Promouvoir et défendre le logiciel libre

23 March 2017

april.png Nouvelles April

Blockchain et nouvelles formes de gouvernance - Primavera De Filippi

Le 23 March 2017 à 13:38:01


Primavera De Filippi

Titre : Blockchain et nouvelles formes de gouvernance
Intervenants : Primavera De Filippi, CERSA & Harvard Law School - Paul Richardet, VP SOCIETY
Lieu : Paris Open Source Summit 2016 - Plénière Society
Date : Novembre 2016
Durée totale : 13 min 27
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Licence : Verbatim

Transcription

Primavera : Je voulais commencer avec un petit tour de magie, mais je vais le simplifier parce que je ne peux pas trop le faire avec une main. Non, mais ça va aller.

Paul : Je vais te le tenir.

Primavera : Non, mais c’est bon. Donc là j’ai 20 rials, ça ne vaut pas grand-chose, mais surtout le problème c’est que je ne peux les dépenser qu’une seule fois, et donc, qu’est-ce que se passerait si je pouvais les reproduire ? Donc là j’en ai 20, j’en ai 40, j’en ai 60. J’ai maintenant 60 rials. La question donc c’est : est-ce que vous accorderiez vraiment de la valeur à cet argent ? Probablement pas.

Le problème c’est que c’est le système de fonctionnement des banques. Donc depuis que les banques ont la capacité de prêter plus d’argent qu’elles n’en ont, elles peuvent désormais créer de la monnaie, même si de façon théoriquement temporaire, en offrant des prêts à découvert. Et donc aujourd’hui il y a plus ou moins 97 % de tout l’argent qui est en circulation dans le monde qui est fondé sur la dette. Et c’est là, bien sûr, un des facteurs principaux qui a porté à la crise financière de 2008, qui nous a fait perdre pas mal de confiance dans ces institutions financières.

Et pourtant ces institutions ont toujours aujourd’hui un rôle important à jouer, surtout avec le numérique. Donc l’internet nous a permis de communiquer et d’échanger des informations entre pairs, en nous passant des chaînes de télé ou des radios, et il a aussi mené à l’émergence de ces réseaux pair à pair, pour le partage de fichiers, puisque si j’ai un document en format numérique, je peux le reproduire en plein de copies, le distribuer à mes pairs, sans pour autant perdre l’accès à ma propre copie.

Évidemment, cela pose un problème lorsqu’il s’agit d’échanger de l’argent ou tout autre ressource dont la valeur dépend de la rareté. Et c’est pour ça que lorsque l’on veut échanger ou transférer de l’argent sur Internet, on doit passer par des intermédiaires financiers tels que les banques ou PayPal. Et ces opérateurs sont donc responsables de vérifier les transactions et de s’assurer que personne ne peut dépenser plus d’argent de ce qu’il ne possède réellement. Le problème, évidemment, c’est que ces institutions introduisent une nouvelle couche de centralisation sur ce réseau décentralisé qui est l’internet et le système ne fonctionne alors que lorsqu’on fait confiance à ces institutions.

Qu’est-ce qui se passerait si, au lieu de se confier à ces intermédiaires financiers, on créait plutôt un système de paiement décentralisé ?

Ce système, évidemment, il existe déjà c’est Bitcoin, une monnaie virtuelle qui peut être échangée entre pairs, sans passer par aucune banque ou autre institution financière.

Bitcoin1 a été créé en 2008 par un individu qui se cache sous le pseudonyme de Satoshi Nakamoto et, à différence des monnaies traditionnelles telles que les euros ou les dollars qui sont émis par une banque centrale contrôlée par un État, l’émission de bitcoins est déterminée par un protocole informatique qui va définir précisément la quantité totale de bitcoins qui seront créés et la vitesse à laquelle ils vont être générés. Donc aujourd’hui il y en moyenne 12,5 bitcoins qui sont générés toutes les dix minutes.

Et donc, de cette manière, on peut dire que Bitcoin simule, en quelque sorte, les caractéristiques de l’or. L’or ne peut pas être créé à partir de rien, il doit être extrait du sous-sol et plus le temps passe plus la quantité d’or stockée dans le sous-sol s’épuise et plus il devient donc difficile d’en trouver.

Et de la même façon, les bitcoins ne sont pas créés à partir de rien. De nouveaux bitcoins sont générés à chaque fois qu’un ordinateur identifie la solution à un problème informatique, dont la difficulté augmente au fur et à mesure que le réseau grandit. C’est-à-dire que plus les gens investissent de ressources informatiques dans le réseau, plus il devient difficile de générer des nouveaux bitcoins.

Et ce problème informatique est semblable à celui de trouver la solution à un cadenas. Il faut essayer toutes les possibilités pour trouver quelle est la bonne combinaison, mais une fois que le bon chiffre a été trouvé, c’est très facile, pour les autres, de vérifier que c’est correct.

Vous voulez probablement vous demander, puisqu’il s’agit effectivement d’une monnaie virtuelle, comment est-ce qu’on peut s’assurer que les utilisateurs de bitcoins ne peuvent pas reproduire leur argent, un peu comme j’ai essayé de faire avec mes rials. Donc comment peut-on faire confiance à cette technologie ?

Eh bien il s’avère que le protocole de Bitcoin part du principe que tout le monde est un escroc. Il s’appuie donc sur une technologie qui élimine complètement la notion de confiance et qui la remplace par un système qui est fondé sur la preuve. Donc cette technologie c’est la blockchain2, qui est donc une architecture en réseau, qui permet d’échanger de la valeur de façon sécurisée et complètement décentralisée, sans besoin de passer par aucun intermédiaire de confiance.

Comment ça marche exactement ? Eh bien au lieu de confier à un intermédiaire financier la tâche d’autoriser les transactions, sur Bitcoin l’historique de toutes les transactions est détenu dans sa totalité par tous les membres du réseau, qui participent tous à la vérification et à la validation de ces transactions. Et c’est le fait qu’elles sont partagées en réseau qui les rend infalsifiables, puisque si quelqu’un essaie de modifier même une seule de ces transactions, la fraude va être immédiatement détectée par tous les autres membres du réseau.

Et une fois que ces transactions ont été validées, elles sont enregistrées au sein d’un bloc de transactions qui incorpore une référence au bloc précédent. Et cette référence fait partie du même problème informatique dont je vous ai parlé auparavant. C’est-à-dire que la seule façon d’ajouter des données et de valider des transactions sur la blockchain, c’est de trouver la bonne combinaison qui va permettre d’attacher un nouveau bloc de transactions à la chaîne de blocs précédente.

Donc la blockchain ce n’est en fin de compte qu’une longue chaîne de transactions qui se référencent les unes les autres. Et plus longue est cette chaîne, plus grande sera la sécurité du réseau, puisque la modification d’une seule de ces transactions va invalider la référence au bloc précédent ce qui va donc, inévitablement, briser la chaîne.

Donc Bitcoin c’était la première application la blockchain, mais cette technologie a récemment connu une nouvelle vague de popularité depuis que les gens se sont rendu compte que la blockchain peut aussi être utilisée dans de nombreuses applications qui s’étendent bien au-delà du monde de la finance. Car après tout, qu’est-ce que c’est que la blockchain ?

Dans sa définition la plus brute, la blockchain peut être assimilée à un cadastre décentralisé, certifié et incorruptible. Donc à chaque fois qu’une information est enregistrée sur la blockchain, sa source en devient certifiée et l’information ne peut plus être effacée ni modifiée. Donc la blockchain peut servir à authentifier ou à certifier des documents, ainsi qu’à enregistrer des données dont l’intégrité doit absolument être préservée.

Et la blockchain est notamment très utile dans tout ce qui concerne les actes notariés. Aujourd’hui le transfert d’un titre foncier est enregistré sur un cadastre public, administré par un opérateur de confiance, le gouvernement dans ce cas. Avec la blockchain, le transfert des titres de propriété peut se faire de façon automatique et décentralisée. Les notaires deviennent alors obsolètes puisque le transfert de propriété peut être enregistré directement sur la blockchain, qui fait effet de preuve. Et donc cela permet notamment le passage d’un système fondé sur la confiance vers un système qui, lui, est fondé sur la preuve. Et la confiance est donc déléguée à la technologie sous-jacente.

Une autre caractéristique très intéressante de la blockchain, c’est la capacité qu’elle a à transférer des objets numériques d’un bout à l’autre de la planète, de façon décentralisée et sécurisée. Avant l’arrivée de la blockchain on ne pouvait que reproduire des objets numériques, puisque si je vous transfère un document sur Internet, je détiens toujours le contrôle sur ma propre copie. Avec la blockchain, on peut désormais transférer des objets numériques et cela nous permet, pour la première fois, d’appliquer la notion de propriété sur des ressources en format numérique. Donc on ne parle plus seulement de propriété intellectuelle sur les œuvres de l’esprit, mais d’un véritable droit de la propriété sur des objets numériques.

On parle beaucoup de l’internet des objets avec l’apparition de ces dispositifs connectés qui peuvent communiquer les uns avec les autres et qui interagissent avec les gens qui les entourent pour mieux s’adapter à leurs besoins. Et ces dispositifs, soi-disant intelligents, s’approprient les caractéristiques des technologies numériques, telles que la connectivité ou la programmabilité. Et la blockchain permet, en fait, d’obtenir l’effet inverse. C’est-à-dire que, grâce à cette technologie, les objets numériques peuvent se réapproprier des caractéristiques des objets physiques telles que leur rareté, leur unicité et leur transférabilité.

Prenons l’exemple d’une œuvre d’art en format numérique. Il était pendant longtemps impossible de créer des éditions limitées puisque n’importe qui en possession d’une seule de ces éditions pouvait les reproduire en plein de copies identiques. Avec la blockchain les artistes peuvent désormais créer des copies uniques de leurs œuvres numériques et les transférer sur Internet, tout en préservant leur rareté et leur authenticité.

Et enfin, de façon plus générale, qu’est-ce que la blockchain peut apporter aux organisations ?

Cette technologie permet d’expérimenter avec des nouveaux systèmes de gouvernance qui sont fondés sur des modèles moins hiérarchiques et plus décentralisés. Donc grâce à la transparence et à la traçabilité de la blockchain, il est possible pour des individus qui ne se font pas confiance, ou pour des entreprises qui sont en compétition, de collaborer à la production d’un bien en commun, tout en s’assurant que lorsque ce bien sera commercialisé, chacun va pouvoir être récompensé de manière proportionnelle à sa contribution. C’est ce qu’on appelle le modèle de la coopétition, qui est un modèle hybride entre la coopération et la compétition.

Pour illustrer ce concept, prenons l’exemple de la création d’une maquette numérique qui demande la contribution de plusieurs personnes avec des expertises différentes. Au lieu de recruter au sein d’une seule entreprise la totalité de cette expertise, la blockchain nous permet d’expérimenter avec des approches plus ouvertes et plus élastiques, inspirées du modèle open source. N’importe qui va pouvoir contribuer à l’élaboration de cette maquette numérique, qui va donc être réalisée de manière collaborative grâce à la contribution de centaines ou de milliers de personnes. Et chacune de ces contributions va pouvoir être enregistrée sur la blockchain, ce qui va permettre de comptabiliser la valeur qui a été effectivement apportée par chacun de ces individus afin de, potentiellement, les rémunérer en conséquence.

On parle aussi beaucoup du cloud computing et de comment ce modèle a permis de révolutionner les systèmes informatiques de nombreuses entreprises qui ne sont plus obligées d’investir autant de ressources informatiques en interne. Avec la blockchain, le modèle du cloud computing s’étend, en fait, à la structure même de l’entreprise qui devient donc de plus en plus élastique et dynamique.

Pour conclure, ça c’est la slide dédiée à Paul, on peut dire que même s’il a fallu beaucoup de temps pour le réaliser, cette crise de 2008 nous a apporté, en fait, beaucoup de bénéfices puisqu’elle a donné lieu à cette nouvelle technologie qui pourrait nous mener vers l’internet que l’on attendait tous : l’internet de l’amour et de la collaboration.

Paul : Là, franchement ! Parce que hier soir, on avait parlé du fait que j’avais un domaine open love et tout, que je ne savais pas quoi en faire, vous avez peut-être dévoilé ! Bon !

22 March 2017

jzimmermann.png Jérémie ZIMMERMANN

From bad to worse: the del Castillo Report on the European Electronic Communication Code

Le 22 March 2017 à 11:37:12

Paris, 22 March 2017 — The rapporteur for the European Parliament on the European Electronic Communication Code intends to make Europe retreat from the way to a free, developed, fair digital society.

To understand what it's about, let's step back a little.

Since 2002, the regulation of telecommunication has been based on a group of European directives called "the telecom package". The second revision of this package (the first was in 2009) began in September 2016 with the publication by the European Commission of a draft bill for a European Code of Electronic Communication. This massive bill of more than a hundred articles aims to recast and reform the current telecom package. It is now being negotiated at the Council of the European Union, and a report just had been published at the European Parliament. This report published by the MEP Pilar del Castillo (ES - EPP) will be discussed in the coming months.


Our work on Telecom Package on the wiki

The bill of the Commission, a bill for a Telecoms oligarchy

We support the Commission' stated objective: to offer very high speed connectivity, based on optical fibre, to all European citizens. That is obvious. However, we discuss how to arrive there. The Commission's bill is a bill for oligopolies, a bill for the big ones, the three or four large operators in each country, a bill at the expense of the small ones. We knew that this Commission couldn't come up with a bill favorable for citizens. That is probably what, at the last minute, convinced it to assemble into the communication, a collection of policies called "WIFI4EU", as a last outburst before entirely forgetting citizens. As if Wi-Fi were no more than an issue of money, dribbled from the fingers like a handout, and not a set of liberties to conquer.

In the Commission's bill, citizens are not equal before the law. The Universal Service Obligation designed by the Commission makes persons geographically isolated or in difficult situations into second-class citizens. While "mainstream" citizens will benefit from very high-speed Internet access, those benefiting from "Universal Service" will have only "functional" access worthy of the ancient Minitel of 30 years ago. In brief, for city-dwellers the very high-speed digital society, for rural citizens the leftover scraps of a two-speed economy.

Networks are today a common good. Even according to the French national electronic communication regulator Arcep, networks are "an infrastructure of liberty". The Commission is neglecting that when it closes the door of the telecoms market to all the small actors who could build and nourish the wealth of telecommunications.

This restrictive closure of the market is tangible in many ways.

Opposed to the demands of European Community Networks, the Commission favored powerful operators substantially by completely deregulating investment in the as-yet undefined new network elements. It was the same when it proposed not to regulate the structurally separated operators. The Commission also handed operators a beautiful gift by offering them individual rights to radio frequencies for 25 years while counting on the secondary frequency market to keep it all working. Once again this flies in the face of history, because today Wi-Fi, and thus free frequencies, transmit more data than all other technologies combined.

But in this fight for the open spectrum, the Commission has defended the sharing of radio frequencies since 2012, and in this text has made a number of proposals in favor of the sharing of radio frequencies in the draft code. Maybe in good faith, but without taking care to establish a coherent and readable framework for the open spectrum, too sure to be swallowed by the Member States.

Those are a few illustrations of the slippery slope on which the Commission places itself against citizens, against the digital society, against innovation. But that is nothing compared to what the rapporteur, MEP Pilar del Castillo, foresees for this recast of telecoms law in Europe.

The "del Castillo" report, a report for private monopolies (i.e the nightmare)

Pilar del Castillo is no stranger to us. She never fails to place her portfolio of responsibilities at the service of the industry: an industry with which she cultivates privileged relations and to which she offers the most beautiful presents. Her report on the Code is one of them.

Determined in her quest for European breakage, Mrs del Castillo doesn't hesitate to dig deeper the gap opened by the Commission. European regulation must not merely be written for an oligarchy, it must be made for a monopoly. But not any old type of monopoly. The public monopolies which Europe has fought against when they were State property, the rapporteur now plans to give to private companies -- the incumbent operators, those now-privatised former monopolies.

To this end, the regulatory shortcomings explained above are extended and made more vague. The control of the regulator is reduced and traded off for more or less fair development. The idea that the optic fibre and a high speed symmetrical broadband are supposed to be objectives, is simply put rewritten to a mere placebo for copper networks. And, of course, no progress on what we could expect from a representative of the European people.

