Promouvoir et défendre le logiciel libre

23 October 2014

Frederic BEZIES

La Blag Linux 200000, une vaste blague ?!

Le 23 October 2014 à 09:42:35

Il y a trois semaines de cela, j’avais parlé de la Blag Linux 200000, qui devait sortir en version stable, dixit l’outil de suivi pour le 22 octobre 2014. Ci dessous, la capture d’écran faite en ce 23 octobre 2014.

On peut clairement lire : « An upcoming stable version of BLAG-200000 will be available October 22nd, 2014. » ce qu’on peut traduire par « Une version stable à venir de la BLAG-200000 sera disponible de 22 octobre 2014″.

Non seulement, il n’y a pas de liens directement disponibles, mais le lien de téléchargement est assez intéressant à déchiffrer, je vous la recopie ici, ainsi qu’avec une capture d’écran du 23 octobre 2014 qui prouve ce que j’avance : ftp://blag.fsf.org/200000/Live/x86_64/Testing/

Oui, testing qui en bon anglais peut être traduit par version de test. Chouette, une version de test qui était annoncé comme stable par l’outil de suivi. Mais restons optimiste, et voyons ce que donne cette version rendue disponible au 22 octobre 2014.

J’ai pris la version avec Mate Desktop pour avoir un ensemble assez léger et rapide à l’emploi. J’ai utilisé VirtualBox par la suite pour avoir un PC virtuel où installer la Blag 200000. J’ai par la suite téléchargé l’ISO avec Gnome pour avoir un aperçu plus complet.

Comme pour les articles précédents, c’est la version d’Anaconda fournie avec la Fedora 20. Inutile de s’apesantir dessus. Seul point à se souvenir : l’agencement du clavier est par défaut en Qwerty, du moins pour l’ISO avec Mate Desktop, l’ISO Gnome étant fonctionnelle et proposant un clavier en Azerty. Faut faire attention lors de la saisie des mots de passe.

Une fois l’installation terminée et la machine virtuelle redémarrée, j’ai par acquis de conscience fait une vérification de la présence de mises à jour. Seul NetworkManager a été mis à jour. Presque rien, donc.

Côté logithèque par défaut : Midori (pour la navigation internet), Abiword et Gnumeric pour la bureautique de base. Sylpheed pour le courrier électronique. Quod Libet pour la musique, et Whaaw (outil au développement abandonné depuis environ 3 ans) pour les vidéos.

L’équipement logiciel étant strictement le même pour l’ISO avec Gnome, sauf un point précis que je vous laisse découvrir dans la vidéo qui suit.

<iframe allowfullscreen="allowfullscreen" frameborder="0" height="360" src="http://www.youtube.com/embed/3YVlas4dbm8?rel=0" width="640"></iframe>

Je dois dire que de la demi-déception que j’éprouvais lors du test d’une version intermédiaire et théoriquement en bonne voie de finalisation, on est passé à la déception complète. Non seulement, la version stable annoncée s’est révelée être une version de test, mais celle-ci est moins que fonctionnelle. Ne serait-ce que l’absence de greffons dans Mate Desktop, ou encore le non fonctionnement du son toujours sous l’ISO avec Mate Desktop… Une version de test doit être testable, et des fonctionnalités minimales, comme le son pour tester les capacités multimédias, non ?

La GDNewHat s’est envoyée par le fond pour rien. Oui, pour rien. Quant au projet pugnix qui devrait prendre sa place, au moment où je rédige cet article, la page est… vide à 99,9% :(

Si vous voulez utiliser une distribution GNU/Linux 100% libre (au sens où l’entend la FSF), il ne vous reste plus grand choix. C’est soit la Trisquel GNU/Linux dont la version 7 commence à prendre un retard qui lui sera dommageable à terme, soit directement aller sur la Parabola GNU/Linux pour avoir quelque chose de libre et de récent. Comme je l’avais précisé pour un article sur une version préliminaire de la Trisquel GNU/Linux 7 :

[...]Cependant, cet espoir ne sera vraiment confirmé que si et seulement si la Trisquel GNU/Linux 7.0 sort d’ici la fin de l’année 2014. Si elle sort après, elle ne fera que salir – à son corps défendant – sa réputation. Ce qui serait dommage, car c’est la seule distribution GNU/Linux 100% libre qui est assez facile d’accès.

Il suffit de voir à quel point les développeurs de la Blag Linux sont déconnectés du reste des utilisateurs, spécialement les moins technophiles.

Même moi, qui essaye de devenir aussi libriste que possible, essayant de virer les logiciels non libres de mon ordinateur sans tomber dans le fondamentalisme, et spécialement pour des raisons liés à la pérénité de mes données et de mes logiciels, je suis attéré par cette distribution… Vu le fiasco qui s’approche, la faire revivre a été semblable à de l’acharnement thérapeutique : inutile et contre productif.

Dommage…

22 October 2014

jle_lous.png Jonathan LE LOUS

Approche DILEC: simplifier la gouvernance des logiciels libres

Le 22 October 2014 à 13:32:00

Bonjour,

J'ai écrit récemment un article en deux parties pour Direction Informatique sur la gouvernance informatique et de ses implications stratégiques (billet 1 et billet 2).

Le choix des technologies, entre autres, repose sur plusieurs éléments : l’application est-elle compatible avec l’existant? Quelles sont les évolutions qui sont envisagées dans le futur –Cloud computing, intégration continue, agilité? La solution sera-t-elle compatible avec ces évolutions et à quels coûts?

Une fois que ces critères ont été déterminés, la sélection de l’application sur une base de fonctionnalités commence. De plus en plus, ce choix comprend des logiciels libres, dont de nombreux sont de nature communautaire, c’est-à-dire sans éditeur adossé. Nous voilà donc face à un dilemme : comment peut-on profiter des avantages du logiciel libre en minimisant le risque? En d’autres mots : quelle est la meilleure stratégie en matière de gouvernance d’un logiciel libre?

Mise en place d’une gouvernance simple : DILEC

La gouvernance d’un logiciel libre communautaire peut se résumer en un simple acronyme, soit « DILEC » :

  • Discuter – ouvrir le dialogue avec la communauté, poser des questions
  • S’Impliquer – être présent et apporter de nouvelles perspectives
  • Libérer son code – reverser ses contributions
  • Escorter – permettre l’utilisation du code via la documentation
  • Communiquer – maintenir le dialogue

Pour éclaircir ces différents points, je vous suggère de lire ce témoignage de Sébastien Coavoux, un professionnel du logiciel libre, qui explique comment il a travaillé à l’intégration de l’outil de supervision Shinken (100 000 nodes) au sein d’une grande société publique d'Amérique du Nord.

Open

Discuter

"La première étape du processus a été la réalisation d’une preuve de concept. La preuve de concept est une étape primordiale dans l’utilisation de la solution. De façon générale, elle est intéressante dans le domaine de l’open source, car elle permet les premiers contacts avec la communauté."

"En effet, lors de la prise en main d’une solution par des intégrateurs, le premier réflexe est de se tourner vers la documentation pour trouver de l’aide. Malheureusement, elle peut être incomplète, ce qui était vrai dans notre cas. Les intégrateurs se sont alors tournés alors vers les moyens de communication pour avoir de l’aide de la communauté : listes de diffusions, IRC, site du projet… Le contact était ainsi établi. »

S’impliquer

"La preuve de concept a permis d’en faire davantage, soit la remontée et la correction de défauts de programmation dans le logiciel. C’est un nouveau pas vers la communauté pour les intégrateurs et de facto un bénéfice pour le logiciel."

"La présence a aussi été un avantage pour la société voulant utiliser Shinken : c’est un moyen de s’assurer une certaine pérennité de la solution. L’ajout de fonctionnalité ou correction de bogue permet d’alimenter le projet et, dans le cas de cet exemple, le stabiliser."

Libérer son code

"Mais pour que le projet soit alimenté, il faut que les sources soient réversibles et reversées. Certaines modifications ne peuvent pas s’ajouter à la base de code existante, car elles sont trop spécifiques. Il faut alors trouver une façon de rendre ces contributions profitables à tout le monde », note Sébastien."

"Le processus peut être long, mais il vaut la peine, car maintenir un patch non appliqué dans les sources du projet est souvent beaucoup plus coûteux qu’on peut l’imaginer."

"Le cas étudié ici permet d’autres contributions que simplement du code. Le domaine d’utilisation du logiciel – la supervision – permet un partage de connaissances : par exemple, la manière de superviser d’un équipement spécifique. Les sondes de supervision ainsi que leurs configurations sont partageables avec quelques précautions, comme la suppression d’identifiants clients."

Escorter

"Cependant, ces contributions spécifiques impliquent un accompagnement. Les sondes de supervision représentent la technique à l’état pur. Il est souvent difficile d’utiliser une sonde sans avoir de connaissances techniques préalables. Or, ces contributions doivent être maîtrisées à un minimum par l’utilisateur pour en profiter, car ce sont des outils. La problématique ici est de faciliter l’apprentissage de ces contributions et de faciliter l’accès."

