Promouvoir et défendre le logiciel libre

26 June 2019

svieille.png Simon VIEILLE

API pour récupérer le contenu OpenGraph d'une page web

Le 26 June 2019 à 15:01:25

Pour la fonctionnalité de partage de liens sur ce blog, j'ai développé un script qui récupére le contenu d'une page et analyse ses balises <meta> pour identifier ses données Open Graph.

Dans un autre contexte, j'ai rencontré un bug dans Wallabag qui l'empêche de récupérer le contenu de plusieurs pages web que je désirait lire plus tard. Avec la volonté de créer un rapport de bug, la documentation m'a amené sur la piste du projet Graby utilisé par Wallabag.

Pour comprendre et peut-être proposer un correctif, j'ai joué avec Graby et ça m'a amené à réaliser une API pour remplacer le script utilisé par le blog, en combinent Graby et fusonic/opengraph. L'objectif de l'API est donc de retourner des données générées par Graby et OpenGraph au format JSON.

Voici à quoi ressemble un retour d'appel à l'API avec les données Open Graph :

Le projet est dépendant de PHP 7.3 et c'est libre. Le code source est dispo ici.

de_crevoisier.png LE-ROUTEUR-WIFI.COM

Port Forwarding : Qu’est ce que la redirection de ports et comment s’en servir ?

Le 26 June 2019 à 07:16:59

La redirection de ports ou « Port forwarding » en anglais, permet la redirection des signaux informatiques pour suivre des chemins électroniques spécifiques dans votre ordinateur. Si le signal de l’ordinateur parvient dans votre ordinateur quelques millisecondes plus rapidement, la vitesse de votre jeu ou de votre téléchargement augmentera considérablement. Voyons ensemble aujourd’hui ce qu’est exactement le port forwarding et comment l’optimiser pour télécharger ou jouer en ligne avec de meilleures performances.

Choisir parmi les 65 536 ports possibles

Le petit câble réseau ethernet, ou la petite antenne WiFi de votre ordinateur permettent au signaux envoyés d’emprunter 65 536 chemins différents. Votre câble réseau est comme une grande autoroute, très grande en fait puisqu’il s’agit d’une 65 536 voies, en réseau on appelle chaque voie un « port ».

Votre signal internet est composé de milliers/millions de petites voitures qui transitent sur ces voies. En réseau, on appelle ces voitures des « paquets de transfert ». Les paquets de transfert peuvent voyager très rapidement d’un ordinateur à l’autre, mais ils doivent observer certaines règles qui ne leurs permettent pas d’aller et venir à pleine vitesse. Ils doivent en effet s’arrêter à chaque intersection du réseau comme s’il s’agissait d’une station de péage numérique. A chaque intersection le paquet doit remplir 3 étapes :

  • Trouver un port ouvert et libre
  • Passer le test d’identification qui va lui permettre de passer par ce port, et s’il n’y parviens pas
  • Passer au port suivant et re-essayer, jusqu’à finalement être accepté sur un des ports

Dans certains cas, les paquets intrus (envoyés par les pirates informatiques) seront retenus aux intersection où ils ne pourront pas passer et seront détruits. On appelle cela le Filtrage de paquets.

Quels sont les ports préférés des paquets informatiques ?

Chaque programme dans votre ordinateur est normalement configuré pour envoyer ses paquets via un port pré-défini. Le choix des ports utilisés suis souvent des standards de la programmation. Ainsi, votre routeur doit être configuré pour autoriser les communications sur ces ports, sinon les performances en ligne du programme pourraient s’en retrouver diminuées :

  • Pages HTML (navigation web) : Port 80
  • Transfert de fichiers FTP : Port 21
  • World Of Warcraft : Port 3724
  • POP3 email : Port 110
  • Facebook Messenger : Port 1024
  • Everquest : Port 1024
  • BitTorrents : Port 6881

Et le port forwarding là dedans ?

Le port Forwarding ou la redirection de ports, intervient lorsque vous voulez demander à votre routeur d’identifier et de rediriger chaque paquet afin de le transporter sur des ports spécifiques. Plutôt que de laisser chaque paquet s’arrêter à chaque port pour effectuer son test et finalement trouver un port ouvert, le routeur peut être configuré pour identifier les paquets et les envoyer vers un port en particulier. Dans notre comparaison de l’autoroute du paragraphe précédent, le routeur prendrait alors la place d’un super-policier qui permet de fluidifier le trafic sur les milliers de voies disponibles.

Bien que cette identification préalable ne prenne que quelques millisecondes, le temps gagné se cumule vite pour vous faire gagner un temps précieux sur vos jeux et téléchargements par exemple. Si vous configurez votre redirection de ports correctement, vous pourrez améliorer votre expérience internet de quelques secondes. Dans le cas de téléchargement de gros fichiers Torrent par exemple, le port forwarding peut vous faire gagner plusieurs minutes de transfert. Un film qui prenait plusieurs heures à se télécharger ne prends maintenant que quelques dizaines de minutes.

Comment mettre en place une redirection de ports ?

Bien que la programmation de redirection de ports puisse faire peur aux débutants, il existe des tutos sur internet qui vous permettront de faire ce que vous voulez facilement. La raison principale qui pousse à avoir recours au port forwarding est le téléchargement de lourd fichiers en torrent, les joueurs en ligne sont aussi clients de cette pratique pour améliorer les performances de leurs jeu en chargement par exemple.

Je ne propose pas encore de tuto sur la redirection de ports, mais je le partagerais ici dès qu’il sera disponible !

The post Port Forwarding : Qu’est ce que la redirection de ports et comment s’en servir ? appeared first on Routeur-Wifi.

25 June 2019

april.png Nouvelles April

« Libre à vous ! » diffusée mardi 25 juin 2019 sur radio Cause Commune - Bureautique libre (LibreOffice, The Document Foundation) - RGPD - Migration vers le logiciel libre

Le 25 June 2019 à 13:30:00

Libre à vous !, l'émission pour comprendre et agir avec l'April, chaque mardi de 15h30 à 17h sur la radio Cause commune (93.1 FM en Île-de-France et sur Internet)..

Nous avons commencé par la chronique « Les transcriptions qui redonnent le goût de la lecture » de Marie-Odile Morandi, animatrice du groupe de travail Transcriptions, qui a porté sur le RGPD (Règlement général sur la protection des données). Nous avons enchaîné avec notre sujet principal qui portait sur la bureautique libre et plus particulière sur LibreOffice et The Document Foundation avec Stéphanie Robert, Christophe Cazin membres de La Mouette et Philippe Hemmel de The Document Foundation et fondateur de la société Arawa. Nous avons poursuivi par la chronique « Jouons collectif » de Vincent Calame, bénévole à l'April, qui a porté sur la migration vers le logiciel libre de la FPH (Fondation Charles Léopold Mayer pour le Progrès de l’Homme). Nous avons terminé par des annonces diverses.

Réécouter en ligne

S'abonner au podcast

Podcasts des différents sujets abordés

Les podcasts seront disponibles après la diffusion de l'émission (le jour même ou le lendemain).

N'hésitez pas à nous faire des retours sur le contenu de nos émissions pour indiquer ce qui vous a plu mais aussi les points d'amélioration. Vous pouvez nous contacter par courriel, sur le webchat dédié à l'émission (mais nous n'y sommes pas forcément tout le temps) ou encore sur notre salon IRC (accès par webchat).

Programme de l'émission du 25 juin 2019

La trente-et-unième émission Libre à vous ! de l'April a été diffusée en direct sur la radio « Cause commune » mardi 25 juin 2019 de 15 h 30 à 17 h.

Au programme :

  • chronique « Les transcriptions qui redonnent le goût de la lecture » de Marie-Odile Morandi qui a porté sur le RGPD (Règlement général sur la protection des données)
  • la bureautique libre (LibreOffice et The Document Foundation)
  • chronique « Jouons collectif » de Vincent Calame qui a porté sur la migration vers le logiciel libre de la FPH (Fondation Charles Léopold Mayer pour le Progrès de l’Homme).
  • Annonces

Personnes participantes

Les personnes qui ont participé à l'émission :

  • Frédéric Couchet, délégué général de l'April
  • Marie-Odile Morandi, animatrice du groupe de travail Transcriptions
  • Vincent Calame, bénévole à l'April
  • Stéphanie Robert (membre des associations La Mouette et Aldil et à titre professionnel atuellement cheffe de projet pour la Ville de Grenoble pour accompagner la mairie et le CCAS (Centre Communal d'Action Sociale) dans la migration vers LibreOffice)
  • Christophe Cazin (La Mouette)
  • Philippe Hemmel (The Document Foundation et fondateur de la société Arawa)
  • Patrick Creusot, bénévole à l'April, à la régie

Références pour la chronique « Les transcriptions qui redonnent le goût de la lecture »

Références pour la partie sur la bureautique libre

Références pour la chronique « Jouons collectif »

Références pour la partie sur les annonces diverses

Pauses musicales

Les références pour les pauses musicales :

24 June 2019

april.png Nouvelles April

Revue de presse de l'April pour la semaine 25 de l'année 2019

Le 24 June 2019 à 20:57:42

Cette revue de presse sur Internet fait partie du travail de veille mené par l’April dans le cadre de son action de défense et de promotion du logiciel libre. Les positions exposées dans les articles sont celles de leurs auteurs et ne rejoignent pas forcément celles de l’April.

[ChannelNews] Le CERN choisit l'open source au détriment de Microsoft

✍ Dirk Basyn, le .

[Developpez.com] Open source: les développeurs sont-ils sous-financés et exploités? Oui

✍ Patrick Ruiz, le .

Libre à vous ! Radio Cause Commune - Transcription de l'émission du 18 juin 2019

Le 24 June 2019 à 09:06:31


Bannière de l'émission

Titre : Émission Libre à vous ! diffusée mardi 18 juin 2019 sur radio Cause Commune
Intervenants : Noémie Bergez - Angie Gaudion - Christian Momon - Denis Dordoigne - Isabella Vanni - Frédéric Couchet - Étienne Gonnu à la régie
Lieu : Radio Cause Commune
Date : 18 juin 2019
Durée : 1 h 30 min
Écouter ou télécharger le podcast
Page des références utiles concernant cette émission
Licence de la transcription : Verbatim
Illustration : Bannière radio Libre à vous - Antoine Bardelli ; licence CC BY-SA 2.0 FR ou supérieure ; licence Art Libre 1.3 ou supérieure et General Free Documentation License V1.3 ou supérieure. Logo radio Cause Commune, avec l'accord de Olivier Grieco
NB : transcription réalisée par nos soins, fidèle aux propos des intervenant·e·s mais rendant le discours fluide.
Les positions exprimées sont celles des personnes qui interviennent et ne rejoignent pas nécessairement celles de l'April, qui ne sera en aucun cas tenue responsable de leurs propos.

logo cause commune

Transcription

Voix off : Libre à vous !, l’émission pour comprendre et agir avec l’April, l’association de promotion et de défense du logiciel libre.

Frédéric Couchet : Bonjour à toutes. Bonjour à tous. Vous êtes sur la radio Cause Commune 93.1 en Île-de-France et partout dans le monde sur le site causecommune.fm. La radio dispose d’un webchat, donc utilisez votre navigateur web, rendez-vous sur le site de la radio, causecommune.fm, cliquez sur « chat » et ainsi retrouvez-nous sur le salon dédié à l’émission.
Nous sommes mardi 18 juin 2019, nous diffusons en direct, mais vous écoutez peut-être une rediffusion ou un podcast.
Soyez les bienvenus pour cette nouvelle édition de Libre à vous !, l’émission pour comprendre et agir avec l’April, l’association de promotion et de défense du logiciel libre. Je suis Frédéric Couchet, le délégué général de l’April.
Le site web de l’association est april.org, vous y retrouverez d’ores et déjà une page consacrée à l’émission avec les références utiles sur les pauses musicales, sur les sujets que nous allons aborder et également les moyens de nous contacter. N’hésitez pas à nous faire des retours pour indiquer ce qui vous a plu mais également des points d’amélioration.
Je vous souhaite une excellente écoute.

Maintenant le programme de cette émission.
Nous commencerons par la chronique juridique de Noémie Bergez intitulée In code we Trust qui sera consacrée à l’usurpation d’identité numérique.
D’ici dix-quinze minutes nous aborderons notre sujet principal qui portera sur le Collectif des Hébergeurs Alternatifs, Transparents, Ouverts, Neutres et Solidaires, autrement dit les CHATONS.
En fin d’émission nous aurons la chronique « Le libre fait sa comm’ » d’Isabella Vanni consacrée au thème du retour d’expérience de l’animation d’un stand de l’April lors d’événements.
À la réalisation de l’émission Étienne Gonnu. Bonjour Étienne.

Étienne Gonnu : Salut Fred.

Frédéric Couchet : On va vous proposer un petit quiz. Je vous donnerai les réponses en cours d’émission. Vous pouvez proposer des réponses soit sur le salon web de la radio ou également sur les réseaux sociaux.
Première question : la même que la semaine dernière vu que j’avais oublié de donner la réponse, mais c’est quand même en lien avec l’émission d’aujourd’hui. Lors de l’émission du 4 juin, notre sujet principal portait sur Framasoft. La question est : d’où vient le nom Framasoft ?
Deuxième question, que se passe-t-il à Rezé, dans les Pays de la Loire, samedi 22 juin, une activité en lien avec notre émission de la semaine dernière ? Réponse en fin d’émission.

Tout de suite place au premier sujet.

[Virgule musicale]

Chronique In code we trust sur l'usurpation d'identité numérique avec Noémie Bergez

Frédéric Couchet : Nous allons commencer par une intervention de Noémie Bergez, avocate au cabinet Dune, pour chronique In code we trust. La chronique du jour va porter sur l’usurpation d’identité numérique. Bonjour Noémie.

Noémie Bergez : Bonjour Fred. Bonjour à tous.

Frédéric Couchet : Nous t’écoutons.

Noémie Bergez : Cette chronique est dédiée au délit d’usurpation d’identité numérique. Après une première présentation de ce délit, nous aborderons quelques cas pratiques de décisions qui ont été rendues en la matière.

Le délit d’usurpation d’identité est prévu à l’article 226-4-1 du Code pénal. Il a été créé par la loi numéro 2011-267 du 14 mars 2011, dite d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure, la loi LOPPSI 2. Cet article incrimine « le fait d’usurper l’identité d’un tiers ou de faire usage d’une ou plusieurs données de toute nature permettant de l’identifier en vue de troubler sa tranquillité ou celle d’autrui ou de porter atteinte à son honneur ou à sa considération. Ce délit est puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende. » L’article précise, dans son alinéa 2, que « cette infraction est punie des mêmes peines lorsqu’elle est commise sur un réseau de communication au public en ligne ».
C’est vrai que ce deuxième alinéa n’est pas véritablement pertinent puisque le premier alinéa, le fait d’usurper l’identité, inclus nécessairement l’infraction qui est commise sur les réseaux de communication au public en ligne. En tout cas, il permet de comprendre la motivation du législateur puisque l’idée était quand même d’apporter un peu de pédagogie et on s’était aperçu que ce type d’agissement était quand même assez régulièrement commis via les réseaux de communication au public en ligne. Donc le législateur a voulu un petit peu renforcer son article, même si l’alinéa 2 est plutôt perçu par les praticiens comme inutile.

Il faut savoir qu’avant cet article les faits d’usurpation d’identité étaient sanctionnés par des textes généraux. On avait le délit d’escroquerie qui est prévu à l’article 313-1 du Code pénal. Ce délit d’escroquerie est celui qui punit l’usage d’un faux nom, d’une fausse qualité, ou l’abus d’une qualité vraie, ou l’emploi de manœuvres frauduleuses pour tromper une personne physique ou morale et la déterminer, à son préjudice ou au préjudice d’un tiers, à lui remettre des fonds, des valeurs ou un bien quelconque. Ce délit était puni, est toujours puni d’ailleurs, d’une peine d’emprisonnement de cinq ans et de 375 000 euros d’amende. Il y avait un autre délit qui était utilisé également pour sanctionner des faits d’usurpation d’identité, c’était l’article 434-23, et qui incrimine le fait de prendre le nom d’un tiers dans des circonstances qui ont déterminé ou auraient pu déterminer contre lui des poursuites pénales.

À présent on a un article qui est prévu dans le Code pénal sur l’usurpation d’identité en lui-même. Il faut retenir les éléments caractéristiques de ce délit d’usurpation de l’identité. L’identité, dans le rapport de l’Assemblée nationale, le conseiller rapporteur estimait que le terme identité recouvrait tous les identifiants électroniques de la personne, à la fois son nom, son surnom, mais également son pseudonyme lorsqu’il est utilisé sur Internet. Pour que le délit soit caractérisé il faut d’une part, usurper l’identité et, d’autre part, avoir une volonté d’user cette identité pour troubler la tranquillité d’autrui ou porter atteinte à son honneur ou à sa considération.

On a plusieurs décisions de justice en la matière.

Il faut noter que le délit semble pouvoir s’appliquer également aux personnes morales, puisque la cour d’appel de Paris, dans un arrêt du 10 octobre 2014, a jugé qu’une personne morale pouvait agir sur le fondement de l’usurpation de l’identité numérique au travers de son dirigeant social. Dans cette espèce, le prévenu avait créé, avec les coordonnées de la société, de fausses adresses [de messagerie électronique] et il avait publié des contenus diffamatoires et insultants. Eh bien les juges ont retenu le délit d’usurpation d’identité et ont condamné l’auteur des faits à dix mois de prison avec sursis.

L’arrêt qui est assez marquant dans cette matière de l’usurpation d’identité c’est un arrêt de la chambre criminelle du 16 novembre 2016, qui a été vraiment l’un des plus commentés dans la jurisprudence puisqu’en fait, dans cette espèce, un site internet avait été créé et qui reproduisait l’apparence du site officiel de la maire du 7e arrondissement de l'époque, qui reproduisait donc sa photographie, qui diffusait des commentaires insultants et diffamatoires et qui permettait de publier sur des réseaux sociaux des faux communiqués de cette maire.
Une plainte avait été déposée pour atteinte à un système de traitement automatisé de données et usurpation d’identité sur support numérique. Pour les atteintes au système de traitement automatisé de données je vous renvoie, si cela vous intéresse, à la chronique sur le sujet des infractions informatiques, on avait évoqué ces atteintes.
Sur l’usurpation d’identité, après enquête l’auteur du site avait été identifié et ce qu'il avait expliqué c’est qu’il avait découvert une faille de sécurité dans le site officiel de la maire, qui lui permettait, en fait, d’entrer dans le site et de pouvoir diffuser lui-même ou par des tiers des contenus, notamment de faux communiqués de presse.
Il avait été condamné par le tribunal correctionnel pour le délit d’usurpation d’identité et introduction frauduleuse de données dans un système de traitement automatisé à 3000 euros d’amende. La cour d’appel a confirmé cette décision. L’auteur de ces faits avait tenté de se dédouaner en indiquant que le site que lui-même avait créé était légèrement différent du site officiel, donc que ça aurait pu ouvrir une confusion, donc dans ce cas-là il n’y aurait pas eu d’usurpation d’identité. Là-dessus les juges n’ont pas considéré que ce moyen était pertinent. Ils ont considéré, au contraire, qu’il y avait quand même une importante ressemblance entre le site officiel et le faux site. Le fait qu’il n’ait pas contesté être l’auteur de la construction, enfin être l’auteur de ce site, et qu’il n’ait pas contesté non plus d’avoir découvert le moyen qui lui permettait de se connecter à ce site a aussi joué puisque l’élément intentionnel a été retenu. Il avait vraiment la volonté de créer un site fictif, d’encourager des personnes qui le suivaient à mettre en ligne de faux messages via ce site. La Chambre criminelle de la Cour de cassation a confirmé l’arrêt de la cour d’appel en considérant que le prévenu avait bien usurpé l’identité d’un tiers en vue de porter atteinte à son honneur ou à sa considération.
Chose importante dans cet arrêt : la Cour de cassation a indiqué que cette infraction était exclusive de l’application de l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme qui protège la liberté d’expression. Donc là on a vraiment une décision forte qui vient protéger les intérêts privés.

On a ensuite un jugement assez récent, c’est pour ça que j’en parle, du 16 avril 2019, un jugement de la 17e chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris, qui est la chambre spécialisée en droit de la presse.
Dans cette espèce un faux site avait été créé en vue de s’attaquer à un syndic de copropriété, ce qui doit être assez régulier, mais là, la personne avait vraiment mis en place de très importants moyens puisqu’elle avait créé un site pour, en fait, critiquer l’action d’un syndic de copropriété. Le président du syndic de copropriété avait déposé une plainte pour usurpation d’identité numérique et pour violation des obligations prévues par la loi pour la confiance dans l’économie numérique, à savoir que les mentions légales ne figuraient pas sur le site.
Effectivement, le site n’ayant pas de mentions légales, les enquêteurs ont dû mener des investigations un peu plus poussées pour identifier l’auteur. En tout cas il a été identifié, c’est comme ça qu’ils ont pu découvrir que c’était un des copropriétaires. Là le tribunal, dans sa décision, a relaxé l’auteur du site du délit d’usurpation d’identité pour une motivation qui est assez claire qui est, qu’en fait, le nom du site, s’il comprenait bien celui du syndic de copropriété et faisait référence à son activité professionnelle, eh bien les juges ont constaté que ce site était suffisamment clair, qu’il n’y avait pas de confusion pour comprendre qu’en fait il ne s’agissait pas du site du syndic de copropriété mais bien d’un site qui avait été créé pour critiquer le syndic de copropriété.
La différence est quand même assez importante : dans ce cas-ci, il n’y a pas eu de condamnation pour usurpation d’identité parce que le site n’avait pas pour vocation de prendre l’identité d’un tiers mais plutôt de critiquer l’action d’un tiers.
Il faut noter également sur les mentions légales du site qui n’avaient pas été publiées, que le tribunal a rejeté la demande qui était contenue dans la plainte, en considérant que malheureusement la citation directe ne visait pas les bons articles de la loi pour la confiance dans l’économie numérique ; elle visait l’article 6-III-1 et elle aurait dû, en fait, viser l’article 6-III-2. Les juges étant limités dans leurs requalifications, ils ne pouvaient pas requalifier l’infraction dont ils étaient saisis. Ce qui rappelle un peu la nécessité de bien rédiger les citations directes quand on est partie civile.

Juste pour terminer, comment réagir quand on est victime soi-même du délit d’usurpation d’identité ? Évidemment quand ce sont des documents administratifs ou bancaires qui sont en cause il faut faire opposition au plus vite, conserver les preuves. Si c’est pertinent prévenir l’éditeur du site si ce n’est pas lui l’auteur des agissements et puis porter plainte, saisir un juge pour obtenir soit la cessation, soit l’indemnisation, et éventuellement voir avec son assureur s’il peut y avoir une indemnisation.

J’en aurais terminé sur cette chronique.

Frédéric Couchet : Merci Noémie. On a mis sur le site de l’April, april.org, les références. Dans ta chronique tu faisais référence à une précédente chronique sur les infractions relatives à l’informatique, c’est celle du 16 avril 2019. Le podcast est disponible sur le site. D’ailleurs c’est assez marrant parce que le 16 avril on avait déjà abordé le second sujet long qu’on va aborder tout à l’heure, les CHATONS ; donc vous pouvez écouter, le 16 avril.
On va se retrouver pour ta prochaine et dernière chronique avant la pause estivale le 2 juillet.
Je retiens, en tout cas, qu’on peut largement critiquer les syndics de copropriété et j’imagine bien qu’il y a beaucoup de sites qui sont consacrés à ce sujet assez récurrent, les problèmes avec les syndics de copropriété, souvent dans le cadre professionnel et peut-être des fois dans le cadre bénévole. C’est aussi souvent une solution, dans les petites copropriétés, de recourir peut-être à un syndic bénévole.
En tout cas merci pour ta chronique juridique, Noémie, et on se retrouve le 2 juillet.

Noémie Bergez : Merci.

Frédéric Couchet : Bonne journée.

[Virgule musicale]

Frédéric Couchet : Nous allons faire une petite pause musicale. Nous allons écouter Reset par Jaunter et on se retrouve juste après.

Pause musicale : Reset par Jaunter.

Voix off : Cause Commune 93.1.

Chatons 2e partie sur la création, la maintenance et le collectif

Frédéric Couchet : Nous venons d’écouter Reset par Jaunter, c’est disponible sous licence Creative Commons Attribution. Les références sont sur le site de l’April, april.org.
Vous écoutez toujours l’émission Libre à vous!, l’émission pour comprendre et agir avec l’April, sur radio Cause Commune 93.1 en Île-de-France et sur causecommune.fm partout dans le monde.
Nous allons maintenant passer au sujet suivant.

[Virgule musicale]

Nous allons poursuivre avec notre sujet principal qui va porter sur le Collectif des Hébergeurs Alternatifs, Transparents, Ouverts, Neutres et Solidaires, autrement dit les CHATONS. Les personnes qui écoutent régulièrement l’émission se diront que c’est que la deuxième fois qu’on en parle vu qu’effectivement, le 16 avril, on a déjà parlé des CHATONS, mais là on va approfondir un petit peu ce sujet passionnant. Les invités du jour : au téléphone Angie Gaudion de l’association Framasoft.

Angie Gaudion : Bonjour Fred.

Frédéric Couchet : Avec moi en studio Christian Pierre Momon du Chapril, donc chapril.org. Bonjour Christian.

Christian Momon : Bonjour.

Frédéric Couchet : Également Denis Dordoigne d’INFINI, donc infini.fr. Bonjour Denis.

Denis Dordoigne : Bonjour Fred.

Frédéric Couchet : Comme je l’ai dit, c’est une deuxième émission sur les CHATONS. Lors de la première émission – les personnes qui n’auraient pas écouté l’émission je vous rappelle que le podcast est celui du 16 avril 2019 ; vous le retrouvez à la fois sur causecommune.fm et sur april.org – dans cette première émission on avait plutôt axé la présentation des chatons, sur les personnes ou structures qui pourraient avoir intérêt à utiliser les services que l’on va décrire. Dans cette deuxième émission on va rentrer un peu plus sur la partie, on va dire, participation au collectif CHATONS, comment créer un chaton, le maintenir, en essayant de ne pas être trop techniques. C’est une deuxième partie sur le sujet. Tout d’abord on va commencer par un tour de table de présentation pour rappeler qui vous êtes. On va commencer par Angie de Framasoft.

Angie Gaudion : Je suis chargée de communication et de partenariat au sein de l’association Framasoft qui propose une trentaine de services libres pour se « dégoogliser ». Donc des alternatives aux services traditionnels proposés par les GAFAM. En parallèle, je coordonne le collectif CHATONS pour une période de six mois.

Frédéric Couchet : D’accord. Donc Framasoft, framasoft.org, comme tout le monde le sait, donc une centaine [trentaine, NdT] de services. Denis Dordoigne.

Denis Dordoigne : Je suis de l’association INFINI qui est un chaton brestois, les informations sont sur infini.fr. Sinon je suis un militant du logiciel libre donc c’est pour ça que je suis rentré là-dedans.

Frédéric Couchet : D’accord. Christian Momon de l’April.

Christian Momon : Je suis développeur du Libre personnellement et, au sein de l’April, je suis membre du conseil d’administration et j’interviens notamment dans le groupe Chapril qui est le chaton de l’April.

Frédéric Couchet : Donc chapril.org.
On va commencer par un rappel synthétique, on va essayer de résumer en quelques minutes la première émission sur ce qu’est le projet CHATONS. On va peut-être proposer à Angie d’essayer de nous faire un rappel sur ce qu’est le projet CHATONS, à qui il s’adresse, quels sont les services proposés, etc.

Angie Gaudion : CHATONS c’est un collectif qui regroupe une soixantaine d’Hébergeurs Alternatifs Transparents, Ouverts, Neutres et Solidaires, qui sont les initiales de l’acronyme CHATONS. Parmi ces hébergeurs, ils sont nombreux à proposer des services alternatifs à ceux proposés par les géants du Web. Chaque membre du collectif propose différents services, selon différentes modalités ; c’est très large dans la façon de fonctionner.
L’objectif c’est de fournir une structure globale, via ce collectif, qui fera de l’hébergement de proximité en fait. L’objectif principal c’est que chaque internaute, chaque citoyen puisse, à proximité de chez lui, trouver une structure qui va lui permettre de découvrir des alternatives justement à ces services des géants du Web.

Frédéric Couchet : Donc, je crois, c’était peut-être toi qui avais employé cette expression la dernière fois, un petit peu comme les AMAP finalement : des services loyaux de proximité.

Angie Gaudion : Exactement. On est d’ailleurs partis de ce modèle-là. Il faut savoir que le collectif CHATONS a été initié par l’association Framasoft qui partait du constat qu’en proposant tous ces services libres et gratuits en ligne, reproduisait finalement ce que faisaient les GAFAM, alors à une échelle toute autre, mais quand même avec une centralisation. Il était important qu’on fasse savoir qu’il y a d’autres acteurs que Framasoft sur le territoire qui proposent des solutions, soit différentes, soit identiques, mais, en tout cas, que tout le monde ne passe pas par une seule porte d’entrée. Donc l’idée d’avoir une décentralisation des services et de montrer, justement, que c’est un ensemble d’acteurs qui les proposent sur tous les territoires.

Frédéric Couchet : Christian, est-ce que tu veux compléter cette introduction sur les CHATONS ?

Christian Momon : C’était très bien. Effectivement on retrouve le fait que Framasoft proposait des services, a prouvé qu’on pouvait proposer des services libres à tout le monde, mais, du coup, il fallait effectivement passer à une autre échelle, c’est-à-dire que ça ne soit pas que Framasoft qui le fasse, d’autres structures. Et plutôt que de faire un appel en disant « débrouillez-vous, allez, tout le monde, bougez-vous ! », ils ont proposé quelque chose de formidable, c’est-à-dire de partager une expérience, une vision, avec une charte, avec une structure et aussi un accompagnement qui fait que tous ceux qui veulent mettre ces services en ligne ont le moyen d’avoir un repère, une base solide, et aussi une sorte de label, une sorte d’identifiant qui fait que tous les utilisateurs peuvent s’y retrouver et plus facilement accéder à des services libres. Donc super initiative !

Frédéric Couchet : Denis, est-ce que tu peux citer quelques exemples de services majeurs proposés par les chatons ?

Denis Dordoigne : Il y a beaucoup des services de Framasoft, dont les pads, les formulaires, des choses comme ça. Selon les chatons, leur âge, etc., il y a des gestions de listes de diffusion, il y a des hébergements de sites internet. Je sais que chez INFINI on fait de la diffusion de radio en live. Il y a d’autres hébergeurs qui sont plus anciens comme La Mère Zaclys ou Marsnet qui ont aussi des services particuliers. En fait il n’y a pas beaucoup de limites dans les services qu’on peut proposer. On en propose plus que n’importe quel GAFAM tout seul.

Frédéric Couchet : Exactement ! On va citer le nom du site de référence, évidemment c’est chatons avec un « s » point org, sur lequel vous trouvez tous les membres de ce collectif qui offrent donc des services très variés avec des formats de contribution ou d’utilisation qui peuvent être très différents ; ça peut être une utilisation totalement libre, ça peut être réservé à des adhérents. Vous allez sur chatons.org et vous retrouvez une cinquantaine, peut-être, de services différents, je dirais en fonction de l’ensemble des chatons.

Christian Momon : Et les services ne sont pas les mêmes chez tous les chatons. C’est intéressant de pouvoir comparer et d’ailleurs, d’avoir une offre différente. Pour le même type de service, on va avoir différents logiciels utilisés, du coup ça donne du choix. On n’est pas enfermé, limité aux choix définis par une structure. C’est plutôt intéressant, en tant qu’utilisateur, de ne pas être enfermé.

Frédéric Couchet : Tout à fait. Angie est-ce que tu veux rajouter quelque chose sur cette introduction avant qu’on passe, on va dire, à la présentation du collectif et de la contribution ?

Angie Gaudion : Du coup parler du site chatons.org sur lequel il y a une rubrique qui permet à n’importe quel internaute de trouver un chaton en fonction de différents critères. Ça peut être le type de service qu’il recherche ; je ne sais pas, vous cherchez, par exemple, à avoir une adresse mail alternative, libre, du coup vous pouvez chercher en fonction de ce service ; on peut chercher avec ce critère-là. Ça peut être en fonction du type de structure : vous ne voulez travailler qu’avec le monde associatif ou ne passer que par des entreprises ou des coopératives. On a un module de recherche qui permet de chercher parmi les structures existantes du collectif celles qui correspondent le mieux à la recherche de l’internaute. Et ensuite, les réponses sont géolocalisées. Donc l’objectif est, par exemple, si vous cherchez à avoir une boîte mail sécurisée, eh bien on va vous dire quels sont les chatons qui le proposent et surtout, on va les placer sur une carte, ce qui vous permettra de trouver le chaton le plus proche de chez vous.