But where the intervention of the MEP is even worst, it is regarding the spectrum. The minimum of 25 years rights on public domain radio frequencies, has been extended to 30 years! 30 years. Here is what will block European economy, here is what will build fortresses around the kings of the digital economy, those incumbent operators re monopolising. And let's not forget the total lack of possibility of interventions on the rights to use the spectrum given to those operators. Finally, because the benefits of the biggest will be pale into insignificance if they were not associated with the privation of the smallest, the unstable provisions by the Commission in favor of the open spectrum are literally eradicated by the rapporteur. Do not think about sharing. Do not think about innovation. Mostly, do not think especially about freedom.

On the ruins of the Telecoms in the making, the only positive provision of this report is the suppression of the administrative fees for the small operators... There is always a small gift for those left behind.

april.png Nouvelles April

L'April publie son rapport d'activité 2016

Le 22 March 2017 à 11:16:47

Page de couverture du rapport d'activité 2016

L'April publie son rapport d'activité 2016 (79 pages), et vous invite à le consulter en ligne ou en version PDF.

2016 a de nouveau été une année riche en actions.

Au niveau national, l'année a été marquée par la loi « pour une République numérique », promulguée le 7 octobre 2016. Travail de sensibilisation auprès des parlementaires, rédaction d'argumentaires et propositions d'amendements, l'April a activement milité pour l'inscription d'une priorité au logiciel libre dans loi. Mais c'est un simple « encouragement », sans valeur normative, qui a été adopté. Cependant la richesse des débats au Parlement traduit la compréhension croissante des enjeux par les décideurs politiques.

Image extrait reportage Cash Investigation

Notons également la visibilité grand public que l'émission « Cash Investigation » a donné au contrat « Open Bar » Microsoft/Défense. L'April a été un acteur clé de la mise en lumière de ce dossier ces dernières années.

Toujours au niveau national, le travail de défense et de promotion s'est poursuivi sur de nombreuses thématiques :

  • les DRM (dispositifs de contrôle d'usage ou menottes numériques) avec la rediffusion d'une vidéo concernant la question des livres électroniques avec DRM ;
  • le partenariat indigne entre l'Éducation nationale et Microsoft, sur lequel l'April a été régulièrement sollicitée dans les médias, notamment grâce à l'action du collectif Édunathon
  • la première édition du « Label territoire numérique libre » initié par l'Adullact et dont l'April est membre du comité d’orientation et du jury
  • l'impact de la loi de finances 2016 sur les logiciels de comptabilité ou de gestion ou un système de caisse
  • l'ExpoLibre, collection de panneaux d'information concernant le logiciel libre, traduite en anglais, à présent disponible au format A1 et qui a été présente à plusieurs événements
  • de nombreuses conférences données, l'animation de stands à des salons et événements
  • une édition 2016 de Libre en Fête qui a été un succès (162 événements référencés)
  • une centaine de transcriptions d’enregistrements et de vidéos, concernant le Libre en général afin de faciliter indexation, accessibilité, réutilisation.
Image de l'Expolibre dans une bibliothèque

Au niveau international notons une proposition de réforme particulièrement rétrograde de la Commission européenne sur la directive sur le droit d'auteur ; le « Brexit » qui a mis un coup de frein au projet de brevet unitaire ; le rejet sans fondement de la qualification de « vente forcée » par la CJUE, mais aussi les avancées en termes d'ouverture des codes sources des logiciels utilisés par les administrations publiques en Bulgarie et aux États-Unis.

Par ailleurs, l'April se réjouit entre autres de l’adhésion du Sgen-CFDT, première adhésion d’un syndicat du secteur éducatif, mais aussi de la Ville de Digne-les-Bains et du SITPI qui affirment ainsi leur engagement en faveur du logiciel libre.

L'année 2016 a été aussi et surtout l'année de la célébration des 20 ans de l'April ! Pour fêter dignement cet anniversaire, nous avons organisé ou participé à 13 événements partout en France entre novembre 2016 et janvier 2017. Cet anniversaire a été également l'occasion de proposer de nouveaux « goodies » ; un t-shirt 20 ans « logiciel libre, société libre » en deux coloris, un sac modèle « tote bag » portant la même maxime et trois modèles de décalcomanies !

Image du sac April

L'année 2017 sera à l'évidence marquée par les élections nationales françaises et la révision de la directive sur le droit d'auteur. L'April soutient et participe au collectif Connaissance Libre 2017 qui souhaite que chacun des candidats à l'élection présidentielle française de 2017 exprime sa position au sujet de la libre diffusion de la connaissance. L'April continuera sans relâche de militer pour que lumière soit faite sur l'accord « Open Bar » Microsoft/Défense notamment en insistant sur la nécessité d'une commission d'enquête parlementaire. Cette année sera également ponctuée par le retour des Rencontres mondiales du logiciel libre (RMLL) à Saint-Étienne, par de nouvelles interventions et documents de sensibilisation, voire peut-être par la naissance d'un chaton April, pour proposer divers services en ligne, libres et loyaux. L'édition 2017 du Libre en Fête se déroule ces jours-ci, avec déjà 85 événements référencés. Enfin, nous accueillerons avec plaisir début avril une nouvelle permanente au poste d'assistante administrative, Isabelle Engel.

C’est grâce à l’engagement et au soutien de tous, permanents, bénévoles et membres de l’April que nous pouvons mener nos actions pour les libertés.

Ensemble, continuons à promouvoir et à défendre l’informatique libre !

Rejoignez l'April dès maintenant !

L'April participe au collectif « Pour la connaissance libre 2017 »

Le 22 March 2017 à 08:54:56

Image d'illustraio Riboul

L'April soutient et participe au Collectif Connaissance Libre 2017 qui souhaite que chacun des candidats à l'élection présidentielle française de 2017 exprime sa position au sujet de la libre diffusion de la connaissance.

Le collectif regroupe « des personnes et des groupes qui œuvrent pour la promotion des biens communs informationnels et la libre diffusion du savoir ». Il est actuellement soutenu par Wikimédia France, OpenStreetMap France, Creative Commons France, Framasoft, Mozilla, la Paillasse, Paléo-Energétique, Vecam, SavoirsCom1 et l'April. Le collectif a préparé 12 questions qu'il a adressées aux candidats à l'élection présidentielle. Les réponses à ces questions offriront aux personnes sensibilisées à ces thématiques des éléments supplémentaires afin d'éclairer leur choix au moment de voter.

Pour prendre connaissance des questions (et des réponses à venir), rendez-vous sur le site dédié.

Crédit photo : L'image d'en-tête est une œuvre dérivée de "Louvre Museum Wikimedia Commons" par Benh LIEU SONG utilisée sous les termes de la licence cc-by-sa 3.0 Unported. Cette œuvre dérivée, réalisée par le collectif ConnaissanceLibre2017, est disponible selon les termes de cette même licence.

21 March 2017

april.png Nouvelles April

LibrePlanet les 25 et 26 mars 2017

Le 21 March 2017 à 09:11:59

25 Mars 2017 - 00:00
26 Mars 2017 - 00:00

LibrePlanet est la conférence annuelle de la Free Software Foundation (Fondation pour le Logiciel Libre). L'édition 2017 aura lieu au MIT (Massachusetts Institute of Technology) à Cambridge (États-Unis) les 25 et 26 mars 2017.

photo de Marianne CorvellecMarianne Corvellec, membre du conseil d'administration de l'April, sera présente et donnera une conférence sur le thème "The GNU philosophy: Ethics beyond ethics". La conférence de Marianne aura lieu dimanche 26 mars de 16h35 à 17h20, heure de Cambridge, donc de 22h35 à 23h20 heure Paris.

Les conférences seront diffusées en direct, toutes les informations pratiques et le programme sont disponibles sur le site du LibrePlanet 2017.

20 March 2017

tnitot.png Tristan NITOT

Recette de choux farcis

Le 20 March 2017 à 17:01:00

En mai 2003, au tout début du Standblog, je lançais une nouvelle rubrique dédiée à la cuisine… sauf que j’ai manqué de motivation pour la tenir à jour. Mais il se trouve que ma recette de choux farcis semble être restée dans les mémoires, il me fallait l’exhumer. Voici donc la recette du choux farci, comme on le fait en Haute-Auvergne ou dans l’Aubrac.

Chou farci, pour 6 ou 7 personnes.

  • Prendre un chou, enlever le trognon et les feuilles extérieures abimées, faire blanchir dans l’eau bouillante légèrement salée puis rincer à l’eau froide.
  • Faire revenir 750g de chair à saucisse. Ajouter du pain blanc trempé dans du lait. Hacher 3 oignons, une poignée de persil, saler, poivrer, mélanger le tout. Si on a peur de manquer, on peut rajouter deux œufs (j’ai souvent peur de manquer, pas vous ? :-)
  • Égoutter le chou, le garnir avec cette farce onctueuse. Si on a du temps à perdre et la patience qui va avec, faire des choux individuels : une toute petite feuille, une cuillerée de farce, une feuille un peu plus grosse par dessus, une grosse cuillerée de farce, et ainsi de suite et on ferme avec une grosse feuille et un peu de ficelle.
  • Si on a choisi la version “un seul gros chou”, rabattre les dernières feuilles et ficeler.
  • Dans une cocotte ronde en fonte, mettre un peu d’huile et mettre une couenne de lard (coté lard contre la fonte).
  • Ajouter 5 carottes coupées en rondelles. En option : thym et laurier, voire quelques tomates (pelées, c’est encore mieux !)
  • Poser le(s) chou(x). Y poser deux fines tranches de lard.
  • Ajouter un verre d’eau. Saler et poivrer légèrement. Cuire au moins deux heures avec le couvercle.

La préparation :

Le résultat dans la cocotte :

Dans l’assiette :

Bonne dégustation !

april.png Nouvelles April

Revue de presse de l'April pour la semaine 11 de l'année 2017

Le 20 March 2017 à 14:09:19

La revue de presse de l'April est régulièrement éditée par les membres de l'association. Elle couvre l'actualité de la presse en ligne, liée au logiciel libre. Il s'agit donc d'une sélection d'articles de presse et non de prises de position de l'association de promotion et de défense du logiciel libre.

Sommaire de la revue de presse de l'April pour la semaine 11

[L'OBS] Loi République numérique: il va falloir s'armer de patience

Par Thierry Noisette, le vendredi 17 mars 2017. Extrait:
> Goulot d'étranglement de fin de mandat, retours de Bruxelles à venir: l'open data passera sans problème, en revanche l'accessibilité ou la loyauté des plateformes dépendront du gouvernement suivant.
Lien vers l'article original: http://tempsreel.nouvelobs.com/rue89/sur-le-radar/20170317.OBS6743/loi-republique-numerique-il-va-falloir-s-armer-de-patience.html

[Numerama] Copyfraud: aucune œuvre de cette exposition n'a le droit d'être présentée

Par Julien Lausson, le vendredi 17 mars 2017. Extrait:
> Ce week-end, une exposition à Paris défie et tourne en dérision le copyfraud, terme qui regroupe les dérives de la propriété intellectuelle. Il s'agit pour les responsables de sensibiliser le grand public sur ce problème et d'inviter le personnel politique à y remédier.
Lien vers l'article original: http://www.numerama.com/pop-culture/241526-copyfraud-aucune-oeuvre-de-cette-exposition-na-le-droit-detre-presentee.html

[Numerama] Marre de Windows ou macOS? Ces 5 distributions Linux pourraient vous convertir

Par Corentin Durand, le jeudi 16 mars 2017. Extrait:
> Numerama aime Linux. Toutefois le dire et l'écrire ne suffit pas: il faut également raconter les histoires du monde du libre et inviter nos lecteurs à découvrir de belles alternatives à Windows ou macOS. Ce guide vous propose 5 solutions prêtes pour l'avenir, belles et libres.
Lien vers l'article original: http://www.numerama.com/tech/240961-marre-de-windows-ou-macos-ces-5-distributions-linux-pourraient-vous-convertir.html

[Afis] Ouverture, transparence et confiance dans les logiciels

Par Jean-Paul Delahaye, le mardi 14 mars 2017. Extrait:
> Pour tenter d’éviter cela, on a conçu les logiciels «open source». Ce que fait un logiciel «open source» est public et compréhensible par quiconque dispose des compétences lui permettant d’analyser un programme. S’il y a réellement des gens intéressés par cette transparence et qui se donnent la peine d’analyser les programmes «open source» – c’est le cas le plus souvent – pour en contrôler le comportement annoncé et programmé, on a là une protection contre de nombreux abus des logiciels « propriétaires » dont les sources (le détail du fonctionnement sans masque) sont cachées.
Lien vers l'article original: http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article2774

[ZDNet France] La surveillance de masse fonctionne-t-elle? Rien ou presque ne le prouve

Par Christophe Auffray et Zack Whittaker, le lundi 13 mars 2017. Extrait:
> Céder une partie de ses droits et libertés en acceptant la surveillance de masse est-il un compromis acceptable ? Ce n'est même pas sûr selon le rapporteur spécial de l'ONU, pour qui les lois sont avant tout "fondées sur la psychologie de la peur".
Lien vers l'article original: http://www.zdnet.fr/actualites/la-surveillance-de-masse-fonctionne-t-elle-rien-ou-presque-ne-le-prouve-39849692.htm#xtor%3DRSS-1

Et aussi:
[Numerama] L'ONU appelle la France à arrêter de jouer la «carte de la peur»

[La Tribune] Pour redynamiser notre économie, nous devons conquérir notre souveraineté numérique

Par Gaël Duval, le lundi 13 mars 2017. Extrait:
> Quel est le rapport entre notre économie moribonde, notre Souveraineté Numérique, et les investissements massifs des USA dans l'armée et la conquête spatiale dans les années 40, 50 et 60? Aucun lien direct, en apparence... Par Gaël Duval, entrepreneur
Lien vers l'article original: http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/pour-redynamiser-notre-economie-nous-devons-conquerir-notre-souverainete-numerique-658327.html

Note

Les articles de presse utilisent souvent le terme « Open Source » au lieu de Logiciel Libre. Le terme Logiciel Libre étant plus précis et renforçant l'importance des libertés, il est utilisé par l'April dans sa communication et ses actions. Cependant, dans la revue de presse nous avons choisi de ne pas modifier les termes employés par l'auteur de l'article original. Même chose concernant l'emploi du terme « Linux » qui est généralement utilisé dans les articles pour parler du système d'exploitation libre GNU/Linux.

tnitot.png Tristan NITOT

En vrac du lundi

Le 20 March 2017 à 13:25:00

En vedette

Tim Berners-Lee, inventeur du Web, à l’occasion du 28e anniversaire du jour où il a soumis le rapport qui devait donner naissance au Web, fait part de ce qui l’empêche de dormir la nuit. La première de ses préoccupations correspond bigrement à ce qui m’occupe chez Cozy Cloud :

1) Nous avons perdu le contrôle de nos données personnelles

Le modèle d’affaires actuel de beaucoup de sites est offrir des contenus gratuits en échange de nos données personnelles. Nous sommes nombreux à l’accepter – ne serait-ce que par l’approbation d’un long et obscur contrat de conditions d’utilisation. Fondamentalement, nous ne voyons pas d’inconvénients à la collecte de certaines informations personnelles en échange de services gratuits. Cependant, quelque chose nous échappe. Quand nos données sont conservées dans des silos propriétaires, hors de notre vue, nous perdons les bénéfices que nous pourrions en tirer si nous en avions le contrôle direct et si nous pouvions choisir quand et avec qui les partager. Qui plus est, nous n’avons souvent aucun moyen de signaler aux entreprises quelles données nous préférerions NE PAS partager, particulièrement avec des tiers. Les conditions générales sont du tout ou rien.

Cette collecte très systématique de données par les entreprises a aussi d’autres implications. En collaborant avec les entreprises du Web – ou en leur forçant la main – les gouvernements surveillent toujours plus nos moindres mouvements en ligne, et votent des lois radicales qui piétinent nos droits à la vie privée. Dans les régimes répressifs, il est facile de constater les torts ainsi causés : des blogueurs peuvent être arrêtés ou assassinés, les opposants politiques peuvent être espionnés. Même dans les pays où nous croyons que le gouvernement a l’intérêt des citoyens à cœur, la surveillance de tous, tout le temps, va tout simplement trop loin. Les conséquences sur la liberté d’expression sont effrayantes et le Web cesse d’être utilisé comme espace d’expression sur nombre de sujets sensibles comme la santé, la sexualité ou la religion.

