Promouvoir et défendre le logiciel libre

28 May 2016

Isabelle DUTAILLY

Pour un ordinateur universellement accessible

Le 28 May 2016 à 06:53:18

L’accessibilité, qu’il s’agisse de la version matérielle, accès des lieux aux personnes à mobilité réduites par exemple, ou informatique, utilisation d’un ordinateur par une personne ayant de forts déficits visuels ou moteurs par exemple aussi, est l’une de mes « chevaux de bataille » quand cela se combine avec des logiciels libres, cela donne mon soutien à … Continuer la lecture de Pour un ordinateur universellement accessible

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27 May 2016

bansieau.png Benoît ANSIEAU

Téléphonie mobile

Le 27 May 2016 à 23:45:31

Cela fait maintenant 3 ans qu’un BlackBerry Q10 peuple mes poches pour mes besoins de communication en mobilité, et même si jusqu’ici celui-ci a plutôt honorablement résisté pour son âge, quelques petites incompatibilités à l’évolution de notre monde (il me fait quelques caprices sur Let’s Encrypt) et surtout l’abandon presque annoncé du BlackBerry OS 10 qui le fait avancer, fait entrevoir un avenir sombre à mon compagnon de route.

Avec mes exigences particulières, qui visiblement m’abonnent aux systèmes mal-aimés (Le prédécesseur de mon Q10 était le vénérable Nokia N900), la question de cette succession s’avère vite délicate.

Le trio gagnant

Même si j’ai souvent un certain mal à l’avouer, il faut bien reconnaitre que le marché de la téléphonie mobile en 2016 se résume à 3 acteurs … quand il n’est pas simplifie au seul duo de tête.

Google domine le marché avec Android décliné sur toute la diversité des constructeurs, confortablement suivis par un Apple élitiste. Microsoft arrivant à se maintenir en lointain 3éme de ce classement.

Google : Android

J’aime pas Android

Je n’ai jamais eu de téléphone sur Android, et je compte globalement m’y tenir. Un peu par principe (il faut le reconnaitre) mais aussi car malgré toutes les qualités associées à ce système je lui trouve aussi beaucoup de défauts.

Si on trouve une très grande diversité de téléphones sous ce système, beaucoup semblent presque considérés comme du consommable au prix parfois serré, l’évolution de l’OS n’étant finalement, souvent, jamais envisagé. Seul le haut de gamme ayant, parfois, une chance d’échapper à ce phénomène.

Et encore, alors qu’à la rédaction de cet article, nous sommes à l’air de Android 6, et que son successeur ne va pas tarder à arriver, on trouve encore en vente dans le haut de gamme (oui, un téléphone à 600€, pour moi c’est du haut de gamme) vendu sous Android 5, sans s’assurer qu’il sera un jour mis à jour.

Un système OpenSource

Je ne pourrais que difficilement passer à coté de l’aspect OpenSource de ce produit. Ce qui permet notamment l’existence de version alternative telle que «Cianogen» ou «Reblican».

Mais si Android est incontestablement en Open Source, j’ai du mal à le considérer comme Logiciel Libre.

Google fonctionne finalement toujours plus ou moins de la même façon : Ils offrent des services (dont le système Android) en échange de données récoltées sur l’utilisateur pour créer des profils marketing et offrir leurs services comme annonceur publicitaire.

C’est en suivant cette technique qu’ils sont aujourd’hui l’une des plus importantes entreprises de notre monde.

Les versions alternatives, dont la compatibilité avec le matériel trop récent n’est pas assuré, peuvent permettre de s’affranchir en partie de la main mise sur leur système par le géant Google et de sa manie du profilage. Mais cela n’est-il pas au détriment d’une certaine facilité d’utilisation et d’une certaine sécurité ? Et à condition que les sources fournies par Google aient bien été nettoyé par ces différents projets.

Mais d’autres parlent mieux (et bien moins négativement que moi) de ces alternatives, Genma par exemple

Microsoft : Windows (Phone Édition ?)

J’ai exprimé il y a peu tout l’amour que je pouvais avoir pour Windows (sur ordinateur) et partant de ce constat Windows (sur téléphone) me laisse pour le moins septique.

L’interface est vendue comme relativement novatrice, et je serais curieux de pouvoir l’essayer en profondeur. Mais à en écouter les différents utilisateurs, présent ou passé, de ce système, l’interface ne serais pas finalement une si bonne idée.

Comme pour son copain pour les ordinateurs de bureau, pourquoi pas à essayer en milieux professionnel … mais c’est un téléphone personnel que je cherche ici.

Apple : iOS

Un défenseur des logiciels libres et des libertés numériques peut-il même envisager pouvoir utiliser du matériel Apple ? Pour certains, dont le célèbre Richard Stallman la réponse est clairement non.

La Free Software Fondation ayant assez logiquement le même type de position donnant même lieu à une campagne anti-iPhone, la recommandation étant alors d’envisager une alternative telle que le Neo FreeRunner

Je ne contesterais pas que l’appareil est verrouillé sur de nombreux points, qu’il n’est pas possible de passer nativement par des sources logicielles autre que l’«App Store», que ce store est même incompatible avec la GPL v3 (qui ne fait pas elle même l’unanimité) et que la bidouillabilité en est finalement assez limité.

Vie Privée

Malgré tout cela Apple s’affiche et s’engage très clairement en faveur du respect de la vie privée.

Leur activité étant, contrairement à Google par exemple, la vente de matériel

Les options de vie privée, sans être inactive par défaut comme sur FireFox OS, sont largement configurable. Un peu d’attention, et un tour méthodique des paramètres est à faire pour les applications systèmes, mais le tout est assez clair, et on peu restreindre les accès à de nombreuses fonctions, même pour le systèmes.

Pour les applications installées, on configure au cas par cas les accès aux différentes ressources fournies par le système. Le tout avec une question claire et un vrai choix à faire, les options de validation, ou non, étant toutes deux clairement affichées. Seul point non configurable ici : restreindre totalement l’accès au réseau pour une application (on peu juste l’empêcher d’utiliser le réseau mobile).

Un appareil iOS étant tout à fait capable de fonctionner sans son iCloud, la réactivation forcée n’y est même pas incité, comme ce que j’avais pu voir sous Windows 10.

Une question d’ergonomie

Contrairement à la machine sous GNU/Linux que j’utilise pour taper ces lignes, ou chaque application semble arriver avec sa propre vision de l’ergonomie, les systèmes Apple offrent une cohérence visuelle et fonctionnelle qui semble sans faille. Tout les détails, aussi bien logiciels que matériels, semblent être soigneusement travaillé pour être fonctionnels et agréable à l’œil.

Une ergonomie, qui même si elle est très figée, en est reposante par sa régularité.

Les outsiders

Même si le Neo FreeRunner est aujourd’hui depuis longtemps mort, et que jouer l’alternative m’a par deux fois obligé à remplacer mon téléphone un peu prématurément, il est toujours intéressant de regarder ce qui se fait hors des grands ténors du domaine.

FireFox OS

J’ai fait, ici même, une série d’article sur cet OS que j’ai utilisé.

Le développement du système s’en est aujourd’hui ralenti, le succès commercial n’ayant pas été rencontré. Le système manquant d’une certaine maturité.

J’en utilise toujours un en téléphone secondaire, mais je ne le vois pas assurer mes besoins en téléphone principal.

Ubuntu Touch

C’est une adaptation sur mobile de la distribution Linux Ubuntu, … que je n’utilise plus depuis déjà plusieurs années sur mon ordinateur, et je n’ai pas plus que ça d’intérêt à le retrouver dans ma poche.

Il semble naissant depuis plusieurs années maintenant, et le nombre d’appareil le supportant est plus que limité (peu être même un unique modèle ?).

Jolla

Créer par des anciens de chez Nokia, ce pourrais être le successeur du N900. C’est une alternative qui semble intéressante sur le papier, et cela pouvais faire parti de mes candidats dans le domaine des systèmes originaux.

Mais aujourd’hui la société est entre les annulations de produit et les ruptures de stock de leur quelques téléphones.

Seraient-ils morts avant que j’y passe ?

J’espère pour eux que non.

Tizen

Je garde le plus prometteur pour la fin : Tizen. Dernier né de la famille des Meego / Maemo qui propulsais le N900, c’est un système supporté par Samsung, en peaufinage depuis de nombreuses années.

Si aujourd’hui on ne trouve que peu de modèles sous ce système, le constructeur / développeur a de quoi en faire une alternative viable au vue de la population qu’elle est susceptible de toucher.

Pas pour cette fois-ci … mais pourquoi pas pour la prochaine. Dans quelques années, quand les choses aurons eu le temps d’évoluer

Finalement …

Pas tout à fait en phase avec mon coté libriste militant, ou en tout cas l’image très stallmanienne que l’on veux y donner. Mon choix va aujourd’hui vers Apple et son iOS comme étant le meilleur compromis pour mon usage mobile.

Cela pourrais être vue comme la «moins pire des solution», compromis entre l’utilisabilité, la pérennité estimée de la plateforme et la politique affichée du développeur.

Je privilégie ici une meilleure cohérence et intégration du système, même si cela se fait au détriment d’un certain coté figé.

Frederic BEZIES

En vrac’ de fin de semaine.

Le 27 May 2016 à 13:35:44

Comme chaque fin de semaine, l’obligatoire billet en vrac’. Il ne sera pas particulièrement long cette semaine !

Côté logiciel libre :

Côté livre ? Sauf contre indication, je me base sur les extraits librement téléchargeable.

Côté musique ? Rien cette semaine. Et oui, ça arrive ! 🙂

Bon week-end 🙂

april.png Nouvelles April

Apéro April le 10 juin 2016 à partir de 19h00 dans les locaux de l'April (Paris)

Le 27 May 2016 à 12:57:20

10 Juin 2016 - 19:00
10 Juin 2016 - 22:00

Un apéro April ?

Un apéro April consiste à se réunir physiquement afin de se rencontrer, de faire plus ample connaissance, d'échanger, de partager une verre et de quoi manger mais aussi de discuter sur l'actualité et les actions de l'April. Un apéro April est ouvert à toute personne qui souhaite venir, membre de l'April ou pas. N'hésitez pas à venir nous rencontrer.

L'apéro a lieu à Paris notamment parce que le local s'y trouve ainsi que les permanents et de nombreux actifs. Membre ou pas de l'April vous êtes les bienvenus. Contactez-nous pour organiser un Apéro April dans votre région.

Quand et quoi

Le prochain apéro parisien aura lieu le vendredi 10 juin 2016 à partir de 19h00 dans les locaux de l'April au 44/46 rue de l'ouest, bâtiment 8, 75014 Paris (entrée possible par la place de la Catalogne, à gauche du biocop, au niveau des autolib), le téléphone du local est le 01 78 76 92 80 en cas de besoin.

En ouverture de l'apéro nous ferons un court point sur les dossiers/actions en cours.

Pour tous les détails et vous inscrire rendez-vous sur le pad.

26 May 2016

april.png Nouvelles April

April Camp du 17 au 19 juin 2016 à Lille (et à distance)

Le 26 May 2016 à 09:11:24

17 Juin 2016 - 18:30
19 Juin 2016 - 23:00

La prochaine édition de l'« April Camp » aura lieu du vendredi 17 juin 2016 18 h 30 au dimanche 19 juin 2016 au soir.

Cet April Camp aura lieu au Mutualāb 19 rue Nicolas Leblanc 59000 Lille. Des outils pour participer en ligne seront également disponibles.

N'hésitez pas à vous inscrire, à proposer des thèmes de travail, à juste passer nous voir. Membre ou pas de l'April vous êtes les bienvenus.

Rappel sur ce qu'est un « April Camp » :

L'idée d'un « April Camp » est de se réunir pendant plus de deux jours entre adhérents et soutiens de l'April pour faire avancer des projets en cours, lancer de nouveaux projets. Les projets peuvent être de nature technique, des outils de communication, etc. Chacun est invité à participer en fonction de son temps disponible, de ses compétences, de ses envies.

L'« April Camp » a lieu physiquement à un endroit (jour et nuit si nécessaire), mais également en ligne. Des outils pour participer en ligne sont disponibles : IRC, Pads, pont téléphonique, serveur de voix sur IP.

25 May 2016

Patrice ANDREANI

Buddy au salon InnoRobo

Le 25 May 2016 à 14:02:20

buddy

Buddy, ce super petit robot familial dont je vous ai déjà parlé ici, et aussi, est présent en ce moment au grand salon InnoRobo, un des plus grand événement européen de robotique. Le salon InnoRobo, qui se déroule jusqu’à demain aux Docks de Paris, accueille 200 exposants et propose cette année 6 thématiques dont la ville intelligente et la maison intelligente notamment. Un endroit ou j’aimerais bien aller, ne serait-ce que pour rencontrer Buddy, ce robot a l’air génial (et plutôt accessible financièrement pour un robot, à 645 euros la version de base) 😉

Une petite vidéo de présentation pour voir un peu ses capacités. Il semble assez impressionnant, nul doute qu’il va pouvoir être utile dans de nombreux domaines. Et c’est open-source 😉

 

april.png Nouvelles April

L'argent public ne doit payer qu'une fois - Conférence de François Elie

Le 25 May 2016 à 11:59:40


Nom de l'orateur

Titre : L'argent public ne doit payer qu'une fois.
Intervenant : François Elie
Lieu : Fêtons Linux - Genève
Date : Avril 2013
Durée : 1 heure 03 min
Licence : Verbatim
Pour visualiser la vidéo

Transcription

Je vais vous parler du sujet que je connais le mieux qui est la question du logiciel libre dans les administrations, les collectivités territoriales. Je suis président de l'association Adullact1, qui est née en 2002, pour développer, constituer, promouvoir un patrimoine de logiciels libres métier, payé sur fonds publics. À cette époque, comme je le disais tout à l’heure, il y a un peu plus de dix ans, la conscience était assez mûre pour dire il faut faire quelque chose. Mais comme personne ne le faisait, on s'est dit, avec quelques-uns, on va le faire.

Je vais partir de fondamentaux, faire un rapide panorama historique, mais j'irai vite parce que vous en savez sans doute plus que moi sur la plupart des choses que je vais dire sur la question historique. Ensuite me concentrer sur ce que j'ai écrit dans un petit ouvrage qui s’appelle Économie du logiciel libre, et enfin, revenir sur qu'est-ce qu'on fait ? Qu'est-ce qu'on peut faire avec l'argent public et comment on peut le faire ?

Tout à l'heure, sur l'école, je vous ai montré que le logiciel libre était peut-être un grand sujet. Si on regarde de manière générale on rentre dans la société de l'information, les logiciels traitent l’information. Donc le statut juridique, technique, le mode de production, la question « qui produit ces logiciels ?», devrait être un sujet extrêmement important. Ce qui est fâcheux c'est que tout le monde s'en fout ! Ce sont les sujets connexes, données publiques, alors maintenant ça s'appelle open data parce que c'est plus sexy, mais données publiques, espace public, standards ouverts, logiciels libres. Voilà, ça ce sont les enjeux. Donc, c'est un sujet énorme.

Alors je vais dire un mot sur le logiciel libre, regarder sur l'économie et regarder ensuite sur l'argent public.

Un logiciel, je ne vais pas vous apprendre ce que c'est. C'est comme de la cuisine. L'analogie que fait Richard Stallman : il y a le code source, il y a le code exécutable. Sauf que pour réaliser de la cuisine, tous les cuisiniers vous diront qu'il faut de bons produits et pour exploiter le code source d'un logiciel il suffit d'un compilateur ou d'un interpréteur, enfin il n'y a besoin de rien quoi, il n'y a pas besoin d'ingrédients. Et la différence entre le code source et le code exécutable, c'est le rideau, le rideau dans l'école de Pythagore qui séparait les Mathématiciens des Acousmaticiens. Et ceux qui s’imaginent qu'ils n'ont que le code exécutable ne savent pas qu'ils pourraient avoir le code source, ils pourraient le modifier, etc. Je vous l'ai dit tout à l'heure. C'est comme les mathématiques qui ont commencé par être propriétaires et aujourd’hui, ce à quoi on assiste, c'est à la libération de l’informatique, mais on a déjà vu ça, la libération des mathématiques.

Alors on parle de 4 libertés. Vous savez tous ça par cœur, ce n'est pas le logiciel qui est libre, c'est vous et vous avez la liberté d'utiliser le logiciel pour tous les usages. Par exemple, vous pouvez mettre un CD d'un OS propriétaire dans un cerisier pour empêcher les oiseaux de venir, ça marche très bien, mais vous n'avez pas le droit de le faire ! Avec un logiciel libre, vous pouvez le faire. Pour tous les usages.

Liberté de copier le logiciel, de l'étudier, de le modifier si vous le pouvez. C'est comme des mathématiques. Exactement les mêmes libertés que vous avez depuis vingt-cinq siècles sur les mathématiques. Il est très impoli de dire que c'est vous avez créé, que vous avez imaginé la conjecture de Fermat ou le théorème de Pythagore, par contre vous pouvez l'utiliser, le redistribuer. Voila.

Nous sommes aujourd’hui avec le numérique en train de quitter le monde platonicien. Je reviens à un peu de philosophie. Nous étions dans un monde où l'original valait mieux que la copie. Nous entrons dans un monde où, pour les objets numérisés, l'original est identique à la copie. Il n'y a aucun moyen de les distinguer. Et il y a un effet économique intéressant, c'est que la distribution de ces objets numériques se fait à coût marginal nul. Alors ce qui est intéressant c'est que les économistes fixent le prix d'un objet sur le coût marginal de distribution. Son prix est tendanciellement égal à 0. Donc le numérique, une fois produit, devrait être gratuit. La question après c'est comment on le produit.

Il y a 2 moyens de voir le numérique. Soit on reste dans le monde des choses, et on s'arrange pour que surtout ces objets numériques se vendent comme des choses, comme avant. Soit on ouvre et on exploite selon des modes de production qui soient adaptés à ce mode de distribution très particulier.