Frédéric Couchet : Christian.

Christian Momon : Si je peux dire, me permettre, le site est vraiment bien fait. Il y a plein d’informations, ne pas hésiter à y aller, c’est vraiment accessible.

Frédéric Couchet : En tout cas, pour les personnes qui cherchent des services, n’hésitez pas à aller donc sur chatons.org, avec un « s », et vous trouverez des chatons qui proposent différents services proches de chez vous, donc avec une proximité intéressante parce que l’un des engagements, et on en parlera sans doute tout à l’heure, c’est aussi de pouvoir recevoir les personnes qui les utilisent lors d’apéros ou de réunions ; la partie proximité est vraiment essentielle. Ça c’est un rappel synthétique. Si vous voulez plus de détails je vous encourage à écouter le podcast de l’émission du 16 avril 2019, qui est sur le site de l’April et sur le site de Cause Commune ou/et de vous connecter sur le site chatons.org.
Maintenant on va essayer de parler un peu plus, de se mettre du côté de la création de chatons, de la maintenance de chatons, et du collectif CHATONS.
On va commencer par la partie création d’un chaton. Pourquoi créer un chaton ? Comment ça se passe ? Quels services mettre en place ? Peut-être que Denis voudrait commencer sur cette partie-là avec l’expérience d’INFINI ?

Denis Dordoigne : INFINI c’est particulier, on faisait déjà des activités de chaton avant que les chatons existent. Ça a été facile, pour nous, de rejoindre le collectif. Après, ce qu’on aime bien dans le collectif CHATONS, c’est qu’il y ait des nouveaux chatons qui se montent ; on a des particuliers, on a des associations, des petits groupements. On a vraiment beaucoup de types de structures dans le spectre CHATONS. Pourquoi se lancer dans un chaton ? Déjà parce qu'on peut avoir des services qui ne sont pas disponibles ailleurs ou qu'on a des amis qui cherchent un service à proximité. Ça peut être juste pour soi qu’on peut le lancer à l’origine, puis pour sa famille et puis l’ouvrir éventuellement plus tard. Ou on peut faire quelque chose de très particulier, je ne sais pas, on a un club de philatélie, eh bien on peut très bien monter un chaton de philatélistes. Vraiment tout le monde peut devenir chaton selon ses besoins.

Frédéric Couchet : Christian Momon.

Christian Momon : À l’April c’est un peu différent parce que l’April n’est pas une association qui donne du service à ses membres, c’est une association d’activisme. Par contre, quand l’initiative CHATONS a été lancée, là on s’est posé la question « est-ce qu’on le fait ou pas ? » Ce n’est pas pour rendre des services à ses utilisateurs, c’est pour développer la liberté numérique pour tout le monde, donc ça, ça fait partie de l’activisme de l’April. Donc nous nous sommes lancés, effectivement suite à l’appel du CHATONS.
Une recommandation, pour la création d’un chaton, c’est d’aller voir le site chatons.org parce que, effectivement, c’est plutôt bien fait et notamment il y a une page qui explique comment monter son chaton et l’introduire dans l’initiative CHATONS. Dans les conseils que je pourrais donner c’est justement d’aller voir comment sont faits les autres chatons, avec quels produits, chez quel hébergeur, pour comparer, pour prendre exemple ou, justement, pour essayer de faire autrement que ce qui est déjà fait. Ça c’est important qu’on n’ait pas tous les mêmes produits, qu’on ne soit pas tous chez le même hébergeur et que, justement, on travaille les alternatives, puisque quand même, le but du jeu de tout ça, c’est de développer les alternatives.

Frédéric Couchet : Angie, l’un des critères, parce qu’on a parlé de services, mais le fait de proposer des services libres ne fait pas forcément un chaton, il faut autre chose de plus. Il y a des orientations, il y a une charte. Est-ce que tu peux, un petit peu, nous rappeler ces principes fondamentaux qui font que, finalement, on peut devenir un chaton ?

Angie Gaudion : Il faut effectivement un certain nombre d’engagements pour faire partie du collectif, qui sont donc transcrits dans la charte des chatons. Il y a 70 critères différents, je crois, qui sont demandés, donc je vais essayer de les synthétiser.
Bien sûr on a repris la notion de collectif au sein de CHATONS. L’ensemble des membres du collectif s’engage, du coup, à être respectueux, bienveillant de l’ensemble des membres du collectif et aussi des utilisateurs auxquels il s’adresse. C’est un critère, on va dire, de base et nécessaire.
Ensuite, les membres du collectif doivent proposer des services alternatifs à ceux des entreprises traditionnelles qui sont donc fermés et centralisés, avec cet objectif de proposer des services qui sont orientés autour de solutions libres et qui sont mis à disposition de leurs utilisateurs, que ce soit pour des fins personnelles ou collectives.
Les chatons ont aussi des engagements en termes de transparence : on va leur demander tout simplement d’assurer, de confirmer, de s’engager en tout cas, de s’engager à ce que les données de leurs utilisateurs, l’identité des utilisateurs utilisant leurs services, soit le plus transparent possible. Ça ne veut pas dire qu’ils n’ont pas le droit de les utiliser, mais on doit faire connaître aux utilisateurs comment elles peuvent, du coup, être traitées par la structure qui les héberge.
On leur demande donc un certain nombre de critères à ce niveau-là, par exemple d’avoir des conditions générales d’utilisation très bien décrites et compréhensibles par l’utilisateur ou l’utilisatrice lambda.
On leur demande aussi une clause sur les données personnelles et le respect de la vie privée, donc on leur demande de décrire quelle est la politique de la structure au regard de ces notions de données personnelles.
Chaque membre du collectif s’engage aussi à rendre publics ses comptes, ses rapports d’activité. C’est un élément de transparence supplémentaire et puis, bien sûr, à donner des informations techniques sur son infrastructure ce qui permet du coup à l’utilisateur de pouvoir s’engager au regard de ces éléments techniques.
Autre type de critères, tout ce qui relève de l’ouverture des services. En fait, on demande aux chatons d’être des contributeurs à l’univers du mouvement du logiciel libre, que ce soit techniquement ou financièrement, on va avoir le fait que, vu qu’on est dans un modèle du Libre, il faut que les membres du collectif, du coup, soient des acteurs du mouvement du Libre, tout simplement. Ça semble assez évident mais c’est quand même important, donc on leur demande de lister publiquement les contributions au Libre qui sont faites au sein de chaque structure.
On essaye de faciliter l’interopérabilité, à savoir permettre à un utilisateur d’un chaton de pouvoir récupérer l’ensemble de ses données pour pouvoir migrer chez un autre hébergeur s’il le souhaite.
Et bien sûr, on s’engage à supprimer toutes les informations sur les utilisateurs à la demande de ceux-ci, ce qui n’est pas toujours le cas ailleurs.
Autre élément important : la neutralité. On va demander aux chatons d’avoir un comportement indépendant, donc à ne pas pratiquer de censure par exemple par rapport aux contenus, à ne pas surveiller ce que font les utilisateurs et utilisatrices ; à s’engager, en fait, à héberger ces contenus dans les cadres juridiques qui sont prévus par la loi.
Et enfin la solidarité, c’est le dernier point, du coup, des engagements des membres du collectif. C’est le fait qu’on est dans un collectif et que c’est important que chaque membre du collectif s’engage à participer à l’organisation et à la gouvernance du collectif. Ça peut prendre plein de formes différentes, mais il y a une volonté que l’ensemble des membres soient présents pour l’organisation du collectif, donc une participation moins neutre.
Le modèle économique des chatons doit être basé sur la solidarité, c’est-à-dire qu’on ne refuse pas des membres du collectif qui proposeraient des services payants, bien évidemment, mais on considère qu’ils doivent être raisonnables et en adéquation avec les coûts de mise en œuvre ; qu’ils ne soient pas surévalués.
Bien sûr on demande aux chatons de s’entraider les uns avec les autres, c’est-à-dire qu’il y a « participer au collectif », mais il y a aussi « aider les autres membres du collectif », que ce soit sur des questions techniques, sur des questions marketing, sur des questions, je ne sais pas, de support utilisateur, ce qui permet, du coup, un échange de connaissances et de compétences au sein des différents membres de chaque structure.

Frédéric Couchet : C’est une très bonne présentation. Je vais passer la parole à Christian qui veut réagir, mais je veux juste faire une référence par rapport à l’actualité. Tu as employé un mot que les gens ne connaissent pas forcément qui est le mot « interopérabilité », qui est important, qui est donc le fait de pouvoir librement quitter une plate-forme sans perdre ses données, ses liens sociaux et de pouvoir continuer à communiquer avec ses contacts, ce qui paraît essentiel aujourd’hui dans un monde connecté. On voudrait juste rappeler que le nouveau secrétaire d’État au numérique, Cédric O, a jugé récemment que cette interopérabilité pouvait être considérée comme étant excessivement agressive pour le modèle économique des grandes plates-formes. Je dis ça justement pour insister sur l’importance des chatons quand on voit qu’un représentant du gouvernement considère que l’interopérabilité c’est un point agressif pour le modèle économique des grandes plates-formes, donc effectivement les géants du Web. Christian Momon, tu voulais réagir sur ça.

Christian Momon : Effectivement. La présentation par Angie est très bien. Ça peut effrayer quand on dit qu’il y a 70 points à respecter, que ce sont des contraintes ; ça peut paraître lourd. En fait, si on regarde bien, ça fait un plan qui contient tous les éléments, en principe élémentaires, quand on fait un site web ou une plate-forme. Tout le monde peut faire une plate-forme mais s’il n’y a pas les mentions légales, s’il n’y a pas les conditions générales d’utilisation, s’il n’y a pas ce qui est fait des données des utilisateurs, en fait c’est une plate-forme qui, déjà, n’est pas forcément très légale mais aussi pas complète, pas finie.
Or là, grâce à chatons.org, la page qui liste toutes ces « contraintes » entre guillemets, eh bien vous avez un plan. Si vous voulez monter un chaton vous avez un plan qui vous permet de ne rien oublier et de suivre les points très facilement.
Ensuite, en tant que chaton et en tant qu’utilisateur, en tant qu’utilisateur de ces chatons, eh bien vous allez trouver des éléments de confiance, des éléments de confiance qui vont vous dire « bon, eh bien voilà, là il y ce qu’il faut pour que ça soit bien ». Donc il ne faut pas avoir de la longueur de la page ou du nombre de ce qui est dedans, c’est vraiment fait pour faciliter les choses et avancer.

Frédéric Couchet : Il ne faut pas avoir peur, comme tu le dis, de tous ces points, d’autant plus que le site chatons.org propose évidemment de l’aide et il y a la liste de discussion des membres du collectif dont on parlera tout à l’heure, mais là j’aurais une question sur la création d’un chaton. Angie a évoqué les CGU, donc conditions générales d’utilisation ; tout à l’heure, Christian, tu as évoqué la partie hébergement, ne pas être hébergé partout. J’aimerais que vous soyez peut-être un peu plus précis par exemple sur l’aspect technique, notamment sur la partie hébergement. Imaginons qu’on soit une structure quelconque, des amis qui veulent monter un chaton, concrètement au niveau hébergement, au niveau services comment ça se passe ? Il faut prendre ses machines, les mettre dans son garage comme il y a longtemps ? Il faut louer des machines, acheter des machines ? Comment ça se passe ? Et les services, comment on les met en place ? Denis, tu veux réagir ? Denis Dordoigne.

Denis Dordoigne : Mettre dans son garage est un moyen de faire. En fait, la première à faire, c’est de savoir où on va mettre ses machines, donc on peut très bien les mettre dans son garage si on a une bonne connexion à Internet et qu’elle est fiable. On peut aller chercher de l’hébergement ailleurs, ce que fait Framasoft, par exemple, leurs services sont hébergés en Allemagne.

Frédéric Couchet : Chez Hetzner.

Denis Dordoigne : J’ai oublié le nom ! Et déjà, on peut s’appuyer sur les structures locales pour héberger les services, donc les membres de la FFDN, des fournisseurs d’accès à Internet.

Frédéric Couchet : C’est quoi FFDN ?

Denis Dordoigne : Comment expliquer ça !

Frédéric Couchet : Fédération FDN French Data Network. Donc une fédération de fournisseurs d’accès à Internet locaux.

Denis Dordoigne : Voilà ! Le mieux c’est de passer par des réseaux comme ça. Sinon, il y en a qui hébergent leurs machines dans des endroits pas forcément recommandables parce que ce ne sont pas des acteurs du Libre. Il faut débuter. Pour s’entraîner on peut faire n’importe quoi, mais au moment où on veut vraiment devenir chaton, proposer les choses, il faut se poser la question et ne pas hésiter à contacter CHATONS en disant « j’ai besoin de tel espace, quel type de matériel ? », des choses comme ça et nous on les aidera à trouver où héberger.

Frédéric Couchet : Au niveau connaissances techniques, il faut quoi comme connaissances techniques ? Christian.

Christian Momon : Il y a quand même des critères techniques à choisir. Suivant les services que vous allez mettre en ligne vous allez avoir besoin de beaucoup d’espace disque, de beaucoup de mémoire, de beaucoup de CPU ou de beaucoup de bande passante. Ces critères-là, si on s’installe dans son garage, même si on a une fibre optique comme connexion à Internet, les services vont en dépendre. Du coup, on peut effectivement installer les serveurs chez soi ; on peut acheter des machines et puis les faire héberger ; on peut louer des serveurs dans des grandes structures qui existent déjà. Il se trouve qu’on a un acteur français qui est vraiment reconnu mondialement.

Frédéric Couchet : Sauf en France !

Christian Momon : Sauf en France !

Frédéric Couchet : Tu parles d’OVH je suppose.

Christian Momon : Voilà ! On peut parler d’autres hébergeurs en France : il y a online.net, il y a 1&1, il y a des grosses structures qui ont des gros data centers où on peut louer pour quelques dizaines d’euros par mois un serveur et ça peut démarrer comme ça.
Là où il faut se poser des questions c’est : il est où le serveur ? Si le serveur, par exemple, est aux États-Unis, eh bien là il y a potentiellement une infraction à la charte du CHATONS dans le sens où ce serveur va être soumis à une loi américaine qui fait que les données des utilisateurs ne seront pas protégées, entre guillemets, « correctement ».

Frédéric Couchet : Le temps que tu réfléchisses je vais poser une question à Angie : est-ce qu’il ne faut que des compétences techniques pour monter un chaton ? Ou quelqu’un qui n’a pas de compétences techniques peut contribuer à un chaton ? Parce que j’ai bien compris qu’à la base c’est proposer des services, mais j’imagine bien que proposer des services ne suffit pas, qu’il y a forcément d’autres compétences qui sont nécessaires, je ne sais pas lesquelles. Quelles sont les autres compétences qui pourraient être nécessaires dans un chaton ?

Angie Gaudion : En plus des compétences techniques, parce que, j’insiste, je pense si on n’a pas de techniques dans le groupe de personnes qui souhaitent monter un chaton je pense qu’on n’y arrivera pas. Ça demande quand même d’avoir des compétences en administration de système qui ne sont, du coup, pas données à n’importe qui. En revanche ça ne suffit pas. Effectivement, on peut être un très bon technicien et, pour autant, ne pas être en mesure de savoir, je ne sais pas, designer les interfaces des services, typiquement ; donc on a besoin de gens qui vont avoir des compétences en création de site web, en mise en valeur, en accès.
On va aussi avoir besoin de communiquer sur ces services. C’est bien beau de créer sa plate-forme et d’intégrer le collectif mais si, ensuite, on ne se fait pas connaître auprès des internautes, ça va être une limite, donc derrière on va avoir des missions de communication, de valorisation de l’offre. Et puis, très souvent, les chatons proposent aussi des actions parallèles à la fourniture de services hébergés qui sont de l’accompagnement numérique au sens beaucoup plus large du terme, et souvent il va nous falloir des médiateurs numériques qui sont en mesure d’accompagner, du coup, des citoyens dans la découverte des services numériques alternatifs.
Et puis peut-être encore un élément : le support. Quand on utilise un service, eh bien il ne marche pas tout le temps à 100 % correctement. ou il marche d’une certaine façon et on est habitué à une autre et, très souvent, on a des questions. tout simplement. sur le fonctionnement du service ou son utilisation, donc il faut avoir quelqu’un effectivement en face qui va pouvoir répondre à tous les questionnements des utilisateurs et des utilisatrices.

Christian Momon : Nous à l’April, enfin dans le Chapril, on a identifié trois types de ressources :

  • il y a les ressources techniques qu’on a vues ;
  • il y a les ressources organisationnelles : il faut pouvoir s’organiser pour que tout fonctionne ;
  • mais il y a aussi les ressources humaines parce qu’il y a de la modération, il y a du rédactionnel, il y a du support.

Frédéric Couchet : Qu’est-ce que tu appelles la modération ?

Christian Momon : Typiquement, la modération c’est quelqu’un qui va poster un message qui n’a pas sa place et il y a quelqu’un qui va demander à ce que ce message soit étudié pour voir s’il est conforme à la charte ou s’il a bien sa place là. Par exemple si c’est un appel à la haine, il faut intervenir pour le gérer.

Frédéric Couchet : Ce point important me fait penser : tout à l’heure Angie a parlé des CGU, des conditions générales d’utilisation. Un point essentiel c’est d’avoir des CGU très claires qui précisent le contexte du chaton et notamment le statut d’hébergeur par rapport à la loi française. Tout à l’heure Noémie Bergez, dans la première chronique, parlait de la LCEN, la loi pour la confiance dans l’économie numérique. C’est très important pour la responsabilisation des différents acteurs de préciser ça dans les CGU et là, ça peut peut-être faire peur, mais là il y a des CGU exemples. Par exemple à l’April, au Chapril, on est partis des CGU de Framasoft qu’on a légèrement adaptées. Ça c’est un point important cet aspect vraiment responsabilisation et donc aussi modération côté humain. Je te repasse la parole après, Christian, je suppose que côté Framasoft, comme vous êtes historiquement les premiers à avoir lancé des gros services et vous avez eu beaucoup d’utilisateurs et d’utilisatrices, je ne sais pas si c’est un travail à temps plein ou à temps partiel simplement de modérer les contenus.

Angie Gaudion : C’est plus que ça. Oui. Du coup on a un salarié à temps plein dans l’association qui est en charge des supports globaux, donc sur l’ensemble de nos services, donc c’est vrai que c’est très large. Ensuite on a une équipe de modérateurs sur nos services médias sociaux, parce que c’est très différent, du coup, de faire du support sur des services qu’on utilise à priori tout seul et qui ne sont pas mis en relation avec d’autres utilisateurs. En revanche, sur ce qui se passe sur Mastodon et Diaspora en l’occurrence, là il y a besoin d’un travail de modération qui est très différent des autres services.

Frédéric Couchet : Christian et après on va faire une petite pause musicale.

Christian Momon : Donc là on voit qu’il n’y a pas forcément besoin que de techos ou de gens qui font de l’informatique pour participer à un chaton. Il faut savoir rédiger des notices de présentation des services. Il faut savoir répondre en support aux courriels des gens qui nous posent des questions et puis, effectivement, si on a un service de médias sociaux, il faut pouvoir regarder, pouvoir vérifier que tout est conforme au règlement et à la loi. Il ne faut pas avoir peur de cette histoire de loi qui oblige l’hébergeur, etc. On n’a pas à vérifier chaque message dans la minute. On a un devoir de faire quelque chose dans un temps raisonnable et on voit que ça ce n’est pas forcément fait par des informaticiens. C’est aussi une façon de faire les choses avec des non informaticiens, on a des non informaticiens dans les chatons.

Frédéric Couchet : Nous allons faire une pause musicale avant de poursuivre notre discussion. Nous allons écouter Agger par Stone From The Sky et on se retrouve juste après.

Pause musicale : Agger par Stone From The Sky.

Voix off : Cause Commune 93.1

Frédéric Couchet : Agger par Stone From The Sky, qui est disponible sous licence à la fois Creative Commons Partage dans les mêmes conditions et licence Art Libre. Vous retrouvez les références sur le site de l’April, april.org.
Vous écoutez toujours l’émission Libre à vous ! sur radio Cause Commune 93.1 en Île-de-France et partout ailleurs sur le site causecommune.fm.

Je vais répondre à la première question du quiz avant d’oublier, contrairement à la semaine dernière. La question c’est : d’où vient le nom Framasoft ? Framasoft est un projet qui est né en 2001. Ça vient au départ d’un projet qui s’appelait Framanet, qui signifiait français et mathématiques sur intranet. Ça avait été créé par deux enseignants. Je félicite cousine qui est sur le salon web de la radio, donc sur causecommun.fm, qui a donné la bonne réponse.

Nous allons poursuivre notre discussion sur les CHATONS, avec nos invités : Angie Gaudion de Framasoft, Christian Pierre Momon du Chapril et Denis Dordoigne d’INFINI. Donc framasoft.org, infini.fr, chapril.org et le site des CHATONS ou « chatonsss » comme prononce Christian c’est chatons avec un « s » point org.
Juste avant la pause on parlait un petit peu des services, aussi de la modération et de l’importance de bien choisir ses services. Certains services nécessitent peut-être plus de modération et évidemment la partie réseaux sociaux nécessite beaucoup plus de modération que d’autres services, donc ça peut faire partie d’un des critères de choix quand on met en place des services. On va peut-être y revenir, si on a le temps, dans la discussion.
Là j’aimerais bien qu’on revienne un petit peu sur le collectif, parce que ce qui est un point fort de cette démarche c’est qu’on n’est pas tout seul dans son garage, comme on disait tout à l’heure, à monter son chaton, on a l’aide d’un collectif avec différents outils.
Angie, tu disais donc en introduction que tu étais l’animatrice du collectif pour six mois si je me souviens bien.

Angie Gaudion : Oui c’est ça.

Frédéric Couchet : D’accord. Est-ce que tu peux nous expliquer un petit peu comment fonctionne ce collectif et qu’est-ce qu’apporte ce collectif, notamment aux nouvelles personnes qui veulent monter des chatons ?

Angie Gaudion : Le fonctionnement du collectif est relativement peu précis dans ses fonctions. Il s’agit avant tout de solidarité entre les membres du collectif et d’organisation, de temps, de discussions, d’échanges sur l’évolution du collectif ou l’évolution de certains processus au sein de ce collectif.
En revanche le travail est grand puisqu’il y a aussi un enjeu de visibilité du collectif vis-à-vis de l’extérieur, donc un gros travail de communication et de diffusion de ce que sont les chatons globalement et de ce que peut être chacun d’entre eux à l’intérieur de ce collectif.

Frédéric Couchet : Dans les outils que le collectif propose il y a quoi ? Il y a la liste de discussion ? Il y a un espace de documentation partagé qui est un wiki et il y a des réunions ?

Angie Gaudion : Il y a aussi un forum.

Frédéric Couchet : D’accord.

Angie Gaudion : En fait ces différents outils sont accessibles même aux non membres du collectif. Ils ne sont pas limités aux membres du collectif. Bien sûr on y parle de choses qui concernent le collectif, donc j’allais dire que quelqu’un d’extérieur ne sera pas forcément hyper-intéressé par tous les sujets. Mais c’est assez intéressant, par exemple pour une structure ou un groupe d’amis qui envisage de devenir chaton, de passer un certain temps sur ces outils en amont, avant même de penser tout simplement aux services qu’ils vont offrir, pour s’imprégner de l’ambiance du collectif, des grands enjeux du collectif et aussi demander de l’aide quand ils ont besoin pour, du coup, mettre en place leurs infrastructures ou leurs interfaces de support, etc.

Frédéric Couchet : Christian.

Christian Momon : Je confirme que c’est très vivant, la liste de discussion est assez active. Les gens répondent ; pareil quand on a des réunions. On profite très souvent des événements libristes qui existent, que ça soit les Journées du Logiciel Libre à Lyon, que ça soit les Rencontres Mondiales du Logiciel Libre qu’il y a eues à Strasbourg, très intelligemment il est proposé, lors de ces événements, de profiter de l’occasion pour se réunir, pour justement se rencontrer et, en général, c’est très convivial et très constructif.

Frédéric Couchet : Denis, tout à l’heure ou pendant la pause, tu me parlais du wiki qui est un espace de documentation notamment quand on parlait tout à l’heure des CGU. Est-ce que tu peux nous expliquer un petit peu à quoi sert ce wiki ? Ce qu’est un wiki aussi ?

Denis Dordoigne : Un wiki c’est un espace où on peut tous collaborer, travailler ensemble, comme Wikipédia. Le wiki a été lancé par des non chatons, il a été lancé avant les chatons eux-mêmes, pour expliquer quand on a besoin de conseils, quand on n’y connaît rien. Il y a toute une partie juridique, notamment, qui explique bien la loi de confiance dans l’économie numérique dont on parlait tout à l’heure. On a aussi des informations techniques, qu’est-ce qu’on peut utiliser quand on n’y connaît rien pour lancer des services, des choses comme ça. Après, il y aussi des membres des CHATONS qui font de la doc de leur côté, un peu partout. Moi, si on m’invite et qu’on me paye à boire, je peux venir vous expliquer les choses ; il n’y a aucun souci !

Frédéric Couchet : Invitation lancée. Ça me fait penser, Denis, que tu as rédigé il y a quelques semaines, peut-être quelques mois, sur linuxfr.org, un article démythifiant un petit peu l’hébergement. Les références sont sur le site de l’April, april.org, c’est une lecture tout à fait utile.
Dans le collectif aujourd’hui, Angie, il y a combien de chatons qui sont inscrits ?

Angie Gaudion : J’ai regardé tout à l’heure, là on est à 60. Il y a 60 membres du collectif et puis, du coup, on est dans une phase un peu particulière d’analyse des candidatures pour de futurs chatons. Potentiellement on en aura davantage d’ici un mois.

Frédéric Couchet : C’est un point intéressant. Comment se passe la candidature à un chaton ? Et comment se fait le choix d’accepter un nouveau chaton dans le collectif ?

Angie Gaudion : Si une structure, un collectif, peu importe la forme en fait, souhaite devenir chaton, il y a un ensemble d’éléments. On a une page sur le site chatons.org, qui s’appelle « Rejoindre le collectif », tout simplement, qui rappelle les critères principaux disant « si vous ne rentrez pas dans ces critères-là ce n’est même pas la peine de candidater pour rejoindre le collectif ». Ensuite on a effectivement une incitation à parcourir la documentation de notre wiki pour avoir un certain nombre d’éléments de réponse qui permettront de proposer des services qui seront validés, justement, dans le cadre du collectif et ensuite à se présenter au sein des différents outils du collectif, que ce soit la mailing-liste ou le forum et, bien sûr, à créer sur le site chatons.org la présentation de sa structure.
Ça c’est la candidature et elle se termine, tout simplement, par sur une issue sur notre dépôt Git. En fait c’est l’endroit où on va voter, où l’ensemble des membres du collectif vont pouvoir dire s’ils sont d’accord ou pas avec cette candidature. Mais c’est aussi un lieu d’échange où on va dire : « Il me semble qu’à votre candidature il manque tel aspect ou tel aspect », donc ça permet d’interagir via cette interface sur Git qui est donc un logiciel, pour le coup, pas vraiment fait pour les gens qui ne connaissent pas le développement informatique.

Frédéric Couchet : On va revenir sur le collectif, mais ça m’a fait penser à une petite question. Tout à l’heure on a parlé de la création d’un chaton qui sera utilisé par des personnes, sans doute sur le long terme. Comment on gère cet engagement en tant que chaton sur le long terme, notamment la maintenance du chaton parce que beaucoup reposent sur des forces quand même bénévoles, c’est un engagement fort, comment on gère ça ? Christian.

Christian Momon : Il faut avoir des animateurs, des gens motivés qui regroupent d’autres gens motivés et qui font, par exemple, des camps, un week-end pour travailler sur les services et les améliorer, comme on a fait le week-end dernier à l’April. Recruter et avoir une équipe cohérente avec un aspect organisationnel que j’ai cité tout à l’heure.

Frédéric Couchet : D’accord.

Christian Momon : Après c’est la fascination de l’organisation humaine ; ce n’est pas forcément évident. Par rapport au collectif, comment on sait que ça vit encore par exemple avec les chatons ? Il se trouve qu’il y a régulièrement un questionnaire à mettre à jour pour déclarer les nouveaux services ou les évolutions de fonctionnement du chaton. Ça c’est au sein du collectif donc ça aide aussi, ça donne un repère pour continuer à communiquer et à se maintenir à jour.

Frédéric Couchet : Tout à l’heure quand Angie parlait de l’interopérabilité, une des « garanties » entre guillemets, en tout cas très forte, c’est la possibilité de récupérer ses données et de changer de chaton si tout d’un coup le chaton disparaît, en tout cas arrête ses services ou si on n’est plus en accord avec l’usage de ce chaton, donc d’aller voir un autre chaton ailleurs qui propose des services similaires avec une interopérabilité entre les systèmes dont malheureusement le gouvernement français ne semble pas comprendre l’importance.
Denis Dordoigne, INFINI ça fait combien de temps que vous proposez des services ?

Denis Dordoigne : Ça fera 25 ans l’année prochaine.

Frédéric Couchet : Et vous n’en avez pas marre ?

Denis Dordoigne : Non, ça va. Pas encore.

Frédéric Couchet : D’accord. Est-ce que vous avez noté de nouveaux types d’utilisation ou de personnes qui utilisent ? Notamment est-ce que vous avez de plus en plus de personnes du grand public ou pas du tout ?

Denis Dordoigne : Nous c’est particulier vu qu’on fait aussi de l’accompagnement de publics un peu exclus du numérique, donc on a des personnes âgées, des handicapés. Donc nous, forcément, on a des publics un peu différents et INFINI c’est surtout une association qui rend des services à d’autres associations. Il y a une centaine d’associations à Brest, je crois, qui sont adhérentes chez nous et, du coup, on n’est pas forcément le plus représentatif des chatons pour les services. Après, nous on est là aussi pour aider d’autres à se monter. Typiquement INFINI refuse des utilisateurs parce qu’on a un usage non commercial, on a des règles un peu compliquées, et on les redirige systématiquement vers les chatons quand ils ont de gros besoins de stockage. Par exemple on ne fournit pas une activité commerciale. Tout ce qu’on ne peut pas donner, les autres chatons existent. Si d’autres chatons arrivent, on les conseillera sans aucun souci.

Frédéric Couchet : D’accord. Christian tu voulais rajouter quelque chose ?

Christian Momon : Oui. Par rapport à la maintenance et à l’exploitation sur le long terme, comment on fait en sorte que ça fonctionne durablement ? Eh bien il y a aussi le choix des services. C’est-à-dire qu’il y a des services, on prend un produit on l’installe et puis on se dit « on a fini ». Non ! En fait c’est là que ça commence. Il se trouve qu’il y a des services qui sont plus ou moins aboutis, des produits plus ou moins aboutis, donc plus ou moins facilement maintenables pour faire les mises à jour, etc. Ces services, ça fait partie de ce qui aide à tenir longtemps.
Et puis il y a un phénomène qui vient quand même, qui est nouveau, typiquement on tient des stands April dans plein d’événements et maintenant on vient nous voir à cause du Chapril : « Il paraît que vous avez un chaton, comment ça se passe ? Etc. » Donc il y a des gens motivés, intéressés à participer. Ce qui est très intéressant quand on participe au fonctionnement d’un chaton, que ça soit d’un point de vue technique ou pas technique, c’est la découverte des services. À partir du moment où on met en place un service et qu’on s’en occupe, eh bien on va devoir rentrer dedans un petit peu, voir comment il est fait, qui est-ce qui le gère ; si on a à remonter des éléments de personnalisation, des nouvelles fonctionnalités ou des bugs, du coup on va rentrer en contact avec l’équipe. Il y a des nouveaux liens qui se créent et on monte en compétence. Typiquement, le week-end dernier, il y a quelqu’un qui est venu en disant « moi je suis adminsys dans la vie et il y a un service que je ne connais pas du tout. Vous allez le mettre en place et je suis très intéressé à participer parce que moi ça va me permettre de monter en compétence. » Du coup eh bien voilà ! On a un animateur de service supplémentaire qui nous rejoint et qui va permettre de s’occuper de la plate-forme.

Frédéric Couchet : Denis et après je repasse à Angie pour une question. Vas-y Denis.

Denis Dordoigne : Juste préciser sur la pérennité du service. C’est carrément quelque chose dont les chatons doivent se méfier parce que des fois il y a des gens qui sont très motivés pour mettre en place des services, très intéressés pour le faire mais, après, ils n’ont plus du tout envie de s’en occuper. Ça c’est vraiment un risque. Il faut vraiment avoir des gens qui sont prêts à installer, mais prêts à maintenir derrière. Ce n’est pas forcément ce qu’il y a de plus facile à trouver.
Autre chose, on a aussi des chatons qui sont dans des écoles, dans des structures qui changent tous les ans d’animateur et il faut être sûr qu’on sera capables de faire le transfert de compétences, avoir les bons outils pour ça, pour qu’on ne se retrouve pas en septembre avec un service qui n’est plus rendu.

