Promouvoir et défendre le logiciel libre

20 April 2019

bsibaud.png Benoît SIBAUD

« Hygiène mentale » : une chaîne de vidéos sur l’esprit critique, sous licence de libre diffusion

Le 20 April 2019 à 14:07:02

Suite à un simple lien sur le site, indiquant un changement de licence (suivi d’un autre, voir les commentaires), il m’a semblé que l’information méritait un peu plus de visibilité : des dizaines de contenus de qualité passent sous une licence libre, et un vidéaste francophone faisant de la vulgarisation et la pédagogie rejoint le « monde de la culture libre » (pour faire grandiloquent).

NdM. du 20 avril : initialement publiée le 8 avril 2019 comme l'annonce d'un passage de cette chaîne vidéo sous une licence libre (CC By selon les mentions sous les vidéos Youtube, y compris au moment de l'ajout de cette NdM, malgré d'autres sources indiquant CC-BY-NC-SA), la dépêche a été modifiée suite à la rectification par l'auteur d'Hygiène mentale lui-même dans les commentaires: mes illustrations et mes vidéos sont sous licence CC-BY-NC, ce qui n'est pas rigoureusement "Libre" mais seulement "de libre diffusion".

D’autre part, c’était une bonne occasion de pouvoir parler d’Hygiène mentale, dont j’apprécie la fond et la forme, sous forme de dépêche, car son actualité est en rapport avec le thème de LinuxFr.org.

Hygiène Mentale est une chaîne de vidéos sur l’esprit critique — « Un peu d’Esprit Critique chaque jour » —, la zététique, la méthodologie, l’étude rationnelle du paranormal et des pseudo‐sciences. La description comporte notamment la citation « Si l’on avait un vrai système éducatif dans ce pays, on y donnerait des cours d’Autodéfense‐Intellectuelle ». La série est écrite et montée par Christophe Michel. La première vidéo date de juillet 2014.

Les vidéos sont diffusées via l’instance PeerTube Skepticón, YouTube ou Dailymotion. L’auteur est présent sur Mastodon et Twitter, sur Diaspora* et Facebook.

Sur les quarante‐six vidéos disponibles sur YouTube, celles complètement réalisées pour la chaîne sont passées sous « licence de paternité Creative Commons (réutilisation autorisée) » (même si la description YouTube de la chaîne présente encore une information obsolète « Toutes les vidéos de la chaîne Hygiène Mentale sont sous licence Creative Common : CC-BY-NC-SA. » ou que les vidéos sur Skepticon.fr soient encore indiquées sous licence NC). Seules les vidéos basées des interviews de personnalités (Snowden, Randi, Russell, etc.) semblent être sous d’autres licences plus restrictives.

Avis personnel : j’ai eu un peu de mal initialement avec la scansion de l’auteur. Pourtant, bien articuler et bien expliciter est crucial pour ce type de vidéos, et finalement je m’y suis facilement habitué (et j’ai vu les 46 vidéos mentionnées ci‐dessous). Côté fond, c’est passionnant, intelligent, pédagogique, bienveillant, et ça vaut clairement le coup d’être vu (l’iconographie me semble assez efficace, d’ailleurs). Un grand merci à l’auteur.

À noter que sont aussi mentionnés les différents logiciels libres utilisés : l’instance PeerTube, Geogebra, Blender, GIMP et Audacity.

Les titres des quarante‐six premières vidéos de la chaîne (par ordre lexicographique des titres), pour se faire une idée du contenu :

  • Barack Obama — Enseigner l’Esprit Critique
  • Bertrand Russell — Les raisons de croire
  • Bertrand Russell — Message aux générations futures
  • Björk — Ma Télévision
  • Edward Snowden — La censure et l’esprit critique
  • EMI 1 — Éducation aux médias et à l’information à l’école (Introduction)
  • EMI 2 — Analyser les Images (Éducation aux médias)
  • EMI 3 — Remonter à la Source de l’Information (Éducation aux Médias)
  • EMI 4 — La propagation des rumeurs (Éducation aux Médias)
  • Ep01 Un bébé médium avec 3 brins d’ADN est né en Angleterre (Zététique appliquée)
  • Ep02 L’ouverture d’esprit et ses limites
  • Ep03 L’Autodéfense Intellectuelle (des outils pour la recherche d’information)
  • Ep04 Les documentaires moisis (Les géants ont‐ils existé ?)
  • Ep05 OVNI : l’origine des soucoupes volantes (Le modèle socio‐psychologique)
  • Ep06 Les fantômes de l’été (Les marronniers du paranormal)
  • Ep07 La désinformation — (pourquoi autant de trucs faux sur Internet)
  • Ep08 Les publications scientifiques (l’énergie libre — Effet Dumas)
  • Ep09 La science participative (Jouons avec le Micro‐Onde)
  • Ep10 Raisonner de façon correcte (Testez votre logique)
  • Ep11 Spiritualité Quantique : les utilisations abusives du vocabulaire scientifique
  • Ep12 Les Arguments Fallacieux
  • Ep13 Comment Tester le Paranormal avec la Science ? (Les cartes de Zener)
  • Ep14 Enquêter sur le Paranormal : les Diapositives de Roswell
  • Ep15 Illusionnisme et Imposture — Florent Martin
  • Ep16 La Dent d’Or — Assurons‐nous bien du fait avant de nous inquiéter de la cause
  • Ep17 Le 1er Avril = La Fête de l’Esprit Critique
  • Ep18 L’Astrologie — Les mauvaises critiques
  • Ep19 Athéisme, Agnosticisme — Croire ou ne pas croire ?
  • Ep20 Les deux vitesses de la pensée, et le « Bullshitomètre »
  • Ep21 La Neutralité de point de vue (sur Wikipédia)
  • Ep22 Sciences vs médias — Conférence par Florent Martin
  • Ep23 La lune a‐t‐elle une influence sur les naissances ? (Fréquentisme)
  • Ep24 La lune n’a PAS d’influence sur les naissances (Bayésianisme)
  • Ep25 L’Inexistence de Dieu — Raisonnement par Inférence
  • Ep26 La Pensée Bayésienne
  • Ep27 Crop Circles — spécificité et sensibilité des tests sur le paranormal
  • Ep28 Le Sophisme du Procureur (et quelques autres leçons Bayésiennes)
  • Ep29 Le but du jeu est de comprendre les règles du jeu (Eleusis)
  • James Randi — La chirurgie psychique est une arnaque
  • James Randi — Peter Popoff pris la main dans le sac
  • La Pensée Critique face aux Médias (par Christophe Michel)
  • Les Fake News et leur pouvoir de sculpter la réalité — Christophe Michel
  • Peut‐on étudier scientifiquement le paranormal ? — Conférence par Christophe Michel
  • Phil Plait — Ne soyez pas un enfoiré (Don’t be a dick)
  • Ricky Gervais — L’Athéisme et l’Agnosticisme
  • Tim Minchin — Si tu es trop ouvert d’esprit, ton cerveau risque de tomber par terre

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Mbps vs MBps : Comprendre les vitesses sur internet pour juger sa connexion

Le 20 April 2019 à 03:16:02

Il y a des notions informatiques qui sont compliquées, pour tout le monde, et même parfois pour les gens étant un peu plus informés que la moyenne. Et celle que nous allons voir aujourd’hui fait partie de celles qui donnent des maux de tête à beaucoup de monde (autant à ceux qui l’expliquent qu’à ceux qui essayent de comprendre !)…

En effet, nous allons aborder la différence entre Mbps et MBps !

Il n’y a pas que l’abréviation de l’unité qui nous rends confus, puisque même les appellations complètes, megabits et megabytes sont vraiment très proches.

Alors qu’elle différence entre le b et le B ?!

C’est assez simple en réalité si vous avez quelques bases d’informatique, le bit ou le « b » (Minuscule), est un bit en français, tandis que le Byte ou « B » (Majuscule) est traduit notre langue par un octet. Voilà, merci fin de l’explication !

Non, je plaisante, nous allons aller un peu plus loin et expliquer ces deux notions aux néophytes !

Dans un octet, il y a 8 bits (et c’est vrai dans toutes les langues) c’est juste pas de chance que la traduction anglaise d’octet soit bytes. Donc, dans un megaoctet, il y a 8 megabites.

Nous avons donc 1 MegaBytes = 1 Megaoctet = 8 Megabits.

Il faut donc être très vigilant à la manière dont l’unité de mesure est inscrite sur les différents appareils que vous achetez, sur les Speedtest que vous réalisez ou encore plus généralement sur les appareils réseaux que vous utilisez.

A lire également : Speedtest : Un bon débit internet, c’est combien ?

Pourquoi faut-il connaitre cette différence

La plupart du temps (pour ne pas dire « tout le temps ») l’unité utilisée lorsque l’on parle de débit (sur votre réseau, ou sur internet) est le Megabit par seconde, le fameux Mpbs. Le problème c’est que nous sommes plutôt habitués, dans nos contrées, à nous exprimer en Mo, et donc des valeurs en Mo par seconde seraient bien plus parlantes pour nous.

Beaucoup de gens pensent que leur câble ethernet en Gigabits leur permet de transférer un Gigaoctet par seconde, mais en fait… Non ! En réalité, c’est 8 fois moins ! Oui, si vous l’apprenez, ça fait mal. Donc, votre connexion Gigabits vous permet en réalité de transférer 1000 Mo / 8 par seconde, soit 125 Mo/s.

offres orange

Les offres affichées sur le site Orange sont exprimées en Mbps.

J’espère que pour l’instant, vous le vivez bien, car les connexions internet sont également exprimées en Mbps, le nombre annoncé est donc 8 fois plus important que le nombre de Mo par seconde que vous aurez.

Par exemple, je l’ai déjà dit, j’ai une connexion en Vdsl 2+ de 100 mbps, ma ligne est donc capable de me fournir 12,5 Mo par seconde. Cela permet de mieux se rendre compte de certaines valeurs, si vous avez une connexion de 8 « Mega », comme on le dit généralement, vous avez en réalité une connexion de 8 mbps et donc de 1Mo par seconde.

Bien entendu, cette confusion est bien entretenue, il est en effet bien plus flatteur d’annoncer des grands nombres ! C’est plus impactant de marque sur le packaging d’un nouveau routeur bi ou tri bande que la vitesse de transfert atteint des débits faramineux de 1100 Mbps plutôt que d’écrire 137.5 MBps ou 137.5 Mo/s.

Vous comprendrez également mieux certaines caractéristiques d’autres périphériques. Si le packaging d’un disque dur n’a pas été traduit, vous saurez maintenant que la valeur exprimée en MB est donc une valeur en Mo.

D'où viens la confusion entre Mb/s et Mo/s

Comme expliqué dans ce paragraphe, les fournisseurs d’accès internet nous vendent des offres exprimées en Mb/s. Cependant lorsque l’on télécharge un fichier ou jeu sur internet/steam, la vitesse en direct à l’écran est souvent exprimée en Mo/s (mais affichée en anglais donc : MB/s). En plus de la traduction en Français qui prête à confusion, ce dernier détail, est d’après moi ce qui termine d’instaurer la confusion dans les esprits.

Est-ce la même chose concernant les autres unités ?

Oui, exactement la même chose. Indépendamment du préfixe, un Byte ou Octet reste composé de 8 bits.

Nous aurons donc :

1 Byte = 1 octets ou 8 bits

1 KB = 1 Ko = 1024 octets ou 8192 bits

1 MB = 1 Mo = 1024 Ko = 8Mb

1GB = 1 Go = 1024 Mo = 8 Gb…

Quelle que soit l’unité, il faut porter votre attention sur le « b », s’il est minuscule, il faut le diviser par 8 pour avoir une valeur en Octets.

Aller plus loin : Comprendre la latence et le ping

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19 April 2019

svieille.png Simon VIEILLE

La toute première molécule formée dans l'univers a enfin été observée dans l'espace - Sciences - Numerama

Le 19 April 2019 à 16:34:14

Depuis des dizaines d'années, les scientifiques voulaient trouver la première molécule formée dans l'univers. Elle a enfin été observée dans notre galaxie. Pour les astronomes, c'est un progrès pour étudier la chimie de l'univers.

tnitot.png Tristan NITOT

En vrac du jeudi

Le 19 April 2019 à 10:01:00

Arbre en fleurs

Facebook bat des records

Cette semaine, Facebook nous fait un festival de conneries, de scandales et d’embrouilles. Cette boîte s’enfonce à chaque fois un peu plus. Une honte pour toute l’industrie du numérique. Je propose qu’elle change de slogan et remplace son “Move fast and break things” par un plus lucide « Dans le pire, nous ne sommes jamais décevants ». Florilège :

Google n’est pas en reste

En vrac sur le numérique

En vrac sur la politique, le climat, et l’environnement

april.png Nouvelles April

Découvrez la bande-annonce de l'émission « Libre à vous ! »

Le 19 April 2019 à 09:24:12

Découvrez la bande-annonce (1 minute 30 secondes) consacrée à notre émission Libre à vous ! diffusée sur radio Cause Commune.

Libre à vous !

En 2018, nous avons démarré une nouvelle action importante pour la promotion et la défense des libertés informatiques : depuis mai 2018, nous animons une émission de radio sur Cause Commune (91.3 sur la bande FM en Île-de-France et sur le site web de la radio). Libre à vous ! est une émission d'explications et d'échanges concernant les dossiers politiques et juridiques que l'April traite et les actions qu'elle mène. Une partie de l'émission est également consacrée aux actualités et actions de type sensibilisation. Pour pouvoir traiter encore plus de sujets et être réactif par rapport à l’actualité l'émission est devenue hebdomadaire en janvier 2019.

Bande annonce de l'émission

Découvrez en 1 minute et 30 secondes l'émission Libre à vous !.

Flux RSS compatible avec la baladodiffusion

Vous pouvez vous abonner au flux RSS compatible avec la baladodiffusion (podcast) pour recevoir automatiquement les épisodes dès leur mise en ligne.

L'April présente à l'Ubuntu Party des 18 et 19 mai 2019 à Paris 19e

Le 19 April 2019 à 09:05:46

18 Mai 2019 - 11:00
19 Mai 2019 - 18:00

L'Ubuntu Party est un évènement gratuit et libre d’accès visant à rendre accessible au plus grand nombre la compréhension du numérique et de ses enjeux.

A l'occasion de la sortie de la nouvelle version de la distribution Ubuntu, une Ubuntu Party aura lieu les 18 et 19 mai 2019 à la Cité des Sciences et de l'Industrie, Paris 19e. Au programme : démonstrations de logiciels libres, fête d'installation, ateliers d'initiation, conférences, village associatif, animation jeunesse. Le programme des conférences et ateliers est en cours de réalisation et sera bientôt disponible sur le site officiel.

À cette occasion, l'April tiendra un stand. Nous cherchons des bénévoles pour l'animer, ainsi nous faisons appel à votre aide ! Si vous avez des disponibilités, vous pouvez vous inscrire sur le wiki ou envoyer un courriel à evenements AT april POINT org.
Note : si vous n'êtes pas inscrit⋅e à la liste événements, vous recevrez un message avec une demande de confirmation : il faudra y répondre afin que votre message soit diffusé.

Image de UP mai 2019

18 April 2019

bsibaud.png Benoît SIBAUD

LinuxFr.org : première quinzaine d'avril 2019

Le 18 April 2019 à 21:04:23

Cent dix-huitième épisode dans la communication entre les différents intervenants autour du site LinuxFr.org : l’idée est tenir tout le monde au courant de ce qui est fait par les rédacteurs, les admins, les modérateurs, les codeurs, les membres de l’association, etc.

L’actu résumée ([*] signifie une modification du sujet du courriel) :

Statistiques

Du 01 au 15 avril 2019

  • 1508 commentaires publiés (dont 9 masqués depuis) ;
  • 275 tags posés ;
  • 91 comptes ouverts (dont 23 fermés depuis) ;
  • 47 entrées de forum publiées (dont 3 masquées depuis) ;
  • 32 liens publiés (dont 3 masqués depuis) ;
  • 27 dépêches publiées ;
  • 24 journaux publiés (dont 0 masqué depuis) ;
  • 4 entrées nouvelles, 1 corrigée et 0 invalide dans le système de suivi ;
  • 0 sondage publié ;
  • 0 page wiki publiée (dont 0 masquée depuis).

Listes de diffusion (hors pourriel)

Liste linuxfr-membres@ - [restreint]

  • R.A.S.

Liste moderateurs@ - [restreint]

  • [Modérateurs] Autres pistes ?
  • [Modérateurs] Devenir modérateur sur LinuxFr
  • [Modérateurs] Projet d'article sur comment utiliser un traitement de texte pour mieux rédiger pour Linuxfr

Liste prizes@ - [restreint]

  • [Prizes] LinuxFr prizes recap du mardi 2 avril 2019, 20:56:51 (UTC+0200)
  • [Prizes] Livre ENI

Liste redacteurs@ - [restreint]

  • R.A.S.

Liste team@ - [restreint]

  • R.A.S.

Liste webmaster@ - [restreint]

  • R.A.S.

Canal IRC adminsys (résumé)

  • une IP bloquée après de nombreuses alarmes déclenchées
  • un lecteur de moins de l'adresse root@
  • mises à jour de sécurité, dont une flopée d'alertes sécurité ruby chez Ubuntu et Debian

Tribune de rédaction (résumé)

Tribune de modération (résumé)

  • du spam
  • question aux modérateurs pour savoir s'ils sont gênés par l'accès moins facile aux dépêches en modération sur mobile que sur desktop : un non, deux pas de modération sur mobile, et un oui (avec mention de l'absence de l'icône de petits phylactères à côté des dépêches en cours de rédaction)
  • de l'intégration de la tribune de modération dans un coincoin
  • deux nouveaux modérateurs : devnewton et Ysabeau
  • cool cette année quelqu'un a fait la liste des poissons d'avril à notre place
  • bannière Cause Commune/Libre à vous ajoutée
  • fin de ma série de dépêches après une semaine suite à un délai en modération
  • notre premier gouv.sn, ça va nous changer des gouv.fr et des gouv.qc.ca, vive la francophonie

Commits/pushs de code https://github.com/linuxfrorg/

  • Merge pull request #234 from Trim/node-footer-responsive
  • Update footer nodes to be more responsive
  • Enable hyphenation
  • Update npm modules
  • Update devise
  • Improve a11y by adding role=search
  • Merge pull request #233 from Trim/add-download-icon
  • display download icon aside Markdown and Epub links
  • add download icon

(scripts adminsys)

  • Work on lxc beta

Divers

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april.png Nouvelles April

L'April demande la publication du SILL 2019 et la feuille de route de la DINSIC

Le 18 April 2019 à 08:32:12

Paris, le 18 avril 2019. Communiqué de presse.