Au passage il y a un lien avec une autre question qui est la question du développement durable. Jean-Baptiste Say, un économiste français du 19e siècle disait, il parlait des biens libres, vous savez l'eau, l'air, enfin l’eau on la paye déjà, l'air bientôt. Ces biens libres ne le sont plus ! Mais, en même temps, nous sommes capables de produire des biens libres numériques. C'est intéressant que cette conjonction historique fasse que nous avons les deux problèmes en même temps. Nous pourrions produire autrement, nous pourrions consommer autrement. Et les deux problèmes sont des problèmes de changement. Ça c'est beaucoup plus cher.

Alors je passe un peu rapidement sur l'histoire. La naissance de l'informatique, début des années 70, la naissance de l'informatique au sens de la science dont je parlais tout à l'heure, elle a déjà été imaginée cette science, mais la technologie naît à ce moment-là, les instruments pour la portabilité des logiciels, Unix, le langage C, l'idée des réseaux, on commence à dessiner les premiers réseaux, la miniaturisation, les idées de Von Neumann viennent là, rentrer dans la technologie.

Et puis je passe volontairement cet épisode du milieu des années 80, où a déferlé le PC, où on a cru que l'informatique était née parce qu'il y avait des PC partout. En fait, en 1996, en mars, lorsque le nombre de serveurs commence à doubler tous les mois, pour les joueurs d'échecs vous savez que quand ça double tous les mois, ça commence à devenir important, il se passe quelque chose. Donc la mise en réseau de la planète et qu'est-ce qui s'est passé ? J'ai mis 2 points slash/../. C'est la victoire d'Unix. Les URL sont codés comme dans Unix. Pas avec l'antislash débile de Windows. Donc c'est Unix qui gagne. Et qu'est-ce qui se passe ? Et bien le retour de l'informatique sérieuse contre l’informatique familiale. Je n'ai rien contre les OS propriétaires, mais c'est quand même de l'informatique familiale. Donc l'arrivée du logiciel libre, ce sont les gens qui vont donner, qui vont partager ce qu'ils font. Richard Stallman, Tim Berners-Lee avec HTTP, HTML, et puis Éric Raymond pour essayer de penser ce qui se passe. Si vous n'avez qu'un article à lire, lisez La Cathédrale et le Bazar. Quelqu'un qui n'y croit pas, qui se dit « c'est impossible ! Enfin, les logiciels ça se fait avec quelques gourous, des gens qui sont des dieux de l'informatique, qui font ça quelques-uns comme des grands cuisiniers. » Et là, l'idée de faire ça en réseau avec un merdier indescriptible. Comment on va gérer ce bouzin ? Éric Raymond observe que, à sa propre surprise, il n'y croyait pas, ça marche ! Voila. On observe !

Qu'est-ce que c'est que Linux ? On est en train de fêter Linux, c'est le retour d'Unix libre, c'est tout. C'est le retour de l’informatique sérieuse. Si j'ai une chose à dire aux gens qui me demandent ce que c'est que le logiciel libre, je leur dis « c'est tout le contraire de ce que vous pensez. Ce n'est pas le petit pingouin que j'ai à la boutonnière qui vient mordre les bottes de géant de Windows. C'est simplement l'informatique sérieuse qui revient pour balayer l'informatique familiale. »

Alors les choses ont avancé assez vite, je vous ai parlé de Bernard Lang tout à l'heure. 98 à la Mutualité, vous avez aussi, avec des lunettes, Jean-Claude Guédon, c'est celui qui a inventé le mot courriel. Des gens qui ont compris qu'il y avait un enjeu économique sur le logiciel libre, très tôt. On continue le petit patchwork historique. À cette table ronde, j'y étais et je me souviens très bien la gendarmerie nationale annonce en 2008 qu'en 2013, nous y sommes, la quasi totalité du parc de la gendarmerie nationale, 70 000 machines dans toutes les brigades sera sous Linux, avec un poste de travail complètement libre. La migration est quasiment achevée en ce moment.

Donc il y a des choses qui sont possibles et je m’arrête un instant sur la gendarmerie parce que c'est une migration fabuleuse. Les gendarmes sont des geeks, ils étaient passionnés de radio, ils étaient radio-amateurs, ils étaient informaticiens et puis pour faire des PV plus vite, c'est leur métier , ils avaient bidouillé des applications à quelques-uns de manière collaborative, la nuit, pour leurs copains. Tout ça se savait, mais on les laissait faire parce que c'était efficace. Et lorsqu'il a fallu connecter toutes les brigades de gendarmerie à l'internet, on s'est dit, il va falloir blinder tout ça, il va falloir avoir beaucoup moins d’informatique grise. Et donc il y avait 2 choix : soit on met tout au carré, on met tout d'équerre en disant « Bon, allez, fini les amateurs, on va laisser parler les professionnels, on va vous faire un bureau verrouillé » ; soit on dit aux amateurs connus de tous les gendarmes, ce que vous avez fait la nuit, vous allez le faire le jour et vous serez la Dream Team de la gendarmerie. C'est ce qu'ils ont fait et ça marche. C'est comme ça qu'il faut faire. Un jour j'avais un chef d'entreprise qui me dit « Tu ne connais pas un webmestre pour mon site ? » Je dis : « Eh bien t'as un concierge !

- Comment ça j'ai un concierge ?

- Oui ! Ton concierge il fait le site web de son équipe de foot ; c'est un super site web. »

Bon il n'est plus concierge aujourd'hui. Voilà, on prend les ressources où elles sont, on se renseigne. Il ne de richesse que d'hommes. Les gens ne travaillent pas pour l'argent, ils travaillent pour la reconnaissance, avant tout. Et puis voilà, je m’arrête là.

En 2010 Microsoft, la pub avait un kakemono « Optimisez la performance de vos serveurs Linux ! »

Voilà. Vous connaissez la formule de Ghandi : « Ils vous ignorent, ils se moquent de vous, ils vous combattent et puis vous gagnez ! » On devrait ajouter juste avant, ils vous imitent, parce que ils y viendront. Ils sont en train d'étudier les forges, ils sont en train de s'apercevoir que ça marche mieux, ils le savent depuis 99. Ils savent qu'ils ont perdu. Même chose, Éric Raymond. Vous regardez le rapport Halloween, Bill Gates avait posé deux questions à ses ingénieurs : « Faut-il craindre l'open source ? Si oui », il pensait que la réponse serait oui, « si oui que faut-il faire ? » Donc la réponse a été « oui, ils vont trop vite, on ne peut rien faire, techniquement on est dépassés. Et ce qu'il faudrait, eh bien, c'est se battre sur le terrain juridique. La bataille est juridique, elle n'est pas technique. » Et le jour où ils auront échoué à nous empêcher de faire ce que nous faisons, eh bien ils libéreront les codes. Et le jour où l'action commence à descendre, vous verrez, le code sera libéré. Je suis absolument persuadé que c'est dans les cartons.

Alors, voilà posé le cadre de ce que c'est que le Libre. Maintenant je voudrais m'attarder un instant sur les modèles économiques. Je suis professeur de philosophie et l'économie c'est un truc d'Aristote. Aristote pensait que l'économie c'était d'abord la question de la production. Aujourd'hui quand on parle d'économie on parle de marketing, on parle de commerce. Je ne suis pas en train de vous parler de l'achat et de la vente de logiciels, mais de la production de logiciels. C'est ça l'économie, c'est la production. Après il faut distribuer, mais c'est autre chose.

Apparemment c'est un univers assez compliqué, extrêmement incohérent, on s'y entraide mais on est compétiteurs, tout à l'heure j'ai eu une question « est-ce que vous préférez vi ou emacs ? » Oui bien sûr, ce sont des forges dans tous les coins, c'est Gnome et KDE, c'est du gâchis, ce sont des gens qui s’entre-tuent. En même temps ce sont des gens qui donnent ce qu'ils ont. Mais en même temps c'est une infâme méritocratie. Si on veut réussir dans ce monde-là, il faut être bon. Là l'image ne compte pas. Et puis, ce qu'il faut retenir, c'est cet effet de réseau qui produit un ordre émergent ce qui a surpris Éric Raymond c'est qu'on arrive dans le mode bazar à produire des trucs qui tiennent la route. Étant entendu, j'y reviendrai, que la notion de communauté est une notion qui nous fait chaud au cœur, qui nous rassure, qui nous évoque le Larzac, c'est sympathique, mais la vie des communautés, c'est quand même une vie de solitude. Si vous allez voir sur la granularité des projets sur source forge, la moyenne du cardinal d'une communauté est légèrement supérieure à 1. Une communauté c'est quelqu'un qui cherche quelqu’un. C'est ça une communauté. Une des plus puissantes communautés c'est la communauté Debian, je crois qu'ils ne sont pas 2000 sur la planète. C'est tout petit une communauté !

Alors apparemment c'est une économie tellement paradoxale que certains voudraient y voir un nouveau paradigme, une économie de la gratuité et puis des alternatives au capitalisme, enfin que sais-je. C'est vrai que nous avons des objets qui sont des biens non rivaux. Comment est-ce qu'on pourrait faire une économie qui tienne la route là-dessus ? Il y a un concept intéressant qui est la coopétition, jusqu'où coopérer et ensuite devenir concurrents ? En réalité on s'aperçoit que dans toutes les activités humaines, il y a de la coopétition, il y a un moment où on a intérêt à coopérer, il y a un moment où on n'a plus intérêt à coopérer. Et en tous les cas c'est l'intérêt qui prime. Il faudra chercher l’intérêt pour chercher des clefs en matière d'économie.

Alors la réponse habituelle c'est que l'économie du logiciel libre c'est l'économie de service. C'est faux. C'est parfaitement faux et c'est même très, très embêtant de le dire. C’est une menace de le dire sur le logiciel libre. Le code, il est vrai, produit beaucoup de services, mais le service ne produit pas de code. Autrement dit ce n'est pas du tout par le service que pour l'instant la roue tourne. La roue, pour l'instant, elle tourne toute seule. Mais cessons de dire que c'est une économie de service parce que sinon on va assécher le code et donc il y a des gens que ça inquiète. Il y a 2 ans, il y a des gens du projet Upstream qui sont venus me voir en me disant « mais il faut vraiment alerter. Plus personne ne dépose du code. Vous avez des boîtes qui pompent du code, qui vendent du code qui ne ré-posent rien ! » C'est grave ! Alerte. Il faut re-déposer ; il faut apprendre aux gens non pas à utiliser le logiciel libre mais à déposer le code qu'ils ont, qu'ils ont acheté pour leurs besoins à la boîte d'à côté parce que sinon ça ne marchera pas. Ça ne marchera pas parce qu'il y a un gros de souci. Les abeilles contribuent au logiciel libre. Elles fabriquent du miel. Mais le bon miel est vendu par des apiculteurs qui font payer pour ça. Autrement dit la contribution ne rime pas avec la rétribution. Alors tant qu'on travaille pour le fun tout va bien. Seulement les étudiants vieillissent. Il y a quelques années quand je disais ça aux RMLL, au tout début, les gens me disaient « mais non ! On ne travaille pas pour l'argent ! » Les mêmes, à Genève, il n'y a pas si longtemps, étaient d'accord avec moi, finalement, ils avaient vieilli, ils avaient des enfants, ils avaient un loyer à payer, des pizzas à payer et apparemment ils avaient compris que le fun ne suffisait pas pour payer les pizzas.

Donc il y a un premier problème, le service ne produit pas de code. Et il y a un deuxième problème c'est il y a trop le travail non payé. Là encore je voudrais vous citer Marx,beaucoup de travail non payé. Et d'une certaine façon, si Proudhon devait revenir aujourd'hui, il se demanderait si le crowdsourcing n'était pas du vol, une forme de vol 2.0, où partagez, et puis moi je passe à la caisse. Partagez vos amis, et puis moi je passe à la caisse. Partagez vos photos, et puis je file aux Galapagos. Dans ce monde-là il va falloir faire très attention à la manière dont l'argent va fonctionner. Donc il y a une manière de produire qui produit de la valeur, mais pas pour le producteur. Là encore un des problèmes qu'on a connu il y au 19e siècle.

En fait, si je passe rapidement sur la manière d'acheter du logiciel, il y a eu tout un moment dont se souviennent les DSI. Le premier moment ils s'en souviennent avec terreur, c'est ce qu'ils appellent le moment du spécifique où chacun est dans son coin, il n'y a pas de réseau, il n'y a pas de progiciel, on réinvente la roue, on prend des ingénieurs en régie et puis on fait notre informatique. Catastrophique ! Séparés les uns des autres. Arrivent des éditeurs de progiciels qui vont nous dire « mais c'est formidable, on va faire le boulot à votre place, on va répondre à vos besoins, pour vous, c'est une mutualisation par l'offre, on va vous vendre des choses qu'il n'y aura plus qu'à paramétrer pour les adapter à vos besoins spécifiques. Vos besoins sont spécifiques, mais les logiciels sont génériques, ce sont des progiciels. » Ça c'est formidable jusqu'au moment où, phénomène de vendeur locking, dans des niches, on est pieds et poings liés à des vendeurs, à des marchands. On a beau être un club d'utilisateurs, on peut simplement pleurer ensemble en implorant l'éditeur de corriger les bugs et de ne pas trop en rajouter dans la version suivante. Bref le cœur des pleureuses, c'est ce qu'on appelle un club d'utilisateurs.

Et puis le troisième moment, c'est celui dans lequel nous rentrons. C'est une inversion : la mutualisation par la demande. Les clients se parlent et se disent mais après tout, c'est nous qui payons ! On pourrait décider. Pourquoi l'éditeur décide t-il des fonctionnalités et de nos besoins ? On pourrait donc très bien devenir l'éditeur et le payer comme un informaticien. Lui il code, nous, nous connaissons nos métiers.

On inverse la charge et ce qui se passe avec le libre c'est simplement la révolte du club d'utilisateurs, du moins sur le segment de métiers.

Alors je vais essayer de vous raconter l'histoire telle que je la vois. Et au passage on verra trois communautés se dégager.

À la fin du siècle dernier, alors le modèle que j'utilise c'est ce que j’appelle la métastabilité diachronique, à travers le temps, on comprend les phénomènes, en regardant comment ils se sont passés. Ce n'est pas en prenant une photo des modèles économiques aujourd'hui qu'on comprend. On ne comprend rien quand on prend une photo du présent. Il faut regarder à travers le temps. Et puis métastabilité, les physiciens connaissent ça, c'est un état stable dont on peut sortir. Ceux qui ont joué aux billes, savent que on peut sortir une bille d'un trou. Là la bille est dans le trou du Free software à la fin du siècle dernier. Et le Free software est vanté par des gens barbus, chevelus, avec des chemises à fleur et des sandales. Je suis 6 mois par an barbu, je vous rassure ! Et c'est très compliqué d'expliquer à une entreprise qu'elle a un intérêt à faire rentrer des gens qui jouent du pipeau pour leur expliquer ce que c'est que l'informatique. Très très compliqué ! Alors Eric Raymond se dit « il va falloir remplacer l'idéologie par l’intérêt ». Et avec quelques-uns ils vont essayer de substituer à Free software un nouveau mot, open source.

Alors je sais que ce n'est pas bien ! Si Richard était là il me dirait « ce n'est pas bien de dire open source, il faut dire Free software. » Oui je sais. Mais pourquoi ils ont fait ça ? Pour dire aux industriels : « Votre intérêt c'est de produire du logiciel comme eux, de produire aussi efficacement qu'eux pour vos besoins. Cessez de produire du logiciel de manière propriétaire, mutualisez entre vous ! » Et ça marche assez bien si on prend l'exemple de W2 ou de la fondation Apache. Vous avez les géants du monde propriétaire qui développent du logiciel libre entre eux. Pour s'asseoir à la table de la fondation Apache il faut payer 70 000 dollars par an, avec un budget annuel de l’équivalent de celui de l'Adullact, enfin c'est une manière d'échapper au fisc américain, c'est une manière de faire de la R&D ensemble. Inutile de réinventer la roue chacun dans son coin sur le middle ware. On va le développer ensemble. Ils le font tous ! Et donc c'est la mutualisation par l’offre et cette mutualisation par l'offre est déjà en route. Toutes les administrations, toutes les collectivités qui veulent acheter du logiciel, achètent en fait du logiciel libre, packagé, détourné, on va utiliser des licences qui vont bien, pour l'instant beaucoup de licences non copyleft. C'est très utile, justement pour les faire venir à çà, de manière transitoire.

Mais il y a un problème c'est que la 3e communauté, celle des clients n'est toujours pas là ! Et pour l'instant on nous vend, sans nous le dire, des objets qui sont développés de manière collaborative, qui ont le goût de l'open source, la saveur de l'open source mais le prix du propriétaire ! Et ça énerve les clients ! Parce que les clients même dans le monde du libre n'ont pas du tout les mêmes intérêts que les marchands. Parce que les marchands ils gagnent de l'argent, les clients ils payent : ils n'ont pas les mêmes intérêts.

Un jour je donnais une conférence à Paris et je disais il faut arrêter de dire dans la communauté « Youkaïdi Youkaïda ! On est tous frères ! » Ce n'est pas vrai. Ils y en a qui payent, il y en a qui gagent de l'argent. On n'a pas les mêmes intérêts. Les clients et les marchands n'ont pas les mêmes intérêts.

Et enfin progrès lorsqu'on comprendra où est l’intérêt du client. Parce qu'on ne peut pas dire que l'utilisateur est au centre si on ne lui donne pas la main. Il ne s'agit pas de se pencher sur ses problèmes, il s'agit de lui dire « voilà la clef. C'est à toi de travailler sur les logiciels qui tu connais mieux que personne, les logiciels métier ». Et on voit les trois informatiques : l'informatique de base, les architectures, les couches basses, ça c'est ce qui a réglé à la fin du siècle dernier. Le socle de l'internet s'est fait sur du libre, des gens qui travaillaient pour le fun. Ensuite le middleware est massivement, aujourd'hui, en open source. Par contre les applications métier elles collent au fond et personne ne les fera pour nous. Il y a quelques éditeurs. C'est compliqué de trouver un modèle aux éditeurs open source, parce que c'est un modèle transitoire, modèle de mutualisation par l'offre. Sur le domaine métier c'est très compliqué, c'est très instable. Il faut produire du logiciel libre métier par des clients.