La réponse — forcément au vitriol — d’Aral Balkan est intitulée Nous n’avons pas perdu le contrôle, il nous a été volé, traduit en français par l’indispensable Framablog.

Bien sûr, et on pourra le regretter, Tim Berners-Lee est un peu coincé et n’ose pas citer comme coupables les vrais responsables de la perte de contrôle de nos données personnelles, à savoir Google, Facebook et les innombrable start-ups pour qui les données sont le pétrole du XXIe S. En effet, ce sont ces sociétés qui contribuent et financent en bonne partie le W3C, l’organisme de standardisation du Web, créé par Tim Berners-Lee. Paradoxalement, ce dernier appelle les géants du numérique au secours pour nous défendre contre les fakes news. À coté de cela, il met un lien vers le projet Solid du MIT, un genre de Cloud personnel (Comme Cozy Cloud !) avec une architecture un peu différente, qui permet, comme Cozy, aux utilisateurs de reprendre le contrôle des données personnelles par chacun… J’en parle dans un récent billet du blog Cozy.

En vrac

19 March 2017

Philippe SCOFFONI

Ouvrir un terminal distant dans Nemo

Le 19 March 2017 à 21:19:13

J’ai dû changer de machine tout récemment, et cela passe souvent par une remise en question de son environnement de travail. C’est à ce moment là qu’on se rend compte de tous ces petits « trucs » que l’on avait ajouté de ci de là pour optimiser son travail au quotidien.

Dans mon cas, je viens de passer d’une Ubuntu 14.04 + XFCE  à une Ubuntu 16.04 + Cinnamon. J’apprécie ce bureau je dois bien le dire. Mais là n’est pas le sujet de ce billet.

J’utilisais Nautilus avec XFCE. Sous Cinnamon, nous avons par défaut son clone dénommé Nemo. Je travaille souvent sur des machines virtuelles distantes, auxquelles j’accède en ssh via un VPN. J’utilise le gestionnaire de connexions Gigolo pour initialiser les connexions. L’authentification se fait par clé, ce qui me fournit une connexion « instantanée ».

Avec Nautilus, j’utilisais la fonction « Ouvrir dans un terminal » pour lancer un terminal ssh sur la machine virtuelle et exécuter des commandes. En passant sous Nemo, cette fonction existe, mais elle n’ouvre pas une session ssh distante, mais une session locale.

Il est heureusement possible d’ajouter des scripts et des actions dans Nemo. Mes recherches m’ont conduites à cette page qui indique la marche à suivre. Bien que indiqué pour Ubuntu 13, la solution proposée reste valide.

Il convient de placer dans le dossier .local/share/nemo/actions deux fichiers contenant, pour l’un la description du menu à ajouter et pour l’autre un script en Python se chargeant de l’appel du terminal.

Ajout du menu via le fichier remote_terminal.nemo_action

[Nemo Action]
Name=Ouvrir un terminal distant
Comment=Open current folder in remote terminal
Name[de]=Im entfernten Terminal öffnen
Comment[de]=Aktuellen Ordner im entfernten Terminal öffnen
Exec=<remote_terminal.py %F>
Icon-Name=terminal
Selection=none
Extensions=dir;
Dependencies=ssh;

Le script python remote_terminal.py

#!/usr/bin/env python2
# -*- coding: utf-8 -*-

import sys
import subprocess

path = sys.argv[1]

if '/sftp:' in path:
 sftp = path.split('/sftp:', 1)[1]
 settings = {}
 options, sep, settings['path'] = sftp.partition('/')
 for opt in options.split(','):
 name, sep, value = opt.partition('=')
 settings[name] = value

cmd = ['terminator', '-e',
 'ssh %(user)s@%(host)s -t "cd /%(path)s && bash --login"' % settings]
else:
 cmd = ['terminator', '--working-directory', path]

subprocess.call(cmd)

J’ai juste changé le terminal appelé en remplaçant gnome-terminal par terminator que je préfère à ce dernier. Le résultat en vidéo.




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Article original écrit par Philippe Scoffoni le 19/03/2017. | Lien direct vers cet article

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april.png Nouvelles April

Licences à réciprocité : nouvelle piste pour le développement des Communs - Lionel Maurel

Le 19 March 2017 à 17:03:22


Lionel Maurel

Titre : Les licences à réciprocité : une nouvelle piste pour le développement des Communs
Intervenant : Lionel Maurel
Lieu : Capitole du Libre - Toulouse
Date : Novembre 2016
Durée : 57 min 11
Visualiser la conférence
Diaporama support de la conférence
Licence de la transcription : Verbatim

Transcription

Présentateur : On enchaîne avec Lionel Maurel qui est conservateur dans une bibliothèque universitaire à Nanterre, je dirais.

Lionel Maurel : Oui.

Présentateur : Ouf ! Fondateur du collectif SavoirsCom11, tu es aussi participant à La Quadrature du Net2, membre de l’AG non ?

Lionel Maurel : Conseil d’administration.

Présentateur : Conseil d’administration, et tu vas nous parler, donc Simon a fait une belle introduction, sur les licences à réciprocité, quelques pistes pour le développement des communs. Ça avait été, effectivement, une piste que le collectif avait déjà évoquée l’an dernier, il me semble. Il y avait eu un atelier à Paris sur cette question-là, il y a un an. Je te laisse la parole et puis on aura un quart d’heure de discussions d’ici une petite demi-heure. Je vais prendre mes papiers du coup.

Lionel Maurel : Merci. En fait, la présentation que je vais vous faire s’inscrit assez bien à la suite de celle que Simon vient de nous présenter. Moi je vais vous parler d’une réflexion qui est en cours, à la fois dans le monde des personnes qui s’intéressent aux communs et qui, aussi, vient beaucoup de la question du logiciel, qui est celle des licences à réciprocité. Donc c’est une présentation qui va avoir surtout un contenu juridique, on va parler des licences donc des contrats qu’on attache à des ressources pour en permettre la réutilisation. Et vous avez en ce moment, dans le mouvement des personnes qui s’intéressent aux communs, toute une réflexion pour créer de nouvelles licences, c’est-à-dire après les licences de logiciel libre. On connaît, par exemple, la GNU GPL3, qui est la première licence de logiciel libre créée par Richard Stallman qui a donné naissance, en fait, au mouvement du logiciel libre. Il y a des gens qui réfléchissent à écrire de nouvelles licences en se disant que les licences actuelles de logiciel libre ont des avantages certains, mais que ce n’est peut-être pas la meilleure solution si on veut développer ce qu’on appelle une économie des communs. Et notamment, c’est toute une réflexion pour essayer de voir comment on peut créer une relation de réciprocité entre les acteurs qui développent des communs et les entreprises privées. Et vous allez voir qu’il y a tout un foisonnement, actuellement, de personnes qui inventent de nouvelles licences, qui essayent des concepts. Simon a montré, un petit peu, ce que le logiciel libre pouvait apporter aux communs. Là c’est peut-être l’inverse, c'est-à-dire c’est qu'est-ce que les personnes qui réfléchissent aux communs peuvent apporter, en retour, au logiciel libre pour changer, un petit peu, la manière dont les choses se passent.

C’est une réflexion qui n’est pas complètement aboutie, qui part un petit peu dans tous les sens, vous allez voir, et j’avoue que moi-même je n’ai pas encore d’avis complètement fixé sur la question. C’est une des premières fois que je fais une conférence d’ailleurs, sans avoir un avis fixé sur la question que je vais présenter, donc ça appelle le débat. Et notamment, si vous venez du monde du logiciel libre, vous allez voir que ça appelle quand même le débat, parce que ça peut aussi revenir sur certains fondamentaux de ce qu’était la philosophie du logiciel libre.

Ça c’est le plan de vol, mais on va passer directement.

Pour comprendre la question, il faut aller aux origines de ce qu’est le logiciel libre et, notamment, de ce qu’est une des clauses qui figure dans les licences de logiciel libre, qu’on appelle le copyleft. Je ne sais si vous connaissez ce mécanisme, qui vient, en fait, de la toute première licence de logiciel libre qui est donc la GNU GPL4, qui a été écrite par Richard Stallman au milieu des années 80, la première réflexion, et ensuite au début des années 90. Cette clause, en fait, c’est ce qu’on appelle le partage à l’identique, ou le Share Alike, ça impose que vous êtes libre de réutiliser la ressource, mais si vous y apportez des modifications, vous devez placer votre propre production, avec ses modifications, sous la même licence d’origine. C’est l’élément de la licence GNU GPL qui fait qu’elle est libre au sens fort du terme. Pourquoi est-ce que Richard Stallman a créé, en fait, cette clause ?

J’ai trouvé l’explication dans un livre qui s’appelle Histoire et cultures du Libre, édité chez Framabook5, qui est d’ailleurs en vente en bas si vous le voulez. En fait, Richard Stallman avait fait un logiciel qui s’appelait Emacs6, qui était sous une licence qui permettait la libre réutilisation, mais qui n’avait pas cette clause originellement. Quelqu’un est venu prendre son logiciel, a fait une version dérivée et une entreprise a utilisé cette version dérivée. Et Richard Stallman a trouvé que l’amélioration qu’avait faite ce développeur était particulièrement intéressante ; donc il a voulu lui-même réintégrer cette amélioration dans son propre logiciel. Et à ce moment-là l’entreprise lui a dit : « Non, parce que cette version-là, moi j’ai mis un copyright dessus et je t’interdis de réintégrer ce qu’on a construit à partir de ton logiciel dans ta version. »

Donc en fait, il a été privé de la possibilité d’intégrer dans Emacs ce qui avait été construit à partir de ce qu’il avait lui-même mis sous licence libre. Et c’est là qu’il a compris qu’il fallait un mécanisme de protection et dans la phrase il dit : « Conditionnant la licence au sens de permission à une certaine réciprocité, il se servit ainsi de ses propres droits d’auteur pour limiter toute réappropriation par un autre. » Donc cette clause de copyleft, si vous voulez, elle empêche ce que dans le monde des communs on appelle l’enclosure, c’est-à-dire que quelqu’un puisse refermer ce qui avait été ouvert une première fois. On peut le réutiliser, on peut le réutiliser aussi dans un cadre commercial, et vous allez voir que c’est hyper important, mais on ne peut jamais supprimer la liberté qui a été donnée une première fois. Et c’est ça qui fait la marque de ce qu’on appelle la philosophie du logiciel libre, c’est le fait qu’on ne puisse pas reprendre la liberté qui a été donnée par celui qui a voulu libérer son logiciel.

Donc en gros, souvent on dit : « C’est une logique de pot commun ». Une fois que vous avez ouvert un logiciel et qu’il est libre, vous créez un pot commun parce que toute personne qui puise dans ce pot est obligée de remettre ses propres apports. Et ça crée, en fait, une ressource qui est alimentée en permanence par ceux qui viennent puiser dedans. Et c’est ce cercle vertueux qui fait le copyleft, la force du copyleft.

Par contre, il n’y a pas de discrimination que moi j’appelle organique, c’est-à-dire selon la nature des acteurs. Ce n’est pas parce que vous êtes une entreprise que vous ne pouvez pas utiliser un logiciel libre. C’est très fort dans la communauté du logiciel libre de ne pas exclure des acteurs simplement sur ce qu’ils sont. Il n’y a pas de discrimination selon la nature des utilisateurs. Vous êtes quelqu’un, un individu, vous pouvez utiliser le logiciel libre ; vous êtes une administration, vous pouvez l’utiliser ; vous êtes une entreprise, même une entreprise du CAC 40, même l’entreprise qui fait les marges de profit les plus élevées, vous pouvez utiliser le logiciel libre. Pas de discrimination selon les acteurs.

Et une chose qui est très forte dans le logiciel libre, c’est que l’usage commercial n’est jamais considéré, en soi, comme une enclosure ou comme quelque chose sur lequel on doit porter un jugement. Ce n’est pas, en soi, l’usage commercial qui pose problème. Ce qui pose problème, c’est qu’on supprime une des quatre libertés fondamentales du logiciel libre qui sont établies dans la licence : utiliser, étudier, distribuer, améliorer. Si vous utilisez le logiciel d’une manière qui cherche à restreindre ces quatre libertés, là vous faites une enclosure. Mais si vous en faites un usage commercial, vous n’êtes pas affecté par les clauses de la licence. Elle est neutre de ce point de vue-là.

On sait que, historiquement, il y a eu un gros débat entre, initialement, Richard Stallman qui a créé cette philosophie du logiciel libre, et Eric Raymond, sur l’open source qui visait, justement, à faire des licences plus permissives, qui ne contiennent pas la clause de Share Alike ou de copyleft et qui permettaient notamment à des acteurs commerciaux, des entreprises, d’aller puiser dans un logiciel ouvert et de remettre un copyright sur leurs propres apports. Et ça, ça a fait une discussion, je dirais quasiment violente, entre ces deux acteurs, parce qu’il y avait deux différences de philosophie : une qui considérait que la réciprocité devait être absolument exigée dans le fait de ne pas remettre de copyright sur les versions dérivées et une qui était beaucoup plus permissive en disant : « Eh bien non, ce n’est pas un problème que les entreprises remettent un copyright sur leurs propres développements ». Ça, ça a été un des débats historiques du logiciel [libre, NdT] ces dernières années.

Et puis, en 2001, vous avez création d’une autre famille de licences qui s’appellent les licences Creative Commons7 qui sont, en fait, une simplification des licences de logiciel libre et, en plus de ça, une extension à d’autres objets, notamment tous les objets de la culture : les livres, les vidéo, les musiques, les jeux vidéos. Tous ces contenus-là peuvent être mis sous ces licences Creative Commons qui fonctionnent avec des clauses, et la licence Creative Commons rajoute une clause qu’on appelle le NC – non commercial – qui permet d’interdire l’usage commercial d’une ressource qu’on a placée sous cette licence.

Moi, j’ai appelé ça un peu la clause de la discorde, parce que quand ces licences sont sorties, toute une partie de la communauté du Libre les a très violemment critiquées comme étant, en fait, une régression par rapport aux licences de logiciel libre et ce débat est toujours vivant. C’est-à-dire qu’il y a toute une partie de la communauté du Libre qui rejette les licences Creative Commons parce qu’elles permettent de refermer les usages et d’interdire les usages commerciaux. En fait, ça ne veut pas dire que les usages commerciaux sont interdits. Si vous mettez un roman que vous avez créé sous une licence Creative Commons avec la clause NC, ce que vous dites c’est que si jamais un éditeur veut le prendre et, par exemple, l’imprimer et le vendre, il devra venir vous voir, vous demander l’autorisation et là vous pourrez le soumettre à paiement. Ça ne veut pas dire que c’est interdit : c’est interdit à priori, mais c’est soumis à autorisation préalable et là, on repasse dans le système du droit d’auteur classique.

Récemment les Creative Commons sont passées à la version 4.0 ; c’était il y a deux ans. Il y a eu une énorme mobilisation d’une partie de la communauté qui demandait à Creative Commons de supprimer cette clause pour que les licences Creative Commons deviennent toutes vraiment libres. Et au final, Creative Commons a décidé de ne pas la supprimer. Ça, ça vous montre un peu la tension qu’il peut y avoir autour de l’idée d’interdire ou de contrôler l’usage commercial d’une ressource et ça crée des divisions dans la communauté.

Un exemple d’effet négatif d’une licence NC, c’est par exemple ça : c’était un projet qui consistait à mettre Wikipédia ou des parties de Wikipédia sur des clefs USB, pour les distribuer dans des zones géographiques où il n’y a pas de couverture internet, notamment en Afrique. Et ce projet-là, en fait, vendait les clefs pour pouvoir avoir une rentabilité financière. Si Wikipédia était en NC, eh bien ce projet ne pourrait pas voir le jour, en fait, parce que le fait de vendre les clefs serait un usage commercial et il faudrait demander l’autorisation. Et demander l’autorisation à l’échelle de Wikipédia, ça veut dire demander l’autorisation à chaque contributeur, c’est juste impossible ! Donc ça, ce sont souvent des exemples où on dit : « Non, il ne faut pas contrôler les usages commerciaux parce qu’il y a des usages commerciaux qui sont vertueux, qui ne sont pas problématiques. » Donc, vous voyez, il y a ces débats-là.