Christian Momon : Moi j’ai le plaisir de voir qu’effectivement, une fois qu’on a bien mis en place les choses, en fait les actions de maintenance, de mises à jour, etc., sont relativement légères, enfin dans l’expérience Chapril pour l’instant. J’avais peur que ça soit effectivement une grosse charge de travail pour les animateurs de services au Chapril et, pour l’instant j’ai le plaisir de voir que ce ne sont pas des grosses charges de travail. C’est récurrent, ça, par contre, de façon très régulière, il faut faire attention, mais ça va, c’est vraiment gérable et, du coup, l’activité reste plaisante. Mais il faut penser, effectivement, que ce n’est pas juste un investissement ponctuel, c’est un investissement sur le long terme, absolument.

Frédéric Couchet : Il faut penser que quand il y a aura de plus en plus d’utilisateurs et d’utilisatrices du Chapril, il y a aura de plus en plus de demandes de support, parce que pour l’instant c’est un petit chaton, en démarrage.
On va terminer sur la partie actualité du collectif, parce que c’est un point vraiment essentiel. Je pense que les personnes qui nous écoutent doivent bien comprendre qu’au-delà des services proposés par chacun des chatons, le point essentiel c’est quand même ce collectif et n’est pas forcément toujours évident d’animer un collectif et de faire vivre un collectif. Angie quelle est l’actualité du collectif ? Tout à l’heure tu as dit qu’il y avait une portée de chatons qui allait arriver début juillet. Est-ce qu’il y a d’autres actualités en cours dans les semaines ou dans les mois qui viennent ?

Angie Gaudion : Oui. Ce sont des outils plutôt internes, je crois que c’est Denis qui en parlé tout à l’heure ou Christian, enfin bref, peu importe, une réunion collective annuelle. C’est l’idée que l’ensemble des membres du collectif vont se réengager, annuellement du coup, et mettre à jour, on va dire, les informations à l’intérieur du site chatons.org. Ce qui nous permet de voir, effectivement, s’il y a eu des mouvements dans les services proposés, ce qui nous permet aussi de tirer des statistiques en disant « tiens, tel type de service il n’y a personne qui le propose » ou « ce type de service tout le monde le propose. Est-ce que c’est bien nécessaire en termes répartition, tout simplement, de la charge ». C’est un outil vraiment important qui prend beaucoup de temps à fabriquer et surtout à analyser derrière. Là je suis en train de travailler sur l’analyse des réponses, ce qui permettra, effectivement, d’avoir des grandes orientations, ça nous permettra de savoir qui fait quoi dans le collectif et comment.
Ensuite on va travailler pendant l’été sur la refonte du site internet chatons.org. Vous disiez qu’il est très bien, je vous remercie, je pense qu’il mériterait quelques améliorations puisqu’on a quand même quelques remontées d’utilisateurs de ce site qui n’arrivent pas à trouver les informations qu’ils cherchent. Donc on va travailler davantage sur des processus d’UX, je précise, d’expérience utilisateur ; on va travailler avec des utilisateurs pour analyser la façon dont ils se déplacent au sein de ce site web et comment ils arrivent à trouver de l’information, pour essayer le rendre plus lisible, plus visible et plus attractif, en fait tout simplement, au niveau des contenus.

Frédéric Couchet : D’accord. Donc ça, ça va être dans l’été avec de nouvelles fonctionnalités, de nouveaux chatons qui vont arriver.
Pour terminer, un petit tour de table peut-être sur votre actualité, vos projets ou vos besoins en termes de chaton. Denis, à part être invité à faire des présentations pour boire des coups, est-ce que INFINI a des besoins ou une actualité ?

Denis Dordoigne : Non. La grosse actualité c’est que demain soir on vote pour les chatons candidats. S’il y en a qui veulent savoir à quoi ressemble ce genre d’activité ils peuvent se présenter sur le canal d’INFINI de Freenode.

Frédéric Couchet : Freenode. On mettra le lien sur le site de l’April pour trouver ce salon. D’accord. Donc pas d’actualité, par d’événements à venir cet été ? Pas de conférences, de rencontres ?

Denis Dordoigne : Non, c’était le barbecue la semaine dernière, mais vous l’avez raté ! Dommage !

Frédéric Couchet : D’accord. Merci Denis de citer un barbecue. L’un des avantages des chatons ce sont les rencontres festives, en tout cas de proximité, où vous pouvez rencontrer les chatons. On fait un apéro mensuel à Paris et il y en a d’autres : à Montpellier, il y en a à Marseille de temps en temps et c’est la même chose chez tous les chatons ; c’est un des engagements très forts de proximité.
Christian Momon, justement pour le Chapril ou pour autre ?

Christian Momon : Pour le Chapril, l’actualité c’est que nous avons trois nouveaux services qui sont vraiment en cours de déploiement, enfin d’installation. On espère bientôt annoncer leur déploiement au public, je pense qu'au plus tard en septembre on aura de jolies annonces. En attendant vous pouvez venir nous rencontrer effectivement au prochain apéro April, vous trouvez les informations sur april.org

Frédéric Couchet : Celui de Paris c’est le 28 juin 2019.

Christian Momon : Voilà. Il y a aussi Pas Sage en Seine bientôt, à la fin du mois, il y a aura un stand April présent, donc venez nous rencontrer, poser des questions sur le Chapril, vous serez les bienvenus. Et si vous êtes intéressé pour devenir animateur d’un service Chapril, participer à l’organisationnel, à la modération, nous recrutons. Vous êtes les bienvenus, nous avons besoin de vous et c’est super sympa !

Frédéric Couchet : Merci de ne pas trop taper sur la table… En tout cas on recrute. Pas Sage en Seine c’est à Choisy-le-Roi, je n’ai pas les dates en tête mais c’est fin juin ; Choisy-le-Roi c’est dans la banlieue proche de Paris.
Angie, pour terminer, quelle est l’actualité du collectif ou même de Framasoft ? Si tu as des annonces à faire passer tu peux.

Angie Gaudion : Sur le collectif on a déjà dit, à priori, les choses qui vont arriver, pas de changement.
Chez Framasoft on est en train de faire une collecte pour un futur service qui, à priori, de toute façon, existera, qui s’appelle Mobilizon. Donc un nouveau service libre dont l’objectif est de permettre aux internautes de se rassembler, de s’organiser, de se mobiliser en dehors des événements Facebook ou Meet-up.
Et puis on est en train de travailler à un gros travail de modération sur nos réseaux sociaux parce que, du coup, on a beaucoup de soucis avec une partie de nos utilisateurs, donc on monte actuellement des équipes de modération plus abouties, avec des codes de conduite un peu plus définis. Ce sont des choses qui vont impacter, en tout cas positivement, nos services à terme.

Frédéric Couchet : En tout cas ce sont de belles perspectives. Je vous remercie. L’émission était consacrée au Collectif des Hébergeurs Alternatifs, Transparents, Ouverts, Neutres et Solidaires, avec Christian Pierre Momon du Chapril, chapril.org, merci Christian.

Christian Momon : Merci.

Frédéric Couchet : Avec Denis Dordoigne de INFINI, donc infini.fr. Merci Denis.

Denis Dordoigne : Merci.

Frédéric Couchet : Et par téléphone Angie Gaudion de Framasoft, framsasoft.org. Merci Angie.

Angie Gaudion : Merci.

Frédéric Couchet : Je vous souhaite une belle journée.

[Virgule musicale]

Frédéric Couchet : Nous allons faire une pause musicale. Nous allons écouter Plus haut par Sucrepop et on se retrouve juste après.

Pause musicale : Plus haut par Sucrepop.

Voix off : Cause Commune 93.1.

Chronique « Le libre fait sa comm' » sur le retour d'expérience de l'animation d'un stand par Isabella Vanni

Frédéric Couchet : Nous venons d’écouter Plus haut par Sucrepop qui est disponible sous licence libre Creative Commons Attribution Partage dans les mêmes conditions. Vous retrouvez les références sur le site de l’April, april.org.

Vous écoutez l’émission Libre à vous !, l’émission pour comprendre et agir avec l’April, l’association de promotion et de défense du logiciel libre. Vous êtes sur Cause Commune sur 93.1 en Île-de-France et sur causecommune.fm partout dans le monde.

[Virgule musicale]

Frédéric Couchet : Pour parler d’actions de type sensibilisation menées par l’April, annoncer des événements libristes à venir avec éventuellement des interviews de personnes qui organisent ces événements, c’est la chronique « Le libre fait sa comm’ » de ma collègue Isabella Vanni, coordinatrice vie associative et responsable projets à l’April. Bonjour Isabella.

Isabella Vanni : Bonjour à tout le monde.

Frédéric Couchet : La chronique du jour est consacrée au thème du retour d’expérience de l’animation d’un stand de l’April lors d’événements et comme l’organisation de l’émission est bien faite, nous sommes de nouveau en compagnie de Christian Pierre Momon et Denis Dordoigne de l’April.

Christian Momon : Bonjour.

Denis Dordoigne : Bonjour.

Frédéric Couchet : Isabella c’est à toi.

Isabella Vanni : Merci. Effectivement, c’est pratique, on a déjà nos invités à côté et cette fois, tous les deux, en fait, sont là en tant que membres actifs de l’association April et en particulier ce sont des personnes qui sont très engagées sur les événements, sur les nombreux événements auxquels l’April participe au cours de l’année. La sensibilisation se fait par le biais de plein de moyens différents, mais sur les stands c’est un moment important parce qu’on a la possibilité de rencontrer physiquement les personnes donc c’est un échange plus simple, plus immédiat. L’April participe à plein d’événements différents, ça peut être des événements libristes grand public, comme le Capitole du Libre à Toulouse, les Journées du Logiciel Libre à Lyon : ça peut être des salons professionnels comme le Paris Open Source Summit toujours à Paris ; ça peut être des événements grand public de types différents comme la Grande Braderie de Lille, la Fête de l’Huma à Paris ou différents événements autour du mouvement Alternatiba.
J’aimerais aujourd’hui poser quelques questions à Denis et à Christian pour en savoir plus sur comment ça se passe, l’expérience d’un sensibilisateur sur un stand et je voudrais commencer par vous demander quels sont les sujets qui intéressent le plus les personnes qui viennent sur nos stands. Il y a le stand de l’April, une personne s’approche, peut-être parce qu’il y a un décor, des dépliants ou des affiches qui attirent l’attention, et après qu’est-ce qui se passe ? Qu’est-ce qui se passe dans l’échange ?

Christian Momon : Pour répondre simplement, ça se passe bien parce qu’il se trouve que nous avons effectivement plein de matériel, plein de supports de communication. Il faut dire que l'activité est vraiment maîtrisée et bien préparée par notre coordinatrice vie associative ; on a cette chance. En général il y a une valise qui est prête la veille des événements avec plein de matériel et quand on arrive sur un stand, eh bien on a plein de choses à mettre sur le stand. Ce qui fait que quand on vient juste tenir le stand, pour accueillir les visiteurs on a plein de choses avec nous qui attirent l’attention, l’œil des visiteurs, qui font qu’on va pouvoir leur donner plein d’informations et après ils vont pouvoir repartir avec des choses, avec des éléments bien concrets.
Donc déjà l’aspect organisation préalable de l’événement c’est quelque chose de fondamental et on a de la chance, c’est super bien fait ! C’était quoi la question ?

Isabella Vanni : Que vous demandent les gens quand ils arrivent sur le stand ? Qu’est-ce qui les intéresse ? Qu’est-ce qu’ils vont poser comme question ?

Denis Dordoigne : La plus grande question qu’on a, la plus fréquente c’est : « Est-ce que je peux prendre des autocollants ? »

[Rires]

Christian Momon : C’est vrai !

Denis Dordoigne : C’est vrai que ça attire les gens, mine de rien, d’avoir des petits supports de communication comme ça. Là on peut leur parler, vu qu’on a des autocollants sur les dangers contre le logiciel libre, on peut leur demander s’ils comprennent ce que sont les dangers, pourquoi c’est dangereux. C’est vraiment un sujet de conversation intéressant. Après ça dépend des publics. On a des salons destinés à des gens qui sont déjà dans la technique, donc ils viennent plus nous poser des questions sur ce qu’est l’April, est-ce que je peux vous rendre service ? Jusqu’à récemment on leur disait « on ne fait pas de technique », maintenant il y a le Chapril. Sinon il y a aussi des salons professionnels, on fait le…

Isabella Vanni : Paris Open Source Summit qui a lieu en novembre ou décembre, début décembre.

Denis Dordoigne : C’est un salon professionnel, on voit des gens qui cherchent ce qu’on vend, qui ne comprennent pas trop ce qu’on fait là. Il faut le dire ! Sinon il y a quand même des salons grand public où là on est obligé d’aller chercher les gens parce qu’ils ne viennent pas forcément nous voir. On parlait tout à l’heure de la Fête de l’Huma, les événements grand public. J’étais encore la semaine dernière aux Geek Faëries.

Isabella Vanni : Il est vrai qu’il y a des événements plus grand public, tu citais la Fête de l’Huma, la Grande Braderie de Lille, où les personnes ne sont pas forcément au courant de ce qu’est le logiciel libre. C’est un public qui peut être quand même très curieux. Ça m’est arrivé de voir des personnes qui ne s'y connaissaient pas et finalement, dans l’échange, on voit que ça leur plaît, ça les intéresse et ils ont envie d’approfondir.

Christian Momon : Moi, le sujet principal que les gens qui viennent ont sur notre stand, c’est le fait que c’est possible. En fait ils repartent en disant « ah ! ça existe, c’est possible ! Je peux, moi, faire tout ça, utiliser des logiciels libres, participer à un projet ! » Et récemment, depuis peu, on vient nous demander de participer au Chapril. Oui.

Isabella Vanni : Ça c’est très bien. On arrive aussi à recruter sur les stands ; ça ne sert pas seulement à sensibiliser mais aussi à recruter des personnes pour nous aider sur nos services.
Quelle est l’idée ou quelles sont les idées reçues les plus fréquemment entendues sur les stands ?

Christian Momon : Ce que je disais là, que l’informatique ce n’est pas pour les gens, que ce n’est pas pour eux. Là ils découvrent que si, c’est pour eux et, qu'en plus, il y a tout un pan de l’informatique dite libre qui leur donne des libertés numériques plutôt que de les gaver comme des moutons chez des gros GAFAM.

Isabella Vanni : D’accord. À moi-même c’est arrivé, « je suis d’accord, cette démarche me plaît, je veux le faire. Qu’est-ce que je peux faire pour la mettre en place ? » Là on a la chance, on a plein d’outils.

Christian Momon : L’Agenda du Libre. On a des supports, on a des super affiches, des sites web d’information, des brochures, on a tout ce qu’il faut. Ce qui les étonne le plus c’est de pouvoir dire « ah, mais je ne suis pas venu pour rien ! »

Isabella Vanni : Exactement. Le stand de l’April peut aussi être déjà un point de contact pour expliquer les principes, la philosophie du logiciel libre, mais après on est aussi en mesure de diriger, d’orienter les personnes vers d’autres services comme un chaton ou vers des groupes d’utilisateurs et d’utilisatrices qui peuvent les aider à installer ou paramétrer des logiciels.

Christian Momon : L’orientation est une des activités principales du stand.

Isabella Vanni : Exactement, ça en fait partie : sensibilisation et orientation. Tout à fait.

Christian Momon : L’idée la plus reçue, quand ils arrivent c’est « non ! moi je ne peux pas faire ça. Il n’y a que les GAFAM qui existent. Il n’y a que Google, il n’y a que Microsoft, il n’y a que ces services-là ! Moi je ne peux pas faire autrement. » Aujourd’hui le public est beaucoup plus conscient que ses données personnelles sont complètement pompées de tous les côtés. Par contre, il n’a pas conscience qu’il peut faire quelque chose. Là ils se disent « ah bon, c’est possible, même moi je peux ! » Du coup, en les orientant, après ils ont des nouvelles voies à explorer, seuls ou une prochaine fois lors d’un prochain rendez-vous.

Isabella Vanni : C’est bien ce que tu viens de dire. Tu as noté une évolution dans le type de questions, c’est-à-dire que les personnes semblent plus conscientes maintenant des dangers qui peuvent aussi être liés à l’exploitation de leurs données personnelles. C’est une question : Denis, est-ce que tu as observé toi aussi une évolution par exemple dans les discours, des questions qui n’étaient pas posées avant et qui sont plutôt posées maintenant ?

Denis Dordoigne : La différence maintenant c’est que quand ils arrivent, quand on leur dit : « Vous voulez connaissez le logiciel libre ? » souvent ils disent « oui ».

Isabella Vanni : C’est une bonne nouvelle.

Denis Dordoigne : Souvent ils se trompent quand on leur demande, mais ils sont au courant qu’il y a des logiciels libres qui existent, ils savent que la liberté c’est important. Ils arrivent souvent en disant « je connais déjà » puis ils repartent avec beaucoup d’informations, ils repartent en connaissant vraiment. C’est vraiment ça qui a changé aujourd’hui.

Isabella Vanni : Je pense que ça, ça vous fait plaisir ; ça veut dire que c’est le travail que l’April et plein d’autres associations dans le Libre arrivent à faire, un peu. C’est aussi l’actualité, bien évidemment, c’est aussi l’actualité qui fait peur aux gens, mais peu importe ! L’important c’est qu’il y ait cet échange et qu’ils puissent avoir encore plus d’informations sur le sujet.

Christian Momon : Moi, il y a dix ans, mon ressenti c’est qu’ils venaient dans une démarche personnelle de réaliser un projet, de monter quelque chose. J’ai l’impression qu’aujourd’hui ils viennent plus en réaction aux agressions des GAFAM. Ils voient que leur vie numérique est complètement enfermée, exploitée et en réaction ils cherchent quelque chose. Ça c’est un peu négatif. Ce qui est formidable c’est que, du coup, on peut leur apporter plein de solutions.

Isabella Vanni : C’est une position de défense, en fait.

Christian Momon : Voilà ! Ils viennent en réaction à. Et vu le nombre de scandales dans le numérique aujourd’hui mondialement, ce n’est pas étonnant. Du coup, la motivation pour laquelle ils viennent a un peu évolué. Ce qui est formidable c’est qu’on peut justement leur dire « mais oui, il existe des alternatives, vous pouvez faire des choses très simples, sans être informaticien, pour recouvrer votre liberté numérique et partageons ».

Isabella Vanni : Il y a de plus en plus de personnes, ça je l’ai remarqué, qui connaissent par exemple les services de Framasoft, donc les services alternatifs. Maintenant on pourra dire qu’il y a des services proposés par d’autres chatons, par d’autres groupes. C’est vrai que c'est très important. Même les personnes qui ne connaissent pas disent quand même « j’ai entendu parler de Framadate et d’autres choses », donc très bien.
Le temps court vite. J’avais pensé à cette question : est-ce qu’il y a des questions, des réactions qui vous ont, récemment ou pas récemment d’ailleurs, qui vous ont mis en difficulté ? Est-ce qu’il y a des questions auxquelles on ne sait pas répondre sur le stand, on ne sait pas trop quoi dire ?

Denis Dordoigne : On ne sait pas tout de suite répondre sur le stand. Ce que j’ai souvent maintenant, c’était très rare avant, ce sont des gens, quand on leur explique le logiciel libre, etc., ils disent : « Oui, mais moi je suis peintre, moi j’écris, je ne veux pas que ce soit du Libre parce que les gens vont faire ce qu’ils veulent avec ce que je fais, je ne veux pas qu’ils gagnent de l’argent par rapport à ce que je fais. » Du coup, expliquer l’importance de faire du Libre en dehors du logiciel ce n’est pas toujours ce qu’il y a de plus évident. Je leur explique « les gens qui font du logiciel pensent comme vous, ils ne veulent pas que ce qu’ils font soit dévoyé, ils ne veulent pas que les gens se fassent de l’argent, mais apporter à la communauté c’est suffisamment agréable pour ne pas avoir à se poser ce genre de question ».

Isabella Vanni : Christian, tu as peut-être un exemple, une anecdote ?

Christian Momon : Il y a des sujets qui sont difficiles, parce qu’on oriente, on apporte des solutions, des voies de liberté, mais il y a des sujets qui sont difficiles : le téléphone portable, l’Éducation nationale, les moteurs de recherche. On n’a pas forcément un beau paquet tout prêt, des solutions 100 % libres, où tout est libre à 100 %, donc des fois c’est difficile de répondre. Et puis quand vous avez des gens qui viennent vous voir par exemple parce que, dans leur école, à la rentrée, ils vont avoir une messagerie Google alors qu’ils sont étudiants, eh bien ça fait mal. Ça fait mal ! Il y a de la frustration, mais il y a toujours des moyens, des solutions, des informations à donner pour essayer de minimiser les problèmes.

Isabella Vanni : Finissons en positif. Ça, ça été une note… voilà. Finissons en positif ! Si vous participez à autant de stands c’est parce que ça vous plaît, c’est parce que ça vous motive. Est-ce que vous pouvez dire chacun une courte phrase pour convaincre d’autres personnes à nous aider sur les stands pour promouvoir notre cause ? Denis.

Denis Dordoigne : Rencontrer des adhérents de l’April, rencontrer des publics que vous ne connaissez pas rencontrer d’autres associations du Libre qui sont souvent à côté de nous, c’est vraiment une occasion d’être dans le milieu du Libre et de s’amuser.

Isabella Vanni : Très bien. Christian.

Christian Momon : C’est enthousiasmant. C’est facile parce que bien préparé par notre merveilleuse coordinatrice vie associative. Donc venez ! C’est ouvert à tous et à toutes, venez !

Isabella Vanni : Merci beaucoup. Je laisse la parole à Fred pour les annonces. Merci beaucoup d’avoir participé à cette chronique.

Christian Momon : À bientôt.

Frédéric Couchet : Merci à Christian, merci à Denis et bien sûr merci à Isabella pour cette chronique « Le libre fait sa comm’ ». La prochaine chronique aura lieu en juillet, le 2 juillet 2019 de mémoire, une émission spéciale chroniques.

Isabella Vanni : Je confirme.

[Virgule musicale]

Annonces

Frédéric Couchet : Nous approchons de la fin de l’émission. Nous allons donc terminer par quelques annonces.

[Virgule musicale]

Dans les annonces d’événements : apéro April à Montpellier le 20 juin. Je précise que tous les événements sont sur le site de l’April et aussi sur le site de l’Agenda du Libre, agendadulibre.org.
Jeudi 20 juin, à Paris, soirée de contribution au logiciel libre avec notamment l’atelier du groupe Sensibilisation au logiciel libre de l’April, donc avec la merveilleuse Isabella.
Toujours jeudi soir 20 juin, à Paris, l’avant-première du documentaire LOL – logiciel libre une affaire sérieuse, dont on a parlé la semaine dernière, c’est Porte des Lilas.

En introduction je vous avais parlé d’un petit quiz avec une question : que se passe-t-il à Rezé, dans les Pays de la Loire, en lien avec notre émission de la semaine dernière ? Eh bien à Rezé, ce samedi 22 juin 2019, il y a une cartopartie, tous à vélo. Une cartopartie c’est une collecte d’informations sur le terrain donc sur le thème du vélo. L’objectif est de parcourir les rues rezéennes à la recherche des aménagements cyclables afin de les intégrer à OpenStreetMap, la carte numérique participative libre.

Un petit message qu’on nous a demandé de relayer : les personnes qui avaient réalisé en 2017 le documentaire Nothing to Hide, « Rien à cacher », dédié à l’acceptation de la surveillance de la population à travers l’argument « je n’ai rien à cacher » travaillent depuis à une suite documentaire qui s’appelle Disparaître, qui s’intéresse aux moyens de défendre sa vie privée en ligne. Le film se penche sur différents cas de citoyens à faibles risques, des profils plus exposés en ligne comme des femmes, des journalistes, des minorités, des activistes, des lanceurs d’alerte, des lanceuses d’alerte. Une campagne est lancée qui se termine vendredi 21 juin 2019. Il manque quelques euros pour boucler cette campagne de cofinancement.

Et puis évidemment, sur le site de l’Agenda du Libre, vous retrouvez tous les autres événements.

Notre émission se termine. Je remercie les personnes qui ont participé à l’émission du jour, donc Noémie Bergez, Angie Gaudion, Christian Pierre Momon, Denis Dordoigne, Isabella Vanni. Aux manettes de la régie aujourd’hui Étienne Gonnu. Merci Étienne.
Un merci particulier également à Lionel Allorge, qui a filmé l’émission pour proposer à la rentrée une petite vidéo de quelques minutes sur les coulisses de l’émission.
Un grand merci également à Olivier Grieco, le directeur d’antenne de la radio, qui va s’occuper avec beaucoup de soin du traitement et de la préparation du podcast de l’émission avant sa mise en ligne.

Vous retrouverez sur notre site web, april.org, toutes les références utiles, ainsi que sur le site de la radio causecommune.fm. N’hésitez pas à nous faire des retours pour indiquer ce qui vous a plu mais aussi des points d’amélioration.

La prochaine émission aura lieu en direct mardi 25 juin 2019 à 15 heures 30. Notre sujet principal sera consacré à la bureautique libre ; on parlera notamment de LibreOffice et de la Document Foundation.

Nous vous souhaitons de passer une belle fin de journée. On se retrouve en direct mardi 25 juin 2019 et d’ici là portez-vous bien.

Générique de fin d’émission : Wesh Tone par Realaze.

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Ethernet Cat 6 : Comment choisir vos nouveaux câbles réseau ?

Le 24 June 2019 à 07:04:39

L’Ethernet Cat6 est un type de câble normalisé mis en place par l’EIA (Electronic Industries Association) et la TIA (Telecommunications Industry Association). Comme son nom le suggère, l’ethernet Cat 6 ou « Catégorie 6 » est la sixième génération de câbles ethernet utilisés dans les réseaux personnels. Comme d’habitude, l’utilisation de câble Cat6 est rétro-compatible avec le Cat5, Cat 5e et les autres normes précédentes.

Comment le Cat 6 fonctionne ?

Les câbles ethernet de Catégorie 6 supportent les transferts Ethernet Gigabit jusqu’à 1 Gigabit par seconde. Ils permettent même de mettre en place une connexion 10 Gigabit sur une distance limitée (environ 50m pour un câble). Les câbles cat 6 ont 4 paires de fils de cuivre qu’ils utilisent tous pour atteindre des performances élevées.

Quelques autres généralités à propos des câbles Cat 6 :

  • Les câbles Cat 6 utilisent le même type d’embout RJ45 que les précédentes générations de câbles ethernet.
  • Vous pouvez identifier un câble catégorie 6 en un clin d’œil en lisant les inscriptions imprimées tout au long du câble. S’il est de catégorie 6, la notation « Cat6 » devrait figurer dessus.
  • Une version améliorée de « Cat 6 » appelée « Cat 6a » permet d’atteindre les 10 Gbps sur une distance limitée.

Cat 6 Vs Cat 6a

Pour la majorité des utilisateurs, le passage à la catégorie 6 devrais déjà suffire, mais pour ceux qui n’en ont jamais assez et qui veulent encore plus de vitesse sur leurs réseau local, il est possible de passer à la Cat 6a, une normé crée pour améliorer les performances de la Cat 6 avant l’arrivée de la Cat 7. L’ethernet Cat 6a permet le transfert à 10 Gbps sur une distance allant jusqu’à 100m tandis que le Cat 6 ne permettait d’accéder à cette vitesse que jusqu’à 50m. Avec ces performances améliorées le Cat 6a coûte en général plus cher que le Cat 6 classique. Il utilise cependant toujours le même type de connecteur RJ45 que les versions précédentes.

Cat 6 Vs Cat 5e

Comme la norme Cat 6a qui a servi à faire la transition entre Cat 6 et Cat 7, la norme Cat 5e a permis de faire la transition entre la Cat 5 et la Cat 6. Historiquement, cette norme a été en compétition pour le titre de « Cat 6 ». L’une a obtenu la norme Cat 6 qu’on connait aujourd’hui et l’autre est devenue la « Cat 5e », « Cat 5 Enhanced » ou encore « Catégorie 5 Améliorée » en Français.

Il manquait à la Cat 5e quelques améliorations techniques qui sont arrivées avec la Cat 6, cependant la norme supporte tout de même l’internet Gigabit pour un coût moindre. Comme pour la Cat 6, les câbles Cat 5e utilisent 4 paires de cuivre pour des transferts plus rapides. En comparaison, la Cat 5 dispose de 4 paires de fils mais n’en utilise que 2.

Etant donné qu’elle est arrivée sur le marché plus tôt et que son prix plus bas était plus attractif pour les utilisateurs voulant atteindre la vitesse du Gbps, la Cat 5e a été très populaire à sa sortie. Le passage assez lent aux équipement réseaux 10 Gbps a aussi rendu l’adoption du Cat 6 plus lente.

Attention :

Le prix des câbles Cat 5e est bien en dessous des câbles Cat 6 ce qui peut être très intéressant si vous voulez atteindre le Gbps de vitesse locale. Cependant si votre objectif est une vitesse de 10 Gbps locale, ou que vous comptez mettre votre équipement réseau à jour dans les mois qui viennent, je vous conseillerais plutôt la Cat 6.

Limitation de la Cat 6

Comme pour la majorité des câbles réseaux, les câbles Ethernet de Catégorie 6 sont limités à une longueur maximale de 100m environ. Eu delà, les interférences et la perte de signal sera trop importante pour profiter d’une connexion stable. Comme mentionné précédemment, la Catégorie 6 supporte les connexion 10 Gbps, mais pas sur sa distance maximale de diffusion.

Et la Cat7/Cat 8 ?

Vous êtes nombreux à venir me demander pourquoi je ne parle pas des normes Cat 7 ou Cat 8 dans mes articles sur Ethernet. Bien que ces normes aient été mises en place par l’EIA et la TIA, elles sont encore trop peu utilisées par les particuliers pour que je vous en parle ici. Sachez simplement que ces câbles sont capables d’atteindre des vitesses folles de plusieurs dizaines de Gbps, ils seront donc plus utiles aux professionnels devant connecter des serveurs ou d’autres appareils réseaux très gourmands en ressources internet.

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23 June 2019

Carl CHENET

Débuter avec Git partie 5 : fusionner des branches

Le 23 June 2019 à 23:00:38

Pour continuer dans cette série sur comment débuter avec Git, nous avions vu dans le précédent article précisément ce que sont les branches Git. Nous allons aujourd’hui présenter pourquoi fusionner des branches et comment s’y prendre.

Mise en place

Pour cet article nous créons un dépôt distant sur notre Gitlab (comme expliqué dans la partie 1), puis nous le clonons sur notre machine locale.

$ git clone https://gitlab.com/chaica/merge-branches.git
Cloning into 'merge-branches'…
remote: Enumerating objects: 3, done.
remote: Counting objects: 100% (3/3), done.
remote: Total 3 (delta 0), reused 0 (delta 0)
Unpacking objects: 100% (3/3), done.
$ cd merge-branches/
$ ls
README.md

Notre dépôt initial contient simplement un fichier README.md, créé par Gitlab, contenant un titre en langage Markdown

$ cat README.md
# merge-branch

Nous allons maintenant ajouter un sous-titre à ce fichier pour un prochain exemple.

$ echo -e "\n## sous-titre" >> README.md 
$ git commit README.md -m "add first subtitle"
[master 2059805] add first subtitle
 1 file changed, 2 insertions(+)

À ce niveau, nous avons donc deux commits qui constituent notre branche master, comme nous l’indique la commande git log.

$ git log
commit 20598053fb2c3e55f95e2521dfa804739abd7d8a
Author: Carl Chenet chaica@ohmytux.com
Date:   Fri Jun 21 10:22:00 2019 +0200

 add first subtitle

commit 11cb68a24bed5236972138a1211d189adb4512a8 (origin/master, origin/HEAD)
Author: Carl Chenet chaica@ohmytux.com
Date:   Fri Jun 21 08:18:56 2019 +0000

 Initial commit

Mise en place un peu longue, mais qui nous a permis de réviser quelques commandes fondamentales. Nous entrons dans le vif du sujet.

Création d’une nouvelle branche

Un client nous demande une évolution du code. Afin de ne pas toucher à la branche master qui contient le code de référence courant, nous allons compliquer maintenant un peu les choses en créant une nouvelle branche nommée branch-with-foo. Cette étape a déjà été expliquée dans la partie 4 plus en détail.

$ git checkout -b branch-with-foo
Switched to a new branch 'branch-with-foo'

Nous créons immédiatement un fichier nommé foo dans cette branche que nous ajoutons et enregistrons dans la foulée.

$ echo "this is a foo file" > foo
$ git add foo && git commit foo -m "add foo file"
[branch-with-foo d9afaa2] add foo file
 1 file changed, 1 insertion(+)
 create mode 100644 foo

Divergence des branches

Nous revenons maintenant sur master et nous créons un fichier bar que nous enregistrons aussi dans la foulée.

