Quesch : Réseau social ? Réseau social c'est Framasphère ?

Pierre-Yves : Framasphère5, qui est basé sur Diaspora.

Quesch : Donc c'est un nœud Diaspora ?

Pierre-Yves : C'est un pod Diaspora, donc un nœud diaspora, effectivement. Si vous êtes inscrit sur Framasphère, évidemment, vous pouvez dialoguer avec des gens qui sont sur JoinDiaspora, des gens qui sont sur Diaspora Brésil, diaspora.de, etc. Donc l'idée, c'est évidemment d’avoir un réseau social, et ce qu'on espère encore une fois, c'est vraiment l'objectif, c'est que les gens utilisent les tutoriels qu'on a faits pour pouvoir installer leur propre pod Diaspora et ça commence à se faire. Enfin là, on avait eu la bonne nouvelle du parti politique Nouvelle Donne qui a installé son propre pod Diaspora pour éviter d’envoyer, évidemment les gens proches de Nouvelle Donne sur Facebook, qui, évidemment, aurait pu les suivre, collecter de l'information, tracer, faire les profils, etc. Donc ils ont monté leur propre pod Diaspora. Ils nous avaient envoyé un petit mail en disant : « On a utilisé, un petit peu, le tuto et la démarche de Framasoft, etc. » Donc ça, ça fait toujours plaisir.

EtherPad, donc Framapad6, qui est un outil de rédaction collaborative, qui est basé sur un logiciel libre qui s'appelle EtherPad. Il y a quand même deux choses importantes cette année. La première, c'est qu'on voit une explosion du nombre d'utilisations des pads. Aujourd'hui on est quasiment à mille pads créés par jour. Donc, quand on commence à créer vingt-cinq mille à trente mille pads par mois, eh bien il faut assumer et on a fait pas mal d'adaptations sur EtherPad pour ça. Donc on propose des choses qui permettent, par exemple, de créer un pad qui va être valable pendant six mois et, au bout de six mois sans modification, le pad est détruit parce que, forcément, nous on n'a pas pour but d'archiver la France entière ou le monde entier. La deuxième chose c'est qu'on prévoit, dans quelques semaines, dans trois/quatre semaines, à la fin du mois, la sortie d'un plugin qui s'appelle MyPads, dont on avait lancé le financement participatif il y a un an tout rond, et donc, un an après, les gens qui ont donné à MyPads vont voir le plugin MyPads sortir. J'en ferai une démonstration, tout à l'heure, à quinze heures.

Pouhiou : Vingt.

Pierre-Yves : Quinze heures vingt, dans l'amphi Bunuel, de l'IUT, de Beauvais.

Quesch : C'est dans l'amphi, d'accord.

Pierre-Yves : Ouais. Et donc, je vais faire une conf Dégooglisons, et j'en profiterai pour montrer MyPads.

Pouhiou : C'est ça, pour moi, une des grandes réussites de cette campagne. Si tu veux, c'est que, en montrant « tenez, regardez, il y a un logiciel libre qui s'appelle EtherPad, qui peut vous permettre de remplacer Google Docs et d’écrire de manière collaborative ». et les gens s'en emparent, il y a un véritable engouement. Du coup le logiciel prend de l'importance, prend de la valeur parce qu'il est utilisé, et du coup, les gens sont venus, ont accepté de financer un bout de code en plus, un gros bout de code, je crois qu'on est à plus de soixante mille lignes de code sur MyPads, donc c'est un énorme bout de code, pour avoir des fonctionnalités qui n'étaient pas disponibles. Là c'est très important de dire « regardez, plus on utilise du logiciel libre, plus on le dissémine, plus il prend de la valeur et plus il va s’améliorer et avoir des fonctionnalités. »

Quesch : Et en plus on peut participer au développement.

Pierre-Yves : Oui, vous pouvez. Il est publié sur notre GitLab, qui est un autre projet qu'on a sorti cette année, vu qu'on a sorti notre propre forge logicielle. On a quitté GitHub, qui reste, lui aussi, un aspirateur à données, qui, malheureusement pour les développeurs, est devenu quasiment un incontournable, et on souhaiterait qu'il redevienne contournable. Donc il y a un projet en logiciel libre qui s'appelle GitLab, qui s'installe quand même assez facilement. Au départ, GitLab fonctionnait uniquement pour Framasoft, donc on a migré nos projets GitHub vers notre GitLab, sur ghit.framasoft.org7. Et puis, quand Google code a annoncé qu'ils allaient fermer leurs portes, on s'est dit « bon, eh bien, OK, nous on va ouvrir les nôtres ! » Et on a ouvert notre GitLab à tout le monde. C’était au mois de mars, on est début juillet, aujourd’hui on héberge plus de mille projets logiciels sur notre forge logicielle. On a vu des gens, on peut le dire, ce n'est pas un secret, des gens d'Etalab déposer des bouts de code dessus, etc. Donc ça participe à la réflexion de tout ça. Ce que je voulais dire aussi sur Mypads, c'est que, évidemment, ça va fonctionner avec Framapad, mais on est bien d’accord que le code est libre. Et surtout, on a quand même beaucoup investi de temps et d’énergie, surtout Fabien, le développeur, pour faire en sorte que ça fonctionne en tant que plugin EtherPad. Ça veut dire que lorsque vous avez votre instance d'EtherPad installée chez vous, dans votre entreprise, etc., vous allez pousser un bouton, pour installer Mypads, et ça va fonctionner. Point barre.

Quesch : D'accord. Donc là, si on gère un EtherPad, il faut qu'il soit à jour, déjà.

Pierre-Yves : Oui. Voilà. Tu vas sur, je ne sais pas, pad.laquadraturedunet, la quadrature.net/admin/plugin et, évidemment, il faut être l'admin du site, tu as un login, un mot de passe à rentrer, évidemment.

Quesch : Je viens de tester, ça ne marche pas, là.

Pierre-Yves : Eh bien oui, forcément. À mon avis, je ne suis pas sûr qu'ils t'auraient filé les logins et les mots de passe de la Quadrature. Ça ne m’étonne pas plus que ça.

Quesch : C'est bizarre ça.

Pierre-Yves : Pareil pour le pad.april.org, etc. Et donc les administrateurs du pad ont juste un bouton à pousser pour installer Mypads, et donc, le gros intérêt derrière, c'est qu'il y a une énorme communauté de gens qui utilisent des pads partout sur la planète. Notamment, nous on a travaillé un petit peu avec la SNCF pour ça, et qui ont des besoins justement, pour rendre ces pads privés à un public type. Ça va être le public, évidemment, éducation, derrière, pour voilà, dans les écoles, pour faire en sorte de grouper ces pads, et puis on arrêtera de les perdre, aussi, ce sera quand même vachement pratique.

Quesch : Un professeur. Oui, parce que c'est vrai que c'est intéressant d'avoir des pads et de pouvoir les grouper.

Pierre-Yves : Eh bien voilà. C'est ça.

Pouhiou : Et puis même, un professeur pourra créer des groupes d'utilisateurs dans son MyPads, des groupes d'utilisateurs, donc la classe de 5ème B, la classe de 4ème A, la classe de seconde 2, tu vois, et, par groupe, ce groupe aura un classeur de pads qui lui sera partagé, dont le professeur serait l'admin. Je pense que ça peut vraiment être très utile et on a parlé avec des gens de l’Éducation nationale, enfin des gens travaillant dans l’Éducation nationale, ça semble très attendu.

Quesch : Ouais. D'accord. Et donc ça va être disponible ?

Pierre-Yves : Fin juillet. Officiellement, on va le rendre public, ça ne sert pas à grand-chose de faire une annonce fin juillet, début août. Il n'y aura pas grand monde pour la voir. Donc on va sans doute attendre septembre ou début octobre.

Quesch : En bêta ?

Pierre-Yves : C'est déjà disponible en bêta.