Des événements et des interviews récents concernant la place du logiciel libre et des données ouvertes au sein de l'État sont inquiétants. Cédric O, nommé récemment secrétaire d'État chargé du numérique, sera évidemment jugé à l'aune de son action mais d'ores et déjà il peut appuyer deux actions concrètes : la publication officielle du SILL 2019 (Socle interministériel de logiciels libres) et la feuille de route de la DINSIC.

Fin février 2019, le journal Contexte annonçait que Christian Quest avait remis sa démission à Nadi Bou Hanna, nommé fin 2018 à la tête de la Direction interministérielle du numérique et du système d’information et de communication de l’État (DINSIC). Christian Quest, par ailleurs porte-parole d'OpenStreetMap, était chargé de mission au sein d'Etalab1. Par sa démission il souhaitait tirer une sonnette d'alarme concernant les changements de priorité de la DINSIC suite à la nouvelle nomination. Il explique son départ par une « une feuille de route utilitariste et court-termiste n'intégrant quasiment aucune des valeurs qui l'ont fait rejoindre Etalab ».

Dans une interview donnée à Next INpact en mars 2019, Nadi Bou Hanna expliquait notamment que la priorité au logiciel libre était un « «débat du début des années 2000 » et qu'il préférait « une approche pragmatique ». En mars également, dans un article publié par Acteurs publics il était écrit « dans l'écosystème, certains craignent une remise à plat par le nouveau directeur, alors qu’une nouvelle dynamique animait l’Etat depuis peu, entre la promotion du logiciel libre et de l’ouverture des données au sein des administrations via le programme Entrepreneurs d’Intérêt Général (entre autres), la nomination d’un référent logiciels libres à la Dinsic et le lancement d’une communauté d’acteurs du libre au service de l’intérêt général dénomée "Blue Hats". ».

Autre signe inquiétant, la non publication du SILL (Socle interministériel des logiciels libres). Ce document a notamment vocation à encourager l’usage concerté et coordonné des solutions libres dans l’administration. Le SILL est généralement publié en tout début d'année depuis 2013 et pour le moment aucune publication ne semble prévue.

Un retour en arrière qui serait d'autant plus étonnant et inquiétant que la Cour des comptes validait en février 2018 la stratégie mise en place par la DINSIC, notamment sur le recours aux logiciels libres, et émettait des recommendations pour qu'elle soit amplifiée et relayée au sein des services de l'État.

L'April demande solennellement au secrétaire d'État chargé du numérique la publication officielle du SILL 2019 et la publication de la feuille de route de la DINSIC.

  • 1. le service au sein de la DINSIC chargé d’accompagner les administrations dans leurs démarches d’ouverture de données publiques

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Compte Netflix gratuit, attention à l’arnaque !

Le 18 April 2019 à 02:53:33

Netflix est devenu en finalement très peu de temps un véritable phénomène de société. Au point que dans certains foyers la plateforme remplace totalement la télévision. C’est par exemple le cas chez moi, où plus personne de regarde les programmes classiques, à tel point que le player de ma box a été remisé dans un placard.

Mais comme tout service à abonnement, Netflix suscite la convoitise de ceux qui ne peuvent, ou ne peuvent pas encore, se l’offrir. Typiquement, les plus jeunes, collégiens et lycéens. De fait, tout comme par exemple pour Canal + il y a quelques dizaines d’années, certains cherchent à se procurer un accès au service sans le payer, ou en ne payant qu’une somme très modique comparée à celle demandée officiellement par la plateforme de streaming.

Je vais faire la parenthèse, pour les plus jeunes d’entre vous qui ne doivent pas comprendre de quoi je parle quand je cite Canal +. A l’époque, la chaîne était protégée par un système de chiffrement qui était décodé par un appareil que nous avions à la maison, branché au téléviseur. Mais cet appareil était d’une électronique très simple et il n’a fallu que très peu de temps aux électroniciens en herbe pour fourguer de faux décodeur vendus à bas prix. Ces appareils contrefaits permettaient de pouvoir regarder la chaîne sans payer d’abonnement.

Revenons à nos moutons. Et expliquons de quoi il s’agit.

Mise au point : En aucun cas dans cet article je ne vous donne d’adresse où aller acheter un compte Netflix pas cher. Si c’est ce que vous cherchez, je vous invite cependant tout de même à lire cet article qui vous informeras sur la provenance de ces comptes et les poursuites judiciaires aux quelles vous vous exposez en les utilisant.

Des comptes gratuits ?

Oui oui, et d’ailleurs, si vous êtes un utilisateur de Twitter, vous n’avez pas pu passer à côté de tous ces concours ou le lot est bien souvent un compte Netflix. Ils pullulent, souvent organisés par des jeunes qui veulent « percer » comme ils disent, c’est-à-dire tirer son épingle du jeu dans la grande kermesse du nombre d’abonnés. Et quoi de mieux pour attirer de nouveaux followers que de conditionner le potentiel gain d’un compte Netflix au fait de suivre le compte Twitter qui l’organise ?

D’ailleurs, il n’y a pas que des comptes Netflix, on trouve également dans ce genre de concours tous les autres services abonnement qui font rêver les jeunes qui n’ont pas encore de carte bleue. Spotify, Deezer, abonnement à des jeux, skin rares de jeux vidéo, et monnaie virtuelle, toujours de jeux vidéo. Et c’est gratuit si l’on gagne le concours.

Mais pas que ! Vous pouvez également vous procurer ce genre d’abonnement ou de service sur des sites spécialisés, qui eux n’organisent pas de concours, mais vendent ces « produits » contre monnaie sonnante et trébuchante. Ici nous ne citerons pas le nom de ces sites, le but n’étant évidemment pas de leur faire de la publicité, pour les raisons que vous découvrirez plus tard.

Donc il existe, aux yeux de quasi tous ceux qui se donnent la peine de chercher, des moyens d’obtenir des abonnements à tout un tas d’offres, pour des prix défiant toute concurrence ! Pour vous donner une idée des sommes auxquelles s’échangent ces abonnements, sachez qu’il faut compter 1€ pour un compte Netflix, entre 50 cts et 1 euro pour un compte Deezer ou Spotify premium, et que les comptes plus difficiles à chiffrer, comme par exemple un compte Steam s’échangent autour d’une dizaine d’euros.

Mais vous allez me dire, « Comment est-ce possible ?!!! » Notez votre surprise au passage !

Comment ces comptes peuvent-ils être si peu cher, et parfois même gratuits ?

Les choses ont un prix, Netflix coûte une dizaine d’euros avec quelques euros de différence suivant le nombre d’écrans sur lesquels vous aurez le droit de regarder vos vidéos, et la qualité des-dites vidéos. Du moins en France… Et avant que vous ne mettiez un commentaire pour m’expliquer qu’il est possible de payer Netflix moins cher, oui je suis déjà au courant, et j’ai même déjà écris là-dessus. En effet, il est possible de souscrire à un abonnement Netflix par l’intermédiaire d’un VPN, cela permet non-seulement de profiter du prix d’abonnement d’un pays où l’accès est moins cher, mais aussi de changer de pays par la suite pour parcourir le catalogue Netflix d’autres pays. Le service n’est pas vendu dans tous les pays au même prix, et il est donc possible d’acheter son abonnement au Brésil par exemple pour le payer moins cher. Ce qui est impossible, en revanche, c’est de le payer 1 euro en achat direct et sans abonnement.

Car oui, les sommes dont nous parlons ici, sont des achats en une fois, ce qui signifie que vous allez payer votre compte 1 euro et qu’ensuite vous ne paierez plus rien.

Je pense qu’à ce stade, vous devez commencer à comprendre de quoi il s’agit. Et si ce n’est pas le cas, laissez-moi vous l’expliquer.

Stop au suspens : L’immense majorité de ces comptes de concours ou vendu une poignée de centimes, sont des comptes volés… Si vous en achetez un, ou que vous en gagnez un, vous n’allez pas recevoir un code promo à entrer sur le site de Netflix ou d’une autre plateforme, on ne va pas vous envoyer non plus un lien permettant de bénéficier d’une certaine réduction, non. Ce qu’on va vous envoyer c’est le nom d’utilisateur et le mot de passe d’un abonné Netflix, qui lui paie son abonnement. Car en réalité, et jusqu’à preuve du contraire, il n’y a pas de moyen de passer outre la plateforme pour profiter de leur service.

Vous allez donc recevoir des informations volées, qui vont vous permettre de profiter à la place d’un autre, ou en même temps de son abonnement.

Il existe tout de même quelques concours en ligne tout à fait légaux qui permettent de gagner un compte Netflix. La différence, c’est que le compte sera créé avec votre adresse mail et vos informations. Vous recevrez un mail officiel de Netflix pour vous signaler l’ouverture de votre compte et vous serez invité à configurer le compte Netflix lors de votre première connexion. Je vous conseille de toujours demander l’origine des comptes à gagner avant d’accepter votre « lot », si les organisateurs du concours ne peuvent pas vous donner l’origine précise du compte, n’y participez même pas !

Qu’est-ce que ça implique ?

Bien évidemment en tout premier cela implique une interrogation morale, mais en essayant de rester purement technique, cela entraîne également une certaine précarité du service.

Car l’utilisateur officiel du compte, celui qui a souscrit à l’offre risque de s’en rendre compte, et donc de bloquer votre accès. Certes, un compte Netflix à 1 euro ce n’est pas cher, mais si c’est pour une seule soirée, cela reste plus onéreux que l’offre légale.

Note importante

Notez ici, que je ne vous dévoile ces informations que dans un but pédagogique. Je ne vous encourage en aucun cas à recourir à ce genre de service et encore moins à altérer les informations de connexion d’un compte payant que vous ne possédez pas ! Le protection des données privées, même informatique, en France prévois de lourdes charges à l’encontre du « hacker », en payant un compte de votre poche et en vous connectant au compte volé, vous vous rendez complice du vol et vous exposez aussi à des poursuites judiciaires !

Le jeu est donc de changer le mot de passe du compte dès qu’on le gagne ou l’achète, afin que le vrai propriétaire ne puisse le récupérer… Enfin, qu’il mette plus longtemps à le faire, car aujourd’hui entre les « questions secrètes », la double authentification, les liens de réinitialisation de mots de passe envoyé sur les téléphones et des supports techniques au courant de ces « magouilles », il faut bien vous dire que ce ne sera qu’une question de temps avant que le propriétaire récupère son compte.

Sauf cas très particulier des abonnements inactifs, c’est-à-dire que l’utilisateur paie, mais n’utilise pas le service, vous laissant alors le champ libre pour vous en servir, ou bien encore des comptes multi-utilisateurs, vous perdrez toujours ce compte pas cher. Avec l’accès à un compte comportant la possibilité de regarder plusieurs programmes en même temps, comme par exemple avec le forfait à 14 d’euros de Netflix (4 comptes), peut être que vous ne vous ferez pas prendre tout de suite, mais ça arrivera.

Mais alors comment et qui vole ces comptes ?

Ces « réseaux » sont tenus dans la quasi-totalité par de jeunes voir très jeunes gens. La moyenne d’âge doit être de 14 ou 15 ans. La seule chose qu’ils font, en réalité, c’est d’acheter des comptes, dérobés par d’autres. Souvent ces comptes sont mis en vente par lot sur le deep web. Par 500, par 1000, par 10 000. Dans ces lots, tous les comptes ne seront pas fonctionnels. En effet, certains utilisateurs se sont déjà rendu compte que leurs informations ont fuité, et ont déjà changé leur mot de passe avant même que le dit compte ne soit revendu.

Les divers comptes que l’on trouve donc en vente sur les sites du web traditionnel, ou ceux qui sont à gagner sur les réseaux sociaux ne sont donc pas, le plus souvent, vendus par ceux qui les volent.

Et comment ces vols ont-ils lieux ? Et bien il y a les campagnes de phishing, durant lesquelles de faux emails semblant émaner de Netflix sont envoyés à des centaines de milliers de gens, et sur le nombre il y en a quelques-uns qui cliqueront sur le lien et qui taperont leurs identifiants. Mais il y a encore plus simple.

Comme il est souvent rappelé, ce n’est pas une bonne chose de se servir du même mot de passe sur plusieurs sites, et pourtant c’est encore une pratique très courante. Il suffit donc qu’une base de donnée soit piratée, par de vrais pirates cette fois, pour que tout un ensemble de services auxquels vous êtes abonnés deviennent vulnérables.

Imaginons que la base clients d’une service X soit volée. Elle va être mise en vente sur le dark web par lots. Les acheteurs de ces couples identifiants / mot de passe, vont se servir d’un logiciel (pour faire simple), qui va tester tous les comptes achetés sur les plateformes populaires. Un compte provenant de X sera donc essayé sur les sites de U, V, W, Y et Z, et sur la masse, ça fonctionne.

Jean dupont, qui se sert de la même adresse email jean.dupont@gmail.com et du même mot de passe « azerty » vient de se faire pirater son compte Netflix, son compte Deezer, son compte Steam, sont compte Fortnite…

Vous le voyez maintenant, si on devait répondre au titre de l’article, oui les comptes Netflix, et autre plateformes au passage, gratuits, ou très peu chers sont des arnaques. Pire que ça même, ce sont des arnaques à double niveau puisque le titulaire légitime du compte se fait voler, et que l’acheteur n’aura qu’un usage temporaire du service. De plus, certaines personnes achètent ces comptes volés en toute bonne fois.

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17 April 2019

april.png Nouvelles April

Émission « Libre à vous ! » sur radio Cause Commune (23 avril 2019)

Le 17 April 2019 à 14:28:27

23 Avril 2019 - 15:30
23 Avril 2019 - 17:00

Photo d'illustration de l'émission

La vingt-deuxième émission Libre à vous ! de l'April sera diffusée en direct sur radio Cause Commune sur la bande FM en région parisienne (93.1) et sur le site web de la radio, mardi 23 avril 2019 de 15 h 30 à 17 h 00. Et l'émission sera rediffusée le soir même de 21 h à 22 h 30.

Notre sujet principal portera sur les entreprises du logiciel libre avec Véronique Torner (Alter Way, administratrice du Syntec Numérique, présidente de l'Open CIO Summit), Stéfane Fermigier (Abilian, co-président du CNLL et président du Groupe Thématique Logiciel Libre) et Laurent Wargon (Easter Eggs et Réseau Libre Entreprise). Nous aurons également la chronique de Xavier Berne de Next INpact et la chronique « Jouons Collectif » de Vincent Calame, informaticien libriste.

Écouter le direct mardi 23 avril 2019 de 15 h 30 à 17 h 00   S'abonner au podcast

Les ambitions de l'émission Libre à vous !

La radio Cause commune a commencé à émettre fin 2017 sur la bande FM en région parisienne (93.1) et sur Internet. Sur le site de la radio on lit : « Radio associative et citoyenne, les missions de Cause Commune sont de fédérer toutes les initiatives autour du partage et de l’échange de savoirs, de cultures et de techniques ».

Nous avons alors proposé de tenir une émission April intitulée Libre à vous ! l'émission pour comprendre et agir avec l'April — d'explications et d'échanges concernant les dossiers politiques et juridiques que l'association traite et les actions qu'elle mène. Une partie de l'émission est également consacrée aux actualités et actions de type sensibilisation. L'émission Libre à vous ! est principalement animée par l'équipe salariée de l'April mais aussi par des membres bénévoles de l'association et des personnes invitées. Donner à chacun et chacune, de manière simple et accessible, les clefs pour comprendre les enjeux mais aussi proposer des moyens d'action, tel est l'objectif de cette émission hebdomadaire, qui est diffusée en direct chaque mardi du mois de 15 h 30 à 17 h. Avec normalement une rediffusion le soir même de 21 h à 22 h 30.

Liens utiles

Les archives de l'émission

Écouter les émissions précédentes

Isabelle DUTAILLY

Rédiger avec LibreOffice pour Linuxfr.org

Le 17 April 2019 à 11:38:53

Une dépêche, un journal ou une page de wiki n'ont aucun caractère d'urgence et gagnent à être soigneusement mitonnés. Autant utiliser un outil performant de rédaction avec tout le confort moderne d'un excellent correcteur orthographique, grammatical et orthotypographique doté d'un conjugueur et de la facilité à introduire des caractères dits spéciaux. Ça va éviter pas mal de fautes diverses et faciliter la rédaction tout en donnant un peu de recul. Ce tutoriel est un complément aux autres pages d'aide à la rédaction du site linuxfr. On y retrouvera donc des éléments que l'on peut y trouver mais sélectionnés et réunis dans une optique de rédaction avec l'application de traitement de texte de LibreOffice.

Mauvaise nouvelle, si Writer permet de générer des pages de wiki au format mediawiki, il faut un compte d'accès à un serveur wiki pour que ça fonctionne. On oublie. Autre mauvaise nouvelle, si vous mettez proprement en forme votre texte avec des styles et que vous le copiez-collez, ça ne passe pas. Solution : marquer votre texte avec les marqueurs « Markdown ». C'est facile et cela ne vous empêche pas de structurer et mettre en forme votre texte avec des styles pour un meilleur confort de travail.

Bonne nouvelle : tout ce qui suit est applicable à n'importe quel site utilisant la syntaxe Markdown.

La structure

Les titres

Les titres sont marqués avec des croisillons : # de un à cinq selon le niveau de titre. Paramétrez la Numérotation des chapitres (menu Outils) : pour chaque niveau de titre (de un à cinq) indiquez comme séparateur Avant un # pour le titre de premier niveau, deux pour le titre 2, etc.

Vous pouvez même enregistrer le format au besoin, vous le retrouverez dans la liste des formats de numérotation des chapitres.

Les listes

Il y a deux types de listes : les listes à puce, ou listes non-ordonnées et les listes numérotées ou listes ordonnées. On ne peut pas utiliser les styles dans ce cadre.