"Une solution qui facilite l’apprentissage est la réalisation d’une documentation. Concernant l’accessibilité, la solution qui semble meilleure est la mise à disposition de paquets pour différentes distributions Linux. Une installation par un système de gestionnaire de paquets est toujours préférable à une installation manuelle."

Communiquer

"Vient alors le temps de la communication sur les contributions et de l’implication dans le logiciel. Elle permet de mettre en avant les nouveautés du logiciel et donc son activité. De cette mise en avant peut résulter de nouveaux utilisateurs du logiciel. Enfin, d’un point de vue la société contributrice, il est évident que cela est un retour positif ", conclut Sébastien.

Prêt pour le futur?

Le témoignage de Sébastien est moderne en beaucoup de points – c’est normal, puisque Sébastien a 25 ans. Les notions d’agilité, d’ouverture et d’échange sont naturelles pour sa génération… Pourtant, ce modèle est au fondement de l’informatique depuis les années 60.

Voilà donc un élément supplémentaire dans votre décision en faveur des logiciels libres : attirer au sein de votre organisation les fameuses générations Y et Z.

Et vous, êtes-vous prêt pour le futur ?

21 October 2014

hroy.png Hugo ROY

Introduction aux licences libres

Le 21 October 2014 à 16:04:17

Introduction aux licences libres

Une introuction générale aux licences libres donnée lors de l’Ubuntu Party de Paris en 2013.

<iframe allowfullscreen="true" frameborder="0" height="580" mozallowfullscreen="true" src="http://hroy.eu//speakerdeck.com/player/8fe36d90df470130c6cd66a20ab46c20" title="Introduction aux licelinces libres" webkitallowfullscreen="true" width="666"></iframe> diapos (speakerdeck.com)

5 approximations à rectifier pour bien s’y repérer dans les licences libres

Le 21 October 2014 à 16:04:17

Le Journal du Net publiait la semaine dernière Comment se repérer dans la jungle des licences open source. L’article a été pas mal partagé sur Twitter. Malheureusement, il souffre de plusieurs approximations dommageables.

Voici 5 rectifications :

1. Licences libres et licences « open source », c’est pareil

L’article semble semer la confusion en essayant de diviser et de cataloguer les licences.

Les licences libres et les licences open source forment une seule et même catégorie. Autrement dit, il n’y a pas de différence entre ces types de licences : une licence non-copyleft comme la licence MIT est autant une licence libre qu’une licence « open source », une licence copyleft comme la GNU GPL est autant une licence libre qu’une licence « open source ». La preuve? Il suffit de regarder la liste des licences maintenues par l’Open Source Initiative et la liste maintenue par GNU pour constater qu’en pratique, les critères sont les mêmes puisqu’on aboutit aux mêmes résultats

Pour mieux comprendre les raisons historiques de l’existence de ces deux termes, l’article de Björn en fait l’exposé.

2. Le copyleft, ce n’est pas un virus

On qualifie de licence copyleft une licence libre qui contient des obligations supplémentaires de manière à sauvegarder les libertés des utilisateurs. Autrement dit, une clause copyleft interdit d’interdire.

L’article utilise le terme « contaminant » pour qualifier ce type de clause. Ce vocabulaire nous vient directement de la propagande de Microsoft de la fin des années 1990, qui se référait au logiciel libre comme un « cancer ». Il est temps de s’écarter du vocabulaire de la pathologie ! Le logiciel libre n’est pas un mal incurable, c’est un vecteur de libertés. (Si vous cherchez absolument à remplacer le mot copyleft par un mot du langage courant, clause d’hérédité ou héréditaire fonctionne plutôt bien).

Ainsi, le qualificatif de « contaminant » est on ne peut plus approximatif. Si on s’intéresse à l’analogie, on voit qu’elle ne tient pas. Si quelqu’un me contamine de sa maladie, je suis passif : je subis, je reçois la contamination et j’en fais les frais. C’est le contact d’un autre qui est la source de ma misère. Ce qui m’amène à une troisième approximation de l’article…

3. Ce qui déclenche le copyleft, c’est la distribution, pas la publication

Les licences libres étant principalement des licences de droits d’auteur (ou copyright selon la juridiction), l’acte qui déclenche les obligations relatives à la clause copyleft coïncide avec l’acte auquel le droit d’auteur attache des obligations.

Ainsi, en droit d’auteur, on ne peut pas distribuer une copie d’une œuvre (ici, un logiciel) sans la permission de son ou ses auteurs. La distribution, c’est la transmission d’une copie d’une personne, physique ou morale, à une autre personne. C’est cet acte là, tout à fait volontaire, qui déclenche les obligations relatives au droit d’auteur, qui requiert l’autorisation. Cette autorisation est déjà donnée par une licence libre, la clause copyleft en est cependant une condition. (On voit bien ici à quel point l’analogie avec la contamination épidémique est mauvaise.)

Plus spécifiquement, cette condition :

  • concerne uniquement les développements du logiciel qui sont eux mêmes basés sur le logiciel publié sous licence copyleft; et non les logiciels qui fonctionnent indépendamment
  • il ne s’agit pas d’une condition de publication des modifications, en effet il est tout à fait possible de respecter la licence simplement en distribuant avec les binaires distribué aux tiers, l’intégralité des sources correspondantes1
    • si ce n’est pas le cas, il y a alors pendant trois ans obligation d’offrir aux tiers à qui on a distribué une copie la possibilité de demander les sources (voir les détails de la licence pour plus de précisions)

Par conséquent, il a bien été montré que c’est la distribution du logiciel qui déclenche les obligations.2 Ainsi, on peut tout à fait prendre un logiciel libre sous licence copyleft, y apporter pléthores de modifications, et gardes ces modifications privées voire secrètes si bon vous semble. Ça fait partie des libertés intégrantes du logiciel libre : on peut les utiliser pour tout usage, l’utilisation n’est absolument pas restreinte ; et on peut les modifier de façon à ce qu’ils fonctionnent comme on l’entend.

4. Pas de distinction entre libre d’un côté et commercial de l’autre

Contrairement à ce qui est suggéré dans l’article, qui oppose d’un côté des licences libres et d’un autre côté des licences commerciales ; il n’y a en réalité pas de raison de procéder à une distinction.

Comme il vient d’être souligné, un logiciel libre est forcément utilisable sans restriction. Une clause qui limite l’utilisation du logiciel à une activité non-commerciale est donc fondamentalement incompatible avec une licence de logiciel libre.

Il y a d’un côté les licences libres, qui sont généralement des licences publiques — c’est-à-dire que chacun peut les utiliser pour ses propres logiciels à destination du public ; et de l’autre côté, les licences propriétaires qui sont généralement des licences spécifiques ou spéciales, qui sont utilisées seulement par quelques entreprises et pas forcément à destination du public mais au contraire parfois pour des logiciels écrits spécialement avec des modifications propres au client (ce qu’il est tout à fait possible de faire avec une licence libre par ailleurs, le client jouira ainsi également des libertés conférées par les licences).

5. La licence GNU GPL est applicable en France

Enfin la GPL comme son nom l’indique est une licence et non un contrat de cessions de droits d’auteur. Les obligations de formalités du droit français qui s’attachent aux contrats de cessions de droit sont donc inopérantes pour la GPL. D’ailleurs la version 3 de la GNU GPL a été écrite lors d’un processus large et documenté, qui comprenait des avocats de plusieurs juridictions (notamment l’Allemagne) spécialement pour pallier l’éventualité de distorsions.

Pour s’en convaincre, il suffit de constater que la licence GPL-2.0 a bien été appliquée en Allemagne à plusieurs reprises (par exemple contre Skype). Bien qu’en France la licence n’ait pas vraiment fait l’objet d’un examen poussé par un juge (le fait qu’il y ait peu de litiges est en soi une bonne nouvelle en fait), son invocation ici et là n’a pas entraîné la déclaration de son incompatibilité.

(Seule la loi Toubon pourrait causer quelques problèmes, mais rien de très grave en réalité ; ça se résout très bien en utilisant des doubles licences et ça ne vaut pas dans tous les cas. Les administrations publiques peuvent très bien faire développer et utiliser des logiciels libres et elles le font déjà !)


Quoiqu’il en soit, l’objectif de l’article est louable et le petit tableau récapitulatif partagé sur Twitter est assez utile.

Pour bien s’y repérer, il y a heureusement plusieurs moyens :

  • Le livre de Benjamin Jean, Option Libre. Du bon usage des licences libres.
  • L’International Free and Open Source Software Law Book qui permet d’aborder les aspects juridiques de plusieurs juridictions, dont la France.
  • L’International Free and Open Source Software Law Review ou IFOSSLR qui permet d’aller dans le détail avec plusieurs articles à chaque édition.

Sinon, la communauté du logiciel libre est également là pour aider chacun à s’y repérer. L’équipe juridique de la FSFE répond régulièrement à ce genre de questions.