$ git checkout master
$ echo "this is a bar file" > bar
$ git add bar && git commit bar -m "add bar file"
[master 222c618] add bar file
 1 file changed, 1 insertion(+)
 create mode 100644 bar

Faisons une pause, nous venons de créer notre première divergence entre nos branches, nous avons créé un embranchement dans l’historique de nos commits, les deux derniers commits n’appartenant plus aux mêmes branches.

Débuter avec git : divergence de branches

Le schéma présente la divergence entre la branche master et la branche branch-with-foo. La première contient un fichier bar, la seconde un fichier foo. Bien, il est temps de passer aux choses sérieuses.

Fuuuuuuuuuusion

Le besoin que nous avions de créer une nouvelle branche a disparu, le client a annulé le projet.

Bon, nous allons réintégrer les modifications de cette branche dans la branche master. Nous nous positionnons dans la branche master, ou d’une manière générale la branche à laquelle nous souhaitons réintégrer les modifications d’une autre, et nous passons la commande suivante :

$ git checkout master
$ git merge branch-with-foo -m "Merge branch 'branch-with-foo'"
Merge made by the 'recursive' strategy.
  foo | 1 +
  1 file changed, 1 insertion(+)
  create mode 100644 foo

La sortie de la commande nous précise ce qui s’est passé : un fichier foo (celui de la branche branch-with-foo) a été créé dans la branche courante master.

Débuter avec git : fuuuuuuuuusion

Jetons un oeil à l’historique avec la commande git log avec l’option –graph qui va nous présenter une représentation graphique de notre historique et l’option –oneline afin de rendre la commande moins verbeuse.

$ git log --graph --oneline
* 69fa060 (HEAD -> master) Merge branch 'branch-with-foo'
|\  
| * d9afaa2 (branch-with-foo) add foo file
* |222c618 add bar file
|/  
* 2059805 add first subtitle
* 11cb68a (origin/master, origin/HEAD) Initial commit 

Cette représentation est très parlante. Au niveau de l’histoire elle va de haut en bas, le haut étant le commit le plus récent et le plus bas le plus vieux. Une étoile (*) est un commit, avec son message à droite , et le nom de la branche s’il y ambiguité.

Nous reprenons notre dessin précédent et le faisons évoluer.

Débuter avec git :  fusion de branches

Nous avons bien fusionné la branche branch-with-foo dans master. Fusion réussie.

Sauver son code et ses branches

Avant de s’arrêter aujourd’hui, n’oublions pas de pousser tout ce que nous avons fait vers notre dépôt Gitlab distant. Nous commençons par la branche master.

$ git push 
Enumerating objects: 13, done.
Counting objects: 100% (13/13), done.
Delta compression using up to 8 threads
Compressing objects: 100% (7/7), done.
Writing objects: 100% (11/11), 975 bytes | 975.00 KiB/s, done.
Total 11 (delta 2), reused 0 (delta 0)
To https://gitlab.com/chaica/merge-branches.git
   11cb68a..69fa060  master -> master

La dernière ligne indique bien que nous avons poussé depuis notre branche master locale vers notre branche master distante présent sur notre Gitlab.

Passons à la branche branch-with-foo, qui, même si elle a été fusionnée dans master, existe toujours. Pourquoi ? Car le nom de la branche branch-with-foo est un pointeur, un indicateur qui désigne le dernier commit connu de cette branche. Rien de plus.

Pour changer un peu nous varions la syntaxe de notre commande git push en utilisant l’option –all afin de pousser toutes les branches locales vers le dépot distant. Nous n’en avons qu’une ici, branch-with-foo.

$ git push --all
Total 0 (delta 0), reused 0 (delta 0)
remote: 
remote: To create a merge request for branch-with-foo, visit:
remote:   https://gitlab.com/chaica/merge-branches/merge_requests/new?merge_request%5Bsource_branch%5D=branch-with-foo
remote: 
To https://gitlab.com/chaica/merge-branches.git
[new branch]      branch-with-foo -> branch-with-foo 

Point très intéressant, nous voyons que les lignes commençant par remote: proviennent du Gitlab, qui nous indiquent comment créer une demande de fusion (Merge Request). Inutile, nous avons déjà fusionné. Mais ce sera intéressant dans le cadre du travail collaboratif. Ce sera pour un prochain article.

Une demande de fusion sur Gitlab

La dernière ligne nous confirme que nous avons bien poussé la branche locale branch-with-foo vers la branche du dépôt Gitlab distant nommée également branch-with-foo.

Conclusion

Nous avons vu aujourd’hui la fusion de branches Git. Cette opération permet de récupérer le travail réalisé dans une autre branche, en divergence du code “principal” que nous conservons – comme bonne pratique dans l’industrie en général – dans la branche master. C’est le cas le plus courant.

Vous devriez quasi systématiquement commencer par créer une nouvelle branche quand vous envisagez d’introduire du nouveau code dans un dépôt Git, afin de ne pas travailler directement vous-même dans master. Pourquoi pas ? C’est ce que nous verrons dans le prochain article de cette série.

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22 June 2019

de_crevoisier.png LE-ROUTEUR-WIFI.COM

Devriez-vous changer le nom par défaut (SSID) de votre routeur WiFi ?

Le 22 June 2019 à 05:02:40

Les routeurs wifi et les points d’accès wifi permettent de mettre en place un réseau sans fil identifiable grâce à leurs nom ou « SSID ». Ces appareils sont configurés avec un SSID par défaut décidé par le fabricant à l’usine. Habituellement, tous les appareils de la même gamme de produit auront le même SSID par défaut. Si vous vous demandez si vous devriez changer le SSID par défaut de votre routeur, la réponse est simple : Oui, vous devriez vraiment le faire !

Le SSID

Les fabricants peuvent choisir à peu près n’importe quoi pour leurs SSID par défaut, mais ceux-ci ressemblent en général à ceci :

  • Réseau sans fil
  • [Marque du routeur]
  • [Modèle du routeur]
  • « Default »

Si vous utilisez le même modèle de routeur que votre voisin, il est fort probable que vous ayez le même SSID. Cela peut constituer une catastrophe de sécurité, surtout si aucun d’entre vous n’utilise de chiffrement. Vérifiez le nom de votre réseau privé et si il a encore son nom par défaut, changez-en.

Pour changer le SSID de votre routeur, je vous invite à suivre le tutoriel complet que j’ai créé à ce sujet.

Dois-je changer de SSID

Un SSID peut être changé n’importe-quand via l’interface de gestion du routeur. Si vous le changez lorsque des appareils y sont connectés, ils seront tous déconnectés au changement et il faudra les reconnecter au nouveau réseau manuellement. Outre cette petite manipulation, le changement de nom de réseau n’affecte pas du tout le réseau.

Si deux réseaux avec le même nom sont installés proches l’un de l’autre, les utilisateurs et les appareils pourraient se tromper et essayer de rejoindre le mauvais réseau WiFi. Si les deux réseaux sont ouverts (s’ils n’utilisent pas de mot de passe), un appareil peut se déconnecter automatiquement du bon réseau pour se connecter à l’autre qu’il capte mieux. En fait, même avec un mot de passe en place, je vous déconseille de nommer votre réseau comme votre voisin pour éviter les confusions.

Aujourd’hui les expert de la sécurité informatique débattent pour savoir si les constructeurs devraient proposer un SSID par défaut différent pour chaque appareil pour sécuriser d’avantage les réseaux domestiques. D’un côté le nom du réseau n’as aucun impact sur la capacité d’un hacker à infiltrer un réseau, de l’autre côté voire plusieurs routeurs avec un SSID par défaut dans un voisinage peut donner une information au hacker pour attaquer les cibles ayant le moins sécurisé leurs réseau.

Choisir un bon SSID

Pour améliorer la sécurité de votre réseau domestique, nous avons vu qu’il était préférable que vous changiez le SSID par défaut de votre routeur. Mais quel genre de SSID devriez-vous choisir ?

Le SSID est sensible à la case et  peut contenir jusqu’à 32 caractères. Pour choisir votre nouveau nom de réseau je vous conseille de procéder comme suit :

  • N’intégrez aucune informations personnelles dans le nom de votre réseau (adresse, nom, numéro de téléphone, date de naissance…)
  • N’utilisez aucun de vos mot de passe Windows ou internet
  • Ne tentez-pas les petits hacker du quartier avec un nom comme « Testez-moi » ou « Top secret » !
  • Choisissez un SSID avec des lettres et des chiffres
  • Choisissez le SSID le plus long possible, si vous arrivez à remplir les 32 Caractères c’est encore mieux
  • Changez régulièrement pour plus de sécurité – une fois tous les 2-3 mois
  • Vous pouvez écrire le SSID sur un bout de papier pour le retrouver facilement, mais n’écrivez JAMAIS votre mot de passe !

Une fois que vous avez choisi votre nouveau nom de réseau, faire le changement est assez simple. Tapez-le dans la section SSID ou Nom du réseau de l’administration de votre routeur et enregistrez les modifications pour effectuer le changement. Inutile de redémarrer le routeur sauf si on vous le demande explicitement dans l’assistant de configuration.

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21 June 2019

Luc DIDRY

Migra­tion d’une version majeure de Post­greSQL à une autre (pour Debian Buster)

Le 21 June 2019 à 15:09:47

Aver­tis­se­ment Ceci est une réac­tua­li­sa­tion d’un [précé­dent article][1]. J’en avais marre de devoir chan­ger les numé­ros de version dans mes copier/coller (quoi, vous ne croyez quand même pas que je me souviens de ces commandes par cœur ?), donc je réac­tua­lise l’ar­ticle, ce sera plus confor­table pour tout le monde.

Avec la sortie de Buster, c’est Post­greSQL 11 qui est proposé. Mais comment faire pour migrer les bases de données du clus­ter 9.6 (qui ne rece­vra plus trop d’up­dates) vers le 11 ? Ce n’est pas très compliqué.

Aver­tis­se­ment Cet article est main­te­nant dispo­nible sur mon wiki à l’adresse https://wiki.fiat-tux.fr/admin:bdd:pgsql:migra­tion-version-majeure.
Le wiki contient des infor­ma­tions impor­tantes en plus et sera mis à jour. Pour cette raison, j’ai supprimé cet article pour que personne ne fasse d’er­reur. Rendez-vous donc sur le wiki 😉

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april.png Nouvelles April

Émission « Libre à vous ! » sur radio Cause Commune (25 juin 2019)

Le 21 June 2019 à 15:00:58

25 Juin 2019 - 15:30
25 Juin 2019 - 17:00

Photo d'illustration de l'émission

La trente-et-unième émission Libre à vous ! de l'April sera diffusée en direct sur radio Cause Commune sur la bande FM en région parisienne (93.1) et sur le site web de la radio, mardi 25 juin 2019 de 15 h 30 à 17 h 00. Avec normalement une rediffusion le soir même de 21 h à 22 h 30 (la rediffusion a lieu si le fichier audio pour la rediffusion a pu être traité dans les temps). Le podcast de l'émission et les podcasts par sujets traitées sont disponibles dès que possible, quelques jours après l'émission en général.

Notre sujet principal portera sur la bureautique libre et plus particulièrement sur LibreOffice et The Document Foundation avec Stéphanie Robert, Christophe Cazin membres de La Mouette et Philippe Hemmel de The Document Foundation et fondateur de la société Arawa. Nous aurons également la chronique « Les transcriptions qui redonnent le goût de la lecture » de Marie-Odile Morandi, animatrice du groupe de travail Transcriptions qui portera sur le RGPD (Règlement général sur la protection des données). Et la chronique « Jouons collectif » de Vincent Calame, bénévole à l'April, qui portera sur la migration vers le logiciel libre de la FPH (Fondation Charles Léopold Mayer pour le Progrès de l’Homme).

Écouter le direct mardi 25 juin 2019 de 15 h 30 à 17 h 00   S'abonner au podcast

Les ambitions de l'émission Libre à vous !

La radio Cause commune a commencé à émettre fin 2017 sur la bande FM en région parisienne (93.1) et sur Internet. Sur le site de la radio on lit : « Radio associative et citoyenne, les missions de Cause Commune sont de fédérer toutes les initiatives autour du partage et de l’échange de savoirs, de cultures et de techniques ».

Nous avons alors proposé de tenir une émission April intitulée Libre à vous ! l'émission pour comprendre et agir avec l'April — d'explications et d'échanges concernant les dossiers politiques et juridiques que l'association traite et les actions qu'elle mène. Une partie de l'émission est également consacrée aux actualités et actions de type sensibilisation. L'émission Libre à vous ! est principalement animée par l'équipe salariée de l'April mais aussi par des membres bénévoles de l'association et des personnes invitées. Donner à chacun et chacune, de manière simple et accessible, les clefs pour comprendre les enjeux mais aussi proposer des moyens d'action, tel est l'objectif de cette émission hebdomadaire, qui est diffusée en direct chaque mardi du mois de 15 h 30 à 17 h. Avec normalement une rediffusion le soir même de 21 h à 22 h 30.

Liens utiles

Les archives de l'émission

Écouter les émissions précédentes

tnitot.png Tristan NITOT

En vrac du vendredi sur la technologie

Le 21 June 2019 à 14:34:00

april.png Nouvelles April

OpenStreetMap, s'approprier son territoire - Émission La Voix Est Libre - Picasoft

Le 21 June 2019 à 10:36:07


Logo OpenStreetMap

Titre : OpenStreetMap, s'approprier son territoire - Émission La voix est libre
Intervenants : Cédric Frayssinet - Quentin - Tobias - Stéphane
Lieu : Graf'hit UTC Compiègne
Date : juin 2019
Durée : 37 min
Écouter ou télécharger le podcast
Présentation de l'émission
Licence de la transcription : Verbatim
Illustration : Logo du projet OpenStreetMap - Licence Creative Commons Attribution-Share Alike 2.0 Generic. Logo Picasoft - Licence Creative Commons Alike 4.0 International
NB : transcription réalisée par nos soins, fidèle aux propos des intervenant·e·s mais rendant le discours fluide.
Les positions exprimées sont celles des personnes qui interviennent et ne rejoignent pas nécessairement celles de l'April, qui ne sera en aucun cas tenue responsable de leurs propos.

Logo Picasoft

Transcription

Quentin : Bonjour à tous. Bienvenue sur Graf’hit 94.9. On est dans l’émission La voix est libre aujourd’hui avec Stéphane et Tobias de Picasoft.

Stéphane : Bonjour.

Tobias : Bonjour.

Quentin : On va parler d’OpenStreetMap1 ou « comment s’approprier son territoire ». Pour nous en parler on a reçu il y a quelques jours Cédric Frayssinet, qui ne peut pas être là aujourd’hui, donc on va vous diffuser l’interview préenregistrée et on revient juste après pour continuer la discussion.

Quentin : Bonjour Cédric. Merci beaucoup d’accepter de nous répondre. Tu es prof dans un lycée dans une autre province française — la preuve qu’on commence déjà à être une émission nationale — et tu es chargé de mission à la Dane, la Délégation académique au numérique éducatif. Est-ce que tu peux te présenter en quelques mots ?

Cédric Frayssinet : Bonjour à toi. Je suis en fait prof de lycée à Lyon, au lycée La Martinière Diderot et je suis enseignant en STI2D et en spécialité Informatique et sciences du numérique, donc en Terminale S, que certains de vos auditeurs connaîtront. Du coup je suis également formateur académique au numérique, donc j’ai, en fait, un mi-temps, je suis déchargé de cours à mi-temps et, dans ce cadre-là, je gère des projets liés au numérique éducatif et je fais des formations, la plupart sur des logiciels libres. Voilà ce que je fais dans mon métier.

Quentin : Super. Ça colle pas mal avec le thème de l’émission. Justement, à propos de logiciel libre, tu viens de donner une interview2 au journal en ligne LinuxFr, accessible à l’adresse linuxfr.org, et tu te présentes en tant que contributeur à OpenStreetMap. Première question : qu’est-ce que c’est OpenStreetMap et, dans la foulée, qu’est-ce que ça veut dire que tu es contributeur d’OpenStreetMap ?

Cédric Frayssinet : C’est un vaste sujet que tu me demandes là ! OpenStreetMap c’est une carte collaborative du monde. En 2004, il y a un ingénieur anglais qui en avait marre de payer pour avoir des cartes et il s’est dit : « Moi, je vais redessiner le monde ». Donc en 2004 il est parti d’une copie blanche, il a demandé de l’aide et tout le monde s’est mis à dessiner le monde, petit à petit, avec des imports successifs au démarrage et puis progressivement, en fait, ce sont les petites fourmis que sont les contributeurs, dont je fais partie, qui ont dessiné le monde point après point, ligne après ligne et polygone après polygone. Voilà les trois types de choses que l’on dessine, en fait, sur OpenStreetMap. Ensuite, quand on contribue, outre le fait qu’on dessine ces polygones, on renseigne, en fait, cette base de données qui est une base de données en libre accès — c’est ce qu’on appelle une licence ouverte — donc elle a une licence ouverte ; tout le monde peut réutiliser ces données, y compris des entreprises pour faire du business. C’est le cas par exemple de Qwant qui va lancer progressivement Qwant Maps3, qui va arriver bientôt sur le marché, pour concurrencer Google Maps.

Quentin : Super, c’est dans le thème ; en plus, la semaine dernière, on a parlé des moteurs de recherche alternatifs. Donc voilà encore un projet cross univers. De ce que tu as dit, on peut se dire qu’OpenStreetMap c’est un peu le Wikipédia de la cartographie puisque, à la base, ça part d’un projet où c’est quasiment blanc et tout le monde vient apporter sa pierre à l’édifice. Chacun peut y ajouter des précisions quant au territoire qu’il parcourt ou qu’il connaît.
Déjà est-ce qu’on peut préciser quelques exemples concrets : si je veux ajouter mon resto préféré ou l’adresse d’un super libraire ou même l’endroit où se trouvent les locaux de Graf’hit où on enregistre, est-ce qu’on peut mettre ce qu’on veut ? Et aussi est-ce qu’il y a besoin, comment dire, de compétences techniques pour le faire ? Parce que souvent on s’imagine que la cartographie c’est quand même réservé à un public un peu d’experts, que ce n’est pas évident de cartographier des choses ou qu’il faut peut-être avoir des connaissances en informatique ?

Cédric Frayssinet : C’est là où justement c’est intéressant. Tu me poses la question parce que, comme je ferai un peu de cartographie avec mes élèves l’an prochain dans le cadre de la réforme du lycée, j’y reviendrai peut-être après, il y a maintenant des applications, en fait, qui permettent de contribuer très facilement, un peu comme une chasse aux Pokémon. Certains des auditeurs connaissent Pokémon Go, eh bien là, en fait, on a le même type d’application qui s’appelle Street Complete4, donc en bon français, qui est une application uniquement Android par contre. En fait on a des quêtes. Par exemple si on passe devant un magasin où il n’y a pas les horaires d’ouverture qui sont renseignés, il y a un petit icône qui apparaît, on clique sur l’icône et on renseigne immédiatement les horaires d’ouverture. Ça marche, il y a un certain nombre, je ne sais pas, il y a plus de 30 ou 40 quêtes possibles comme ça, les parkings, les boîtes aux lettres, les levées, les noms des routes. Voilà ! Il y a un certain nombre de choses à renseigner et c’est très ludique. Ça c’est quelque chose qui est très intéressant et c’est très facile pour rentrer dedans parce que, du coup, c’est juste du clic et se balader dans la rue, en fait.
Ça c’est la première méthode pour contribuer. Ensuite, si effectivement tu veux renseigner ton restaurant préféré, eh bien il n’y a pas de souci, tu renseignes ton restaurant, personne ne va te l’interdire, personne ne va te dire « il ne faut pas le faire ». En fait, la seule « restriction » entre guillemets c’est qu’il ne faut pas qu’il y ait de données personnelles dans OpenStreetMap ; il ne faut pas de données nominatives, également, donc tu ne mets pas « il habite ici, c’est lui qui habite là, etc. »

Quentin : OK !

Cédric Frayssinet : Il y a également d’autres particularités telles que : il ne faut pas que les données soient ponctuelles dans le temps. En fait, la cartographie ce sont des données géographiques, donc il faut que ce soit pérenne dans le temps. Et, dernier cas, il ne faut pas que ce soit copié depuis des cartes non libres telles que Google Maps par exemple, il faut que ce soit créé.

Quentin : Justement, en parlant de Google Maps, c’est bien sympa, on se dit « tout le monde est en train de renseigner des informations », mais qui existent probablement déjà dans Google Maps. C’est-à-dire que dans Google Maps on a les horaires des magasins, on peut trouver où sont les libraires de Compiègne ou de Lyon. Finalement, qu’est-ce que ça apporte de plus OpenStreetMap par rapport à un projet comme Google Maps ?

Cédric Frayssinet : Déjà sur un certain nombre d’informations où on est beaucoup précis sur OpenStreetMap, notamment en ville parce que c’est là où on va recenser le plus de contributeurs. Il y a également au niveau des routes, etc., parce que nous, en fait, on enregistre également le revêtement des routes, donc un GPS ne nous fera jamais passer sur des routes en terre, par exemple. Ce sont des choses que j’ai déjà eues à tester. En fait on met en concurrence, avec ma femme, nos deux GPS et, du coup, on se retrouve des fois dans des situations un petit peu délicates. Donc voilà ! Google m’a déjà fait passer sur des routes un peu bizarres alors que je n’ai jamais eu ça avec OpenStreetMap.
Qu’est-ce qu’on a d’autre ? On a par exemple pour le recyclage, le recyclage de verre, de vêtements, etc., on a tous les points de recyclage dans les villes, ce que Google Maps ne propose pas. On a les boîtes postales, à quelle heure on relève le courrier. Google Maps ne le propose pas. Je pourrais te citer énormément de choses. On a aussi les cartes issues d'OpenStreetMap qui recensent les restos végétariens, les restos végans. On a également des cartes thématiques telles que lire l’accessibilité, en fauteuil roulant par exemple, la mobilité réduite, où là on sait précisément si cette toilette publique est accessible, si ce restaurant est accessible, si ce magasin est accessible, etc. C’est d’ailleurs tellement important que Qwant Maps, qui va sortir, comme je l’ai déjà dit, le recense. En fait quand on clique sur le restaurant il dit si c’est accessible, partiellement accessible ou pas du tout accessible aux fauteuils roulants. Je ne suis pas sûr que Google Maps le propose.

Quentin : D'accord. Effectivement, je pense qu’on y reviendra, mais la diversité des informations est assez énorme, vu que chacun est libre de rajouter les champs qu’il veut et contribuer sur les aspects qui l’intéressent. D’ailleurs, en parlant de diversité, j’y pense, je crois qu’un reproche qu’on fait à Google Maps c’est qu’il y a certaines zones dans le monde qui sont assez mal cartographiées, alors que des contributeurs à OpenStreetMap essayent de cartographier à partir d’images GPS par exemple des zones de conflit ou des zones pas très peuplées mais où c’est important de savoir où est la route pour pouvoir, je ne sais pas, amener des secours, de l’eau, ce genre de choses.

Cédric Frayssinet : Oui. Il y a toute une composante d’OpenStreetMap qui est liée aux ONG. Donc quand il y a des cyclones ou des tremblements de terre à l’autre coin du monde, il y a une structure liée à OpenStreetMap qui s’appelle HOT [Humanitarian OpenStreetMap Team] qui, en fait, émet des tâches et tous les contributeurs s’activent pour aller cartographier ce coin du monde à l’aide d’images satellites récentes, etc., donc pour retracer rapidement les chemins accessibles pour que les ONG se déploient rapidement aux zones soit de conflits, soit d’autres problèmes. Ça c’est quelque chose également qui est très lié à OpenStreetMap. On fait ça sur OpenStreetMap, effectivement.

Quentin : OK. J’ai cru lire dans ton interview que tu proposais des animations autour d’OpenStreetMap pour apprendre à le faire connaître et à l’utiliser. Nous on va bientôt animer avec Picasoft un contrib’atelier autour d’OpenStreetMap. Est-ce que tu pourrais nous donner quelques conseils qu’on pourrait suivre ?

Cédric Frayssinet : Du coup, ça ce sont des animations que j’ai faites en lien avec la réforme du lycée. En seconde on a une nouvelle matière qui arrive, qui est obligatoire pour toutes les secondes qui vont arriver l’an prochain, qui s’appelle « Sciences numériques et technologie ». Dans cette nouvelle matière, il y a le thème numéro 5 qui est « localisation, cartographie et mobilité ». Il y a une compétence attendue qui se nomme « contribuer collaborativement à OpenStreetMap ». Du coup, c’est dans ce cadre-là que j’ai animé des formations. Donc on est en train de former 300 profs sur l’académie de Lyon, enfin, former c’est un grand mot, informer sur notamment OpenStreetMap pour qu’ils puissent travailler sur OpenStreetMap avec leurs élèves.
Des conseils, je n’en ai pas forcément beaucoup. Il y a pas mal de ressources sur Internet, moi j’ai fait des documents à destination des stagiaires et des enseignants.
Une entrée ludique, je l’ai dit, c’est Street Complete. Ensuite, quand on veut passer au-dessus, en fait on va utiliser un navigateur et utiliser l’éditeur ID qui est directement intégré à la carte openstreetmap.org.
Le reproche que l’on fait souvent à OpenStreetMap c’est cette carte openstreetmap.org qui n’est pas forcément hyper-intuitive, c’est-à-dire la recherche n’est pas pertinente par rapport à Google Maps et ça c’est un fait. C’est lié à plusieurs choses. Mais par exemple quand on va sur Qwant Maps, notamment, eh bien là la recherche est autrement plus performante, donc on se rapproche du niveau de recherche de Google.
Voilà ! Je ne sais pas si ça répond à ta question ou partiellement.

Quentin : Si, si complètement. De toute façon il y a plein de points intéressants qu’on abordera dans la suite de l’émission, à savoir le fait qu’il y a plusieurs manières de discuter avec la base de données d’OpenStreetMap, plusieurs manières de présenter les choses. Écoute merci beaucoup en tout cas pour ces réponses éclairantes.

Cédric Frayssinet : Merci à vous de m’avoir contacté et puis bonne animation sur OpenStreetMap. Au revoir.

Quentin : Voilà. De retour sur Graf’hit, 94.9. On remercie évidemment Cédric de nous avoir accordé son temps et de nous avoir introduit OpenStreetMap. Maintenant je crois que Stéphane va passer un petit peu au contenu. Tu vas être le maître du contenu.

Stéphane : À la séance de questions. Première question. Effectivement on a eu quand même un panorama assez large, donc il y a des points qu’on va reprendre, qu’on va peut-être compléter un petit peu. Pour commencer, peut-être qu’on peut, je crois que c’est Tobias qui va nous refaire ça, refaire un point rapide sur ce à quoi sert OpenStreetMap pour les citoyens, pour les utilisateurs. On a un peu plus parlé de contribution, mais en tant que simple utilisateur est-ce que ça nous sert à trouver des endroits, des points d’intérêt, des itinéraires, préparer des randos ? À quoi ça nous sert concrètement OpenStreetMap ?

Tobias : Moi j’ai découvert OpenStreetMap il y a déjà six ou sept ans et c’est vrai que j’étais curieux de ce service-là, notamment effectivement pour préparer mes itinéraires. J’ai tendance à faire beaucoup de randonnées et j’étais curieux de voir si j’étais capable d’utiliser ce service pour les créer. Effectivement, au fur et à mesure des années, on se rend compte qu’OpenStreetMap gagne énormément en précision. En plus, l’affichage sur OpenStreetMap est très clair, il y a énormément d’informations. On peut à la fois l’utiliser pour chercher à se déplacer comme avec un GPS, on peut l’utiliser pour trouver des magasins, des choses comme ça, ou pour des coins un peu plus reculés, pour aller faire de la randonnée, de la marche à pied ou n’importe quoi. C’est un service qui est, mine de rien, assez complet.

Stéphane : Tu as dit que ça s’était amélioré au cours du temps. Tu as une perspective de plusieurs années. On a parlé tout à l’heure avec Cédric de contribution, donc il y a, je pense, un lien entre les deux. C’est-à-dire que l’ensemble des contributions qui ont été faites au cours des années, eh bien ont permis d’améliorer la cartographie du territoire que tu utilises, qu’on utilise. Est-ce qu’on peut revenir un petit peu là-dessus ? On a eu quelques pistes mais, concrètement aujourd’hui, en tant qu’utilisateur qu’est-ce que je peux faire pour contribuer à OpenStreetMap ?

Tobias : Effectivement Cédric a quand même brossé un panel assez large des méthodes de contribution possibles.
Comme il l’a présenté au tout début, il y a l’application Street Complete qui est très amusante. De mon côté, en fait, j’ai commencé tout bêtement par me dire « tiens, est-ce que le numéro de ma maison, est-ce que l’adresse de ma maison est bien renseignée ? », des choses comme ça. Pour pouvoir contribuer là-dedans, il nous suffit d’aller se créer un compte sur OpenStreetMap, utiliser l’éditeur en ligne qui est très bien fait avec un tutoriel qui fonctionne parfaitement. Donc j’ai commencé à rentrer des petites infos, enfin des toutes petites infos là où je voyais des petits manquements sur mon environnement proche et, au fur et à mesure, avec l’expérience, on découvre énormément de manières de contribuer, notamment au travers d’autres services spécialisés dans certains types de contribution comme l’accessibilité, comme l’orientation des toits pour l’orientation solaire ou des choses comme ça.

Stéphane : Des choses dont on a parlé tout à l’heure. Là effectivement, le premier niveau de contribution, je pense que c’est également comme ça que j’ai démarré, ma maison, le petit commerce à côté, etc., dans le village. Ça permet de repérer les points d’intérêt directement à partir de l’interface web et c’est vraiment super facile à faire, on incite tout le monde à se lancer. Il y a un autre aspect, c’est aussi qu’on peut, je crois, tu vas peut-être nous donner quelques mots là-dessus, utiliser un GPS pour tracer des chemins qui n’existent pas, dans une forêt par exemple, enfin qui sont mal repérés typiquement au niveau de sentiers ou de choses comme ça.

Tobias : Effectivement. C’est-à-dire que si après vous être un peu plus habitué et que vous possédez un GPS, vous pouvez tout à fait aller faire une sortie en vélo, ou à pied ou n’importe comment, en embarquant un GPS et là vous allez enregistrer tous les déplacements que vous aurez faits avec ça, que vous pourrez ensuite envoyer directement sur OpenStreetMap. C’est ce qui permet notamment d’avoir une cartographie précise de beaucoup de chemins dans les forêts, dans des lieux qui ne sont, de toute façon, pas accessibles en voiture par exemple.

Stéphane : On a évoqué également, dans la première partie de l’émission, les avantages, on va dire, et un peu inconvénients comparés de Google Maps et d’OpenStreetMap, on aura l’occasion peut-être d’y revenir un petit peu. Je voudrais revenir sur cette notion de cartographie libre, de cartes libres, de données libres. Peut-être que là, Quentin, tu veux, avec ta casquette de président de Picasoft, nous expliquer pourquoi eh bien même si Google Maps est gratuit ou paraît gratuit, en fait ce n’est pas libre ; pourquoi ce n’est pas pareil « libre » et « gratuit ». À quoi ça sert d'avoir des données libres. Voilà, j’ai assez brossé le cadre de la question, je crois que tu vois où je veux en venir.

Quentin : Absolument. Je vais peut-être donner quelques éléments de réponse qui seront quand même des poncifs du logiciel libre en général. Comme tu l’as dit, comme vous l’avez rappelé, « gratuit » ça ne veut pas forcément dire « libre ». Effectivement Google Maps c’est gratuit au sens pécuniaire, c’est-à-dire que vous ne payez pas le service en tant que particulier, mais, on ne va pas revenir très longtemps là-dessus, bien sûr vous le payez avec vos données. Et aussi, comme les données ne sont pas libres, eh bien vous ne pouvez pas les récupérer ou les exploiter pour, par exemple, ouvrir un nouveau service ou héberger vos propres serveurs de cartographie, comme on a parlé dans la première émission. Ça a déjà été un problème, je ne sais pas si on y reviendra après, mais pour certaines entreprises qui utilisaient les services de Google Maps en les intégrant sur leur propre site web, et qui ont vu des coûts augmenter, astronomiques à un moment, et qui ont presque dû, pour certaines, fermer boutique. Alors qu’évidemment, pour OpenStreetMap qui est un service libre, même si les coûts existent et ne sont pas toujours négligeables, il est tout de même possible d’héberger son propre serveur avec une copie de l’ensemble des données d’OpenStreetMap, ce qui constitue quand même une liberté et une indépendance qui est tout à fait souhaitable.