Dans les deux cas, en typographie française, à la fin de chaque élément, saisir un point virgule précédé d'une espace insécable (normalement l'autocorrection transforme automatiquement l'espace normale en insécable de ce type de ponctuation) et allez à la ligne. Le dernier élément se termine par un point.

La marque de la liste à puce est l'astérisque, Unicode 2A, suivi d'une espace : *

* liste ;

* liste.

Pour introduire un sous-élément, faire deux espaces et saisir l'astérisque : *. Cela ne fonctionnera que si le premier sous-élément est précédée d'un élément de liste.

La marque de la liste numérotée est le numéro suivi d'un point et d'une espace : « 1. ».

1. numéro 1 ;

2. numéro 2.

La mise en forme et la saisie

Mise en forme : gras et italiques

Pour marquer un mot en italique, il faut l'encadrer d'astérisques, sauf que, dans les options d'Autocorrection de Writer, cette opération, souvent, change le texte en gras, un « gras » qui ne passe pas dans le copier-coller vers Linuxfr. Il faut donc commencer par aller dans les Outils > Autocorrection et là, aller sur l'onglet Options, décocher les deux cases *gras*, /italique/, ...

Pour mettre en italiques, encadrer l'expression d'un astérisque, pour le gras, de deux astérisques.

Liens, codes, citations

Pour les liens externes, mettre le texte de présentation du lien entre crochets ouverts et fermants : [ et ] et le lien lui-même entre parenthèses ( et ). Il y a d'autres catégories de liens détaillées sur cette page du wiki.

Pour le code avec coloration syntaxique, insérer une ligne blanche avant puis saisir trois apostrophes inversées ``` suivies du nom du code, aller à la ligne saisir un croisillon, taper ou copier-coller le code terminer en passant à la ligne et en saisissant ces mêmes apostrophes inversées. L'apostrophe inversée s'obtient, avec un clavier azerty, par le raccourci clavier Alt Gr + 7 [1].

Les citations commencent à la ligne suivante par un signe supérieur, rajouter une ligne à la fin de la citation : >

>Avant d'entrer dans ma cellule
Il a fallu me mettre nu
Et quelle voix sinistre ulule
Guillaume qu'es-tu devenu

Astuces LibreOffice

Saisie de caractères « spéciaux »

Avec Writer, si on saisit le code Unicode du caractère et qu'on le fait suivre par le raccourci Alt + X on obtient le caractère désiré, par exemple B6 suivi d'Alt + X donne la marque de paragraphe ¶.

Cela fonctionne avec tous les OS et surtout tous les claviers. Les limites : la police utilisée doit les avoir.

Rédaction

Tout rédiger y compris le titre, l'introduction et les liens selon le type de contenu. De cette façon vous bénéficiez du confort de rédaction du traitement de texte et du correcteur orthographique, grammatical et orthotypographique ce qui évite notamment les acrobaties de montée et descente pour copier-coller les caractères, les espaces insécables et autres. Passer le titre en style Titre principal (bouton Titre dans le modèle) peut aider au confort visuel.

Pour les liens des dépêches à saisir dans les cartouches de saisie, saisissez-les, par exemple, à la fin de la dépêche, avec le titre et l'URL à côté. Les vérifications et les ajouts dans la dépêche seront plus faciles.

Le modèle

Le modèle de document, au format ODF, a tous les styles signalés déjà paramétrés et quelques autres éléments utiles qui vous permettent de l'utiliser de façon autonome. Ces éléments figurent aussi dans les commentaires des Propriétés du document (menu Fichier), vous pourrez les effacer sans problème.

Il est également doté d'une barre d'outils spécifique avec les styles concernés dans le cadre de ce tutoriel. En cliquant sur le bouton du style, on l'attribue au paragraphe. Le niveau de titre des boutons ne va que jusqu'au niveau 3. Au-delà c'est trop (déjà trois…).

Vous travaillerez plus facilement et pourrez mieux contrôler votre travail en affichant les caractères invisibles : Affichage > Marques de formatage ou Ctrl +F10.

Pour l'utiliser, après l'avoir téléchargé, enregistrez-le comme modèle : Fichier > Modèles > Enregistrer comme modèle, ensuite pour créer des documents à partir de ce modèle, Fichier > Nouveau > Modèles ou Maj + Ctrl + N, choisir le modèle Linuxfr rédaction.

L'ajout à Linuxfr

Après avoir pris le temps de rédiger votre texte et l'avoir relu, il reste à le copier-coller dans une dépêche, un journal ou une page de wiki.

Pour les journaux et le wiki : copier-coller le texte. Ajouter le sujet du journal ou du wiki, prévisualiser, corriger au besoin, et poster.

Pour les dépêches : si vous l'avez intégralement rédigée avec son chapeau d'introduction et son titre. Commencer par le titre, puis par le chapeau dans la zone Contenu de la dépêche et enfin tout le reste, sauf les liens, dans la zone Seconde partie. Il ne restera plus qu'à rajouter les liens un à un dans les zones prévues et, évidemment, relire et corriger ce qui doit l'être avant de soumettre la dépêche.

L'utilisation de Grammalecte et autres astuces

Grammalecte

Grammalecte est l'extension de correction orthographique, grammaticale et orthotypographique du français de LibreOffice (elle existe aussi pour Firefox, Thunderbird et Chrome). On peut choisir le titre d'orthographe, réforme de 1990 ou celle dite « classique » et configurer les options grammaticales. Laisser les options par défaut pour ces dernières surtout si vous êtes fâché avec l'orthographe.

Outre les fonctions de corrections qui, bien que performantes n'ont aucune capacité de vérification sémantique et pas plus que les autres logiciels de ce type, il propose deux outils fort utiles :

  • le Conjugueur ;
  • et le Formateur de texte.

Le premier, comme son nom l'indique, vous permet d'avoir la conjugaison d'un verbe et donc de limiter, normalement, les confusions entre l'infinitif des verbes de premier groupe, la deuxième personne du pluriel au présent ou encore le participe passé et, bien évidemment de vérifier la conjugaison du verbe. C'est tout sauf un gadget.

Le second permet de mettre votre texte d'équerre avec la typographie, c'est un outil précieux également. Mais peut-être à éviter si vous avez du code.

Astuces

Le recours à un dictionnaire comme, par exemple, celui du Centre National de Ressources textuelles et Lexicales (CNRTL) n'est jamais inutile pour vérifier le sens d'un mot il devrait d'ailleurs figurer dans la liste des moteurs de recherche accessible par un clic de votre navigateur. Néanmoins, sans consulter un dictionnaire, si on hésite entre deux ou trois graphies pour un mot, par exemple « des », « dés » et « dès », faire un clic droit sur le mot et regarder les synonymes que vous propose Grammalecte. Ils vous donnent le sens du mot et vous permettent de trouver la bonne graphie.

Et, quand Grammalecte vous signale soit une faute (quelque chose qu'il n'a pas dans ses lexiques) soit une possible erreur (grammaire, typographie qu'il soupçonne fautive), faites un clic droit sur l'expression et lisez ce que Grammalecte vous explique avant d'approuver ou d'ignorer.

Si l'accord des participes passés vous donne des maux de tête et que même le dossier de langue-fr.net ne vous aide pas, essayez de rédiger autrement afin de les éviter. Souvent, vous gagnez en fluidité de la lecture. Le conjugueur de Grammalecte vous en donne la graphie y compris au féminin.

D'une manière générale, quand vous avez un problème lié à un accord, rédiger autrement permet de le contourner et pas forcément au détriment du texte.

Pour aller plus loin

Voir en ligne : Le site linuxfr.org

[1] Numéro Unicode ?

On retrouvera aussi cet article sur le wiki de Linuxfr.org à cette adresse.

april.png Nouvelles April

Apéro April le 17 mai 2019 à Marseille

Le 17 April 2019 à 07:14:14

17 Mai 2019 - 19:00
17 Mai 2019 - 22:00

Un apéro April ?

Un apéro April consiste à se réunir physiquement afin de se rencontrer, de faire plus ample connaissance, d'échanger, de partager une verre et de quoi manger mais aussi de discuter sur l'actualité et les actions de l'April. Un apéro April est ouvert à toute personne qui souhaite venir, membre de l'April ou pas. N'hésitez pas à venir nous rencontrer.

Quand et quoi

Un troisième apéro à Marseille aura lieu vendredi 17 mai 2019 de 19h00 à 22h00 à l'adresse suivante : Foyer du peuple 50 rue Brandis, 13005 Marseille .

Vous pouvez vous inscrire sur le pad.

16 April 2019

april.png Nouvelles April

« Libre à vous ! » diffusée mardi 16 avril 2019 sur radio Cause Commune - CHATONS - Transcriptions - Chronique juridique

Le 16 April 2019 à 13:30:41

Nous avons commencé par la chronique de Marie-Odile Morandi « Les transcriptions qui redonnent le goût de la lecture ». Nous avons enchainé avec notre sujet principal qui portait sur le Collectif des Hébergeurs Alternatifs,Transparents, Ouverts, Neutres et Solidaires (CHATONS) avec : Angie Gaudion de Framasoft, Denis Dordoigne d’INFINI et Christian Pierre Momon du Chapril. Nous avons poursuivi avec la chronique juridique « In code we trust » de Noémie Bergez.

(Ré)-écouter en ligne    S'abonner au podcast

Podcasts des différents sujets abordés

Photo d'illustration de l'émission

Les ambitions de l'émission Libre à vous !

La radio « Cause commune » a commencé à émettre fin 2017 sur la bande FM en région parisienne (93.1) et sur Internet. Sur le site de la radio on lit : « Radio associative et citoyenne, les missions de Cause Commune sont de fédérer toutes les initiatives autour du partage et de l’échange de savoirs, de cultures et de techniques ».

Nous avons alors proposé de tenir une émission April intitulée Libre à vous ! d'explications et d'échanges concernant les dossiers politiques et juridiques que l'association traite et les actions qu'elle mène. Une partie de l'émission est également consacrée aux actualités et actions de type sensibilisation. L'émission Libre à vous ! est principalement animée par l'équipe salariée de l'April mais aussi par des membres bénévoles de l'association et des personnes invitées. Donner à chacun et chacune, de manière simple et accessible, les clefs pour comprendre les enjeux mais aussi proposer des moyens d'action, tel est l'objectif de cette émission hebdomadaire, qui est diffusée en direct chaque mardi de 15 h 30 à 17 h.

N'hésitez pas à nous faire des retours pour indiquer ce qui vous a plu mais aussi les points d'amélioration. Vous pouvez nous contacter par courriel, sur le webchat dédié à l'émission (mais nous n'y sommes pas forcément tout le temps) ou encore sur notre salon IRC (accès par webchat). L'émission dispose d'un flux RSS compatible podcast.

Programme de l'émission du 16 avril 2019

La vingt-et-unièmre émission Libre à vous ! de l'April a été diffusée en direct sur la radio « Cause commune » mardi 16 avril 2019 de 15 h 30 à 17 h.

Au programme :

Personnes participantes

Les personnes qui ont participé à l'émission :

  • Frédéric Couchet, délégué général de l'April
  • Angie Gaudion de Framasoft
  • Denis Dordoigne d’INFINI
  • Christian Pierre Momon du Chapril
  • Noémie Bergez avocat au cabinet Dune
  • Marie-odile Morandi, groupe Transcriptions de l'April

Références pour la partie sur la chronique de Marie-Odile Morandi (« Les transcriptions qui redonnent le goût de la lecture »)

Références pour la partie sur les CHATONS

Références pour la chronique de Noémie Berge (« In code we trust »)

Pauses musicales

Les références pour les pauses musicales :

jzimmermann.png Jérémie ZIMMERMANN

Last chance for European Parliament to reject mass censorship

Le 16 April 2019 à 12:42:32

Tomorrow, the 17th April, the whole European Parliament will vote on the Anti-terrorism Regulation. This Regulation would enable mass, unchecked and political censorship as well as destroying the free and open Web (read our complete analysis).

While La Quadrature is still urging Members of the European Parliament to reject this useless text (read our letter sent to them last week), some new amendments may reduce a bit the harm done in the eventuality of the text not being rejected (read all tabled amendments and our voting list).

The “one hour” takedown

The Greens, GUE and S&D (the three left-wing political groups of the Parliament) all have tabled amendments to suppress the obligation to remove content within “one hour” after being notified by the authorities. As we have always explained, such a short timeframe is unpractical for all but the biggest Web platforms. Unless this timeframe is removed, small and medium platforms will have to cease their activities or to submit to the Google and Facebook moderation tools.

We urge Members of the European Parliament to adopt the following amendments, which may protect the open and free Web from such a destruction by removing this absurd timeframe: amendments 156, 157, 158, 159, 160, 161, 162, 164.

Political censorship

Despite our calls, no political group has tabled any amendment requiring that only judges (and not the police) may require Web platforms to remove content deemed “terrorist”. All Members of the European Parliament must be held responsible for such a destruction of the separation of powers which will only lead to political censorship (as is the case in France).

The last chance to win this fight would be for the whole text to be rejected. In case we lose, we will never forget how all political groups renounced to protect us from governments.

Automated filters

Still, another fight may be won. Last week, the LIBE Committee (“civil liberties”) refused to give authorities the power to directly order Web platforms to use automated filters. LIBE also refused to pressure these platforms through a general obligation to implement “proactive measures” or through “referrals” sent by authorities (forcing them to check whether a content may be regarded as “terrorist”).

The EPP (biggest right-wing political group) has tabled amendments proposing to delete most of these new protections. On these parts, Members of the European Parliament must entirely refuse such changes and keep the text as adopted in LIBE. Thus, they must vote in favor of the following amendments tabled by the LIBE Committee: 18D, 66, 83D, 85, 86D, 88.

We’ll be in Strasbourg tomorrow to follow this vote and keep you updated.

de_crevoisier.png LE-ROUTEUR-WIFI.COM

Supprimer vos fichiers temporaires : Mon tuto court et clair

Le 16 April 2019 à 02:41:43

Vous le savez, ou non, mais les programmes que vous utilisez sur votre ordinateur ont besoin de stocker temporairement certaines informations. Ce sont en général des informations qui ne sont utiles à ce logiciel uniquement le temps que ce dernier est en cours d’utilisation.

Certaines de ces données sont stockées en mémoire vive, la fameuse RAM, tandis que d’autres, moins vitaux, ou devant moins souvent être accédés sont stockés sur votre disque dur.

Alors c’est quoi un fichier temporaire

Les fichiers temporaires peuvent être la résultante de fichiers téléchargés pendant l’installation d’un programme par exemple, ou alors ils peuvent comme nous l’avons dit, avoir été créés par un logiciel qui avait besoin de stocker temporairement quelques données. Les archives auto extractibles utilisées pour l’installation de certains soft peuvent aussi stocker des fichiers temporaires.

Quoi qu’il en soit, les fichiers temporaires, comme leur nom l’indique, ne sont pas destinés à avoir un rôle sur le long terme dans le fonctionnement de votre ordinateur.

A lire aussi : Cookies Web : Qu’est ce que c’est ?

Pourquoi sont-ils là

Les programmes qui ont à utiliser ces fichiers temporaires devraient normalement les effacer une fois qu’ils n’en ont plus l’utilité. Le problème est que beaucoup ne le font pas, soit que ce n’est pas était prévu lors du développement du logiciel, soit qu’un événement ait empêché le programme de le faire. Typiquement par exemple, si un programme « plante », ou que son processus est tué par l’utilisateur, ses fichiers temporaires ne sont pas supprimés.

En quoi ces fichiers sont-ils gênant ?

Les fichiers temporaires peuvent, au fil du temps, s’accumuler si l’utilisateur n’y prend pas garde. Il arrive parfois que l’on trouve 10, 15 ou 20 Go de fichiers temporaires sur des ordinateurs qui n’ont pas connus de maintenance depuis très longtemps.

Le problème c’est que le stockage coûte cher, surtout avec l’avènement des SSD, et qu’il est dommage de voir ainsi des fichiers inutiles occuper de l’espace disque.

Est-il sûr de supprimer ces fichiers ?

Les fichiers temporaires, comme nous l’avons dit, ne servent que durant l’exécution du programme qui les a créés. Ensuite ils deviennent inutiles. De plus, si un programme devait avoir à nouveau accès à certains de ces fichiers et qu’ils ont été effacés, il les recréera, tout simplement. La réponse est donc « oui », c’est tout à fait sans danger de supprimer ces fichiers.

A lire également : 5 méthodes pour améliorer votre sécurité en ligne tout de suite

Mais alors, comment les supprime-t-on ?

Nous voilà au cœur de la procédure, la suppression à proprement parler. Et vous allez voir, c’est vraiment très facile.

Ouvrez votre explorateur de fichiers et dans la barre d’adresses, en haut de l’écran, coller ceci (sans les guillemets) « C:\Windows\Temp », validez avec la touche « Entrée ». Si vous ne voulez pas taper tout le chemin d’accès, Microsoft a aussi ajouté un raccourci pour accéder facilement à ce dossier, pour l’utiliser il vous suffit de taper « %temp% » dans l’exécutable Windows ou dans la barre d’adresse de l’explorateur de fichiers.

Le dossier qui s’ouvre est celui contenant vos fichiers temporaires. Vous l’aurez compris, vous pouvez également naviguer par vous-même sur le disque « C : », puis vers le répertoire « Windows » vers le dossier « Temp ».

J’en profite ici pour tout de même rappeler que ce qui est applicable pour le répertoire « Temp » ne l’est pas pour les autres répertoires de Windows, et qu’il ne faut pas essayer d’effacer quoi que ce soit d’autre.

Bref, une fois dans ce répertoire, vous allez appuyer simultanément sur les touches « Win » (celle avec le logo de windows) et « A » de votre clavier. Cela va avoir pour effet de sélectionner l’intégralité des fichiers présents dans le répertoire. Ensuite, vous pourrez les supprimer soit en appuyant sur la touche « Suppr » de votre clavier, soit en effectuant un clic droit et en choisissant « Supprimer » depuis le menu contextuel.

Si vous ne désirez pas que les fichiers passent par la corbeille lors de cette suppression, vous pouvez appuyer sur « Maj » + « Suppr » au lieu de simplement « suppr ». De cette façon les fichiers seront supprimés définitivement.