Et après, vous avez aussi le débat sur la place des entreprises dans le développement des logiciels libres. Là je vous ai mis un schéma. On sait qu’un logiciel comme Linux, par exemple, est, en fait, devenu extrêmement dépendant des apports des entreprises. On estime qu’il y a plus de 70 % des contributions au noyau Linux qui sont effectuées par des salariés rémunérés par des entreprises. Et celle qui a le plus contribué, en fait ces dernières années, au développement de Linux, c’est IBM. Donc IBM devient un acteur central dans le développement de Linux. Et là vous avez tout un nuage de noms d’entreprises qui, en fait, payent des développeurs salariés pour contribuer à Linux. Donc cette situation-là, elle montre l’intérêt de permettre l’usage commercial, parce que l’entreprise ne fait pas ça par philanthropie. Elle le fait parce qu’elle-même elle réintègre Linux dans ses propres produits et elle trouve un intérêt à pouvoir utiliser ce logiciel libre. C’est devenu une stratégie de certaines entreprises commerciales et c’est une bonne chose, quelque part, d’utiliser le Libre.

Mais ça a des contreparties. C’est-à-dire qu’après, il faut que le projet au logiciel libre arrive à conserver son indépendance dans son développement vis-à-vis de l’entreprise. Parce qu’il est bien certain qu’une entreprise qui va beaucoup investir dans un logiciel libre, à un moment donné, pourra essayer de capturer, en fait, la gouvernance et ça arrive très souvent. Vous savez que Wikipédia, par exemple, est très dépendante du financement par Google, très dépendante ! Et il y a des vraies questions qui se posent, par exemple sur la composition du board de Wikipédia ; vous avez beaucoup de gens qui sont passés par Google. Il y a eu, récemment, je ne sais pas si vous avez suivi, un vote de la communauté pour destituer la présidente de la Wikimedia Foundation qui, en fait, a été accusée d’avoir des liens trop puissants avec cette entreprise.

Donc il y a une vraie question sur « oui, d’accord, c’est très important que les entreprises participent au logiciel libre » et, dans ce que je voulais dire tout à l’heure aussi, c’est un élément du passage à l’échelle. C’est-à-dire qu’un projet qui n’est pas soutenu par des entreprises en logiciel libre aura beaucoup de mal à passer à l’échelle et à devenir important au niveau mondial. Mais ça se paye, ça se paye en risque de capture de la gouvernance.

Et puis, est-ce qu’on peut vraiment dire qu’il n’y a aucun problème avec les entreprises ? Ça, ça a toujours été la philosophie de Richard Stallman avec le logiciel libre. Richard Stallman, vous le verrez très rarement tenir un discours anti-capitalistique, ce n’est pas du tout sa philosophie, à Richard Stallman. Il n’a pas un discours de critique frontale. Il critique certaines entreprises comme Microsoft qu’il accuse d’avoir un comportement privateur, mais il ne va pas critiquer, en soi, le modèle de l’entreprise. Jamais ! Or, est-ce que c’est vrai qu’on n’a aucun problème avec les entreprises ?

Je vous avais mis un chiffre d'un article que j’avais trouvé qui disait qu’en France vous avez 50 % du trafic qui est concentré par 0,08 % d’entreprises internet. Et ces entreprises c’est YouTube, Facebook, Twitter, etc. Et à côté de ça vous avez Framasoft qui lance une grande campagne, très bien faite, sur l’idée qu’il faut Dégoogliser Internet8. Donc c’est une campagne qui là, pour le coup, est directement tournée vers une entreprise. Et là, je trouve qu’il y a quand même quelque chose de schizophrène quelque part. Parce que, d’un côté, vous avez des libristes qui nous disent qu’il faut absolument autoriser les usages commerciaux parce que ce n’est pas le fait d’être une entreprise qui pose problème, mais qui se retrouvent, après, obligés de lancer des campagnes nationales pour appeler à Dégoogliser Internet. Et si vous regardez bien, s’il y a un problème, c’est parce que Google est une entreprise, avec sa logique propre de captation des profits qui, fatalement, amène à des situations monopolistiques dans le marché tel qu’on l'a aujourd’hui et le capitalisme qui se développe aujourd’hui. Donc si vous voulez, là il y a une sorte de contradiction dans la philosophie du Libre qui est, quand même, parfois à questionner..

Et puis si on revient aux communs, une autre réflexion qui est développée notamment par une personne qui s’appelle Michel Bauwens, qui est un auteur belge, quelqu’un qui réfléchit sur la question des communs et notamment l’économie des communs, qui nous rappelle l’histoire, on a vu ça ce matin sur l’histoire des communs, et qui nous rappelle qu’à l’origine les communs c’étaient des communs de subsistance. Les gens vivaient dans les communs et vivaient des communs. Là je vous ai mis des scènes de glanage agricole. Les communs ça servait à ça, en fait, ça servait aux gens à acquérir un niveau minimal de subsistance pour ne pas tomber dans la dépendance d’un maître. C’était ça le vrai but du commun. C’est donner à des individus, notamment les plus fragiles, des moyens de vie pour ne pas tomber dans la dépendance.

Et donc aujourd’hui on a l’inverse, si vous voulez. C’est-à-dire qu’on a des gens qui contribuent à des communs, mais qui n’ont pas de retour financier, en général, pour ces contributions, sauf si vous êtes un salarié. Et c’est ce qu’il dit là dans cette phrase, il dit : « On laisse IBM réutiliser Linux, mais le problème avec ça, c’est que si je veux contribuer aux communs j’ai deux choix : soit je le fais sur mon temps libre, sans être payé, et ça crée une terrible inégalité dans l’accès à la contribution, parce qu’on sait très bien que le temps libre c’est une des choses les moins partagées au monde ; ça dépend tout à fait de votre statut social. Soit, l’autre choix, c’est d’être salarié d’IBM pour pouvoir contribuer à Linux. Mais si vous êtes salarié vous n’êtes pas libre, vous le faites parce que vous êtes salarié et vous le faites en recevant des instructions, donc vous n’êtes pas dans une situation libre. » Et il finit par dire : « La valeur est donc aspirée en dehors du commun vers la sphère de l’accumulation capitalistique – parce qu’IBM, eh bien oui, ils font des profits – et je pense que c’est un phénomène sur lequel nous devons travailler. » Donc vous voyez, ça c’est typiquement une réflexion qui vient de la sphère des communs.

Je vais passer là-dessus.

Je vous montre aussi des petits signes qui montrent qu’il y a des problèmes, quand même, dans l’écosystème. Il y a deux ans, vous avez FlickR, plate-forme de diffusion de photos, qui comporte plus de 260 millions de photos sous Creative Commons, et une bonne partie de ces photos, en fait, n’ont pas de clause non commerciale, c’est-à-dire qu’on peut les réutiliser librement à usage commercial ; les auteurs l’ont accepté. Et puis un jour FlickR dit : « Du coup, nous, ce qu’on va faire, on va faire un service d’impression à la demande des photos, sur notre plate-forme, et les gens vont pouvoir commander des reproductions de bonne qualité, il faudra qu’ils payent, et on va utiliser les photos libres qui sont sur notre plate-forme. » Ils en ont entièrement le droit. Les auteurs eux-mêmes l’ont accepté. Mais quand FlickR a fait ça, vous avez eu une énorme levée de boucliers, de toute la communauté, enfin d’une bonne partie de la communauté, disant que FlickR se comportait de manière déloyale et qu’il profitait des images qui étaient sur la plate-forme. Et y compris de gens qui avaient eux-mêmes accepté de ne pas mettre de clause non commerciale, ce qui est très étrange quelque part, parce qu’ils autorisent l’usage commercial, ils devraient, normalement, accepter l’usage que fait FlickR de leurs photos. Et il y a eu un débat qui a duré pendant des semaines, et FlickR a même été obligé de revenir en arrière, alors qu’en fait c’était FlickR qui était dans son bon droit ; ils avaient tout à fait le droit de le faire. Mais ça vous montre quand même la tension entre… Voilà, un usage par une entreprise et pourtant des contenus qui étaient sous licence libre.

Je vous mets un autre exemple de problème entre l’usage de contenus libres par les entreprises et les licences libres. Également il y a deux ans, ce problème qu’il y a eu, vous savez la faille de sécurité Heartbleed9, qui menaçait l’ensemble de la sécurité du Web. Pourquoi ? Parce qu’il y a un logiciel qui s’appelle OpenSSL, qui gère les certificats de sécurité dans les échanges entre sites internet qui, en fait, était un logiciel libre et qui était développé par une toute petite communauté de développeurs. Mais toutes les grosses entreprises, les grands sites internet, avaient pris l’habitude d’utiliser ce logiciel pour sécuriser les communications. Or, comme ce logiciel était développé par un nombre trop faible de personnes, il a fini par comporter une faille de sécurité, parce que la qualité d’un logiciel est directement liée au nombre de gens qui contribuent : plus il y a de gens qui contribuent à un logiciel, plus il y de gens qui le vérifient, plus il y a de gens qui garantissent sa qualité. Et là, en fait ce qui s’est passé, c’est que des tas de géants du Web – on avait Google, Yahoo et compagnies – utilisaient ce logiciel, mais sans contribuer en retour. Ce qui a fait qu’il y a eu une énorme pression sur un tout petit groupe de personnes pour maintenir une brique qui était devenue essentielle à la sécurité du Web tout entier. Ça, en fait, c’est ce qu’on appelle une tragédie des communs. Parce que vous avez un commun qui est surexploité, comme un champ peut l’être, par des personnes qui en font un usage commercial et qui le laissent péricliter parce qu’elles ne participent pas à son entretien en retour. Ça, ça vous montre que même dans des communs immatériels, il peut y avoir des tragédies des communs qui résultent, en fait, d’une absence de réciprocité. Si l’entreprise était, quelque part, obligée de contribuer en retour aux logiciels qu’elle utilise, il n’y aurait pas ce phénomène.

Du coup, ce qui est très marrant, c’est que après ça, comme ça a créé un énorme problème de sécurité, il y a un fork qui s’est créé qui s’appelle LibreSSL10 qui là est financé par les gens du Web qui ont compris qu’ils avaient intérêt à payer des développeurs pour assurer cette brique libre de sécurisation.

Voilà, donc ça c’était un peu pour planter le décor.

La question c’est : est-ce qu’on peut reprendre le travail d’écriture de licences pour imposer cette réciprocité ? Comment est-ce qu’on fait pour le formuler ? Et sur quelle base, en fait ? Et à qui on impose cette réciprocité dans l’usage d’un commun, notamment en cas d’usage commercial ?

Le premier, un des premiers, qui a vraiment fait une proposition de ce type, c’est une personne qui s’appelle Dmitry Kleiner, c’est un Allemand, qui a écrit la Peer Production License, licence de production entre pairs. Donc il écrit une licence en reprenant la licence Creative Commons NC, à usage non commercial, mais il la modifie. La clause dit : « Vous pouvez utiliser la ressource pour un usage commercial si, et seulement si, vous êtes une entreprise ou un collectif coopératif où tous les gains financiers, les surplus, les profits et les bénéfices produits par cette entreprise ou ce collectif sont distribués aux travailleurs ». Donc ce n’est pas une clause non-commerciale classique, c’est-à-dire qu’elle n’interdit pas tous les usages commerciaux, mais elle ne permet l’usage commercial qu’à ceux qui sont organisés strictement en mode coopératif. Donc en gros, si on le traduit en langage un peu marxiste, ce sont uniquement les structures où la propriété des moyens de production va aux travailleurs. Donc ce sont des coopératives très poussées.

Il fait cette proposition et donc, là, on passe à un modèle, moi j’appelle ça de discrimination organique, c’est-à-dire que la licence regarde qui vous êtes, en fait. Est-ce que vous êtes une entreprise classique, fondée en société avec des actionnaires que vous allez devoir rémunérer – donc ce modèle classique des entreprises qu’on connaît aujourd’hui – ou est-ce que vous êtes organisé en mode coopératif ? Et si vous n’êtes pas organisé en mode coopératif, vous devez payer. Ce n’est pas interdit d’utiliser le logiciel, mais vous allez devoir payer. Et il y a pas mal de gens qui ont dit que ça c’est un progrès par rapport à la licence simplement copyleft – Share Alike, ça crée une obligation de réciprocité renforcée. Vous devez reverser les améliorations que vous avez faites au logiciel, mais en plus de ça, si jamais vous n’êtes pas organisé en mode coopératif, vous devez payer.

Ce que ça change, ce genre d’approche, c’est que vous réinjectez une grosse dose de politique dans la question. Parce que Dmitry Kleiner fait partie d’un groupe, un collectif qui s’appelle Telekommunisten. Il se revendique ouvertement du marxisme, c’est-à-dire d’une forme de marxisme appliqué au numérique et son mouvement, il a appelé ça le Copyfarleft, c’est-à-dire que c’est un jeu de mots sur copyleft, ça veut dire extrême gauche d’auteur. Copyleft, c’est la gauche d’auteur par rapport au copyright qui est le droit d’auteur, lui il veut être au Copyfarleft, c’est-à-dire l’extrême gauche d’auteur. Vous voyez. Donc ça réintroduit quand même une dose de politique et de jugement par rapport au fonctionnement de l’économie qui n’était pas du tout vraiment si présente que ça dans le monde du logiciel libre.

Cette proposition, la Peer Production License est publiée, pas très utilisée, il faut le dire, et puis quelque temps plus tard, on a une deuxième proposition qui vient, qui est faite par deux personnes qui s’appellent Primavera De Filippi et Miguel Vieira, qui proposent une autre licence où, en fait, ils font une critique de ce qu’a fait Dmitry Kleiner. Ils disent : « Le problème ce n’est pas tellement qu’une entreprise soit une coopérative ou pas, après tout peu importe, le problème c’est qu’elle contribue aux communs ou pas. Eux, ils écrivent une licence disant : « Si une entreprise est une société classique mais si, par exemple, elle libère ses données en open data, ou si, par exemple, elle contribue volontairement à un logiciel comme fait IBM, alors elle devrait pouvoir aussi utiliser la ressource. Donc il faut qu’on écrive une licence qui ne s’attache pas à la nature de la structure, mais à ce qu’elle fait concrètement et si elle a un comportement effectif de contribution aux communs. »

Et après, ils introduisent aussi une idée disant que ce serait bien que quand l’entreprise contribue aux communs elle fasse aussi une rétribution des contributeurs et ils proposent une sorte de système de mesure en token, c’est-à-dire en « jetons », pour mesurer, par exemple si on prend pour un logiciel libre, combien vous avez fait de contributions à ce logiciel et si jamais il y a une rétribution d’une entreprise, eh bien en fonction du nombre de contributions que vous avez faites vous devriez toucher plus de parts de cette rétribution.

Donc là ça change quand même beaucoup l’idée de base, mais vous voyez, là on passe d’une logique où on discriminait selon les types d’acteurs à une logique où on va voir comment se comportent les acteurs effectivement et qui n’exclut pas forcément les sociétés du système.

Donc Michel Bauwens suit, s’intéresse beaucoup à ces questions-là, dans la Peer to Peer Foundation, il dit explicitement dans son discours – maintenant il réfléchit beaucoup à la transition vers un modèle où l’économie des communs deviendrait dominante ou au moins significative dans l’économie mondiale – et il explique qu'un des éléments, selon lui, pour faire ce passage à l’échelle c’est d’utiliser des licences à réciprocité. Il a un discours assez critique vis-à-vis du logiciel libre. Il dit : « Le plus communiste la licence, le plus ultralibéral la pratique. Plus la licence est ouverte, plus, en fait, vous permettez à des acteurs, qui n’ont aucunement l’intention d’aller contribuer en retour, de piocher dans la ressource et de ne pas du tout se mouiller dans l’économie des communs. » Lui, il dit qu'il faut qu’il y ait une clause qui oblige ces acteurs-là à contribuer en retour et il dit : « Ça permettra un flux de financement de l’économie capitaliste traditionnelle à une économie des communs, qui a besoin de ce flux pour devenir autre chose qu’une sorte de résidu aux marges du capitalisme. » Et tant qu’il n’y a pas ce flux, c’est très difficile, en fait, d’imaginer que l’économie des communs puisse devenir majoritaire.