Pouhiou : Et là, on vient de publier un article Framablog aujourd'hui pour dire où on en était, parce qu'on rend compte, évidemment régulièrement, des avancées. C'est tout à fait normal, ce sont les gens qui ont financé, c'est normal de leur rendre des comptes. Il ne manque plus que dix fonctionnalités à coder pour arriver à la release candidate. Voilà.

Pierre-Yves : Et donc, dans tous les autres projets qu'on a sortis, je ne vais pas tous les lister parce que ça prendrait un petit temps et je pense que la demi-heure serait trop vite écoulée, mais on a sorti aussi, alors des petits outils, des raccourcisseurs d'URL, un catalogue OPDS. Donc, un catalogue OPDS, c'est ce qui permet d'avoir une bibliothèque, finalement, d'ouvrages libres sur sa liseuse.

Pouhiou : Sur son téléphone, sa tablette.

Pierre-Yves : Ou sur son téléphone, etc. On a sorti quoi d'autre, Pouhiou ?

Pouhiou : On a sorti un hébergeur d'images qui fait du chiffrement. C'est basé sur Zérobin de SebSauvage.

Framabin8, donc, qui permet de partager, en gros, des secrets, puisque c'est du texte qui va être chiffré de bout en bout. Nous on ne peut rien savoir de ce vous mettez sur notre serveur comme texte, ou comme bout de code, ou comme conversation. Et ce texte-là, vous pouvez décider qu'il s'autodétruira à la première vision, ou au bout de cinq minutes, une heure, un jour, une semaine, un mois, un an. Donc des petits outils comme ça.

Pierre-Yves : Il y a aussi, ça me revient, j'avais perdu le fil, il y a aussi toute une partie améliorations qu'on apporte sur les outils, au fur et à mesure, et donc là, l'idée c'est de dire, eh bien, quand on a sorti un outil dans la campagne Dégooglisons, il faut non seulement le maintenir, mais il faut aussi l'améliorer. Il y a eu pas mal d'améliorations d'outils. Donc, j'ai parlé d'EtherPad, je vais juste en citer deux autres. Il y a le Framindmap9.

Pouhiou : « Framadeite » !

Pierre-Yves : « Framadate », si tu veux ! Ça dépend, je change, des fois ça peut être «date », « Framadate », ça fait très allemand.

Quesch : Pas du tout !

Pierre-Yves : Si, si un petit peu, je t'assure. Et du coup « Framadate », c'est un projet dont on s'attendait à ce qu'il ait un petit peu de succès, mais aujourd'hui c'est plusieurs centaines de sondages qui sont créés chaque jour. C'est devenu, je pense, un vrai concurrent à Doodle et forcément, il y a de grosses attentes des utilisateurs derrière, et l'idée c'est, évidemment, de l'améliorer petit à petit. Et donc là, on a fait aussi des choses qui vont permettre, par exemple, de retrouver ses sondages, quels sont les sondages dont je suis administrateur, de faire du graphe par rapport aux réponses, de prendre en compte les réponses oui, non, si nécessaire, etc.

Pouhiou : Là, tout ça, c'est déjà en test en version bêta. Cette version-là s'appelle openbar, donc openbar.framadate.org, et vous pouvez la tester. Et en plus de ça, on a même des membres qui nous ont fait des tutoriels pour aider les personnes à créer un sondage de dates, puisque, là aussi, si vous n'utilisez plus Doodle, vous pouvez perdre les repères, les habitudes, que vous aviez sur Doodle. Donc voilà, tout simplement un beau sondage, très clair et très précis, c'est tout bête mais ça aide énormément.

Pierre-Yves : Si vous voulez la liste, assistez à ma conf ou revenez voir les vidéos et autres.

Quesch : Sur Framalistes ?

Pierre-Yves : Sur Dégooglisonsinternet.org10

Pouhiou : Dégooglisons tiret internet.

Pierre-Yves : Dégooglisons tiret internet point org. Et, du coup, vous aurez la totalité des services qu'on a mis en place.

Pouhiou : Et qu'on va mettre en place.

Pierre-Yves : Ceux qui sont fonctionnels et ceux qu'on va mettre en place.

Quesch : Et le planning pour les futurs mois.

Pierre-Yves : Parce qu'il y en a plein qui arrivent, là, dans les mois qui viennent.

Pouhiou : Je pense qu'on va beaucoup parler de partage de fichiers à l'automne.

Quesch : Ah Bon ?

Pierre-Yves : Ouais. On tease un peu. C'est pareil. Je vais en parler tout à l'heure. On peut en parler un peu.

Pouhiou : On peut faire un petit ''teasing'.

Quesch : On peut faire un teasing.

Pierre-Yves : Allez, un petit teasing. Quand on va relancer, tout à l'heure.

Pouhiou : Stop, stop. Non pas plus.

Pierre-Yves : C'était trop ?

Pouhiou : N'en dis pas trop !

Pierre-Yves : Tout à l'heure tu posais la question des campagnes et donc, eh bien forcément, ça coûte des sous. Pour relancer un petit peu la campagne et continuer à obtenir des sous c'est surtout ça, parce que comme on vit des dons, s'il n'y a plus de dons, il n'y a plus de projets.

Quesch : Vous arrêtez de vivre ?

Pierre-Yves : Non, on n’arrêtera pas de vivre, c'est juste qu'on fera autre chose et du coup, eh bien les projets ne fonctionnent plus. Mais bon, encore une fois, ils seront libres, chacun pourra les reprendre. Mais l'idée c'est quand même d'essayer de réussir ce pari, d'aller au bout des trois ans, et donc, dans ce qu'on va mettre en place, il y a quand même un gros projet qui est très attendu qui est le partage de fichiers, c'est-à-dire l'alternative à Dropbox. Là-dessus, évidemment, si vous êtes libristes, vous connaissez ownCloud, Seafile.

Quesch : Ubuntu One ? Non ?

Pierre-Yves : Non. Alors là, si tu veux me troller sur Ubuntu One, je vais me faire plaisir.

Quesch : Non, je veux continuer.

Pierre-Yves : Ah OK. « Framadate » ! Et donc, on va essayer de proposer, d'ici octobre, un service de partage de fichiers, alternative, donc, à Dropbox, et sur lequel on essaiera de proposer la même offre, c'est-à-dire du deux gigas, sur lequel on va pouvoir synchroniser les fichiers. Donc, si vous êtes étudiant, eh bien, vous ne perdrez plus votre thèse. Comme j’ai déjà vécu ça un certain nombre de fois!

Quesch : Oui. On sent le vécu.

Pierre-Yves : Oui, je pense à des gens en particulier, qui ne connaissaient pas, etc., et qui, du coup, aujourd'hui utilisent Dropbox, ce qui moi, me fait quand même mal au cœur. Et donc, l'idée, c'est de dire « utilisez un service qui ne vous espionne pas ». Je rappelle qu'au conseil d'administration de Dropbox vous retrouvez Condoleezza Rice, ancienne Secrétaire d’État à la Défense américaine pendant la deuxième guerre en Irak.

Pouhiou : Message subliminal.

Pierre-Yves : Voilà.

Pouhiou : De Bush.

Quesch : De l'administration Bush ?

Pouhiou : Oui.

Pierre-Yves : Bush 2.

Quesch : Bush W.

Pierre-Yves : Voilà. On va sortir aussi, probablement, un service de partage de gros fichiers, temporaire. C'est-à-dire pour remplacer les Wetransfert, etc. Là c'est « j'ai fait mes photos de vacances, j'ai 50 mégas à partager avec mon cousin. Comment je fais parce que ça ne passe pas par mail ? Je ne sais pas ce que c'est que le FTP, etc. » Là vous aurez un service qui permet de déposer le fichier pendant quelques jours et, du coup, votre cousin peut le récupérer, le télécharger et c'est tout bon. Évidemment, ce sera chiffré de bout en bout, c'est-à-dire que même nous, nous ne saurons pas ce qui est hébergé sur le serveur. Il sera chiffré lors de l'expédition, ça veut dire que même à la réception, nous, sur nos serveurs, on ne sait pas ce qu'on reçoit.