Alors aujourd'hui on est sur un troisième moment. On a laissé, au passage, deux combats, deux combats d'arrière garde. Le troll Free software versus open source et puis un autre troll mutualisation par l'offre, mutualisation par la demande, clients et marchands. En fait le problème est déjà comment on fait quand on est plusieurs clients et qu'on doit reprendre la main ? Je vais prendre quelques exemples.

Alors là je suis en désaccord avec Eric Raymond. Il a écrit un autre article qui s'appelle Le chaudron magique, pour essayer de comprendre l'économie du logiciel libre et il pose une question. Il se dit si les scieries, les gens qui coupent du bois, ont des logiciels, est-ce qu'ils ont intérêt à ce que ces logiciels soient open source ? Eric Raymond dit : « Ben non ce ne sont pas des informaticiens, les gens des scieries. » Moi j'ai répondu oui. Bien sûr que si ! Ils ont tout intérêt à se mutualiser ensemble. Toutes les scieries du monde entier se donnent la main et font un logiciel de scierie. Je ne sais pas si vous savez quel est le prix d'un logiciel qui gère une pharmacie. Ça pique un peu les yeux. Mais il suffirait que l'ordre des pharmaciens décide de faire cotiser les pharmacies au développement d'un logiciel et soudain les prix tombent avec un bruit mat. Il suffit de le vouloir.

Je prends un exemple dans le domaine du design, de l'image, ils sont verrouillés par une société, je ne connais pas bien, il paraît que Phostoshop, Adobe, il y a des produits qui sont les produits du marché. D'ailleurs ils sont enseignés dans les écoles ! Mais aujourd'hui ce que j’entends, c'est que ces écoles, dans le monde entier, sont en train de se dire « mais attend, les licences commencent à être un peu chères. On commence à nous verrouiller ! Et si on prenait la main. Et si on se mettait tous ensemble ! » On a bien vu, Blender est possible. Gimp est possible ! Et si on se mettait ensemble et qu'on faisait avancer ces projets avec l'argent qu'on engloutit dans des licences de produits propriétaires. L'idée n'est pas idiote. La vraie question c'est comment on fait.

Alors en fait il y a trois communautés, vous l'avez compris : il y a les hackers, les gens qui travaillent pour le fun ; il y a les marchands, qui travaillent pour l'argent ; et puis il y a des clients qui travaillent pour faire des économies. Ce n'est pas exactement la même chose que de travailler pour l'argent. Ils travaillent pour faire des économies ou pour épargner en particulier de l'argent public.

Alors venons-en à l'argent public.

Je ne sais plus quand j'ai commencé à dire que l'argent public ne devait payer qu'une fois, mais ce devait être, peut-être, dans une réunion. C'était à l'époque du fork Agora, un fork de SPIP qui avait été fait pour le site du Premier ministre en France. Et on se réunissait tous les mois. J'étais un petit peu pour les aider à faire ensemble. Il y avait comme ça des gros comptes, des ministères, des grandes villes qui achetaient des fonctionnalités dans l'environnement SPIP-Agora. Et on faisait un tour de table : « Alors qu'est-ce que tu as acheté ce mois-ci ? » Il y en un qui dit « J'ai acheté telle fonctionnalité, à telle boîte pour tel prix, et je la partage. » Et il y en a un qui dit « Et bien c'est ballot, j'ai acheté la même ! À la même entreprise ! C'est du libre ! » Voila ! L’intérêt du marchand, même en Libre, c'est de faire payer plusieurs fois et ça, ça agace les clients. Quand je dis que ça agace c'est peu de le dire ! Quand on est côté client on est prêt à payer pour le Libre, mais une fois, et on est prêt à trouver un bon modèle pour ne pas reproduire des modèles de verrouillage.

Alors ça tombe bien, normalement un logiciel libre il est gratuit une fois qu'il a été payé. Mais il faut le payer une fois, il faut le développer, il faut séparer très précisément la production en amont et la distribution. Si on commence à mélanger distribution et production, on fait du propriétaire. Et donc il ne faut surtout jamais investir un kopeck dans la production du logiciel. Si vous invertissez, vous êtes propriétaire parce que vous allez vouloir vous refaire. C'est le client qui doit payer la production. Il veut quelque chose, il le paye ; c'est du libre.

Alors dans ce cas-là, oui effectivement, c'est du service. Mais en ce cas là le développement aussi est du service. Le développement c'est une forme de service et c'est le client qui paye. C'est un conseil que j'ai donné à beaucoup de gens qui voulaient se lancer dans le Libre, je leur ai donné ce conseil : « N'investissez jamais : c'est le client qui doit payer.»

Alors dans le monde de l'argent public, le vrai problème ce n'est pas l'utilisation des logiciels qui existent déjà, c'est le développement des logiciels qui n'existent pas. Alors ça, c'est compliqué à expliquer dans la communauté du Libre. Je prends un exemple : en 2004 la question s'est posée de savoir si la ville de Paris devait passer ou non au Libre. On s’imagine qu'il suffit d'une volonté politique pour passer au Libre. Un conseil municipal, des mains qui se lèvent et soudain on passe au Libre. C'est beau, c'est poétique, mais ce n'est pas ça la vraie vie. La vraie vie c'est qu'on peut éventuellement passer la bureautique en Libre si on a quelque chose de décent à se mettre sous la dent. Ce n'est pas toujours le cas. Mais pour ce qui est des logiciels métier, pour ce qui est des logiciels sur lesquels les gens travaillent, là ça va être beaucoup plus long. La ville de Munich, elle est partie pour dix ans. Sa migration ce n'est pas simplement « allez, on passe la bureautique. » Non !

Je ne pas si vous imaginez ce que c'est que le logiciel qui gère le patrimoine de la ville de Paris, la gestion de patrimoine. C'est un petit logiciel ! Il n'est pas encore libre et il y a peu de chances pour qu'il le soit demain parce que, pour l'instant, ils ont autre chose que de le développer. Donc le vrai problème c'est le logiciel métier. Et souvent ceux qui verrouillent sur des OS propriétaires c'est tout bêtement ça, ce n'est pas un problème de volonté politique. Et puis alors si la gendarmerie est passée au Libre, c'est parce qu'ils ont des métiers très ciblés et c'est très facile. Leur métier se fait entièrement dans des formulaires, dans un format de suite bureautique, et donc c'est très facile. Mais quand on est dans une mairie, on a 250 métiers.

Alors pour développer, il faut des forges. L'Adullact a ouvert une forge publique qui s'appelle Adullact hot net2. On a essayé de faire comprendre à l’État français qu'il pourrait avoir intérêt à faire une forge. Alors il a fait une forge. Ensuite il ne savait pas quoi en faire il nous l'a confiée. Donc on gère la forge de l’État. On a convaincu la Commission européenne que ce partage devait être fait entre les pays. Donc ils ont monté OSOR, Open Source Observatory and Repository, parce qu'on leur a dit il ne suffit pas d'observer, si vous ne faites rien vous n'observerez rien. Donc ils ont fait une forge qui est maintenant dans un méta projet qui s'appelle Joinup. Et donc, la difficulté c'est d'expliquer comment développer des logiciels qui n'existent pas et en plus dont on ne voit absolument pas l’intérêt et le fun pour les développer. Je prends l'exemple que nous prenons toujours pour expliquer ce que nous faisons, OpenCimetière3, c'est la killer application, pour faire du Libre sans concession. Donc ici on est sur du logiciel qui n'est pas exactement sexy, la nuit en mangeant des pizzas, vous ne faites pas Open cimentière. Alors heureusement la ville d'Arles a développé Open cimetières, de manière itérative d'autres villes ont abondé sur le code. On a Open cimetières qui existe mais on est sur des métiers de ce genre et donc il faut expliquer qu'il y a des métiers sans aucun intérêt pour le hacker et qu'il va bien falloir cracher quand même.

Alors les collectivités, les administrations, je crois que c'est d'abord les collectivités, parce que c'est du bottom-up le Libre, ce n'est pas une décision politique qui va d'en haut, c'est le bazar, ce n'est pas la cathédrale. Et les décisions politiques qui viennent d'en haut, elles se défont aussi vite. Il suffit d'un changement de majorité et hop on repart sur autre chose. Par contre ce qui vient d'en bas, ça, c'est pérenne.

Et les décisions politiques, les vraies décisions de développement, alors sans doute il y a des décisions politiques en haut, qui sont le respect des standards. Ça c'est très important, le respect du code de la route. Je ne vois pas pourquoi on hésite sur les référentiels d'interopérabilité, il n'y a pas à hésiter ! Les collectivités qui disent « Ah oui la liberté de l’administration. » Eh bien non, vous n’avez pas un code de la route en fonction de votre commune. Il n'y a pas une commune qui va dire « chez nous on roule à gauche ». On ne va pas décider que les panneaux de sens interdit signifient il y a un bar en face. On est ici devant des normes qui doivent être imposées partout. Par contre ce qui doit remonter, c'est la volonté de le faire ensemble.

Alors le mot mutualisation est compliqué parce que soit on veut mutualiser pour faire des économies, mais ce n'est pas ça pas la mutualisation. Les mutuelles sont nées pour se garantir contre un danger. Le mouvement mutualiste c'est pour se garantir contre un danger, ce n'est pas pour faire des économies. Et si on n'a pas conscience du danger, on ne mutualise pas. Et la fausse mutualisation qui consiste à faire des économies, c'est simplement une opportunité. Mais tant que les gens n'auront pas conscience du danger qui menace la sécurité de nos données, la pérennité de nos données, etc., la localisation de nos données, ou nos données elles-mêmes, eh bien on ne mutualisera pas.

Ensuite il y a un deuxième contresens qui consiste à mutualiser pour les autres. Il y a des tas de gens qui font pour les autres. Des régions qui mutualisent pour leurs communes, des départements pour leurs communes, les États pour les autres. Mais on ne mutualise pas pour les autres. On mutualise avec les autres et avec des égaux. Ça c'est compliqué. Dire à une région qu’il faut développer un logiciel avec une autre région : très compliqué parce qu'elles sont dans une concurrence territoriale, elles ont les mêmes intérêts, c'est de l'argent public, c'est nos impôts, c'est vos poches, mais c'est leur concurrence territoriale. Voila c'est compliqué. Ce n'est pas de l'informatique, c'est de la psychiatrie !

En fait, ce n'est pas un problème technique, ce n'est pas un problème informatique, c'est d’abord un effet juridique. L'effet juridique du Libre dans les marchés publics, c'est tout bêtement de séparer la solution et la prestation. De séparer le soft et le service dessus. Et contrairement à ce qu'on croit, eh bien ça rétablit la concurrence là on elle n'existe pas en évitant les situations de monopole, on se demande qui va nous vendre l'OS dont je tairai le nom par charité. La vraie concurrence, c'est le Libre. N’importe qui peut faire du Libre ! Même les gens qui font du propriétaire. C'est l'inverse qui n'est pas vrai. Alors où en est-on aujourd’hui ? Je compare souvent le logiciel avec un tsunami. Un tsunami c'est quelque chose qui bouge sous l'océan, personne ne le voit et ça a des conséquences plus tard, il y a une vague qui déferle. Nous sommes quelques-uns à avoir vu bouger le fond de l'océan. Quelques-uns sont un peu découragés, mais rassurez-vous, ça bouge, la lame de fond est partie et ça ne s’arrêtera pas.

Il y a quelques années j'étais à une table ronde, il y avait en face de moi un des patrons des syndicats d'éditeurs européens, éditeurs de logiciels. Le journaliste me tend le micro pour engager la conversation et me dit : « Où en sera t-on dans dix ans ? » Je lui réponds dans dix ans il n'y aura plus d'informatique propriétaire. Alors il tend le micro, il est très content, il tend le micro à l'autre en disant « Allez, que répondez-vous à cette provocation ? ». Et l'autre répond : « Moins de dix ans ! » Donc ils le savent. Ils savent que c'est fini. Simplement comment on fait ? Pour l'instant, c'est nous qui leur laissons le temps. C'est nous, parce qu'on ne sait pas comment faire, qui leur laissons du temps. La lutte actuelle est sur le middleware. Comment les grandes boîtes propriétaires vont exploiter le travail de gens qui font du middleware intelligent. Sur le logiciel métier les choses avancent quelquefois discrètement. Dans la grande distribution, dans la banque, c'est déjà parti. Par contre pour des raisons de marketing, d'image, ils ne le disent pas. On ne pas dire, surtout en Suisse, tu imagines, qu'on va gérer votre argent avec un logiciel libre ! Surtout l'argent des Français ! Certains ! Les banques sont ouvertes le soir ?

Dans la grande distribution, c'est parti aussi. Ce qui est très intéressant c'est que vous avez des enseignes qui sont concurrentes et qui collaborent pour développer du logiciel qui est gestion de caisse. Ce sont les mêmes logiciels qui sont derrière. Si jamais vous avez l’occasion, mais il faudrait que ça plante ! ça ne plante jamais ces trucs-là. Si vous avez l’occasion de voir un système de caisse automatique dans un supermarché qui plante, vous verrez c'est un Linux. Bon ça ne plantera pas, mais enfin, croyez-moi.

Sur le poste de travail j'ai parlé des logiciels métier qui font des adhérences. Ce n’est pas la priorité la question des postes de travail. Il faudra développer du métier avant de venir sur le poste de travail.

Mais surtout, puisque développer c'est acheter du service de développement à quelqu’un, comment on fait pour acheter du Libre ? Alors ce n'est moi qui vous le dis c'est, en 2005, la Directrice du service juridique de Bercy, le Ministère des Finances en France, qui est venue à Solutions Linux expliquer comment on achetait du logiciel libre. Elle a dit - ce doit être applicable un peu partout : « Le code des marchés publics ne s'adresse qu'aux objets onéreux, qui payent. Si c'est gratuit, il n'y a pas de marché. Vous pouvez choisir librement, l'installer quand vous voulez. Vous pouvez même faire une assistance à maîtrise d'ouvrage pour choisir ce que vous allez choisir sans marché. Vous faites un marché pour choisir sans marché. Et ensuite ? Ensuite vous faites un marché de service sur ce logiciel que vous avez choisi. Et ce marché tout le monde peut y répondre, tout le monde, même les gens qui font du propriétaire, Oracle, Microsoft, Apple, peuvent répondre, le code est ouvert, s'ils ont des développeurs, s'ils ont encore des développeurs, eh bien ils peuvent répondre. Il n'y a pas de souci.» Et donc cessons de nous faire des nœuds au cerveau en disant comment on peut mettre à égalité dans les marchés publics le Libre et le propriétaire. Pas la peine, si vous faites ça vous faites gagner le propriétaire, parce que le Libre sera toujours plus cher. Ou alors, il faut acheter ensemble. Il faut mutualiser à grande échelle. Il faut se mettre à 20 régions pour acheter un logiciel pour gérer le tourisme, le commerce, les lycées d'une région. Alors là, oui, ça devient intéressant et une boite en logiciels libres pourra dire : « Et bien écoutez, le logiciel n’existe pas, mais je réponds au marché quand même. Laissez-moi six mois et avec cet argent je développe le logiciel from scratch. » Mais si on ne mutualise pas, les marchés sont un piège.

Alors le problème c'est de développer ensemble. Retour de la psychiatrie, parce que c'est très compliqué de travailler à plusieurs pour définir des métiers. Alors ce qu'on essaye de faire depuis dix ans à l'Adullact, c'est de faire des groupes de travail pour spécifier, on va jusqu'à l'4, pour spécifier du métier, avec des gens qui ne sont pas informaticiens et ensuite on essaye de dire à ceux qui sont dans les groupes de travail des collectivités : « Eh bien faites un appel d'offre à l'outil, mutualisez, pour acheter le développement de ce que vous avez spécifié. » Très compliqué on été obligé de monter une coopérative pour amorcer la pompe, pour aider à développer des logiciels qui étaient stratégiques en particulier sur la chaîne du document. Alors quelques exemples : OpenCimetière, bien sûr, on a acquis leur application ; RSA, le revenu de solidarité active, la Seine-Saint-Denis a développé un logiciel qui peut servir à tous les départements ; c'est un qui l'a fait ; Lilie, le logiciel de gestion des lycées, l'environnement numérique de travail de la Région Île-de-France, mais là encore c'est une région qui développe pour ses besoins et qui donne aux autres. On aurait gagné du temps si les 20 régions s'étaient mises ensemble et avaient dit : « Et bien on fait ensemble, on développe le logiciel de gestion de tous les lycées. » Un exemple intéressant As@lae5. On a vu venir avant le problème de l'archivage à valeur probante. La chaîne du document une fois que le contrôle d'égalité est passé, hop on va archiver, et, avant que ça ne devienne obligatoire, on s'est dit « on va le développer ». Ce qui est intéressant, c'est qu'on a été rejoint sur ce point par les Archives de France qui nous ont dit : « On a vu ce que vous faisiez ! C'est bien. On vous aide. » Et on a développé un logiciel métier, d'archivage, qui est aujourd'hui, en train de se développer un peu partout et qui est un bon exemple de ce qu'on pourrait faire en s'y prenant à l'avance, en prenant le temps d'auditer, d'écouter les experts. Surtout sur les métiers, ce n'est pas de l’informatique, ce sont des problèmes de métier.