À partir de là, il y a eu une sorte de foisonnement d’écriture de licences, et chacun y est allé de son invention, avec des choses parfois assez bizarres, mais il y a des choses assez intéressantes, et on voit un foisonnement d'écriture aujourd’hui de licences. Là je vous en ai mise une qui est une licence espagnole, qui s’appelle la licence CopySol. C’est un peu la licence, si vous voulez, pas de liberté pour les ennemis de la liberté. Ils ont écrit un manifeste de la libération, très, très dur sur l’anticapitalisme et, en gros, si vous ne respectez pas une sorte de déclaration des droits qu’ils ont créée, vous ne pouvez pas bénéficier de la licence. Donc c’est très restrictif en termes de qui peut réutiliser la ressource.

Vous avez une autre licence qui a été écrite qui s’appelle la licence FabLab, qui est faite pour la fabrication d’objets et l’open hardware. Là, ce qui est intéressant, c’est que c’est une licence qui a une clause de réciprocité qui dit : « Pour réutiliser cette ressource de manière commerciale, vous devrez contribuer en retour, mais vous devrez contribuer à ce commun-là, c’est-à-dire à cette ressource-là ». Par exemple vous avez une voiture open source, si vous voulez vendre cette voiture open source, vous devez financer ce projet-là et pas n’importe quel autre projet open source. C’est ce que j’appelle de la réciprocité directe. Vous devez financer le projet que vous utilisez et pas un autre projet.

Vous avez cette licence-là, qui est assez ancienne, qui s’appelle la licence IANG11. IANG ça veut dire IANG ain’t no GNU, c’était une grosse critique de la licence GNU GPL, qui était assez critique du propos de Richard Stallman. Cette licence dit : « Vous pouvez réutiliser la ressource, mais vous êtes obligé, déjà, d’avoir une comptabilité complètement transparente – donc vous devez montrer vos comptes – et vous devez permettre de rentrer dans la gouvernance de votre projet. » Donc c’est réciprocité par ouverture de la gouvernance. Intéressant. Si jamais une ressource comme ça était très utilisée, le schéma de gouvernance deviendrait assez complexe.

Là, j’ai vu ça cette semaine : licence Fair Source License12. Alors là, eux, ils ont trouvé un moyen assez simple de faire un critère d’application. Ils disent : « C’est une licence open source, vous pouvez réutiliser y compris dans un cadre commercial, mais la licence elle va avoir un petit numéro – donc par exemple ça va être Fair Source 25, Fair Source 50, Fair Source 60. S’il y a plus de 60 personnes dans votre organisation qui utilisent le logiciel, vous devez payer. Donc c’est une sorte de licence d’échelle : si vous êtes petit vous avez le droit de l’utiliser, mais si vous êtes gros vous devez payer. Voilà.

FairlyShare License, licence française, qui est faite là pour les données, en fait. Eux, ce sont des gens qui réfléchissent, par exemple, je ne sais pas si vous vous rappelez quand Instagram a été racheté par Facebook, donc ils se sont vendus je ne sais plus combien de centaines de millions de dollars, mais il n’y a eu aucune rétribution des gens qui avaient mis des photos sur Instagram. Eux, ils veulent palier à ce problème-là. Ils disent : « Utilisons ce type de licence qui dit vous avez le droit d’utiliser ma ressource, mais si jamais vous revendez la plate-forme, vous serez obligé de rétribuer chacun des contributeurs selon une clef de répartition », qui, pour l’instant, n’est pas très claire et, à mon avis qui serait extrêmement compliquée à déterminer.

Je vais passer assez vite. Je cite quand même celle-là qui est très intéressante, c’est la licence Contributive Commons13 qui a été écrite, en grande partie, par Maïa Dereva, qui travaille à Lille avec Simon – il y a plein de gens de Lille qui ont fait ce type de licence – qui est une licence est assez compliquée à expliquer. Mais en gros, si vous voulez, qui va très loin parce qu’elle remet même en cause, quasiment, le concept même de licence, qui commence par dire : « On veut construire des communs sur des licences qui s’appliquent même si les gens ne se rencontrent pas. » Comment peut-on construire du commun sans organiser une rencontre concrète ou une discussion concrète avec les gens ? Comment est-ce qu’il peut y avoir du commun avec des licences qui permettent à des gens situés à l’autre bout de la planète de réutiliser les ressources sans rentrer en contact directement ? Donc c’est une licence qui imagine des moyens, en fait, de déclarer ses valeurs, notamment à travers un code social qui permette à chacun d’afficher ses intentions, et qui construirait carrément une sorte d’écosystème complet de réciprocité. Idée intéressante, mais là vous supprimez la notion même de licence. Et dans le logiciel libre, ça a eu quand même une certaine importance, pour permettre, justement, de ré-ajouter des coûts de transaction qui sont extrêmement forts. Parce que quasiment, pour chaque usage, vous allez devoir retourner à la personne qui a mis la ressource sous cette licence pour discuter avec elle et négocier. Donc en fait, là vous supprimez la notion de licence. Ça redevient une négociation à chaque fois, même si elle est encadrée par tout un système. Il y a quasiment une obligation de renégocier à chaque fois l’usage de la ressource.

Donc voilà. Vous voyez un petit peu le système.

Moi, j’avoue qu’au début j’étais assez enthousiaste par cette idée, mais je constate quand même depuis maintenant, allez on va dire presque quatre/cinq ans qu’elle a été lancée, qu’il y a très peu de ces licences qui sont effectivement utilisées. Il y a peu de projets, finalement, qui les utilisent ou qui aient réussi à fonctionner avec ces licences et personne n’a vraiment réussi à en écrire une qui tenait la route. Parce que toutes ces tentatives sont assez bancales, en fait. Il y a quelque chose qui est très compliqué.

Donc on a fini par se dire qu’une chose qui manque dans le système, c’est l’histoire d’un label. Par exemple, si vous dites : « OK, la structure peut réutiliser la ressource si elle contribue au commun. » OK. Donc moi je suis une entreprise, je veux jouer le jeu, je vais vous dire c’est quoi un commun ? C’est quoi contribuer à un commun ? Comment vous le définissez ? À partir de quel seuil on aura considéré que j’ai fait une contribution à un commun ? Est-ce que si je fais un don à Wikipédia, par exemple, c’est une contribution à un commun ? Si je libère mes données en open data c’est une contribution aux communs ? Sous quelle licence, en fait ? Il y a un besoin de définition, si vous voulez. Vous ne pouvez pas vous contenter de quelque chose d’aussi vague que la contribution aux communs.

Or, si vous connaissez un petit peu ce milieu, définir ce qu’est un commun, c’est une des choses les plus redoutables au monde. On a vu avec Simon : on peut citer plein d’exemples de communs, mais comment je vais savoir que tel tiers-lieu, par exemple, c’est vraiment un commun. C’est très complexe en fait. Donc il y a un problème de définition.

Il y a des tas de gens qui ont essayé de mettre en place des systèmes d’étiquetage pour que les projets puissent eux-mêmes se déclarer comme des communs. Ça c’est un système qui s’appelle Move Commons14, qui a été fait pas une personne qui s’appelle Bastien Guerry. Vous pouvez, par rapport à des critères, vous catégoriser vous-même pour voir si vous êtes, ou non, un commun. J’avais mis aussi tout le travail que vous faites à Unisson15 autour de Lille et Simon tout à l’heure nous a montré ces grilles, en fait, où ils ont fait des critères qui permettent de catégoriser les initiatives pour voir selon différents points si on est plutôt dans le commun, ou pas. Critère de typologie qui est très intéressant.

Il y a des gens qui disent : « Pourquoi réinventer la roue ? » Après tout, on vient d’avoir une loi sur l’ESS qui donne les critères, en fait. La loi ESS, la loi Hamon, est passée et elle a fixé, en fait, une définition de l’économie sociale et solidaire dans la loi. Définition qu’on a ici : « Un but poursuivi autre que le seul partage des bénéfices ; une gouvernance démocratique ; une gestion avec des répartitions des bénéfices. » Et ça, ça donne lieu à un label, en fait. C’est-à-dire que si vous voulez vous déclarer aujourd’hui économie sociale et solidaire, vous pouvez demander un label et vous serez comparé aux critères de la loi. Donc là, on aurait une possibilité de raccrocher la licence à quelque chose qui existe, si vous voulez, qui est le critère ESS. Par contre, il faut vraiment être d’accord avec la philosophie de l’ESS et rentrer dans ce système-là. On pourrait imaginer la licence de Kleiner, la Peer Production License, mais raccrochée aux critères de l’ESS de la loi française. Petit problème, quand même, la loi française elle est française et les projets, comme disait Simon, ils sont souvent mondiaux. Donc il risque d’y avoir un problème au niveau national.

Aux États-Unis, vous avez un statut qui s’appelle la Public Benefit Corporations, où une entreprise se donne elle-même une charte qu’elle ne pourra plus modifier, en fait. Ce sont des chartes de valeur. Par exemple, vous avez un réseau social qui s’appelle Ello, qui s’est créé, qui s’est fixé comme principe de ne jamais revendre les données personnelles de ses utilisateurs. Il s’est créé sous forme Public Benefit Corporations, ce qui fait qu’il s’est lui-même légalement lié à cette obligation et il ne pourra plus jamais la lever.

Vous avez la plate-forme Kickstarter qui est aussi une Public Benefit Corporations aux États-Unis, et donc qui s’est liée avec des obligations qu’ils ne pourront plus lever.

Vous avez eu toute une réflexion, en France aussi, avec plusieurs rapports qui sont parus. Un, c’est un rapport Lemoine sur la transformation numérique de l’économie, qui a mis des choses intéressantes. Par exemple, il avait proposé de créer un 1 % open, c’est-à-dire une obligation pour les entreprises de consacrer au moins 1 % de leur budget à des projets open un peu sur le principe du 1 % culturel. Il avait proposé de créer une chose qu’il appelait la responsabilité numérique des entreprises sur le modèle de la RSE, vous savez, la responsabilité sociétale des entreprises, qui aurait pu concerner l’usage des données personnelles et des choses de ce type, et l’idée de créer un droit individuel à la contribution sur le modèle du droit individuel à la formation, disant que vous pouvez transformer votre DIF – votre droit individuel à la formation – en journées de temps de contribution à des projets libres. Et votre employeur serait obligé, ou alors au moins, s’il veut bénéficier de la réciprocité, ça, ce serait une preuve de réciprocité : j’autorise mes employés à, une semaine par an, contribuer à un projet open ou à un commun.

Donc il y aurait moyen, si vous voulez, légalement, de créer un statut applicable qui permettrait aux entreprises de savoir, en fait, comment elles peuvent contribuer aux communs.

Pour les administrations, c’est pareil on pourrait dire qu'il faut qu’il y ait une part dans les marchés publics qui soit nécessairement consacrée à des projets libres ou open.

Il y a toute la question aussi, mais je ne veux pas rentrer dans ces détails-là puisque vous allez en parler, l’autre jour, de savoir est-ce qu’il faut que la réciprocité aille jusqu’à rémunérer les contributeurs ? C’est le gros sujet dans les communs, c’est-à-dire est-ce qu’être réciproque c’est aller jusqu’à donner une rétribution financière aux individus qui contribuent aux communs ?

Je vous montre juste un exemple. À une époque Wikipédia avait pensé faire ça, et ils ont créé un système qui s’appelait la WikiMoney : donc plus vous contribuez à Wikipédia, plus vous auriez touché, en fait, de ces jetons de WikiMoney qui vous auraient donné, à un moment donné, une rémunération. Et en fait, ça a déclenché une polémique énorme dans la communauté de Wikipédia. Il y a un mouvement qui s’est créé, de contestation, qui s’appelait les WikiSchtroumpfs, qui ont milité pour ne pas que ce système entre en application parce qu’ils disaient que ça allait corrompre complètement la motivation des contributeurs à Wikipédia : si vous savez que la contribution peut vous ramener un retour financier, ça change complètement vos ressorts psychologiques de contribution à Wikipédia. Et donc, ils voulaient préserver Wikipédia de cette chose-là. Mais il y a des tas de projets, et d’ailleurs on le voit avec les systèmes type Liberapay qui réfléchissent, quand même, à trouver des systèmes de rétribution individuelle. Parce que si on veut, ce que je vous disais tout à l’heure, aller vers des communs de subsistance, il faut bien que les gens, les contributeurs, aient un retour et ce retour, le retour financier est difficilement dépassable. C’est-à-dire comment faire pour subsister, sutouttelle que notre économie est construite, sans que ça se matérialise par un retour financier ? C’est assez complexe.

Je vais passer là-dessus. Et je vais arriver à ma dernière partie.

Donc moi j’en arrive au stade où ces questions-là sont essentielles. Ce sont, peut-être même, les questions les plus importantes qu’on ait à aborder. Parce que si on ne s’affronte pas à ces questions sur le statut de la contribution et le fait de donner un statut social à la contribution et de permettre au contributeur de vivre de ses activités ou, au moins, d’avoir un retour, on n’arrivera jamais à faire un passage à l’échelle. Ou alors, ce sera réservé à vraiment des privilégiés qui ont du temps libre. Donc on est sur des questions essentielles. Par contre, je suis au stade où je ne suis plus certain que ce soient des licences qui nous permettent d’arriver à ce résultat. Parce que, pour l’instant, personne n’a réussi à en écrire une qui fonctionne. Donc quelles sont les autres pistes ?

Juste avant la loi travail, le CNNum a fait un rapport – d’ailleurs rapport que le gouvernement a complètement jeté à la poubelle, mais c’est assez dramatique parce qu’en fait il y avait des pistes extrêmement intéressantes dans ce rapport, il faudrait d’ailleurs le ressortir maintenant – et notamment, le rapport proposait de créer un droit individuel à la contribution, comme je vous l’ai dit tout à l’heure avec le DIF, transformer le droit à la formation en droit à la contribution, et là il y a quelque chose d’intéressant, si vous voulez. C’est-à-dire quand vous êtes employé, quand vous êtes salarié, eh bien votre employeur doit accepter de financer une part de projet contributif et il donnait, en fait, des critères. Après, l’énorme écueil, on s’en rend compte, c’est que ça nous rend dépendants d’une définition de ce qu’est un commun et une définition solide. Et là, on a eu des discussions dans la communauté : certains n’étaient pas d’accord parce qu’ils craignaient que ce soit l’État, en fait, qui ait le pouvoir de définir ce qu’est un commun et ce qui n’est pas un commun. Et ça, c’est une vraie question, parce que si l’État a le pouvoir de dire : « Wikipédia OK, mais OpenStreetMap, non », ça donne un pouvoir à l’État qui est très fort. Comment est-ce qu’on peut concilier ça avec un droit aux communs de, eux-mêmes, se reconnaître comme communs. C’est très compliqué.

Après, vous avez des pistes du côté des partenariats public/privé, qui peuvent être assez intéressantes. Là je vous ai mis un projet qui s’appelle Open Law16. C’est un projet qui s’est créé à partir du moment où l’État a mis en open data les données législatives. Il y a des gens qui ont dit : « Il y a toutes les données de la loi et de la jurisprudence qui sont maintenant open, elles sont réutilisables, et ils ont fait une structure qui s’appelle Open Law où ils réunissent des entreprises, des acteurs publics et des acteurs des communs. Ils obtiennent des financements et ils veulent construire les communs du droit ouvert, c’est-à-dire, en fait, des briques essentielles qui permettront d’utiliser au maximum le potentiel de ces données. Et dans ce cadre-là, ils ont créé un statut de contributeur rémunéré aux communs. Donc si vous venez apporter vos compétences pour ces projets, ils ont un budget et ils vous rémunèrent pour votre participation au commun. Et par contre, tout ce qui est produit dans ce cadre-là, reste libre. Donc là, il y a peut-être une piste pour arriver à un financement.

Donc voilà, j’arrive au bout. Vous voyez c’est un sujet important, complexe, mais j'ai tendance à penser quand même que ce sera incontournable, y compris pour la communauté des communs, de s’affronter à ces questions. C’est pour ça que je pense aussi que ce qui est présenté autour des assemblées des communs est extrêmement important parce que nous avons besoin d’en discuter, y compris entre nous. La communauté des communs n’est pas du tout homogène. Chaque commun a une très forte spécificité et il faut qu’on arrive à avoir cette discussion-là. Et ce travail-là, qui a été fait au niveau des territoires, de créer des assemblées des communs, c’est sûrement le bon cadre pour aborder aussi ces questions-là et monter, petit à petit, en généralités. Et après il faudra aller voir le politique. aussi, parce que ces choses-là, à mon avis, peuvent difficilement quand même… Et il y a tout le gros débat sur le revenu de base aussi, qui entre en considération. Ce sera très difficile, à mon avis, de ne pas aller voir, à un moment, le politique avec des propositions fortes sur ces sujets-là.