Quesch : OK.

Pierre-Yves : Dans les services qui sont préparés aussi, un service de pétitions, pour éviter que les gens aillent tous, moi ça me fait mal de voir des pétitions du Libre qui sont créées chez Avaaz ou chez Change.org, qui sont des sociétés qui proposent un produit hyper intéressant, ça utilise quand même la force d'Internet, le collaboratif, on fait de l'innovation sociale par le numérique, ou digital, enfin peu importe.

Quesch : Digital, numérique.

Pouhiou : Non de la « diginovation ».

Pierre-Yves : De la « diginovation », voilà, vendu. Très bien, j’achète. Et du coup, comment est-ce qu'on va sortir un petit peu de ça ? Eh bien en proposant un outil de pétitions qui ne nous espionne pas, dont on ne stockera que très temporairement les adresses mail, etc. Donc, ça c'est qu'on va essayer de sortir au mois d'octobre, disons. L'été est quand même déjà bien entamé.

Quesch : Ce n'est plus du teasing, c'est une bande annonce à l'américaine.

Pierre-Yves : On peut avoir une explosion ? Des bruits ?

Pouhiou fait des bruitages : Le monde est en danger ! Google, Facebook et Apple nous espionnent. Allons-nous survivre ?

Pierre-Yves : Voilà. Et donc, d'ici la fin de l'année, on a encore comme projet Framatalk, qui essaiera, tant bien que mal, d'utiliser WebRTC pour lutter contre Skype.

Quesch : Pour pouvoir discuter, enfin, à plusieurs.

Pierre-Yves : Voilà, exactement, ce que proposent, un petit peu,

Quesch : Skype ou Hangout.

Pierre-Yves : Skype ou Hangout. Ce que propose déjà Firefox, avec Firefox Hello, mais sans passer nécessairement par Telefonica, qui est, aujourd'hui, le partenaire de Firefox Hello, ce qui fait un peu mal au cœur. Après, la technologie est en rodage, ça ne m'a pas plus choqué que ça qu'ils utilisent Telefonica. Dans les services aussi, il y aurait un Framaform. Framaform c'est une grosse demande qu'on a nous, autour des associations, qui nous posent souvent la question.

Quesch : Pour faire des sondages ?

Pierre-Yves : Voilà. Des sondages, des questionnaires. Ça peut servir.

Pouhiou : Des formulaires.

Pierre-Yves : Tous types de formulaires.

Quesch : Qu'on ne reçoive pas des Google Docs, en lisant le formulaire.

Pouhiou : Malheureusement, tu as quelle alternative aujourd'hui ?

Quesch : À part installer un énorme…

Pierre-Yves : Voilà, un énorme CMS, et puis faire toi-même. Et le configurer, c'est un petit long. Des fois on veut juste dire : « Qui peut venir à mon spectacle ? Avec telle et telle option », etc. Donc on a des assos culturelles, on a des particuliers, etc., qui veulent construire…

Quesch : C'est au-dessous de Lime Survey ?

Pierre-Yves : Oui, complètement. Lime Survey est vraiment fait pour du questionnaire long, un petit peu complexe, etc.

Quesch : Professionnel.

Pierre-Yves : Et ça marche très bien, mais, des fois, on veut juste construire, enfin, les utilisations de Google Forms que moi je vois autour de moi, c'est souvent une question, trois champs avec des cases à cocher, un menu déroulant avec quatre options et puis voilà. Et puis on envoie ça à tout le monde, les gens remplissent, et ça remplit, en plus, le spreadsheet de Google, derrière. Donc là aussi, l'idée c'est d'essayer de sortir de ça, d'ici la fin de l'année. Après on aura peut-être des outils de gestion de projet. Là, du coup, je reste dans le teasing, on verra. Vraiment des outils de gestion de projet avec la liste des choses à faire, faites, etc., qu'on peut partager avec d'autres.

Quesch : Framaprojet ? C'est ça ?

Pierre-Yves : On ne donnera pas de nom pour l'instant.

Quesch : Pas de nom ! D'accord.

Pierre-Yves : Et des outils, aussi, d'aide à la prise à décision. C'est-à-dire que, parfois, on veut faire des choses un petit peu plus complexes que juste demander, enfin pour faire un sondage, ce n'est pas juste oui, non, peut-être. Des fois on veut des choses un petit peu plus complexes du genre « selon vous, la stratégie de telle association, voila ce que je propose, qu'est-ce que vous en pensez ? », et la réponse n'est pas oui, non, peut-être. La réponse peut être plus subtile que ça et l'idée c'est de proposer des outils d’aide à la décision, qui permettent de dire « moi, je pense que oui parce que, mais par contre, il faudrait résoudre tel problème avant, et donc je soumets une deuxième question ». Et en attendant, tant qu'on n'a pas résolu la deuxième question, on ne peut pas reprendre la première, etc.

Pouhiou : Ça je peux déjà donner le nom. Ça s'appelle « Frama, moi je pense que oui parce que, mais par contre ». Point org.

Quesch : Ce n'est pas mal, ça. Facile à retenir.

Pierre-Yves : Exactement. Un tout petit peu long à taper, mais bon.

Quesch : Et, autre actualité ? On a fait le tour, là, des actualités.

Pierre-Yves : Non, on pourrait t'en donner.

Pouhiou : Moi, j'en ai une. On a sorti quand même, on va parler un peu de culture.

Quesch : C'est pour ça que je voulais que vous en parliez. J'ai vu passer un crowdfunding de Pouhiou. Je voudrais en parler.

Pouhiou : Ah Ouais. Ça c'est à part. Déjà, Framabook, on a sorti un magnifique roman de Lilly Bouriot qui s'appelle Avant de dormir »11. C'est un roman entre du Neil Gaiman, du Lovecraft, enfin, une écriture très mature, une quête initiatique glauque, noire, sombre. On est plongé dedans à bras raccourcis, c'est formidable. Et cette femme, donc, a passé son bac de français avec son premier roman édité dans sa poche. Elle l'a écrit à l’âge de seize/dix-sept ans, je crois.

Pierre-Yves : Dix-sept ans.

Pouhiou : Dix-sept ans. C'est un truc formidable, et moi je suis ébaubi par son talent, et aussi, c'est la première fois qu'on fait ça, on a sorti la Thermodynamique de l'ingénieur12, chez Framabook, qui est un manuel universitaire, d'Olivier Cleynen, qui a eu cette démarche formidable de dire « ce savoir-là, on le connaît depuis cent/cent cinquante ans. Au niveau ingénierie, on le connaît depuis au moins cinquante ans, c'est figé, ça ne va pas trop bouger, comme savoir, ce n'est pas une science qui va énormément évoluer. Donc j'ai rassemblé tout ça dans un cours, j'ai fait les schémas, je les ai pris aussi, évidemment, sur Wikimédia Commons, etc., et quand il n'y en avait pas je les ai faits. Ça, c'est fait, vous l'avez, c'est libre, vous pouvez vous l'imprimer vous-même, vous pouvez le télécharger. Bien évidemment, vous pouvez l'acheter chez Framabook aussi, et du coup, l'argent, ne le mettez pas dans les bouquins, mettez-le dans les profs, mettez-le dans les moyens en université, mettez-le dans de quoi faire des cours, et pas dans du savoir qu'on a déjà ». Et ça c'est vraiment une démarche, moi, que je trouve admirable.

Quesch : OK. C'est du lourd. J'étais en train de regarder, Thermodynamique de l'ingénieur.