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15 April 2019

april.png Nouvelles April

Décryptualité du 15 avril 2019 - Assange aux mains de la justice britanique

Le 15 April 2019 à 21:53:21

Écouter ou télécharger le décryptualité du 15 avril 2019 (15 minutes)

    La justice britannique a finalement mis la main sur Julian Assange. Retour sur l'histoire du porte étendard de wikileaks
    Générique – La prose du pépère – Les Barons Freaks – Licence Art Libre (LAL)

Syndiquer le contenu Syndiquer le contenu grâce à votre agrégateur de flux RSS

Le Conseil de l'Union Européenne valide le filtrage automatisé des contenus mis en ligne

Le 15 April 2019 à 14:32:05


Le Conseil de l'Union européenne a validé la directive droit d'auteur telle que votée par le Parlement européen le 26 mars 2019. 19 États membres sur 28, dont la France, ont donc validé l'institutionnalisation du filtrage automatisé des contenus mis en ligne. Prochaine étape : la transposition en droit national.

Lundi 15 avril les représentants des États membres réunis au sein du Conseil de l'Union européenne ont validé la proposition de directive issue des « trilogues », et adoptée avant eux par le Parlement européen, finalisant ainsi la procédure et inscrivant dans le droit de l'Union européenne la directive droit d'auteur et l'article 17 (ex-article 13) qu'elle contient.

Cette adoption nécessitait l'approbation d'au moins 16 États membres, représentant au moins 65% de la population. Sur les 28 États membres, 6 ont voté contre (Finlande, Suède, Italie, Luxembourg, Pays-bas) et 3 se sont abstenus (Belgique, Estonie, Slovénie). Avec 19 États membres favorables, représentant 71,26% de la population, le quorum est atteint.

résultat des votes

Ce vote n'apparaissait malheureusement que comme une formalité étant donné le rapport de force caricatural au sein de l'institution européenne où toute critique du texte a été systématiquement ignorée ou méprisée. D'aucuns pourraient même considérer que l'opposition est plus forte qu'anticipée. Encore moins surprenant, le vote favorable de la France qui a été une cheville ouvrière du texte. On rappellera que parmi les parlementaires français, uniquement deux ont eu le courage de voter contre : Younous OMARJEE et Marie-Christine VERGIAT du groupe GUE/NGL.

L'April restera mobilisée au moment de la transposition future du texte en droit français qui devrait se tenir assez rapidement. L'article 17 devrait ainsi être transposé via le projet de loi annoncé « sur une nouvelle régulation de la communication audiovisuelle à l’ère numérique », dont un rapport d'information préalable datant du 4 octobre 2018 militait d'ores et déjà pour l'institutionnalisation des « algorithmes de reconnaissance de contenus ».

Franck Riester, ministre de la Culture, a d'ailleurs chargé dès le 27 mars, la HADOPI, le CSPLA (Conseil Supérieur de la Propriété Littéraire et Artistique) et le CNC (Conseil National du Cinéma) d'une « mission de promotion et d’encadrement des technologies de reconnaissance de contenus ». On notera l'absence du Conseil national du numérique pourtant chargé par décret « d'étudier les questions relatives au numérique, en particulier les enjeux et les perspectives de la transition numérique de la société, de l'économie, des organisations, de l'action publique et des territoires et dont une des missions en ce sens est d' « informer et de conseiller le Gouvernement dans l'élaboration, la conduite et l'évaluation des politiques et de l'action publiques ». À cette fin il « peut être consulté par le Gouvernement sur tout projet de disposition législative ou réglementaire dans le domaine du numérique ». Une absence significative qui ne fait que confirmer le caractère particulièrement biaisé de cette « mission d'information » dont on sait d'avance qu'elle ne remettra pas en cause l'opportunité d'utiliser ces technologies liberticides.

Sujet que nous avons traité lors de l'émission du 9 avril 2019 de Libre à vous !, l'hebdomadaire de l'April sur radio Cause Commune.

Revue de presse de l'April pour la semaine 15 de l'année 2019

Le 15 April 2019 à 10:36:54

Cette revue de presse sur Internet fait partie du travail de veille mené par l’April dans le cadre de son action de défense et de promotion du logiciel libre. Les positions exposées dans les articles sont celles de leurs auteurs et ne rejoignent pas forcément celles de l’April.

[EurActiv] Copyright rules will turn the EU into a French digital colony

✍ Amelia Andersdotter, le .

Libre à vous ! Radio Cause Commune - Transcription de l'émission du 9 avril 2019

Le 15 April 2019 à 09:36:55


Bannière de l'émission

Titre : Émission Libre à vous ! diffusée mardi 9 avril 2019 sur radio Cause Commune
Intervenants : Véronique Bonnet - Pierre-Yves Beaudouin - Nadine Le Lirzin - Étienne Gonnu - Isabella Vanni - Frédéric Couchet
Lieu : Radio Cause Commune
Date : 9 avril 2019
Durée : 1 h 30 min
Écouter ou télécharger le podcast
Page des références utiles concernant cette émission
Licence de la transcription : Verbatim
Illustration : Bannière radio Libre à vous - Antoine Bardelli ; licence CC BY-SA 2.0 FR ou supérieure ; licence Art Libre 1.3 ou supérieure et General Free Documentation License V1.3 ou supérieure. Logo radio Cause Commune, avec l'accord de Olivier Grieco
NB : transcription réalisée par nos soins, fidèle aux propos des intervenant·e·s mais rendant le discours fluide.
Les positions exprimées sont celles des personnes qui interviennent et ne rejoignent pas nécessairement celles de l'April, qui ne sera en aucun cas tenue responsable de leurs propos.

logo cause commune

Transcription

Voix off : Libre à vous !, l’émission pour comprendre et agir avec l’April, l’association de promotion et de défense du logiciel libre.

Frédéric Couchet : Bonjour à toutes. Bonjour à tous. Vous êtes sur la radio Cause Commune 93.1 en Île-de-France et partout dans le monde sur causecommune.fm. La radio dispose d’un webchat, donc utilisez votre navigateur web préféré, si possible libre, rendez vous sur le site de la radio, cliquez sur « chat » et vous nous retrouverez ainsi sur le salon dédié à l’émission.
Nous sommes mardi avril 2019, mais vous écoutez peut-être une rediffusion ou un podcast.

Soyez les bienvenus pour cette nouvelle édition de Libre à vous !, l’émission pour comprendre et agir avec l’April, l’association de promotion et de défense du logiciel libre. Je suis Frédéric Couchet, le délégué général de l’April.

Le site web de l’association c’est april.org, a, p, r, i, l, point org et vous y retrouvez déjà une page consacrée à l’émission avec un certain nombre de liens, de références utiles, les détails sur les pauses musicales et évidemment cette page sera mise à jour après l’émission. Je vous souhaite une excellente écoute.

Nous allons passer maintenant au programme de l’émission du jour. Nous allons commencer dans quelques secondes par la chronique de Véronique Bonnet intitulée « Partager est bon ».
D’ici une quinzaine de minutes notre sujet principal portera sur Wikipédia avec nos invités Pierre-Yves Beaudouin président de Wikimédia France et Nadine Le Lirzin secrétaire de Wikimédia France mais avant tout wikipédien et wikipédienne de longue date.
En fin d’émission nous ferons un point sur la directive droit d’auteur, enfin sur la proposition de directive droit d’auteur avec Pierre-Yves Beaudouin toujours de Wikimédia France et Étienne Gonnu de l’April.

Aujourd’hui à la réalisation, pour sa première, ma collègue Isabella Vanni que je salue avec l’aide d’Étienne qui est à côté d’elle actuellement.

Nous allons commencer par la seconde chronique de Véronique Bonnet. Véronique Bonnet est professeur de philosophie, elle est membre du conseil d’administration de l’April. Sa chronique s’intitule « Partager est bon » et pour cette deuxième chronique Véronique va nous commenter un texte de Richard Stallman intitulé « Pourquoi les écoles devraient utiliser exclusivement du logiciel libre ».

Chronique « Partager est bon »

Frédéric Couchet : Aujourd’hui je suis avec Véronique Bonnet. Véronique bonjour.

Véronique Bonnet : Bonjour Fred.

Frédéric Couchet : Véronique tu es professeur de philosophie, tu es également membre du conseil d’administration de l’April. Aujourd’hui tu es là pour ta chronique « Partager est bon ». Le thème d’aujourd’hui c’est « Pourquoi les écoles devraient utiliser exclusivement du logiciel libre », un texte signé Richard Stallman.

Véronique Bonnet : En effet. J’avais parlé la dernière fois d’idéalisme pragmatique, c’est-à-dire qu’il y a un idéal du logiciel libre qui est de faire en sorte que tous les utilisateurs, tous les humains, puisque maintenant tous les humains utilisent l’informatique, aient leur autonomie préservée. L’idée de la philosophie GNU c’est d’appliquer ce principe-là d’une émancipation, d’un respect, à différentes occurrences de la société. Là par exemple on va aller, dans ce texte de Richard, de ce principe universel qui est rappelé, le logiciel libre est bien ce qui concerne tous les humains leur donnant la possibilité de contrôler leur propre ordinateur, le logiciel libre donne également aux utilisateurs la liberté de coopérer, de vivre dans la droiture morale.
Ça c’est pour le principe universel et il se trouve qu’il y a des apprentis utilisateurs qui s’appellent les élèves et ce texte leur est donc consacré ; ses raisons s’appliquent aux écoles comme à tout le monde.

Ce que je trouve extrêmement intéressant dans ce texte c’est qu’il y a une graduation des argumentaires. Il s’agit de montrer que s’il n’y a pas de logiciels libres à l’école, il peut y avoir des formes d’abstraction qui sont tout à fait non compréhensibles s’il n’y a pas d’accès au cœur du système qui s’appelle le code source.

Je vais montrer que dans cet argumentaire Richard commence toujours par le moins important. Il va toujours de ce qui est le moins essentiel vers le plus essentiel.

Ce qui à lui paraît le moins essentiel c’est l’argument monétaire, c’est l’argument financier et effectivement on sait à quel point il précise assez régulièrement que free software ne veut pas du tout dire « logiciel gratuit » mais « logiciel libre ». Il se trouve qu’il y a un argument qui est d’ailleurs parfois employé, on tremble que seulement celui-là soit employé, qui est que adopter le logiciel libre dans les écoles permet un gain financier important. Là je cite Richard Stallman : « Le logiciel libre fait économiser de l’argent aux écoles, mais c’est un bénéfice secondaire. Il permet des économies, car il donne aux écoles comme aux autres utilisateurs la liberté de copier et de redistribuer les logiciels. L’Éducation nationale ou tout système éducatif peut en donner des copies à toutes les écoles et chacune peut installer les programmes sur ses ordinateurs sans avoir besoin de payer pour le faire ». Donc je dirai que ce bénéfice est factuel, il est réel. C’est vrai que parfois il compte beaucoup aux yeux de ceux qui administrent les dossiers publics. C’est d’ailleurs peut-être pour cette raison qu’à un moment la gendarmerie a basculé dans le logiciel libre, peut-être que ça permettait d’acheter des véhicules, d’autres ordinateurs sans avoir à chaque fois à payer pour la remise à jour ou pour l’acquisition de logiciels privateurs.

Une fois ce premier argument évoqué, parce qu’il est réel même s’il est secondaire, il va y avoir des arguments qui vont être beaucoup plus forts et beaucoup plus en phase avec l’Éducation nationale puisque éduquer, encore une fois, c’est amener quelqu’un à sortir de ses intérêts particuliers, de ses impulsions immédiates, de ses préjugés, pour aller vers les autres.
Cet argumentaire est présenté sous une forme qui est très ramassée, qui est très efficace, on va vers déjà du plus essentiel, je cite : « Il s’agit ici de faire de la bonne éducation plutôt que de la mauvaise éducation, approfondissons donc la question ». Et là Richard dit que cet argument commence à occuper la première place dans les préoccupations de quelqu’un qui veut vraiment adhérer à l’idéal du logiciel libre.
Si on parle de bonne éducation, c’est parce qu’une éducation qui interdirait certains savoirs, par exemple la compréhension d’un code source, serait ennemie de l’éducation. Là je cite très exactement ce qui est dit dans le texte : « L’école a une mission sociale celle de former les élèves à être citoyens d’une société forte, capable, indépendante, solidaire et libre ». Donc si on veut que cette possibilité de participer à des échanges et à des choix collectifs soit préparée à l’école il va de soi qu’une forme d’éducation qui tournerait le dos à la transparence du code source serait, en effet, une opposition au savoir que l’on cherche. Je cite toujours : « Le savoir que tu recherches est un secret — c’est ce qu’on dit lorsqu’on utilise une informatique non-libre — apprendre est interdit », et dans ce cas-là le logiciel privateur est par essence celui qui entrave le savoir. On est dans ce que Richard Stallman appelle le culte du technologique et je dirais que sur ce point, le travail qui est effectué par la philosophie GNU est dans la lignée d’un certain théoricien qui s’appelle Michel Foucault. Michel Foucault qui dit qu’il y a deux possibilités : soit on fait du savoir un contre-pouvoir, c’est ce que veut tenter le logiciel libre puisqu’on apprend à des citoyens, de futurs citoyens, à ne pas être manipulés ; soit le savoir est la chasse gardée du pouvoir. Et on voit bien que si on va vers des formules qui disent que la technologie est sacrée, qu’elle est réservée à quelques-uns, que seuls quelques-uns peuvent comprendre, là, en effet, on est dans une démarche qui n’est pas éducative, qui ne relève pas de la bonne éducation mais de la mauvaise éducation.

Ceci nous amène au troisième argument qui n’est pas des moindres, encore une fois on va vers des propositions qui sont de plus en plus essentielles. Puisque le logiciel libre permet l’accès au code source, ceci est essentiel certes pour ceux qui ne seront pas informaticiens, pour quiconque sera un citoyen, et je dirais que c’est essentiel aussi pour ceux qui deviendront informaticiens, qui à leur tour écriront du code puisque, en effet, le logiciel libre est propice à la maîtrise du code, à l’innovation, étant donné que lorsque le code source est ouvert, il est certain que les futurs informaticiens pourront être dans des conditions optimales pour construire/déconstruire. Par exemple ils pourront déconstruire par la rétro-ingénierie ce qu’il en est des logiciels privateurs. Là je cite à nouveau Richard : « Les écoles qui utilisent du logiciel libre permettent aux apprentis programmeurs doués de progresser. On apprend à écrire du code bon et clair en lisant beaucoup de code et en écrivant beaucoup de code. Seul le logiciel libre le permet. »

Là c’était le troisième argument. J’en arrive à l’argument essentiel, on devine lequel, puisque le logiciel libre n’est pas simplement une affaire technologique mais une affaire éthique et la raison la plus profonde c’est l’éducation morale ; éducation morale, l’habitude d’aider les autres. Je cite le texte de Richard Stallman : « Apprendre aux élèves à partager des logiciels et ceci dès la maternelle. » C’est-à-dire que là on est bien dans l’idée d’une éducation qui va être tournée vers les autres, qui ne sera pas repliée sur soi et qui va ouvrir à ce que le pragmatisme qui est de courte vue parfois ne comprend pas, qui ouvre à l’autonomie.
Je pense bien sûr aux problématiques contemporaines. Fred je pense que tu partages aussi cette idée que sans relâche chaque fois que nous avons à faire – là, par exemple, le projet de loi sur l’école de la confiance devant le Parlement, donc devant l’Assemblée nationale, n’a pas pu être doté de cet amendement essentiel qui aurait étendu la priorité au logiciel libre de l’enseignement supérieur au lycée et au collège ; maintenant ceci va aller devant le Sénat –, il me semble que sans relâche nous avons à faire usage de ces arguments, du plus léger au plus lourd, celui de la moralité. Économiser de l’argent certes, peut-être qu’il y a des comptables qui sont sensibles à cet argumentaire, pourquoi pas puisqu’il est factuel. Éduquer effectivement, le but c’est d’éduquer, de faire de la bonne éducation. Former des informaticiens qui puissent pratiquer le code en ayant accès au code source et surtout la moralité puisque, et c’est le titre de cette rubrique, « Partager est bon ».

Frédéric Couchet : Eh bien merci Véronique. Évidemment je pense que toutes les personnes qui écoutent partagent ce que tu viens de dire. Je précise que nous enregistrons cette chronique en avril 2019 et que le projet de loi pour une école de la confiance, comme tu l’as expliqué, lors de son examen à l’Assemblée nationale il y avait des amendements visant à introduire la priorité au logiciel libre dans le monde de l’Éducation nationale ; que ces amendements ont été rejetés notamment par le ministre Jean-Michel Blanquer. En termes de calendrier, en avril le projet de loi va être étudié au Sénat et nul doute que les sénateurs et sénatrices vont redéposer un amendement priorité au logiciel libre. Je vais rappeler qu’en 2013 le premier amendement priorité au logiciel libre dans un petit bout de l’Enseignement supérieur et de la Recherche était initialement déposé au Sénat. Donc on va encourager les personnes qui nous écoutent évidemment à contacter les sénateurs et sénatrices et à s’appuyer sur ce texte notamment de Richard Stallman et sur les arguments que tu as cités. Le texte de Richard Stallman c’est « Pourquoi les écoles devraient utiliser exclusivement du logiciel libre ». On va préciser qu’évidemment il faut une phase de transition, c’est pour ça que c’est la notion de priorité au logiciel libre.
Les références sont évidemment sur le site de l’April, sinon vous retrouverez ce texte sur le site gnu.org, donc g, n, u point org.
Je te remercie Véronique pour cette chronique.

Véronique Bonnet : Avec plaisir.

Frédéric Couchet : Dont je rappelle le titre « Partager est bon ». Merci Véronique.

Véronique Bonnet : Très bonne journée.

Frédéric Couchet : Bonne journée.

Vous venez d’écouter la chronique de Véronique Bonnet, professeur de philosophie, membre du conseil d’administration de l’April sur la thématique « Pourquoi les écoles devraient utiliser exclusivement du logiciel libre ». Cette chronique a été enregistrée il y a quelques jours et je disais que bientôt le projet de loi pour une école de la confiance sera examiné au Sénat. Il se trouve que j’ai sous les yeux, ce 9 avril 2019, une petite fenêtre avec Jean-Michel Blanquer, le ministre, qui est auditionné actuellement au Sénat. Donc suivez le site de l’April nous mettrons des références évidemment pour les amendements logiciel libre ou autres, en tout cas des comptes-rendus. Ça va bientôt commencer.