Voilà un petit peu ce que j’avais à vous dire sur les licences à réciprocité.

Applaudissements

Public : Comment Google participe, contribue, à Wikipédia ? Sous quelle forme ?

Lionel Maurel : Sous une forme financière. En fait, Google verse des subventions à Wikipédia et qui sont conséquentes. Si vous voulez, Wikipédia, sa structure de gouvernance, c’est d’être appuyé sur la Wikimedia Foundation qui héberge sur ses serveurs l’encyclopédie, en fait, mais qui n’a pas de rôle, normalement, direct dans l’écriture. C’est la communauté elle-même qui s’organise pour éditer Wikipédia. Par contre, c’est quand même l’infrastructure qui sous-tend Wikipédia et ils lancent aussi des projets de développement qui peuvent être importants sur l’évolution de l’interface ou des projets parallèles. Donc c’est un aspect important. Et Google finance fortement Wikipédia.

Il y a aussi la question de Google, on ne le sait pas vraiment, mais Google, certainement, a fait en sorte que les pages Wikipédia apparaissent en premier quand vous tapez un mot. Quand vous tapez un mot, n’importe quel mot, en général, les deux/trois premiers résultats, ce sont des résultats qui viennent de Wikipédia. Et ça aussi c’est une forme, si vous voulez, de coup de pouce énorme qu’ils ont donné à l’encyclopédie.

Et il y a des questions sur les liens entre Wikipédia et Google qui sont complexes, parfois douloureuses. Je voyais le board de Wikimedia, le nombre de personnes qui sont passées par Google est très important. Et en fait, pour moi, il y a deux risques mortels à un commun : il y a l’enclosure, donc destruction soit par L’État soit par le marché, mais le risque le plus fort c’est la capture et, notamment, la capture de la gouvernance. Et le risque peut venir de l’intérieur – vous avez quelqu’un qui s’empare du pouvoir, ça arrive. Il peut venir aussi de l’extérieur par des influences sur le commun.

Public : Et là, les contributeurs n’y voient pas d’inconvénient que ce soit Google qui… ?

Lionel Maurel : Jusqu’à un certain point. C’est-à-dire que par exemple, là dernièrement, il y a eu quand même ce vote qui a sanctionné la présidente de la Wikimedia Foundation, qui a été contrainte au départ par la communauté qui a voté. En fait, ce qui s’est passé, c’est que la Wikimedia Foundation a lancé un projet de moteur de recherche alors qu’en fait, la communauté n’avait jamais exprimé ce besoin. Il y plein de gens qui ont fait des liens avec, voilà, les liens, plus ou moins, et ça a conduit au départ de la… Donc le rôle de la communauté est central, parce que si la communauté n’a pas cette capacité de réaction face à des dérives possibles eh bien là, la capture de la gouvernance peut s’opérer. Encore faut-il pouvoir voter.

Public : Qu’est-ce qui se passerait si la communauté, si vraiment l’asso fait n’importe quoi ? Elle pourrait se faire absorber par une nouvelle asso, à mon avis. C’est aussi une manière de se protéger. Vous pouvez toujours forker.

Lionel Maurel : Oui.

Public : Là c’est toujours protégé par ça, mais d’autres communs plus matériels aussi.

Public : Un technicien informatique qui installe un Linux à un client sur son ordinateur, plutôt que Windows, installe un logiciel libre, gratuit, il n’a pas le droit de le vendre à son client, mais il a le droit de se faire rémunérer sur le travail d’installation ?

Lionel Maurel : Oui tout à fait. Ça c’est même un des modèles principaux du logiciel libre. Richard Stallman dit souvent : « Libre ne veut pas dire gratuit » : c’est-à-dire qu’il peut y avoir un usage commercial du logiciel et ça c’en est un. C’est-à-dire que vous vendez un service d’installation ou un service d’adaptation du logiciel aux besoins d’un client et vous vous faites rémunérer pour ça. En fait, ça c’est une économie, d’ailleurs tout à fait saine, de développement de services autour de la ressource. C’est même un des modèles principaux, économiques, autour du logiciel libre. D’ailleurs une autre chose aussi. La licence GNU GPL permet tout à fait à une entreprise, si l’entreprise se contente d’installer le logiciel et de l’utiliser à des fins internes, elle n’est pas obligée de repartager. Le déclenchement de la clause de partage à l’identique se fait si vous redistribuez une version modifiée du logiciel. Mais à des fins internes, vous pouvez tout à fait être une entreprise, utiliser le logiciel libre et vous n’avez aucune obligation de faire quoi que ce soit.

Public : D'accord. C’est une majorité d’entreprises qui contribuent à la création, à Linux. C’est-à-dire qu'une majorité du travail fait pour créer Linux est rémunéré ?

Lionel Maurel : Tout à fait.

Public : Puisqu’ils le font à l’intérieur de l’entreprise.

Lionel Maurel : Tout à fait. Vous avez à peu près 70 % du travail d’entretien du noyau Linux qui est fait par des salariés d’entreprises.

Public : Le reste c’est du bénévolat.

Lionel Maurel : Le reste ce sont des gens qui le font, des passionnés.

Public : L’entreprise a quand même un retour positif, parce qu’elle utilise après et elle profite du travail des autres entreprises sur les améliorations.

Lionel Maurel : Tout à fait. En fait, Dmitry Kleiner a développé un concept qu’il appelle « exvestment ». C’est l’inverse d’investissement. C’est-à-dire, au lieu qu’une entreprise investisse dans le développement de ressources internes, elle « exvestit », elle investit à l’extérieur dans une ressource qui ne sera pas à elle, mais elle va pouvoir profiter aussi de tous les autres « exvestements » que font les autres entreprises. Donc la ressource monte en qualité, beaucoup plus que ce qu’elle pourrait obtenir en investissant en interne. Il y a plein d’entreprises que font ce calcul. En fait, ces entreprises, c’est un peu comme une sorte de zone démilitarisée. C’est-à-dire qu’on va se dire : « On va se faire de la compétition, mais pas sur Linux. Là, sur Linux, on coopère. Par contre après, on va faire de la compétition sur d’autres secteurs où là, on va garder le comportement d’une entreprise classique. » Mais c’est assez intéressant parce que ça montre que même les entreprises ont intérêt finalement, parfois, à développer des choses ouvertes.

Un contre-exemple c’est, par exemple, ce que font Apple et Samsung, qui se font une guerre des brevets absolument terrible où ils ont breveté le moindre développement de leurs smartphones. Et dès que l’un essaye d’innover, il se fait attaquer par l’autre en justice, parce qu’on l’accuse d’avoir violé les brevets. Donc en fait, ces entreprises-là finissent par comprendre qu’elles auraient intérêt à ce qu’il y ait une sorte noyau démilitarisé dans lequel elles puissent puiser, sans risquer de se faire attaquer et où la qualité augmente, en fait. Apple et Samsung en sont très loin, si vous voulez. Mais IBM a compris ça. Ils ont compris qu’ils avaient intérêt, finalement, à ce qu’il y ait un commun au milieu, mais ça n’empêche pas qu’il y ait un marché autour. C’est ça qui est intéressant aussi. Ce n’est pas parce qu’il y a un commun quelque part que vous n’avez pas un marché possible. Oui ?

Public : Tu as présenté pas mal de licences, mais est-ce que, à un moment, est-ce qu’il ne serait pas intéressant aussi de se donner un moyen d’être sûrs que ces licences elles sont bien respectées, qu’elles sont bien acceptées. D’avoir une organisation, un petit peu, qui chapeaute, qui vienne dire – alors une organisation ou une communauté, je ne sais pas comment, quelle entreprise on pourrait prendre – mais qui vienne dire : « Attention, là,cette licence-là vous ne la respectez pas. » Parce que clairement, il y a énormément d’entreprises qui utilisent des produits sous licence sans respecter la licence parce que c’est plus simple de dire : « Je le cache et puis personne ne saura que j’ai utilisé le produit ». Contraindre à respecter toutes les licences qu’on va pouvoir.

Lionel Maurel : Oui, oui ! Ça, ça joue beaucoup. On remarque que les licences qui ont réussi à s’imposer étaient appuyées sur des structures de type fondation. C’est-à-dire que la GNU GPL s’appuie sur la Free Software Foundation qui garantit que les licences sont bien libres, qui a des avocats, aussi, qui peuvent soutenir. Et les Creative Commons c’est pareil. Il y a une Creative Commons Foundation qui joue un rôle important de maintien des licences, et qui peut faire du support juridique aussi. C’est sûr que les licences à réciprocité n’ont pas encore cette structure-là derrière. Il n’y en a aucune, même la Peer Production License, qui est peut-être celle qui est la plus visible, personne ne la soutient quoi ! Donc du coup, effectivement, ça limite.

Parce que c’est aussi un problème. Il y a une sorte de loi de la jungle des licences, c’est-à-dire que vous pouvez en écrire tant que vous voulez, si vous êtes le seul à utiliser votre licence, vous n’arriverez jamais à faire quelque chose. Ce qui compte dans la licence, c’est aussi le passage à l’échelle. Une fois qu’une licence est très utilisée, sa valeur augmente. C’est pour ça que les licences sont aussi un commun, en fait, et c’est typiquement un commun informationnel parce que les communs informationnels gagnent de la valeur plus ils sont utilisés. Donc si on ne s’organise pas autour de ces licences pour en faire un commun, elles n’arriveront jamais à s’imposer. Et après, est-ce qu’une licence peut encore s’imposer aujourd’hui ? Très complexe ; ça c'est très complexe ! Il y a une concurrence du Libre, il va y avoir une concurrence du Libre par rapport aux produits qui seraient adressés sous des licences à réciprocité. Si vous faites un nouveau système d’exploitation qui ne serait pas Linux et qui serait sous une licence à réciprocité, les entreprises vont vous dire : « De toutes façons, moi j’ai Linux. Pourquoi j’irais utiliser votre licence qui m’oblige à payer ». Donc est-ce qu’il reste encore l’espace suffisant dans le monde actuel pour développer ce genre d’approche, alors qu’il y a quand même une infrastructure de ressources vraiment libres ou open source qui est très développée. En fait, ça créerait encore un nouveau secteur : il y aurait le Libre, une sorte de communs à réciprocité renforcée et les ressources marchandes. Est-ce qu’il y a encore assez d’espace pour ça ? Ce n’est pas sûr. Ou alors il faudrait vraiment créer une ressource très, très utile, incontournable, tellement utile que même les entreprises seraient obligées de recourir à ça.

Public : Une des voies, moi je crois pas mal, c’est l’idée non pas d’imposer uniquement mais, du coup, d’inciter, ce qu’ils faisaient au musée ??? où ils listent les usagers commerciaux. Où on peut lister les usagers, en plus ce qu’ils font, comment ils contribuent et du coup ça va leur faire de la tune, mais c’est une attitude malsaine. C’est vraiment qui contribue, en fait, financièrement. Au moins ça les met en avant et ça ne met pas en avant ceux qui ne contribuent pas. Et après peut-être avoir une autre structure qui aide, par contre, énormément ceux qui ne contribuent pas. C’est une sorte de lobbies qui permet à la communauté qu'elle s'oppose ou elle empêche l’accès au marché. Ça incitera certains à réfléchir à un système de livre de comptes qui permet de lister les contributions.

Lionel Maurel : C’est pour ça que ça rassemblerait alors du coup, plus à un label, un peu comme, toutes proportions gardées, le commerce équitable ou le bio, si vous voulez. Si une entreprise veut se réclamer de ce label-là, elle est obligée de satisfaire certaines obligations. Après, le commerce équitable et le bio nous ont montré qu’il y avait de multiples façons de contourner ce genre de pratiques. Mais s’il y avait une sorte de label permettant de dire : « Je respecte la réciprocité envers les communs », peut-être que ça permettrait d’inciter des entreprises qui veulent afficher ce label d’adopter ce genre de comportement vertueux. Oui ?

Public : Est-ce qu’un contributeur aux communs, ce n’est pas ce qu’on pourrait appeler un fonctionnaire, quelque part ? Par exemple aux États-Unis, tout ce qui est produit par la fonction publique va directement dans le domaine public et en même temps dans le pot commun.

Lionel Maurel : C’est vrai. Bien sûr.

Public : Il y a le statut de la fonction publique qui garantirait, justement, toutes les dérives.

Lionel Maurel : C’est là où on voit le rapport qu’il pourrait y avoir entre l’État et les communs. C’est-à-dire que oui, l’État peut se considérer lui-même comme un contributeur aux communs. Et on pourrait très bien considérer, comme ils font aux États-Unis, les agents fédéraux, par exemple tout ce que fait la NASA, toutes les photos de la NASA sont directement dans le domaine public. Donc tout ce que fait la NASA part directement aux communs. Et là, ils le font même, maintenant, pour leurs brevets. Oui, donc ce serait possible. Alors en France ce n’est pas du tout l’approche. La France a créé un truc qui s’appelle France Brevets, qui est une structure qui est faite pour valoriser les brevets. Le CNRS, par exemple, est très agressif sur le dépôt de brevets et incite ses chercheurs à déposer des brevets. Ils commencent, vous avez vu tout le débat qu’il y a eu sur l’utilisation du logiciel libre dans les ministères avec tous les contrats qui ont été signés avec Microsoft, c’est assez complexe. Donc pour l’instant, ce n’est pas vraiment l’approche de l’État français, mais ça pourrait être ça.

On parle, vous savez, du revenu de base. Il y a un autre système qui est envisagé qui s’appelle le salaire à vie. En fait, le salaire à vie c’est une forme de fonctionnarisation généralisée. On donne à toutes les personnes un statut et une rémunération au nom de l’intérêt général, si vous voulez, et tout le monde devient, quelque part un peu, une sorte de fonctionnaire. Après, ça pose la question de savoir jusqu’à quel point on a envie de placer notre confiance dans l’État, de placer notre statut dans l’État. Bon, moi je suis fonctionnaire, je suis mal placé pour vous dire ça. Mais quand même. Des fois, j’ai quelques réticences à me dire que y compris que la contribution aux communs dépende entièrement d’une sorte de statut de fonctionnaire, ça peut poser des problèmes de gouvernance aussi. Oui ça pourrait être une solution, mais…

Public : Ça revient au WikiSchtroumpfs de tout à l’heure.

Lionel Maurel : C’est ça.

Organisateur : Je crois qu’on va s’arrêter là. L’atelier du commun c’est fini.

18 March 2017

bsibaud.png Benoît SIBAUD

LinuxFr.org : première quinzaine de mars 2017

Le 18 March 2017 à 19:51:50

Soixante huitième épisode dans la communication entre les différents intervenants autour du site LinuxFr.org : l’idée est tenir tout le monde au courant de ce qui est fait par les rédacteurs, les admins, les modérateurs, les codeurs, les membres de l’association, etc.

L’actu résumée ([*] signifie une modification du sujet du courriel) :

Statistiques

  • 1512 commentaires publiés (dont 1 masqué depuis) ;
  • 203 tags posés ;
  • 97 comptes ouverts (dont 2 fermés depuis) ;
  • 34 entrées de forums publiées (dont 0 masqué depuis) ;
  • 17 dépêches publiées ;
  • 25 journaux publiés (dont 1 masqué depuis) ;
  • 2 entrées dans le système de suivi (dont 0 fermée depuis) ;
  • 0 sondage publié ;
  • 2 pages wiki publiées.

Listes de diffusion (hors pourriel)

Liste linuxfr-membres@ — [restreint]

  • R.A.S.

Liste meta@ — [restreint]

  • [Meta] Première quinzaine de février 2017 ;
  • [Meta] Seconde quinzaine de février 2017.

Liste moderateurs@ — [restreint]

  • [Modérateurs] Cette dépêche attend vos votes…
  • [Modérateurs] Réquisition judiciaire [*] ;
  • [Modérateurs] French translation of your Org-mode tutorials.