Stéphane : On retrouve ici un des sujets qu’on a déjà abordés, cette question de diversité, de monopole, c’est-à-dire que dans le cas de Google Maps eh bien c’est Google qui offre le service. En quelque sorte si son marché est captif, si les utilisateurs sont captifs, il peut décider des conditions d’utilisation au niveau des données, au niveau financier. En revanche, comme les données d’OpenStreetMap sont libres, eh bien même si en tant qu’utilisateur, en tant que développeur d’un site web je fais appel à une entreprise qui va me donner accès à ses serveurs cartographiques, si à un moment elle change ses conditions d’utilisation, une autre entreprise peut offrir le même service. Donc il y a une diversité de l’offre qui permet de ne pas avoir des acteurs en position dominante.

Quentin : Justement, en parlant de diversité, c’est un mot qui revient souvent dans le thème du Libre et qui est très intéressant puisque OpenStreetMap est vraiment un exemple de diversité. Comme on l’a dit un petit peu avec Cédric, les intérêts des gens qui contribuent sur OpenStreetMap sont extrêmement divers et on va avoir des informations extrêmement précises sur des sujets très variés. Ça peut être, effectivement encore une fois comme le rappelait Cédric, des points de recyclage, des horaires de levée de poste, des choses comme ça, qui ne se retrouveront pas nécessairement sur Google Maps et en particulier, comme le disait Tobias aussi, les zones de randonnée, les villages un petit peu plus petits sont relativement peu bien cartographiés par Google Maps et le sont beaucoup plus par les contributeurs. Donc c’est un lieu de diversité et de richesse beaucoup moins centré sur des informations purement techniques ou commerciales comme on en trouve particulièrement bien remplies sur Google Maps.

Stéphane : Il y a aussi encore un point, peut-être, qu’on peut évoquer avant de revenir un peu plus concrètement, là encore, sur tout ce qu’on peut faire autour d’OpenStreetMap, mais cette comparaison on y tient aussi, c’est la question de ce que nous donne à voir l’application Google Maps, donc celle de la sélection. C’est-à-dire que lorsque l’on fait une recherche sur Google Maps, eh bien, de fait, il y a une sélection qui est faite ; alors on peut imaginer ou observer un certain nombre de choses, mais ça peut être effectivement de décider de ne pas monter un magasin parce qu’il est fermé. On est un petit peu encore dans ce que disait Quentin sur l’efficacité commerciale, on imagine que si l'on cherche l’adresse d’un magasin et qu’il est fermé alors ça ne nous intéresse même pas de savoir où il est. C’est une hypothèse, on pourrait en émettre d’autres. Aujourd’hui on pourrait effectivement imaginer que les résultats de requêtes vont dépendre, à un moment, pourquoi pas, d’une contribution financière, de notions de publicité, de l’intérêt que portent les autres utilisateurs, la question du renforcement des requêtes fréquentes, etc. Bref ! L’idée générale c’est qu’on dépend, à un moment, d’un algorithme, d’un moteur de recherche dans les résultats que l’on observe, alors que sur OpenStreetMap eh bien, encore une fois, on pourra avoir une diversité de moteurs de recherche qui font, du coup, des choix différents. Et si des données, on l’a déjà dit, sont absentes, eh bien on peut toujours les ajouter. Je ne sais pas si vous voulez compléter un peu ce point, Quentin ?

Quentin : Oui, effectivement, c’est un très grand classique de chez Google, c’est le mot « pertinence ». C’est-à-dire qu’on va présélectionner les résultats pour vous parce qu’ils seront plus pertinents pour vous mais, en quelque sorte, ça déresponsabilise et ça enlève du pouvoir à l’utilisateur qui va peut-être passer à côté de choses qu’il aurait aimé voir, parce que Google a décidé que ça ne l’intéresserait pas à partir de l’ensemble des données qu’il a collectées sur lui et, en particulier, pour ces histoires de « oh là, là, on va réduire la charge cognitive de l’utilisateur parce que nous sommes bienveillants et qu’on prend soin de lui ».
Sur OpenStreetMap, évidemment on pourrait se dire « oui, mais s’il y a trop d’informations, on ne va effectivement pas réussir à trouver celles que l’on souhaite », mais là c’est l’utilisateur qui est en situation de choix puisqu’il peut, lui-même, appliquer des filtres et dire « voilà, j’aimerais voir ce genre de choses, sur tel genre de critères » et ce n’est pas très difficile à configurer.

Stéphane : Fin de cette précision. On va abandonner cette comparaison et retourner un petit peu sur ce qu’on peut faire avec OpenStreetMap, ce qui fonctionne bien, moins bien, peut-être ce qui fonctionnera mieux petit à petit dans le futur. Une question classique c’est, je reviens vers Tobias, la question du guidage par GPS. Est-ce qu’il y a aujourd’hui des solutions concrètes qui fonctionnent ? Est-ce qu’elles sont aussi puissantes ou un peu moins puissantes ? Où est-ce qu’on en est un peu autour de ça ?

Tobias : Justement. Là-dessus effectivement on peut déjà utiliser des applications GPS. La plus utilisée pour OpenStreetMap sur Android s’appelle OsmAnd5. Elle n’est pas encore aussi précise qu’une application comme Waze de Google par exemple, pour la simple raison, la première raison déjà est qu'elle est incapable de prendre le trafic en temps réel et ensuite les algorithmes de routage ne sont pas forcément toujours aussi performants. Après, elle propose un certain nombre de fonctionnalités supplémentaires comme l’enregistrement des cartes hors ligne pour être en mesure d’effectuer du guidage quand bien même vous n’avez aucune connexion internet.
Il faut savoir que bon nombre de GPS commerciaux utilisent aussi les données des cartes OpenStreetMap pour enrichir leur système de guidage, donc c’est une solution qui existe actuellement, mais, encore une fois, OpenStreetMap est un écosystème. Donc le site que vous allez atteindre sur openstreetmap.org est, entre guillemets, un « service minimal » qui vous offre effectivement la carte et un système de guidage simplifié. Après, si vous voulez avoir accès, si vous voulez des services vous proposant des meilleurs guidages, par exemple Cédric citait Qwant Maps qui permet de faire une recherche d’adresses beaucoup plus pertinente que celle qu’on peut trouver sur OpenStreetMap. Ou à l’inverse, si vous voulez avoir beaucoup de fonctionnalités de guidage, de choisir votre véhicule, vos préférences et tout ça, vous pouvez par exemple vous orienter sur des services comme Openrouteservice6 qui va vraiment vous permettre d’avoir un choix extrêmement fin sur les types de routes que vous voulez emprunter, le type d’efforts que vous voulez faire et toutes sortes de choses.

Stéphane : Écoute, tu as déjà parlé d’écosystème, tu as commencé à nous citer divers sites. Effectivement, Quentin a utilisé beaucoup le mot « diversité » aussi, « pluralité », « diversité », c’est aussi une constante un petit peu des logiciels libres, c’est qu’on n’a pas un point d’entrée openstreetmap.org qui nous donnerait accès à tout, mais il y a effectivement un écosystème avec des gens qui se lancent, qui montent des projets. Tu en as cité quelques-uns, mais je crois que tu en as pas mal d’autres dans ta besace. Il y a pas mal de choses qui sont assez visuelles, on ne va pas tout voir, mais on va te laisser nous faire un peu l’article sur tout ce qu’il y a de rigolo, d’intéressant, de pertinent, à l’intérieur de l’écosystème OpenStreetMap.

Tobias : Justement, quand on commence à faire des recherches sur l’écosystème d’OpenStreetMap, on peut y passer des heures, voire des journées si ce n’est des semaines, parce que, comme on le disait précédemment, OpenStreetMap c’est vraiment la base de données de la cartographie et ensuite un grand nombre de services vont utiliser ces données pour les valoriser et proposer des expériences très précises.
On a déjà cité Openrouteservice qui vous permet de faire de faire du routage très précis avec un grand nombre de paramètres.
On a cité Qwant Maps qui vous permet de retrouver beaucoup plus facilement des adresses, des magasins, des choses comme ça.
Cédric avait aussi cité HOT qui, du coup, en cas de catastrophe naturelle, va s’appuyer sur la communauté pour cartographier le plus rapidement possible la zone pour que les secours puissent arriver plus facilement et être plus efficaces.
Il y a un nombre énorme d’informations dans OpenStreetMap : si vous prenez par exemple la carte de Grenoble, regardez juste le centre de Grenoble et vous allez voir un peu le nombre d’informations visuelles que vous pouvez déjà avoir. Il faut savoir qu’il y encore plein d’autres informations. Par exemple, des services comme F4map7 vont prendre toutes les données d’étage des bâtiments pour vous faire une visualisation 3D isomérique de la ville.
Vous avez OpenLevelUp8 qui va vous donner, si les bâtiments ont été cartographiés par étage, une carte étage par étage de chaque bâtiment. Vous avez aussi un très grand nombre de tuiles différentes, parce qu’un des gros problèmes que je trouve à Google Maps c’est que la carte, finalement, n’indique pas énormément d’informations. Si, par exemple, vous recherchez la forêt de Compiègne sur Google Maps, vous verrez juste un grand carré gris, vous ne verrez pas la limite, vous ne pourrez pas rapidement prendre la mesure de cette forêt, juste d’un point de vue visuel, alors que beaucoup de services d’OpenStreetMap proposent ce qu’on appelle des layers, donc des visualisations différentes des données, sous toutes les formes, qui permettent, finalement, d’avoir des cartographies vraiment précises et spécifiques de ce qui vous intéresse.
Il y a aussi un site que j’aime beaucoup, qui s’appelle maps.stamen.com9, qui vous propose plein de cartes différentes dont certaines avec un rendu aquarelle ou des choses comme ça.

Stéphane : Ça c’est ton côté artiste, esthétique, Tobias !

Tobias : C’est ça.

Stéphane : Je commente juste un tout petit peu, moi je voyais les images en même temps que tu parlais. Tu nous as montré effectivement – ça se voit moins bien à la radio, j’en ai conscience, mais on mettra peut-être des copies d’écran en plus des liens sur le site –, mais tu nous as montré effectivement, c’était F4map où on voyait Paris en 3D.

Tobias : C’est ça, avec la Tour Eiffel.

Stéphane : Oui, la Tour Eiffel. Tu précisais que non seulement on voit les bâtiments en 3D en fonction des données qui sont rentrées, mais il y a des utilisateurs qui ont pris la peine de faire la modélisation 3D de la Tour Eiffel, de l’Arc de Triomphe, enfin en l’occurrence de divers monuments de Paris.

Tobias : Et, de même, OpenStreetMap permet de cartographier les arbres, donc on a aussi, là où les arbres ont été cartographiés, des visualisations d’arbres qui rajoutent encore des informations.

Stéphane : Sur l’autre chose qui a aussi attiré mon œil, sur OpenLevelUp, on voyait toutes les salles du bâtiment Benjamin Franklin de l’UTC. C’est ça ? Tout a été cartographié aussi.

Tobias : C'est ça. Il faut dire que nous avons des gentils utcéens contributeurs qui ont pris le temps de renseigner chacune des salles pour chacun des niveaux des différents bâtiments de Benjamin Franklin et de PG 1 et 2. Donc, si vous allez sur ce site, vous pouvez, par exemple, avoir la localisation exacte de n’importe quelle salle de ces bâtiments et il reste encore à faire le centre de recherche et le centre de transfert.

Stéphane : OK. Donc si bientôt un étudiant arrive en retard à un de mes cours et qu’il me dit qu’il n’a pas trouvé la salle, je pourrai lui dire que son excuse est non recevable !
Je pense qu’on a fait un tour d’horizon de cet écosystème, mais il y aurait eu encore beaucoup à en dire. Pour prolonger un petit peu tout ça, je crois que Picasoft va organiser quelque chose. Quentin, je te laisse nous annoncer cela.

Quentin : Effectivement, c’est bien sympa, on a discuté pendant déjà une trentaine de minutes d’OpenStreetMap, mais, comme disait Stéphane, ce n’est pas très visuel à la radio. Si c’est un sujet qui vous a intéressé et que vous voulez découvrir un petit peu plus en détail ou en images OpenStreetMap et son écosystème, eh bien nous organisons ce que Framasoft appelle un contrib’atelier. C’est-à-dire un atelier ouvert à tous, où vous pouvez venir découvrir un logiciel libre, en l’occurrence ici OpenStreetMap, et y contribuer, par exemple en cartographiant certains éléments près de chez vous, votre adresse ou ce genre de choses. Donc ce sera le 15 juin 2019, à 14 heures, à la salle Annexe 4 rue de la surveillance à Compiègne. Pour en savoir plus vous pouvez tout simplement aller sur le site picasoft.net et, à partir de là, nous envoyer un mail ou un message. On fera tout simplement de la découverte d’OpenStreetMap, on regardera un petit peu les différents clients pour ceux que ça intéresse et ensuite on verra comment contribuer en pratique.

Quentin : On va continuer et même terminer l’émission avec le traditionnel quiz, on est très malheureux de ne pas pouvoir vous entendre nous répondre, qui sera le suivant : quelle est la distance de l’itinéraire à pied entre le théâtre impérial de Compiègne et l’UTC ? On vous laisse chercher sur le client OpenStreetMap de votre choix et on se retrouve après la musique libre qui a été sélectionnée pour aujourd’hui, qui est Doumaya de Hicham Chahidi.

Pause musicale : Doumaya de Hicham Chahidi

Quentin : De retour pour la fin de l’émission La voix est libre sur Graf’hit. Pour rappel on vous avait posé un quiz qui consistait à chercher la distance de l’itinéraire à pied entre le théâtre impérial de Compiègne et l’UTC. La réponse est un kilomètre, tout pile.
Merci à Romain H pour la sélection de la musique. Maintenant, Stéphane, tu veux peut-être conclure avec quelques liens et quelques recommandations ?

Stéphane : Pour les liens on va d’abord mentionner qu’on a un site radio.picasoft.net qui a vu le jour et qui va notamment recenser ces liens de façon un peu plus pratique qu’à la radio. On pourra retrouver l’interview de Cédric sur linuxfr.org. On invite évidemment tout le monde à se rendre sur openstreetmap.org. Un certain nombre d’autres liens que nous a préparés Tobias et, je crois, que tu voulais en mettre un en valeur en particulier. Tobias, je te laisse l’annoncer.

Tobias : Effectivement. Le lien c’est openstreetmap.fr/contribuer10, c’est l’association française d’OpenStreetMap qui vous propose un certain nombre d’initiatives pour contribuer, même si c’est une affaire de 30 secondes seulement.

Stéphane : Merci à toi pour ce dernier mot et au revoir.

Quentin : Au revoir.

20 June 2019

april.png Nouvelles April

L'April présente à Pas Sage en Seine les 29 et 30 juin 2019 à Choisy-le-Roi (94)

Le 20 June 2019 à 10:23:38

29 Juin 2019 - 10:00
30 Juin 2019 - 18:00

L'April sera présente avec un stand au festival Pas Sage en Seine le week-end des 29 et 30 juin 2019.

Pas Sage en Seine (PSES) est une rencontre consacrée aux logiciels libres, au hacking et sa culture qui se déroule tous les ans depuis 2008 en fin de mois de juin, en Île-de-France. L'édition 2019 de Pas Sage en Seine aura lieu les 27, 28, 29 et 30 juin à Choisy-le-Roi (94). Le riche programme d'ateliers et conférences est disponible en ligne.

À cette occasion, l'April tiendra un stand le week-end des 29 et 30 juin. Il n'y a pas beaucoup de personnes inscrites pour animer le stand, ainsi nous faisons appel à votre aide ! Si vous avez des disponibilités, vous pouvez vous inscrire sur le wiki ou envoyer un courriel à evenements AT april POINT org.

Image de PSES

de_crevoisier.png LE-ROUTEUR-WIFI.COM

Comment connecter deux routeurs au même réseau local ?

Le 20 June 2019 à 08:46:41

Bien que la majorité des réseaux de particuliers n’utilisent qu’un routeur wifi, il est utile d’ajouter un deuxième routeur dans certaines situations :

  • améliorer un réseau câblé pour accepter les appareils sans fil (WiFi)
  • étendre la portée du réseau sans fil pour atteindre une zone blanche
  • connecter un appareil câblé situé trop loin du routeur principal
  • créer un sous-réseau séparé dans la maison pour gérer le streaming vidéo de certains appareils sans gêner la connexion des autres.

Pour faire fonctionner tout ça, il va falloir suivre quelques étapes simples :

Positionner le second routeur

Pour installer votre nouveau routeur, installez-le à côté d’un PC Windows ou d’une machine sur laquelle vous pourrez faire la configuration initiale. Bien que la majorité des routeurs récents proposent le WiFi, je vous conseille d’utiliser un appareil connecté en Ethernet pour effectuer la configuration initiale de l’appareil. Vous pourrez déplacer le routeur une fois configuré à sa position finale.

Connecter le second routeur

Que votre routeur dispose du WiFi ou non, je vous conseille d’utiliser un câble Ethernet pour cette partie (connexion WiFi expliquée plus bas). Branchez un bout du câble dans le port d’entrée de votre routeur, habituellement noté « WAN » ou « Internet », et l’autre bout dans n’importe quel port libre de votre routeur classique.

Lorsqu’il est question de connecter deux routeurs en WiFi pour étendre la connexion, on perds un peu l’utilité du deuxième routeur, en effet, celui-ci ne va que servir de point d’accès wifi. Le second routeur doit être installé en mode client pour ne pas perdre ses fonctionnalités de routage, un mode que de nombreux routeurs pour particuliers ne supportent pas… Si vous voulez avoir recours à cette solution, je vous conseille de vous renseigner sur les points d’accès pour faire des économies ou à bien faire attention avant d’acheter votre routeur qu’il puisse bien passer en mode Client.

Quel canal WiFi utiliser ?

Lorsqu’il est question de WiFi, et plus particulièrement, lorsqu’il est question de réseaux WiFi proches, il est important d’aborder le problème des canaux WiFi qui peuvent créer des interférences, causant interruptions de la connexion, des perte de vitesse imprévisibles… Tous les routeurs WiFi utilisent des fréquences bien précises pour communiquer avec les autres appareils, pour faciliter les échanges, plusieurs de ces fréquences ou « canaux » ont été normalisés, vous en apprendrez plus sur le sujet sur cette page où je traite de cette question plus en détails. Le problème, c’est que lorsque deux ou plusieurs réseaux émettent sur la même fréquence, des interférences peuvent se produire et réduire la qualité de navigation des deux autres réseaux.

En fonction du modèle le canal Wifi par défaut à utiliser peut varier, mais il est souvent facile d’en changer en accédant aux paramètres du routeur. Pour éviter les interférences WiFi entre vos deux routeurs, je vous conseille d’utiliser deux bandes différentes (la bande 1, la bande 6 et la bande 11 en particulier).

Configuration IP du second routeur

Les routeurs pour particuliers ont aussi une adresse IP par défaut qui peut changer en fonction du modèle. Vous n’aurez rien à changer dans les paramètres IP du nouveau routeur sauf si vous voulez configurer votre nouveau routeur en point d’accès ou en Switch.

Utiliser le second routeur comme point d’accès/switch

La procédure ci-dessus vous permet d’utiliser un routeur pour supporter un sous-réseau de votre réseau local à domicile. Cela est utile si vous voulez garder le contrôle sur certains appareils connectés au sous réseau, pour placer des restriction d’accès à internet par exemple.

Sinon, il est possible de configurer votre routeur pour agir comme un point d’accès ou switch réseau. Cela permet à des appareils de se connecter au second routeur mais ne crée pas de sous réseau. Si vous cherchez simplement à étendre le réseau à la maison pour connecter vos appareils, un switch/point d’accès sera suffisant, cependant la procédure de configuration est différente de celle décrite ci-dessus.

Configurer un second routeur sans créer un sous réseau

Pour mettre un routeur en mode switch, la procédure est même plus simple : Vous brancher un câble ethernet à un port libre du nouveau routeur et vous connectez l’autre bout du câble à n’importe quel port libre du routeur principal (sauf le port WAN). Ça y est votre Switch est en place !

Pour mettre en place un routeur comme point d’accès wifi, activez le mode bridge ou répéteur avant de le connecter au routeur principal. Je vous conseille de vous munir de la documentation de votre nouveau routeur pour y parvenir car la procédure change pour chaque appareil.

Que votre connexion soit filaire ou sans fil, il faudra faire des modifications au niveau de la configuration IP :

  • Vérifiez le plage d’adresse IP allouée au second routeur pour vérifier si elle fait bien partie de la même plage IP que le routeur principal et qu’elle ne rentre pas en conflit avec d’autres appareil du réseau.
  • Mettez en place le DHCP du nouveau routeur pour correspondre à la plage IP du routeur principal (vous pouvez aussi désactiver le DHCP pour attribuer manuellement les adresses IP pour chaque appareil).

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19 June 2019

tnitot.png Tristan NITOT

En vrac sur l'environnement, la politique et l'économie

Le 19 June 2019 à 14:11:00

Note

[1] Ceux qui ont fait un peu de physique au lycée se souviennent que l’énergie cinétique e se calcule ainsi e= 1/2m.v^2. Elle est donc fonction de la masse m et du carré de la vitesse. En cas de choc, cette énergie est transmise au piéton. Plus elle est importante, plus les dommages sont grands.

18 June 2019

Carl CHENET

Nouvelle version stable de Debian “Buster” le 6 juillet 2019

Le 18 June 2019 à 22:13:24

Si elle est prĂŞte, la nouvelle version stable de Debian “Buster” , 10ème du nom, pourrait ĂŞtre publiĂŠe le 6 juillet 2019.

Dans un e-mail la semaine dernière, Niels Thykier de l’ĂŠquipe de publication (release team) du projet Debian, a annoncĂŠ l’objectif du 6 juillet 2019 pour la date de publication de la nouvelle version stable du projet nommĂŠe “Buster”, en hommage comme d’habitude aux personnages de Toy Story.

Buster Ă  gauche, Buzz Ă  droite

Buster Ă  gauche, Woody Ă  droite

Buster remplacera donc l’actuelle version stable Stretch qui prendra elle le titre de vieille version stable (old stable).

Stretch, dont la version mineure 9.9 a ĂŠtĂŠ publiĂŠe en avril 2019, sera encore maintenue un an par le projet Debian lui-mĂŞme Ă  partir de la date de publication officielle de Buster, avant de passer en mode support ĂŠtendu (Long Time Support ou LTS) adressant uniquement les bugs critiques et les failles de sĂŠcuritĂŠ jusqu’en juin 2022.

Stretch dans Toy Story 3

Pour rappel le support ĂŠtendu est une initiative extĂŠrieure au projet de dĂŠveloppements des distributions Debian et nĂŠcessite des fonds. Si vous ĂŞtes une entreprise bĂŠnĂŠficiant de ce support, n’hĂŠsitez pas Ă  aider Ă  le financer. MĂŞme une contribution minime aide Ă  rĂŠmunèrer les dĂŠveloppeurs travaillant au support ĂŠtendu.

Rappelons encore qu’il s’agit d’une date prĂŠvisionnelle. Si la fermeture des bugs critiques n’avançait pas au rythme voulu, la publication pourrait ĂŞtre reportĂŠe. La devise des publications de Debian reste “publier quand c’est prĂŞt” (release when it’s ready).

Merci Ă  Grise Bouille pour cette illustration indĂŠmodable concernant Debian đŸ™‚

Pour les nouveautĂŠs de cette nouvelle version stable de Debian “Buster”, nous les dĂŠtaillerons davantage dans un billet Ă  venir, mais la page dĂŠdiĂŠe et le travail en cours des notes de publication de Buster sont accessibles pour se faire sa propre idĂŠe en attendant la publication officielle.

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april.png Nouvelles April

« Libre à vous ! » diffusée mardi 18 juin 2019 sur radio Cause Commune - CHATONS - « Le libre fait sa comm' » - « In code we trust »

Le 18 June 2019 à 13:30:37

Au programme : chronique sur l'usurpation d'identité numérique; sujet principal : le Collectif des Hébergeurs Alternatifs,Transparents, Ouverts, Neutres et Solidaires (CHATONS); chronique sur le retour d'expérience de l'animation d'un stand de l'April lors d'événements.

Libre à vous !, l'émission pour comprendre et agir avec l'April, chaque mardi de 15h30 à 17h sur la radio Cause commune (93.1 FM en Île-de-France et sur Internet)..

Nous avons commencé par la chronique « In code we trust » de Noémie Bergez qui était consacrée à l'usurpation d'identité numérique. Nous avons enchaîné avec notre sujet principal qui portait sur le Collectif des Hébergeurs Alternatifs,Transparents, Ouverts, Neutres et Solidaires (CHATONS) avec : Angie Gaudion de Framasoft, Denis Dordoigne d’INFINI et Christian Pierre Momon du Chapril. Nous avons poursuivi par la chronique « Le libre fait sa comm' » d'Isabella Vanni consacrée au thème du « retour d'expérience de l'animation d'un stand de l'April lors d'événements ». Nous avons terminé par des annonces diverses.

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Podcasts des différents sujets abordés

N'hésitez pas à nous faire des retours sur le contenu de nos émissions pour indiquer ce qui vous a plu mais aussi les points d'amélioration. Vous pouvez nous contacter par courriel, sur le webchat dédié à l'émission (mais nous n'y sommes pas forcément tout le temps) ou encore sur notre salon IRC (accès par webchat).

Programme de l'émission du 18 juin 2019

La trentième émission Libre à vous ! de l'April a été diffusée en direct sur la radio « Cause commune » mardi 18 juin 2019 de 15 h 30 à 17 h.

Au programme :

Personnes participantes

Les personnes qui ont participé à l'émission :

  • Frédéric Couchet, délégué général de l'April
  • Angie Gaudion de Framasoft
  • Denis Dordoigne d’INFINI
  • Christian Pierre Momon du Chapril
  • Noémie Bergez avocat au cabinet Dune
  • Isabella Vanni, coordinatrice vie associative et responsable projets à l'April
  • Etienne Gonnu, chargé de mission affaires publiques à l'April, à la régie

Galerie photos

Vous pouvez voir quelques photos prises pendant l'émission.

Références pour la chronique « In code we trust » de Noémie Bergez

Références pour la partie sur les CHATONS

Références pour la chronique « Le libre fait sa comm' » d'Isabella Vanni

Références pour la partie sur les annonces diverses

Pauses musicales

Les références pour les pauses musicales :

Libre à vous ! Radio Cause Commune - Transcription de l'émission du 11 juin 2019

Le 18 June 2019 à 08:10:12


Bannière de l'émission

Titre : Émission Libre à vous ! diffusée mardi 11 juin 2019 sur radio Cause Commune
Intervenants : François Zaïdi - Noémie Lehuby - Christian Quest - Jean-Christophe Becquet - Frédéric Couchet - Étienne Gonnu à la régie
Lieu : Radio Cause Commune
Date : 11 juin 2019
Durée : 1 h 30 min
Écouter ou télécharger le podcast
Page des références utiles concernant cette émission
Licence de la transcription : Verbatim
Illustration : Bannière radio Libre à vous - Antoine Bardelli ; licence CC BY-SA 2.0 FR ou supérieure ; licence Art Libre 1.3 ou supérieure et General Free Documentation License V1.3 ou supérieure. Logo radio Cause Commune, avec l'accord de Olivier Grieco
NB : transcription réalisée par nos soins, fidèle aux propos des intervenant·e·s mais rendant le discours fluide.
Les positions exprimées sont celles des personnes qui interviennent et ne rejoignent pas nécessairement celles de l'April, qui ne sera en aucun cas tenue responsable de leurs propos.

logo cause commune

Transcription

Voix off : Libre à vous !, l’émission pour comprendre et agir avec l’April, l’association de promotion et de défense du logiciel libre.

Frédéric Couchet : Bonjour à toutes. Bonjour à tous. Vous êtes sur la radio Cause Commune 93.1 en Île-de-France et partout dans le monde sur le site causecommune.fm. La radio dispose d’un webchat, donc utilisez votre navigateur web, rendez-vous sur le site de la radio causecommune.fm et cliquez sur « chat ». Vous pouvez ainsi nous rejoindre sur le salon web dédié à l’émission.
Nous sommes mardi 11 juin 2019, nous diffusons en direct, mais vous écoutez peut-être une rediffusion ou un podcast.
Soyez les bienvenus pour cette nouvelle édition de Libre à vous !, l’émission pour comprendre et agir avec l’April, l’association de promotion et de défense du logiciel libre. Je suis Frédéric Couchet, le délégué général de l’April.
Le site web de l’association est april.org, vous y retrouverez une page consacrée à l’émission avec un certain nombre de références que nous allons citer pendant l’émission et, évidemment, la page sera mise à jour après l’émission. N’hésitez pas également à utiliser le formulaire de contact ou le webchat pour nous faire des retours sur ce qui vous a plu mais aussi des points d’amélioration.
Je vous souhaite une excellente écoute.

Maintenant le programme de l’émission.
Nous allons commencer par la présentation d’un nouveau documentaire sur le logiciel libre intitulé LOL – logiciel libre une histoire sérieuse [LOL – Logiciel libre une affaire sérieuse ].
D’ici dix-quinze minutes nous aborderons notre sujet principal qui portera sur OpenStreetMap, projet de cartographie qui a pour but de constituer une base de données géographiques libres du monde permettant, par exemple, de créer des cartes sous licence libre.
En fin d’émission nous aurons la chronique « Pépites libres » de Jean-Christophe Becquet, président de l’April, qui portera sur les films libres de la Fondation Blender.
À la réalisation de l’émission aujourd’hui mon collègue Étienne Gonnu. Bonjour Étienne.

Étienne Gonnu : Salut Fred.

Frédéric Couchet : On va vous poser un petit quiz comme depuis quelques émissions. Je vous donnerai les réponses en fin d’émission ou en cours d’émission. Vous pouvez proposer des réponses soit sur le salon web de la radio, soit via les réseaux sociaux.
Première question : lors de l’émission de la semaine dernière, le 4 juin, notre sujet principal portait sur Framasoft. D’où vient le nom Framasoft ? Je poserai aussi la question aux invités pour voir s’ils connaissent.
Deuxième question, en lien avec l’émission d’aujourd’hui : quel site web utiliseriez-vous pour trouver où boire votre bière préférée autour de vous ? Boire, évidemment, avec modération !

Tout de suite place au premier sujet.

[Virgule musicale]

Interview de François Zaïdi réalisateur du documentaire LOL - Logiciel libre une histoire sérieuse

Frédéric Couchet : Nous allons commencer par la présentation d’un nouveau documentaire sur le logiciel libre intitulé LOL – Logiciel libre une affaire sérieuse avec François Zaïdi, réalisateur. Bonjour François.

François Zaïdi : Bonjour Frédéric.

Frédéric Couchet : C’est un nouveau documentaire. On a fait récemment une émission sur un autre documentaire qui est passé sur Arte. Première question : comment, en tant que réalisateur avec l’équipe qui a produit ce documentaire, tu es venu à t’intéresser à ce monde du logiciel libre ? Parce que tu es informaticien à la base ?

François Zaïdi : Absolument pas. Je revendique complètement ne rien y connaître ni en développement ni en logiciel libre. Moi je suis réalisateur, j’aime bien raconter des histoires, c’est mon métier. Effectivement, quand on cherche des sujets, on est venu à me parler de cette problématique des logiciels libres et c’est mon acolyte, Thierry Bayoud et sa femme Léa Deneuville qui sont mes auteurs, qui m’ont présenté ce sujet : le logiciel libre en tant qu’objet audiovisuel pour un documentaire.
Moi, comment dire, j’étais plutôt à l’aise avec l’informatique parce que ça va avec mon métier, les ordinateurs, depuis tout petit. Je connaissais le logiciel libre, je connaissais l’open source, mais c’était un peu des mots. Je connaissais la différence avec le logiciel propriétaire, mais finalement ce n’était pas une problématique en soi qui me paraissait dingue, mais ça m’intéressait quand même. On a gratté un petit peu le sujet et, à force de regarder, on s’est rendu compte qu’il y avait vraiment une problématique de société, qu’il y avait quelque chose qui allait bien au-delà de la technique, de l’informatique et que, finalement, même les gens qui n’utilisent pas l’informatique ou qui pensent ne pas utiliser l’informatique peuvent socialement être concernés par cette problématique-là.
Donc ils ont démarché tout un tas de personnes pour voir qui voulait bien intervenir et nous parler un petit peu de cette notion de logiciel. Je tiens à préciser que nous, sur la gestion, sur la conception du documentaire au départ, on n’était pas forcément arrêtés sur le logiciel libre. Moi personnellement, en tant que réalisateur et producteur, je ne connaissais pas forcément les tenants et les aboutissants de tout ça, mais la question m’intéressait parce qu’elle était digne d’intérêt – c’est un petit peu un truisme que je viens de faire, mais vous l’apprécierez. On a donc eu des intervenants, divers et variés.

Frédéric Couchet : Des intervenants informaticiens, des intervenants du champ politique ? Quels types d’intervenants vous avez interviewés ? Et combien, pour ce documentaire ?