  1. Dans la GPL-3.0 voir le paragraphe « 6. Conveying Non-Source Forms » ↩

  2. Une précision importante toutefois, il peut exister d’autres cas de figure où les obligations du copyleft sont déclenchées. Par exemple, dans la licence AGPL, la réunion de deux conditions déclenche aussi ces obligations (section 13): 1) la modification du code source, 2) l’interaction des utilisateurs avec le logiciel par l’intermédiaire du réseau (par exemple dans le cas d’une application web). ↩

april.png Nouvelles April

Un nouveau questionnaire à l'intention des associations pour connaître leurs pratiques numériques

Le 21 October 2014 à 14:54:45

Dans la continuité du travail engagé en 2008-2009 par le groupe de travail Libre Association, l'April souhaite interroger à nouveau les associations sur leurs pratiques numériques et sur les logiciels libres qu'elles utilisent le cas échéant. Elle lance donc un nouveau questionnaire "Associations et activités numériques 2014", ce mercredi 22 octobre 2014.

Le groupe de travail a bon espoir que les résultats de cette nouvelle enquête permettront de mesurer des évolutions dans les pratiques par rapport aux résultats de 2009, en particulier vis-à-vis des logiciels libres. Par ailleurs, même si ce n'est pas la vocation première des questions qui sont posées aux responsables associatifs (ou référents concernant l'informatique), c'est aussi une manière de sensibiliser aux libertés sur Internet et aux logiciels libres en interrogeant les pratiques.

A l'occasion du Forum National des Associations et Fondations, ce mercredi 22 octobre, l'April communiquera sur la mise en ligne de ce nouveau questionnaire, en distribuant par ailleurs le guide des logiciels libres nouvellement réédité dans sa version papier.

Pour répondre à ce questionnaire (ou le relayer auprès d'associations autour de vous), l'adresse est la suivante : http://questionnaires.libreassociation.info/v2014/ .

Frederic BEZIES

HandyLinux 1.7 : un vent de liberté ?

Le 21 October 2014 à 14:35:46

La HandyLinux 1.7 est sortie le 19 octobre 2014. Cette nouvelle version mineure de la distribution GNU/Linux pour grands débutants est placée sous le signe de la liberté des utilisateurs.

En effet, dixit les notes de publiations, on apprend que mise à part le passage vers la Debian GNU/Linux Wheezy dans sa version 7.7, il y a la disparition du bouton Facebook au profit d’un lien vers l’offre de services de Framasoft, que Chromium a été viré au profit de Debian Iceweasel (avec une palanquée d’extensions, dont l’indispensable bloqueur de publicité pour une navigation fluide et dépolluée), ainsi que les futures orientations vers la HandyLinux 2.0 (basée sur la Debian GNU/Linux Jessie).

J’ai donc utilisé en bon tipiak (pour reprendre les termes de l’industrie de l’inculture) mon client bittorrent pour récupérer l’ISO de la version i686 de la HandyLinux.

Ensuite, j’ai utilisé mon ami VirtualBox pour mettre à l’épreuve la HandyLinux. J’ai choisi au démarrage l’option pour installer directement la HandyLinux en français.

L’installateur est celui de la Debian GNU/Linux, en légèrement plus automatisé.

En effet, il n’y a pas de choix de schéma de partitionnement, et pas de mot de passe pour le compte root. Sinon, les autres étapes sont identiques, donc simples et rapide à mettre en oeuvre. Tout est simplifié au maximum. En effet, vu que la distribution est destinée à des grands débutants, inutile de sortir la grosse artillerie dès le départ :D

Les étapes interactives sont réduites au strict minimum : choix de la langue, nom de l’ordinateur, ajout d’un compte utilisateur avec son mot de passe, partitionnement du disque. Grub s’autoinstalle. L’installation est donc pliée en l’espace de 5 minutes.

Au premier démarrage, après avoir fermé l’écran d’accueil, il nous est proposé de vérifier la disponibilité de mises à jour. Aucune n’est disponible, surtout que la HandyLinux est très très jeune dans sa version 1.7.

J’ai ensuite fait chauffer Kazam pour montrer la HandyLinux en action.

<iframe allowfullscreen="allowfullscreen" frameborder="0" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/L9JQDgzeIPE?rel=0" width="560"></iframe>

Outre le bug (lié à la machine virtuelle ?) de la non-activation de la carte son dans le gestionnaire de volume audio, cette nouvelle version de la HandyLinux tient ses promesses, surtout avec la volonté de rester dans le domaine du logiciel libre, même s’il y a un écueil de taille : la présence de Skype.

Le Menu Handy est toujours aussi bien conçu, et c’est ce qui fait la force de la distribution : proposer un outil centralisé simple, qui ne se la pète pas, mais qui fait son travail, et c’est tout ce qu’on lui demande. Il est possible de le personnaliser, mais j’ai préféré dans la vidéo rester avec la version officielle du menu ;)

Il suffit de cliquer du bouton droit sur le lanceur à modifier, cliquer sur la liste des applications et de faire son choix.

Comme je l’avais déjà dit dans un précédent article (où je parlais de sa version 1.4.2), la HandyLinux remplit la tâche qui lui est destinée, à savoir proposer aux grands débutants une informatique simplifiée, et permettre de recycler des ordinateurs anciens :

[...]Pour conclure, cette distribution est une vraie réussite, et elle est surement une des solutions possibles pour les personnes n’ayant pas envie d’investir 300 à 400 € dans une nouvelle machine.[...]

Je pourrais réécrire cette phrase ici sans aucun problème.

april.png Nouvelles April

Open World Forum (Paris, 30 et 31 octobre 2014)

Le 21 October 2014 à 13:54:53

30 Octobre 2014 - 00:00
31 Octobre 2014 - 00:00
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Les 30 et 31 octobre 2014 se tient l'Open World Forum (Forum mondial du logiciel libre) à Paris (Eurosites Georges V).

Pour cette nouvelle édition, les organisateurs ont choisi le thème “Take Back Control” (« Reprendre le contrôle ») pour illustrer, tant au sein de l'entreprise que dans la vie citoyenne, la nécessité de reprendre le contrôle de son informatique.

Le 30 octobre à 18h00, Frédéric Couchet, délégué général de l'April, participera à la session plénière intitulée « Les associations du libre, un combat quotidien ». Il évoquera la nécessité pour chacun d'essayer au maximum de donner la priorité au logiciel libre dans ses choix informatiques. Pour en savoir plus, consultez la tribune L’après-Snowden : reprendre en main son informatique publiée dans Libération en février 2014.

Le programme est disponible en ligne.

Pour vous rendre sur place, consultez les informations pratiques.

Réponses aux questions d'Isabelle Attard de 2014 sur l'application de la circulaire Ayrault sur le bon usage des logiciels libres dans les administrations

Le 21 October 2014 à 08:25:26

Fin mai 2013, la députée Isabelle Attard (Nouvelle Donne, rattachée au groupe écologiste) avait adressé à tous les ministres des questions écrites concernant la mise en œuvre de la circulaire Ayrault sur le bon usage des logiciels libres dans les administrations et sur les dépenses en logiciel au sein des ministères et des administrations. Suite à la réponse de la plupart des ministères, la députée a relancé en juin 2014 une série de questions écrites pour faire le suivi de l'application de la circulaire.

Ministère de l'Agriculture

Le 5 août 2014, le ministère de l'Agriculture a répondu à la question d'Isabelle Attard. Cette réponse reprend largement les éléments fournis en 2013 à la demande de cette même députée. Cependant, on peut noter quelques évolutions :

  • OpenOffice.org a été remplacé par LibreOffice.
  • De nouveaux composants logiciels cœur d'infrastructure sont listés : briques logicielles du système d'information décisionnel (sur certains cas d'usage), ainsi que de nouveaux progiciels (messagerie, agenda, annuaire d'entreprise, forums, sites internet et intranet).
  • Les dépenses en logiciels privateurs et en logiciels libres pour 2013 sont désormais disponibles : 106k€ pour les « logiciels propriétaires bureautique », 1 336k€ pour les « logiciels propriétaires infrastructure », 687 k€ pour les logiciels libres.

Ce dernier chiffre est en nette progression par rapport aux années précédentes.

Ministère du Travail, de l'Emploi et du Dialogue social

Le 12 août 2014, le ministère du Travail, de l'Emploi et du Dialogue social a répondu à la question écrite d'Isabelle Attard. Il y signale notamment que :

  • Les applications métiers ont été basées sur du logiciel libre.
  • Une distribution "open source" doit être abandonnée en interne, « au profit d'une distribution réellement libre de droit d'usage et maintenue par une communauté de développeurs », malheureusement sans plus de précision sur les distributions en question.
  • Le ministère prévoit de passer au logiciel libre pour la bureautique et pour la messagerie d'ici 2020, et explique ce délai par « la nécessité d'une préparation en amont (adéquation aux fonctionnalités attendues) et d'un accompagnement important (information et formation des agents) pour préparer le changement afin de basculer progressivement vers des solutions libres pour la messagerie et la suite bureautique. »
  • Concernant les dépenses, le ministère a dépensé 7,8 M€ en logiciels en 2013, développement inclus, dont 1,2 M€ (15%) de logiciels privateurs.