Pouhiou : Ouais. Ce qui est génial, c'est que c'est du lourd, c'est hyper pointu. Tu as des formules mathématiques, pour moi ce sont des hiéroglyphiques tout ça. Et, en même temps, il te fait, aussi, des exercices, parce que c'est un livre universitaire. Il y a des exercices, et un des exercices, eh bien c'est : « Des étudiants mettent un pack de bière au frigo. Sachant que le coefficient de température du verre c'est ça, de la bière c'est ça, quand est-ce que les bières seront fraîches ? » Tu vois ! Donc, il le fait aussi avec de l'humour, avec des moments d'histoire, avec des anecdotes. C'est passionnant comme bouquin.

Quesch : C'est en CC-BY-SA.

Pouhiou : Tout à fait. C'est libre.

Pierre-Yves : Tu ne voudrais quand même pas qu'on sorte quelque chose qui ne serait pas libre !

Pouhiou : Tu as l'air surpris !

Pierre-Yves : Ça m'inquiète que tu aies l'air surpris.

Quesch : Je suis surpris parce que j'ai cliqué sur le bouquin, et je tombe sur un site super moche.

Pouhiou : Qui s'appelle enventelibre.org13, parce qu'on est en train de le reprendre, c'est normal.

Quesch : C'est pour ça. Sinon, ça va.

Pouhiou : Mais c'est quand même le site qui permet à Ubuntu, April, Wikipédia et Framasoft de vendre leurs produits.

Quesch : Justement, je voulais parler de En Vente Libre. Il n'est pas, ce n'est pas qu'il est moche. On ne va pas, non plus, critiquer. Il est ce qu'il est.

Pierre-Yves : Je te rappelle que En Vente Libre n'a plus grand-chose à voir avec Framasoft. C'est un site qu'on avait monté avec Ubuntu-fr et Framasoft. Il se trouve que, aujourd’hui, En Vente Libre est une asso à part.

Quesch : Tout à fait.

Pierre-Yves : Donc, c'est un peu comme le crowfunding de Pouhiou, ça n'a pas grand-chose à voir avec Framasoft aujourd'hui.

Quesch : Mais pour dire que les bouquins sont en vente.

Pierre-Yves : Oui, ils sont en vente, évidemment. Tout l'objet de la collection Framabook, c'était de répondre aux gens, enfin à la critique des gens qui venaient nous dire : « Votre truc du logiciel libre, là, c'est bien joli comme utopie, mais ça marche parce que c'est du numérique, donc on peut faire du copier-coller. Mais par contre, on ne peut pas faire le copier-coller d'un sandwich ou d'un livre. Et donc il y a des coûts. Donc, faire du libre, du sandwich libre, de la bière libre ou du livre libre, ça ne marche pas.

Pouhiou : Et moi, ce dont je me suis rendu compte avec mes romans, puisque mes romans sont édités chez Framabook, c'est que plus il y a de téléchargements, plus il y a d’achats. Et vraiment ! Il n'y a pas de problèmes là-dessus.

Quesch : Tout à fait. C'est vraiment mathématique. Ah oui ! Plus un livre, plus un savoir est diffusé, plus tu as envie.

Pierre-Yves : Tout à fait.

Pouhiou : Sachant que la relation ne va pas être la même. C’est que, la plupart du temps, les gens vont dire : « Ouais, j'ai commencé à lire, ça m'a bien plu, je me suis dit tiens je vais plutôt lire sur papier ». Ou alors : « J'ai lu, j'ai aimé et puis je n'avais pas de thunes et tout ça. Bon, très bien, et j'ai téléchargé, je l'ai passé à des copains. Et puis là j'ai un peu de thunes, j'ai envie de soutenir ta démarche, donc je vais m'acheter le livre, comme ça moi j'aurais un souvenir et toi, tu auras un peu de sous ». Tu vois.

Quesch : Et en plus, c'est un bouquin que je vais pouvoir passer, parce que le numérique ! C'est moins facile de filer…

Pouhiou : Exactement. Tout le monde ne lit pas en numérique encore.

Quesch : Voilà. Alors qu'un bouquin, on peut retrouver. Je n'ai pas encore retrouvé dans des foires aux livres des Framabooks.

Pierre-Yves : Eh bien peut-être un jour.

Quesch : Peut-être un jour.

Pierre-Yves : Là, les livres sont libres, donc on encourage tout le monde, toutes les personnes qui vont dans des foires aux livres, pourquoi pas, d'amener des Framabooks, de les imprimer, de les acheter.

Pouhiou : Vous pouvez les faire imprimer vous-même. Il y a tout un tas d'imprimeurs en ligne qui font ça très bien. Vous avez les fichiers sources, vous n'avez pas de souci, c'est libre.

Quesch : D'accord. Donc ? On a fait le tour, je crois.

Pierre-Yves : Non, on n'a pas fait le tour.

Quesch : Non, on n'a pas fait le tour ?

Pierre-Yves : Ça tombe bien, moi, je pourrais encore raconter plein de trucs.

Quesch : Non, non. Pas d'accord.

Pierre-Yves : Pas d'accord. Il y a une actualité qu'on n'a pas du tout mise en avant, d'abord parce qu'elle est récente, et ensuite parce qu'elle excitera beaucoup moins les libristes et le grand public, que les sorties de projets.

Quesch : On ne sait jamais !

Pierre-Yves : Parce que c'est aujourd’hui pour ça qu'on vient nous voir et qu'on vient nous dire : « Ah mais, et ça, ça sort quand ? Et ça, ça sort quand ? Et le mail, et le machin ? »

Quesch : Oui, parce que moi j'attends le Gmail, le Framamail.

Pierre-Yves : On en reparle après.

Pouhiou : Il va nous falloir des moyens pour ça, nous, plutôt 2017. Il faut des moyens.

Pierre-Yves : Exactement. On en reparlera. C'est que, on a quand même pas mal bossé sur la reconnaissance de Framasoft. En fait, on a fait une demande d'agrément « jeunesse et éducation populaire », qui nous a été accordé il y a quelques mois, quelques semaines même, donc c'est un peu frais encore. Et l'idée, c’était de dire que ce qu'on fait, finalement, c'est de l'éducation populaire. On essaye, tout simplement, de rendre le citoyen à la fois capable et plus en mesure d'accéder à des savoirs, de les partager et d'y contribuer. Encore une fois, la question de la contribution est pour nous complètement centrale. C'est comment est-ce qu'on va se dire : « Oui, je vais écrire un livre. Oui je vais contribuer à Wikipédia. Oui je vais soutenir financièrement tel ou tel projet du Libre ». Et ça, ça nous paraît tout à fait essentiel. On espère que cette reconnaissance du milieu de l'éducation, enfin « jeunesse et éducation populaire », nous ouvrira des portes qui, aujourd'hui, ne sont pas fermées, mais qu'on n'a jamais vraiment poussées, sur lesquelles on n'a pas eu vraiment beaucoup d'échanges, c'est-à-dire comment est-ce qu'on diffuse et comment est-ce qu'on essaime ce qu'on fait. Encore une fois, on est très sollicités pour intervenir à droite, à gauche, etc. C'est très bien de demander à quelqu'un de Framasoft de se déplacer, mais ce n'est pas notre rôle. Nous, notre rôle, il est d’être sur Internet. Il est, évidemment parfois, d’être face au public. Mais on est une trentaine de membres, clairement, on ne va pas pouvoir intervenir dans toutes les écoles de France et de Navarre. Donc avoir cette reconnaissance « jeunesse et éducation populaire » nous permettra, j'espère, de sensibiliser les réseaux un petit plus au monde du Libre. Ça fait déjà des années, notamment dans le groupe April, il y a un groupe. C'est Pouhiou qui fait des bêtises à la radio.

Pouhiou : Des bruits bizarres.