François Zaïdi : On a tapé à pas mal de portes. Il y en a beaucoup qui sont restées fermées, notamment les tenants du logiciel propriétaire, finalement, qui n’ont pas souhaité venir. On a été très bien accueillis par la plupart de ce qu’on peut appeler le champ des tenants du logiciel libre, voire open source.
Du coup nous avons interviewé un petit peu moins de moins de 20 intervenants, 14 restent finalement dans le documentaire. Ce n’est pas juste un documentaire, il y a des parties d’originalité. Moi je viens de la fiction, j’aime bien raconter des histoires et on s’est permis quelques petites originalités. Par exemple il n’y a pas de voix off sur ce documentaire, c’est une suite de ce que vont nous dire ces intervenants.

Frédéric Couchet: C’est une suite des interviews des personnes qui ont été interviewées donc ?

François Zaïdi : Tout à fait. On fait une narration, on construit une narration grâce au montage sur sept points précis, particuliers. Au départ c’est plutôt construit sur ce qu’est l’informatique, c’est plutôt une vulgarisation, finalement, de l’informatique et du logiciel : qu’est-ce que c’est ? Comment ça marche ? Il y a quoi dedans ? Et ensuite, très vite, avec certains intervenants, on s’est rendu compte, et je pense que Thierry Bayoud et Léa Deneuville le savaient bien avant moi, qu’on allait rentrer sur quelque chose de beaucoup plus social, politique et géopolitique

Frédéric Couchet : Donc en fait Thierry et Léa s’attendaient à cette présentation un peu plus politique mais finalement pas toi.

François Zaïdi : Je soupçonne, oui.

Frédéric Couchet : Ça a été ta découverte en tant que personne, finalement.

François Zaïdi : Il faut dire que Léa et Thierry ont travaillé sur le documentaire bien avant que moi j’y arrive. Eux ont développé et ont écrit au départ ce documentaire et après ils m’ont présenté le projet pour que, du coup, je le mette en image, le réalise, le tourne.
Gigowatt Film, ma société qui produit le documentaire, est une toute petite structure. On n’a aucune connaissance avec les diffuseurs ; c’est vraiment une auto-production on est complètement indépendants, pour le coup, et c’est un objet audiovisuel un petit peu particulier. Je ne veux pas dire que c’est formidablement original, mais il y a une tournure assez particulière donc dans le fait qu’il n’y a pas de voix off, dans le fait qu’on a aussi utilisé beaucoup de vieux films pour mettre en parallèle les problématiques d’aujourd’hui.

Frédéric Couchet : Des vieux films de quoi ?

François Zaïdi : Des vieux films de cinéma.

Pierre-Yves Gosset : D’accord. OK !

François Zaïdi : Ce sont des illustrations assez allégoriques mais qui, finalement, nous montrent, au fur et à mesure du documentaire, que ces problématiques-là qui paraissent extrêmement modernes parce qu’elles sont numériques et que le numérique n’est pas si lointain par rapport à nos constructions sociétales, mais finalement ces problématiques-là se retrouvent dans un temps qui est beaucoup plus long. On a retrouvé, on s’en est étonnés, des films de plus d’un siècle qui, finalement, illustrent très bien des problématiques numériques actuelles. C’est rigolo. On les a utilisés.

Frédéric Couchet : Ce documentaire dure combien de temps ?

François Zaïdi : C’est un documentaire qui, à l’heure actuelle, fait 57 minutes

Frédéric Couchet : 57 minutes. Je précise que je n’ai pas vu ce documentaire, il y a une réservation de la surprise. Où est-ce qu’on va pouvoir le voir et à partir de quand ?

François Zaïdi : Le documentaire fait son avant-première privée le 20 juin prochain au cinéma CGR.

Frédéric Couchet : CGR, c’est dans Paris 20e.

François Zaïdi : Exactement, c’est Porte des Lilas.

Frédéric Couchet : Porte des Lilas.

François Zaïdi : J’insiste sur le mot « privée » parce que, à l’heure actuelle, on n’a pas encore le visa d’exploitation et l’avant-première nous permet de réserver la première pour, par exemple, un festival de telle ou telle qualité. L’avant-première va nous permettre de présenter le film à un certain nombre de personnes, ça va nous permettre d’avoir un certain nombre de retours. Il n’est pas exclu qu’on puisse faire un certain nombre de modifications, c’est peu probable, mais pourquoi pas, on est toujours ouverts à ça. Et puis également c'est une manière de montrer ce travail-là pour éventuellement intéresser un distributeur ou un diffuseur.

Frédéric Couchet : D’accord. Si les personnes qui nous écoutent sont intéressées pour assister à cette avant-première comment concrètement elles doivent faire ?

François Zaïdi : Le mieux c’est de nous contacter, de m’envoyer un mail par exemple à l’adresse premiere@gigowattfilm.com, g, i, g, o, w, a, t, t, f, i, l, m point com, c’est au singulier, premiere@gigowattfilm.com, vous m’envoyez un petit mot et on peut vous trouver encore une place ou deux. Il reste encore un certain nombre de places, donc si vous êtes intéressé par le documentaire c’est avec plaisir qu’on vous recevra.

Frédéric Couchet : On mettra l’adresse courriel sur le site de l’April en référence, donc n’hésitez pas à envoyer un courriel à François pour vous inscrire.
Le titre, petite explication sur le titre, donc LOL — logiciel libre une affaire sérieuse. LOL c’est un acronyme que la plupart des gens connaissent, qui veut dire le rire, l’amusement. Pourquoi le choix de ce titre ?

François Zaïdi : Ce qui nous a intéressés là-dedans — ce sont les auteurs qui sont venus avec ça —, c’est quelque chose qui a été dès le début. On travaille ce documentaire depuis trois ans et demi voire un petit peu plus, le premier tour de manivelle on l’a fait en janvier 2016, rendez-vous compte, ça fait trois ans et demi. C’est quelque chose qui est resté, ce titre. Donc LOL, effectivement, c’est l’émoticône, le smiley qui rigole. Et pour moi, enfin pour nous, ça symbolisait l’utilisation que la plupart des gens ont du numérique, quelque chose d’assez simple, d’assez facile : un téléphone, un smartphone, un Facebook, j’envoie une photo, des utilisations finalement assez légères. Et on s’est rendu compte et d’ailleurs on veut dire, dans ce documentaire, que nos utilisations informatiques sont finalement très, très sérieuses parce qu’elles impactent nos vies personnelles, dans des manières avec lesquelles même moi j’ai été surpris ; elles impactent également notre société ; elles impactent nos ministères ; elles impactent notre école ; elles impactent notre propre sécurité et la sécurité de nos États. Et on trouvait intéressant de mettre ça en parallèle. On trouvait intéressant que la plupart des gens qui ne connaissent pas le code, qui ne connaissent pas l’implication et les conséquences de leur utilisation numérique, qui sont finalement les prolétaires du numérique, eh bien ils ont le LOL, c’est le smiley. On a déjà une utilisation de l’informatique et elle n’est pas anodine, elle n’est plus neutre cette utilisation informatique et ça paraissait intéressant d’autant plus que LOL, voilà, j’allais y venir, LOL, si vous le décollez, c’est aussi un acronyme de logiciel libre. Et finalement, à l’image animée, c’est un titre qui passe très bien. Vous me direz ce que vous en pensez dans deux semaines Frédéric.

Frédéric Couchet : Effectivement parce que je n’ai pas vu le film, faisant partie des personnes interviewées, peut-être dans ceux qui restent en tout cas !

François Zaïdi : Oui, tout à fait, je confirme.

Frédéric Couchet : C’est un plaisir de découvrir ça au cinéma parce que, en plus, le cinéma est un lieu que j’aime beaucoup. On verra effectivement graphiquement à quoi ça ressemble. En tout cas je te remercie François Zaïdi.
Je vais rappeler que l’avant-première c’est au cinéma CGR qui est situé Porte des Lilas Paris 20e, que pour s’inscrire il faut envoyer un courriel à François. Vous retrouverez la référence sur le site de l’April parce que c’est une présentation privée. Nous espérons que vous allez trouver un distributeur pour ensuite diffuser ce film.

François Zaïdi : C’est vraiment notre souhait. Je reprends une seconde. Gigowatt Film est une toute petite structure. On a fait ce documentaire de très loin, c’est pour ça qu’on a mis quatre ans à le faire parce qu’on voulait le faire bien et que, finalement, on n’avait pas d’intérêt à le précipiter. Pour nous le documentaire a une valeur assez particulière, on en est très fiers. On verra le 20 juin si c’est à tort ou pas. En tout cas c’est quelque chose qu’on a fait avec nos tripes, qu’on a fait avec notre tête, beaucoup. On n’a pas toujours été d’accord, ça a provoqué beaucoup de débats et je pense que ça a enrichi ce documentaire, ce produit et effectivement, si on arrivait à trouver quelqu’un qui serait prêt à le distribuer voire à le diffuser, on serait vraiment extrêmement contents.

Frédéric Couchet : Eh bien appel lancé. On espère que les gens nous écouteront et pourront répondre à cet appel. Merci François Zaïdi , réalisateur de LOL — logiciel libre, une histoire sérieuse.

François Zaïdi : Une affaire sérieuse.

Frédéric Couchet : Une affaire sérieuse. Pourquoi je dis « une histoire sérieuse » ?

François Zaïdi : En fait, une affaire même à l’écrit, une affaire sérieuse c’est beaucoup plus lourd de sens qu’une histoire. On raconte une histoire, mais en fait c’est une affaire. Je veux vraiment insister sur le côté que moi j’ai découvert au bout de quelques mois d’interviews, sur l’aspect profondément géopolitique de la question du logiciel. Et je ne parle pas de la question du logiciel libre, je parle de la question du logiciel parce qu’au départ, et même à l’arrivée finalement, on s’est efforcés de ne pas prendre parti. Je voulais juste mettre une caméra en face de personnes qui m’ont expliqué ce qu’elles en pensaient, sans voix off, avec moins d’artifices – je ne dis pas qu’il n’y en pas parce qu’il y a du montage, forcément –, mais avec moins d’artifices pour avoir des points de vue qui étaient finalement assez différents, même dans les personnes qu’on a interviewées qui sont principalement issues du Libre, mais c’était assez différent les philosophies, mais toutes, toutes, absolument toutes sans exception nous disent qu’il faut faire extrêmement attention et que la question est extrêmement sérieuse, que c’est une affaire sérieuse, vraiment ! Et je voudrais les remercier ces 14 intervenants qui sont restés, dont vous Frédéric, je voudrais vraiment les remercier parce qu’effectivement sans eux, sans leur point de vue, on n’avait pas de film.

Frédéric Couchet : Merci François, bonne journée.

François Zaïdi : Merci beaucoup.

[Virgule musicale]

Frédéric Couchet : Nous allons faire une pause musicale choisie par l’un des intervenants qui suit. Le titre s’appelle In the desert, c’est Daniel Bautista et on se retrouve juste après.

Pause musicale : In the desert par Daniel Bautista.

Voix off : Cause Commune 93.1.

Openstreetmap (State Of The Map France) avec Christian Quest Jean-Christophe Becquet et Noémie Lehuby

Frédéric Couchet : Nous venons d’écouter In the desert par Daniel Bautista, c’est en licence libre, les références sont sur le site de l’April, april.org.
Vous écoutez toujours la radio Cause Commune 93.1 en Île-de-France et sur le site causecommune.fm partout dans le monde.

Nous allons poursuivre avec notre sujet principal.

[Virgule musicale]

Nous allons parler d’OpenStreetMap avec nos invités. Je vais commencer par présenter les personnes qui sont en plateau, donc Christian Quest, porte-parole d’OpenStreetMap France. Bonjour Christian.

Christian Quest : Bonjour.

Frédéric Couchet : Noémie Lehuby qui est contributrice à OpenStreetMap et également secrétaire de l’association OpenStreetMap. Bonjour Noémie.

Noémie Lehuby : Bonjour Frédéric.

Frédéric Couchet : Et normalement nous avons au téléphone Jean-Christophe Becquet qui est animateur de l’initiative Dessine ta ville et formateur autour d’OpenStreetMap. Bonjour Jean-Christophe.

Jean-Christophe Becquet : Bonjour.

Frédéric Couchet : Tout le monde est là, c’est parfait. C’est une première émission sur OpenStreetMap parce que c’est un sujet tellement large qu’on fera évidemment plusieurs émissions. Les personnes qui écoutent régulièrement l’émission penseront, par exemple, à Wikipédia ; on a déjà fait deux émissions sur Wikipédia. Là c’est une première émission, une introduction. Je vais poser une première question dont la réponse doit être rapide, notamment pour les personnes qui ont le plus de passé, on va dire. C’est votre présentation individuelle, qui vous êtes ? On va commencer par Noémie.

Noémie Lehuby : Bonjour. Je suis Noémie Lehuby. Je suis contributrice OpenStreetMap depuis bientôt cinq ans je pense. Je m’intéresse principalement aux sujets autour des transports et de la mobilité, donc c’est aussi principalement sur ces sujets que je contribue à OpenStreetMap. Depuis quelques années, je m’investis dans l’association OpenStreetMap France qui fait la promotion du projet OpenStreetMap sur le territoire français et cette année je suis secrétaire de cette association.

Frédéric Couchet : J’ai oublié de préciser que tu es aussi cofondatrice de Jungle Bus, une cartographie des réseaux de transport.

Noémie Lehuby : Tout à fait.

Frédéric Couchet : Christian Quest.

Christian Quest : Moi j’ai démarré sur OpenStreetMap en 2009, donc un petit peu avant Noémie. Je suis un des fondateurs d’OpenStreetMap France qui est une association loi de 1901, qui fait la promotion du projet. Que dire d’autre ? J’ai été président de l’association, je fais plein de choses dans l’association, maintenant je m’occupe un peu plus de la partie technique, faire fonctionner des serveurs.

Frédéric Couchet : Et intervenir à la radio !

Christian Quest : Voilà !

Frédéric Couchet : Jean-Christophe Becquet.

Jean-Christophe Becquet : Contributeur aussi d’OpenStreetMap depuis 2011, j’anime une initiative qui s’appelle Dessine ta ville avec les collectivités de ma région dans les Alpes du Sud et je suis formateur logiciel libre à titre professionnel et notamment, du coup, autour d’OpenStreetMap.

Frédéric Couchet : Merci. Première question : c’est quoi OpenStreetMap ? Qui veut commencer ? Le porte-parole.

Christian Quest : Vu que j’ai commencé en premier ! En gros, on fait l’équivalent de Wikipédia sauf qu’on ne fait pas une encyclopédie, on fait un atlas du monde, tout simplement. C’est contributif, c’est ouvert à tout le monde en termes de contribution.
Quand on a démarré, le projet a démarré…

Frédéric Couchet : En quelle année ?

Christian Quest : En 2004. Le décollage réel où il a commencé à y avoir vraiment de la contribution c’est plutôt 2007/2008, et on est partis d’une carte blanche ; il n’y avait absolument rien exactement comme au début Wikipédia, il n’y avait rien. Et petit à petit on a complété, complété, complété.

Frédéric Couchet : D’accord. Donc une cartographie. Si on fait par référence à Wikipédia, je suppose que c’est sous licence libre.

Christian Quest : Bien sûr.

Frédéric Couchet : Est-ce que c’est la même licence libre que Wikipédia ?

Christian Quest : Non. C’est une licence différente. Dans le passé on a utilisé une autre licence puis on a changé. Depuis 2012 on est sous une licence qui s’appelle l’ODbL, Open Database License. L’idée de cette licence c’est de protéger les données et la base de données. C’est un peu l’équivalent d’une CC BY-SA, si vous voulez, c’est-à-dire un partage à l’identique. L’important c’est que les gens qui utilisent les données participent aussi à leur mise à jour et à leur amélioration, d’où le choix de cette licence. Par contre c’est une licence qui ne protège que le côté base de données, pour l’aspect partage à l’identique, et ce que l’on fait avec cette base de données, des cartes par exemple, n’a pas besoin d’être sous la même licence : on peut mettre des cartes qu’on ferait avec les données de la base de données dans d’autres licences, ce qui permet beaucoup de réutilisations.

Frédéric Couchet : Ça c’est un point intéressant et on reviendra sur la réutilisation tout à l’heure. Noémie, est-ce que tu veux compléter cette introduction sur OSM, donc OpenStreetMap.

Noémie Lehuby : Oui. Je voudrais revenir un petit peu sur le côté collaboratif et participatif parce qu’effectivement, je pense qu’une des grandes forces du projet c’est sa communauté. Avant d’être un projet informatique de création de base de données c’est un projet de communauté et ce sont beaucoup de communautés de passionnés qui se retrouvent dans ce projet. On a avoir des cyclistes qui vont venir cartographier des équipements cyclables, des pistes cyclables, des parkings vélos, etc. On va avoir, je ne sais pas, des végétariens qui vont indiquer quels sont les restaurants qui servent des plats végétariens, et c’est un petit peu toute cette agrégation de passionnés qui fait qu’on a une aussi belle carte aujourd’hui.

Frédéric Couchet : D’accord. Jean-Christophe est-ce que tu veux rajouter quelque chose ?

Jean-Christophe Becquet : Je dis souvent qu'OpenStreetMap c’est une équipe dans laquelle chacun dessine sa rue, son quartier ; les quartiers s’assemblent pour faire des régions, les régions pour faire des pays et à la fin, au bout de 15 ans, on a une carte du monde.

Frédéric Couchet : C’est une bonne présentation.
On va quand même donner une information importante, le nom peut-être du site pour aller sur OpenStreetMap : openstreetmap.org.

Christian Quest : Voilà, c’est le site international. Il y a aussi openstreetmap.fr, qui est le site de notre association, qui fait la promotion du projet, mais le site, la grande porte d’entrée c’est openstreetmap.org.

Frédéric Couchet : On va parler de contribution tout à l’heure. On va commencer par la réutilisation même si, en fait, les deux peuvent être un petit peu mélangées. J’ai envie de vous demander, pour les personnes qui utilisent d’autres outils de cartographie, on ne va pas les citer, mais les gens voient lesquels ils utilisent, quels sont les intérêts d’utilisation d’OpenStreetMap que vous pourriez donner à la radio, un petit peu comme si vous étiez en soirée et que quelqu’un vous dit : « J’ai un itinéraire machin, je vais utiliser telle application privatrice » et vous lui dites « attendez, il y a OpenStreetMap » ? Des exemples d’utilisation. Christian Quest.

Christian Quest : Des exemples d’utilisation. La grosse différence qu’on a entre OpenStreetMap et des services qui commencent par exemple par un « G », c’est l’accès aux données qui permet à des développeurs de faire des applications ou des outils adaptés à une problématique bien particulière.
Noémie a cité par exemple les cyclistes. Pendant longtemps les cyclistes, au niveau de la cartographie, étaient un petit peu la cinquième roue du carrosse, il n’y avait pas vraiment de cartes qui leur étaient dédiées, il n’y avait pas vraiment de sites qui fonctionnaient, qui étaient destinés à cette population-là. Mais le fait d’avoir énormément de données sur la cyclabilité dans OpenStreetMap ça a permis, par exemple à une entreprise comme Géovélo, ce n’est pas le nom de l’entreprise, c’est une appli qui s’appelle Géovélo, de fournir vraiment un excellent outil pour les cyclistes.
C’est ça la particularité que l’on a quand on a accès à l’intégralité des données, pas simplement à des services qu’on vous offre sur des données. Le fait d’avoir cet accès complet permet énormément d’innovation et énormément d’usages qui, sinon, ne sont pas possibles parce que les services tout prêts, tout prêts mâchés, vous limitent dans votre imagination et dans votre innovation. Ça c’est une des grandes particularités. Ça me permet, par exemple, de faire une carte dédiée pour des pilotes de vol libre, de parapente ou de delta, parce que je vais sélectionner vraiment les informations qui sont utiles à ces gens-là. La particularité d’une carte c’est qu’elle est destinée, en général, à un usage. Vous n’allez pas du tout mettre la même chose sur une carte pour des chauffeurs poids lourd et des cyclistes. Un chauffeur poids lourd va vouloir voir les grands axes de circulation, là où il peut circuler, alors que pour un cycliste, au contraire, une autoroute c’est une barrière infranchissable : il n’a pas le droit de circuler dessus et il ne peut pas non plus la couper. Donc vous voyez la carte est une représentation du monde en fonction de ce que l’on veut faire.
Donc c’est très important d’avoir un accès libre à toutes les données qu’il y a en dessous.

Frédéric Couchet : D’accord. Noémie.

Noémie Lehuby : Effectivement, je rejoins pas mal ce que dit Christian. Je pense aussi qu’on a beaucoup parlé de cartes mais OpenStreetMap c’est effectivement une base de données. On peut faire plein de choses avec dont des cartes.
Par exemple sur ma thématique qui est plutôt le transport, on va pouvoir faire d'autres choses que des cartes. On peut aussi faire des plans schématiques, du calcul d’itinéraires, etc., et tout ça c’est possible justement parce que l’écosystème est ouvert, parce que la base de données est sous licence libre et parce que d’autres acteurs peuvent, du coup, l’utiliser, faire grossir cet écosystème idéalement avec des logiciels libres, mais ce n’est pas obligé.

Frédéric Couchet : Et on est, je suppose, indépendant du choix des algorithmes contrairement aux autres outils qui commencent par un « G » ou par un « W » pour certains. Finalement c’est la « porte ouverte », entre guillemets, à la liberté qui va dépendre avant tout des usages, comme vous l’expliquiez tout à l’heure.

Christian Quest : Oui. Tout à fait. Et on vise aussi une grande neutralité dans nos données On a par exemple des sujets, de temps en temps, de positionnement de frontière entre certains pays qui ne sont pas d’accord. Ou bien quel est le nom, par défaut, qu’on va faire apparaître sur une carte pour, par exemple, une ville comme Jérusalem. On va le mettre dans quelle langue ? Ce n’est pas évident. En fait dans notre base on a, je ne peux pas dire toutes les langues, mais si vous prenez le cas de Paris, je crois qu’il y a 250 langues différentes. On peut faire des cartes et des applications effectivement, Noémie a rappelé qu’on ne s’arrête pas aux cartes, qui ne sont pas limitées par la langue, etc.

Frédéric Couchet : Jean-Christophe.

Jean-Christophe Becquet : Comme Noémie l’a dit OpenStreetMap c’est d’abord une base de données géographiques sur laquelle s’appuie tout un ensemble de services en ligne, ceux qu’on trouve sur le site openstreetmap.org mais aussi tout un tas d’autres. En fait, cette base de données libres et ses enjeux libres rejoignent les enjeux du logiciel libre qu’on défend à l’April, c’est-à-dire retrouver la maîtrise de son informatique, retrouver la maîtrise de ses données. Tout simplement, dans la base de données OpenStreetMap, si je constate une erreur, une manque, une information qui n’est pas à jour, eh bien comme dans Wikipédia, je clique sur le bouton « modifier », je corrige, je complète et dans l’instant la base de données est actualisée, complétée, améliorée. Je pense que ce caractère libre de la base de données OpenStreetMap est vraiment un enjeu important qui permet de retrouver la maîtrise de sa base de données.
Dans ma ville, Digne-les-Bains, la base de données OpenStreetMap est de qualité nettement supérieure à celle de ses concurrents propriétaires parce qu’il y a des contributeurs OpenStreetMap dans ma région. Donc aujourd’hui si on cherche un service public, un restaurant, une adresse à Digne, il vaut beaucoup mieux passer par OpenStreetMap que par les cartes propriétaires.

Frédéric Couchet : Merci Jean-Christophe. Là je regarde sur le salon web de la radio, je rappelle c’est sur causecommune.fm, vous cliquez sur « chat », il y a une question et une remarque. Je vais commencer par la remarque de un-oeuf-02, c’est son pseudo, qui nous dit : « Ce que j’aime avec OpenStreetMap c’est que l’on peut utiliser les données cartographiques même en étant hors-ligne. » Ça c’est la remarque, je vous laisserai réagir là-dessus et je vous donne l’autre question qui concerne plus OpenStreetMap France, qui est donc de PG : « Est-ce que l’association est dotée d’une équipe de cartographes ? » Déjà est-ce que vous voulez réagir sur la première remarque, sur le fait qu’on peut utiliser les données cartographiques même en étant hors ligne c’est-à-dire sans connexion internet, je suppose évidemment sur téléphone mobile, notamment. Noémie.

Noémie Lehuby : Oui, pourquoi pas. Oui, tout à fait, il y a plusieurs applications mobiles qui existent, qui reprennent justement ce principe. On peut citer par exemple OsmAnd ou plus récemment Maps.me et, effectivement, ce sont des applications qui font un peu tout ce qu’on attend d’une application mobile de cartographie. On peut se repérer avec son GPS, on peut regarder ce qu’il y a autour de soi, chercher des lieux, calculer des itinéraires, enregistrer son adresse préférée en favori, etc., et le tout, effectivement, va fonctionner hors ligne ce qui va permettre de l’utiliser par exemple à l’étranger si on n’a pas de réseau. Ça, effectivement, c’est une grande force d’OpenStreetMap qui est venue très tôt, ça fait assez longtemps que ces services-là existent. Moi, personnellement, c’est comme ça que j’ai découvert OpenStreetMap, c’est en utilisant une de ces applications pendant mes vacances à l’étranger que je suis tombée dedans.

Frédéric Couchet : Je vais compléter la remarque, toujours de un-oeuf-02, qui précise, « le manque – évidemment tout n’est pas toujours rose – ce qui manque, dit-il, ce sont les données de trafic routier en temps réel », par rapport à d’autres applications où il y a effectivement les infos de trafic. Christian Quest.

Christian Quest : Oui. Tout à fait. OpenStreetMap a vocation à décrire le monde, on va dire un monde un petit peu statique, une base de données géographiques mais relativement statiques avec des choses qui ont de la pérennité. Donc tout ce qui est très temporaire comme des travaux, des bouchons ou des accidents, effectivement ça n’a pas sa place dans la base OpenStreetMap.
Je vais faire une toute petite parenthèse : j’ai essayé de démarrer un projet qui s’appelle OpenEventDatabase pour venir combler ce manque et pour venir compléter OpenStreetMap en apportant des données qui, elles, sont localisées dans l’espace mais aussi dans le temps, donc avec des choses beaucoup plus liées au temps réel. Mais là, pareil, il va falloir qu’il y ait de la collaboration, il faut que tout le monde partage ses données en temps réel, ce qui n’est pas évident. Déjà, quand on a démarré, ce n’était pas évident pour les données cartographiques, mais alors pour les données en temps réel. aujourd’hui c’est encore considéré comme le petit trésor !

Frédéric Couchet : Ça me fait venir à l’esprit une question, j’ai une question, mais je vais la poser juste après. Je vais relancer la question sur OpenStreetMap France. Christian est-ce qu’il y a une équipe de cartographes au sein de l’association ?

Christian Quest : Il n’y a pas d’équipe, en tant que telle, de cartographes. Il y a beaucoup de gens dans l’association qui n’ont pas, non plus, une formation de cartographe. Il y a des gens qui collectent des données et qui les utilisent, mais, en fait, c’est assez décorrélé du côté association.
Ce qu’on essaye vraiment de maintenir dans l’association c’est d’être un point de contact pour, ça peut être des entreprises, ça peut être des médias, ça peut être des autorités qui veulent avoir un lien avec le projet OpenStreetMap parce que ce sont des centaines de milliers de contributeurs. Comment un média contacte des contributeurs ? C’est extrêmement compliqué. C’est entre autres pour ça qu’on a créé l’association et aussi pour organiser une conférence annuelle, pour avoir des serveurs, pour pouvoir faire fonctionner tout ça. On essaye de garder le côté association assez limité. Il n’y a que des bénévoles, il y a zéro employé, c’est très important de le dire, même au niveau international.

Frédéric Couchet : Même au niveau de la fondation ? C’est une fondation au niveau international ?

Christian Quest : Au niveau international il y a une fondation de droit anglais qui correspond à peu près à l’équivalent d’une association à but lucratif. Il y a un demi-employé, si je ne me trompe pas, qui s’occupe vraiment d’administratif. C’est tout. Tout le reste fonctionne avec uniquement des bénévoles, ce qui fait que le budget de l’association est absolument ridicule par rapport à d’autres projets. Quand on compare, par exemple,le budget…

Frédéric Couchet : Le budget le Wikipédia par exemple.

Christian Quest : Quand on compare, Wikipédia c’est plusieurs millions de dollars par an et la Fondation OpenStreetMap je crois qu’on doit être aux alentours de 200, 300 000 euros, c’est tout.

Frédéric Couchet : D’accord. Est-ce que quelqu’un veut compléter sur la partie réutilisation avant de parler de la partie contribution ? Jean-Christophe peut-être.

Jean-Christophe Becquet : Effectivement, avec les données OpenStreetMap, tout un chacun va pouvoir inventer, imaginer, comme le disait Christian, les services qu’il souhaite. Par exemple, si aujourd’hui vous venez en vacances à Digne-les-Bains et que vous allez à l’office de tourisme, vous demandez un plan de la ville, le plan de la ville qui vous sera donné c’est un plan qui a été imprimé à partir d’une extraction des données OpenStreetMap. Et si vous vous dites que vous voulez emprunter les transports en commun – il y a un petit réseau de bus à Digne, seulement cinq lignes – et que vous demandez le plan du réseau des bus, eh bien, de la même manière, le plan du réseau des bus c’est une extraction OpenStreetMap et chaque affichette que vous trouverez dans les Abribus pour vous indiquer les arrêts desservis par la ligne a été réalisée, effectivement, avec des données OpenStreetMap.
Donc on voit bien qu'OpenStreetMap, la base de données OpenStreetMap, est un véritable outil de production. Moi je travaille beaucoup avec les collectivités, donc j’emprunte mes exemples dans ce domaine-là, mais ça s’applique vraiment à tout type d’utilisateur puisque, aujourd’hui, des données géographiques c’est vraiment un sujet de convergence entre tous les domaines, tous les métiers. Je fais un petit peu d’enseignement, j‘interviens auprès d’étudiants en génie biologique et je leur fais des cours de cartographie parce que, aujourd’hui, quand on fait de l’agronomie et qu’on travaille sur des exploitations agricoles, on a besoin de cartographier des parcelles, des cours d’eau, des canaux d’irrigation. Donc on voit bien que c’est un sujet complètement transversal et le fait de disposer d’une base mondiale de données libres, ça va vraiment venir servir à tout le monde.

Frédéric Couchet : Très bien. On va passer à la partie contribution parce que tout à l’heure, dans l’instruction, le mot « collaboratif » ou « participatif » ou « contributif » a été évoqué et plusieurs fois on a parlé des personnes qui contribuent. La question que j’ai envie de poser, je me dis je suis sur une carte sur openstreetmap.org, tout à l’heure l’un de vous ou l’une de vous, je ne sais plus, a dit « on peut utiliser le bouton "modifier" pour ajouter une information », un peu, effectivement, comme sur Wikipédia. La question c’est : est-ce que c’est compliqué ? Est-ce qu’il faut des connaissances techniques ? Est-ce que quand on appuie sur ce bouton de modification il y a un éditeur qui nous aide ? Est-ce qu’on peut entrer n’importe quelle information ? Est-ce qu’on peut supprimer des informations ? Quelles sont les limites ? Quelles informations on peut indiquer ? Quelles sont les limites éventuelles et est-ce que, finalement, il faut être cartographe pour contribuer à OpenStreetMap ? Noémie.

Noémie Lehuby : Pas du tout. Il ne faut pas du tout être cartographe pour contribuer à OpenStreetMap, c’est complètement accessible. Le point de départ c’est d’aller sur openstreetmap.org et de cliquer sur « modifier » et là on a, effectivement, un éditeur web qui est disponible directement sur le site, qui permet de faire ses premiers pas très facilement. Donc de visualiser un petit peu les données OpenStreetMap, de voir à quoi ça ressemble et de faire ses premières modifications. Du coup, j’ai envie de dire que le seul prérequis pour commencer à contribuer dans OSM c’est de connaître son quartier, de connaître sa rue, de connaître un petit peu tout ce qu’il y a autour de soi et de se lancer.
J’irais même encore plus loin puisqu’on a déjà mentionné des applications mobiles, c’est que, aujourd’hui, dans des applications mobiles telles que Maps.me ou OsmAnd, qui sont basées sur OpenStreetMap, on a aussi la possibilité de faire des modifications. Donc de la même manière on va avoir un bouton « modifier » qui va apparaître et qui va permettre d’ajouter par exemple un commerce ou de modifier les horaires d’ouverture d’un restaurant. Contrairement à ce qu’on pourrait penser c’est très accessible et c’est très facile de faire ses premières modifications.

Frédéric Couchet : Un peu comme sur Wikipédia donc, c’est aussi simple techniquement.

Noémie Lehuby : Tout à fait.

Frédéric Couchet : Christian Quest.

Christian Quest : Il y a une grosse différence, par contre, c’est que aujourd’hui, pour contribuer dans Wikipédia, il faut être assez expert d’un domaine.