Ministère de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie

Le 30 septembre 2014, le Ministère de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie a répondu à la question écrite d'Isabelle Atttard. Cette réponse reprend largement celle présentée en 2013, en précisant les récentes évolutions. Ainsi, la réponse mentionne les travaux qui ont abouti à la création du socle interministériel de logiciel libre, ainsi que la mise en place d'un tableau de bord sur l'évolution de l'usage des logiciels libres et privateurs. Est également identifié comme « un des axes prioritaires d'action de transformation des SI » la mise en place de bases de données utilisant un système de gestion de bases de données libres.

Ministère de la Défense

Le 7 octobre 2014 a été publiée la réponse du Ministère de la Défense à la question écrite de la députée Isabelle Attard. La réponse précise que « 81 % des postes de travail au sein du ministère de la défense sont déployés avec des composants libres [...], 30 % des instances de bases de données utilisées reposent sur un système libre de gestion de bases de données ; 32 % des services de production administrés fonctionnent avec un système d'exploitation libre ; enfin, 6% des machines virtuelles déployées proviennent de produits issus de solutions libres ». Comme l'année précédente, aucune mention n'est faite du contrat « Open Bar » liant le ministère à Microsoft.

L'April continue de suivre les réponses des différents ministères et les analysera au fur et à mesure de leur publication.

Patrice ANDREANI

Salut à Toi sur Docker.

Le 21 October 2014 à 01:34:29

Salut à Toi, cet outil de communication multi-interfaces et multi-usages, est disponible via Docker maintenant, ce qui le rend plus simple à installer. Des images Docker ont été crées pour Salut à Toi/ Libervia. C’est une simplification bien utile, qui pourra le rendre plus facile d’accès aux débutants. Alors, n’hésitez plus et venez l’essayer Voici […]

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20 October 2014

Patrice ANDREANI

Revue de presse de l’April, semaine 42.

Le 20 October 2014 à 17:47:48

[Le Monde.fr] Dark Wallet, les anarchistes de l'argent http://www.lemonde.fr/pixels/visuel/2014/10/18/dark-wallet-les-anarchistes-de-l-argent_4508228_4408996.html [Silicon.fr] Linux: Linus Torvalds justifie son franc-parler face à la communauté http://www.silicon.fr/linux-linus-torvalds-erreurs-communaute-99623.html [Next INpact] Terrorisme: blocage et déréférencement administratifs adoptés au Sénat http://www.nextinpact.com/news/90454-terrorisme-blocage-et-dereferencement-administratifs-adoptes-au-senat.htm [ZDNet] Munich: revenir de Linux à Windows coûterait des millions d’euros http://www.zdnet.fr/actualites/munich-revenir-de-linux-a-windows-couterait-des-millions-d-euros-39807869.htm [La Tribune] «Dégoogliser Internet», le combat d’irréductibles Gaulois du logiciel libre […]

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april.png Nouvelles April

Revue de presse de l'April pour la semaine 42 de l'année 2014

Le 20 October 2014 à 13:47:41

La revue de presse de l'April est régulièrement éditée par les membres de l'association. Elle couvre l'actualité de la presse en ligne, liée au logiciel libre. Il s'agit donc d'une sélection d'articles de presse et non de prises de position de l'association de promotion et de défense du logiciel libre.

En podcast.

Sommaire de la revue de presse de l'April pour la semaine 42

[Le Monde.fr] Dark Wallet, les anarchistes de l'argent

Par Yves Eudes, le samedi 18 octobre 2014. Extrait:
> Un groupe de techno-militants vivant dans des squats veut construire sur Internet un nouveau système monétaire libre et anonyme.
Lien vers l'article original: http://www.lemonde.fr/pixels/visuel/2014/10/18/dark-wallet-les-anarchistes-de-l-argent_4508228_4408996.html

[Silicon.fr] Linux: Linus Torvalds justifie son franc-parler face à la communauté

Par Ariane Beky, le vendredi 17 octobre 2014. Extrait:
> Le créateur du noyau Linux admet la violence d’échanges au sein de la communauté de développeurs, mais ne regrette aucune décision prise en 23 années de développement.
Lien vers l'article original: http://www.silicon.fr/linux-linus-torvalds-erreurs-communaute-99623.html

[Next INpact] Terrorisme: blocage et déréférencement administratifs adoptés au Sénat

Par Marc Rees, le jeudi 16 octobre 2014. Extrait:
> Comme une lettre à la poste! Les sénateurs ont adopté le projet de loi sur le terrorisme et spécialement l’article 9, celui qui instaure le blocage administratif des sites. Comme annoncé ce matin dans nos colonnes, le gouvernement a fait adopter en séance un sous-amendement visant à étendre cette mesure administrative au déréférencement des sites.
Lien vers l'article original: http://www.nextinpact.com/news/90454-terrorisme-blocage-et-dereferencement-administratifs-adoptes-au-senat.htm

Et aussi:
[Next INpact] Terrorisme: après le blocage administratif, le déréférencement administratif

[ZDNet] Munich: revenir de Linux à Windows coûterait des millions d’euros

Par la rédaction, le jeudi 16 octobre 2014. Extrait:
> Munich rebasculera-t-il vers Windows? Pour le maire de la ville, le seul fait de passer de Linux à Windows 7 couterait déjà 3,15 millions d’€ en achats de nouveaux PC. En ajoutant les licences Windows, ce sera encore des millions en plus, et un gâchis des 14 millions d’€ de LiMux.
Lien vers l'article original: http://www.zdnet.fr/actualites/munich-revenir-de-linux-a-windows-couterait-des-millions-d-euros-39807869.htm

[La Tribune] «Dégoogliser Internet», le combat d’irréductibles Gaulois du logiciel libre

Par Delphine Cuny, le mercredi 15 octobre 2014. Extrait:
> Proposer des alternatives aux services populaires des géants du Web, c’est la démarche de l’association de promotion des logiciels libres Framasoft. Un combat essentiel et salutaire après l’affaire Snowden, ou bien utopique et perdu d’avance? Décryptage.
Lien vers l'article original: http://www.latribune.fr/technos-medias/internet/20141015trib00504cf3a/degoogliser-internet-le-combat-d-irreductibles-gaulois-du-logiciel-libre.html

Et aussi:
[Next INpact] Selon Snowden, il faut éviter Dropbox, Facebook et Google
[Libération.fr] «Dégooglisons Internet»: ils sont fous ces libristes!
[Mediapart] Maîtriser ses données personnelles: Degooglisons l'internet (Framasoft)

Voir aussi:
* "Pourquoi les associations doivent faire l'effort d'utiliser le plus grand nombre possible de logiciels libres"http://www.april.org/pourquoi-les-associations-doivent-faire-leffort-dutiliser-le-plus-grand-nombre-possible-de-logiciels-libres
Participer à la campagne «J'aime ton asso» du Mouvement associatif

[CNRS Le Journal] Jean Tirole, Prix Nobel d’économie

Par Matthieu Ravaud, le lundi 13 octobre 2014. Extrait:
> Pour faire simple, notre économiste a développé des notions théoriques très importantes (lire notre article "Les jeux de l'économie selon Jean Tirole") qu’il a ensuite appliquées à une multitude de problèmes concrets. Son domaine de prédilection? La nouvelle économie industrielle, dont il est le père fondateur. Auteur en 1988 de l’ouvrage de référence en la matière, connu comme «Le Tirole» dans le monde entier, il a travaillé, entre autres, sur l’économie des logiciels libres, les regroupements de brevets, ou encore les ententes tacites entre entreprises.
Lien vers l'article original: https://lejournal.cnrs.fr/articles/jean-tirole-prix-nobel-deconomie

[Juritravail] Validité d’une clause de contrat de travail sur la publication par l’employeur de logiciel sous licence libre

Par Dalila Madjid, le lundi 13 octobre 2014. Extrait:
> Le Conseil de Prud’hommes de Paris, par jugement en date du 4 juin 2014, n’a pas remis en cause la validité d’une clause de propriété intellectuelle d’un contrat de travail imposant à l’employeur de publier des logiciels sous licence libre, développés par des salariés.
Lien vers l'article original: http://www.juritravail.com/Actualite/clauses-contrat/Id/159331

Note

Les articles de presse utilisent souvent le terme « Open Source » au lieu de Logiciel Libre. Le terme Logiciel Libre étant plus précis et renforçant l'importance des libertés, il est utilisé par l'April dans sa communication et ses actions. Cependant, dans la revue de presse nous avons choisi de ne pas modifier les termes employés par l'auteur de l'article original. Même chose concernant l'emploi du terme « Linux » qui est généralement utilisé dans les articles pour parler du système d'exploitation libre GNU/Linux.