Pierre-Yves : Ne casse pas tout ! Du coup, c'est quelque chose qu'on essaie de mettre en avant, parce qu'on a besoin aujourd'hui, enfin, il y a un chaînon manquant, qu'on identifie, c'est entre les communautés de développement, les communautés même, parfois, de promotion du logiciel libre, et les utilisateurs. Et c'est comment est-ce qu'on les rapproche ? Et taper à la fois sur le côté « jeunesse et éducation populaire », sur les espaces publics numériques, sur les réseaux, pourquoi pas scolaires, même si je pense que l’Éducation, malheureusement.

Pouhiou : Ou périscolaire. Je peux parler de l'expérience que j'ai eue avec la ligue de l'enseignement 31.

Pierre-Yves : Vas-y, tout à fait.

Pouhiou : Étant sur Toulouse, j'ai des amis qui travaillent là-bas, et qui m'ont demandé de faire une formation sur le numérique, le droit d'auteur et le Libre, auprès d'un ensemble de directeurs de centres de loisirs type CLAC, centres aérés, etc. Ils sont avec des publics enfants et adolescents, et donc j'ai fait une formation là-dessus, de quatre heures, sur le numérique, sur le Libre, et vraiment, les personnes en redemandaient. C’était une initiative locale parce que, justement, on se connaît avec une nana qui bosse là-bas, qu'elle avait bien identifié ce besoin, qu'elle avait un pote dont elle savait qu'il était valide pour faire ce type de formation. Tu vois ? Il faudrait que ça se développe, et le gros avantage c'est que j'ai touché, je ne sais plus, il y avait une vingtaine, une trentaine de directeurs et de directrices de centres, qui, par ailleurs, vont toucher leurs animateurs et animatrices, qui, par ailleurs, vont toucher leur public. Et donc là on a vraiment un effet pyramidal qui est juste énorme, et on espère que ce genre d'initiative, pour l'instant isolé, qui se fait parce qu'il y a de l'opportunité.

Quesch : Se reproduira.

Pouhiou : Ouais, que ça se reproduise. C’est vraiment, à mon avis, une belle opportunité de parler de ces thématiques-là, avec des gens qui sont, entre guillemets, « déjà convaincus ». C'est-à-dire que ce sont des gens qui partagent nos valeurs, et dès qu'on leur explique que leurs valeurs ont une réalité sur les internets, que ça s'appelle le logiciel libre, que ça s'appelle la culture libre, ces personnes-là sont ravies et s'engouffrent avec délices là-dedans.

Quesch : Oui. Merci de l'avoir rappelé, parce que, sans ça, on aurait zappé cette partie. Donc là, je crois qu'on a vraiment fini.

Pierre-Yves : C'est toi qui le dis.

Quesch : Parce qu'en plus Pouhiou est en train de foutre le bordel partout. Il fait tomber des trucs et tout.

Pierre-Yves : Il te casse tout.

Pouhiou : Moi c'est comme ça ! Je ne retiens pas mon enthousiasme d’être avec toi, présent à cette table.

Quesch : Exactement. Donc on a fait le tour. On n'oublie pas, on a le site Framasoft pour aller voir tous les projets.

Pouhiou : framasoft.org. Vous avez tout.

Quesch : Framabook, les pads, le nouveau truc qui remplace Gmail. Ces trucs-là.

Pierre-Yves : Voilà, c'est en place, c'est caché.

Quesch : C'est caché. En matière de recherche.

Pouhiou : Il faut cliquer au bon endroit.

Pierre-Yves : Ah oui. On n'a même pas parlé de Framabee14, moteur de recherche.

Pouhiou : On a dit qu'il y avait un moteur de recherche, Framabee, qui est la bête qui butine le net, et qui est un métamoteur, donc qui va chercher sur plein de moteurs, tout en anonymisant vos requêtes. C'est toujours dur à dire « anonymisant ».

Quesch : Avec un plus beau logo que DuckDuckGo.

Pouhiou : Ah. Nous, il est plus radioactif, j'ai envie de dire. Mais nous, l'avantage, c'est qu'il y a trois noms, si tu veux. C'est-à-dire Framabee, c'est l'abeille qui butine le Net, ça c'est pour toi. Si, à un moment donné, tu as besoin de faire sérieux, tu vois les clients, machin chose, tu dis : « Allez donc sur trouvons.org ». Tu vois ? Et puis tu as envie de t'éclater avec tes potes ou ta famille, tu fais « Eh demande à tonton Roger », parce qu'il y a tontonroger.org, et c'est le même site.

Quesch : Ah, ce n'est pas mal. Avec un logo qui change ou il est toujours le même ?

Pierre-Yves : Non, on a gardé le même, mais on pourrait changer.

Pouhiou : Oui. Mais le titre change à chaque fois.

Pierre-Yves : Tout à fait. On pourrait changer les logos. Bonne idée.

Pouhiou : Fais-nous des logos libres et on les changera à chaque fois. Allez !

Quesch : OK. Pas de problème, je t'en fais trois. Eh bien merci à Framasoft.

Pierre-Yves : Merci à vous.

Pouhiou : Merci.

Quesch : Framasoft.org

Pouhiou : Et Dégooglisons tiret internet point org.

Quesch : Dégooglisons internet.org. J'ai réussi à le dire. Je suis trop content, j'espère qu'on a enregistré.

Pierre-Yves : C'est bon.

Pouhiou : Merci à toi, merci à vous.

Quesch : Merci.

Pierre-Yves : Et bisous.

Frederic BEZIES

« Nous sommes des nains sur les épaules d’un géant » : Une vérité trop souvent oubliée ?

Le 02 May 2016 à 09:45:43

Que ce soit dans le monde du logiciel libre que dans celui de l’auto-édition, cette maxime attribuée à tort à Blaise Pascal (1623-1662) ou encore à Isaac Newton (1642-1727) et qui est en réalité celle de Bernard de Chartres (1130-1160), est trop souvent oubliée. Sa version latine étant « nani gigantum humeris insidentes ».

Dans les deux domaines concernés, on retrouve des personnes qui oublient une base de leur formation, qu’elle soit académique ou typiquement celle liée à l’autodidactie.

Dès qu’on s’amuse à gratter le papier ou à utiliser des outils pour créer des distributions qu’elles soient basées sur Debian, Ubuntu, Slackware Linux ou encore Archlinux, il ne faut pas oublier que nous sommes redevables de nombreuses personnes qui ont abattu des tonnes de travail auparavant pour nous simplifier la tâche.

Quand je rédige un texte littéraire, il faut savoir rester modeste ce ne sera jamais une composante d’une collection prestigieuse comme la Pléïade, je n’aurais jamais pu le faire sans des années passées sur le banc de l’école, du collège et du lycée à apprendre à écrire un français à peu près potable. En clair, un français écrit qui ne contient pas quinze fautes en seize mots. Je ne prétends pas avoir le français écrit d’un Jacques Capelovici aussi connu sous le surnom de Maître Capello. Loin de là, même !

De même, il y a une chose que semble oublier nombre de personnes qui se pique d’écrire ou de proposer des logiciels (quelque soit le niveau de complexité du simple archiveur à l’image ISO complète), c’est que publier signifie rendre public. Donc, s’ouvrir à la diversité des personnes qui récupèreront une copie de votre travail.

Publier un projet, c’est en assumer la responsabilité. Cela veut aussi dire qu’on doit prendre en compte des critiques dégageant une mauvaise foi plus ou moins prononcée, et plus ou moins bien argumentée sur le produit en question. « Sans la liberté de blâmer, il n’est pas d’éloge flatteur. » comme disait un auteur peu connu, Pierre-Augustin Caron dit Beaumarchais (1732-1799)

Je parle souvent de distributions GNU/Linux sur mon blog. De nombreuses distributions sont des dérivées de distributions qui sont elles même des dérivées de distributions « mères » qui existent au minimum depuis le milieu des années 1990.