Frédéric Couchet : Oui, tu as raison.

Christian Quest : Alors qu’on est tous experts de notre quartier.

Frédéric Couchet : C’est effectivement une bonne remarque sur la différence importante.

Christian Quest : Ça fait qu’on peut très facilement contribuer en maintenant à jour des informations qu’on peut juste constater. Il y avait une autre partie dans ta question c’est : qu’est-ce qui a sa place dans OpenStreetMap et qu’est-ce qui n’a pas sa place ?

Frédéric Couchet : Qu’est-ce qu’on peut rajouter et qu’est-ce qui n’a pas sa place ?

Christian Quest : Qu’est-ce qui n’a pas sa place ? Tout à l’heure j’ai un peu parlé, par exemple, des choses qui sont très temporaires : des travaux, des choses comme ça.
Et puis on a quelques règles assez simples, par exemple il faut que ça soit vérifiable sur le terrain : il faut qu’on puisse aller sur le terrain et le vérifier ou bien avoir une source qui permet vraiment de vérifier. Il y a certaines choses qui ne sont pas vérifiables sur le terrain, par exemple la limite entre deux communes n’est pas tracée au sol, par contre on a des sources qui permettent d’aller vérifier. Et puis, autre chose, ce sont les sources d’information qu’on utilise : il faut qu’elles soient libres. Par exemple une des règles qu’on a, on n’a pas beaucoup de règles, on a une des règles qui est quasiment la numéro un c’est : on ne copie pas de cartes, parce que, en général, sur toutes les autres cartes que l’on peut trouver, sauf les cartes qui sont faites avec des données OpenStreetMap, mais là ce serait un peu le serpent qui se mord la queue, sur toutes les autres cartes, en général, il y a un copyright et on ne peut vraiment pas reprendre les informations qui sont sur ces cartes.

Frédéric Couchet : C’est une très bonne remarque parce que sur le salon web – aujourd’hui il y a vraiment beaucoup de questions – quelqu’un dont le pseudo est dans les Dansleslimbes – je vois qu’ils sont très imaginatifs aujourd’hui – pose la question : comment la licence d'OpenStreetMap peut-elle « interagir » entre guillemets avec des bases d’autres services, alors IGN, données d’entreprises ? Je crois que, en partie, tu viens un peu de répondre à la question, mais tu peux, évidemment, compléter.

Christian Quest : En général c’est assez difficile d’utiliser les données si elles n’ont pas été mises au préalable sous une licence libre. Les données en open data, en France, sont largement utilisables dans le cadre d’OpenStreetMap, donc ça peut être une bonne source d’informations pour mettre à jour la carte, enfin la base de données.
On a d’ailleurs une source très importante qui nous a été ouverte depuis 2009 c’est le cadastre. Les services du cadastre nous ont autorisés à utiliser les plans cadastraux pour améliorer les données OpenStreetMap, ce qui nous a permis de compléter énormément de noms de rues, par exemple, sans forcément aller sur le terrain parce qu’on ne peut pas être partout et on n’a pas non plus des contributeurs partout.

Frédéric Couchet : Il y a pas mal de questions sur le salon web, mais on va faire une petite pause musicale et on poursuivra sur la partie contribution. Nous allons écouter Le chariot de Malik par Löhstana et on se retrouve juste après.

Pause musicale : Le chariot de Malik par Löhstana

Voix off : Cause Commune 93.1.

Frédéric Couchet : Nous venons d’écouter Le chariot de Malik par Löhstana, disponible sous licence libre Creative Commons Attribution. Vous retrouvez les références sur le site de l’April, april.org.
Vous écoutez l’émission Libre à vous ! sur radio Cause Commune 93.1 en Île-de-France et partout ailleurs sur le site causecommune.fm.

Nous allons poursuivre notre discussion, notre échange sur OpenStreetMap avec Jean-Christophe Becquet qui est au téléphone, Noémie Lehuby et Christian Quest qui sont sur place.
Je vais poursuivre avec quelques questions qui sont sur le salon web, je ne vais pas forcément pouvoir toutes les prendre. Il y avait une question sur la gestion des données personnelles avec notamment la contribution par position GPS, puisque juste avant la pause on mentionnait des applications. Ça me fait penser aussi à une question : par exemple est-ce qu’on peut rajouter sur OpenStreetMap l’adresse de personnes ou est-ce que c’est interdit ?

Christian Quest : Ça c’est une limite assez claire pour nous. On ne va pas mettre de données personnelles dans la base de données. On s’est même posé la question par exemple sur les cabinets de médecins : a-t-on le droit de mettre le nom du médecin, etc. ? Ça discute, de temps en temps, mais OpenStreetMap n’a pas vocation à devenir un annuaire, ce n’est pas ça. Ce qui est important c’est : j’ai besoin de trouver un médecin à proximité, donc il y en a un qui est là, quel que soit son nom, ce n’est pas le sujet. Il y a des annuaires pour ça.
Pour les données vraiment personnelles, ça n’a pas sa place dans OpenStreetMap, donc ça sera retiré si jamais quelqu’un rajoute ce genre de choses. Parfois ça arrive, par méconnaissance, par incompréhension du projet. On a eu, comme ça, parfois, des modifications qui n’étaient pas franchement souhaitables : quelqu’un qui met son carnet d’adresses. On lui a gentiment fait comprendre que tout le monde, du coup, y avait accès, que ce n’était pas possible, donc on a retiré les données.

Frédéric Couchet : C’est important, excuse-moi de te couper, parce que par rapport à Wikipédia, dans l’émission on avait dit que les gens peuvent faire des erreurs parce qu’on peut revenir en arrière, en fait c’est la même chose sur OpenStreetMap.

Christian Quest : C'est la même chose. Oui, tout à fait, c’est la même chose. On a un système, on appelle ça des reverts, on peut revenir en arrière sur une version d’un objet dans la base de données. C’est vraiment beaucoup plus structuré base de données que ne peut l’être Wikipédia. On va dire qu’on se rapprocherait plus de Wikidata, pour ceux qui connaissent Wikidata. Chaque objet a tout son historique accessible et on peut revenir en arrière et supprimer.
On peut aussi faire ce qu’on appelle des éditions, des rédactions, où là, même une version de l’objet n’est plus accessible. Typiquement quand il y a des données personnelles problématiques, on dira « oui, cette version de l’objet existe, mais tu n’y as pas accès ». Voilà. Ça c’est quelque chose de tout à fait géré, gérable et on fait très attention à ce genre de choses.

Frédéric Couchet : D’accord. Jean-Christophe, tout à l’heure je crois que c’est Christian qui a parlé des vélos ou Noémie, je ne sais plus, c’est Noémie. Je crois que toi tu es un grand randonneur. Jean-Christophe. Christian ouvre les yeux, je parle à Jean-Christophe qui est un grand randonneur. Ma question c’est par rapport à la contribution, on vient de parler de contribution, en utilisant le bouton « modifier », en rajoutant une information, une contribution potentielle, j’imagine, c’est en utilisant un téléphone ou un objet GPS pour tracer des chemins notamment de randonnée.

Jean-Christophe Becquet : Oui. Tout à fait. En zone rurale, le GPS est encore un outil de contribution bien utile, parce que les sentiers de randonnée ne figurent pas forcément sur le cadastre, par exemple. Donc on peut effectivement commencer une randonnée, démarrer son téléphone en mode enregistrement de traces GPS. Ensuite, les outils de contribution à OpenStreetMap permettent d’utiliser le fichier qu’on obtient, qui est un fichier au format GPX, qui contient des points avec l’heure de passage à ce point et les coordonnées latitude, longitude et altitude également du point, pour tracer des chemins sur OpenStreetMap.
On peut aussi renseigner des chemins de randonnée sur OpenStreetMap en utilisant des données open data. Mon département, les Alpes-de-Haute-Provence, a libéré l’année dernière sous licence libre un jeu de données qui s’appelle le Plan départemental des itinéraires de randonnées pédestres [Plan départemental des itinéraires de promenade et de randonnée (PDIPR)] qui contient le tracé de tous les chemins entretenus, maintenus par le conseil départemental pour la pratique de la randonnée, du VTT, de la raquette et du ski de fond, etc. Donc ces données peuvent être utilisées pour abonder la base OpenStreetMap, tracer des nouveaux chemins, des nouvelles pistes de randonnée, de VTT.

Frédéric Couchet : Ça me fait penser, je vais changer de sujet, enfin je vais poser une question sur un sujet un petit peu différent et juste après on revient avec toi, Jean-Christophe, notamment sur le projet Dessine ta ville et le lien avec les collectivités. Si je me souviens bien, un usage important d’OpenStreetMap c’est lors d’incidents ou même d’accidents graves dans des pays, tremblements de terre ou zones de conflit, où là il y a une vraie réactivité qui n’est pas possible avec les autres outils privateurs. Est-ce que quelqu’un veut parler de ça rapidement ? Noémie, Christian.

Christian Quest : Je peux un peu raconter : les premières mobilisations qu’on a pu avoir dans le cas de crises humanitaires, la première où il y a vraiment eu de la mobilisation c’était quand il y a eu le tremblement de terre à Haïti. Les cartes d’Haïti dataient des années 60, étaient sous format papier et il n’y avait absolument rien en numérique.
Il faut savoir que lorsqu’il y a des crises importantes comme ça, il existe une charte de l’espace qui fait que les premières images satellites qui sont prises par des agences spatiales dans le monde sont partagées, donc elles sont libérées. Ça permet, du coup, de réagir très vite et on peut, par exemple, tracer l’état des routes tel qu’il est après la catastrophe et pas tel qu’il était avant.
Je n’étais pas encore très impliqué dans OpenStreetMap au moment d’Haïti, par contre j’ai passé quelques nuits blanches à cartographier une bonne partie de la côte japonaise après le tsunami. On sait que ça a été utilisé par les secours sur place parce qu’ils avaient des informations qui étaient à jour dans leurs GPS tous les matins. Donc ils rechargeaient leurs GPS tous les matins pour savoir par où ils pouvaient passer, parce que là, le problème c’était comment circuler alors que tout le réseau routier de la côte avait été détruit.
Il y a eu plein d’autres cas. Il y a eu des cas aux Philippines avec le typhon Haiyan, il y a eu le tremblement de terre au Népal. Ça on a eu quelques échos dans les médias. On a des missions régulières, de ce type-là, qui sont déclenchées par une organisation qui s’appelle HOT, Humanitarian OpenStreetMap Team. C’est une structure dédiée qui s’est créée après Haïti pour gérer, justement, l’interaction avec les autres ONG. On est aussi intervenus en Afrique à la demande de Médecins sans frontières pour cartographier des villes où aucune carte n’existait. C’était au tout début des foyers d’Ebola et il y avait une suspicion. Médecins sans frontières devait intervenir sur place, nous a demandé « est-ce que vous pouvez nous aider à cartographier cette ville ? », c’est une petite ville de un million d’habitants, je crois. Les médecins sont arrivés avec le matériel et les cartes de la ville, alors que la ville n’avait absolument aucune carte.

Frédéric Couchet : Superbe. Noémie, est-ce que tu veux compléter là-dessus ?

Noémie Lehuby : Oui. C’est intéressant parce que ça nous permet de revenir un petit peu à ce qu’on disait avant sur les différentes manières de contribuer où, effectivement, on peut voir qu’il y a le fait d’aller sur le terrain et de cartographier parce qu’on connaît sa rue. Il y a ce qu’a mentionné Jean-Christophe de contribuer avec d’autres données qui peuvent être ouvertes. Et puis il y a aussi le fait de pouvoir contribuer à partir d’imageries satellites ou aériennes qui sont mises sous une licence compatible. Du coup, on a quand même une très grande variété de possibilités pour contribuer à OpenStreetMap, c’est aussi ça qui fait la richesse du projet c’est que ça se renouvelle énormément et qu’on va pouvoir cartographier de manières très différentes selon ses envies et ses motivations.

Frédéric Couchet : Très bien. Jean-Christophe, dans ton introduction tu as parlé du projet Dessine ta ville, si je me souviens bien du terme exact, donc pour impliquer notamment les collectivités. Est-ce que tu peux nous en parler en petit peu ?

Jean-Christophe Becquet : Le projet Dessine ta ville c’est une initiative qui comporte trois étapes, qui s’adresse effectivement aux collectivités locales.

La première étape c’est de sensibiliser les collectivités à OpenStreetMap, précisément ce qu’on est en train de faire dans cette émission. Donc en interne dans la collectivité, à destination des élus, des agents, expliquer OpenStreetMap, son fonctionnement, ses enjeux, répondre aux appréhensions qui peuvent se poser comme « si tout le monde peut éditer la base de données alors n’importe qui peut faire n’importe quoi ! » Donc expliquer comment la communauté OpenStreetMap se régule et se contrôle, comme l’a expliqué Christian à l’instant. Et puis sensibiliser en externe les habitants, les citoyens de la commune, les écoles, les organismes de formation, les associations. Organiser des conférences pour expliquer le fonctionnement d’OpenStreetMap par exemple à la médiathèque ou dans une maison de quartier.

Une fois qu’on a expliqué au plus grand nombre le fonctionnement, l’intérêt, les principes d’OpenStreetMap, on va essayer de mener des actions pour susciter la participation. C’est-à-dire encourager les personnes à contribuer à la base de données OpenStreetMap. Pour ça, la première chose que peut faire la collectivité c’est donner l’exemple. Par exemple la mairie de Digne-les-Bains a embauché il y a quelques années, pendant quatre mois l’été, une stagiaire dont la mission était de cartographier le réseau des bus de la ville dans OpenStreetMap. Et le fait que la base de données monte en qualité, monte en exhaustivité, ça rend plus facile ensuite la contribution pour aller corriger les petites erreurs, compléter les petites informations qui manquent, donc ça incite les personnes à contribuer.

Une autre manière d’encourager la contribution c’est de fournir des données en open data, la localisation des écoles, les services publics, les bâtiments accessibles au public.

Et une chose qui se pratique, un type d’événements qui se pratique beaucoup dans la communauté OpenStreetMap, c’est d’organiser ce qu’on appelle une cartopartie. Une cartopartie ça consiste à donner rendez-vous à un groupe de gens, en général sur une demi-journée ou une journée, et leur proposer de cartographier un quartier ou une thématique dans un quartier dans OpenStreetMap. Ça peut être une cartopartie générique où on dit aux gens de venir et chacun contribue sur la thématique qui l’intéresse. Ou alors une cartopartie thématique, par exemple à Digne on a organisé une cartopartie sur le thème du vélo, sur le thème de la cyclabilité, où on a cartographié les pistes cyclables, les équipements pour la maintenance des vélos, les garages à vélos, les sources d’eau potable pour remplir sa gourde quand on se déplace à vélo, et une cartopartie sur le thème de la santé où on a cartographié les cabinets médicaux, les pharmacies, les différents bâtiments du centre hospitalier.
Toutes ces contributions vont faire monter la qualité de la base de données en exhaustivité, en actualité, et vont rendre, à chaque fois, encore plus attrayantes les réutilisations. La réutilisation c’est la troisième étape de la démarche Dessine ta ville.
C’est d’abord sensibiliser, ensuite susciter la participation, enfin réutiliser.
Effectivement, quand on a une base de données qui a atteint un certain niveau de qualité on peut, comme je l’ai expliqué tout à l’heure, utiliser cette base de données pour fabriquer des plans, des plans de villes pour le tourisme, pour les réseaux de transport en commun. On peut utiliser cette base de données en fond de carte sur son site web pour localiser les équipements publics, pour localiser les écoles. Et, d’un point de vue un petit peu plus technique, on peut intégrer la base de données OpenStreetMap dans son SIG. SIG c’est l’acronyme de Système d’information géographique, qui est un type service qui se répand de plus en plus dans les collectivités, qui utilise des outils permettant de cartographier, de géolocaliser tous les points du territoire. Aujourd’hui, une des problématiques des SIG c’est d’être alimentés en données. Pour ça la base de données OpenStreetMap est un trésor parce qu’elle est libre, donc on peut l’utiliser sans contrainte et, en plus, si on a mené des actions pour encourager la participation, on va avoir une base de données de très grande qualité en termes de complétude, en termes de fraîcheur, donc très intéressante, très utile pour le SIG de la collectivité.

Frédéric Couchet : Merci Jean-Christophe. Tu as parlé de réseau de transport, ça me fait penser que dans l’introduction de Noémie, j’ai cité Jungle Bus. C’est quoi Jungle Bus ?

Noémie Lehuby : Jungle Bus ça part d’un constat très simple, un peu triste, que la plupart des villes dans le monde n’ont pas de plan de transport et n’ont pas, de manière générale, d’informations voyageurs sur les transports qui y circulent et, un deuxième constat, c’est qu’avec OpenStreetMap on peut remédier à ça.
Effectivement, dans OpenStreetMap on peut cartographier des arrêts de bus, des gares, des lignes de bus, des trajets de bus, etc. Comme la basse de données est libre et réutilisable, on peut également, une fois qu’on a cartographié tout ça, s’en servir pour faire des plans de transport, des plans géographiques, des plans schématiques, des plans qu’on peut afficher sur les bus, pour faire des applications de calcul d’itinéraire, etc.
L’idée de Jungle Bus c’était ça, c’était de se dire allons cartographier les réseaux de transport pour lesquels les gens ne savent pas comment les utiliser, où passent les bus, etc.
Ça fait quelques années qu’on fait ça. On a eu notamment un gros projet à Accra, la capitale du Ghana, pour cartographier l’intégralité du réseau de transport de bus informels qui était d’environ 300 lignes. On a pu, ainsi, déployer les premières applications mobiles d’information voyageurs dans la ville. Du coup on a plusieurs actions autour de ça, que ça soit créer les outils pour permettre aux contributeurs de se saisir du sujet et de cartographier les données dans OpenStreetMap. Créer aussi les outils pour réutiliser les données, en faire des choses utiles pour les voyageurs et accompagner les collectivités locales qui en ont besoin, qui ont besoin de comprendre un petit peu comment OpenStreetMap marche ; accompagner aussi les contributeurs qui veulent faire ça bénévolement ou pas, etc. Il y a énormément de travail sur ce sujet-là parce qu’effectivement OpenStreetMap est une solution pertinente mais qui n’est pas forcément encore très connue des personnes à qui elle pourrait bénéficier.
C’est un beau projet dans lequel je m’investis depuis quelques années.

Frédéric Couchet : C’est Jungle Bus. Ça me fait penser que tout à l’heure j’ai fait un petit quiz, j’ai posé deux questions. Je vais répondre à la deuxième question. La question c’était : quel site web utiliseriez-vous pour trouver où boire vote bière préférée autour de chez vous, boire, je le répète, évidemment avec modération. Eh bien le site c’est OpenBeerMap, tout simplement. Vous cherchez sur un moteur de recherche, sinon c’est OpenBeerMap.github.io et c’est un projet qui a été lancé par Noémie il y a quelques années. Combien de temps ?

Noémie Lehuby : C’était en 2014, il me semble. Oui, tout à fait. C’était un petit projet que j’avais lancé à mes débuts dans OpenStreetMap. Je venais vraiment de commencer à ce moment-là et puis, en sortant d’un bar un soir, d’un bar qui n’était pas génial où j’avais bu une bière pas géniale, eh bien je ne suis dit que quand même ça serait vraiment pratique de pouvoir choisir son bar en fonction des bières qu’on y sert. Si vous êtes amateur de bière c’est sûrement quelque chose qui va vous parler, se dire que si on a envie de boire une bonne bière artisanale ou une bonne bière belge par exemple, plutôt que la bière…

Frédéric Couchet : La bière classique, quoi !

Noémie Lehuby : On va dire classique, qu’on ne va pas citer, on va juste dire classique. Voilà ! Du coup je me suis dit qu’OpenStreetMap ça pouvait être une solution pour ça, donc j’ai commencé à regarder un petit peu ce qu’il y avait dans la base de données. J’ai créé un petit site qui permet de visualiser effectivement les bars autour de soi et les bières pressions qui sont servies dans ces bars, puisque c’est une information qu’on peut mettre dans OpenStreetMap. Comme il n’y en avait pas beaucoup je suis même allée un petit plus loin, j’en ai fait un petit éditeur. Sur le site OpenBeerMap on peut aussi modifier les informations classiques du bar – son nom, ses horaires d’ouverture, etc., les horaires des happy hours, ce genre de choses – et bien sûr les bières pressions qui sont servies dans le bar. Ça fait depuis 2014 que le site existe. C’est un projet libre, bien sûr. Je l’ai initié, mais j’ai eu aussi pas mal de contributions sur la partie code en plus des très nombreuses contributions sur la partie données qui sont, du coup, directement reversées dans OpenStreetMap.

Frédéric Couchet : Christian, tu voulais ajouter quelque chose là-dessus ?

Christian Quest : Oui. Je pense que ce genre de choses est essentiel. Évidemment, sur une carte c’est très difficile de représenter tous ces détails et ça montre tout l’aspect base de données qui est essentiel à OpenStreetMap parce qu’on va pouvoir renseigner avec des détails incroyables. On n’a pas parlé, par exemple, de l’accessibilité. C’est aussi un projet qui est né très tôt dans l’histoire d’OpenStreetMap, c’est renseigner l’accessibilité pour les personnes handicapées. Il y a des villes qui se sont emparées du sujet et qui ont cartographié l’accessibilité des commerces, etc., en s’appuyant sur OpenStreetMap, sur des contributeurs, sur des personnes handicapées aussi. Ça permet aussi, quand on fait ce genre de cartopartie thématique, de remettre un sujet sur la place publique : organiser toute une série de cartoparties sur les transports, sur la santé, sur l’accessibilité, éventuellement sur les bières, ça remet le sujet dans la discussion.

Frédéric Couchet : Le temps file il faudra qu’en fin d’émission on parle rapidement de State Of The Map France, enfin rapide, je ne sais pas, mais j’ai deux questions. Une première : est-ce, que suite aux changements récents de facturation ou de tarification de Google Maps, vous avez vu un effet positif sur le fait que de plus en plus de sites allaient utiliser un fond de carte OpenStreetMap à la place de Google Maps ? Première question.
La deuxième question qui est un peu plus générale, pour finir là-dessus, ce sera plutôt : vous avez parlé des cartographies, une personne qui souhaite s’y mettre et qui ne veut pas s’y mettre seule, comment elle peut s’y mettre ? Est-ce que c’est OpenStreetMap France la principale source de références ? Est-ce qu’il y a des événements ? Comment elle s’y met ? Christian, vas-y.

Christian Quest : Je peux répondre sur la première question. Oui, on a constaté un intérêt évident pour OpenStreetMap. Beaucoup de gens qui s’appuyaient sur des solutions gratuites ont cherché, évidemment, des solutions gratuites de remplacement. J’ai écrit plusieurs articles à ce sujet-là pour dire que le gratuit, en la matière, ça a forcément des limites, parce que générer des fonds de carte et les servir comme on le fait, ça nécessite de l’infrastructure et ça a un coût. C’est dommage d’avoir laissé penser pendant des années que tout ça ne coûtait rien. C’est une forme de dumping qui pose quand même de sérieux problèmes.
Nous on a constaté, sur les serveurs d’OpenStreetMap France, une augmentation d’à peu près 110 % du trafic sur nos serveurs de fonds de cartes. Voilà ! On voit bien la corrélation en termes de dates avec l’été dernier et avec l’automne : il y a eu deux pics d’augmentation ; depuis ça n’est pas redescendu et ça ne va sûrement pas redescendre. Ça veut dire un petit peu plus de ressources à mettre en batterie de notre côté.
On a des gens qui nous aident on n’en a pas parlé. Ça vaut le coup quand même de dire qu’il y a des entreprises, il y a des collectivités, il y a des universités qui nous mettent à disposition du matériel. On a au moins deux grosses entreprises qui nous donnent un coup de main qui sont OVH et la Fondation d’entreprise Free, donc qui nous mettent à disposition des serveurs pour pouvoir faire tourner une partie de notre infra française. Et puis, de temps en temps, on fait des appels au don pour compléter, pour remettre à jour des machines.
Je vais laisser Noémie répondre sur la deuxième partie.

Noémie Lehuby : Sur la deuxième question. Oui tout à fait. La question c’était ?

Frédéric Couchet : Comment s’y mettre concrètement.

Noémie Lehuby : Comment s’y mettre concrètement. Ça dépend un petit peu de ses affinités. Si on a plutôt envie de s’y mettre en rencontrant des gens, je pense que le plus simple c’est de venir participer à des rencontres que les groupes locaux organisent ou à des cartoparties. Pour ça, je pense qu’un bon point d’entrée c’est le site de notre association, donc openstreetmap.fr, où on a une rubrique « événements » qui liste les réunions des groupes locaux. Il y a des groupes locaux qui s’organisent, qui se réunissent par exemple tous les mois pour faire un petit peu le point sur l’avancée de leurs projets respectifs. Et puis des cartoparties qui s’organisent qui peuvent être, comme l’a dit Jean-Christophe, ou bien des cartoparties thématiques ou bien des cartoparties généralistes mais limitées par exemple à un territoire. Ça c’est un bon moyen de se lancer en rencontrant d’autres contributeurs qui vont pouvoir vous tenir la main, vous expliquer un petit peu comment ça marche et vous accompagner pour faire vos premiers pas.
Si vous êtes plus aventureux, je pense qu’il faut commencer par aller sur le site openstreetmap.org, cliquer sur « modifier » et regarder un peu comment ça marche.
On a un wiki qui est notre bible, notre grosse source d’informations, qui explique un petit peu comment fonctionne le projet, comment fonctionne la base de données et qui est vraiment la référence. Et voilà ! Commencer à cliquer un peu partout et voir ce qu’on arrive à faire, ce n’est pas très difficile. Le plus difficile c’est de se lancer.

Christian Quest : Il y a autre chose qui est organisé, ce sont des mapathons. Là c’est plus orienté humanitaire, ça se passe en général en soirée et ça permet de découvrir comment compléter la carte dans un endroit, souvent très lointain, à l’aide d’images satellites. Donc on va cartographier par exemple les bâtiments, et rien que le fait de compter les bâtiments permet de savoir quelle est la population approximative dans une zone ce qui va permettre de savoir où positionner par exemple un dispensaire, ce genre de choses.

Frédéric Couchet : D’accord. Jean-Christophe, en deux mots parce que le temps file, un petit mot sur la formation et plus précisément, peut-être, est-ce que tu peux nous dire deux mots sur les nouveaux programmes dans les lycées, notamment à partir de la seconde, parce qu’il y a OpenStreetMap qui est dans les nouveaux programmes ?

Jean-Christophe Becquet : Effectivement, à partir de la rentrée qui vient, dans le nouveau référentiel de compétences attendues dans les programmes de seconde, il y a la compétence « savoir contribuer à OpenStreetMap ». C’est une formidable opportunité pour la communauté OpenStreetMap parce que ça veut dire une masse gigantesque de contributeurs potentiels. C’est aussi une difficulté à gérer parce que ça veut dire qu’il va falloir accompagner, former les enseignants qui vont devoir transmettre cette compétence. Je pense que c’est vraiment un enjeu dans les années qui viennent de mettre en place des formations d’initiation à OpenStreetMap pour faire monter en compétences les contributeurs et surtout ceux qui accompagnent les contributeurs pour avoir des contributions de qualité.

Frédéric Couchet : Merci Jean-Christophe. Je vais laisser un dernier mot, mais alors 30 secondes, pour expliquer ce qu’est State Of The Map France et où ça se passe.

Christian Quest : State Of The Map c’est une conférence annuelle. Il y a une conférence internationale qui est organisée et, depuis plusieurs années, on organise aussi un State Of The Map France, c’est la conférence annuelle d’OpenStreetMap France, et cette année elle se déroule à Montpellier du 14 au 16 juin, donc ce week-end.

Frédéric Couchet : Ce week-end.

Christian Quest : On est en train de terminer nos présentations à l’arrache, comme d’habitude. En général on a plus de 200 personnes. On a 70 conférences enfin il y a vraiment beaucoup de choses.

Frédéric Couchet : D’accord. On encourage toutes les personnes à aller à cette édition ou à la prochaine, ou aux cartoparties locales qui sont organisées. Et pour répondre à la dernière question de PG sur le salon : travaillez-vous avec les scolaires ou autres publics pour les sensibiliser ? Je pense qu’avec ce programme de seconde des lycées vous allez avoir de plus en plus de demandes, donc vous y répondrez en fonction, évidemment, des moyens.

Christian Quest : Et ça a déjà été fait, il y a déjà eu des choses de faites, il y a eu des choses de faites récemment par exemple à côté de Metz.

Frédéric Couchet : Écoutez, super. C’était vraiment une première émission, vous avez compris en l’écoutant qu’on a abordé plein de sujets et qu’on pourrait parler de chacun des sujets pendant 30 minutes, une heure.
Je remercie les personnes qui sont intervenues : Jean-Christophe Becquet au téléphone, Noémie Lehuby et Christian Quest sur place et je vous souhaite une bonne journée.

Christian Quest : Bonne journée.

Noémie Lehuby : Bonne journée.

[Virgule musicale]

Frédéric Couchet : Nous allons faire une pause musicale. Nous allons écouter I need par Jahzzar et on se retrouve juste après.

Pause musicale : I need par Jahzzar.

Voix off : Cause Commune 93.1.

Chronique « Pépites libres » sur des films libres de la Fondation Blender par Jean-Christophe Becquet

Frédéric Couchet : I need par Jahzzar, musique disponible en licence libre. Les références sont sur le site de l’April, april.org.

Vous écoutez toujours l’émission Libre à vous !, l’émission pour comprendre et agir avec l’April, l’association de promotion et de défense du logiciel libre, sur radio Cause Commune 93.1 en Île-de-France et sur causecommune.fm partout dans le monde.
Nous allons maintenant aborder notre dernier sujet.

[Virgule musicale]

Frédéric Couchet : Nous allons maintenant aborder la chronique « Pépites libres » de Jean-Christophe Becquet eh oui, parce que Jean-Christophe Becquet, en plus de ses activités OpenStreetMap, est président de l’April. Bonjour Jean-Christophe.

Jean-Christophe Becquet : Bonjour.

Frédéric Couchet : Aujourd’hui, je crois ce que tu souhaites nous présenter dans la pépite libre ce sont des films libres de la Fondation Blender.

Jean-Christophe Becquet : Oui, tout à fait. Peut-être commencer par expliquer ce qu’est Blender. Blender est un logiciel libre de modélisation, d’animation et de rendu en 3D.
Il est intéressant de se pencher quelques minutes sur son histoire. En effet, Blender était au départ un partagiciel, en anglais on parle de shareware, c’est-à-dire qu'il était disponible gratuitement dans une version limitée et qu’il fallait payer pour accéder à l'ensemble des fonctionnalités. Blender devient ensuite un logiciel gratuit, freeware en anglais. Et en 2002, une souscription est lancée afin de racheter les droits d'auteur de Blender pour un montant de 100 000 euros et d'en faire un logiciel libre, free software en anglais, sous licence GPL. Un article récent sur le site du projet, intitulé Blender is Free Software, célèbre cette liberté. L‘article explique : « Blender est libre pour toujours. Cette liberté, qui rend la licence GPL si puissante, est la raison pour laquelle c'est bien plus que de l'open source ».

Blender connaît un développement formidable depuis 25 ans. Le 2 février 2019, le créateur de Blender, Ton Roosendaal, a reçu le prix Annie Ub Iwerks de la Société internationale du film d'animation, ASIFA-Hollywood. Ce prix reconnaît les progrès techniques qui ont un impact significatif sur l’art ou l’industrie de l’animation. Un article de la licence professionnelle CoLibre titre : « Quand un logiciel libre reçoit enfin la reconnaissance qu’il mérite… ».
Depuis 2007, la Fondation Blender, qui pilote le développement du logiciel, héberge l'Institut Blender. Il s'agit du premier studio de production cinématographique et vidéo ludique libre. L'équipe, basée à Amsterdam, se consacre à la production de films et de jeux vidéos libres avec le logiciel Blender. L'originalité de la démarche réside dans le fait que tout le processus de création artistique, personnages, scènes, textures, est partagé sous licence libre.
Aujourd'hui, la Fondation Blender a publié une dizaine d’œuvres de grande qualité. Citons quelques exemples.
Le dessin animé Big Buck Bunny qui réjouira les enfants de tout âge.
Un autre court métrage, Cosmos Laundromat, raconte l'histoire d'un mouton dépressif sur une île déserte. Il rencontre un vendeur excentrique qui lui propose de changer de vie.
Enfin Spring, le dernier sorti, est une belle ode à la vie. Une jeune bergère affronte les esprits anciens pour permettre la venue du printemps.
Le générique de fin de tous ces films affiche une licence Creative Commons BY. C’est-à-dire qu’on peut les copier, les projeter dans toutes circonstances et aussi les modifier. C’est du cinéma libre !