Frederic BEZIES

15 jours sur la framasphere*, premier bilan.

Le 20 October 2014 à 09:18:34

Il y a une quinzaine de jours, j’écrivais un billet sur l’amour vache que j’ai pu avoir avec le réseau social décentralisé diaspora*.

En utilisant le point d’accès proposé par framasoft, je voulais donner une nouvelle chance à ce réseau social atypique.

Je dois dire que le bilan que j’en tire au bout de deux semaines n’est pas trop mauvais. Sur le plan technique, il y a l’obligation de bien rédiger son billet ou son commentaire avant de le publier. Ce qui implique d’apprendre la syntaxe markdown, mais ce n’est rien de bien compliqué au final, et comme un bouton aperçu permet de vérifier ce qu’on est en train d’écrire…

Evidemment, j’ai moins de contacts que sur mon compte google plus (environ 600), n’accumulant qu’environ 162 contacts en ce moment sur mon profil (contacts uniquement visible si on est connecté sur diaspora*)

Comme pour mon fil google plus, je n’ai qu’environ 20 à 25% de contacts réellement actifs. Mieux vaut avoir peu de contacts actifs que de se trimballer des kikolol qui pollue des réseaux comme celui du fesseur de caprins.

Evidemment, on trouve surtout des libristes sur diaspora*, mais pas uniquement. Comme les cercles de google plus (j’ai fait récemment un nettoyage et j’ai viré une cinquantaine de contacts qui n’avaient rien postés, certains depuis près de 3 ans), il y a des facilités de rangements, s’appellant les aspects.

Il suffit de suivre des tags pour récupérer des contacts potentiels et trouver des infos intéressantes, loin d’être noyées dans le flux des gifs animés qui sont aussi agréables que le bruit des papiers de bonbons froissés dans une salle de cinéma.

Il faut apprendre à se sortir les doigts du fondement quand on vient sur diaspora*, mais au moins, on finit par trouver des informations intéressantes, sans tomber dans le fliquage des réseaux sociaux classiques.

Je ne suis pas encore au point de virer mon compte google plus, pour plusieurs raisons, dont la facilité d’utilisation de certains outils. Mais pour moi, les deux réseaux que sont google plus et diapora* sont complémentaires. Je n’ai plus de compte chez le fesseurs de caprins, et je ne m’en porte pas plus mal.

Diaspora* commence enfin à être utilisable, même s’il manque des outils sur les plateformes mobiles pour suivre son fil. Mais il ne faut pas se plaindre de voir que le réseau qu’on a annoncé plusieurs fois comme décédé est toujours bien vivant.

Le réseau social libre et décentralisé est en pleine renaissance. La distribution GNU/Linux pour débutants Handy Linux (dont je reparlerais dans un prochain article) vient de faire disparaitre le bouton Facebook de son lanceur avec la sortie de sa version 1.7. Quelques captures d’écran, au passage, en attendant un futur article.

Autant dire que le mouvement, même s’il est marginal est bien en route :D

april.png Nouvelles April

Le Guide Libre Association disponible au Forum National des Associations & Fondations le 22 octobre 2014

Le 20 October 2014 à 06:58:53

Guide Libre Association

Paris, le 20 octobre 2014. Communiqué de presse.

Devant le succès de son « Guide Libre Association » édité en 2012, l'April a réédité ce guide destiné à donner à chaque association les clés de ses libertés informatiques. Le guide sera disponible au Forum National des Associations & Fondations le 22 octobre 2014 sur les stands du Crédit Coopératif et de Associations mode d'emploi.

Dans le cadre de notre groupe de travail « Libre Association », nous avons entrepris depuis plusieurs années de « construire des ponts entre les logiciels libres et le monde associatif ». En 2012, nous avons réalisé un guide répertoriant des méthodes et des outils de travail adaptés aux besoins des associations. Il est disponible en version Web et en version papier (PDF). Le projet initial a vu le jour grâce au soutien de la Fondation Crédit Coopératif. Suite à une campagne de dons et au soutien de la Macif, nous avons procédé récemment à la réimpression de 8 000 exemplaires du guide.

Des exemplaires du guide seront disponibles sur les stands respectifs du Crédit Coopératif et de Associations mode d'emploi lors du Forum National des Associations et Fondations le 22 octobre 2014. Les autres exemplaires seront mis à disposition ultérieurement, via le site web.

« Il convient d'arrêter de reléguer la question informatique à une unique problématique technique. Une prise de conscience est nécessaire, un réel besoin de considérer enfin la question de la préférence systématique aux logiciels libres comme un véritable enjeu politique au sein des associations ! » estime Laurent Costy, administrateur de l'April et co-animateur du groupe de travail Libre Association. « Le guide apporte ainsi des arguments en ce sens et vous aidera à convaincre élus et salariés au sein de votre association » conclut-il.

Laurent Costy est l'auteur d'une récente tribune Pourquoi les associations doivent faire l'effort d'utiliser le plus grand nombre possible de logiciels libres.

À propos de l'April

Pionnière du logiciel libre en France, l'April est depuis 1996 un acteur majeur de la démocratisation et de la diffusion du Logiciel Libre et des standards ouverts auprès du grand public, des professionnels et des institutions dans l'espace francophone. Elle veille aussi, à l'ère du numérique, à sensibiliser l'opinion sur les dangers d'une appropriation exclusive de l'information et du savoir par des intérêts privés.

L'association est constituée de plus de 4 000 membres utilisateurs et producteurs de logiciels libres.

Pour plus d'informations, vous pouvez vous rendre sur le site Web à l'adresse suivante : http://www.april.org/, nous contacter par téléphone au +33 1 78 76 92 80 ou par notre formulaire de contact.

Contacts presse :

Frédéric Couchet, délégué général, fcouchet@april.org +33 6 60 68 89 31
Laurent Costy, administrateur de l'April et co-animateur du groupe de travail Libre Association, lcosty@april.org +33 6 80 70 44 41

19 October 2014

april.png Nouvelles April

Actualités de l'April du 19 octobre 2014

Le 19 October 2014 à 19:43:25

Informations

20141019_actualites_april.png
Luc Fievet et Lionel Allorge
vous présentent les actualités
de l'April du 19 octobre 2014

  • Titre : Actualités de l'April du 19 octobre 2014
  • Intervenants : Luc Fievet, Lionel Allorge
  • Réalisation : Luc Fievet, Lionel Allorge
  • Licences : Gnu FDL 1.3 ou ultérieure, CC-by-SA 2.0 ou ultérieure, Art Libre 1.3 ou ultérieure
  • Durée : 8 mn 43 s
  • Média : 20141019_actualites_april.webm (104 Mo)
  • Logiciels utilisés : Kdenlive pour le montage vidéo et Inkscape pour le générique

Transcription

Patrice ANDREANI

HandyLinux-1.7.

Le 19 October 2014 à 13:23:31

HandyLinux, cette distribution Gnu Linux pour débutant, vient de sortir en version 1.7. Le grand changement, c’est Iceweasel pour remplacer Chromium. Mais le HandyMenu est amélioré également, Le bouton Facebook disparaît au profit de la campgane de Framasoft Dégooglisons Internet. Beau travail une fois encore, bravo Voici l’annonce officielle.  

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17 October 2014

Frederic BEZIES

Amusons-nous un peu avec Gnome et Archlinux… Installons Gnome Software.

Le 17 October 2014 à 16:04:22

Gnome Software est un peu la réponse des développeurs de Gnome aux divers magasins de logiciels, principe désormais connu du grand public grace à une marque fruitée. Sur Archlinux, le logiciel en question n’est pas disponible par défaut quand on installe Gnome. On peut cependant le rajouter, même son utilisation est très limitée sur Archlinux.

Je suis donc parti d’une Archlinux classique avec Gnome 3.14.1, et je vous montre en deux étapes comment installer Gnome Software en quelques minutes. C’est une opération qui peut se révéler dangereuse, donc, si vous suivez ce qui est proposé, c’est à vos risques et périls.

En gros, il faut activer les dépots testing et rajouter le dépot gnome-unstable pour avoir accès à Gnome Software. Mais le mieux est de voir tout cela en vidéo.

<iframe allowfullscreen="allowfullscreen" frameborder="0" height="480" src="http://www.youtube.com/embed/O2RdYZMucUQ?rel=0" width="640"></iframe>

Au final, Gnome Software n’est pas ultra-utile sous Archlinux. Son seul apport visible, c’est la possibilité de faire des dossiers d’applications comme « Utilitaires » ou « Divers ».

On peut raisonnablement penser que la future Fedora Linux 21 pourra tirer un énorme profit de ce magasin d’applications. Après tout et sauf erreur de ma part, nombre de développeurs de Gnome travaille pour RedHat et donc Fedora Linux.

ocarrere.png Olivier CARRÈRE

sed : modifiez votre texte sans ouvrir vos fichiers

Le 17 October 2014 à 07:48:52

Les clones d’Unix tels que GNU/Linux sont peu utilisés pour gérer la documentation technique. Ceci est étrange si l’on songe à la pléthore d’outils disponibles sous ces plateformes pour manipuler du texte dans tous les sens.