Liste prizes@ — [restreint]

  • [Prizes] LinuxFr prizes récap du mardi 7 mars 2017, 17:43:14 (UTC+0100) ;
  • [Prizes] Prize LinuxFr [*] ;
  • [Prizes] LinuxFr prizes récap du mercredi 8 mars 2017, 09:12:11 (UTC+0100) .
  • [Prizes] Livre Eyrolles

Liste redacteurs@ — [public]

  • R. A. S.

Liste team@ — [restreint]

  • [team linuxfr] Script check_sql_database.sh ;
  • [team linuxfr] Célébrez avec nous le printemps et le Libre : organisez un événement dans le cadre de Libre en Fête 2017 ;
  • [team linuxfr] Corrctif pour ajout des clefs étrangères.

Liste webmaster@ — [restreint]

  • R. A. S.

Canal IRC adminsys (résumé)

  • souci de configuration SPF/DMARC sur des messages reçus sur nos listes et rejetés par GMail à la diffusion ;
  • espace de rédaction et motivation ;
  • correctif sur les clefs étrangères, avec quelques milliers de tuples à corriger au passage ;
  • discussion sur les TIME_WAIT TCP suite à un afflux transitoire de de connexions ;
  • BD (non libre mais disponible en ligne) et réussite du financement participatif de Comme convenu tome 2 ;
  • Soirée Déc-ouverte numéro 2 du 7 mars, et comment faire le lien avec le site ;
  • gestion de la réquisition judiciaire (ça aurait être pire) ;
  • postfix, ce fourbe qui planque des périphériques random et urandom dans/var/spool ;
  • la gem Ruby annotate pour documenter le schéma SQL dans le code ;
  • urlscan.io, pour savoir à quels sites et quelles ressources votre navigateur accède sur un site donné ;
  • comment gérer la suppression d’un user et d’un account ;
  • souci de page blanche non élucidé pour une utilisatrice ;
  • avoir un LinuxFr.org local en écoute sur ::1, par hasard ;
  • un commentaire orphelin (avec un commentaire père porté disparu) corrigé en prod ;
  • comment lister le contenu des tribunes par script plutôt que les lire via le site, pour faciliter l’écriture de la rétrospective de la quinzaine ;
  • planification d’une intervention au datacenter ;
  • un YacyBot un peu violent lâché sur le site et bloqué ;
  • discussion et échange sur le design du site.

Tribune de rédaction (résumé)

  • refonte de la partie rédaction et propositions de design (une aide sur la partie norloge de la tribune serait appréciée) ;
  • pix.toile-libre.org temporairement hors service, entraînant une perte de certaines images ;
  • nettoyage dans les dépêches en rédaction.

Tribune de modération (résumé)

  • gestion du pourriel ;
  • LéaLinux signale un article sur un site norvégien obligeant ses lecteurs à lire les articles en entier avant de les commenter ;
  • gestion de la réquisition judiciaire ;
  • correction de deux slugs en page d'accueil (cf. entrée du suivi) ;
  • ne pas corriger les NdM en N. D. M., les points ne sont pas en recommandés en typographie, et NdT/NdM sont des conventions habituelles ;
  • écriture inclusive et Conseil constitutionnel français ;
  • un bot de tribune bloqué car trop autocentré ;
  • nettoyage dans les dépêches en rédaction.

Commits/pushs de code https://github.com/linuxfrorg/

  • Highlight the hover paragraph in news edition ;
  • Add the tracker in the footer ;
  • Tweak the redaction index page ;
  • Update the news page in moderation ;
  • Start reorganizing the redaction of a news ;
  • Quick CSS fixes ;
  • Oops, I forgot a file ;
  • Add an index on news_version for news_id,user_id ;
  • Optimize the redaction space loading time ;
  • Improve redaction space ;
  • Fix redaction layout on mobile.

Divers

  • première réquisition judiciaire reçue, mais en fait c’était une erreur de destinataire, nous n’étions pas concernés ;
  • intervention prévue la semaine prochain pour remplacer un disque dur HS sur un des serveurs, et peut-être mettre à jour les distributions ;
  • déjà trois Soirées de contribution au Libre (merci Parinux) où LinuxFr.org est présent. À quand la prochaine ?
  • déjà deux Soirées déc-ouverte LinuxFr.org, et la troisième en préparation.

Lire les commentaires

17 March 2017

debian-france.png Debian France

Meetup du 28 Mars à Paris

Le 17 March 2017 à 10:13:49

Meetup du 28 Mars à Paris

Informations pratiques

Un meetup Debian France aura lieu à Paris le mardi 28 mars 2017 à partir de 19h30.

Le meetup est accueilli par l'Institut des Systèmes Complexes de Paris Île de France (CNRS) , 113 rue Nationale, Paris 13ème (métro Nationale, Place d'Italie ou Olympiades).

Plus d'informations pour s'y rendre.

Les codes à l'entrée seront indiqués 24H avant le meetup (ou par mail pour ceux qui seront inscrits):

  • code de la porte d'entrée : XXXX
  • code de la seconde porte : XXXX
  • Salle de conférence 1.1 au premier étage (escalier ou ascenseur).

Merci de s'inscrire pour que nous puissions prévoir votre accueil dans les meilleures conditions.

Pour toute question concernant l'organisation, vous pouvez contacter Alexandre Delanoë (anoe AT debian DOT org).

Programme

Accueil 19H30-20H00

  • Accueil et présentation des objectifs des meetups (Alexandre Delanoë, secrétaire Debian France, 5mn)
  • Présentation de Debian France par son Président (Nicolas Dandrimont, Développeur Debian, 5mn)

Présentation (rapide) de soi, si la salle n'est pas trop pleine

Talk 20H- 20H15

Titre: Debian aujourd'hui et demain

Auteur: Mehdi Doguy, actuel Debian Project Leader

Résumé: L'actuel Leader du projet Debian présentera les moments forts durant l'année écoulée. Il nous parlera du futur de Debian, la tendance actuelle qui se dessine et ses projets pour l'année à venir.

Discussions 20H15-20H30

Talk 20H30-20H45

Titre: Debian, forces et limites pour l'accessibilité du logiciel libre

Auteur: Alexandre Arnaud, chef de projet à Hypra.fr

Résumé: Comment utiliser un ordinateur lorsque l'on est mal-voyant? Quel système prévoir ? Alexandre Arnaud, chef de projet à Hypra.fr montrera comment il travaille et présentera l'équipe Debian accessibilité, son cycle de développement favorable aux tests et sa politique de mises à jour. Cependant, les logiciels d'aide technique ne sont pas forcément à jour et certaines évolutions obligent Hypra à maintenir ses propres dépôts logiciels (notamment pour certains paquets de Mate ou Orca) afin de concilier cette stabilité avec le progrès nécessaire et rapide dans l'accessibilité du libre.

Discussions 20H45-21H

Talk 21H-21H15

Titre: Thèmes de bureau pour Debian

Auteur: Aurélien Couderc, Contributeur Debian

Résumé: Organisation du concours de thèmes, sélection du thème par défaut et mise en ¿uvre. Challenges et travail à réaliser à chaque version de Debian. Avec une mise en perspective sur les nouveautés pour la prochaine version de Debian : Stretch.

Discussions 21H15-21H30

Échanges et signatures de clefs GPG 21H30-22H

RDV pour le prochain Meetup.

16 March 2017

jzimmermann.png Jérémie ZIMMERMANN

Open letter to EU policy makers on community networks - joint press release

Le 16 March 2017 à 09:02:31

Paris, 16 March 2017 — Today, more than 25 European Community Networks, joined by over 35 supporting organizations from around the world, are sending an open letter to EU policy-makers. At a time when the European Union is paving the way for a major reform of telecommunications policy, the letter makes a number of recommendations to ensure the continuous development of these citizen initiatives, which provide an alternative, democratic and sustainable way to manage telecom infrastructures and meet the goals of broadband policies.

Community Networks are network infrastructures built by local communities and organizations in a bottom-up and democratic way. Given the shortcomings of current telecom policies -- such as the repeated failures of market actors to cover the communication needs of underprivileged populations both in rural and urban areas -- CNs are being increasingly considered as an alternative way to provide affordable Internet access for all.1

They actually offer much more than affordable Internet connectivity of superior quality, including citizen engagement, resiliency, education, innovation, and the basis for claiming our digital sovereignty over global corporations dominating the digital economy (the principles underlying these initiatives are summed up in the Guadalajara Declaration). Especially in Europe, we are seeing a continuous growth of some of the most successful federated community networks in the world like Guifi.net, Freifunk.net, FFDN and many others.

Yet, Community Networks have been systematically overlooked by policy-makers, and their values and models are being jeopardized by various policies. Today, CNs are asking for minimal and well-deserved support from policy-makers to be able to continue their activities. This open letter is signed by 31 European Community Networks, representing over hundred thousand active members, node owners, and serving even more individual citizens, SMEs, and organizations. It explains the different threats that those networks are facing and provides recommendations regarding the legal and policy frameworks that are appropriate for sustaining a diverse and democratic environment in the telecommunications sector.

The letter will be sent to the European Commission, EU member states delegations as well as members of the European Parliament. We hope that these institutions will follow suit by showing willingness to engage in a debate over the policy items covered in the letter.

15 March 2017

xcartron.png Xavier CARTRON

Livre auto-hébergement : la suite

Le 15 March 2017 à 16:16:16

La prochaine -release d'OpenBSD se prépare gentiment et devrait sortir début mai 2017.
À ce propos, je souhaite maintenir la documentation sur l'auto-hébergement facile avec OpenBSD. Depuis la publication du livre au format papier, grâce aux différents retours et un peu plus de temps, j'ai corrigé plusieurs points et maintenu l'ensemble. On peut déjà noter les nouveautés suivantes (pas encore publiées) :

  • Mise à jour vers la version 6.1 d'OpenBSD avec les modifications qui auront lieu.
  • Mise en place d'une vidéosurveillance.
  • Script pour spamd pour ajouter facilement des émetteurs légitimes.
  • Installation de lecteurs de flux RSS (kriss, ttrss).
  • Mise à jour de l'exemple d'installation
  • Ajout de la gestion des entêtes avec relayd
  • Astuces diverses pour le parefeu
  • Corrections et précisions pour PostgreSQL
  • Passage de letsencrypt à acme-client
  • Support de dotclear et Drupal
  • ...

Je souhaiterais publier cette mise à jour de la documentation, et c'est le moment de parler de ce qui fâche.

La précédente campagne de financement fut un succès inespéré. Ça m'a motivé comme jamais, l'ensemble des messages reçus et les soutiens font toujours chaud au coeur.
Cependant, je reste déçus sur plusieurs points :

  • Le livre est cher à mon avis : 19,90€. C'est parce qu'il est enregistré et commandable dans les librairies, sinon, son prix pourrait être bien plus faible. Cependant, puisqu'il existe une version en ligne gratuite, ça ne semble choquer que moi.
  • La publication avec enregistrement en librairie augmentait le prix de la publication. C'est autant d'argent qui aurait pu être reversée à OpenBSD. D'ailleurs, les commandes en librairies sont quasi-inexistantes, donc inutiles.
  • Ulule c'est bien mignon, mais ils reçoivent une commission non négligeable. Encore des sous qui auraient pu aller ailleurs.

Vous l'aurez compris, je souhaite pouvoir redistribuer les fonds rassemblés selon l'objectif de départ.

Par ailleurs, je reste très attaché au format papier, peut-être à tord. J'aimerais continuer à le publier.
D'autre part, je reçois des suggestions de personnes très compétentes pour améliorer le document. C'est plus délicat que je ne le pensais, car j'ai très envie qu'il reste accessible à un maximum de lecteurs.
J'ai donc pris la décision suivante :

  • Les sources seront désormais accessibles à n'importe quel contributeur via un dépôt git.
  • Si vous voulez aider à la publication papier, vous pouvez faire des dons via liberapay. Ce n'est pas moins pratique qu'Ulule, mais c'est libre et ils ne prennent pas de commission. Cet appel aux dons prendra fin lors de la publication d'OpenBSD 6.1 (disons, le jour de mon anniversaire).
  • Vous pourrez aussi donner aux autres contributeurs qui apparaîtront sur le dépôt git si vous préférez.

À vous de jouer :)

april.png Nouvelles April

Contribution de l'April à « Solutions d'associations : pour demain, les associations ont des idées »

Le 15 March 2017 à 08:49:49

L'April participe au projet « Solutions d'associations » lancé par la Fonda et le Mouvement associatif et a publié une contribution « Logiciel libre, société libre ».

« Solutions d'associations » est un projet né de la volonté partagée de la Fonda et du Mouvement associatif de « mettre en lumière et de répertorier les points de vue et idées d’experts de terrain qui agissent au quotidien pour résoudre des problèmes structurants pour l’avenir de notre société : les acteurs du monde associatif ».

Le site web « Solutions d'associations » a été dévoilé ce mercredi 15 mars 2017 et présente des « prises de paroles d’associations, collectifs et fédérations de tous horizons, offrant un large panorama d’idées et de solutions développées sur le terrain par des associations pour répondre aux grands défis majeurs qui traversent notre société ».

Lire la contribution de l'April « Logiciel libre, société libre »

Logiciel libre, société libre

Pour une reprise en main de nos outils informatiques

L'informatique a pris une place fondamentale dans notre société et les ordinateurs sont omniprésents dans notre quotidien. Puisque les pratiques de la vie courante basculent sur l'ordinateur – réseaux sociaux, services bancaires, services publics, services hébergés centralisés –, avoir confiance dans nos outils informatiques et en garder le contrôle est un enjeu essentiel pour une société libre et pour le respect des libertés fondamentales et individuelles. Les logiciels libres offrent cette possibilité de reprendre la main sur nos outils informatiques et de protéger nos données personnelles.

Longtemps perçus comme réservés à une élite aux compétences techniques avancées, ils ont mûri et répondent désormais, de manière plus accessible, à la majeure partie des besoins du public. Certes, l'utilisation de systèmes entièrement libres sur ordinateur personnel reste encore largement minoritaire, mais la plupart des gens utilisent déjà des logiciels libres, parfois sans même le savoir : la suite bureautique LibreOffice, le navigateur Firefox et, bien sûr, le lecteur multimédia VLC et sa célèbre icône en forme de cône de signalisation. De nombreuses entreprises utilisent du logiciel libre, voire contribuent à leur développement.

Des collectivités, plutôt que d'acheter des licences coûteuses de logiciels privateurs, choisissent le recours aux logiciels libres, et misent sur le fait que l'investissement d'une collectivité va bénéficier à d'autres par le jeu de mutualisations et d'échanges, inhérent au fonctionnement du libre. Le logiciel libre est donc, en quelque sorte, l'incarnation informatique de notre devise républicaine « Liberté, Égalité, Fraternité ». Il reste malgré tout un long chemin à parcourir pour démultiplier les usages du logiciel libre et permettre à chacun de reprendre le contrôle de ses usages informatiques.

Pour une informatique libre et loyale

Les logiciels privateurs et les services centralisés se sont attachés depuis des années à infantiliser nos rapports avec l'informatique, partant du principe que moins nous en saurions, plus nous nous comporterions en clients captifs. L'enjeu est donc de reprendre la main sur notre informatique (ordinateur personnel, téléphonie…), d'entamer avec elle un rapport plus adulte, moins passif, et de faire le choix, chaque fois que c'est possible, d'une informatique libre et loyale. Parce qu'ils peuvent être vérifiés et améliorés par tous, les logiciels libres sont un fondement essentiel pour construire une informatique qui soit au service des utilisateurs.

Il faut également mettre un frein au penchant naturel de l'industrie et de l'État de souhaiter contrôler l'informatique de tout le monde alors que nous confions aux machines une part de plus en plus grande de notre vie. Les entreprises comme Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft (souvent synthétisées sous l'acronyme GAFAM) privent leurs utilisateurs de leurs libertés sans qu'ils en soient pleinement conscients, abusent de leur confiance, récupèrent leurs données privées et accèdent à leur informatique sans permission. Il faut éviter une prise de pouvoir définitive des grandes puissances de l'Internet qui, grâce à l'ensemble des données collectées, sont capables de tout connaître et acquièrent des capacités prédictives toujours plus précises.

Pour une société (du logiciel) libre

De nombreuses structures en France permettent de découvrir le logiciel libre et ses applications : groupes d'utilisateurs de logiciels libres, espaces publics numériques (EPN) et autres lieux d'initiation à l'informatique et à ses enjeux. L' Agenda du Libre liste les organisations et les événements proches de chez vous. Partez à la rencontre de ces passionnés qui vous aideront à faire vos premier pas avec le logiciel libre ou à aller plus loin si vous êtes déjà un·e utilisateur·ice avancé·e.