En gros, je rencontre de nombreuses dérivées d’Ubuntu plus ou moins heureuses. Comme celles d’Archlinux ou de Manjaro Linux, même si c’est encore assez rare. On me dit souvent que je suis très brut de décoffrage, pour ne pas dire que je casse uniquement pour le plaisir de casser. C’est tout simplement faux.

Je n’oublie pas que sans Ian Murdock, il n’y aurait jamais eu de Debian GNU/Linux. Sans Mark Shuttleworth, pas d’Ubuntu. Sans Judd Vinet, pas d’Archlinux. Sans Phil Muller, pas de Manjaro Linux.

Si on remonte d’un cran, sans Linus Torvalds, Andrew Tannenbaum (Minix) ou encore Richard Matthew Stallman et les hackers du MIT, l’informatique tel qu’on la connait serait sûrement différente.

N’importe qui peut créer des images ISO basées sur Ubuntu ou sur Manjaro Linux. Pour Ubuntu, il y a des outils comme SystemBack. Pour la Manjaro Linux, il y a une page de Wiki qu’il vous suffit de lire. Un anglais minimal est juste nécessaire pour la comprendre.

Ensuite, fignoler l’ensemble est un boulot monstre qui nécessite d’y passer un temps monstrueux… Ce qui n’est pas toujours possible, malheureusement. Cette dernière remarque s’applique aussi aux textes auto-édités, et aux nombreuses relectures nécessaires pour avoir un texte aussi lisible que possible. Précision qu’il est inutile d’apporter.

Je me suis amusé à suivre le tutoriel pour me faire une image ISO de la Manjaro Linux Mate pour avoir une base plus récente, et cela n’a pas trop mal fonctionné. Mais ce n’est pas pour autant que je vais la proposer au grand public.

Pourquoi ? Je n’ai aucun autre mérite que d’avoir suivi un guide. M’être assis symboliquement sur les épaules de la personne ou des personnes qui ont rédigés la page du wiki en question.

J’ai une bonne demi-douzaine de textes qui ne quitteront jamais l’intimité de mon disque dur. Tout simplement car ils n’ont pas atteint le niveau de maturité nécessaire à leur disponibilité publique. Que je n’ai pas le temps ni l’envie de publier des textes qui ne me satisfont pas.

Publier un texte mal finalisé est moins grave qu’une distribution GNU/Linux qui contiendrait des bugs pouvant entrainer la perte de données. C’est largement moins grave. Mieux vaut perdre 5 minutes avec un mauvais texte que deux heures à remettre d’aplomb un ordinateur en piteux état.

Il y a la célèbre phrase apocryphe de Spiderman : « Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités. »

Une phrase entrée dans la vie courante, mais qui semble malheureusement trop souvent oubliée.

Je connais mes limites et je les respecte. J’essaye d’apporter ma pierre au monde du libre en rédigeant de la documentation, rapportant des bugs, en aidant à la traduction ou encore en proposant de dépanner des personnes sur des forums dédiés.

A-t-on besoin de savoir faire « mumuse » avec des outils ou des scripts de création d’images ISO pour contribuer au logiciel libre ?

De la même façon, apporte-t-on quelque chose au monde de l’auto-édition en publiant des textes immatures, débordant de fautes de grammaire, de syntaxe, de typographie et d’orthographe ?

Simples questions que je pose sans demander à avoir la moindre réponse.

Bonne journée !

xcartron.png Xavier CARTRON

Cadeau d'anniversaire

Le 02 May 2016 à 09:28:26

Aujourd'hui, c'est le 2 mai, alors c'est cadeau!
J'ai écrit une série de petits scripts pour créer des images d'installation d'OpenBSD personnalisées. Je ne publie aucune iso pour l'instant, car de toutes façons la personnalisation se fait lors du premier reboot principalement.

Bref, toutes les informations pour créer votre propre iso d'openBSD sont ici : http://obsd4a.net/SiO2/

Amusez-vous bien :)

april.png Nouvelles April

Lettre d'information publique de l'April du 1er mai 2016

Le 02 May 2016 à 08:10:54

Bonjour,

Nous avons le plaisir d'annoncer, en collaboration avec Framasoft, une nouvelle version du Guide Libre Association que vous pouvez consulter au format PDF ou commander au format papier.

Malgré une mobilisation constante sur le projet de loi « pour une République numérique », les sénateurs ont restreint la communicabilité des codes sources des administrations et adopté une simple « déclaration de bonnes intentions » sur le logiciel libre. La connaissance du logiciel libre, sa compréhension progressent chez de nombreux sénateurs, mais du chemin reste encore à parcourir.

Au niveau européen, la directive radio constitue une menace pour l'utilisation des logiciels libres. Nous sommes co-signataires d'une lettre ouverte à Bercy et à l'Arcep.

Côté bureautique une bonne nouvelle : la version 2.0 du Référentiel général d'interopérabilité (RGI) a été adoptée et recommande le format ODF.

Le groupe Transcriptions vous propose trois nouvelles transcriptions.

En attendant la transcription à venir, vous pouvez regarder la vidéo de la conférence April à LibrePlanet.

Côté vie associative, nous saluons l'arrivée d'un nouvel animateur pour le groupe diversité.

L'April sera présente à plusieurs événements dans les semaines à venir : le 5 mai à Coupelle-Vieille pour le festival Coquelicot, le 12 mai à Lyon où je donnerai une conférence suivie d'un apéro.

Consultez la lettre publique ci-dessous pour toutes les autres informations et notamment la revue de presse qui propose une quinzaine d'articles.

Librement,
Frédéric Couchet
délégué général de l'April.

Si vous voulez nous soutenir, vous pouvez faire un don ou adhérer à l'association.

Le Sénat adopte une simple « déclaration de bonnes intentions » sur le logiciel libre

Dans le cadre de l'examen du projet de loi « pour une République numérique » en séance publique au Sénat, le 27 avril 2016, les sénateurs ont adopté un amendement de simple « déclaration de bonnes intentions » sur le logiciel libre.

Une version du Guide Libre Association, mise à jour avec Framasoft, est disponible !

Le groupe de travail Libreassociation de l'April dont l'objet est de «construire des ponts entre le monde des logiciels libres et les associations», avait produit en 2012, une première version d'un guide destiné à aider les associations à migrer leur informatique vers les logiciels libres en vue d'une meilleure adéquation des valeurs portées par chacun. Sous l'impulsion de l'association Framasoft, c'est une nouvelle version qui est désormais disponible aux formats PDF et papier.

Dossiers, campagnes et projets

La communicabilité des codes sources des administrations encore plus restreinte

À l'occasion des débats en séance publique au Sénat sur le projet de loi « pour une République numérique » la communicabilité des codes sources des services publics a encore été réduite par l'adoption de l'amendement n° 486 rect.

Mobilisation lors du projet de loi « pour une République numérique »

L'April s'est fortement impliquée sur le projet de loi « pour une République numérique », réalisant et diffusant une infographie sur la communicabilité des codes sources et organisant une mobilisation pour contacter les sénateurs. Les débats autour de la priorité au logiciel libre ont été intenses. Le résultat n'est pas à la hauteur de nos attentes et des enjeux mais ce fut une belle bataille. On constate que la compréhension du sujet logiciel libre est en progrès même s'il reste beaucoup de chemin à parcourir.

Approbation du RGI v 2.0, l'April salue le travail de la DISIC/DINSIC

L'arrêté officialisant la version 2.0 du Référentiel général d'interopérabilité (RGI) a enfin été publié le 22 avril 2016. Cette nouvelle version du RGI (84 pages) recommande le format ODF pour les documents bureautiques au sein des administrations, et énonce des critiques argumentées sur le format OOXML de Microsoft. L'April salue le travail mené depuis près d'un an par la DISIC devenue la DINSIC, sous la direction de M. Jacques Marzin puis de M. Henri Verdier.