Prenons l’exemple du dialogue entre M. Jourdain et son maître de philosophie, dans le Bourgeois gentilhomme de Molière :

MONSIEUR JOURDAIN : [...] Je voudrais donc lui mettre dans un billet : “Belle marquise, vos beaux yeux me font mourir d’amour” ; mais je voudrais que cela fût mis d’une manière galante, que cela fût tourné gentiment.

[...]

MAÎTRE DE PHILOSOPHIE : On les peut mettre premièrement comme vous avez dit : Belle marquise, vos beaux yeux me font mourir d’amour. Ou bien : D’amour mourir me font, belle marquise, vos beaux yeux. Ou bien : Vos yeux beaux d’amour me font, belle marquise, mourir. Ou bien : Mourir vos beaux yeux, belle marquise, d’amour me font. Ou bien : Me font vos yeux beaux mourir, belle marquise, d’amour.

Commençons par afficher la phrase d’origine dans un terminal :

$ echo "Belle marquise, vos beaux yeux me font mourir d'amour."
Belle marquise, vos beaux yeux me font mourir d'amour.

Il s’agit maintenant d’intervertir les mots de la phrase, pour en créer une nouvelle. Pour une simple transposition, on pourrait juger plus facile d’utiliser awk. awk ne gère en effet pas des lignes, mais des champs d’un enregistrement (d’une ligne), délimités par défaut par des espaces. Autrement dit, awk traite le texte comme une base de données. Il peut facilement afficher toute la ligne, ou seulement un ou plusieurs champs, dans l’ordre souhaité. Les champs sont indiqués sous la forme $n, où n indique la position du champ dans la ligne, à partir de la gauche. Ainsi, $1 indique le premier champ, $2 le dernier, etc. $0 correspond à toute la ligne.

Nous allons donc donner la déclaration d’amour de M. Jourdain en entrée d’un programme awk d’une ligne, grâce au symbole de redirection pipeline (|).

$ echo "Belle marquise, vos beaux yeux me font mourir d'amour." | \
awk  '{print $9" "$8" "$6" "$7" "$1" "$2" "$3" "$4" "$5}'
d'amour. mourir me font Belle marquise, vos beaux yeux

La sortie de la commande echo n’est pas affichée. Ce qui est affiché, c’est la sortie du programme awk, dont la sortie de la commande echo, soit la déclaration d’amour de M. Jourdain, était l’entrée.

La sortie finale ne correspond cependant pas à ce que l’on souhaitait. Les champs ne correspondent pas trait pour trait à des mots. Il faudrait donc raffiner la commande awk.

Il est plus simple de se tourner vers sed. sed sélectionne dans des lignes des ensembles de caractères cités littéralement, ou via des symboles dans des expressions rationnelles (ou expressions régulières). Un symbole connu des expressions rationnelles est le signe *, indiquant : zéro ou un nombre indéfini de caractères.

sed gère également des références arrières, qui affichent à l’endroit où on le souhaite la valeur correspondant à une expression littérale ou rationnelle trouvée auparavant. Heureusement pour nous, la déclaration d’amour de M. Jourdain contient exactement neuf mots, ce qui correspond au nombre maximal de références arrières possibles.

$ echo "Belle marquise, vos beaux yeux me font mourir d'amour." | \
sed "s#\(.*\) \(.*\), \(.*\) \(.*\) \(.*\) \(.*\) \(.*\) \(.*\) \(d'.*\)#\9 \8 \6 \7, \1 \2, \3 \4 \5#"
d'amour. mourir me font, Belle marquise, vos beaux yeux

Nous buttons sur le même problème : l’expression régulière .* ne correspond pas à un mot, mais à une suite de caractères, ponctuation comprise. Il faut alors utiliser la forme <.*>, qui correspond à un mot tel que ceux dont M. Jourdain se sert pour faire de la prose.

$ echo "Belle marquise, vos beaux yeux me font mourir d'amour." | \
sed "s#\(<.*>\) \(<.*>\), \(<.*>\) \(<.*>\) \(<.*>\) \(<.*>\) \(<.*>\) \(<.*>\) \(d'<.*>\)#\9 \8 \6 \7, \1 \2, \3 \4 \5#"
Belle marquise, vos beaux yeux me font mourir d'amour.

Mais nous retrouvons la phrase d’origine intacte. C’est que sed n’a trouvé aucun motif correspondant à l’expression régulière que nous lui avons indiquée, car nous avons oublié d’utiliser les caractères d’échappement (barre oblique inverse \) pour que les signes < et > ne soient pas interprétés littéralement, mais comme des symboles ayant une fonction spéciale :

$ echo "Belle marquise, vos beaux yeux me font mourir d'amour." | \
sed "s#\(\<.*\>\) \(\<.*\>\), \(\<.*\>\) \(\<.*\>\) \(\<.*\>\) \(\<.*\>\) \(\<.*\>\) \(\<.*\>\) \(d'\<.*\>\)#\9 \8 \6 \7, \1 \2, \3 \4 \5#"
d'amour mourir me font, Belle marquise, vos beaux yeux.

Nous pourrions également utiliser la forme [[:alpha:]]* qui fait gagner en lisibilité, mais perdre en concision :

$ echo "Belle marquise, vos beaux yeux me font mourir d'amour." | \
sed "s#\([[:alpha:]]*\) \([[:alpha:]]*\), \([[:alpha:]]*\) \([[:alpha:]]*\) \([[:alpha:]]*\) \([[:alpha:]]*\) \([[:alpha:]]*\) \([[:alpha:]]*\) \(d'[[:alpha:]]*\)#\9 \8 \6 \7, \1 \2, \3 \4 \5#"
d'amour mourir me font, Belle marquise, vos beaux yeux.

C’est mieux, mais nous avons un problème de capitalisation. Nous allons donc utiliser les opérateurs /u et /l placés judicieusement.

Auparavant, nous allons exporter des variables pour rendre le script plus concis et plus lisible :

$ export w="\(\<.*\>\)"
$ export mots="$w $w, $w $w $w $w $w $w"
$ echo "Belle marquise, vos beaux yeux me font mourir d'amour." | \
sed "s#$mots \(d'\<.*\>\)#\u\9 \8 \6 \7, \l\1 \2, \3 \4 \5#"
D'amour mourir me font, belle marquise, vos beaux yeux.

Nous pouvons maintenant facilement redistribuer les références arrières pour obtenir toutes les variations du maître de philosophie :

$ echo "Belle marquise, vos beaux yeux me font mourir d'amour." | \
sed "s#$mots \(d'\<.*\>\)#\u\3 \5 \4 \9 \6 \7, \l\1 \2, \8#"
Vos yeux beaux d'amour me font, belle marquise, mourir.
$ echo "Belle marquise, vos beaux yeux me font mourir d'amour." | \
sed "s#$mots \(d'\<.*\>\)#\u\8 \3 \4 \5, \l\1 \2, \9 \6 \7#"
Mourir vos beaux yeux, belle marquise, d'amour me font.
$ echo "Belle marquise, vos beaux yeux me font mourir d'amour." | \
sed "s#$mots \(d'\<.*\>\)#\u\6 \7 \3 \5 \4 \8, \l\1 \2, \9#"
Me font vos yeux beaux mourir, belle marquise, d'amour.

Molière et GNU/Linux

Réécrivons le dialogue de M. Jourdain et de son maître de philosophie en style geek :

MONSIEUR JOURDAIN : Je voudrais donc lui afficher sur la sortie standard :

$ Belle marquise, vos beaux yeux me font mourir d'amour.

Mais je voudrais que cela fût mis d’une manière galante, que cela fût tourné gentiment.

MAÎTRE DE PHILOSOPHIE : On les peut mettre premièrement comme vous avez dit :

$ echo "Belle marquise, vos beaux yeux me font mourir d'amour."

Ou bien :

$ export declaration="Belle marquise, vos beaux yeux me font mourir d'amour."
$ echo $declaration

Ou bien :

$ export w="\(\<.*\>\)"
$ export mots="$w $w, $w $w $w $w $w $w"
$ echo $declaration | \
sed "s#$mots \(d'\<.*\>\)#\u\9 \8 \6 \7, \l\1 \2, \3 \4 \5#"

Ou bien :

$ echo $declaration | \
sed "s#$mots \(d'\<.*\>\)#\u\3 \5 \4 \9 \6 \7, \l\1 \2, \8#"

Ou bien :

$ echo $declaration | \
sed "s#$mots \(d'\<.*\>\)#\u\8 \3 \4 \5, \l\1 \2, \9 \6 \7#"

Ou bien :

$ echo $declaration | \
sed "s#$mots \(d'\<.*\>\)#\u\6 \7 \3 \5 \4 \8, \l\1 \2, \9#"

Beaucoup d’efforts…

Certes, beaucoup d’efforts pour pas grand-chose, me direz-vous. Mais imaginons un fichier qui contienne 1000 phrases de la même structure :

Cher docteur, ces grands malheurs vous font pleurer d’amertume.
Petit garçon, cette bonne glace te fait saliver d’envie.
Vaste océan, la forte houle te fait tanguer d’ivresse.