Concernant les services en ligne, pour apporter une réponse à la problématique des services centralisés, et notamment le danger de profilage,l'association Framasoft propose des alternatives libres, éthiques, décentralisées et solidaires.  Elle a également lancé en 2016 le Collectif des hébergeurs alternatifs, transparents, ouverts, neutres et solidaires (Chatons). Ce projet vise à rassembler des acteurs proposant des services en ligne libres, éthiques, décentralisés et solidaires afin de permettre aux utilisateurs de trouver des alternatives aux produits des GAFAM, mais respectueux de leurs données et de leur vie privée. L'April fait partie de ce collectif.

L'April propose également des outils de sensibilisation diffusés sous licence libre, par exemple l'Expolibre, qui présente les enjeux du logiciel libre à l'aide de grandes affiches qui peuvent être imprimées, louées, diffusées… Ou encore un guide d'usage des logiciels libres en milieu associatif. L'association est aussi présente sur le terrain avec de nombreuses conférences et interventions.

Au-delà des démarches individuelles, il est important également de sensibiliser les élus et les pouvoir publics afin qu'ils s'inspirent, par exemple, de la démarche de la gendarmerie – qui a basculé son parc informatique vers le logiciel libre dès 2002 –, plutôt que celle de l'armée de terre – qui va probablement reconduire en 2017 un contrat léonin avec Microsoft.

L'April participe activement à cette sensibilisation sur les enjeux éthiques, sociaux, économiques et stratégiques du logiciel libre. L’association sera très attentive aux positions qu’auront les candidats à l’élection présidentielle et aux élections législatives. De plus en plus de personnes et d'organisations sont convaincues que les modèles fondés sur la coopération et le partage de l'information valent mieux socialement, politiquement et économiquement que ceux basés sur le contrôle d'usage et la rente. Continuons à agir pour accélérer ce mouvement et faire apparaître un monde numérique où il fait bon vivre.

13 March 2017

april.png Nouvelles April

Revue de presse de l'April pour la semaine 10 de l'année 2017

Le 13 March 2017 à 21:13:43

La revue de presse de l'April est régulièrement éditée par les membres de l'association. Elle couvre l'actualité de la presse en ligne, liée au logiciel libre. Il s'agit donc d'une sélection d'articles de presse et non de prises de position de l'association de promotion et de défense du logiciel libre.

Sommaire de la revue de presse de l'April pour la semaine 10

[Numerama] Linux: ces 5 applications dont nous ne pouvons plus nous passer

Par Corentin Durand, le dimanche 12 mars 2017. Extrait:
> En dehors des indispensables du libre que l'on connaît déjà, de VLC à The GIMP en passant par Firefox, il existe d'autres projets qui nous inspirent et nous facilitent la vie au quotidien. Compilation de nos applications préférées pour utiliser Linux au quotidien, au bureau comme à la maison.
Lien vers l'article original: http://www.numerama.com/tech/239644-linux-quelques-applications-dont-nous-ne-pouvons-plus-nous-passer.html

[EducPro] Protection des données éducatives: une charte pour garde-fou

Par Céline Authemayou, le vendredi 10 mars 2017. Extrait:
> Annoncée en mars 2016, la "charte de confiance dans les services numériques éducatifs" doit être prochainement signée. Avec cette démarche, le ministère de l’Éducation nationale espère apporter plus de transparence dans la gestion des données personnelles produites par les élèves et les enseignants. Une question éthique sur fond d’enjeux économiques.
Lien vers l'article original: http://www.letudiant.fr/educpros/actualite/protection-des-donnees-educatives-une-charte-pour-garde-fou.html

[Silicon] Numérique et Présidentielle, un débat hélas sans candidats

Par Jacques Cheminat, le jeudi 9 mars 2017. Extrait:
> Le collectif France Numérique 2017 avait invité certains prétendants à la présidentielle à venir débattre sur le numérique et avec l’écosystème. Souveraineté numérique, exception culturelle et emploi étaient au programme, mais sans les candidats.
Lien vers l'article original: http://www.silicon.fr/numerique-et-presidentielle-un-debat-helas-sans-candidats-169958.html

[L'Essor] «L'Atelier paysan» favorise le génie paysan

Par Sevim Sonmez, le mercredi 8 mars 2017. Extrait:
> Une rencontre entre un agronome et un maraîcher isérois utilisant des pratiques originales est à l'origine de cette coopérative d'auto-construction d'outils agricoles.
Lien vers l'article original: http://lessor.fr/-l-atelier-paysan-favorise-le-genie-paysan-18151.html

[Libération] A Valence, l'Internet libre ne désarme pas

Par Amaelle Guiton, le mardi 7 mars 2017. Extrait:
> La troisième édition de l'Internet Freedom Festival s'est ouverte lundi en Espagne: 1 300 personnes venues du monde entier s'y retrouvent pour débattre de liberté d'expression, de vie privée et de lutte contre les discriminations.
Lien vers l'article original: http://www.liberation.fr/futurs/2017/03/07/a-valence-l-internet-libre-ne-desarme-pas_1553849

Et aussi:
[Le Figaro] Mozilla s'engage dans la lutte contre les «fake news»
[Libération] En Espagne, le «village global» bouge encore

Note

Les articles de presse utilisent souvent le terme « Open Source » au lieu de Logiciel Libre. Le terme Logiciel Libre étant plus précis et renforçant l'importance des libertés, il est utilisé par l'April dans sa communication et ses actions. Cependant, dans la revue de presse nous avons choisi de ne pas modifier les termes employés par l'auteur de l'article original. Même chose concernant l'emploi du terme « Linux » qui est généralement utilisé dans les articles pour parler du système d'exploitation libre GNU/Linux.

Isabelle DUTAILLY

Base comme outil de CRM

Le 13 March 2017 à 18:33:02

Comment, petit à petit ma base de données clients, conçue au départ pour jouer avec Base est devenue un outil de gestion de relation client.

- Bases de données

09 March 2017

Luc DIDRY

Merci à mes tipeurs :-)

Le 09 March 2017 à 23:06:54

Le 14 juillet dernier, j’ai lancé mes pages Tipeee et Libe­ra­pay.

La récom­pense de base est l’ap­pa­ri­tion sur une page mensuelle de remer­cie­ments… voici celle de février !

Bon sang, ça fait un sacré retard pour la paru­tion de cette page 🙁 La faute à deux/trois choses : premiè­re­ment, les vacances, et surtout, le retour des vacances ! J’ai passé mes vacances dans la cuisine, et ça m’a carré­ment épuisé. Par dessus, un truc à coder un peu en urgence, un démé­na­ge­ment à prépa­rer (enfin, surtout le prochain appar­te­ment à prépa­rer, avec arra­chage de tapis­se­rie et tout) et bada­boum, on est déjà le 9 mars (enfin, le temps que je termine cet article, on sera le 10 mars).

Merci à :

Profi­tons un peu de cet article pour faire un petit résumé de mon acti­vité libriste du mois de février :

  • Encore et toujours du travail sur Lstu :
    • Amélio­ra­tion de la docu­men­ta­tion de l’API de Lstu
    • Ajout de la possi­bi­lité de mettre un mot de passe sur les fichiers dans Lufi (https://frama­git.org/luc/lufi/commit/d24a597e7e9375210695237f­be79c­caac7ab5­da6)
    • Diverses amélio­ra­tions de Lstu
    • Sortie de la version 0.08 de Lstu
    • Travail sur une demande parti­cu­lière sur Lstu (branche dl-cards) : pouvoir avoir plusieurs liens pour une URL, et spéci­fier un délai d’ex­pi­ra­tion après la première visite. C’est une demande d’Oli­vier Saraja pour un projet inté­res­sant : il souhaite vendre ses epubs physique­ment en vendant une carte format carte de visite conte­nant un lien unique et tempo­raire d’ac­cès à l’epub.

À noter que Lstu supporte main­te­nant le breton et les bases MySQL. Merci aux contri­bu­teurs !

Le grand nombre d’amé­lio­ra­tions ces derniers temps ainsi qu’une demande pour des n° de releases plus fréquents m’ont amenés à revoir ma façon de travailler. Je balançais précé­dem­ment tout dans la branche master et mettait un tag de temps en temps quand je sentais que je n’y touche­rai plus pendant un temps. Je vais main­te­nant faire des branches pour chaque fonc­tion­na­lité à ajou­ter et les merger dans la branche deve­lop­ment, qui rejoin­dra master lorsque j’es­ti­me­rai qu’une release peut être faite.

Je souhaite présen­ter ici mes excuses à Guil­hemB et Schoumi pour avoir oublié de les crédi­ter dans les commits du mois de février… Pour la peine, j’es­saye­rai de les crédi­ter deux fois en mars !

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07 March 2017

bsibaud.png Benoît SIBAUD

LinuxFr.org : seconde quinzaine de février 2017

Le 07 March 2017 à 11:02:55

Soixante septième épisode dans la communication entre les différents intervenants autour du site LinuxFr.org : l’idée est tenir tout le monde au courant de ce qui est fait par les rédacteurs, les admins, les modérateurs, les codeurs, les membres de l’association, etc.

L’actu résumée ([*] signifie une modification du sujet du courriel).

Statistiques

  • 1 156 commentaires publiés (dont 1 masqué depuis) ;
  • 250 tags posés ;
  • 75 comptes ouverts (dont 1 fermé depuis) ;
  • 53 entrées de forums publiées (dont 5 masqués depuis) ;
  • 17 dépêches publiées ;
  • 22 journaux publiés (dont 1 masqué depuis) ;
  • 2 entrées dans le système de suivi (dont 0 fermée depuis) ;
  • 1 sondage publié ;
  • 3 pages wiki publiées.

Listes de diffusion (hors pourriel)

Liste linuxfr-membres@ — [restreint]

  • R. A. S.

Liste meta@ — [restreint]

  • après l’oubli, le blocage erroné par une liste RBL des deux résumés précédents.

Liste moderateurs@ - [restreint]

  • [Modérateurs] votre proposition de dépêche sur LinuxFr.org.

Liste prizes@ — [restreint]

  • R. A. S.

Liste redacteurs@ — [public]

  • R. A. S.

Liste team@ — [restreint]

  • R. A. S.

Liste webmaster@ — [restreint]

  • R. A. S.

Canal IRC adminsys (résumé)

  • soirée contribution au libre du 16 février 2017 ;
  • sous la barre des 200 entrées ouvertes dans le suivi ;
  • prévoir de demander de l’IPv6 à Free quand on sera prêts ;
  • un redémarrage du service EPUB suite à un incident ;
  • un message d’erreur non explicite : « ERROR 1265 (01000): Data truncated for column 'X' at row 314 » pour des valeurs NULL ;
  • merci à Mathieu Jourdan pour sa contribution de design ;
  • les annonces sécu, c’est comme laver les vitres : si tu les laves, il pleut. Si tu corriges, paf une nouvelle annonce ;
  • les bases d’alpha et prod sont synchronisées niveau schéma SQL ;
  • préparer bêta en Debian Jessie.

Tribune de rédaction (résumé)

  • tribune vidée lors de la refonte de la partie rédaction.

Tribune de modération (résumé)

  • découverte du nouvel espace de rédaction.

Commits/pushs de code https://github.com/linuxfrorg/

  • Improve redaction layout ;
  • Fix a typo ;
  • Add a link to homepage when editing a news ;
  • Swap the news and the board on the redaction page ;
  • Allow anonymous users to view /redaction ;
  • Give some random advice on the redaction page ;
  • Mask some links on the layout ;
  • Fix move a diary fo forums ;
  • Use transactions for diaries->{news,posts} moves ;
  • Accept protocol-relative links to linuxfr.org in news links ;
  • Update rails to 4.2.8 ;
  • Remove the lock to display http/https, the browser does it for us ;
  • Fix collation for cached_slug ;
  • Show explicit messages when karma is too low to write contents ;
  • Don’t show link to homepage for users with a negative karma ;
  • Update html-pipeline-linuxfr ;
  • Fix link to original content ;
  • Use HTTPS for atom feeds ;
  • Fix inline buttons in kaiska CSS ;
  • Update gitignore ;
  • Fix 500 when adding a blank link ;
  • Fix deletion of trackers ;
  • Add a pointer cursor for edited_by span ;
  • We suppose an XMPP server tries to upload pictures.

Divers

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april.png Nouvelles April

Revue de presse de l'April pour la semaine 9 de l'année 2017

Le 07 March 2017 à 00:36:23

La revue de presse de l'April est régulièrement éditée par les membres de l'association. Elle couvre l'actualité de la presse en ligne, liée au logiciel libre. Il s'agit donc d'une sélection d'articles de presse et non de prises de position de l'association de promotion et de défense du logiciel libre.

Sommaire de la revue de presse de l'April pour la semaine 9

[ZDNet France] Connaissance libre: questions aux candidats à l'élection présidentielle

Par Thierry Noisette, le dimanche 5 mars 2017. Extrait:
> Open data, logiciels libres, domaine public, sont parmi les points sur lesquels le collectif Connaissance libre interroge les candidats à l'élection présidentielle des 23 avril et 7 mai.
Lien vers l'article original: http://www.zdnet.fr/blogs/l-esprit-libre/connaissance-libre-questions-aux-candidats-a-l-election-presidentielle-39849368.htm

[L'OBS] Généraliser le vote électronique, la mauvaise idée d'Emmanuel Macron

Par Thierry Noisette, le vendredi 3 mars 2017. Extrait:
> L'Irlande, les Pays-Bas, l'Allemagne, entre autres, ont essayé puis abandonné le vote électronique - qui enlève tout contrôle à l'électeur et coûterait en fait plus cher que le vote papier.
Lien vers l'article original: http://tempsreel.nouvelobs.com/rue89/sur-le-radar/20170303.OBS6074/generaliser-le-vote-electronique-la-mauvaise-idee-d-emmanuel-macron.html

Et aussi:
[Le Courrier] La Poste expose son e-voting

[La Tribune] Claire Gallon, la libératrice de données

Par Frédéric Thual, le vendredi 3 mars 2017. Extrait:
> Cofondatrice de l'association LiberTIC, la nantaise Claire Gallon incarne la promotion de l'ouverture des données publiques. Cette pionnière de la sensibilisation entend maintenant accompagner le changement d'échelle de l'open data.
Lien vers l'article original: http://www.latribune.fr/technos-medias/innovation-et-start-up/claire-gallon-la-liberatrice-de-donnees-649773.html

[Les Echos] Les données personnelles, nouveaux ”communs” pour ressourcer le mutualisme

Par Jean-Louis Davet, le jeudi 2 mars 2017. Extrait:
> En ce début de 21e siècle, nous assistons à un formidable renouveau des biens communs ou "communs", porté par la révolution numérique en cours.
Lien vers l'article original: https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-167009-les-donnees-personnelles-nouveaux-communs-pour-ressourcer-le-mutualisme-2069152.php

[Alter1fo] Interview du collectif CryptoRennes: «La notion de vie privée sur Internet existe(ra)-t-elle encore?»

Par la rédaction, le lundi 27 février 2017. Extrait:
> A l’heure de l’hyperconnectivité et des outils 2.0, les technologies numériques se sont invitées dans tous les aspects de nos vies. Travailler, s’informer, jouer, vivre ses amitiés, se soigner, consommer, ou encore se révolter…. autant d’activités qui passent dorénavant par l’usage d’ordinateurs, de tablettes ou de smartphones. Mais quel contrôle avons-nous vraiment sur ces machines devenues omniprésentes?
Lien vers l'article original: http://alter1fo.com/cryptoparty-rennes-cryptorennes-108066

Note

Les articles de presse utilisent souvent le terme « Open Source » au lieu de Logiciel Libre. Le terme Logiciel Libre étant plus précis et renforçant l'importance des libertés, il est utilisé par l'April dans sa communication et ses actions. Cependant, dans la revue de presse nous avons choisi de ne pas modifier les termes employés par l'auteur de l'article original. Même chose concernant l'emploi du terme « Linux » qui est généralement utilisé dans les articles pour parler du système d'exploitation libre GNU/Linux.


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Mise à jour: Le 24 March 2017 à 17:32:17