Directive Radio - Lettre ouverte à Bercy et à l'Arcep

La directive relative à l'harmonisation des législations des États membres concernant la mise à disposition sur le marché d'équipements radioélectriques (ou directive radio) a été adoptée en avril 2014, avec pour objectif d'améliorer la gestion du spectre radio. Elle doit être transposée et mise en œuvre dans les États membres avant le 12 juin 2016. Quoique poursuivant des objectifs louables, elle impose des critères de conformité pour les logiciels installés sur les équipements radios et constitue une menace inédite pour l'utilisation des logiciels libres. Pour en savoir plus la lettre ouverte à Bercy et à l'Arcep.

Encore une fausse consultation de la Commission européenne sur l'IPRED

La Commission européenne avait lancé en décembre dernier une consultation publique en vue d'une réforme de la directive IPRED (intellectual property rights enforcement directive). L'April n'a pas répondu directement à la consultation : elle s'est servi de cette procédure pour envoyer encore une fois son "avis" à la commission.

La vidéo de la conférence April à LibrePlanet 2016

LibrePlanet, conférence annuelle de la Fondation pour le Logiciel Libre, a eu lieu les 19 et 20 mars 2016 au MIT (Massachusetts Institute of Technology) à Cambridge (États-Unis). Marianne Corvellec et Jonathan Le Lous y ont donné une conférence sur le thème "Free/Libre alternatives to GAFAM's Internet: a review of French initiatives". La vidéo est disponible en ligne.

Trois nouvelles transcriptions

Le groupe Transcriptions de l'April vous propose de lire :

Médias

Revue de presse

La revue de presse fait partie du travail de veille mené par l'April dans le cadre de son action de défense et de promotion du Logiciel Libre. Les positions exposées dans les articles sont celles de leurs auteurs et ne rejoignent pas forcément celles de l'April.

Pour gérer cette revue de presse, un groupe de travail a été créé (vous pouvez en consulter la charte ici) ainsi qu'une liste de discussion rp@april.org où vous pouvez envoyer les liens vers les articles qui vous semblent intéressants.

La revue de presse est désormais diffusée également chaque semaine sur le site LinuxFr.org. Cette diffusion lui offre un lectorat plus large.

Cette revue de presse est commentée dans un podcast disponible sur http://audio.april.org.

Il est diffusé sur les radios : Radio Escapades, Radio Larzac et Ici&Maintenant et Libre@Toi.

Il existe un flux RSS permettant de recevoir la revue de presse au fur et à mesure (rapidement et article par article donc).

Les derniers titres de la revue de presse :

Conférences, événements

Événements à venir

Événements passés

Vie associative

Le groupe diversité s'enrichit d'un nouvel animateur

Benoît Ansieau a accepté de renforcer l'animation du groupe Diversité. C'est ainsi qu'il devient co-animateur du groupe et prend la place laissée vacante par Armony Altinier.

Revue hebdomadaire

Chaque vendredi, à midi pile, les permanents et les adhérents qui le souhaitent passent en revue les tâches et actions relatives à l'April dont ils ont la charge lors de la « revue hebdomadaire April » sur IRC (canal #april sur irc.freenode.net, accès avec un navigateur web). La durée est limitée, généralement un quart d'heure. Cela stimule les bonnes volontés, suscite des idées et des contributions, permet de suivre les activités des uns et des autres et éliminer un certain nombre de problèmes bloquants.

Une page décrivant le principe d'une revue hebdomadaire est en ligne.

Vous pouvez en savoir plus en consultant en ligne les archives des premières revues hebdomadaires, et notamment la synthèse de la revue du 1er avril 2016, la synthèse de la revue du 8 avril 2016, la synthèse de la revue du 15 avril 2016, la synthèse de la revue du 22 avril 2016, la synthèse de la revue du 29 avril 2016.

Adhésions

Au 1er mai 2016, l'association compte 3 973 adhérents (3 592 personnes physiques, 381 personnes morales).

Soutenir l'association

L'April a besoin de votre aide. Vous pouvez faire un don à l'association et participer ainsi au financement de nos actions.

Pour faire un don à l'association, rendez-vous à l'adresse suivante http://www.april.org/association/dons.html (il est possible de faire un don par chèque, virement, carte bancaire ou encore prélèvement automatique).

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Rejoindre l'association à titre individuel

Dans une association, l'adhésion est un acte volontaire. C'est aussi un acte politique car c'est manifester son soutien à l'objet de l'association ainsi qu'aux valeurs qui le sous-tendent. Une adhésion fait la différence en contribuant à atteindre les objectifs de l'association.

Adhérer à l'April permet :

  • de défendre collectivement un projet de société ;
  • de s'investir activement dans la vie de l'association à travers ses groupes de travail et ses actions ;
  • d'être informé régulièrement des événements logiciel libre ;
  • d'agir sur les institutions à travers un partenaire incontournable ;
  • de soutenir financièrement les actions de l'association.

Il est possible d'aider l'association en lui donnant de son temps ou de son argent. Toutes les contributions sont les bienvenues.

Pour les hésitants, nous avons mis en ligne les réponses à de fausses idées classiques.

Pour adhérer à l'April, il suffit de vous rendre à l'adresse suivante : http://www.april.org/adherer?referent=lettre%20publique.

Pour tout renseignement, n'hésitez pas à nous contacter.

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Que vous soyez une entreprise, une collectivité ou une association, adhérez pour participer activement aux décisions stratégiques qui vous concernent !

Votre structure a besoin de tirer le meilleur parti du logiciel libre et pour défendre ses intérêts, elle doit :

  • exercer une veille permanente pour se tenir informée des opportunités et des menaces ;
  • constituer et entretenir des réseaux relationnels institutionnels ;
  • être éclairée sur les contextes juridiques et stratégiques ;
  • contribuer à la défense de l'informatique libre face aux acteurs qui lui sont hostiles ;
  • mieux faire connaître et valoriser son action.

April est au cœur des grandes évolutions du logiciel libre. Adhérer à April permet :

  • de défendre collectivement un projet de société ;
  • de s'investir activement dans la vie de l'association à travers ses groupes de travail et ses actions ;
  • d'être informé régulièrement des événements logiciel libre ;
  • d'agir sur les institutions à travers un partenaire incontournable ;
  • de financer ou cofinancer des actions stratégiques.

Pour adhérer à l'April, il suffit de vous rendre à l'adresse suivante : adhérant dès maintenant à l'April.

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Archives

Pour recevoir automatiquement par courriel cette lettre, inscrivez-vous à la liste de diffusion : http://www.april.org/wws/info/april-actu.

Les archives de la lettre sont disponibles en ligne à l'adresse suivante : http://www.april.org/wws/arc/april-actu.

01 May 2016

Patrice ANDREANI

Un système libre pour le Fairphone

Le 01 May 2016 à 15:20:12

fairphone

 

Le Fairphone est un smartphone éthique, durable et équitable. Il fait attention à la source de ses matériaux et participe au commerce équitable, il est conçu pour pouvoir être réparé facilement pour pouvoir le faire durer et éviter l’obsolescence programmée et l’augmentation des déchets informatiques.

Bref, il a beaucoup d’atout, c’est un super projet. Et maintenant, cerise sur le gâteau, il dispose de son propre système d’exploitation, le Fairphone Open Source OS, open-source, basé sur Android MAIS sans les applications de Google. L’utilisateur a véritablement le contrôle de son système et dispose des applications qu’il a lui-même choisi d’installer, pour respecter sa vie privée et ses données personnelles. On peut facilement accéder au compte root en plus. Les sources du système sont librement disponibles.

Vraiment un très beau projet, à soutenir.

30 April 2016

Frederic BEZIES

Guide d’installation d’Archlinux, version de mai 2016.