Et puis j'ai quelques regrets. J'ai Orchestra par exemple, un logiciel de SIG, de système d'information géographique, qui a été développé qui est, en fait, un cumul de petites briques intelligentes, qui a été développé entre l'État et la région Bretagne. C'est un projet magnifique, très intelligent, qui, malheureusement, n'est pas assez utilisé. LLSOLL6, un autre regret, j'en ai parlé tout à l'heure, un logiciel né en Suisse pour gérer une salle de langues, un laboratoire de langues, quand on sait ce que ça coûte pour un collège ou un lycée, si on veut vraiment faire l'Europe, si on veut vraiment parler différentes langues. Alors chez vous, vous parlez plusieurs langues, mais chez nous c'est plus compliqué, on a déjà du mal à parler le français. Alors l'enseignement des langues pourrait être intéressant si n'importe quelle salle en réseau pouvait devenir un laboratoire de langues. Alors j'ai quelques regrets c'est que les gens ne comprennent pas que en mutualisant on peut ne payer qu'une fois. Voila le sens de « l'argent public ne doit payer qu'une fois ». Ce n'est pas qu'on paye une fois pour ne pas payer deux fois. Ce n'est pas ça. C'est si on se met ensemble on paye une fois et ensuite c'est gratuit pour tous et on crée du service pour tout le monde et tout le monde pourra manger.

Le problème c'est la gouvernance, c'est la pérennité, c'est s’organiser. C'est plus un problème d'organisation qu'un problème technique. Alors voilà l'appel que je lance à ceux qui dans le public feraient partie des collectivités, des administrations. Y a t-il un agent public dans la salle ? L'avenir du logiciel libre dépend de nous. C'est-à-dire que si on veut que la roue tourne, si on veut que le service produise du code, si on veut que ceux qui contribuent soient rétribués, si on veut qu'il y ait moins d'argent qui aille à ceux qui ne font pas et un peu plus à ceux qui font, si on veut que le travail soit rémunéré, si on veut que ce soit une production saine, à ce moment-là il faut que les clients prennent la main. Si on est des clients, si on a des mêmes besoins, il faut cesser de répondre à nos besoins tout seul. Il faut chercher, si ça existe je prends, si ça n’existe pas je cherche quelqu'un qui a les mêmes besoins que moi et on essaye de se mettre ensemble et on essaye d'y répondre, ensemble. Donc il s'agit de reprendre la main. C'est un problème, simplement, d'unification de nos consciences, de nos propres besoins. Et j'aime bien cette formule : « C'est celui qui met la pièce dans le juke-box qui choisit la musique. » Il y a un moment où il faut que ceux qui payent décident !

Alors juste de l'autre côté de la frontière, sur les mairies, il y a ces trois mots, et sur les écoles aussi, « liberté égalité fraternité ». C'est intéressant de se rappeler que l'argent public a aussi un rapport avec la république. Vous avez une beaucoup plus grande expérience de la république que nous. C'est ce mariage, non, le mot est compliqué en ce moment, c'est cette union civile entre le logiciel libre et la politique qui est intéressante. Il s'agit de voir qu'on est sur l'espace public. Créer du patrimoine avec de l'argent public c'est plus intelligent que créer de la rente. C'est plus intelligent de créer des conditions pour produire des outils, pour produire des contenus qui sont ensuite ouverts, que de créer les conditions dans lesquelles de l'argent public sera réinjecté pour produire du privé. Ce serait absurde !

Alors souvenez-vous de cette formule de Confucius pour tous ceux qui sont découragés : « Quand vous ferez quelque chose souvenez-vous que vous aurez contre vous tous ceux qui voulaient faire la même chose, tous ceux qui voulaient faire le contraire et tous ceux, très très nombreux qui ne voulaient rien faire. »

Applaudissements

Public : Intervention inaudible.

F.E. : Oui, oui allez-y,

Public : Intervention inaudible.

F.E. : Alors c'est vrai qu'il peut y avoir des différences culturelles, vous avez raison, qui font qu'on peut plus coopérer, ici ou là, en fonction de l'histoire. Je me souviens quand même, quand j'étais allé en Belgique leur devise c'est « l'union fait la force ». Donc c'est pour souligner, ils ont aussi une histoire. Plus concrètement j'observe pour avoir plusieurs fois passé la frontière qu'il n'y a pas vraiment énormément de différences et qu'il y a des administrations qui ont plus ou moins de mal à collaborer, que c'est plus que des problèmes culturels, des problèmes individuels, des problèmes juridiques, des problèmes de conscience des enjeux. Ce n'est d'ailleurs pas propre aux administrations. C'est même dans le domaine du privé, si les garagistes, si les pharmaciens, si les banquiers décident de faire ensemble, indépendamment des problèmes culturels, ils ont des situations de concurrence, de personnes. Ils n'ont pas l'habitude de faire ensemble et donc c'est surtout ça que je voudrais signaler, mais tant mieux s'il y a des endroits où on a l'habitude de faire ensemble, et on le fait avec joie.

Public : Intervention inaudible.

F.E. : Vous avez raison de poser la question parce que ça permet de préciser. Je n'ai pas développé ce qu'on fait dans les groupes de travail. Quand on réunit des gens, la grande difficulté c'est de leur dire « maintenant vous allez cesser d'exprimer votre besoin, vous allez faire la différence entre les besoins qui sont génériques et les besoins qui sont spécifiques ». Autrement dit la crainte effectivement quand ils arrivent c'est « mais on va faire du spécifique ». On va essayer de faire quelque chose qui soit le plus générique possible, de manière à pouvoir, éventuellement, faire de la réutilisation de code pour d'autres problèmes, de manière à répondre de manière spécifique à un métier et éventuellement le paramétrer pour les besoins, encore plus spécifiques, de telle ou telle collectivité. Mais si on veut être fidèle à l'esprit du Libre, il faut réutiliser le code. Donc effectivement c'est compliqué d'expliquer aux gens, parlez-nous, non pas de votre besoin, mais du besoin métier. Et c'est intéressant lorsque, par exemple sur l'archivage on a vu des archivistes qui parlaient de leurs problèmes, ils étaient dans l'interface, ils étaient dans le métier, dans l'usage du métier. Dès que les Archives de France, dès que les théoriciens du métier étaient là, eh bien ils étaient sûrs, ils avaient tous les mêmes besoins. Après les problèmes d'interface, c'était tout à fait secondaire. Mais c'est très important de travailler sur ce qui est générique, c'est-à-dire les besoins communs.

Public : Intervention inaudible.

F.E. : Dans tous les projets il y a des problèmes de gouvernance, et c'est pour ça que j'ai insisté sur la gouvernance, ce que j'appelle la psychiatrie. Un jour j'étais à Bruxelles, il y avait une journée, je devais la conclure en anglais donc je m'en souviens très bien. Si vous m'entendiez parler anglais vous comprendriez ! Toute la journée des projets se sont présentés. Et ils ont passé plus de temps à parler de la structure, de l'usine à gaz juridique qu'ils étaient en train de monter pour soutenir un projet que du projet lui-même. Et donc ma conclusion était toute trouvée. Je leur ai dit « mais arrêtez de faire du juridique, arrêtez de monter une association, une fondation, un bouzin pour chaque projet ». Imaginez dans une commune on a 200 métiers. On ne va pas adhérer à 200 GIP, à 200 associations, on ne va pas gérer 200 interlocuteurs. Donc un des freins, effectivement, c'est la gouvernance, mais il faut faire de la méta gouvernance, il ne faut pas gouverner un petit projet en s'imaginant qu'on va drainer toutes les fondations de la terre sur 30 000 lignes de code. Non ! Il faut faire des projets à plus grande échelle. Alors c'est aussi la raison pour laquelle à l'Adullact on a essayé de faire une forge et puis une association un peu large où on ne va pas avoir pour vocation de soutenir un logiciel ou un autre, mais le développement de logiciels et des logiciels qui n'existent pas encore. Mais effectivement, il faut se méfier de la gouvernance à un niveau granulaire. Et sur un projet comme LLSOLL ou sur bien d'autres, quand il y a plus de gens qui gèrent la fondation que de gens qui codent c'est qu'il y a un souci.

Public : Intervention inaudible.

F.E. : Alors ce que vous dites c'est que ce qui freine l'utilisation de Linux ce serait le manque de compétences et puis effectivement la paresse. Je crois que c'est doublement faux. Premièrement, c'est faux parce qu' il n'y a pas besoin d’être un geek pour utiliser Linux. Moi j'ai mis des vieilles personnes sous Linux en leur faisant croire que c'était la nouvelle version de Windows. Pas de souci. Elles se sont adaptés. Quand vous passez de Windows XP à Windows eight, c'est un saut quantique. Donc là, je souhaite bien du courage à ceux qui voudront être sur le même système d'exploitation. Mais notre première réponse, non c'est aussi facile. Évidemment ils ne vont pas lui faire faire les pieds au mur, ils ne vont pas le reconfigurer tous les quatre matins. Bon,il y a des geeks qui reconfigurent leurs machines, jusqu'à ce qu'elles tournent très bien, ils n'en font rien. C'est comme des gens qui font du tuning sur leur voiture, ils ne roulent jamais mais par contre la voiture roule bien, elle roulerait bien. Je ne parle pas de ça. N'importe qui, qui peut utiliser, comme utilisateur lambda Linux, ça marche très bien, mais ce n'est pas ça qui freine. Ce qui freine vraiment, c'est pour ça que c'est la deuxième erreur, c'est que ce n'est pas possible. Ce n'est possible que sur un gros 10 % des machines où il n'y a que de la bureautique. Dès qu'il y a des applications métier, pour l'instant c'est compliqué. Allez à Munich et allez voir leur plan de développement de logiciels métier. Ils ont commencé par mettre des postes sous Linux là où c'était possible. Ils ne l'ont pas fait là où c'était impossible. Donc regardez bien, allez dans les mairies, allez dans les départements, dans les administrations et regardez travailler les gens. Et ensuite, ensuite on reparlera de ce qui bloque. Alors c'est vrai qu'il y a des problèmes culturels, la paresse et le changement. Et ça se gère le changement.

Public : Intervention inaudible.

F.E. : Oui alors il y a un autre aspect, là vous avez raison, c'est qu'on a beaucoup externalisé. Alors aujourd'hui, dans les collectivités, le procurement de l'informatique c'est on achète du logiciel avec des chefs de projet. Et en gros ça se résume quelqu'un qui ne sait pas ce qu'il achète qui rencontre quelqu'un qui ne sait pas ce qu'il vend. Quand je dis çà à des gens du métier, ils me disent c'est exactement ça, donc je n'ai rien inventé. Effectivement vous avez raison, le problème du libre c'est qu'il va falloir ré-internaliser les compétences, c'est-à-dire dire aux gens votre valeur c'est ce vous savez faire dans la collectivité et ce n'est pas l'argent que vous dépensez.

Public : Intervention inaudible.

F.E. : Je ne sais pas. C'est une question qui dépasse de loin mes compétences. je ne sais pas. Oui !

Public : Intervention inaudible.

F.E. : Alors c'est possible, je l'ignorais, c'est possible. Donc dites à tout le monde qu'il y a des sectes partout dans les logiciels propriétaires, ça donnera peut-être des idées

Intervention inaudible

F.E. : Je ne savais pas.

Public : Intervention inaudible.

F.E. : Oui, oui c'est très possible. Oui, c'est vrai.

Public : Intervention inaudible.

F.E. : Un problème de communication pour savoir ce qu'il faudrait faire, vous avez raison. Alors moi quand on me pose la question qu'est-ce qu'il faudrait faire dans la loi ? Je réponds il y a une mesure très simple à faire. Il faut demander à ce que les gens soient obligés de publier leur intention de déposer un appel d'offres, leur intention. Et on s'apercevrait qu'on est tous en train d'acheter la même chose. Et après, il suffirait d’encourager, ou plutôt de décourager, parce qu'on encourage les gens en donnant de l'argent, il vaut mieux toujours les faire payer quand ils agissent mal, ça économise l'argent public, il vaut mieux faire entrer de l'argent que d'en dépenser. Il suffirait d'encourager les gens à travailler ensemble et décourager les gens qui font tout seul. Voila une mesure très simple, pour être informés il faudrait obliger les gens qui font, obliger les gens qui ont des compétences à les publier de manière à ce qu'on sache ce qui se fait ici ou là et ce qu'on a intérêt à faire ensemble. Oui ?

Public : Intervention inaudible.

F.E. : C'est vrai qu'il y a une adoption en Chine, mais on pourrait aussi parler de l'Amérique du Sud ou de l'Asie du Sud-Est, ou la Russie, des adhésions assez massives à des environnements libres ou des OS libres. Je crois que ça n'aura aucune influence sur des décisions des pays industrialisés, pour une raison très simple. C'est très facile quand on n'a rien de passer au libre. C'est beaucoup plus compliqué quand on a quelque chose. Donc on est sur des problèmes qui sont diamétralement opposés. Par contre ça aura une incidence, à moyen terme, sur la valeur des certifications sur le propriétaire qui vont perdre de la valeur. Si effectivement le nombre de postes qui seront sous des OS libres, je ne parle pas des environnements serveurs où là les certifications sont plus réduites mais s'il y a massivement des bureaux libres dans le monde et bien ça fera remonter la valeur de ceux qui les connaissent. Alors effectivement, ceux qui ont envie de faire du service dessus, ils ont intérêt à se dépêcher à se former là-dessus sinon les Chinois vont déferler et ils vont venir nous expliquer comment ça marche.

Public : Intervention inaudible.

F.E. : Je vous remercie.

Applaudissements

24 May 2016

jzimmermann.png Jérémie ZIMMERMANN

Freedom of choice of terminal, key issue for Net Neutrality

Le 24 May 2016 à 14:17:42

Paris, 24 May 2016 — La Quadrature du Net publishes an article from Benjamin Bayart, member of the Strategic Directions Council of La Quadrature du Net. This article was written on behalf of the Federation FDN and was initially plublished in French here.

One of the constitutive elements of an open access to Internet as defined in the recently-adopted European regulation on telecoms, is the fact that the end-user can use the terminal of their choice. This element is easy to understand when we talk about mobile access: we should have the right to use the phone or the smartphone of our choice rather than the one the network operator wants us to use. But it gets complicated when we talk about fixed internet access : is the modem a terminal and should it be uncoupled from access itself?

The not-so-easy case of the mobile phone

All smartphones are designed in a similar way. Two computers live together in the phone and run two different operating systems. One of them is what we call baseband, managing the connection with the network and most of the radio/GSM part. The other is the one we use through a touchscreen.

The text of the European regulation does not go into such details and because the phones cannot be taken apart, then we can choose (without meaning to do so) the connexion module to the network because we can de facto choose our terminal.

The projects currently running on these subjects carry, in my opinion, a strategic issue too often neglected by the regulators and legislators: the trust that the user puts - sometimes too lightly - in a technical intermediary of which he might not even be aware.

We have seen for instance that mobile phone is a good tool for mass surveillance (see Snowden's revelations), that it is a perfect tool to target someone and that the radio part is able to take over the central system and modify it. This is what happens with some anti-theft services, for example: the rightful owner of the phone goes on the manufacturer's website, requests their terminal destroyed, and on the next time it connects to the network, a technical message is sent to the radio part, which takes over the main system and deletes all its data.

This is an actual service provided to the user. But it also means that all the user's data are available to the phone constructor and the network operator. With – or without – the agreement of the final user. And at that point, freedom of terminal choice takes its full implications: do we wish to give away so much power to technical intermediaries, and if yes, to which ones?

Land line modularity

In the case of Internet access through a land line, modularity is much more visible. So visible if fact that these devices may become sore eyes in a living room. The end user usually has two or three interconnected elements. One is the converter between the optical fibre socket and more typical network entry, usually RJ45. This equipment is intrinsically attached to the network. It is adapted to the colour that flows through the fibre, and to the modulation type (GPON, ethernet, etc)1. This element is often embedded in the ADSL box, as usually provided in France.

The second element is the so-called "box", because that makes fancy marketing. In practice, it is a router embedding the modem, in the case of ADSL. This is the equipment that is connected to Internet, that is identified with an IP address, that provides WiFi local network, that operates the shared connection between the local network and the Internet, etc. This equipment, when the modem element is removed, is strictly standard. Nothing in it is really specific to the network. It is a small router, a really simple element. So simple, that with a very little effort, we can replace it with our own chosen element. Just don't tell it to the operator, that makes him nervous2.

The third element is the TV decoder. It also embeds other functions, such as accessing a video platform with pay-per-view (the so-called VOD: video on demand). This TV decoder is what the video distribution platform identifies, either directly with an identification, or with a subscribing card, in order to decode the video streams of paying channels, and to know whom to bill for the film viewing. This equipment is bound to the video offer. It is not bound to the network. The technical elements that it operates are not bound to the network in itself, but to the services platform.

Finally, note that phone service is provided either via the box, in the ADSL case, either by a completely distinct equipment, in the case of some cable subscriptions. Technically, the service could be completely independent from Internet subscription, and provided as a stand-alone service, as is the case with VoIP subscriptions with OVH, for instance.

Kill the TV decoder right now

Indeed, the case of the TV decoder is fairly easy. On one hand it is not connected to the Internet: unplug it, and Internet access will work just as well, if not better (since TV streams are no longer carried over, available bandwidth is increased; on ADSL the effect is noticeable, it is negligible with fibre). As it is not part of the access chain to the Internet, it cannot be considered to be an integral part of the network. It is, thus, only a component of the video service. This TV decoder is, therefore, not a terminal used for network access, but rather a terminal used for a service dependant of the network.

Slightly off-topic, but the video service has no reason to be linked to the Internet access provider. That is a plain case of product tying and of leverage used to impose choices to a captive market.

Let's have a look at the modem

In the case of the PSTN (Public switched telephone network from last century) as in the case of ADSL the end-user was free to choose his/her modem. Whether to take the one of the operator, or to buy one by another seller. This is for instance what happens for bitstream ADSL access 3 The end-user, or the operator, chooses the modem, it is not constrained by the network.

The technical specifications of the networks are known. They are usually not specific to one particular operator, but rather to a given technology. The legal question is whether the modem is an element of the network or a terminal can probably be answered by considering the modem to be the last element of the network. But it so happens that it is technically very simple, and thus could be freely chosen by the user, even though this free choice is not mandatory under the European regulation.