Ceci est en l’occurrence peu probable, mais il est en revanche monnaie courante de trouver dans la documentation technique des phrases de même structure, pour des raisons d’homogénéité stylistique.

Pour effectuer nos tests sur un échantillon, plaçons les trois phrases précédentes dans un fichier :

$ echo "Cher docteur, ces grands malheurs vous font pleurer d'amertume." > variations.txt
$ echo "Petit garçon, cette bonne glace te fait saliver d'envie." >> variations.txt
$ echo "Vaste océan, la forte houle te fait tanguer d'ivresse." >> variations.txt

Plaçons les différentes commandes sed dans un script différent chacune :

$ echo "s#\(\<.*\>\) \(\<.*\>\), \(\<.*\>\) \(\<.*\>\) \(\<.*\>\) \(\<.*\>\) \(\<.*\>\) \(\<.*\>\) \(d'\<.*\>\)#\u\9 \8 \6 \7, \l\1 \2, \3 \4 \5#" > moliere1.sed
$ echo "s##\u\3 \5 \4 \9 \6 \7, \l\1 \2, \8#" >> moliere2.sed
$ echo "s##\u\8 \3 \4 \5, \l\1 \2, \9 \6 \7#" >> moliere3.sed
$ echo "s##\u\6 \7 \3 \5 \4 \8, \l\1 \2, \9#" >> moliere4.sed

sed se souvient des expressions régulières utilisées précédemment, il est donc inutile de les répéter dans le script.

Exécutons maintenant en boucle tous les scripts sed sur toutes les lignes du fichier :

$ for (( i=1; i<5; i++ )); do
while read s; do echo "$s" | sed -f moliere$i.sed ; done < variations.txt
done
D'amertume pleurer vous font, cher docteur, ces grands malheurs.
D'envie saliver te fait, petit garçon, cette bonne glace.
D'ivresse tanguer te fait, vaste océan, la forte houle.
Ces malheurs grands d'amertume vous font, cher docteur, pleurer.
Cette glace bonne d'envie te fait, petit garçon, saliver.
La houle forte d'ivresse te fait, vaste océan, tanguer.
Pleurer ces grands malheurs, cher docteur, d'amertume vous font.
Saliver cette bonne glace, petit garçon, d'envie te fait.
Tanguer la forte houle, vaste océan, d'ivresse te fait.
Vous font ces malheurs grands pleurer, cher docteur, d'amertume.
Te fait cette glace bonne saliver, petit garçon, d'envie.
Te fait la houle forte tanguer, vaste océan, d'ivresse.

Et voilà. En quelques instants, sans jamais ouvrir un seul fichier, nous appliquons une suite d’opérations complexes sur un nombre indéfini de phrases de même structure. Ce qui n’est pas possible sous un traitement de texte ou autre outil muni d’une interface graphique, ou sur des fichiers binaires.

Patrice ANDREANI

Libre Shop : infrastructure.

Le 17 October 2014 à 01:22:18

Libre Shop continue d’avancer, et le travail accompli est déjà bien grand ! Beaucoup de choses ont été développées et cela continue. L’infrastructure est prête, et à jour. Entre le blog, la boutique, le wiki, le webmail, ainsi que divers modules, les choses ont bien avancées, c’est du beau travail.  

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16 October 2014

jzimmermann.png Jérémie ZIMMERMANN

Terrorism Bill: The French Senate Adopts The Law Eroding Liberties

Le 16 October 2014 à 18:05:21

Paris, 16 October 2014 — After two days of debate, the French Senate just passed the “Terrorism” Bill [fr] on its first and only reading. While some senators have courageously fought against the intrusive provisions led by the Minister of Interior, Bernard Cazeneuve, La Quadrature du Net regrets that the truncated1 legislative debate has failed to correct the unsuitable and dangerous provisions [fr] of this text. It will be examined by a Joint Commission in the coming weeks, where it will likely be adopted without any substantial change.

Jean-Jacques Hyest, co-rapporteur of the draft law
Jean-Jacques Hyest (UMP), co-rapporteur
of the draft law

During the afternoon, Bernard Cazeneuve refused any change in his position, and all alerts coming from the civil society. The Bill was voted with all its dangerous provisions: ban from leaving the country, creation of individual terrorist entreprise offense, administrative blocking of websites, substantial changes to the criminal procedure beyond terrorist actions.

Even worse, the French Senate commited a serious violation of the equality principle before criminal law by reintegrating into the Bill the Article 4 concerning the glorification and provocation to terrorism into the press law of 1881 unless it is commited on the Internet. In the spirit of the Minister and few senators, the Internet is a danger in itself that needs derogatory measures: the vote of this amendment introduces a serious inequality between the Internet and other medias, a serious confusion between mean and content. This inequality has already been condemned by the Constitutional Court2.

The choice of the government to race the debate on this text using a totally unjustified accelerated procedure3 will have allowed to avoid any in-depth examination of the more dangerous dispositions – especially as 1/3 of the lowed Chamber was renewed right before the vote – despite the brave attempts of a few senators. The text, slightly different from that voted by the higher Chamber will be harmonised by a Joint Commission within the coming weeks before final adoption with mere changes.

“If the senators have made a real effort on this harmful bill, it has unfortunately been voted with all the dangerous dispositions that were denouced during the last months by La Quadrature du Net, an important number of Internet's actors and defensors of public liberties. Could we hope for a spark of courage from our representatives in order to carry that text in front of the Constitutional Court in order to verify its conformity with the founding text of the 5th Republic? In a democracy, the representatives should not fear such an examination. We cannot tolerate an inadapted treatment of this utterly important matter, that is the fight against terrorism”, declares Adrienne Charmet, campaign coordinator at La Quadrature du Net.

  • 1. The government chose to apply an accelerated procedure to this law which implies only one reading per Chamber with limited speaking times.
  • 2. The legal equality principle is an important principle that must be garanteed by the legislator. The Conseil Constitutionnel could declare unconstitutional an article that would create differenciated penalties for a same incrimation. Which it has in the n°2006-540 decision on the DAVDSI Law, July 27 2006, considerings 63 to 65.
  • 3. September 25th 2014, the National Consultative Commission on Human Rights (CNCDH) released a very harsh opinion [fr] on this law, foremost because of the accelerated procedure chosen by the government - that in itself accentuates the risk of a foul wording of the law but also because “The CNCDH reminds the importance of a thoroughly conceived, stable, readable and coherent criminal policy, of a quality that should not be measured by standards of reactivity to minor news or contextual circumstances. Accumulation of reforms in security and criminal domains unfortunately reveals the extreme segmentation of the issues and too often a lack of perspective as a whole.”
    (Our translation: La CNCDH rappelle l’importance d’une politique pénale réfléchie, cohérente, stable et lisible, dont la qualité ne se mesure pas à son degré de réactivité aux faits divers ou aux circonstances du moment. L’empilement des réformes dans les domaines sécuritaire et pénal révèle malheureusement l’extrême segmentation des sujets traités et, trop souvent, une absence de réflexion d’ensemble.)

april.png Nouvelles April

Pourquoi les associations doivent faire l'effort d'utiliser le plus grand nombre possible de logiciels libres

Le 16 October 2014 à 08:17:29

Laurent Costy, administrateur de l'April et co-animateur du groupe de travail Libre Association, a publié dans « Linux Pratique n°84 » une tribune intitulée « Pourquoi les associations doivent faire l'effort d'utiliser le plus grand nombre possible de logiciels libres ? ». La tribune est désormais disponible au format PDF et au format ODT et ci-dessous :

Pourquoi les associations doivent faire l'effort d'utiliser le plus grand nombre possible de logiciels libres ?