Le 30 April 2016 à 23:25:48

Voici la trente-et-unième version du tutoriel pour installer une Archlinux, que ce soit avec une machine virtuelle, utilisant un Bios ou un circuit UEFI. Cette version rend obsolète celle d’avril 2016.

Pour les captures d’écran, je suis parti d’une ISO intermédiaire créé avec l’outil Archiso, au moment où j’envoie l’article en ligne, le 1er mai vers 01 h 30 du matin, l’ISO de mai 2016 n’est pas encore disponible.

Côté environnements : Gnome 3.20.1, Plasma 5.6.3, Xfce 4.12.0, Mate Desktop 1.12.1. Saluons aussi l’arrivée du noyau Linux 4.5.1, et une modification au niveau de l’installation de Xorg, spécialement dans VirtualBox.

NB : Si vous voulez faire une installation avec l’UEFI, il faut utiliser cgdisk, gfdisk ou gparted, et créer un partitionnement GPT. Sinon, ça plantera !

Ce n’est pas un tutoriel à suivre au pied de la lettre, mais une base pour se dégrossir. Le fichier au format zip contient :

  • La version odt
  • La version pdf
  • La version ePub
  • La version mobi (pour Kindle)

Le guide en question est sous licence CC-BY-SA 4.0 à compter du mois de mai 2016.

Bonne lecture et n’hésitez pas à me faire des retours en cas de coquilles !

bansieau.png Benoît ANSIEAU

WordPress Desktop

Le 30 April 2016 à 17:28:05

Petite découverte du jour, étudiant quelques problèmes d’informatiques mobiles (sur laquelle il faut que je fasse un article), je viens de découvrir l’apparition d’une application WordPress pour les ordinateurs, les vrais, ceux qui ont un clavier.

C’est ici que ça se passe. Le tout est disponible pour les ordinateurs mobiles sous iOS et Android, mais aussi sur ordinateur classique, sous Windows, MacOS et GNU/Linux.

Deux petites ombres au tableau :

  • Le site doit avoir l’extension JetPack qui le lie à l’éditeur de WordPress
  • L’extension de l’archive *.tar.gz sous Linux manque est mal écrite (il manque un point avant le «tar», ce qui peut empêcher la décompression

C’est en tout cas pour moi une avancée appréciable de cet outil. Je ne fais que débuter mes tests, mais jusqu’ici cela semble correspondre à mes besoins. (reste à vérifier le fonctionnement Hors Ligne)

Windows 10

Le 30 April 2016 à 17:21:48

Windows_logo

Oui, je sais, moment de faiblesse.

Mais pour moi le côté sectaire de nombreux libristes apporte plus de négatifs que de positifs. Et avoir l’ouverture d’esprit de regarder ce qui se fait dans d’autres mondes me semble une chose bénéfique.

C’est donc dans cette optique de curiosité que j’ai installé, le plus respectueusement du monde, un Windows 10 dans une machine virtuelle sous mon Linux.

Booster au Daft Punk (je fais aussi de la découverte musicale), c’est armé de QEmu-Kvm que je m’attaque à cette installation. Je n’utilise pas virt-manager, ayant une préférence pour le travail fait à la main dans ce type de bricolage (si je devais vraiment faire les choses sérieusement, il en serait autrement).

Je crée un disque virtuel pouvant monter jusque 100 Gb, de quoi mettre le système un peu à son aise si je pousse un peu mes expérimentations. Je prends une image ISO officielle, directement chargée du site de l’éditeur, et me lance dans environ 20 minutes d’installation. Je n’ai pas de numéro de licence à fournir, et indique simplement d’ignorer ces étapes (il le demande deux fois).

Tout aussi religieusement, je vais explorer les méandres de l’assistant d’installation pour déconnecter une à une les différentes options d’«optimisation de l’expérience utilisateur» qui transmettent décidément beaucoup d’informations à Microsoft, et passe à coté de l’insistance du système à m’identifier par un compte utilisateur.

Après quelques messages m’invitant à patienter (et donc à profiter de ce qui reste de puissance de ma machine pour flâner sur le web), j’arrive sur le système

Bureau de Windows 10 (presque) sortis de la boite.

Bureau de Windows 10 (presque) sorti de la boite.

Quelques réglages de résolution, un peu d’exploration et je lance les mises à jour du système. Je configure correctement le clavier. Et j’arrive vite à une installation viable.

Le tout est propre, sobre, voire minimaliste. Une cohérence plaisante à l’œil.

La maitrise esthétique est millimétré, les premiers pas donnent une impression de cohérence, d’unité minimaliste. J’aime beaucoup personnellement.
Le menu «démarrer» évolue, devenant un compromis intéressant entre le menu classique, et les tuiles difficilement introduitent dans la version précédente.

Comme cela avait déjà été fait avec le vista / seven, cette version semble être la version largement terminée de Windows 8.

Oui mais ?

Ho oui, j’avoue qu’une telle interface est plaisante, et que j’apprécierais d’avoir quelque chose qui atteigne cette cohérence (du moins apparente sous ce système) sur ma Fedora.
Mais sans même y avoir passé plus d’une heure, j’en arrive à l’overdose.

J’ai déjà l’impression de passer mon temps à lutter contre le pistage et la mise en ligne de mes données. Le sentiment de fuite de données me semble tel que j’ai déjà l’impression de «payer» ce système juste avec mes données personnelles.

Ho, la plupart du temps, l’option pour ne pas utiliser de compte, ou limiter un peu la fuite de données existe.
Mais le tout est sournois. Toute cette maîtrise de l’ergonomie semble ici utilisée pour rendre juste assez invisible ces options.
Les informaticiens pointilleux et soucieux de leur vie privée trouveront assurément ces options, mais tout est fait pour que l’utilisateur moyen ne voit qu’une unique possibilité, sans même la vision d’une alternative.

J’en arrive à avoir le sentiment qu’une version déployée en entreprise (à ne pas confondre avec une simple version professionnelle) aurait finalement une meilleure chance d’être respectable, étant alors plus profondément modifiée pour éviter la fuite de toutes ces données, pouvant être tout à fait inacceptable pour l’entreprise.

L’utilisation d’une version d’entreprise ne sera de toute façon pas vraiment le choix de beaucoup de membres de grandes entreprises ou de grands groupes.
Mais l’utilisation d’une version grand public, qu’elle soit familiale ou professionnelle, me semble être bien trop peu sous la maîtrise de qui que ce soit à part l’éditeur pour être même tolérable.

Logique.
Oui, mais il est toujours bon de le vérifier et de se faire sa propre idée sur ce type de questions.
Ne pas simplement rester sur ces à priori.

Frederic BEZIES

En vrac’ de fin de semaine.

Le 30 April 2016 à 11:58:04

Comme chaque fin de semaine, l’obligatoire billet en vrac’. Il sera assez court, en ce moment, j’ai pas mal de petits trucs en route qui me mange pas mal de temps libre.

Commençons par le logiciel libre. Je dois dire que je suis déçu, encore aucune nouvelle ISO communautaire pour la Manjaro Linux… Pourquoi tant de haine envers le testeur fou que je suis ? 🙂

Côté musique ? Je tiens à remercier le réseau à l’oiseau bleu est utile et ne sert pas qu’à entretenir le melon choppé par certain(e)s auteur(e)s auto-édité(e)s. Aux personnes en question, je répondrai par un proverbe latin : « Arx tarpeia Capitoli proxima ». Comprenne qui voudra ou qui pourra.

  • Vous aimez les musiques sombres ? Alors le mélange de black metal, post-metal et de shoegaze des mexicains de Dotzd vous plaira. Il y a deux albums sous licences libres CC-BY-NC disponibles. Il s’agit de « Reveries » et de « Soñar « 
  • Toujours dans le domaine des musiques pas franchement gaie, je demande « Dauðra Dura » de Forndom.

Bon week-end !


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Mise à jour: Le 05 May 2016 à 02:33:25