The question of the regulatory definition of the modem, when incorporated into another equipment, is uninteresting. One might either decide that the status of the overall equipment has precedence, and then the modem is integrated into a terminal that must be a free choice of the end user. Or one decides that the status of the modem, as last element of the network, has precedence, in which case it must be a free choice of the user since it is a standard and simple replaceable part, as seen above. If free choice of the user is mandatory, then the end user must be proposed a version of the subscription with the two equipments separated, without undue additional cost (and thus with a noticeable discount if not using one of the devices, or none of them).

We should therefore come to a market situation where it is acceptable that the user does not have the free choice of his/her modem under the European regulation on telecoms but where this free choice would come from the competition law and consumer protection and where the subscriptions without modem would be cheaper than the subscriptions with modem. All other combinations correspond to a market failure and should be corrected by the regulation, either on the side of the ARCEP (French national regulatory authority) or on the side of the DGCCRF (french administration for competition, consumption and fraud control).

According to this interpretation the modem is not a terminal under the European regulation but the last devise of the network. It must respect technical choices of the network (for instance an ADSL modem will not work with fibre). It remains to be seen whether the box is a terminal within the meaning of the regulation.

Is the box a terminal?

For the regulator this is probably the most complicated question. However after explaining the two previous points the answer become quite simple.

The modem part is the network termination point. It is a part of the network and therefore cannot be considered as a terminal within the meaning of the European regulation.

The parts dedicated to services (whether the phone module over IP or tv-box descrambler) are not linked to the network access. They should be therefore considered as terminals linked to the services that the end-user subscribed. Whether or not these services are coupled with an internet access is a very different matter which fall under the scope of the sale and thus of the competition law. Or it can fall under the scope of the regulation if the network does an excessive prioritisation of its services. But here the question of the terminal is not relevant.

After this division is done the box is a simple router. This router sets up the connexion, gets the public IP address, manage the network sharing, in brief: carries out the Internet access and connects the services that have a special priority. This device is the terminal that establishes the grid connection. This is this device that enables for instance to forward the Web connection that is in charge of connecting to the Internet a website published by the end-user (provision of services of his/her own choice within the meaning of the regulation). Typically this is this device that can take care of parental control in order to make this control effective on systems connected via WiFi to the family network.

When the European regulation mentions the free choice of the end-user for the terminal, it has to talk about the box, simple home router, because all other elements are in fact services that the regulation mentions separately.

Consequences

When we consider this issue with a strict technical point of view of what is a terminal or not in the network access offer and the division between network and services then we get a clear understanding of what the European regulation says.

The operator is free to impose a precise modem. The end-user should have the right to choose the box, the home router. Therefore it should exist an offer without the box and this offer could contain the modem, separated from the box.

For the modem it will be the normal competition law which will occur. If it's a standard modem that respects a well known rule and that it already exists an open market for this kind of modem: then it may be also let to the free choice of the end-user.

The terminals such as computers and tablets are generic and used to access all services available on the Internet. The specific terminals (tv-box-decodeur, phone module, etc.) are linked to the service. However this is in the context of this service coupled or not with the network access that the analysis of a potential saletying practice between service and terminal should be done.

  • 1. Here I stick to fibre example. But the reasoning is the same with POTS, ADSL, WiFi, Wimax or cable: there is one sort of equipment intrinsically associated with the transmission technology used on the subscriber's connecting link. We can call this equipment converter, modem, etc. The reasoning remains the same.
  • 2. Technical support, in particular, become quite jittery when they are told that we don't use the PhonyBox. Consequently, don't tell them. And everything goes smoothly.
  • 3. Bitstream is the term for offers for small operators who do not install equipment close to the subscriber and provide traffic for each link directly on the router. Among the public, these ADSL accesses are called local-loop unbundling.

april.png Nouvelles April

L'April présente à l'Ubuntu Party de Paris de mai 2016

Le 24 May 2016 à 12:45:47

28 Mai 2016 - 11:00
29 Mai 2016 - 18:00

L'April sera présente à l'Ubuntu party de Paris les 28 et 29 mai 2016. Un stand sera tenu par plusieurs bénévoles au sein du village associatif. Nous vous invitons à venir nous rencontrer et à participer à l'animation du stand, pour faire de cet événement un moment fort de nos actions de sensibilisation.

Plusieurs conférences et ateliers vous sont proposées :

  • Le logiciel libre : base incontournable d'une informatique loyale, par Étienne Gonnu, samedi 28 mai 2016 à 15h30, salle Agora
  • Réalisation d'une interview en vidéo, par Lionel Allorge et Luc Fievet
  • Sympathy for the free software, par Véronique Bonnet, dimanche 29 mai à 15h
  • L'April, les jedis du logiciel libre, par Marie Duponchelle et Magali Garnero (Bookynette) le dimanche de 16h à 18h

L'Ubuntu Party aura lieu à la Cité des Sciences et de l'Industrie :

Cité des science et de l’industrie
30 Avenue Corentin Cariou
75019 Paris
Niveau -1

Métro : Ligne 7, station Porte de la Villette

Bus : 139, 150, 152, T3b

Frederic BEZIES

Dans le monde du logiciel libre, l’utilisateur final devient-il un béta-testeur ?

Le 24 May 2016 à 09:19:54

Derrière cette question, c’est un constat que je tire de la baisse de qualité des distributions GNU/Linux proposées depuis quelques mois, voire un an ou deux.

Il y a toujours des distributions mal finies, comme jadis la Micro-R OS. Mais j’ai comme l’impression que cela a tendance à se généraliser.

En tant que testeur de distributions, je tombe de plus en plus facilement et malheureusement sur des images ISO proposées à la « va comme je te pousse », sans un minimum de vérification au préalable.

Pour mémoire, au 24 mai 2016, si on prend Distrowatch, il y a eu plus de 810 distributions indexées en 13 ans, et 278 encore vivantes. Sans oublier 179 sur liste d’attente… Besoin de rajouter une ISO à cette trop longue liste, en faisant « mumuse » avec des outils à la RemasterSYS ?

Le dernier exemple en date, c’est celui de la Nelum-Dev1 dont j’ai appris l’existence en fouillant sur la liste d’attente de Distrowatch.

Au début, je ne voulais pas faire d’article sur cette distribution dérivée de la Devuan qui est encore en béta au moment où je rédige ce billet, mais une remarque sur laquelle je reviendrai en fin de billet m’a poussé à le faire.

J’avais téléchargé l’ISO, datée du 20 mai 2016, et comme d’habitude en utilisant un environnement reproductible à volonté, à savoir une machine virtuelle VirtualBox, j’ai constaté que l’installateur se plantait comme un MS-Windows Millenium sous amphétamine.

Cf la vidéo ci-après.

<iframe allowfullscreen="allowfullscreen" frameborder="0" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/X9mCnTCn_5M?rel=0" width="640"></iframe>

Un commentateur qui tomba ensuite dans l’invective, me fit la remarque que je n’avais pas testé avec Qemu. Ce que je fis. Bis repetita… Il s’avera que l’installateur n’avait pas été vérifié avant de proposer l’ISO en ligne. Ennuyeux, non ?

<iframe allowfullscreen="allowfullscreen" frameborder="0" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/6cxXUGLxz4Y?rel=0" width="640"></iframe>

Ce n’était pas la première fois que je tombais sur des ISO parfaitement fonctionnelles en mode live mais qui se révélait inutilisable une fois installée. Le cas le plus récent, ce fût celui de la Manjaro Linux E20… Et donc le correctif tenait en la modification d’une seule ligne, comme l’a montré baba orhum dans une vidéo assez rapide, ci après.

<iframe allowfullscreen="allowfullscreen" frameborder="0" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/Qg1LB11MUZM?rel=0" width="640"></iframe>

Mais il semble mal vu de dénoncer dans le monde du libre ce genre de distributions insuffisamment testées.

C’est vrai qu’on accepterait d’acheter un véhicule motorisé avec des freins qui fonctionnerait les trois quarts du temps… Ou encore avec un réservoir qui pourrait fuir une fois sur trois…

Si on ose ouvrir son clapet, on a droit aux habituelles insultes, dont j’ai capturé partiellement celle du commentateur tombé dans l’invective.

meta-system

Je suis donc selon cette personne :

  1. un inspecteur des travaux finis
  2. un abruti égocentrique
  3. un connard manipulateur

Il est vrai que j’ai toujours pris les personnes qui viennent lire ma prose pour des idiots. Que je n’ai jamais précisé qu’un produit était en béta…

Si on me dit sur un site officiel : « C’est une ISO en version finale alors qu’elle se révèle être une version béta », n’ai-je pas le droit de le dire ? Dois-je me taire et sortir un « Tout va très bien, Madame la Marquise » ? Ou est-ce de la tromperie sur la marchandise ?

Je pensais que l’on devait établir une relation de confiance entre les développeurs et les utilisateurs. Je pensais aussi qu’on devait dire clairement si un produit proposé était un prototype ou une version finale.

Sur la remarque de l’inspecteur des travaux finis, je demanderai juste aux personnes qui me suivent s’il faut être maçon pour constater qu’un mur n’est pas complètement vertical ? S’il faut être chauffagiste pour constater qu’un radiateur est en panne ?

S’il faut avoir écrit un livre pour critiquer un roman ? Composer un album de musique pour parler du contenu d’une oeuvre qu’on écoute ?

J’attend avec impatience vos remarques éclairées. Sur ce, je vous laisse, j’ai du pop-corn à acheter 🙂

Note au 25 mai 2016, 10h55 : Devant la qualité des commentaires qui tournent au règlement de compte, je clos le fil de commentaires. Désolé pour les personnes qui voulaient débattre sereinement sur ce sujet.

23 May 2016

april.png Nouvelles April

L'impossible combat contre la vente forcée, de Laurent Costy

Le 23 May 2016 à 16:28:53


Laurent Costy

Titre : L'impossible combat contre la vente forcée
Intervenants : Laurent Costy - Camille Gévaudan
Lieu : Émission 56Kast - #75
Date : Mai 2016
Durée : 24 min
Licence : Verbatim
Pour visionner la vidéo

Présentation

Notre invité Laurent Costy raconte les cinq ans de procès qui l’ont opposé à Hewlett-Packard. Il cherchait simplement à se faire rembourser le système d’exploitation livré d’office sur son ordinateur…

Transcription

Camille Gévaudan : Bienvenue dans le 75Kast. Aujourd'hui, on va parler de Paris, de son aménagement, de ses espaces verts. Non, je plaisante. Le 75Kast, pour les nouveaux, c'est seulement le 56Kast numéro 75. C'est ma blague préférée. Plus je la fais, plus elle est nulle, et donc plus elle est bonne. Laurent Costy, bonjour, tu es mon invité d'aujourd'hui, et tu vas nous raconter comment tu t'es battu pendant cinq ans contre Hewlett-Packard pour te faire rembourser Windows. C'est ça ?

Laurent Costy : Exactement, exactement.

Camille : Trop bien. On va commencer par une petite actu, si ça ne te dérange pas, à propos de messages de haine, parce que j'ai envie de nouvelles réjouissantes aujourd’hui, sur les réseaux sociaux. En fait la semaine dernière, trois associations, l'Union des étudiants juifs de France, SOS racisme et SOS homophobie ont publié les résultats d'une campagne qu'ils ont faite, deux tests auprès de Facebook, Twitter et c’était quoi le troisième ? YouTube. En fait, ils ont essayé de mettre des commentaires homophobes, des commentaires racistes, des commentaires négationnistes, des commentaires antisémites, d'apologie du terrorisme ou de crimes contre l'humanité. Enfin bref, que des choses très sympa et ils ont vu comment ça se passait, comment répondaient Facebook, Twitter et YouTube. Est-ce que les commentaires étaient enlevés ou pas, selon qu'on leur signalait ou pas.

Laurent : Avec une grande réactivité, je suppose. Très grande réactivité.

Camille : Ils promettent d'avoir les services qui sont dédiés 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.

Laurent : Merveilleux !

Camille : Donc après, on va voir comment ça se passe. Leur campagne c’était entre fin mars et mi-mai, donc ça a duré, avril, mai, c'est ça, un mois et demi, et ils ont posté en tout 586 commentaires haineux. Et voilà le résultat : seuls 77 d'entre eux ont été supprimés ! Ce qui est quand même formidable. Il y avait de grosses différences entre les services. Donc le bon élève, a priori, c'est Facebook. Mais on savait que Facebook, de toutes façons, a tendance à supprimer beaucoup, même les photos de nu et puis les tableaux de Courbet un petit peu dénudés. Voilà. Donc eux ils suppriment. Ils ont supprimé 34 % des commentaires. YouTube en a supprimé 7 %, ce qui n'est franchement pas grand-chose. Et Twitter, grand champion, en a supprimés 4 %. Donc quelques exemples de tweets qui n'ont pas été supprimés par Twitter : « Hashtag stop islam. Morts aux Juifs et aux Bougnoules. »

Laurent : D'accord. Effectivement, ça c'est clair.

Camille : Il n'y a aucun petit drapeau rouge qui s'est levé dans leur système de détection. Autre tweet : « Les homos n'ont pas leur place sur cette terre. Les pendre est un luxe. On devrait les brûler vifs de l'ongle du pied à la tête. »

Laurent : Parfait !

Camille : Voilà, voilà. Et ça, ça reste, il n'y a pas de problème. Le problème, c'est que la loi pour la confiance dans l'économie numérique, que l'on dit LCEN, qui a été votée en 2004, impose en fait aux hébergeurs de contenus, parce qu’eux ils disent : « Bah oui, mais ce n'est pas nous, ce sont les internautes qui postent. Il y a beaucoup de contenus, on ne peut pas tout surveiller et ça passe entre les mailles du filet. » Sauf qu'ils sont tenus d'enlever les contenus manifestement illicites dont ils ont connaissance. Et là, on a beau leur signaler des trucs et derrière ça ne suit pas. Donc ils disent qu'ils ont des équipes dédiées 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24. Mais a priori, les trois associations qui ont fait le test trouvent que c'est extrêmement flou. Ils disent : « Le mystère qui plane sur le fonctionnement des équipes de modération des réseaux sociaux empêche toute avancée sérieuse dans la diminution des messages racistes et antisémites. On ne sait pas bien comment ça marche derrière. » Donc en fait, les assos ont plusieurs réclamations à faire. D'abord, elles voudraient qu'il y ait un outil de suivi, clair, des signalements qui ont été faits, je suppose par la personne qui a signalé pour voir si sa demande est prise en compte, traitée, refusée, pour quelle raison. Ça je crois que c'est un peu le cas sur Facebook, qui dit toujours : « Non, on ne voit pas le problème, d'ailleurs ». Moi j'ai signalé des trucs, c'est hallucinant.

Deuxièmement, elles réclament des technologies d'empreintes numériques pour bloquer automatiquement la republication. Ça c'est comme sur YouTube : une fois qu'une vidéo a été signalée une fois comme enfreignant, enfin comme étant une contrefaçon, on repère la vidéo et on ne peut plus la ré-uploader, elle est reconnue automatiquement quoi ! Et du coup elle est enlevée.

Et troisièmement, les associations réclament, et c'est là que ça fait un petit mal, l'obligation de renseigner sa véritable identité sur des réseaux sociaux quand on s'inscrit sur une plate-forme. Donc là, les défenseurs de la vie privée ne sont pas tout à fait d'accord avec cette obligation de donner son vrai nom. D'ailleurs, il y a eu des problèmes sur Google+, ils refusaient absolument les pseudonymes, à un moment ils voulaient qu'on ne mette que nos vrais noms, et je crois qu'il y a eu d'autres problèmes sur d'autres plates-formes. Donc ça, ça peut faire polémique, mais en tout cas, il faut réagir sur le signalement des messages.

Voilà. Sur ce, on va regarder des drones devant le mont Fuji.

[Projection d'une vidéo de drones , NdT]

Voilà. C'était un spectacle avec une vingtaine de drones équipés de 16 500 leds, devant le mont Fuji, avec un concert de Shamisen, donc la guitare traditionnelle japonaise. C'était une création de Tsuyoshi Takashiro, que je trouve très jolie.

Et maintenant on va passer au Quartier libre.

[Jingle de la rubrique Quartier libre, NdT]

Camille : Donc notre invité du jour, je le répète, est Laurent Costy qui milite à l'April1. Tu es administrateur de l'April, mais c'est en tant que citoyen que tu t'es attaqué à Hewlett-Packard.

Laurent Costy : Alors je ne me suis pas attaqué à Hewlett-Packard. J'ai d'abord voulu acheter un ordinateur.

Camille : Tout simplement.

Laurent : Tout simplement, et c'est un peu eux qui ont contre-attaqué, on va dire ça comme ça. Moi je cherchais un ordinateur portable, avec effectivement des spécifications un peu précises, je voulais qu'il soit léger, je voulais telle capacité au niveau du processeur, etc., et surtout évidemment, je ne voulais pas qu'il y ait un système d'exploitation pré-installé. Parce que j'avais l'habitude d'utiliser des systèmes GNU/Linux, des systèmes libres depuis plusieurs années. Donc voilà ! Je cherchais quand même un ordinateur assez précis et, malgré mes recherches, je n'ai pas trouvé d'ordinateur qui me convenait sans ce système d’exploitation. Donc j'ai fait le choix d'acheter l'ordinateur qui me convenait techniquement et de demander le remboursement à Hewlett-Packard du système d'exploitation que je n'utilisais pas. Ce qui semble normal à tout un chacun a priori.

Camille : Bon, déjà, tu les as un peu cherchés, non ?