Nous allons faire pause musicale. Nous allons écouter un morceau qui s’appelle Cat Machine de Dag-z et on se retrouve juste après.

Pause musicale : Cat Machine par Dag-z.

Voix off : Cause Commune 93.1

Wikipédia et la Wikimedia Foundation

Frédéric Couchet : Vous écoutez toujours l’émission Libre à vous ! sur radio Cause Commune 93.1 en Île-de-France et partout dans le monde sur le site causecommune.fm. J’espère que vous avez dansé comme nous dans le studio sur ce morceau dont je rappelle qu’il s’appelle Cat Machine, l’artiste c’est Dag-z ; c’est sous licence Art libre et vous retrouvez évidemment la référence sur le site de l’April.

Nous allons poursuivre avec notre sujet principal qui va porter sur Wikipédia avec nos invités que vous connaissez déjà si vous avez écouté l’émission du 5 mars 2019, car ces personnes étaient déjà présentes : Pierre-Yves Beaudouin, président de Wikimédia France. Bonjour Pierre-Yves.

Pierre-Yves Beaudouin : Bonjour Frédéric.

Frédéric Couchet : Et je laisse quelques secondes à Nadine Le Lirzin, secrétaire de Wikimédia France, qui vient de s’installer. Bonjour Nadine.

Nadine Le Lirzin : Bonjour à tous.

Frédéric Couchet : Cette émission, comme je dis, fait suite à la première émission que nous avons diffusée le 5 mars 2019. La référence est sur le site de l’April si vous voulez écouter le podcast ou lire la transcription. L’idée de cette deuxième émission, eh bien certaines personnes qui nous ont écouté nous ont dit : « Wikipédia est quand même un acteur de plus en plus important dans le monde et il faudrait consacrer une deuxième émission pour entrer peut-être un peu plus en détail sur certaines problématiques ou en tout cas questions liées à ce fameux bouton "Modifier" et également aussi sur le fonctionnement interne de l’encyclopédie, les liens entre la fondation Wikimédia, les chapitres locaux et Wikipédia ». C’est pour ça qu’on a de nouveau convié Pierre-Yves Beaudouin et Nadine Le Lirzin qui, en plus d’être Wikimédia France, sont avant tout, comme je l’ai dit en début d’émission, des wikipédien et wikipédienne de très longue date.
On va d’abord faire un tour de table de présentation rapide. Nadine, est-ce que tu peux simplement à nouveau te présenter ? Ce que tu fais dans la vie et ton activité sur Wikipédia ?

Nadine Le Lirzin : Sur Wikipédia je contribue comme n’importe quel contributeur à corriger, à écrire, créer des articles, vérifier, passer derrière les modifications des autres. Je fais ça depuis 2008 et, à un certain moment, je me suis dit j’ai envie de continuer un petit peu plus encore à défendre les projets. Je trouvais que dans le milieu où j’étais, le milieu un peu universitaire, ce genre de chose, ils étaient mal perçus ; c’était il y a plusieurs années, les choses changent heureusement. Donc j’avais envie d’avoir un peu des billes pour défendre de manière théorique un projet que j’aimais déjà de tout mon cœur mais parfois il me manquait des mots pour le défendre, tout simplement. Je suis donc devenue membre de l’association Wikimédia France.

Frédéric Couchet : D’accord.

Nadine Le Lirzin : Voilà. On passe de l’encyclopédie à l’association, mais les deux sont bien deux choses très différentes.

Frédéric Couchet : Nous aurons l’occasion justement de détailler ça et de voir les liens entre les deux choses, les deux structures ou les deux projets. Pierre-Yves Beaudouin.

Pierre-Yves Beaudouin : Quant à moi j’ai commencé en 2004. Mes contributions ont changé au cours du temps. Ces dernières années, quand le temps me le permet, je fais de la photo, de la photo de sport principalement et de cimetières, plus original.

Frédéric Couchet : Justement, rappelle-moi comment s’appellent les gens qui sont fans de cimetières.

Pierre-Yves Beaudouin : Les taphophiles.

Frédéric Couchet : Taphophiles.

Pierre-Yves Beaudouin : Sinon je suis l’actuel président de Wikimédia France. Assez vite je me suis tourné vers les structures du mouvement pour faire connaître ce projet qu’est Wikipédia et ses projets associés. Donc je fais beaucoup de relations publiques, relations presse. Voilà.

Frédéric Couchet : D’accord. On me signale en régie qu’il faudrait que vous parliez un peu plus proches du micro, tous les deux, pour que le son soit parfait. Voilà, c’est signalé.
On va d’abord, même si on a déjà fait une première émission sur le sujet, on va quand même revenir sur certains fondamentaux avant d’aborder de nouveaux sujets et on va d’abord commencer par rappeler les bases. Pour faire plus simple je suis parti des cinq principes fondamentaux. Je vais les lister un par un et vous allez réagir là-dessus pour expliquer un petit peu ce que sont ces cinq principes fondamentaux de manière à ce que les personnes qui nous écoutent comprennent quels sont les principes de base de Wikipédia.
Premier principal fondamental : Wikipédia c’est une encyclopédie. Qu’est-ce que ça veut dire une encyclopédie. Qui commence ? Nadine ? Pierre-Yves ?

Pierre-Yves Beaudouin : Je peux commencer.

Frédéric Couchet : Pierre-Yves.

Pierre-Yves Beaudouin : L’idée c’était de rappeler que l’objectif du projet, le but principal est de rédiger une encyclopédie et donc non pas, par exemple, un dictionnaire, non pas un réseau social. Ça permet d’exclure tout un tas de contenus et tout un tas de personnes qui n’ont pas forcément leur place sur ce projet et que tout le monde ait un même but. Voilà un peu ce premier principe fondateur. À noter qu’ils ne sont pas apparus dès la création de Wikipédia ; ils sont apparus en 2005 ; ils ont été imaginés par nos amis anglophones, surtout les Américains je pense et peut-être que le fondateur de Wikipédia, Jimmy Wales, y a participé. Donc il y en a cinq dans la plupart des langues, sauf les Allemands qui ont zappé le cinquième et eux n’en ont que quatre.

Frédéric Couchet : On parlera du cinquième. Je précise que Wikipédia a été créée en 2001, donc quatre ans après il y a eu ces principes fondateurs. Est-ce que tu veux préciser quelque chose sur le premier point Nadine ?

Nadine Le Lirzin : Sur le fait que c’est une encyclopédie ? Oui. Parce qu’en creux ce n’est pas une tribune, ce n’est pas un journal intime. Je pense que ce principe a été posé parce que « encyclopédie libre » donnait cette impression que c’était libre d’y faire n’importe quoi. Tout le monde peut écrire dedans donc on peut aussi écrire n’importe quoi. Il fallait restreindre un peu le sujet.

Frédéric Couchet : D’accord. C’est en lien d’ailleurs avec le deuxième principe fondamental qui est que Wikipédia recherche la neutralité de point de vue. Qu’est-ce que la neutralité de point de vue ?

Pierre-Yves Beaudouin : C’est un objectif vers lequel les articles doivent tendre ; tous les articles ne respectent pas forcément ce principe, mais l’idée c’est que le rédacteur de l’article ou les rédacteurs et rédactrices des articles ne doivent pas donner leur avis, ne doivent pas laisser transparaître leurs avis, leur militantisme par exemple, dans les articles. En fait le travail d’un encyclopédiste est de vulgariser, de synthétiser le savoir, ne pas le créer lui-même. On ne se substitue aux journalistes et aux chercheurs, notamment, donc il faut synthétiser ce savoir s’il existe et s’il n’existe pas, du coup, Wikipédia ne peut pas traiter le sujet.

Frédéric Couchet : D’accord. Nadine ?

Nadine Le Lirzin : Je trouve que dans l’ensemble les contributeurs au long cours sont tous de bonne foi, essaient tous de respecter cette neutralité au mieux. Ce sont souvent les discussions qui font ressortir la neutralité parce qu’on se confronte aux idées de l’autre et que les problèmes, quand il y en a, viennent de l’extérieur, c’est-à-dire de personnes qui ne viennent contribuer que sur un seul sujet, qui ne sont pas souples, qui sont persuadées de détenir une vérité ou d’avoir autorité sur un sujet.

Frédéric Couchet : Justement on prendra un exemple tout à l’heure, dans la suite de l’émission, pour mieux faire comprendre aux personnes qui nous écoutent comment ça se vit au quotidien.
Troisième point fondamental : Wikipédia est publiée sous licence libre. Ça veut dire quoi Nadine ?

Nadine Le Lirzin : Ça veut dire deux choses : ça veut dire que quand vous publiez quelque chose il faut que ce soit quelque chose qui sorte de vous. Je pensais plus particulièrement aux photos, ça c’est sur Wikimedia Commons : si vous prenez une photo elle est à vous, vous l’avez faite, vous la donnez en licence libre, vous permettez aux gens de s’en resservir, de l’utiliser commercialement ou non, enfin de l’utiliser. Mais licence libre c’est aussi dans les deux sens : c’est-à-dire qu’on ne peut pas faire n’importe quoi, on ne peut pas mettre n’importe quoi sur l’encyclopédie, et en même temps les autres peuvent s’en servir… Je suis en train de m’embrouiller.

Frédéric Couchet : Non tu ne t’embrouilles pas. Tu as bien commencé l’explication, Pierre-Yves va la finir. Déjà rappeler quelle licence libre aujourd’hui, on ne va pas rentrer dans l’historique, est utilisée dans Wikipédia ?

Pierre-Yves Beaudouin : À l'heure actuelle c’est la Creative Commons CC BY SA.

Frédéric Couchet : Donc Partage à l’identique.

Pierre-Yves Beaudouin : Voilà. Ça permet notamment la réutilisation commerciale ou non-commerciale, ça permet la modification, la libre modification et bien sûr la libre diffusion du contenu qu’il y a sur Wikipédia que ce soit texte ou tout ce qui est illustration. C’est un aspect assez important qui permet d’atteindre notre mission, parce que la mission du mouvement Wikimedia est d’apporter la connaissance au maximum de personnes donc ça passe notamment par les licences libres. Nous estimons, en tout cas, que ça passe par ça.

Nadine Le Lirzin : Oui. Par exemple un éditeur qui voudrait reprendre des textes, des parties de textes, d’articles pour les éditer et faire payer ces manuels auprès des écoles, enfin peu importe où, pourrait le faire. Il suffit qu’il cite la source, qu’il dise d’où vient ce texte.

Frédéric Couchet : Exactement. Dans la première émission on avait un peu parlé de l’historique et notamment des premiers projets qui n’avaient pas ce mode de fonctionnement et on va rappeler que c’est dans la suite logique des licences libres du logiciel libre qui dès le départ, effectivement, ont fait par principe une réutilisation-modification sans restriction commerciale, parce qu’on va préciser que dans les licences Creative Commons il y a des licences qui interdisent les réutilisations commerciales. Nous aurons l’occasion bientôt de faire une émission sur ce sujet, je le dis de mémoire, je pense que c’est le 7 juin ou plutôt le 7 mai. C'est le 7 mai, je pense, qu’on va faire une émission justement sur les licences libres, logiciels et contenus.
On avance. Quatrième principe fondamental : c’est un projet collaboratif qui suit des règles de savoir-vivre. On va peut-être en parler un peu plus en détail tout à l’heure mais déjà, en introduction, qu’est-ce que signifie ce principe-là ?

Pierre-Yves Beaudouin : Effectivement, notamment la Wikipédia francophone par exemple ce sont 18 000 contributeurs et contributrices. Donc pour que ce projet collaboratif fonctionne il faut que des règles de savoir-vivre soient respectées comme dans n’importe quelle cité. De temps en temps ou régulièrement la communauté le dit à un rédacteur, même s’il a de bonnes compétences et qu’il est capable de synthétiser le savoir : certains sont incapables de vivre en communauté, de respecter le travail des autres. Donc le principe de Wikipédia ne peut pas fonctionner comme ça parce que ce n’est pas le dernier qui passe sur l’article qui l’emporte. Il faut accepter le travail qui a été fait depuis des années voire quelques générations maintenant. C’est rappeler un principe de base, c’est bon de le rappeler dans nos projets.

Frédéric Couchet : C’est toujours bon de rappeler des principes de savoir-vivre dans les communautés. Nadine tu souhaites ajouter quelque chose sur ce point-là ?

Nadine Le Lirzin : Non, ça parle de soi.

Frédéric Couchet : Ça parle de soi.

Nadine Le Lirzin : Le savoir-vivre ! Ça semble tellement évident !

Frédéric Couchet : Ça semble tellement évident, mais on verra peut-être dans les exemples, tout à l’heure, que ce n’est pas forcément évident et pour toutes les personnes qui agissent dans des communautés humaines on sait que des fois le savoir-vivre n’est pas forcément partagé et des fois il y a des comportements dont il faut tenir compte ; les gens n’ont pas forcément les mêmes.
Dernier point. Tu disais que la Wikimédia allemande ne suivait pas ce dernier point. Je vais rappeler ce dernier point fondamental : « Wikipédia n’a pas d’autre règle fixe que les cinq principes fondateurs énoncés ici. N’hésitez pas à être audacieux et audacieuse dans vos contributions puisque l’un des avantages de pouvoir modifier Wikipédia est que tout n’a pas a être parfait du premier coup ». Nadine l’avait bien expliqué dans la première émission, donc je te laisse éventuellement commenter ce cinquième point.

Nadine Le Lirzin : C’est surtout la deuxième partie qui est intéressante, c’est « allez-y n’hésitez pas il y a un bouton "Modifier" mais en même temps il y a aussi le bouton qui dit "révoquer la modification" ».

Frédéric Couchet : Revenir en arrière.

Nadine Le Lirzin : Revenir dans l’historique à la version juste précédente. Quant à dire qu’il n’y a pas de règles, c’est peut-être un peu abusif parce qu’en fait il y a tellement de recommandations qu’à force elles forment un tissu .

Frédéric Couchet : Un corpus de règles.

Nadine Le Lirzin : Oui. Mais quand même, ce ne sont pas des principes ; on va dire qu’elles restent modifiables, améliorables.

Frédéric Couchet : D’accord. Peut-être qu’on a l’occasion d’en discuter dans les exemples concrets. Pierre-Yves, est-ce que tu veux rajouter quelque chose sur ce point-là ?

Pierre-Yves Beaudouin : Celui-là est assez important. Ça permet que les gens n’aient pas peur de la somme des règles, ne pensent pas qu’il faille tout lire d’un seul coup avant de contribuer : il faut sauter dans le bain et puis, petit à petit, découvrir les us et coutumes et lire les autres règles.

Frédéric Couchet : OK. Ça ce sont donc les cinq principes fondamentaux. On va maintenant arriver sur un deuxième sujet, le fameux bouton « Modifier » dont on a évoqué la dernière fois la puissance, les premières étapes : ne pas créer forcément une nouvelle page mais plutôt contribuer à des pages déjà existantes. Suite à l’émission on a eu des retours avec des questions : comment ça se passe en pratique et notamment comment se traitent, par exemple, des différences, des différents points de vue ou en tout cas des modifications qui peuvent être concurrentes ? Une autre question qui est venue aussi : à partir de quand devient-on un wikipédien ou une wikipédienne ? Est-ce qu’il y a différents statuts ? C’est-à-dire est-ce qu’à partir du moment où on modifie une page on est de facto membre de cette communauté-là ou est-ce qu’il y a des « grades », entre guillemets, en fonction du nombre de pages modifiées ? Et puis on parlera aussi de deux sujets que j’annonce tout de suite comme ça vous le savez : le principe de la guerre d’édition, justement quand on arrive à une problématique assez importante et le deuxième on prendra un exemple sur un sujet très important que sont les biais de genre, qui n’est pas lié du tout à Wikipédia mais qui existe. Ça me permettra de donner un exemple justement sur le projet récent, je ne sais pas si c’est un projet mais en tout cas le matrimoine par rapport patrimoine et comment on gère à la fois des gens qui viennent de l’extérieur avec des ambitions qui sont peut-être différentes de celles d’une encyclopédie et comment on gère ça au niveau de la communauté.
Déjà on va dire premier thème général, ce fameux bouton « Modifier ». Donc on met de côté les modifications évidentes qui seraient une correction grammaticale ou mineure de vocabulaire, mais comment ça se passe quand, sur une même page, il y a deux modifications qui pourraient être concurrentes avec deux points de vue qui s’expriment, en tout cas deux idées qui sont mises en avant. Comment ça se passe concrètement ?

Pierre-Yves Beaudouin : Concrètement une discussion s’engage, enfin dans le cas qui se passe le mieux, on va partir de celui-là, donc une discussion dans la page de discussion, il y a un onglet.

Frédéric Couchet : Ça c’est la page de discussion, c’est le troisième onglet sur la page.

Pierre-Yves Beaudouin : Dans chaque article de l’encyclopédie. Chaque partie doit justifier son avis en apportant des sources de qualité, des sources fiables. Plus le sujet va être polémique et plus le sujet va être abondamment traité notamment par le milieu académique plus on va exiger des sources universitaires. Si c’est un sujet un peu plus léger, là ça peut être des sources journalistiques. Voilà. Une discussion se fait et ils doivent se mettre d’accord, il doit y avoir ce qu’on appelle un consensus. Sur Wikipédia il n’y a pas de vote à la majorité, une fois que 51 % est pour hop ! on met cette modification. Ils doivent absolument se mettre d’accord parce qu’il n’y a pas de comité éditorial sur Wikipédia donc personne ne tranche sur le fond, c’est vraiment la communauté, donc les rédacteurs qui s’intéressent à cette thématique qui décident quelle orientation doit prendre l’article, tout cela basé sur des sources déjà existantes.
Après ça peut aussi dériver dans des conflits d’édition, des guerres d’édition. Là ce sont des gens, en fait, qui ne discutent pas mais qui essayent d’imposer leur version de l’article un peu par la force. Donc le moyen de le régler c’est que souvent ces gens-là sont interdits de rédiger, de modifier l’article.

Frédéric Couchet : Sont interdits par qui, en fait ?