Frédéric Couchet : Merci Jean-Christophe pour cette présentation. On a déjà parlé un petit peu de Blender, notamment son historique que tu as rappelé, dans l’émission du 19 mars avec Jehan Pagès et Lionel Allorge. J’invite les personnes qui écoutent l’émission à réécouter le podcast si elles veulent avoir plus de détails. Je suppose que la production de ces films est aussi l’occasion de montrer les capacités de Blender, donc je suppose, c’est une question ouverte, qu’il y a un nouveau film à chaque nouvelle version de Blender peut-être.

Jean-Christophe Becquet : Effectivement c’était l’une des motivations, en tout cas initiales, c’était de produire des films d’animation pour montrer par la pratique les capacités du logiciel Blender, tester des fonctionnalités nouvelles. Effectivement, depuis 2007, la Fondation Blender sort environ un nouveau film tous les deux ans et chaque fois le défi c’est de mettre en évidence les nouvelles fonctionnalités du logiciel libre Blender.

Frédéric Couchet : Est-ce que tu te souviens de la durée de ces films qui sont produits, c’est quoi ? C’est 50 minutes ?

Jean-Christophe Becquet : Ce sont des films très courts. Ce sont des courts métrages de l’ordre de 10 minutes ce qui, du coup, rend tout à fait possible et pertinente une projection dans un événement libriste, au début ou à la fin d’une conférence ou pendant une pause, on peut proposer la projection d’un film libre de la Fondation Blender. La licence le permet et le format de l’ordre de la dizaine de minutes rend ça possible dans un grand nombre d’événements.

Frédéric Couchet : C’est une excellente suggestion parce que souvent dans les pauses il n’y a rien qui est diffusé sur l’écran. Ça peut être l’occasion de diffuser quelque chose. J’ai vu hier, en préparant l’émission, le dernier-né, Spring, qui est une féerie sur la fin de l’hiver en montagne ; c’est absolument magnifique. De mémoire ça dure six ou sept minutes. On encourage évidemment toutes les personnes à regarder. Tous ces films sont disponibles sur le site de Blender ?

Jean-Christophe Becquet : Oui. Tout à fait. Il y a un site sur lequel on peut retrouver les vidéos de tous les films, en accès libre sous licence Creative Commons BY. Pour pouvoir télécharger les matériaux qui ont servi à la production des films, c’est-à-dire les modèles 3D, les textures, les personnages, il faut souscrire un abonnement auprès de la Fondation Blender de l’ordre de la dizaine d’euros par mois pour pouvoir accéder à l’ensemble des téléchargements, ce qui montre bien que libre n’est pas gratuit et que gratuit n’est pas libre. Ce sont vraiment deux notions différentes. Tous ces contenus, tous ces médias sont bien sous licence libre. Il n’en demeure pas moins que la Fondation Blender a fait le choix de rendre payant l’accès, c’est tout à fait possible et permis par des licences libres. C’est aussi une bonne illustration du fonctionnement des licences libres.
Les films, eux, sont accessibles librement et gratuitement dans leur version intégrale et en haute résolution sur le site de la Fondation Blender.

Frédéric Couchet : Écoute merci Jean-Christophe. Je précise qu’il y a des références sur le site de l’April, dans la page consacrée à l’émission que tu as mise à jour tout à l’heure. Je te remercie pour cette chronique et on se retrouve peut-être en juillet pour la dernière chronique avant la pause.

Jean-Christophe Becquet : Entendu. Ça marche.

Frédéric Couchet : Passe une bonne journée.

Jean-Christophe Becquet : Belle fin de journée. Merci. Au revoir.

[Virgule musicale]

Frédéric Couchet : Nous approchons de la fin de l’émission et nous allons finir par quelques annonces.

Annonces

Frédéric Couchet : Nous approchons de la fin de l’émission et nous allons finir par quelques annonces.

On parlait tout à l’heure de collectivités et logiciel libre. Eh bien Emmanuel Grégoire, premier adjoint à la mairie de Paris a cosigné, notamment avec Jean-Christophe Becquet, décidément la star du jour, une tribune publiée dans Libération la semaine dernière intitulée « Logiciel libre, il faut mettre la technologie au service des villes et des citoyens. » Et nous avons eu récemment une émission avec Pierre Levy, qui travaille à la Direction des systèmes d’information de la mairie de Paris, pour parler notamment de Lutece, un projet libre développé par la mairie de Paris depuis les années 2000.

Mon collègue Étienne Gonnu, actuellement en régie, qui s’occupe aussi des affaires publiques à l’April, a des compétences multiples, car il interviendra jeudi 13 juin au Centre social et culturel Guy Toffoletti à Bagnolet, entre 19 heures et 21 heures, dans une table ronde intitulée « Le logiciel libre, une intelligence collective à grande échelle », c’est organisé par l’université populaire de Bagnolet

Ce week-end, si vous êtes à Montpellier il y a un événement OpenStreetMap, mais si vous êtes en région parisienne il y a un April Camp qui a lieu donc le samedi 15 et le dimanche 16 juin 2019 au local de l’April à Paris. C’est quoi un April Camp ? L’idée c’est de se réunir pendant deux jours entre membres de l’association et soutiens, pour faire avancer des projets, lancer de nouveaux projets ou simplement se rencontrer et discuter. Les projets peuvent être de nature technique, ils peuvent de nature communication ou très variés. Par exemple le dimanche il y aura un atelier sur la création d’un Jeu du Gnou inspiré du Jeu de l’Oie, en fait un jeu de sensibilisation autour d’un certain nombre de thématiques. N’hésitez pas à venir, toute personne est la bienvenue qu’elle soit membre ou pas de l’April, et quels que soient ses compétences. Vous pouvez passer quelques heures ou même les deux jours entièrement. Les références sont sur le site de l’April. C’est samedi 15 juin et dimanche 16 juin. Le local de l’April est dans le 14e arrondissement de Paris.
Vous retrouverez tous les autres événements liés au logiciel libre évidemment sur le site agendadulibre.org.

Notre émission se termine. Je remercie les personnes qui ont participé à l’émission, donc Jean-Christophe Becquet, Noémie Lehuby, Christian Quest. François Zaïdi. Aux manettes de la régie aujourd’hui Étienne Gonnu.
Un grand merci également à Olivier Grieco, le directeur d’antenne de la radio, qui s’occupe notamment et avec beaucoup de soin du traitement des podcasts.
Vous retrouverez sur le site april.org toutes les références utiles, ainsi que sur le site de la radio causecommune.fm. N’hésitez pas à nous faire des retours pour indiquer ce qui vous a plu mais aussi des points d’amélioration.

La prochaine aura lieu en direct mardi 18 juin de 15 heures 30 à 17 heures. Notre sujet principal sera consacré au CHATONS, ce sera la deuxième émission consacrée au CHATONS. Je vais rappeler que le CHATONS c’est le Collectif des Hébergeurs, Alternatifs, Transparents, Ouverts, Neutres et Solidaires. Je précise que je triche, je l’ai écrit pour être sûr de ne pas me tromper !

Nous vous souhaitons de passer une belle fin de journée. On se retrouve donc en direct mardi prochain et d’ici là portez-vous bien.

Générique de fin d’émission : Wesh Tone par Realaze.

de_crevoisier.png LE-ROUTEUR-WIFI.COM

Test du system mesh Asus RT-AX92U

Le 18 June 2019 à 08:00:07

Je ne vais pas vous refaire le topo du mesh dans son intégralité, vous devez maintenant le savoir, un système mesh permet de disposer plusieurs modules réseau dans son habitation, afin de bénéficier d’un seul réseau WiFi, tout en couvrant l’intégralité de la surface.

Les modules mesh communiquent entre eux afin de décider à l’instant T quel sera celui qui sera à même de vous fournir la meilleure connexion.

Aujourd’hui, c’est la solution de chez Asus que nous testons, qui en plus d’être en mesh donc, est le premier système de maillage proposant du WiFi Ax, le fameux WiFi 6. La norme Ax est relativement jeune, et encore peu de routeur proposent cette technologie sensée augmenter sensiblement les débits. Qu’en est-il réellement avec le système de chez Asus ?

Asus RT-AX92U
  • Performances (vitesse)
  • Performances (stabilité)
  • Portée du signal
  • Simplicité
  • Prix
  • Design
4.8

Le top Mesh WiFi6

Le système mesh Asus RT-AX92U m’a très agréablement surpris lors de mes tests, ce système WiFi en avance sur son temps permet de créer un réseau étendu puissant facilement pour couvrir toute la maison en WiFi sans prise de tête.

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Ouverture de la boite et présentation des produits

Des produits, car le pack testé propose 2 modules en Ax6100, ce qui devrait déjà être suffisant pour beaucoup d’utilisation puisque la surface indicative donnée est de 370m², mais si vous habitez un château, libre à vous par la suite de rajouter d’autres modules.

Le packaging est classique mais très propre, sur la face avant nous retrouvons un visuel des produits ainsi que les caractéristiques principales, et sur l’arrière, nous obtenons un peu plus de détails sur les technologies utilisées et sur les principales features du système mesh.

Certaines parties de la boite sont en relief, ça respire la qualité avant même l’ouverture.

A l’ouverture du packaging, nous découvrons les deux modules, bien mis en avant, antennes repliées, tout ceci est du plus bel effet.

On dirait deux bijoux dans leur écrin, c’est vraiment très qualitatif comme emballage. Comme vous pouvez le voir sur la photo, les modules sont noirs, bordés d’un liseré or. Sur le visuel, les modules sont vu du dessus, et les quatre formes triangulaires sont les antennes, ici en configuration pliée.

La première chose qui m’a frappé en découvrant ce kit, est le poids des modules. C’est saisissant ! Je test énormément de routeur et de système mesh, j’ai dû avoir entre les mains pratiquement tout ce qui se fait à l’heure actuelle chez les grandes marques, et je peux vous dire, que le poids d’un des modules du AiMesh WiFi System Ax6100 est supérieur à celui de routeurs faisant deux ou trois fois sa taille !

Il faut dire qu’avec sa taille de 15 par 15, les 650 grammes donnent une réelle impression de qualité.

Alors ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, le poids n’est pas forcément un synonyme de qualité, mais on sent très bien que dans le cas présent, le module est bien rempli, ce n’est pas juste un carénage avec une toute petite carte électronique à l’intérieur : Non, ici on sent que l’appareil dispose d’arguments de poids !

Sortons l’un des modules (les deux sont les mêmes) et faisons-en le tour.

Les antennes se déplient le plus simplement du monde, et un cran est présent pour les maintenir en position ouverte. (Ici uniquement deux antennes dépliées)

Sur la face avant nous retrouvons les led de notifications, dans l’ordre, nous avons :

Les trois led d’état des différentes bandes WiFi, la led nous indiquant si un périphérique filaire est relié au module en RJ45, la diode d’indication de connectivité à Internet, et enfin, la led d’alimentation.

Sur la face latérale droite, nous retrouvons, le bouton WPS, ainsi que deux ports USB, un USB 2.0 et un 3.0. Le port en version 3 sera à privilégier pour connecter un disque dur externe, afin d’y avoir accès sur le réseau, à la manière d’un NAS, tandis que le port en USB 2.0 sera plutôt destiné à raccorder une imprimante par exemple. Sur ce point, c’est un peu dommage que la marque n’est pas fait le choix d’équiper ses modules de deux ports USB 3.0, maintenant qu’ils sont en passe de devenir le standard. Mais cela n’est pas plus handicapant que cela puisque l’un des ports est bien dans la version 3 de la norme.

La tranche gauche est vierge, et nous arrivons enfin à la partie arrière du boitier, et on peut dire, que bien que les modules soient tout petits, ils ne sont pas en reste au niveau de la connectivité. Ainsi, nous retrouvons sur cette face arrière, dans l’ordre de gauche à droite :

Un bouton reset, un bouton power, un port d’alimentation, un port Wan et 4 ports Ethernet en Gigabit. C’est autant, de ports que beaucoup de routeur deux fois plus grands ! Et n’oublions pas que nous avons deux modules !

Concrètement qu’est-ce que cela veut dire ? Tout simplement qu’en plus de la connexion WiFi, il vous sera possible de relier 4 appareils en rj45 afin qu’ils soient connectés à votre réseau. Cela prend tout son sens quand on réfléchit à la destination finale de cette solution. C’est un système mesh, c’est-à-dire, que vous allez l’acheter pour pallier un manque de couverture WiFi de votre solution actuelle, Box, ou autre routeur. Amener une connexion à l’étage, c’est très bien, mais y emmener en même temps un switch ethernet c’est bien mieux ! Vous pourriez installer votre bureau là où vous ne pensiez pas cela possible ! Votre imprimante est vieillissante et ne propose pas de connexion WiFi, uniquement un port ethernet, problème solutionné ! Vous avez envie de déporter votre NAS, pas très esthétique, problème également réglé.

Bref, là où la concurrence n’intègre au mieux qu’un seul port ethernet, ici vous en avez 4, que demander de plus ?

Une fois les deux modules retirés de la boite, cette dernière laisse apparaître un second étage, qui vous fournira, les adaptateurs secteur, la notice d’utilisation ainsi qu’un câble ethernet pour relier l’un des modules à votre box ou un autre routeur.

Rien de bien extraordinaire, mais le principal pour pouvoir se servir immédiatement et simplement du matériel.

Caractéristiques

Cette solution est donc, comme nous l’avons vu un système mesh en WiFi Ax. Le tout premier au monde ! Les modules sont tri bande, 400, 867 et 4804 Mbps et devraient vous permettre d’obtenir ce qu’il se fait de mieux en terme de débit et de couverture WiFi.

Attention cependant à une chose, le WiFi Ax est une norme assez jeune, et vos appareils ne seront pour le moment pas compatibles. Si vous possédez du matériel récent, il y a fort à parier qu’il soit équipé de carte réseau supportant le WiFi Ac. Mais cela ne doit pas vous faire douter de votre décision d’achat si au terme de votre lecture vous êtes séduit par le produit d’Asus. Pourquoi ? Pour deux raisons principale, la première est que votre ordinateur portable, ou votre ordinateur de bureau pourra être mis à jour avec l’adjonction d’une nouvelle carte réseau. Certains constructeurs commencent à en mettre sur le marché, par exemple, la suite de ce test sera fait avec une carte réseau Intel au format mini PCI express à la norme Ax !

La seconde raison, est que si vous avez besoin d’un système mesh ou bien d’un nouveau routeur, autant se procurer quelque chose qui ne sera pas trop rapidement dépassé, et avec le Asus AiMesh AX6100, le moins que l’on puisse dire c’est que vous serez paré pour l’avenir ! Les prochains smartphones qui sortiront seront à la norme Ax, tout comme les tablettes, les laptops, les ordinateurs de bureau, et tous les autres appareils capables d’utiliser une connexion sans fil. Vous avez vraiment envie d’être limité parce que vous avez décidé il y a 6 mois de ne pas choisir la norme Ax ?

Donc revenons aux caractéristiques, le produit dispose de deux antennes internes et de 4 externes afin de vous faire bénéficier de la meilleure connectivité possible sur les différentes bandes de fréquence, et les modules supportent le OFDMA, une nouvelle façon de générer les ondes, et qui vous permettra d’obtenir des performances de très haut niveau en étant connecté à plusieurs sur la même borne.

Tous les protocoles VPN sont supporté, clients comme serveurs, et tout ce qui fait un bon routeur est inclus, UPnP (pour lire vos films depuis un disque dur que vous brancherez sur le port USB 3), redirection de ports, DMZ, QoS… Bref ça fait à peu près tout ce dont vous pourriez rêver d’un routeur, et même plus.

Et ces plus ne sont pas négligeables ! L’AiProtection est un système de sécurité intégré qui vous protégera des malwares et des failles de sécurité, et à la différence des concurrents, ici vous bénéficiez d’une licence à vie. Un contrôle parental vous permettra aussi de pouvoir regrouper les différents appareils connectés par groupe et de pouvoir imposer des limitations à ces groupes. Votre ado a du mal à réviser ces examens car il passe ses soirées sur le net, pas de problème, vous pouvez programmer des horaires de fonctionnement du WiFi.

Le QoS quant à lui, vous permettra de privilégier à la volée un flux à prioriser. Vous voulez limiter les lags sur votre jeux vidéo, pas de soucis les modules sont capables de le faire ! De la même façon, vous pourrez privilégier l’usage du streaming, ou de la navigation simple. Et l’expérience est encore améliorée pour les jeux vidéo avec le WTFast, un système spécialisé dans la priorisation des flux gamers.

Les caractéristiques techniques sont tellement vastes qu’il est difficile de toutes les passer en revue, mais sachez, que les modules sont aussi compatibles avec la création d’un réseau invité, certains services cloud, l’IPTV… Vous pourrez également vous en servir pour monter un serveur d’impression, ou un NAS, que cela soit pour du contenu multimédia, ou pour avoir un lecteur partagé pour le travail sous Windows, Mac ou Linux.

Bref, très honnêtement, et après avoir passé plusieurs années à tester une pléthore de routeur, je ne vois pas ce que ce système mesh ne sais pas faire.

Installation

Nous en venons à des considérations plus pratiques. Et disons-le tout de suite, l’installation est un réel jeu d’enfant !

On branche l’un des modules à une prise électrique et à sa box et on lance l’application Asus Router (Android et iOS).

L’appli va vous poser quelques questions, comme le nom que vous souhaitez donner au réseau WiFi, ou le mot de passe que vous voulez mettre en place, puis à la fin de l’installation du premier module, vous demandera si vous souhaitez en rajouter d’autres. L’appli vous guide donc tout au long de la mise en place de la solution d’une manière simple et efficace. Il vous faudra moins d’une dizaine de minutes pour que votre système mesh soit opérationnel.

Cette application vous servira par la suite pour la gestion du système mesh, mais si vous préférez, vous aurez aussi la possibilité de passer par une interface en ligne.

L’interface générale, post installation est assez bien réalisée, simple et claire elle s’offre même le luxe d’être moderne, on dirait le Jarvis du film Iron Man.

Performances

Tout cela est bien beau, mais le produit tient il ses promesses au niveau des performances ? Je ne vais pas vous faire patienter trop longtemps, la réponse est OUI (en majuscules !)

Avant d’aller plus loin, deux petites choses à préciser. La première c’est que je possède une connexion en VDSL 2 + qui me permet d’atteindre 100 mbps de débit descendant, je n’ai pas la fibre, un speed test depuis un appareil sans fil ne serait donc pas très opportun puisque le système est largement capable d’atteindre de tel débit, le test serait faussé par ma connexion. C’est pourquoi, dans la suite, ce sera un test de débit directement entre mon ordinateur portable et l’un des modules qui sera réalisé.

Seconde petite chose, j’ai la chance de pouvoir tester cette solution mesh à l’aide d’une carte WiFi en Ax, ce qui est assez rare pour le souligner. D’ailleurs, et j’espère que ce sera toujours le cas lors de la parution de cet article, c’est le premier test mondial public dans ces conditions ! Et c’est le-routeur-wifi.com qui vous le propose !

J’ai l’air super motivé par le produit, et c’est réellement le cas, Asus ne me paie pas pour que je sois compatissant avec son produit, il ne s’agit pas d’un partenariat… pour vous dire, je ne peux même pas garder le produit à l’issu de son test (pourtant j’aurai bien aimé).

Donc, les débits, à l’aide d’un logiciel spécialisé, j’ai testé la bande passante entre mon ordinateur portable et l’un des modules, et j’atteins, 194 Mo en upload, et 668 en download ! Oui je parle bien de Mo et non de mb !

Pour ceux qui ne seraient pas familier avec ces unités de mesure, je peux copier un film en HD de mon ordinateur à un disque dur connecté à la solution mesh en une seconde !… Ou 200 photos par seconde si vous préférez, ou bien encore je peux copier un jeu récent (20 Go) en 30 secondes.

C’est énormément rapide, c’est fulgurant, c’est génial ! D’autant plus que comme vous vous en doutez, je suis assez bien pourvu en matériel réseau, notamment en produits WiFi concurrents qui étaient aussi ce jour-là en test, et que les différentes interférences doivent limiter un peu les chiffres de débit obtenus.

En changeant de pièce et en étant séparé du module par un mur, je tombe à 450 Mo/s ce qui reste tout bonnement énorme.

La connexion ne m’a jamais fait défaut et le changement de borne se fait de manière totalement transparente et rapide, c’est imperceptible du côté de l’utilisateur. J’ai travaillé tout un weekend en reliant mon ordinateur uniquement via ce système mesh, et je dois dire que les performances sont vraiment exceptionnellement bonnes. Je ne peux pas décemment vous dire avec quelle solution je suis connecté d’habitude, mais il s’agit du haut de gamme d’une grande marque concurrente, et c’est vraiment le jour et la nuit. A tel point que j’envisage moi-même de me doter de cet AiMesh WiFi AX6100.

Je sais bien que rien n’est parfait en ce monde, mais il faut bien avouer que cette solution mesh s’en rapproche beaucoup, du moins à l’heure actuelle, avec la technologie à laquelle nous avons accès. Il faut aussi modérer mon propos par le fait que pour le moment ce produit n’a pas de concurrent, il faudra donc voir si les autres fabricants arrivent à faire aussi bien.

Le seul petit regret se porte donc vers ce port USB 2 dont je n’ai pas trop compris la réelle pertinence. Je sais bien que la marque le destine plutôt à y brancher une imprimante, mais dans le cas où l’utilisateur n’en a pas le besoin, il aurait été de bon ton, de mettre deux ports en USB 3.

C’est vraiment pour chipoter et pour trouver un défaut à ce produit qui m’a beaucoup séduit…

Je recommande sans condition ce produit de chez Asus qui à l’heure actuelle est à mon sens le meilleur système de WiFi maillé sur le marché.

Asus RT-AX92U
  • Performances (vitesse)
  • Performances (stabilité)
  • Portée du signal
  • Simplicité
  • Prix
  • Design
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Le top Mesh WiFi6

Le système mesh Asus RT-AX92U m’a très agréablement surpris lors de mes tests, ce système WiFi en avance sur son temps permet de créer un réseau étendu puissant facilement pour couvrir toute la maison en WiFi sans prise de tête.

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Liste de serveurs DNS gratuits et publics

Le 18 June 2019 à 06:52:51

Suite à mon article tutoriel sur le changement de DNS, vous avez été nombreux à me poser des questions et à vouloir en savoir plus sur les services DNS disponibles. Je vous propose de découvrir sur cette page tous les services DNS gratuits disponibles aujourd’hui ainsi que leurs caractéristiques propres.

Liste de serveurs DNS

FournisseurDNS PrimaireDNS Secondaire
Google

Top DNS
8.8.8.88.8.4.4
OpenDNS Home

Vie privée
208.67.222.222208.67.220.220
CloudFlare

100% uptime
1.1.1.11.0.0.1
Quad9

Sécurité
9.9.9.9149.112.112.112
CleanBrowsing

Filtres
185.228.168.9185.228.169.9
Alternate DNS

Bloque pubs
198.101.242.7223.253.163.53
AdGuard DNS

Blocage personnalisé
176.103.130.130176.103.130.131
Verisign
64.6.64.664.6.65.6
CenturyLink
209.244.0.3209.244.0.4
DNS.WATCH
84.200.69.8084.200.70.40
Comodo Secure DNS
8.26.56.268.20.247.20
GreenTeamDNS
81.218.119.11209.88.198.133
SafeDNS
195.46.39.39195.46.39.40
OpenNIC
198.206.14.241172.98.193.42
SmartViper
208.76.50.50208.76.51.51
Dyn
216.146.35.35216.146.36.36
FreeDNS
45.33.97.537.235.1.177
Yandex.DNS
77.88.8.877.88.8.1
UncensoredDNS
91.239.100.10089.233.43.71
Hurricane Electric
74.82.42.42
puntCAT
109.69.8.51
Neustar
156.154.70.1156.154.71.1
Fourth Estate
45.77.165.194
Tenta
99.192.182.10099.192.182.101

Meilleurs DNS gratuits et publics

Je vous ai déjà parlé de certains d’entre-eux, mais une piqûre de rappel ne fera pas de mal ! Voyons ensemble les caractéristiques des services DNS les plus populaires.

Google Public DNS

Avec son service DNS, Google rassemble 3 avantages intéressants : une navigation plus rapide, une sécurité améliorée et des résultats de recherches précis sans redirections.

  • DNS primaire : 8.8.8.8
  • DNS secondaire : 8.8.8.4

Google propose aussi une version IPv6 :

  • DNS primaire : 2001:4860:4860::8888
  • DNS secondaire : 2001:4860:4860::8844

Avec son infrastructure déjà en place tout autours du monde et ses moyens démesurés, Google propose un des services VPN les plus rapides disponibles aujourd’hui. En effet, lorsque vous effectuez une requête en utilisant le DNS ci-dessus, celle-ci va être envoyée à un serveur proche de chez-vous qui pourra vous répondre plus rapidement.

Open DNS

Open DNS revendique une fiabilité à 100% (100% de up-time) et est utilisé par plus de 90 millions d’utilisateurs de nos jours. Ils proposent deux offres de DNS publics, l’une d’entre elles disposant d’un contrôle parental plus poussé pour vous permettre une personnalisation avancée.

  • DNS primaire : 208.67.222.222
  • DNS secondaire : 208.67.220.220

Une version IPv6 est aussi disponible :

  • DNS primaire : 2620:119:35::35
  • DNS secondaire : 2620:119:53::53

Les DNS ci-dessus sont ceux de leurs version classique OpenDNS Home, il vous faudra créer un compte sur leurs site pour les utiliser. Vous pouvez aussi choisir d’utiliser leurs DNS « Family Shield » avec un contrôle parental par défaut et des options de personnalisation plus poussées. Pour vous y connecter, utilisez ces adresses DNS : 208.67.222.123 et 208.67.220.123. Dans tous les cas il faudra vous créer un compte sur leurs site pour utiliser leurs service DNS. Une dernière version (payante) est disponible pour les utilisateurs les plus exigeants : OpenVPN Home VIP.

Cloudflare

Dès son lancement fin 2018, Cloudflare a présenté son service DNS comme étant « le plus rapide dans le monde ». L’entreprise précise aussi qu’aucun log n’est enregistré sur les utilisateurs pour protéger leurs vie privée et qu’aucune données ne sont revendues à des régies de publicités ciblées. De mon point de vue, c’est une réussite, d’autres utilisateurs ont rencontré quelques problèmes au moment du lancement, mais aujourd’hui tout le monde est globalement très satisfait du service Cloudflare.

  • DNS primaire : 1.1.1.1
  • DNS secondaire : 1.0.0.1

Cloudflare propose aussi des DNS IPv6 :

  • DNS primaire : 2606:4700:4700::1111
  • DNS secondaire : 2606:4700:4700::1001

Cloudflare propose même une version mobile pour iOS et Android pour utiliser leurs DNS même sur un périphérique mobile.

Vous ne connaissez peut-être pas le nom de Cloudflare, mais il est pourtant très reconnu sur internet pour la qualité de leurs services Web d’optimisation de serveurs. Comme nous l’avons vu plus haut, Google a misé sur la quantité de serveurs pour délivrer un service rapide, Cloudflare dispose aussi d’une infrastructure importante ainsi que d’une expertise spécialisée qui leurs a permis de se placer premier en terme de rapidité. Ces performances ainsi que leurs politique de protection de la vie privée, en fait selon moi, l’une des offres les plus intéressantes disponibles aujourd’hui.

C’est le service DNS que j’utilise aujourd’hui et j’en suis très satisfait !

Quad9

Je n’avais pas classé Quad9 dans mon dernier classement DNS, pour une raison simple : je ne les connaissait pas ! Vous m’avez indiqué qu’ils proposaient un service performant et j’ai décidé de l’intégrer à ce nouveau comparatif… Et vous avez bien fait ! Quad9 propose en effet un service DNS très performant basé surtout sur la protection de votre ordinateur et de vos données. Lorsqu’il détecte une menace sur un site que vous vous apprêtez à visiter, le DNS va tout simplement bloquer l’accès au site en affichant une page vous indiquant les raisons du blocage. De plus, Quad9 revendique n’enregistrer aucune données personnelles sur ses utilisateurs.

  • DNS primaire : 9.9.9.9
  • DNS secondaire : 149.112.112.112

Quad9 propose évidemment également des DNS IPv6 :

  • DNS primaire : 2620:fe::fe
  • DNS secondaire : 2620:fe::9

Quad9 ne filtre pas le contenu – seuls les domaines listés par les sites antivirus comme potentiellement dangereux pour Phishing ou Malware seront bloqués. Ils proposent aussi une version non-sécurisée de leurs service (grâce à laquelle vous pourrez accéder à tous les sites sans blocage) à : 9.9.9.10 (2620:fe::10 pour l’IPv6), pas de DNS secondaires pour ce service. Je vous recommande cependant d’utiliser leurs service protégé étant donné que tout l’intérêt d’utiliser ce DNS réside dans le blocage.

CleanBrowsing

CleanBrowsing propose 3 options de DNS publics gratuits : un filtre sécurité, un filtre adulte et un filtre famille. Je vous propose ci-dessous les DNS de leurs filtre sécurité, c’est le plus basique des 3 qui est mis à jours toutes les heures pour répertorier les sites malveillants :

  • DNS primaire : 185.228.168.9
  • DNS secondaire : 185.228.169.9

Une version IPv6 est aussi disponible :

  • DNS primaire : 2a0d:2a00:1::2
  • DNS secondaire : 2a0d:2a00:2::2

Le filtre adulte de CleanBrowsing (185.228.168.10) empêche les appareils connectés d’accéder aux sites adultes, le filtre famille (185.228.168.168) bloque les proxies, les VPN et le contenu adulte. CleanBrowsing propose aussi des versions payantes sur leurs site.

Verisign

Verisign s’est spécialisé dans la stabilité de leurs service avec un up-time de 100% et dans la protection de la vie privée de ses utilisateurs en annonçant qu’ils « ne vendront pas vos données publiques tirées de leurs DNS à des parties tierces, ni rediriger vos recherches pour afficher de la pub ».

  • DNS primaire : 64.6.64.6
  • DNS secondaire : 64.6.65.6

Verisign propose aussi une version IPv6.

  • DNS primaire : 2620:74:1b::1:1
  • DNS secondaire : 2620:74:1c::2:2

Verisign propose sur son site un bouton « Vérifier le cache DNS » qui vous permet de vérifier le statut actuel du DNS public, une option vous permet aussi de « Vider le cache DNS ».

Alternate DNS

Alternate DNS est un DNS public gratuit qui bloque les publicités avant même qu’elles n’arrivent à votre ordinateur. Une sorte de « ad-block plus »- plus !

  • DNS primaire : 198.101.242.72
  • DNS secondaire : 23.253.163.53

Pas de DNS IPv6 au moment de mon test pour Alternate DNS. Il sera nécessaire de vous inscrire sur leurs site et il vous sera aussi possible de souscrire à un abonnement payant pour leurs service complet de DNS (blocage contenu adulte…).

AdGuard DNS

Comme son nom l’indique, AdGuard s’est spécialisé dans le blocage de publicités. Leurs DNS va bloquer les publicités en jeu, dans les vidéos (Youtube, Twitch…), les applications et les pages web. Les serveurs DNS classiques, appelés serveur « par défaut », bloquent non seulement les pubs, mais aussi les malware et les tentatives de phising.

  • DNS primaire : 176.103.130.130
  • DNS secondaire : 176.103.130.131

Version IPv6 :

  • DNS primaire : 2a00:5a60::ad1:0ff
  • DNS secondaire : 2a00:5a60::ad2:0ff

Une version « Adulte » de leurs filtre est aussi disponible (176.103.130.132 et 176.103.130.134) pour bloquer les sites adultes en plus des pubs et sites dangereux.

DNS de votre FAI

Pour terminer cet article, j’aimerais vous parler des DNS que vous utilisez certainement actuellement : ceux de votre FAI (Orange, SFR, Bouygues, Free…).

Tout d’abord, je tiens à vous rappeler que ces entreprises sont sous l’influence du gouvernement Français… « Pas bien grave, me direz-vous, on vis tout de même dans le pays des droits de l’homme ! » en effet, la France est très laxiste en matière de surveillance de la population sur internet. Cette surveillance existe cependant bel et bien et l’accès à certains sites est même bloqué par les FAI (suite à la demande du gouvernement). Par exemple, au moment où j’écris ces lignes, le site de partage d’articles scientifiques « Sci-Hub » utilisé largement en France par des milliers de scientifiques a été bloqué car jugé illégal par la justice Européenne.

Utilisés par des milliers/millions d’utilisateurs en France ces serveurs DNS ne sont pourtant ni les plus rapides, ni les plus sécurisés.

Enfin, en France, les FAI ont le droit de collecter et revendre des informations sur leurs utilisateurs pour les revendre à des tierces parties… Vous payez donc pour un service (accès à internet) pour lequel l’opérateur va être payé 2 fois…

A lire aussi : Je n’ai rien à cacher donc la surveillance ne me gêne pas !

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Mise à jour: Le 26 June 2019 à 16:03:18