Laurent : J'ai un peu cherché. Enfin je ne sais pas. Quand vous achetez quelque chose et qu'on vous fourgue quelque chose que ne vous n'utilisez pas, en général votre premier réflexe c'est de demander au moins le remboursement de la chose que vous n’utilisez pas. On va peut-être prendre une analogie assez simple. C'est comme si à partir d'aujourd'hui, quand vous achetez une voiture, on vous oblige à prendre un assureur donné. Vous n'avez pas le choix de l'assureur et en plus le coût de l'assurance est compris dans la voiture et on ne vous donnera pas le prix. On ne vous donnera pas non plus le contenu du contrat d'assurance. Vous n’avez pas à savoir. On s'occupe de tout, ne vous inquiétez pas ! Moi effectivement, j’étais parti sur cette logique-là.

Camille : C'est vrai qu'on ne s'en rend pas compte mais le système d'exploitation et l'ordinateur sont deux choses totalement différentes, qui du coup sont vendues ensemble.

Laurent : On essaye de nous faire passer le système d'exploitation pour le moteur, mais ce n'est pas du tout le moteur. C'est plutôt l'analogie du contrat d'assurance. Il faut vraiment séparer les choses.

Camille : C'est ce qu'on appelle la vente liée ?

Laurent : La vente même forcée, c'est même de la vente forcée. On peut même aller jusque-là ! C'est vrai que j'ai demandé le remboursement à Hewlett-Packard et Hewlett-Packard a refusé. Voilà. Pour un coût, je le précise qui oscillait, estimé entre 50 euros et 120 euros. Il y avait à la fois le système d'exploitation et puis quelques logiciels complémentaires. Ça se monte à cette somme-là.

Camille : Toutes leurs merdouilles d'antivirus.

Laurent : Voilà, c'est ça les choses, dans un premier temps, qu'on vous présente comme gratuites et puis au final, trois mois après, il va falloir quand même payer l'antivirus, etc.

Camille : J'ai été voir sur le site Racketiciels, qui a été fait par….

Laurent : L'AFUL

Camille : Voilà. Ça c'est ce qu'on appelle les Racketiciels, c'est le petit surnom des logiciels qu'on nous force à payer.

Laurent : Exactement.

Camille : Sur l'AFUL, l'Association française des utilisateurs de logiciels libres, je crois que c'est ça ?

Laurent : C'est ça.

Camille : Ils ont un schéma qui dit que 10 à 30 % du prix d'un ordinateur, en fait, ce sont les logiciels qui sont pré-installés dessus.

Laurent : Voilà ! Donc on le paye, sans le savoir, et c'est ça qui est tout à fait scandaleux, moi je trouve, surtout quand on ne souhaite pas l'utiliser. Donc du coup, effectivement, suite au refus de Hewlett-Packard de me rembourser, eh bien j'ai été dans l'obligation de prendre un avocat pour essayer de faire valoir mes droits. Voilà. Et c'est toute une aventure : cinq ans et demi de procès. Le litige 50 à 120 euros, je l'ai dit tout à l'heure. C'est complètement démesuré par rapport à la problématique.

Camille : Pour un logiciel quoi !

Laurent : Pour un logiciel, pour un simple logiciel et quelque chose que je n'utilise pas. Qui, dans le commerce traditionnel, n'aurait posé aucun problème à personne.

Camille : Comment on fait, donc concrètement, quand on a un système d'exploitation et qu'on le refuse ? L'ordinateur s'allume et comment on signale son refus ?

Laurent : Il faut refuser, il faut refuser le contrat exploitation. Toute la procédure, finalement, est sur le site qu'on a évoqué tout à l'heure, http://racketiciels.info/

Camille : Ils ont un guide.

Laurent : Voilà, il y a tout un guide et il faut suivre cette procédure-là. Ceci étant, c'est quelque chose qui a été renvoyé dans le cours du procès en disant : « Oui, mais de toutes façons, vous avez utilisé cette procédure-là, c'est que vous vouliez nous embêter, etc. Ils retournent systématiquement les arguments qui sont proposés sur le site. Donc ça se retourne aussi un peu contre l'utilisateur. C'est un peu dur, un peu fort de café quand même quelque part, pour quelque chose qu'on ne souhaite pas utiliser. Et puis, effectivement, par rapport aux moyens qui sont déployés par Hewlett-Packard pour ne pas, finalement, débourser 50 euros, c'est absolument démesuré quoi !

Camille : Oui. Parce qu'ils auraient réglé l'affaire en un seul courrier, en acceptant de rembourser le logiciel.

Laurent : Tout à fait.

Camille : Mais eux, ils acceptent de se retrouver au procès.

Laurent : Ils sont allés jusqu'au bout. C'est inquiétant parce que ça veut dire que aller jusqu'au bout pour eux, soit c'est de la mesquinerie, mais je ne crois pas qu'une entreprise de cette taille-là, elle a le loisir de faire de la mesquinerie. Soit effectivement ça sous-entend qu'il y a des accords avec Microsoft qui font qu'à aucun moment ils ne doivent lâcher l'affaire. Donc ils mettent tous les moyens.

Camille : Pour ne pas qu'il y ait une brèche et que les autres fassent pareil, éventuellement. C'est ça ?

Laurent : Sans doute. C'est une hypothèse, on n'a pas de preuves évidemment. Mais je n'arrive pas à m'expliquer autrement cet état des choses.

Camille : Comment tu t'es organisé ? Tu as fait ça avec le soutien d'une association ou vraiment tout seul ?

Laurent : Non. À l'époque l'AFUL2 soutenait certains utilisateurs et puis là ce n’était plus le cas. Donc j'ai engagé des fonds personnels dans le procès. J'ai dû payer mon avocat, pour des coûts bien supérieurs évidemment aux 50 et 120 euros qui sont évoqués là. Et puis surtout, prendre mon mal en patience. Parce que finalement pour, encore une fois, un litige de 50 à 120 euros, on a enquiquiné un juge pendant cinq ans et demi, quoi ! On a quand même d'autres problèmes en France, à régler, que ce genre de choses, me semble-t-il ! Et c'est ça qui m'a presque le plus abattu par rapport à tout ça.

Camille : Et alors pourquoi c'était si long ? C'était quoi les étapes d'avant ? Il y a eu des échanges de courriers un peu polis ?

Laurent : Oui. Alors après ce sont toutes les procédures juridiques. Quand on n'est pas du milieu on n'y comprend pas grand-chose. On a évidemment l'avocat qui est spécialiste qui s’occupe de tout ça. On essaie de raccrocher, de comprendre un peu tout ce qui se passe. Il y a sans cesse des renvois parce que le juge estime qu'il n'est pas compétent, qu'il n'a pas toutes les pièces. Il y a toute une logique à suivre dans le procès pour évidemment qu'il ne soit pas renvoyé pour vice de forme. Donc on suit les épisodes de renvois et hop c'est re-décalé de six mois, etc. Après l'autre répond. Enfin voilà, c'est très, très long.

Camille : Les arguments de Hewlett-Packard pour ne pas rembourser, c'est quoi ?

Laurent : Ils ont tout essayé. Déjà c'est une bonne leçon pour ceux qui pensent qu'on n'a rien à cacher sur Internet. Il faut savoir qu'ils ont balayé Internet pour me connaître, moi, jusqu'à ma naissance quoi !

Camille : Ils t'ont stalké.

Laurent : Ah oui, carrément. Ils ont tout fait, ils ont tout regardé. Évidemment j'étais déjà intervenu pour défendre le logiciel libre, puisque je suis militant du logiciel libre. Alors je suis devenu après, ça c'est la petite parenthèse que je voulais faire. Effectivement au départ, ils expliquaient que j'étais le faux-nez de l'association April qui attaquait Hewlett-Packard, ce qui n'était pas le cas. Par contre, ça m'a motivé pour intégrer le conseil d'administration de l'April.

Camille : Maintenant, c'est fait !

Laurent : Voilà. Je suis devenu administrateur à cause de ça. Merci Hewlett-Packard et merci, ça sert l'April. Ils ont donc effectivement passé ma vie en revue. Ils ont sorti toutes les vidées montrant que je défendais le logiciel libre, que j'étais un méchant, que j'étais un mauvais citoyen, que je ne voulais pas consommer comme eux le voulaient. Enfin voilà, c'est tout ce qu'ils ont déroulé pendant le procès.

Camille : Ta démarche n’était pas honnête, en fait !

Laurent : Ouais ! J'étais le vilain. Et c'étaient eux les bons qui étaient dans leur bon droit de faire consommer les gens comme eux l'entendaient. Voilà. C'est extrêmement dur à vivre parce que finalement moi je faisais ça parce que j'estime être dans mon bon droit. Je n'utilise pas quelque chose et on me le fait payer. Ça partait vraiment de cet état d'esprit-là. Et puis effectivement, défendre le logiciel libre qui est quelque chose, quand même, d'un peu plus éthique que ces programmes privateurs qui empêchent les gens d’être autonomes sur leur informatique et libres dans leur informatique.

Camille : Et comment ça s'est terminé ?

Laurent : Alors ça c’est terminé ! Ce n'est pas tout à fait terminé parce qu'en fait il y a eu un jugement sur le tribunal de proximité, mais un jugement défavorable pour moi et il faudrait que je me pourvoie en cassation.

Camille : D’accord !

Laurent : Sauf que là il faut des moyens financiers que j'estime ne plus avoir. Donc quelque part ils ont gagné parce qu'ils avaient de l'argent. Mais sur le fond ça n'a pas été jugé. Mon avocat m'a aussi déconseillé de poursuivre parce que devrait survenir, durant le cours de l'année 2016, un jugement européen.

Camille : D'accord !

Laurent : On espère qu'il sera favorable, mais rien ne le dit puisque, de toutes façons, il y quand même une force de lobbies extrêmement importante. Il faut savoir qu'il y a eu deux jugements un peu similaires qui ont été portés en 2015. Un favorable et un défavorable à une semaine d’intervalle.

Camille : Ah oui ! C'est le bordel complet !

Laurent : C'est le bordel complet ! Ça veut dire qu'il y a des pressions, il y a des coups de fil qui se passent. Ça ne peut pas être autre chose ! Par le même juge quoi ! Donc voilà. C'est ça qui n'est pas très sain quand même.

Camille : D'accord. Donc c'est vraiment partagé entre favorable, défavorable ? Il n'y a pas une majorité de cas qui passent ou pas ?

Laurent : En fait ça dépend des périodes. Il y a des fois des jugements favorables qui passent et après il y a des constructeurs qui arrivent à faire pression pour que, finalement, ça s’arrête de passer. C'est plutôt par périodes et par lobbies que ça fonctionne.

Camille : Il y a une loi là-dessus ?

Laurent : Une loi. Oui. Mais alors après, c'est l’interprétation de ce qu'est la vente forcée. Donc évidemment, tout le travail des très nombreux avocats de Hewlett-Packard sur la place parisienne, c'était de chercher la faille, de dire : « Mais oui mais ça ce n'est pas tout à fait de la vente forcée. Mais non regardez. Et puis de toutes façons il nous embête »

Camille : Mais la loi à la base, elle dit quoi ?

Laurent : Elle est interprétable la loi. C'est comme toute loi, c'est-à-dire qu'à un moment donné, en fonction de la force de l’avocat, il va réussir à convaincre le juge que finalement…

Camille : Oui, mais est-ce qu'il y a un truc qui est interdit ? Les termes qui sont utilisés à la base, et après ce qu'ils interprètent.

Laurent : La vente forcée est interdite en France. Mais encore une fois, il faut réussir à montrer qu'on est bien dans le cas de vente forcée.

Camille : Oui d'accord.

Laurent : Parce que l'argument qu’on me renvoyait c’était de dire « eh bien oui, il y avait d'autres ordinateurs qui pouvaient être achetés, etc. Donc il a fait exprès. » Voilà. Alors qu'en fait, moi j'avais vraiment choisi cet ordinateur-là qui correspondait à mes besoins. C'est ce que j’expliquais au début.

Camille : D'accord. OK. Donc eux ils disaient que tu pouvais te débrouiller pour continuer à chercher et trouver un ordinateur où il n'y aurait pas Windows.

Laurent : Tout à fait.

Camille : Et toi tu as dit que tu voulais cet ordinateur-là pour ses capacités techniques et qu’il y avait Windows dessus de fait.

Laurent : Exactement. Tout à fait.

Camille : D’accord. OK. Et tu dis qu'il y a un truc qui va passer au niveau européen. C'est un jugement qui va être rendu sans doute, c'est ça ?

Laurent : En tout cas il devrait survenir une décision sur la vente forcée et puis, justement, le fait de reconnaître, ou pas, le système d'exploitation comme vente forcée quand il est vendu directement avec la machine.

Camille : OK. Le système d'exploitation et les logiciels qu'il y a avec ? Ou juste le système d'exploitation ?

Laurent : Je n'ai pas le détail.

Camille : D'accord.

Laurent : Moi je ne suis pas spécialiste. Je suis un simple citoyen. Déjà essayer de comprendre tout ça.

Camille : Oui, ça fait cinq ans, tu as mis le temps.

Laurent : Cinq ans et demi ! Mais c'est vraiment complexe. C'est vrai que c'est l'avocat qui mène toute la démarche juridique. C'est vrai que c'est pas toujours évident à se mettre dedans quoi !

Camille : OK. Est-ce que tu conseillerais à des gens de faire comme toi ? Encore aujourd'hui ?

Laurent : Si on a un peu d'argent, oui. C'est citoyen de faire ça parce qu'on travaille dans l’intérêt général alors que eux travaillent dans l’intérêt privé. Pour moi ça fait une vraie différence.

Camille : Oui ! Ça fait avancer les choses de continuer à y aller individu par individu ?

Laurent : C'est un peu une goutte d'eau dans l'océan. Mais après, toute action est une action citoyenne et intéressante à mener, de mon point de vue. Après ça reste compliqué. Après, il y a de plus en plus d'ordinateurs ou de sites qui proposent des ordinateurs sans système d’exploitation. Ça se démocratise un peu plus. Donc on peut trouver quand même maintenant un ordinateur portable qui correspond à ses besoins sans système d’exploitation.

Camille : Je suppose que ça ce n'est pas dans les grandes boutiques physiques d’électronique.

Laurent : Ah ben non ! Si vous allez à Carrefour, vous ne trouverez jamais ça. Et puis on va vous regarder avec deux yeux ronds quoi ! Si vous posez la question : « Est-ce que vous vendez des ordinateurs sans système d’exploitation ? », le vendeur ne comprend même pas la question.

Camille : C'est sur les sites un peu spécialisés de matos informatique, non, qu'on trouve ça ?

Laurent : Voilà, exactement tout à fait.

Camille : Avec des configs déjà faites.

Laurent : Oui. Et puis on peut même moduler un peu la mémoire, le processeur, etc. Et ça se démocratise, mais il ne faut pas lâcher non plus cette question de la vente forcée qui est importante.

Camille : OK. Mais alors aujourd'hui donc tu dis que l'AFUL n'accompagne plus trop les gens. C'est un combat qu'ils ont un peu laissé de côté ? Ça se fatigue ?

Laurent : Non. Mais après il y a toujours de l'action qui est menée auprès des politiques. Il faut savoir que La Quadrature du Net3, l'April agissent systématiquement auprès des députés pour essayer d’influencer des lois par rapport à ça. Mais c'est vrai que c'est un combat quotidien. Si des gens veulent agir, n'hésitez pas à rejoindre ces associations-là qui se battent au quotidien, qui agissent auprès des députés, auprès des sénateurs pour faire évoluer la loi. Alors ça prend du temps, il faut prendre son mal en patience, mais les choses, tout doucement, tout doucement, évoluent dans le bon sens.

Camille : Il y a des petites avancées, là, récemment ? Des propositions d'amendements qui, éventuellement, pourraient avoir une place quelque part ces prochains mois ?

Laurent : Là, les regards sont rivés sur l'Europe. Parce que c'est l'Europe qui va dicter.

Camille : C'est de là que ça va venir.

Laurent : Oui, c'est de là que après ça va redescendre sur les États donc ce serait plus efficace que ce soit décidé au niveau européen.

Camille : En plus, il y a plusieurs trucs à demander. Il y a l'interdiction de la vente forcée explicite des systèmes d'exploitation et des logiciels avec l'ordinateur. Mais il y a aussi déjà une histoire de transparence à avoir et d'afficher sur les étiquettes, sur les descriptifs des ordinateurs qu'on achète, le prix et les logiciels qui sont installés dessus.

Laurent : Bien sûr. Tout à fait.

Camille : Parce que ça ce n'est pas encore fait, aujourd'hui.

Laurent : Normalement, c'est dans les textes. Il faudrait afficher le coût du système d'exploitation qui est dessus.

Camille : C'est vrai ? C'est dans les textes ?

Laurent : A priori oui. Sauf erreur. Sous réserve, encore une fois je ne suis pas juriste. Mais a priori, j'aurais tendance à penser que oui. C'est l'exemple que je prenais tout à l'heure de la voiture. C'est comme si on vous vendait une voiture et dedans vous avez l'assurance, mais vous ne savez pas combien ça coûte, vous ne savez pas ce que ça couvre, etc. On est vraiment dans un monde à l'envers.

Camille : Je pense que si les gens, déjà, voyaient effectivement. Ils vont à la Fnac, ils voient sur leur étiquette : prix de leur ordinateur 550 euros, dont Windows 100 euros, dont Norton 30 euros, dont machin…

Laurent : Bien sûr. Mais c'est extrêmement compliqué, d'ailleurs, de connaître le prix de la licence Windows. C'est impossible de le savoir. Ce n'est qu'une évaluation qui a été faite par l’avocat en disant « on estime que c'est situé entre ça et ça ». Parce qu'évidemment Microsoft ne souhaite absolument pas donner ce coût-là.

Camille : Ah bon !

Laurent : Et puis il y a des accords.

Camille : Ce n'est pas juste le même prix que si on achète Windows à part ?

Laurent : Ah non, pas du tout. Ça n'a rien à voir, puisque de toutes façons c'est négocié justement entre HP et Microsoft qui font…

Camille : Des partenariats de groupe quoi !