Pierre-Yves Beaudouin : Il y a quelques personnes dans les communautés qui ont le statut d’administrateur, sisop, en anglais system operator, qui peuvent protéger en lecture les articles.

Frédéric Couchet : En écriture.

Pierre-Yves Beaudouin : En écriture, pardon ! Souvent, quand il y a des guerres d’édition, ça conduit en fait à figer l’article sur une version. Souvent la deuxième partie, une des parties dit que c’est la mauvaise version, bien évidemment. Donc pour les obliger un peu à discuter. Sinon les administrateurs peuvent aussi bloquer en écriture des comptes pendant quelque temps si ces personnes font vraiment le bazar sur Wikipédia.

Frédéric Couchet : D’accord. Avant que Nadine intervienne sur ce sujet qui est évidemment essentiel, je précise que les administrateurs ou administratrices sont des membres de la communauté Wikipédia et ne sont pas forcément membres des chapters, des chapitres locaux. Tout à l’heure on parlera des chapitres, là on parle vraiment de la communauté Wikipédia. C’est important de le préciser.

Nadine Le Lirzin : Très important.

Frédéric Couchet : Parce que des gens peuvent se dire que finalement en France ce serait Wikimédia France qui pourrait prendre ce rôle d’administrateur ; pas du tout ! Nadine.

Nadine Le Lirzin : Surtout pas ! Wikimédia France est une association loi 1901 qui défend la diffusion de la culture libre et qui la défend notamment à travers les projets Wikimédia donc Wikipédia en premier. Mais c’est tout. On poursuit peut-être les mêmes buts au final mais par d’autres moyens. Rien à voir avec l’éditorial. On n’a vraiment rien, rien à dire sur ce qui se passe sur l’encyclopédie. Simplement, autant Pierre-Yves que moi sommes tous les deux contributeurs depuis pas mal d’année, donc là, en ce moment, on est en train de vous parler en tant contributeurs, en tant que membres de cette communauté wikipédienne.

Frédéric Couchet : D’ailleurs quand je vous ai réinvités, tu as bien insisté sur le fait que tu voulais intervenir en tant que wikipédienne contributrice, et non pas en tant que Wikimédia France.

Nadine Le Lirzin : Surtout pas ! Tout ce qu’on vient de vous dire en fait. Pour être tout à fait – ce n’est pas optimiste d’ailleurs, c’est réaliste – on est membre de la communauté à la première virgule. Si on est de bonne volonté, on arrive sur un sujet, même si on n’est pas d’accord et qu’on vient défendre un point de vue qui n’est pas encore défendu dans l’article, même sur un sujet polémique, on est déjà membre de la communauté. Si on va déjà sur la page de discussion pour amener des sources et pour dire « mais si, quand même ».

Frédéric Couchet : Je te fais juste un petit signe pour les bagues.

Nadine Le Lirzin : Les bagues qui font du bruit dans le micro.

Frédéric Couchet : Qui risquent… Donc c’est aussi important à préciser, c’est que même sans avoir utilisé le bouton « Modifier » mais en utilisant l’onglet « Discussion » c’est-à-dire en apportant, ce qui le point essentiel, des sources, selon toi on fait déjà partie de cette communauté de wikipédiens et de wikipédiennes ?

Nadine Le Lirzin : Oui, si on est de bonne volonté pour l’améliorer, pour ajouter quelque chose. On commence à discuter par exemple sans encore avoir fait de modification dans l’article lui-même, mais c’est déjà modifié parce que pour discuter il faut déjà cliquer sur un bouton « Modifier » ; c’est un wiki.

Frédéric Couchet : Il faut se créer un compte pour le bouton « Discussion ». C’est ça ?

Nadine Le Lirzin : On pourrait le faire sous IP, on n’est pas obligé d’avoir un compte.

Frédéric Couchet : Sous IP, adresse IP, c’est-à-dire l’adresse internet de la personne de la personne qui se connecte.

Nadine Le Lirzin : Voilà. C’est le numéro qui correspond à l’ordinateur depuis lequel vous travaillez et qui se met automatiquement. C’est une série un petit peu longuette. Dans les discussions c’est assez difficile de parler avec des IP parce qu’on oublie les numéros et on ne sait plus à qui on parle.

Frédéric Couchet : Il vaut mieux parler avec des pseudos, c’est quand même beaucoup plus simple, c’est plus sûr.

Nadine Le Lirzin : Oui, c’est plus simple, on est plus habitué, disons ; moi je suis un peu fâchée avec les chiffres, en plus. Autre chose : quand Pierre-Yves dit que les administrateurs peuvent bloquer la page, l’interdire en écriture, ce n’est pas de leur propre chef.

Frédéric Couchet : Comment ça se passe ?

Nadine Le Lirzin : C’est-à-dire que souvent ce sont les gens qui discutent…

Frédéric Couchet : Qui sollicitent les administrateurs, administratrices.

Nadine Le Lirzin : Qui voient que ça devient infernal, c’est-à-dire que l’article passe d’un moment à un autre, ils commencent à tirailler de tous les côtés : c’est quand les gens ne respectent plus la règle de la discussion et du savoir-vivre que les administrateurs interviennent. Finalement les administrateurs ne sont pas plus malins que les autres, souvent ils ne connaissent pas du tout le sujet d’ailleurs, ils ne se mêlent pas de l’éditorial. C’est aussi pour ça qu’ils peuvent bloquer un article sur une mauvaise version ; ça peut arriver, après ça se résout assez rapidement.

Frédéric Couchet : En fait leur action c’est d’essayer que ces personnes discutent à nouveau et arrivent à un consensus. C’est important.

Nadine Le Lirzin : Exactement. Leur rôle c’est d’intervenir quand le savoir-vivre est débordé. Parce qu’on peut s’énerver aussi, le savoir-vivre, des fois…

Frédéric Couchet : Oui, des fois on peut être fatigué.

Nadine Le Lirzin : On le perd un petit peu et on le retrouve. On va faire un tour et on revient, ça va mieux et si tout le monde est de bonne volonté on y arrive à nouveau. Mais parfois il faut que les administrateurs interviennent parce qu’on ne veut pas aller prendre l’air !

Frédéric Couchet : Avant de redonner la parole à Pierre-Yves peut-être sur ce sujet, je vais préciser que sur Wikipédia vous avez une page qui s’appelle « Guerre d’édition » qui est relativement courte, qui vous permet de comprendre en détail comment ça se passe. Il y a un schéma qui explique avec des petites flèches comment se passe effectivement une guerre d’édition, comment on passe d’un ancien consensus à une guerre d’édition et comment on retrouve un nouveau consensus à la fin, grâce à l’intervention des personnes qui ont un rôle, un statut d’administrateur, administratrice, mais dont le but, comme le dit Nadine, c’est de rétablir justement la discussion pour retrouver un nouveau consensus. Est-ce que tu voulais ajouter quelque chose sur ce point-là avant qu’on aborde le sujet matrimoine-patrimoine, Pierre-Yves ?

Pierre-Yves Beaudouin : Je rappellerais qu’on peut considérer Wikipédia comme un bien commun, donc même si dans les faits il y a des wikipédiens et des non-wikipédiens, pour moi, en fait, tous les internautes sont potentiellement des wikipédiens ; il n’y a pas de frontières. Je rajouterais, en plus des rédacteurs de l’encyclopédie et de ceux qui laissent des messages en discussion, les donateurs et après, même potentiellement, c’est une partie de l’Internet, donc tour à tour des internautes peuvent venir contribuer à Wikipédia et d’autres pas encore. Il n’y a pas de frontières ; c’est ce qu’on essaie d’estomper au sein de Wikimédia France : tout le monde peut participer et devrait participer, nous l’estimons, même si dans les faits on est bien obligé de parler, de dire…

Nadine Le Lirzin : Tout le monde ne contribue pas ! Dans les faits, oui. Mais quand quelqu’un vous dit : « J’ai trouvé une erreur sur tel article, vous voyez, cette encyclopédie n’est pas fiable ! », vous pouvez aussi lui répondre « pourquoi n’avoir pas corrigé ? »

Frédéric Couchet : Effectivement. Je crois qu’on avait parlé dans la première émission sur la difficulté de cliquer sur ce bouton « Modifier » ; c’est toujours compliqué.

On ne va pas passer tout de suite au sujet matrimoine parce qu’on va faire une petite pause musicale vu que le temps avance. On discute, le temps avance et on va rentrer sur un deuxième sujet, enfin toujours le même sujet mais sur un point d’exemple particulier relativement récent. D’abord on va faire une pause musicale. L’album s’appelle Strung Back Around [dragonchaser, NdT] de Fog Lake et on se retrouve juste après.

Pause musicale : Strung Back Around par Fog Lake.

Voix off : Cause Commune 93.1

Frédéric Couchet : Nous venons d’écouter Strung Back Around de l’album dragonchaser de l’artiste Fog Lake. C’est sous licence Creative Commons BY, c’est-à-dire uniquement Attribution et évidement les références sont sur le site de l’April.
Vous écoutez toujours l’émission Libre à vous ! sur radio Cause Commune 93.1 en Île-de-France et partout ailleurs sur le site causecommune.fm ; c’est l’émission Libre à vous !, l’émission pour comprendre et agir avec l’April, l’association de promotion et de défense du logiciel libre.
Aujourd’hui on ne parle pas de logiciels libres, mais on parle d’un autre sujet tout à fait important qui est la connaissance libre avec Wikipédia, toujours avec Pierre-Yves Beaudouin et Nadine Le Lirzin qui sont wikipédien et wikipédienne de longue date, donc qui contribuent à l’encyclopédie.

Avant la pause musicale nous parlions de guerre d’édition qui est un terme consacré sur Wikipédia. On va continuer sur un exemple : comment gérer les contributions sur Wikipédia avec notamment aussi la question des biais de genre dans les projets de l’encyclopédie. Je n’ai pas ça les statistiques en tête, peut-être que Pierre-Yves les a, par exemple sur le nombre de pages de personnalités féminines versus personnalités masculines. Récemment, c’était en septembre 2018, il y a eu le projet, je ne sais pas si c’est un projet, mais vous nous expliquerez ça plus en détail Pierre-Yves et Nadine, donc à l’occasion des Journées du patrimoine il y a eu des ateliers « pour faire vivre — je lis le texte — des textes d’autrices sur Wikipédia, mais aussi pour abonder les pages consacrées aux femmes dans la grande encyclopédie en ligne » et l’article que je lis, je ne sais plus quelle est la référence, je n’ai pas noté la référence, « ce sont des initiatives féministes dans un contexte difficile au sein de la communauté des wikipédiens. »
Pierre-Yves est-ce que tu peux nous expliquer un petit peu ce qu’était ce projet et concrètement quels ont été les points qui ont posé peut-être problème ou au contraire les points qui ont été très positifs dans ce projet ?

Pierre-Yves Beaudouin : Le conflit qu’il y a eu en septembre dernier portait sur une catégorie. Les articles de Wikipédia, en fait, sont classés sous forme de catégories et n’ont pas de tags comme on a l’habitude de le voir sur le reste de l’Internet. C’est surtout utilisé par les rédacteurs de l’encyclopédie pour qu’ils puissent s’y retrouver. À ma connaissance aucun lecteur ne m’a jamais dit qu’il utilisait les catégories, qu’il les voyait, c’est tout en bas des articles. Malheureusement il y a eu un conflit. En fait des personnes avaient créé la catégorie « matrimoine », qui est un concept assez récent, pour se démarquer des Journées du patrimoine comme tu l’as rappelé.

Frédéric Couchet : Parce que le terme « patrimoine », au final souligne en fait le « talent » entre guillemets de grands hommes et oublie les femmes. C’est pour ça que ce mot de « matrimoine » a été créé.

Pierre-Yves Beaudouin : Voilà ! C’était tout un tas d’œuvres, d’œuvres architecturales, de statues qu’il y a dans la ville, qui ont été réalisées, en fait, par des femmes et qu’on aurait pu regrouper dans cette catégorie « matrimoine ».
Il y a eu un désaccord. Une discussion s’est enclenchée et elle a conclu à la suppression de la catégorie parce que, comme c’est un concept récent, il n’y a pas encore assez de références, assez de sources qui attestent de l’utilisation de ce terme.

Frédéric Couchet : Donc la suppression, pour revenir à la discussion de tout à l’heure, c’est le consensus établi par les personnes qui contribuent à l’encyclopédie. C’est ça ?

Pierre-Yves Beaudouin : Voilà. Il faut bien distinguer : à ma connaissance il y a un article consacré au matrimoine, à ce terme, celui-là n’a pas été supprimé, c’est vraiment juste une catégorie. Je peux comprendre que ça ait heurté des gens. Après je leur donnerais quand même comme conseil — comme c’est juste une catégorie, de mon point de vue ce n’est pas très utile pour l’encyclopédie et surtout pour le grand public — qu'il faut un peu hiérarchiser, choisir ses combats et je pense que là ce n’est pas très important de rester focalisés sur cette catégorie. Par contre, régulièrement il y a des articles consacrés aux femmes qui sont aussi supprimés ou en tout cas il y a des discussions. Là c’est plus important parce que c’est beaucoup plus visible sur Internet.

Frédéric Couchet : Oui. Plutôt que de se battre sur la catégorie, il faut se battre sur les autres articles ; peut-être que Nadine va réagir aussi là-dessus. Justement quand on parle de ce savoir-vivre qui est l’un des principes fondamentaux, comment ça se gère quand on a d’un côté, quelque part, une communauté de personnes qui contribuent depuis de longue date à l’encyclopédie en se basant sur des sources et puis de l’autre des personnes qui défendent quelque chose qui est important, mais qui, quelque part effectivement, arrivent sur un projet sans peut-être aborder la discussion avec les règles, justement, que ce projet connaît depuis des années.

Nadine Le Lirzin : Si ce sont des personnes qui arrivent uniquement sur ce sujet, qui ne contribuent à rien d’autre, qui n’ont jamais contribué à rien d’autre, c’est vrai que c’est un peu suspect, ça fait un petit peu forcing. Il faut un petit minimum de contributions, tout de même, pour donner son avis dans les pages de discussion. Cette catégorie avait été proposée à la suppression, donc la discussion s’est faite sur une page particulière, qui a été ouverte pour l’occasion, qui était « Proposition de suppression de cette catégorie » et ensuite les gens discutaient et essayaient de donner leurs arguments là-dessus.
Je l’ai lue un petit peu, cette page, il y avait des arguments des deux côtés, je ne vais pas entrer dans les détails, mais je dirais que les arguments pour supprimer l’ont un peu emporté. Je pense que dans quelques années c’est peut-être quelque chose qu’on pourra recréer, par exemple. C’est possible, mais pour l’instant c’est encore un néologisme, c’est encore trop récent, c’est encore… Même si c’est la reprise d’un mot, le mot matrimoine existait déjà bien évidemment, il n’a pas été inventé pour l’occasion, mais disons qu’on le trouve dans cette acception particulière de concurrent à patrimoine depuis peut-être le début des années 2000.

Frédéric Couchet : D’accord.

Nadine Le Lirzin : Personnellement j’aimerais bien un mot qui ferait pour les deux, par exemple.

Frédéric Couchet : Qui ferait pour les deux. D’accord.
On a abordé ce sujet parce que ça permet de montrer un peu dans la pratique comment les contributions se passent, pas simplement sur les articles mais aussi sur les catégories, parce qu’en l’occurrence c’était sur les catégories. Ça permet aussi de donner l’occasion de parler des sans pagEs ; je ne sais pas si c’est une association ou simplement un projet qui vise à nourrir l’histoire de l’apport des femmes. Dans ce cadre-là, donc c’est une fois par mois je crois, tu vas me confirmer après Pierre-Yves, il y a un atelier Les sans pagEs qui se passe à Paris et sans doute dans d’autres villes, qui vise à aider à contribuer sur des pages effectivement consacrées à l’apport des femmes dans l’histoire. Est-ce que c’est ça ?

Pierre-Yves Beaudouin : Oui, tout à fait. C’est une association que Wikimédia France soutient, qui existe depuis quelques années et dont l’objectif est de lutter contre le biais de genre. On a réalisé qu’il y avait un biais de genre assez important sur Wikipédia, qui prenait deux formes, que ce soit au sein des communautés, les communautés sont essentiellement masculines ; on n’a pas les chiffres exacts parce qu’on demande très peu d’informations personnelles au moment de l’inscription, mais des chercheurs ont fait des sondages et estiment au maximum à 20 % de femmes qui contribuent à Wikipédia. Pareil pour les articles, c’est un peu plus naturel parce qu’on sait que l’histoire de France, par exemple, est surtout orientée sur les hommes. À l’heure actuelle la Wikipédia francophone a un peu moins de 18 % de biographies consacrées aux femmes.

Frédéric Couchet : D’accord. Je précise que le prochain atelier à Paris c’est le 25 mai à la Gaîté lyrique ; évidemment il y a sans doute des ateliers dans d’autres villes ; c’est une fois par mois donc n’hésitez pas à venir, il suffit de venir avec votre volonté pour vouloir contribuer. Est-ce qu’il faut amener un ordinateur ou est-ce qu’il y a des ordinateurs sur place, à la Gaîté lyrique ?

Pierre-Yves Beaudouin : À la Gaîté lyrique je crois qu’il y a quelques ordinateurs.

Frédéric Couchet : Si vous avez un ordinateur portable venez avec et sinon il y aura sans doute des ordinateurs disponibles là-bas. C’est important de montrer aussi les projets qui sont faits dans ce cadre-là pour corriger effectivement ce que tu appelles les biais de genre.
Tout à l’heure dans l’introduction et même dans la première émission on a cité d’autres projets de la galaxie Wikipédia. Peut-être en citer deux autres qui vous paraissent vraiment importants parce que aujourd’hui, pour la plupart des gens, Wikipédia c’est wikipedia.org ou point fr, mais il y a une dizaine d’autres projets. On a cité Commons tout à l’heure. Est-ce qu’il y aurait deux projets que vous voudriez mettre en valeur ? Un chacun ; on va commencer par Nadine.

Nadine Le Lirzin : Par exemple le Wiktionnaire.

Frédéric Couchet : Qu’est-ce c'est que le Wiktionnaire ?