Quelques données sur les associations

D'une manière générale

Avant d'aborder la question du lien entre associations en France et logiciels libres, il est important de mesurer ce que représentent les associations en France pour mieux mesurer le potentiel de migration vers le libre qui existe et les clés pour le favoriser. Les quelques chiffres repris ci-après sont issus de « l’instantané »1 produit pour le mouvement associatif, qui est en quelque sorte la structure la plus importante en terme de représentation des associations en France. Ainsi, le nombre d’associations avoisinait2 en mars 2012, le nombre d’1,3 million. Il est estimé que cela représente 23 millions d’adhérents et 16 millions de bénévoles. Par ailleurs, fait important qu'il nous faut considérer pour cette tribune car influençant la manière d'approcher les associations pour les inciter à adopter plus massivement le logiciel libre : plus de 85 % d'entre elles n’ont pas de salariés. Pour les structures exclusivement bénévoles, l'approche individuelle ou grand public menée par de nombreux GULL3 sur les territoires ou par les associations nationales telle l'April4, est donc une action essentielle qui contribue à l'adoption de logiciels libres dans les associations. Enfin, pour terminer avec le panorama, on notera que :

« La multiplication très rapide des collectifs, coordinations, comités et l’explosion des réseaux sociaux qui peuvent être considérés comme des associations de fait vont très vite conduire à reconsidérer cette évaluation qui est fondée pour l’essentiel sur le nombre d’associations repérées comme telles dans les guides communaux. »5

Les associations d'éducation populaire, une classe d'associations particulière

Il existe une classe d'associations sans doute plus sensible que les autres à la migration vers les logiciels libres : les associations de jeunesse et d'éducation populaires. En effet, les valeurs que ces associations portent et défendent convergent avec celles mises en avant par les libristes. Il reste difficile de définir6 en une phrase ce qu'est l'éducation populaire7 mais les logiques de partage, la formation tout au long de la vie, l'entraide, la coopération et la capacité à rendre les citoyens acteurs, sont quelques valeurs convergentes. Le nombre de ces associations se revendiquant de l'éducation populaire serait de l'ordre de 430 000 (soit 49 % du nombre total d'associations en France) selon les chiffres communiqués par le CNAJEP8.

Pourquoi les associations doivent poursuivre leurs efforts de migration vers les logiciels libres ?

C'est une manière pour elles d'agir et de transformer, par leurs choix et leurs actions de migration, une informatique propriétaire devenue folle et imposant désormais son monopole au mépris des usagers. Que l'on soit pour ou contre les logiques de marché, l'excès est condamnable et doit être combattu : les systèmes de rentes instaurées par exemple par les licences et les antifonctionnalités qui en découlent, sont néfastes pour la libre circulation de l'information et l'émancipation du citoyen. Ceci étant, une migration, qu'elle soit partielle ou totale, demande un effort et il est systématiquement chronophage que de vouloir s'affranchir de systèmes auxquels chacun s'est habitué ! Bref, de l'énergie est nécessaire mais l'effort est aussi une valeur de l'éducation populaire !

Il y a donc une prise de conscience nécessaire, un réel besoin de considérer enfin la question de la préférence systématique aux logiciels libres comme une réelle question politique au sein des associations et éviter de reléguer cela sans cesse à une unique problématique technique. Oui, faire l'effort, à chaque fois que cela est possible pour une association, d'opter pour le logiciel libre doit être pensé, débattu et choisi au sein des instances des associations (conseils d'administration ou assemblées générales par exemple).

Pour conclure cette partie, les propos de Christophe Sarrot, repris par Nathalie Boucher-Petrovic lors des RMLL 20069 à Vandoeuvre sont éloquents et significatifs :

« Connaître, utiliser, promouvoir et développer des logiciels libres est un enjeu important pour l’éducation populaire aujourd’hui. Non pas tellement parce qu’ils sont, bien sûr, une réponse fiable, simple et économique à des besoins techniques, mais surtout parce que leur existence est due à des pratiques qui fondent l’éducation populaire et qui veulent permettre la transformation des personnes et des outils par un libre échange des savoirs, pour un mieux vivre ensemble. »

Au delà, des logiciels libres et du système d'exploitation...

La question du respect de la vie privée et de la protection des données concernent évidemment aussi votre association : respecter vos adhérents, c'est d'abord maîtriser la sécurité des données collectées et éviter qu'elles ne soient utilisées à d'autres usages que ceux prévus initialement. C'est d'autant plus important depuis les révélations d'Edward Snowden et la mise en évidence des écoutes généralisées par les gouvernements. Là encore, le logiciel libre est une voie pour tenter de mieux maîtriser ses données : soyons clairs, le logiciel libre ne pourra jamais garantir la sécurité absolue de vos systèmes. Ceci étant (au delà même de la problématique centrale de l'humain assis sur la chaise devant l'écran qui est souvent la cause des fuites de sécurité), de part sa nature ouverte, le logiciel libre permet, quant on le souhaite et avec les compétences ad'hoc, d'analyser si des défauts de sécurité existe.

Bien sûr, la question de la maîtrise technique est centrale mais est-ce à dire que chaque bénévole ou salarié d'association se doit d'être un expert informatique ? La réponse est clairement non. Sur ce point, une solution peut consister à tisser un réseau de confiance et de compétences pour pouvoir être éclairé le moment venu et faire des choix pertinents : c'est heureusement une compétence des réseaux associatifs ! En effet, les réseaux associatifs ont cette capacité à mutualiser, partager des compétences et c'est aussi un savoir faire des fédérations : il convient donc de renforcer cette compétence pour permettre une plus grande adoption des logiciels libre et une meilleure maîtrise des enjeux politique et technique de l'informatique. Un autre effort doit être fait aussi pour appréhender une culture technique minimum. La formation, en particulier celle des bénévoles, est une clé pour cela.

Oui, pour limiter les risques d'usages inopportuns des données concernant votre association ou ses membres, là encore, un effort va devoir être produit : il vous faudra limiter et diversifier l'usage de ces services pseudo-gratuits qui nous apparaissent plus rapides, plus faciles, plus séduisants. Il faut tenter de trouver un service alternatif plus respectueux des données personnels. Les communautés de développeurs de logiciels libres font chaque jour des efforts importants pour répondre à vos besoin associatifs et rendre toujours plus simple l'usage pour les utilisateurs ayant peu de compétences. On peut citer par exemple l'outil Framadate10 mis en place par Framasoft11 qui permet, sans que les donnée ne soient analysées à votre insu, de mettre en place de simples sondages (dates, consultations simples).

Encore une fois, quand tout est simplifié pour soi-disant vous faciliter la vie, le revers de la médaille est que l'on ne maîtrise plus les aspects techniques et que l'on ne distingue plus ce qui relève de la technique pure ou de dispositifs mis en place pour préserver un acquis commercial (comme le sont par exemple les DRM12). Rappelez-vous que si c'est gratuit, c'est vous le produit (profitons d'ailleurs de cette remarque pour rappeler que « libre » dans « logiciel libre » ne veut pas dire « gratuit »). Bref, faisons le pari de l'effort et défendons une éthique informatique autour du libre en cohérence avec nos valeurs associatives et celles de l'éducation populaire en particulier.

Et concrètement ?

Quand l'association décèle un nouveau besoin d'outil informatique, le réflexe doit d'abord être la recherche d'un logiciel libre répondant à ce besoin : la logithèque de logiciels libres couvrent la majeure partie des besoins des associations. Le guide des logiciels libres pour les associations13 téléchargeable sur le site libreassociation.info et produit par le groupe de travail éponyme de l'April, aborde cette question et présente des logiciels libres qui ont fait leurs preuves en milieu associatif.

Enfin, le changement se prépare et s'accompagne. Vouloir changer du jour au lendemain un logiciel privateur utilisé de longue date au sein de l'association est le meilleur moyen de générer un effet contre-productif et de voir les utilisateurs rejeter le logiciel libre : la formation et l’accompagnement des utilisateurs sera une clé de la réussite de migration partielle ou totale pour votre association.

Informations sur la tribune

Cette tribune a été écrite par Laurent Costy, administrateur de l'April et co-animateur du goupre de travail Libre Association (http://www.libreassociation.info). Elle a été publiée dans « Linux Pratique n°84 » de juillet/août 2014.


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Notes

1) Archambault Edith & Tchernonog Viviane, Repères sur les associations en France, Centre d’économie de la Sorbonne, CNRS, université Paris-1 Panthéon-Sorbonne, mars 2012

2) Il s'agit bien sûr d'une approximation puisqu'il reste difficile de mesurer précisément les associations qui meurent ou qui sont « en sommeil ». Cependant, ne sont pas comptées ici les associations « de fait », les collectifs, ou les communautés sur internet

3) Groupe d'utilisateurs de logiciels libres

4) Association pour la promotion et la défense des logiciels libres : http://www.april.org/

5) Archambault Edith & Tchernonog Viviane, Repères sur les associations en France, Centre d’économie de la Sorbonne, CNRS, université Paris-1 Panthéon-Sorbonne, mars 2012

6) François Tétard, historienne de l'éducation populaire a écrit à ce sujet : « L’éducation populaire est par définition indéfinissable, mais c’est un ressenti partagé ! »

7) Pour en appréhender le périmètre : https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89ducation_populaire

8) Comité pour les relations nationales et internationales des associations de jeunesse et d'éducation populaire : http://www.cnajep.asso.fr/

9) Communication-RMLL-2006-Education-populaire-et-logiciels-libres-NBP.pdf

10) http://framadate.org/

11) http://www.framasoft.net/

12) Digital right managment. Pour en savoir plus : https://www.april.org/publication-april-synthese-sur-les-drm

13) guide-libre-association-version-1.0.pdf


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Mise à jour: Le 23 October 2014 à 15:33:31