Laurent : Évidemment. Et du coup le client d'HP, le premier client d'HP, ce n'est pas moi. Le premier client d'HP, c'est Microsoft. Ils font leurs ententes, et moi je suis un client secondaire. Si je consomme comme ils souhaitent eh bien tant mieux. Si je ne consomme pas comme ils souhaitent, eh bien je ne suis pas un client. Je suis méprisé. HP méprise ses clients, en tout cas les clients comme moi.

Camille : D’accord. Mais tu as eu affaire à Microsoft à un moment ? Ou ce c’était que toi contre Hewlett-Packard ?

Laurent : Non, non ! Le système fait que, finalement, c'est auprès de Hewlett-Packard que je demande le remboursement. C'est ça qui est hallucinant. C'est Hewlett-Packard qui défend les intérêts de Microsoft. C'est quand même étonnant. Donc ça sous-entend bien des accords incroyables entre les deux firmes. Parce que moi je n'ai pas de raisons de te défendre si je ne te connais pas, je veux dire !

Camille : Ça c’est sûr !

Laurent : Sauf si tu me donnes de l'argent. C'est un peu étonnant comme système.

Camille : Et il y a des différences entre les différents constructeurs d'ordinateurs ? Il y en a qui sont plus ouverts à l'installation de Linux ou au remboursement ?

Laurent : Oui tout à fait. Alors justement sur le site Racketiciels, il y a la liste des bonnes pratiques, des constructeurs qui ont des bonnes pratiques par rapport à ça, qui favorisent l'installation de GNU/Linux ou de logiciels libres, etc.

Camille : C'est une minorité ou ?

Laurent : Oui. Il y en a qui vont dans le bon sens. Encore une fois c'est un peu lent. Mais il y en a qui permettent, effectivement, d'aller un peu plus vite que d'autres, sans aucun doute. Parce que c'est vrai qu'à un moment donné, cet ordinateur que j'ai sous la main, là c'est pareil.

Camille : C'est lui ?

Laurent : Non ce n'est pas celui-là.

Camille : Dommage ! Oh tu aurais dû l’amener !

Laurent : C'est ma fille qui l'utilise. Ma fille l'utilise encore parce que le matériel est bon, mais pas le système d'exploitation à mes yeux. Sur celui-là, Darty, à une époque, permettait de rembourser la licence. Mais ça a été une histoire incroyable pour me faire rembourser cette licence. Parce que c'est pareil, la fois où je l'ai demandé, le vendeur m'a regardé comme ça et m'a dit : « Ah ben oui, c'est marqué sur l'étiquette donc on doit pouvoir le faire ». Et ça m'a pris facilement un mois et demi pour réussir à me faire rembourser parce que ça sortait de leurs procédures, ils n'avaient pas leurs procédures. Je pense que d'ailleurs les 50 euros qui m’ont été remboursés ne sont pas passés du tout sur le bon compte. Ça a été « je rembourse le client emmerdant et puis c'est tout ! » Enfin c'est le compte ! Voilà et puis c'est fait.

Camille : C'est un geste commercial, quoi !

Laurent : Bien sûr. Voilà, c'est ça. Je pense que ça s’est conclus comme ça après un mois et demi de négociations. Pour dire que ce n'est encore pas prêt.

Camille : C’était il y a combien d'années ça ?

Laurent : Celui-là il a quatre ans.

Camille : D'accord. Donc ils avaient prévu une procédure mais personne n'était au courant.

Laurent : Voilà, et ce n’était pas suivi derrière.

Camille : C’était pour faire vitrine quoi !

Laurent : Exactement !

Camille : OK. Qu'est-ce que je voulais demander ? Tu as quel système d'exploitation du coup sur l'autre ? Tu as viré Windows ou tu l'as gardé ?

Laurent : Ah ben non. Bien sûr que je l'ai enlevé. Le problème c'est que je suis honnête. Le problème c'est ça, c'est que je suis attaqué, mais je suis honnête. Bien sûr que j'utilisais Ubuntu à l’époque. Maintenant ça doit être Xubuntu pour ma fille parce qu'il commence à peiner un peu, l'ordinateur. Mais du coup, c'est un système, bien sûr, libre, évidemment.

Camille : OK. Et il y a des gens qui ont fait le même genre de procédure pas pour le système d'exploitation mais pour les logiciels ? Ça a dû être encore plus pinailleur, mais c'est une idée qui me vient.

Laurent : Je ne saurais pas répondre. Je suis désolé, je ne connais pas.

Camille : J'aurais envie d'attaquer juste les antivirus.

Laurent : Oui.

Camille : Mes pires ennemis.

Laurent : Passe sous GNU/Linux, tu seras tranquille. Je n'utilise plus d'antivirus depuis dix ans, maintenant, et je m'en porte très bien. Je n'ai jamais eu de perte de données.

Camille : Il n'y a pas de virus sur Linux. C’est comme les Mac.

Laurent : Il y en a beaucoup moins en tout cas. Oui. Il pourrait y en avoir. Moi en tout cas moi je n'ai pas eu de problèmes depuis dix ans.

Camille : OK. Eh bien merci beaucoup pour ton histoire Est-ce que tu as quelque chose à ajouter ?

Laurent : Non. On a un peu fait le tour.

Camille : OK ! Cool. Eh du coup maintenant on va regarder maintenant une vidéo de chats.

Laurent : J'adore.

Camille : Parce que c'est la conclusion, la meilleure conclusion à toutes les histoires de logiciels libres qu'on puisse raconter, comme toujours.

Revue de presse de l'April pour la semaine 20 de l'année 2016

Le 23 May 2016 à 16:24:26

La revue de presse de l'April est régulièrement éditée par les membres de l'association. Elle couvre l'actualité de la presse en ligne, liée au logiciel libre. Il s'agit donc d'une sélection d'articles de presse et non de prises de position de l'association de promotion et de défense du logiciel libre.

En podcast.

Sommaire de la revue de presse de l'April pour la semaine 20

[ZDNet] Danese Cooper (PayPal): ”L'open source, c'est les gens”

Par Thierry Noisette, le samedi 21 mai 2016. Extrait:
> Responsable en chef de l'open source chez PayPal et de longue date liée au Libre (Sun, Drupal, Apache, Wikimedia...), Danese Cooper souligne des principes clés, transparence en tête.
Lien vers l'article original: http://www.zdnet.fr/actualites/danese-cooper-paypal-l-open-source-c-est-les-gens-39837160.htm

[Libération] 56Kast #75: l'impossible combat contre la vente forcée

Par Camille Gévaudan, le vendredi 20 mai 2016. Extrait:
> Cette semaine, notre invité, Laurent Costy, raconte les cinq ans de procès qui l’ont opposé à Hewlett-Packard. Il cherchait simplement à se faire rembourser le système d’exploitation livré d’office sur son ordinateur…
Lien vers l'article original: http://www.liberation.fr/futurs/2016/05/20/56kast-75-l-impossible-combat-contre-la-vente-forcee_1453382

[Lemag.ma] Le logiciel libre dans les pays du sud

Par la rédaction, le jeudi 19 mai 2016. Extrait:
> L’Ecole Nationale Supérieure d’Arts et Métiers (ENSAM) organise, les 23 et 24 mai à Meknès, un colloque international sur "Le logiciel libre dans les pays du sud: outil stratégique de formation, d'innovation et de développement durable".
Lien vers l'article original: http://www.lemag.ma/Le-logiciel-libre-dans-les-pays-du-sud-theme-d-un-colloque-international-les-23-et-24-mai-a-Meknes_a100286.html

[Next INpact] Une résolution européenne française pour bétonner le droit d'auteur

Par Marc Rees, le mardi 17 mai 2016. Extrait:
> Comment court-circuiter les débats parlementaires sur le projet de loi Création? Simple: en faisant adopter une résolution européenne sur la protection du droit d’auteur dans l’Union européenne.
Lien vers l'article original: http://www.nextinpact.com/news/99866-une-resolution-europeenne-francaise-pour-betonner-droit-dauteur.htm

Et aussi:
[Next INpact] À l'Assemblée nationale, nouvelles tentatives pour accentuer la lutte contre la contrefaçon
[Next INpact] Des députés veulent coupler vidéosurveillance et reconnaissance faciale

[zonebourse] Retour sur la dernière édition de Pouvoirs Numériques avec Henri Verdier

Par la rédaction, le mardi 17 mai 2016. Extrait:
> Concernant la neutralité de la commande publique, Henri Verdier a précisé qu'il ne souhaitait pas faire du logiciel libre un sujet sectaire indiquant «apprécier» le premier alinéa de la nouvelle version de l'article 9 ter du projet de loi numérique,en ce qu'il clarifie les objectifs recherchés par l'administration lorsqu'elle privilégie un logiciel libre
Lien vers l'article original: http://www.zonebourse.com/actualite-bourse/TECH-IN-France-Retour-sur-la-derniere-edition-de-Pouvoirs-Numeriques-avec-Henri-Verdier--22374265/

[internet ACTU.net] A combien peut-on coopérer?

Par Jean-Michel Cornu, le lundi 12 mai 2016. Extrait:
> De même que Linux a montré dans les années 90 qu’il était possible de travailler à plusieurs centaines… sous certaines conditions, des succès des années 2000 comme Wikipédia ou Open Streetmap montrent qu’il est possible de faire une encyclopédie ou une cartographie à plusieurs dizaines de milliers de personnes voire plus. Peut-on comprendre comment développer des écosystèmes (d’équipes projets ou de communautés) de plusieurs dizaines de milliers de personnes?
Lien vers l'article original: http://www.internetactu.net/2016/05/12/a-combien-peut-on-cooperer

Note

Les articles de presse utilisent souvent le terme « Open Source » au lieu de Logiciel Libre. Le terme Logiciel Libre étant plus précis et renforçant l'importance des libertés, il est utilisé par l'April dans sa communication et ses actions. Cependant, dans la revue de presse nous avons choisi de ne pas modifier les termes employés par l'auteur de l'article original. Même chose concernant l'emploi du terme « Linux » qui est généralement utilisé dans les articles pour parler du système d'exploitation libre GNU/Linux.

ggravier.png Gilles GRAVIER

No... Bitcoin isn't a bank. No it doesn't compete head-on with banks...

Le 23 May 2016 à 15:01:22

Once more I read that says something along the line of - I paraphrase - the Bitcoin network growing up to a point where it replaces the banking system. And once again I cringe when I read or hear that.

So let's take a step back and  look at what the Bitcoin network is. It's a transaction processing network. Albeit a really smart, decentralized, self running, self securing one... But it really just processes transactions. You tell it "I would like to make it known that I'm transferring X amount that I know to recipient Y". It goes and checks that you effectively have control of this amount, and transfer the control/ownership to the person, and makes sure that this transfer is properly notarized (time-stamped and all) and that it doesn't take place multiple times.

That's it.

While every block in the Bitcoin network represents value, and that you transfer parts thereof, the actual equivalent the the banking "secure storage" function is the way your electronic wallet stores securely your private key(s). So the bank is your wallet. Or it's the company that is running your wallet for you (if your wallet is web hosted, rather than fully on your device). So this is the tricky part... You have to trust somebody (you trust the bank with your money, which it stores more or less in gold equivalent, or you trust the company with your keys, which it stores in a digital safe). And you have to hope that they don't misbehave with it.

Regulations apply to banks. But of course we've seen countries put in place regulations where banks are allowed to take some of the funds from their customer to protect themselves from bankruptcy... Regulations don't apply (today, in most countries) to companies storing Bitcoin private keys... and most (if not all) of the fraud around Bitcoin has happened when these companies misbehaved.

If you store your private keys in a digital wallet on your phone. If this wallet is open source, so that you can check by yourself (or have somebody expert in this kind of stuff validate it for you) that it doesn't misbehave with your keys, it's a lot harder for something unwanted to happen to your bitcoin funds. Yes, the bitcoin currency fluctuates, but all of them do. Some of them more than bitcoin. It's not designed for long term storage (unless you are very comfortable with risky investments), but more for doing short duration transactions. The current tendency is for the value of a bitcoin compared to a USD or a EUR to grow... so it's encouraging people to sit on their wallet. But it's not a guaranty.

What frightens banks is that bitcoins can be transacted by unbanked people (or machines - think IoT devices doing transactions by themselves). You don't need a bank account to use bitcoins. You need a piece of software. And a CPU to run it on (and some storage). So in a way, people can move away from them for some activities. When it's the unbanked, they're not losing customers... But when it's customers with bank accounts it's trickier. Still Bitcoins aren't replacing banks. They're complementing.

Those who are really losing money is people like SWIFT. Every transaction on the Bitcoin network is one less that banks would be paying SWIFT for. And it's going faster, and more secure, and cheaper, than SWIFT can do.

Bitcoins aren't replacing banks. They might make SWIFT obsolete (in particular when banks start using other blockchains as well for their own inter-bank, and intra-bank, transactions). They will make Western Union and their competitors obsolete (who wants to pay SWIFT several percent of a transaction as a fee when you can send bitcoins to friends anywhere on the planet, in 10 minutes, for fractions of a percent).

Banks? Well, safe deposit boxes are great to store paper copies of your bitcoin private keys in cold storage. :)

tnitot.png Tristan NITOT

En vrac du lundi

Le 23 May 2016 à 08:08:00

Rogny les Sept Ecluses

Rogny les Sept Ecluses

Un peu de lecture pour oublier la pluie !

Je dois dire ma réelle fierté d’avoir été rapporteur de la loi relative au renseignement, car il s’agit d’une grande loi de liberté.

  • Soon We Won’t Program Computers. We’ll Train Them Like Dogs (“bientôt, nous ne programmerons plus les ordinateurs, nous les dresserons comme des chiens”), un article intéressant sur le changement de paradigme autour du logiciel. Au lieu de programmer des ordinateurs en leur donnant des instructions suivies très précisément, nous faisons des logiciels quasiment génériques qui, soumis à des jeux de données massifs, “apprennent” à reconnaitre des tendances, des associations. On pense bien sûr à la reconnaissance de formes, mais c’est déjà quelque chose qu’on utilise depuis longtemps (par exemple avec les algorithmes baysiens qui filtrent les spams des emails). Ça pose un problème éthique majeur dans la mesure où ce qui influence les résultats de l’algorithme, c’est plus le jeu de données qui est fourni lors de l’apprentissage que l’algorithme lui-même. Cela va dans certains cas générer un biais illégal (raciste ou sexiste ou religieux, par exemple) qui n’est pas du à l’algorithme. Exemple sorti de mon imagination (donc pas forcément vrai) : une compagnie d’assurance pourrait faire de meilleurs tarifs aux femmes qu’aux hommes parce qu’elles ont un taux d’accident moindre. C’est sexiste, et rien de cela n’est du à l’algorithme, seulement au jeu de données. Voir aussi en français : Demain, la fin du code ? ;

22 May 2016

svieille.png Simon VIEILLE

Validation de fichier CSV en PHP

Le 22 May 2016 à 17:50:15

Je publie aujourd'hui une première version fonctionnelle et presque totalement testée d'un validateur de fichier CSV : deblan/csv-validator. J'ai décidé de m'appuyer sur les contraintes de validation proposées dans Symfony.

Pour installer ce composant, il faut passer par composer :

composer require deblan/csv-validator dev-master

Voici un exemple simple et concret :

<script async="async" src="https://gist.deblan.org/fr/embedjs/5741f076d8d0b/84e52331c33e3e17d8a92513e660dd95b28b143e"></script>

C'est sous lience BSD donc éclatez-vous avec !

21 May 2016

fboulogne.png François BOULOGNE

Contributions #2

Le 21 May 2016 à 22:00:00

Voici une brève d'un certain nombre de mes contributions de ces trois derniers mois. Le but est de montrer qu'il y a plein de choses à faire et que chaque petit pas contribue à faire avancer le Libre.

Associations

Je me suis lancé à donner un coup de main à framasoft et la quadrature.

  • Un relecture d'une page web sur les NAS pour le site controle-tes-donnees et j'ai par ailleurs démarré deux autres tickets, un premier pour parler de CHATONS (je propose un texte) et un second pour réfléchir au contenu des pages auto-hébergement. N'hésitez-pas à contribuer.
  • Chez framasoft, j'ai aidé à la révision de la charte et aussi et émis une idée. Cette structure est très intéressante et je vais continuer à m'investir pour favoriser l'émergence.
  • De plus, j'ai démarré une liste de potentiels chatons ce qui permettra de démarcher des structures existantes et aussi d'avoir une idée plus précise de ce à quoi ça peut ressembler.

Archlinux

  • J'ai créé un paquet archlinux pour trimage. Ce serait intéressant de retravailler un peu sur le code et passer à python 3. Les derniers commits datent de trois ans.

Scikit-image

Scikit-image est une bibliothèque Python pour le traitement d'images (scientifique), que j'utilise assez souvent. Il y avait longtemps que je n'avais pas contribué, alors je m'y remets.

  • Suite à une utilisation avec des choses qui ne me plaisaient pas, je me suis lancé dans la relecture du code des fonctions de transformée de Hough pour les lignes. Ca m'a pris pas mal de temps pour me rendre compte qu'une précision manquait dans la doc et qu'il y avait une erreur dans la signature d'une fonction cython. Je tente aussi de mettre en place une détection de pic subpixellaire, mais ce n'est pas gagné.
  • J'ai apporté une correction de bug à cause d'un morceau de code qui n'avait pas été testé dans toutes les combinaisons d'option possible. C'est une fonction portant sur la détection de pics locaux.

Python

  • Suite à une analyse de performance de code de feedparser, j'ai créé un petit patch dont une partie a été fusionné. J'espérais pouvoir gagner plus en me lançant dans cette analyse, mais l'étude fût instructive.
  • Suite à mes activités d'empaqueteur pour archlinux, j'ai ouvert un ticket chez pandas lié à numexpr. Je suis tombé sur un dev assez peu agréable et le ton est un peu monté. Face à ça, j'ai arrêté de commenter et il a corrigé le bug tout seul. Une remarque : ce n'est pas parce que le bug tracker enregistre plusieurs milliers de tickets qu'il faut expédier les nouveaux sans analyser finement ce qui se passe et prendre le temps de poser les questions. Sur le long terme, c'est contre-productif.