Nadine Le Lirzin : C’est un dictionnaire sur wiki, c’est un wiki dictionnaire en fait. Lui pourrait prendre « matrimoine », par exemple, parce que lui pourrait accepter, il y est peut-être d’ailleurs, je n’ai pas vérifié.

Frédéric Couchet : On va demander à la régie de vérifier.

Nadine Le Lirzin : Le terme « matrimoine » pourrait très bien y être même en tant que néologisme, même avec cette nouvelle acception. Le Wiktionnaire enregistre, ne porte pas de jugement, n’est pas une encyclopédie, lui c’est un dictionnaire, son principe c’est ça, c’est un dictionnaire. C’est une petite communauté, très active, et qui fait des choses assez formidables. Pierre-Yves pourrait peut-être préciser quelque chose : actuellement il y a un projet qui est lié au Wiktionnaire, je pense à Lingua Libre.

Frédéric Couchet : Lingua Libre, c’est ça ?

Nadine Le Lirzin : Il connaît mieux que moi.

Pierre-Yves Beaudouin : Oui. C’est ça. C’est un projet initié par Google, dont l’objectif est d’enregistrer des mots de vocabulaire sous fichier audio, en français et aussi dans tout un tas de langues. Je crois qu’à l’heure actuelle ils en sont à 90 000 mots enregistrés dans une quarantaine de langues si je ne me trompe pas. C’est un projet assez récent, en tout cas la version bêta est sortie il y a quelques mois ou une petite année. L’outil permet d’enregistrer à l’heure un petit millier de mots donc c’est très rapide. L’idée c’est on lit sur ordinateur une liste de mots et après l’outil va détecter les pauses qu’on fait naturellement, donc découper les fichiers et les importer directement sur la médiathèque. Ces enregistrements permettent aussi d’illustrer de manière sonore le dictionnaire.

Frédéric Couchet : D’accord. Superbe. La régie très réactive précise que « matrimoine » est effectivement dans le Wiktionnaire. Le site wiktionnaire c’est wiktionary.org, donc c’est w, i, k, t, i, o, n, a, r, y point org.
Deuxième projet peut-être à citer rapidement c’est Commons, on en a déjà parlé dans la première émission, mais est-ce que tu peux nous présenter à nouveau Commons rapidement Pierre-Yves ?

Pierre-Yves Beaudouin : Wikimedia Commons c’est la médiathèque, notamment toutes les illustrations que vous voyez dans Wikipédia, en tout cas quasiment toutes, sont sous licence libre et donc peuvent aller sur Wikimedia Commons, parce que sur Wikipédia il y a quelques exemptions au droit d’auteur, donc il n’y a pas forcément que des fichiers libres. On a voulu du coup faire un projet frère, Wikimedia Commons, qui là est totalement libre ; soit ce sont des fichiers dans le domaine public, soit ce sont des fichiers sous licence libre. Il y a principalement des photos, mais on trouve aussi un peu de cartes, de vidéos. Le millionième enregistrement sonore vient d’être téléchargé il y a une semaine, par exemple. C’est notamment très utilisé pour les exposés, pour illustrer les exposés en école primaire.

Frédéric Couchet : On en parlait avant l’émission. On encourage évidemment les personnes qui font des exposés ou simplement qui font des articles et qui cherchent des illustrations, plutôt que d’utiliser un moteur de recherche pour aller piocher des images on ne sait trop où et dont on ne connaît pas forcément les droits de réutilisation, plutôt d’aller sur Commons. Le site web c’est commons.wikimedia.org ?

Pierre-Yves Beaudouin : Oui.

Frédéric Couchet : Et là vous trouvez des ressources que vous pouvez légalement réutiliser pour vos exposés, pour vos articles, pour vos conférences. Aujourd’hui quand des gens font des conférences on est sorti de cette maladie de ne mettre que des listes à points, il y a des gens qui font des conférences uniquement avec des images, donc vous pouvez trouver des images sur Commons.
Évidemment il y a beaucoup d’autres projets que vous retrouvez sur wikimedia.org ; il y a une liste de l’ensemble des projets.
Justement, là on a parlé un peu des projets Wikipédia, maintenant on va parler un peu de la Fondation Wikimédia et également des chapitres locaux et du chapitre français pour expliquer quel est le rôle de ces chapitres. Là vous allez reprendre un moment vos casquettes, chapeaux, ce que vous voulez, de Wikimédia France. On va d’abord rappeler qu’à l’origine il y a une fondation américaine Wikimedia et il y a des, en anglais c’est chapters, je suppose que la traduction officielle c’est « chapitres » locaux dans chaque pays, donc évidemment en France c’est Wikimédia France dont Pierre-Yves est président et Nadine est secrétaire. Première question sur la fondation américaine mais aussi sur les chapters locaux : comment est financée cette fondation et à quoi sert l’argent ? Si les contributions sont faites par les personnes, finalement à quoi sert de l’argent ?

Pierre-Yves Beaudouin : Le gros de l’argent qui est collecté par les bandeaux qu’on voit s’afficher en fin d’année sur Wikipédia, en fait cet argent est mis dans un pot commun et chaque organisation du mouvement fait un appel à projets, une demande de subvention, même la fondation Wikimedia fait sa demande de subvention, Wikimédia France la fait aussi. Ça permet de redistribuer cet argent qui est collecté par le biais des bandeaux de Wikipédia. À l’heure actuelle le mouvement a un budget de 100 millions de dollars.

Frédéric Couchet : Donc sur le monde entier.

Pierre-Yves Beaudouin : Oui.

Frédéric Couchet : D’accord.

Pierre-Yves Beaudouin : Une grande partie va à la fondation américaine parce que c’est la principale organisation en termes de salariés : elle a un peu plus de 300 salariés à l’heure actuelle. Dans le monde il doit y avoir moins de 500 salariés qui bossent pour Wikipédia et les projets frères. Donc grosso modo c’est 300 à la fondation américaine. Après il y a Wikimedia Deutschland, le chapitre allemand qui est très gros parce qu’il a 100 salariés et un budget de 10 millions.

Frédéric Couchet : Ah Oui ! Comment ça se fait ? Les gens de là-bas sont des donateurs importants ?

Pierre-Yves Beaudouin : Historiquement Wikimédia France et Wikimedia Deutschland se sont créées à quelques mois d’intervalle, en 2004 ; très vite Wikimedia Deutschland a pris un sentier de croissance beaucoup plus rapide que Wikimédia France. Ensuite elle s'est spécialisés sur le développement informatique : une grande partie, je crois 80 % de son effectif doit être consacré aux logiciels et c’est vrai qu’elle a aussi beaucoup de membres, elle a 70 000 membres. Voilà ! Tout est gigantesque en Allemagne.

Frédéric Couchet : On reviendra tout à l’heure sur l’Allemagne quand on parlera de la directive droit d’auteur. Est-ce que sur cette partie financement tu veux rajouter quelque chose Nadine ?

Nadine Le Lirzin : Non.

Frédéric Couchet : Non pas du tout. La fondation américaine gère aussi, je suppose, beaucoup l’infrastructure c’est-à-dire les serveurs et sans doute aussi les développements sur les différents outils, parce qu’on rappelle qu'il y a quand même des outils comme le logiciel derrière qui est un wiki qui s’appelle…

Pierre-Yves Beaudouin : MediaWiki.

Frédéric Couchet : MediaWiki. Entre Wikipédia, Wikimédia, MediaWiki des fois… Donc je suppose que la fondation gère beaucoup.

Pierre-Yves Beaudouin : Oui, c’est le principal rôle de la fondation même si, en tant que bénévole, on peut participer au développement du logiciel, mais elle assure l’hébergement et le développement de MediaWiki.

Frédéric Couchet : D’accord. Il y a les chapitres locaux, donc en France il y a un chapitre local qui est Wikimédia France qui existe depuis quand ?

Pierre-Yves Beaudouin : 2004.

Frédéric Couchet : 2004. Combien vous êtes à Wikimédia France ? Il y a évidemment l’équipe conseil d’administration, bénévoles, il y a une équipe salariée. Quels sont les projets de Wikimédia France ? Nadine.

Nadine Le Lirzin : Actuellement on a huit salariés, un conseil d’administration d’une douzaine d’administrateurs, administratrices. Les projets, je ne sais par où commencer, par exemple on est en train de préparer une résidence pour un wikipédien aux archives départementales de l’Hérault.

Frédéric Couchet : Et il y en a aussi un aux Archives nationales à Pierrefitte.

Nadine Le Lirzin : Tout à fait.

Frédéric Couchet : Dans la première émission on en avait parlé, j’avais situé ça à Saint-Denis mais en fait c’est à Pierrefitte.

Nadine Le Lirzin : Tout à fait. Il y a quelques années on a aussi eu un wikipédien en résidence au château de Versailles. C’était très intéressant.

Frédéric Couchet : Justement c’est un bon exemple. Quel est le rôle de cette personne dans une structure publique ?

Nadine Le Lirzin : Ce wikipédien va aider la structure à se servir de cet outil merveilleux de diffusion qu’est une encyclopédie comme Wikipédia. Les services publics, dont la mission principale est de rendre service au public, finalement n’ont pas toujours les moyens et ils ont cet outil formidable qu’est l’encyclopédie, ils ont cet outil formidable qu’est Wikimedia Commons, le dépôt de photos, de vidéos, etc., mais ils ne savent pas s’en servir. Ils ont des merveilles et ils ne savent pas, finalement, comment les faire connaître, les mettre à disposition du public. Donc nous on les aide de cette manière-là : le wikipédien ou la wikipédienne qui est en résidence à l’intérieur va les former à déposer des textes sur Wikisource, des sources sur les articles, éventuellement créer des articles sur des œuvres d’art, suivant l’endroit où on est, et éventuellement des photos. Par exemple il y a eu des photos quand ça s’est fait à Versailles. Leur apprendre à contribuer principalement c’est ça, finalement. Et quand le wikipédien est parti avoir une équipe qui elle-même peut transmettre, peut poursuivre.

Frédéric Couchet : Peut poursuivre le travail parce qu’elle a été formée.

Nadine Le Lirzin : Exactement. C’est le but. C’est ce qu’on essaie de faire.

Frédéric Couchet : D’accord. Et dans les autres projets de Wikimédia, est-ce que tu veux en mettre en valeur Pierre-Yves ?

Pierre-Yves Beaudouin : Un autre volet important ce sont tous les projets à destination de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur et la Recherche, notamment grâce à deux partenaires que sont le CLEMI [Centre de liaison de l’enseignement et des médias d'information] et la fondation AFMI [Associés pour la Formation aux Métiers de l'Image] qui nous accompagnent là-dessus. Nos actions se déclinent sous différents projets. On a notamment un MOOC, c’est en cours en ligne qui permet de se former à Wikipédia. À l’heure actuelle il existe en français et les versions en langue arabe et en berbère sont en cours de construction.
Il y a aussi nos projets qui se déclinent sous forme de Wikiconcours lycéens. L’idée c’est de former, d’utiliser Wikipédia qui est un peu l’outil sexy, qui permet d’intéresser les jeunes, lycéens, à les sensibiliser à l’éducation aux médias et à l’information, les fameuses fake news comme on dit depuis quelques années, mais en fait nous on travaille là-dessus depuis pas mal d’années avec les lycées.

Frédéric Couchet : Et vous, vous travaillez beaucoup plus sérieusement que certains politiques qui annoncent combattre les fake news tout en en produisant eux-mêmes ! Je ne ferai aucune référence précise, mais je pense que les gens comprendront. Vas-y.

Pierre-Yves Beaudouin : Ça va jusqu’au doctorat. Par exemple à Lille on forme régulièrement les doctorants de l’université de Lille à l’utilisation de Wikipédia, notamment afin qu’ils rédigent des articles sur leurs spécialités. Donc voilà un axe assez important.
Je donnerai aussi un autre axe qu’on est en train de développer dans notre nouveau plan d’action, c’est la diversité ; on veut, en fait, diversifier les communautés qui contribuent à Wikipédia parce que même si tout le monde, sur le papier, peut contribuer à Wikipédia on observe des biais, comme on l’a expliqué tout à l’heure, outre le biais de genre. En fait on essaie de recruter des rédacteurs et des bénévoles en Outremer, en France ultramarine et aussi dans le reste de la francophonie. Wikimédia France est l’organisation la plus importante de francophonie, mais on souhaite aussi aider nos collègues du reste de la francophonie : la Belgique, le Canada et surtout l’Afrique qui est en train de débarquer massivement sur les projets Wikimédia. On essaye de les accompagner notamment grâce à des petites bourses. On a ce qu’on appelle la commission micros financements qui a un budget de 50 000 euros. Des rédacteurs de l’encyclopédie peuvent proposer des projets et on leur alloue jusqu’à 2000 ou 5000 euros s’ils sont particuliers ou regroupés sous une forme associative. Ça permet de financer des petits projets sur leur territoire.

Frédéric Couchet : En tout cas plein de projets d’accompagnement pour que cette encyclopédie progresse et que la diversité gagne évidemment l’encyclopédie.
Je vais finir sur une dernière question, on ne peut pas passer à côté de cette question, justement sur les liens entre les chapters, les chapitres, et l’encyclopédie. On va prendre un exemple très concret qui est évidemment en lien avec la proposition de directive droit d’auteur parce que ce n’est pas encore tout à fait fini. Récemment il y a eu l’annonce d’une campagne de fermeture d’un certain nombre de sites, donc un appel à fermer des sites le 21 mars 2019 – l’April a fermé son site, d’autres ont fermé leurs sites – et il y a eu évidemment au niveau des chapitres, Wikipédia, des structures locales, en tout cas il y a eu des débats pour savoir est-ce que tel ou tel site allait fermer. Tout à l’heure on parlait de l’Allemagne, le site allemand a fermé et il y a eu un débat au niveau du site français, le site français n’a pas fermé. En très peu de temps est-ce que vous pouvez nous expliquer ? Comment ça se passe quand il y a ce sujet-là ? Qui propose le sujet et comment ça se passe en interne pour qu’une décision soit prise ? Nadine.

Nadine Le Lirzin : Là justement c’est un exemple intéressant de la différence entre ce qu’est un chapitre et ce qu’est une communauté linguistique d’une Wikipédia. En tant que chapitre nous pensions, nous Wikimédia France, que c’était très important de se mobiliser, pas contre la directive, attention, la directive avait beaucoup de points très intéressants.

Frédéric Couchet : Contre les articles 11 et 13.

Nadine Le Lirzin : Voilà. Deux articles seulement nous posaient des problèmes. On nous a fait valoir qu’on était exempté de l’article en question mais ça ne change rien parce qu’une loi qui exempte ceux qui sont en situation de monopole je me demande si c’est vraiment une bonne loi. C’est mon point de vue que je viens de donner là, je n’aurais pas dû peut-être ! On a essayé d’organiser sur l’encyclopédie, donc auprès des communautés, une prise de décision pour savoir si les contributeurs, les contributrices habituelles, étaient d’accord, si ça les concernait suffisamment pour mettre soit un bandeau d’avertissement, soit même faire un black-out comme certaines autres Wikipédia l’ont fait : par exemple les Italiens, les Catalans, ont complètement noirci leurs sites. Il y a eu des bandeaux chez les Danois, chez les Tchèques, les Slovènes, j’en oublie, mais il y a eu beaucoup de mobilisations.
La page de décision de la Wikipédia francophone a été assez mouvementée. On l’a ouverte un petit peu tard, peut-être, et c’était vraiment serré. Les arguments pour et contre se sont développés et finalement il a été décidé de ne pas le faire parce qu’on a obtenu quelque chose comme 66 % de oui.

Frédéric Couchet : Alors qu’il fallait 75 % de oui.

Nadine Le Lirzin : Voilà, au départ. Enfin bon ! Ça aussi ça a été décidé un peu au dernier moment.

Frédéric Couchet : OK ! En tout cas c’est intéressant de préciser que la décision a été prise par la communauté.

Nadine Le Lirzin : Oui, bien sûr.

Frédéric Couchet : Et que ce n’est pas l’association Wikimédia France qui a pris cette décision.

Nadine Le Lirzin : Non. Pas du tout. D’ailleurs pour l’anecdote, on a un de nos administrateurs qui naïvement est allé voter et qui n’est pas un wikipédien, il n’a pas assez de contributions, on lui a retoqué son avis.

Frédéric Couchet : D’accord. D’un point de vue pratique on a parlé de date peut-être un peu tardive, de seuil, de date de clôture. En fait, qui fixe ce seuil et cette date de clôture ? Pierre-Yves.

Pierre-Yves Beaudouin : Tout est fixé par la communauté ; avant de lancer le vote ils décident de la façon dont ils vont voter. Chaque Wikipédia linguistique a son mode opératoire différent, parce que le seuil qui est pratiqué dans Wikipédia germanophone, par exemple, aurait permis à la Wikipédia francophone de protester. Ce qui est bien c’est qu’il y a quand même une majorité, une large majorité, 66 % ou 67 % quand même qui était pour protester, mais c’est vrai qu’on n’a pas atteint le seuil de 75 %. Comme je le disais tout à l’heure on cherche à obtenir le consensus et non pas juste 50,1 % ; je pense que c’est une bonne chose notamment pour ces grosses mobilisations. Il ne faut pas non plus prendre à la légère la fermeture du site et que ça soit juste un petit groupe de dix personnes dans son coin qui décide de ça au nom d’un projet qui fait référence aujourd’hui sur Internet.

Frédéric Couchet : Tout à fait. En tout cas c’était important d’avoir cette précision-là. Une dernière question : il y a un projet qui n’est pas lié à la fondation mais que les gens connaissent peut-être, c’est Vividia, qui est un projet d’encyclopédie francophone en ligne en wiki destiné aux huit-treize ans.

Nadine Le Lirzin : Vikidia.

Frédéric Couchet : J’ai dit quoi ? J’ai dit « vividia ». Excuse-moi. Donc Vikidia, v, i, k, i, d, i, a point org. Tu me disais Pierre-Yves, avant qu’on prenne l’antenne, que vous alliez travailler avec les gens de cette structure, c’est ça ?

Pierre-Yves Beaudouin : On est en cours de discussion. On souhaite les accompagner pour qu’ils se structurent. En fait le site a énormément de succès. Vikidia existe dans plusieurs langues comme Wikipédia, je crois une demi-douzaine au moins, et ils sont un peu dépassés par le succès et ils ont des besoins financiers comme n’importe quel site. Donc on va essayer de voir pour les accompagner parce qu’on a beaucoup de partenaires qui souhaitent travailler sur Vikidia, notamment beaucoup d’enseignants d’école primaire et aussi du collège. On va essayer d’accompagner et permettre que ce projet perdure dans le temps.