Divers

  • J'utilise Jirafeau comme hébergeur de fichier et j'ai créé un petit patch pour que le script bash renvoie tous les liens.
  • Pour bibtexbrowser, j'ai proposé que l'url de jquery soit une variable. Ainsi, on permet au websmaster de respecter la vie privée des utilisateurs en utilisant sa propre installation.
  • Un rapport de bug pour simple-scan dont la fenêtre d'enregistrement n'est pas très intuitive pour les personnes ne comprennant pas le sens d'une extension de fichier. Or, ce logiciel s'adresse à ce type de public.

20 May 2016

april.png Nouvelles April

« 01net magazine » associe l'April, La Quadrature du Net et la FSF à la « filière des filous du net »

Le 20 May 2016 à 12:29:44

Image de l'encart sur le mercenaire

Le magazine 01net, dans son édition n°843 du 18 au 31 mai 2016, a publié un dossier portant sur les « Virus, la déferlante ». Dans l'article intitulé « On a remonté la filière des filous du net » (page 33), les auteurs cherchent à comprendre quels sont les responsables des attaques par rançongiciel, ces logiciels qui chiffrent les données du disque dur de la victime, qu'il n'est possible de déverrouiller que contre paiement, et qui se cache derrière « ces logiciels malveillants » selon les termes de l'article.

Dans ce que 01net dénomme « la famille pirate », on retrouve « le voyou 2.0 », « l'hacktiviste », « l'espion » et « le mercenaire », chacune de ces entitées étant illustré par le dessin d'une personne.

Plus particulièrement, le mercenaire est décrit, page 35, comme un « hackeur chevronné vend[ant] ses compétences au plus offrant, [...] des mafias, des services de renseignement ou des entreprises peu scrupuleuses [...] ». Le dessin associé à cette description montre un homme derrière son ordinateur portable dont le dos de l'écran est couvert d'autocollants de la Free Software Foundation (FSF), de La Quadrature du Net et de l'April et particulièrement ceux qui concernent les quatre dangers pour le Logiciel Libre (voir l'extrait de l'article).

Associer la FSF, La Quadrature du Net, l'April, leurs membres et soutiens à des actes malveillants est scandaleux. Un programme malveillant est conçu dans le but de nuire à un système informatique et à son utilisateur. Alors que les logiciels libres permettent au contraire de construire une informatique au service des utilisateurs. Les actions de la FSF, de La Quadrature du Net et de l'April visent à développer et défendre les libertés informatiques et les droits et libertés des citoyens sur Internet.

19 May 2016

Frederic BEZIES

C’est officiel : Le logiciel libre est devenue une religion…

Le 19 May 2016 à 13:28:24

Au sens classique du terme. Vous allez dire, pourquoi est-ce qu’il pousse une gueulante ? Pourquoi une autre ? Parce que… c’est nécessaire. Au début je ne comptais pas rédiger de billet, mais vu le niveau atteint, il n’y a pas d’autre choix.

Tout commence avec un article sur la Parabola GNU/Linux dont je critiquais le manque d’utilisabilité pour le monde moderne. Ne serait-ce qu’avec l’utilisation du greffon LibreJS qui fait passer GNU Gnash pour une implémentation utilisable d’Adobe Flash… Oui, c’est ironique 🙂

Un commentaire d’une personne que l’on ne peut que qualifier de puriste du libre vient me faire la morale, gentiment. Puis, ça part un peu plus en cacahuètes, jusqu’au point où je déclare que cette personne est une intégriste. Au sens entendu du terme, celui de l’intégrisme religieux.

Ne voulant pas perdre plus de temps avec un dialogue de sourds, j’ai clos les commentaires.

Je passe alors à autre chose, et un membre de la communauté Trisquel me propose un débat. Je le décline, pour une simple et bonne raison : Ce sera un dialogue de sourds entre le linuxien pragmatique que je suis et le commentateur qui avait sortie sa propagande en oubliant de se renseigner sur certains points.

Dans la vidéo que vous trouverez ci-après, j’avoue que j’ai été un peu fort dans mes termes, mais la colère que j’éprouve envers ces technophiles, incapables de voir plus loin que le bout de leur appendice nasal, ça me met hors de moi.

La colère est mauvaise conseillère parfois, mais quand il faut pointer les problèmes du doigt…

<iframe allowfullscreen="allowfullscreen" frameborder="0" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/KJkZFHxvRBU?rel=0" width="640"></iframe>

Je vous conseille le fil sur le forum de la Trisquel où l’on dit que j’ai pété une durite… Cf la capture d’écran ci-dessous.

duriteOu encore la partie où l’on voit la banane magique qui cite Barry Goldwater pour appuyer son point de vue. Cf la capture d’écran ci-après.

goldwaterLa traduction de la citation est : « L’extrémisme dans la défense de la liberté n’est pas un vice ; La modération dans la poursuite de la justice n’est pas une vertu ».

On arrive à tout justifier au nom de la liberté, au point de ne plus pouvoir utiliser son propre matériel. Au nom de la liberté, doit-on justifier la privation de liberté, comme celle du choix de son matériel ou des logiciels qu’on doit utiliser ?

Pour la petite histoire, Barry Goldwater fut vaincue par rapport à l’utilisation d’un clip très connue sous le surnom de Daisy.

<iframe allowfullscreen="allowfullscreen" frameborder="0" height="480" src="https://www.youtube.com/embed/dDTBnsqxZ3k?rel=0" width="640"></iframe>

Bref, en dehors de cette référence culturelle, j’en reviens toujours au même point : s’il n’y avait pas eu des développeurs pragmatiques, sachant peser le pour et le contre, le logiciel libre serait-il autant répandu ?

Sans des Linus Torvalds, des Theodore Ts’o, Daniel Robbins ou encore Patrick Volkerding, aurait-on un logiciel libre aussi développé ? Surtout utilisable par le plus grand nombre sans avoir besoin d’une formation d’ingénieur en informatique ?

Si on veut suivre les canons de la FSF jusqu’au bout, on devrait utiliser le noyau GNU/Hurd, non ? À savoir un noyau qui n’est pas encore stabilisé, avec un support matériel anémique pour ne pas dire inexistant.

Alors, oui, j’utilise une imprimante Epson, car j’avais besoin d’une imprimante dans l’heure qui suivait quand ma précédente est morte, et qu’il n’y avait pas d’imprimantes HP dans l’hypermarché près de chez moi et rentrant dans mon budget serré à l’époque.

Quand mon ordinateur a rendu l’âme, j’ai dû faire des compromis et prendre ce qui rentrait dans mon budget et le plus vite possible. C’était il y a bientôt 6 ans. J’utilise un vieux Compaq avec un bios non libre, une carte nVidia GT210 et par chance, le pilote nouveau fonctionne très bien avec.

Si vous considérez que je suis un mauvais linuxien car j’ose dire : « Il faut savoir utiliser du non-libre quand c’est nécessaire et ne pas tomber dans le sado-maso », alors, je suis un mauvais linuxien.

J’essaye d’apporter ma pierre au mouvement du libre chaque jour. En aidant des personnes qui sont moins avancées que moi techniquement.

Si dans un domaine précis, je dois utiliser un logiciel non libre pour effectuer une tâche, je le ferais, si et uniquement si je n’ai pas trouvé un logiciel libre pour la tâche en question.

Ce qui fait de moi, aux yeux des puristes, un collaborateur, un vendu, un traître.

Dans tout mouvement, le pire est concentré dans deux groupes : les extrémistes et les nouveaux convertis qui ont tendance à être représenté par les mêmes personnes.

Continuez, messieurs les extrémistes du libre avec vos propos, vos anathèmes et votre propagande. Vous détruisez le travail des utilisateurs du libre qui ont intégré le fait qu’on ne peut pas imposer la liberté.

« Pas de liberté pour les ennemis de la liberté. » (Antoine de Saint Just, 1767-1794)

Voilà comment résumer l’esprit des extrémistes du logiciel libre ! Avec les conséquences que cela entraine.

PS : Je ne répondrai à aucun commentaire sur ce billet. Les commentaires seront fermés le 29 mai 2016 à minuit. Merci pour vos commentaires, je ne supprimerai rien, sauf si cela part dans les insultes gratuites. Enfin, il n’est pas nécessaire de montrer patte blanche comme sur les forums pour commenter ici.

PPS : j’utilise pragmatisme tel que définit selon le dictionnaire Larousse : Attitude de quelqu’un qui s’adapte à toute situation, qui est orienté vers l’action pratique.

Précision que j’avais oublié d’apporter. Je ne touche plus à l’article maintenant.

april.png Nouvelles April

Point d'étape sur loi française de finances 2016 (article 88) et les logiciels libres de caisse

Le 19 May 2016 à 12:14:44

Depuis plusieurs années, le gouvernement français s’est engagé dans la lutte contre la fraude à la TVA. Dans cette optique, la loi de finances 2016 démontre une volonté de mieux encadrer les logiciels de comptabilité, de gestion ou d’encaissement. Malheureusement le texte comporte un article 88 qui aurait pour effet de bord l'interdiction de détenir des logiciels libres de caisse. Visiblement sensible à ce problème l'administration fiscale a fait preuve d'une attitude conciliante et constructive. Voici un point d'étape sur ce dossier.

En décembre 2015, la loi de finances pour l'année 2016 a donc été votée. Son article 88 « dispose que les assujettis à la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) doivent à compter du 1er janvier 2018 être équipés d'un système de caisse sécurisé ». La formule est celle de la DGFIP (Direction Générale des FInances Publiques).
Cette obligation se traduit dans les grandes lignes par le respect des « conditions d'inaltérabilité, de sécurisation, de conservation et d'archivage des données » ainsi que par le jeu de la responsabilité essentiellement basé sur un système de certification/attestation obligatoire.

Philippe Pary (gérant de la société Scil, éditrice du logiciel libre de caisse Pastèque) avait alors publié une dépêche pour faire part de ses craintes sur les conséquences de cet article ; la disposition pouvant clairement résulter, de fait, dans l'interdiction des logiciels libres de caisse.

En janvier 2016 l'April et Philippe Pary ont rencontré des membres de la DGFIP qui se sont montrés réceptifs aux problèmes soulevés. Les éléments clefs qui sont ressortis de cette rencontre sont que l'administration fiscale n'est pas opposée en soi au logiciel libre, qu'il est important de mieux définir la notion d'éditeur, à laquelle est attachée la responsabilité, et de se poser la question de comment assurer les conditions d'inaltérabilité, de sécurité, de conservation et d'archivage des données.

Fin mars la DGFIP a fait un « appel à remarques » sur son projet de commentaire au BOFIP de l'article 88, clos le 29 avril. Celui-ci, bien sûr perfectible, montre un réel pas en avant vers les logiciels libres. Les inquiétudes n'ont pas été ignorées. Pour rappel, le BOFIP ou Bulletin Officiel des Finances Publiques a valeur de doctrine opposable à l'administration fiscale. Il s'agit donc d'un texte essentiel dans l'application de la loi de finance et qui aura à ce titre un impact direct sur l'étendue et la nature des obligations qui pèseront sur les « éditeurs » de logiciels de caisse, notamment libres.

Fin avril, Philippe Pary et Baptiste Simon (Libre Informatique SCRL) ont co-signé une réponse à cet appel au nom du Syndicat Professionnel des Éditeurs de Logiciels Libres (SYNPELL). Le document co-signé expose clairement les différents points de vigilance et d'inquiétude, en voici les points essentiels :

Conditions d'inaltérabilité, de sécurisation, de conservation et d'archivage des données :

  • Notions définies de manière trop floue.
  • Il n'existe aucune méthode 100% fiable scientifiquement pour garantir ces conditions.

Système de certification, l'enjeu du lien de solidarité :

  • Pour rappel il s'agit d'une certification de conformité du logiciel à la loi. Peut être délivrée par un organisme, ou par l'éditeur qui atteste de cette conformité (en engageant sa responsabilité).
  • Le SYNPELL appelle à une certification directe par l'administration fiscale, et non déléguée à un organisme privé.
  • Le syndicat critique également l'obligation de détenir un code NACE (~ le champ d'activité) spécifique à l'édition de logiciel de caisse pour auto-attester de la conformité de son logiciel, et/ou des modifications effectuées sur celui-ci.
  • Cela est en lien direct avec un aspect positif du BOFIP qui précise que l'« éditeur » est soit le concepteur d'origine, soit le dernier intervenant qui a effectué une modification liée aux conditions d'inaltérabilité, de sécurité, etc. Ce dernier point est particulièrement important dans la mesure où il autorise la modification des logiciels sans faire porter une responsabilité « infinie » à l'éditeur initial. L'attestation de conformité s'éteint si la partie du logiciel qu'elle concerne est modifiée.

Définition du logiciel libre :

  • Le projet de commentaire au BOFIP définit un logiciel libre comme étant « librement paramétrable ». La réponse du SYNPELL en rappelle la véritable définition, plus précise, basée sur les 4 libertés.

À présent, nous sommes dans l'attente de la publication officielle du BOFIP sur la loi de finances 2016. Espérons que la DGFIP accorde à ces remarque la même attention que celle qui nous a été réservée lors de notre entretien en janvier. Et qu'elle évitera ainsi de créer des barrières aux logiciels libres de caisse dans la poursuite de son objectif, légitime, de lutte contre la fraude fiscale.

18 May 2016

fboulogne.png François BOULOGNE

Construire notre communication : blogs, planets, journaux...

Le 18 May 2016 à 22:00:00

A l'heure actuelle, j'écris sur ce blog, relayé par ces deux planets et parfois par le journal du hacker (jdh) pour lequel j'ai un peu contribué. Deux article récents, un premier par un contributeur du jdh et un second par un contributeur du planet-libre. pose des analyses quant à l'avenir des planets, ces sites relayant par le biais de flux rss, des articles de blog.

L'un des constats serait une baisse du nombres des blogs et des articles publiés, et donc de l'intérêt des planets. J'ai bien vu ces deux articles, et j'y avais donc réfléchi sans prendre la peine de l'écrire. Je le fais donc maintenant suite à une invitation indirecte.

Les blogs ont-ils un avenir ?

Sur l'intérêt des blogs, ça me semble essentiel. C'est ce qui fait partie de la culture Hacker, avec les wikis pour documenter ce que l'on fait. En deux mots, le terme Hacker recouvre ici toute personne ayant une activité de détournement d'objet afin de résoudre des problèmes pour lesquels ils ne sont pas destinés ainsi que la construction de l'informatique avec l'esprit du logiciel libre. Sans prétention aucune, c'est pour cela que j'ai les deux formes (blog.sciunto.org et share.sciunto.org). Le blog est en français (pour l'instant), le wiki en anglais. Ces deux formes sont complémentaires, l'un formant un carnet de bord, l'autre une documentation plus pérenne.

 L'intérêt des planets

L'intérêt d'un planet est de mettre en valeur les activités des acteurs d'un domaine. Le fait qu'il y ait plusieurs planets n'est donc que la conséquence de l'existence de divers groupes qui se chevauchent. Il reste selon moi un formidable tremplin pour communiquer. La duplication des articles pour certains lecteurs n'est selon moi pas un problème majeur. Je peux très bien suivre le planet-python mais pas le planet-debian et pour autant être intéressé par un article python appliqué à debian.

 Le relais ou la communication par les réseaux sociaux

Je ne suis pas adepte des réseaux sociaux. Les modèles de type facebook enferment les données et espionnent les activités. Je n'ai aucune idée de ce qui peut se dire sur ces réseaux. Le modèle me semble contraire à mon éthique, je n'y vais donc pas. Les modèles de type twitter sont ouverts, mais ont un ratio signal/bruit très souvent faible. De plus, mon observation me pousse à conclure que cette outil donne une illusion de visibilité : un buzz chez les convaincus, mais invisible au delà..

Le journal du hacker

Le modèle du jdh a des intérêts mais aussi des défauts selon moi. Déjà, je tiens à saluer l'initiative parce que c'est une belle façon de partager de l'information avec un outil intéressant. Par contre, je déplore la ligne éditoriale.

Trop d'articles bas de gamme sont relayés, notamment avec des sites professionnels qui ont pignon sur le web, dont les articles sont en carton : du journalisme classique se contentant de relayer de l'information avec de l'enrobage, des titres accrocheurs et une réflexion au degré zéro de la pensée.

L'autre problème est qu'il n'y a que quelques contributeurs qui publient beaucoup. La diversité n'est pas au rendez-vous et en postant des liens à tour de bras, on n'a pas une sélection d'articles qui ont ce quelque chose qui les rendent uniques. En effet, à chaque lien posté, il n'y a que rarement une justification de l'intérêt du lien. Les discussions sont par ailleurs quasi inexistantes contrairement à hacker news dont le jdh est un clone francophone libre. Donc, le jdh devient un planet bis avec, en plus, des articles moins intéressants à mes yeux. J'en suis venu à filtrer les noms de domaines pour faire une pré-sélection drastique.

Enfin, dernier point, dans jdh (journal du hacker), il y a hacker, et je vois trop peu de choses sur la bidouille d'objets physiques (contrairement à Hackaday), ce qui est bien dommage.

Vers un idéal ?

Hackaday représente selon moi un modèle de ligne éditoriale et s'il y avait quelque chose à reprendre, ce serait bien cette forme là, mais avec une meilleure répartition entre "software" et "hardware". Ils sont d'avantage dans un modèle où ce sont des lecteurs ou des rédacteurs qui viennent proposer leurs articles en plus de la veille de leurs contributeurs. Si une page est intéressante, un petit laïus avec éventuellement une photo ou vidéo est rédigé, avec parfois des liens vers des articles antérieurs publiés sur hackaday. A ma connaissance, ceci n'existe pas en français et il est évident que ça demanderait de l'énergie à construire une solution similaire.


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Mise à jour: Le 30 May 2016 à 02:32:45