Nadine Le Lirzin : Ce serait d’ailleurs assez naturel ; enfin ça me semble assez naturel de les accompagner parce que c’est un wiki également qui fonctionne sur les mêmes principes et c’est un vivier de contributeurs pour Wikipédia. Beaucoup de nos jeunes wikipédiens viennent tout droit de Vikidia.

Frédéric Couchet : Tout à fait. On va s’arrêter là même si on va rester, on va encore parler de Wikipédia dans la partie directive droit d’auteur, mais il faut justement laisser un petit peu de temps sur cette directive. Je remercie Pierre-Yves Beaudouin et Nadine Le Lirzin, wikipédien et wikipédienne de longue date.
Les dates qu’on a citées donc le 25 mai à la Gaîté lyrique, l’atelier Les sans pagEs dont on a parlé tout à l’heure.
Également ce jeudi à la FPH, toujours à Paris, de 19 heures 30 à 22 heures, c’est la soirée de contribution au Libre et le deuxième jeudi c’est Wikimédia France qui propose de contribuer à ses multiples projets donc deuxième jeudi de chaque mois. Évidemment il y a sans doute des ateliers dans d’autres lieux en France ; vous allez sur le site de Wikimédia France, wikimedia.fr, je crois qu’on ne l’a même pas cité.
On va faire une pause musicale avant notre dernier sujet. Le titre s’appelle Faust et l’artiste c’est John Vallis.

Pause musicale : Faust par John Vallis.

Voix off : Cause Commune 93.1

Point d’actualité directive droit d’auteur

Frédéric Couchet : Nous venons d’écouter Faust de John Vallis, musique disponible en licence libre Creative Commons Partage à l’identique et les références sont le site de l’April, april.org.
Vous écoutez toujours l’émission Libre à vous! sur radio Cause Commune 93.1 en Île-de-France et partout ailleurs sur le site causecommune.fm.
Nous allons faire un petit point sur la proposition de directive droit d’auteur. On en a déjà parlé la semaine dernière suite au vote au Parlement européen mais ça va être aussi l’occasion d’annoncer les prochaines étapes parce que tout n’est pas fini. Avec moi pour parler de ça, toujours Pierre-Yves Beaudouin de Wikimédia France et également mon collègue Étienne Gonnu. Étienne, pour rappel, la directive a été évidemment adoptée en première lecture par le Parlement européen. Quelles sont les prochaines étapes ?

Étienne Gonnu : Salut Fred. Bonjour Pierre-Yves. Prochaine étape au niveau de l’Union européenne c’est la validation par les États membres au sein du Conseil de l’Union européenne. Ce vote aura lieu le 15 avril donc semaine prochaine. Ça paraît très compliqué d’obtenir un rejet de ce texte. On a notamment des échos positifs qui nous viennent, là aujourd’hui de Suède parce que le Parlement suédois, enfin la commission au sein de ce Parlement suédois qui s’occupe des affaires européennes a signifié son opposition au texte. Le gouvernement a dit « si le Parlement suédois s’oppose on suivra bien sûr le Parlement », on voit là un autre système. Et puisqu’on sait que le gouvernement français aime, enfin les politiciens français en général aiment à citer les Scandinaves en exemple, on les invite à suivre cet exemple-là et à s’opposer à cette directive.
La prochaine étape décisive sera le 15 avril. On doute que la France change de position mais peut-être que d’autres États suivront l’exemple de la Suède !

Frédéric Couchet : D’accord. Et si le 15 avril les États membres adoptent le même texte qu’est-ce qui va se passer en France ?

Étienne Gonnu : Du coup cette directive ne sera plus une proposition mais une directive à proprement parler et pour toute directive, l’étape suivante pour les États membres, à l’intérieur du cadre posé par la directive, c’est d’écrire une loi en fait pour transposer, c’est le terme, transposer la directive dans le droit national par une loi. En France ce sera certainement dans le cadre de la loi audiovisuelle, il y a déjà eu une mission d’information qui annonçait effectivement qu’il y aura des mesures de reconnaissance [de contenus, NdT], dans le texte le terme était déjà choisi.

Frédéric Couchet : La mission d’information c’est qui ? Qui sont les membres de cette mission ?

Étienne Gonnu : La rapporteure était Aurore Bergé au sein de l’Assemblée nationale.

Frédéric Couchet : Je croyais que tu faisais référence au CSPLA, CSA et à l’HADOPI.

Étienne Gonnu : Effectivement. Il y a cette mission d’information qui était antérieure, pendant les projets de directive on en parlait déjà et on soupçonnait déjà, donc dès l’année dernière, en cours de discussion de la directive et qui défendait corps et âme l’article 13. Et le lendemain ou deux jours après le vote par le Parlement européen, le vote du 26 mars, le ministre de la Culture français Franck Riester, annonçait effectivement dans un discours, je ne sais plus dans quel cadre exactement, mais il annonçait qu’il confiait à trois organismes français, donc l’HADOPI tristement célèbre HADOPI, le CNC qui est le Conseil national du cinéma et le CSPLA qui s’occupe, on va dire, de la gestion de la taxe copie privée, ces trois organismes doivent mener une étude sur comment appliquer des systèmes de reconnaissance de contenus, donc des filtres qu’on nous présentait pourtant comme n’étant pas le sujet de la directive. Ils sont chargés d’étudier cette piste-là.

Frédéric Couchet : On notera qu’à priori les conclusions sont connues déjà à l’avance vu la typologie de ces structures et aussi l’absence par exemple du Conseil national du numérique qui est quand même normalement une instance qui devrait être sollicitée pour participer à ce sujet.
Pierre-Yves Beaudouin, président de Wikimédia France, juste avant la pause musicale on parlait de l’action du 21 mars, notamment avec en Allemagne la page de Wikipédia allemande qui était fermée. C’est aussi l’occasion de rappeler que Wikimédia France, notamment grâce à ton action, a été très active contre la directive. Est-ce que tu veux faire un petit bilan de cette première phase de mobilisation parce que, évidemment, ce n’est pas terminé, à titre personnel ou au titre de Wikimédia ?

Pierre-Yves Beaudouin : Malgré le fait qu’on ait évidemment perdu, pour notre part chez Wikimédia France on a beaucoup appris, notamment en travaillant avec Étienne de l’April et d’autres acteurs. On a beaucoup appris sur le contexte français, notamment ceux qui sont absents ou ceux qui nous ont éventuellement trahis ou déçus dans ce combat, donc sur les forces et les faiblesses de la France.

Frédéric Couchet : Quand tu dis « trahis » tu penses à ? Si tu ne veux pas citer tu ne cites pas.

Pierre-Yves Beaudouin : Si je peux le dire, je pense notamment à Qwant qui fait sa déclaration deux jours avant le vote, à mon avis c’est vraiment de la provocation et ce n’est pas juste une erreur de compréhension de notre part comme ils essayent de le dire depuis le vote. Voilà ! On sait qu’en France ça va être compliqué, on a vu le résultat des votes des eurodéputés français ; notre objectif est un objectif à moyen terme de structurer un peu les organisations, sensibiliser les élus, le reste aussi des autorités. Je consacre pas mal de temps à faire le tour de Paris. La semaine dernière j'ai vu le CSA, par exemple. On va essayer de voir l’ARCEP, même si l’ARCEP c’est probablement les plus compétents et les plus sérieux sur ces questions-là.

Frédéric Couchet : C’est-à-dire qu’ils sont tellement compétents et sérieux qu’ils n’ont pas été invités à la table pour participer à l’étude !

Pierre-Yves Beaudouin : On vise un peu le moyen terme, mais c’est vrai qu’il faut quand même combattre dès maintenant parce qu’il y a un ensemble de lois, enfin de textes législatifs, il n’y a pas que la directive, il y a aussi un règlement européen – là c’est pire : le règlement s’applique automatiquement, il n’y a même pas besoin de le transposer – qui vise à limiter les contenus terroristes en ligne. Sur le papier, bien évidemment tout le monde est contre le terrorisme. Après, dès qu’on rentre dans les détails, les principes sont les mêmes : ça va être recourir au filtrage même si, pareil, ils estiment que non il n’y a pas d’obligation de filtrage, mais dans les faits, pour pouvoir retirer du contenu sous l’heure, une fois que vous êtes prévenu il va falloir que n’importe quel site – pas que les GAFA, ce texte ne concerne pas que les GAFA – même si vous avez un petit blog, un petit site internet, dès que vous êtes contacté, il faudra le retirer dans l’heure. Et pareil au niveau français, il y a aussi des textes dans les tuyaux, par exemple qui luttent contre le discours de haine, qui sera voté avant l’été.
Donc tout cela, en fait, fait partie d’un même principe ; les mêmes erreurs sont reprises et sont appliquées à différentes thématiques. Donc il y a la haine, il y a le contenu terroriste et il y a le droit d’auteur ; après je pense qu’il y aura le sport, dans un ou deux ans par exemple. Voilà ! Ils sont en train de reprendre en main assez drastiquement Internet et de limiter la liberté d’expression, globalement.

Frédéric Couchet : Étienne tu veux ajouter quelque chose avant le jingle musical ?

Étienne Gonnu : Juste peut-être pour repréciser par rapport au timing, à priori la loi que j’évoquais dans laquelle sera transposé cet article 13, on imagine que le Conseil des ministres se réunira au début de l’été pour avoir un projet de loi sans doute à la rentrée. De toute façon on vous tiendra au courant bien sûr.

Frédéric Couchet : On précise aussi que l’article 13 est devenu l’article 17 dans la version définitive. La communication maintenant va être sans doute avec l’article 17 et la transposition, le projet de loi peut aussi arriver pendant l’été, pendant que les gens, certains, ont la chance de prendre des vacances, peut-être en juillet ; souvent la session parlementaire se termine fin juillet, voire début août. En tout cas merci pour ce point et évidemment nous allons vous tenir au courant donc n’hésitez pas à suivre les sites de l’April et de Wikimédia France donc april.org et wikimedia.fr.

Jingle musical basé sur Sometimes par Jahzzar.

Annonces

Frédéric Couchet : Nous approchons de la fin de l’émission. Quelques petites annonces.

Je profite que ma collègue Isabella Vanni soit en régie aujourd’hui pour signaler que le Libre en Fête 2019 c’est terminé. Le Libre en Fête ce sont des évènements partout en France et même ailleurs pour sensibiliser aux logiciels libres et cette année il y a un record du nombre d’évènements organisés : on me signale 250 évènements. Il y a même encore plus d’évènements après. C’est magnifique ! Évidemment je félicite Isabella qui a eu un rôle important de coordinatrice, mais aussi, évidemment et avant tout, les structures et personnes qui ont organisé ces évènements partout. Donc rendez-vous l’an prochain autour du 20 mars 2020.

Pierre-Yves Beaudouin vient d’en parler. il y a la campagne contre la proposition de règlement terroriste/censure sécuritaire. Le vote en commission des libertés civiles a eu lieu au Parlement européen hier. À priori, comme on l’a dit tout à l’heure, le vote en plénière aura lieu la semaine prochaine avec, comme tu l’as dit Pierre-Yves, l’obligation pour les acteurs de l’Internet à retirer en une heure un contenu considéré comme terroriste ; évidemment ça ne concerne pas que Google, Facebook, etc., ça peut concerner de très nombreux acteurs, Wikipédia, l’April, les chatons dont je parlerai tout à l’heure en fin d’émission.

Dans l’actualité, tout à l’heure en introduction, je parlais du projet de loi pour une école de la confiance. Surveillez le site de l’April parce que l’examen au Sénat va commencer. Il y avait l’audition du ministre Jean-Michel Blanquer tout à l’heure.

Je l’ai cité déjà tout à l’heure, mais je le cite à nouveau : la soirée de contribution au Libre ce jeudi à la FPH à Paris avec l’atelier Wikipédia qui a donc lieu chaque deuxième jeudi du mois.
Pour les autres événements qui se passent partout ailleurs, vous allez sur le site de l’Agenda du Libre, agendadulibre.org.
Notre émission se termine. Je remercie les personnes qui ont participé à l’émission : Nadine Le Lirzin, Pierre-Yves Beaudouin, Véronique Bonnet, même si la chronique était enregistrée. En régie et aussi au micro Étienne Gonnu et en régie Isabella Vanni que je félicite pour sa première régie maîtrisée de bout en bout. Vous retrouvez sur notre site web april.org toutes les références utiles ainsi que sur le site de la radio causecommune.fm.

La prochaine émission aura lieu mardi prochain à 15 heures 30. Notre sujet principal portera sur le Collectif CHATONS, des acteurs qui pourraient être impactés par ces dispositifs, donc le Collectif des Hébergeurs, Alternatifs, Transparents, Ouverts, Neutres et Solidaires. Nous aurons trois personnes qui feront des miaous miaous de chatons différents : Framasoft, l’April et INFINI.

Nous vous souhaitons de passer une belle fin de journée. On se retrouve mardi prochain et d’ici là portez-vous bien.

Générique de fin d’émission : Wesh Tone par Realaze.

14 April 2019

yaal.png YAAL

Les clubs à Yaal

Le 14 April 2019 à 22:00:00

Dernière arrivÊe chez Yaal (mais plus pour longtemps normalement : on recrute !), je voulais ajouter ma pierre à l'Êdifice de ce blog en vous parlant d'une chose assez chouette de la vie interne à Yaal : l'existence de clubs en tout genre.

En fait à la base je voulais plutôt partager les dernières actions du club-zÊro-dÊchet mais je me suis dit qu'une petite intro plus gÊnÊrale au concept de club serait plus pertinente pour commencer...

Des clubs, pour quoi faire ?

La notion de club est assez floue car ils ne prennent pas tous la mĂŞme forme. Grosso modo un club nait chaque fois qu'un groupe de personnes ayant un intĂŠrĂŞt commun se dit : "tiens, et si on crĂŠait un club pour en discuter/partager des sources et des idĂŠes/organiser des trucs/trouver d'autres gens intĂŠressĂŠs et conquĂŠrir le monde" (rayez la mention inutile).

À ce jour il doit exister une vingtaine de clubs diffÊrents sur des thèmes aussi improbables Êclectiques que : club-vÊlo , club-cinÊ , club-salade (oui oui salade1), club-politique , club-dessin-Êcriture , club-pycharm ET club-vim, ...

Concrètement ça fonctionne comment ?

Ben concrètement ça dÊpend surtout de chaque club !
Vu la diversitÊ des thèmes, ça peut ressembler à diffÊrentes choses mais le plus petit dÊnominateur commun de la formation d'un club semble être l'existence d'un salon dÊdiÊ sur notre outil de messagerie interne Slack Riot/Matrix.2

Liste des salons-clubs sur Riot Les clubs ont envahi notre rĂŠpertoire de salons Riot

Certains clubs n'existent d'ailleurs que sous cette forme (pour l'instant le club-cinÊ , le club-musique ou le club-sciences par exemple, qui servent principalement à partager nos coups de cœur et dÊbats -toujours hautement philosophiques et ÊclairÊs ça va sans dire- sur tel ou tel contenu).

C'est aussi pratique pour partager notre veille mĂŠtier dans les clubs dĂŠdiĂŠs (Ă  peine plus sĂŠrieux) que sont club-dev , club-infra , club-sĂŠcu ...

D'autres servent plutĂ´t Ă  programmer un temps d'activitĂŠ ensemble. C'est le cas du club-sport, qui malgrĂŠ une dizaine d'abonnĂŠâ‹…es faisant semblant d'ĂŞtre intĂŠressĂŠâ‹…es par le sport (j'en fais partie.....) n'est en fait actif que le jeudi matin lorsque les 3 courageuxâ‹…ses de la boĂŽte confirment ou annulent leur participation Ă  la sĂŠance du jeudi midi piscine.
Le club-dessin-ĂŠcriture (Yaal ne manque pas de talents artistiques đŸ’š)(et de groupies desdits talents) programme ĂŠgalement rĂŠgulièrement de courtes sessions crĂŠatives de cette manière.

Un des derniers nÊs est le club-bière qui ne consiste pas (que) à consommer de la bière en groupe (ça c'est plutôt l'objectif du club-glouglou , alter ego du club-miammiam oÚ on dÊcide ce qu'on va manger le midi) mais plutôt à lancer la production de la yaal-beer, notre propre bière fabriquÊe avec amour. (On est encore au stade de prototype mais certain⋅es n'hÊsitent pas à voir les choses en grand et à se lancer dans des calculs de rendements industriels‌ Vers l'infini et au delà !).

Au club-zĂŠro-dĂŠchet on essaie plutĂ´t de se rĂŠunir 30 minutes tous les mardis pour dĂŠcider et mettre en place des actions collectives visant Ă  rĂŠduire notre production de dĂŠchets Ă  Yaal : meilleure gestion de notre compost, rĂŠduction des dĂŠchets Ă  emporter lorsque l'on va acheter Ă  manger Ă  l'exterieur, etc.

Ce qui est sĂťr c'est que les choses sont loin d'ĂŞtre figĂŠes. Les clubs naissent, vivent (et meurent aussi probablement) selon les volontĂŠs et l'intĂŠrĂŞt des gens qui les composent. Aucune obligation d'y participer, aucune restriction pour en crĂŠer de nouveaux (vu qu'il suffit en fait de trouver une ou deux personnes intĂŠressĂŠes par le mĂŞme sujet et de crĂŠer un nouveau salon dans Riot).
Une façon assez simple et spontanÊe d'entretenir des dynamiques auto-gÊrÊes ! Et de partager de l'inspiration, des fruits, de l'eau d'source, du fun.


  1. Avouez que vous ĂŞtes super intriguĂŠâ‹…es ! 

  2. Nous avons migrĂŠ de Slack vers Riot/Matrix avec succès en dĂŠbut d'annĂŠe đŸŽ‰
    Si vous voulez un retour d'expĂŠrience il faudra convaincre Fx, l'initiateur du projet, de vous en parler dans un autre billet de blog... đŸ˜‡ 


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Mise à jour: Le 21 April 2019 à 04:03:18