Promouvoir et défendre le logiciel libre

24 September 2016

xcartron.png Xavier CARTRON

Lanceur d'applications dans le systray

Le 24 September 2016 à 13:11:34

Ces derniers jous je fais à nouveau mumuse avec fluxbox, l'excellent gestionnaire de fenêtre qui sait aussi faire office d'environnement de bureau avec un peu de configuration.
Il y a tout : un menu configurable accessible au clic droit, un barre discrète et pratique, un systray, des thèmes plutôt sympas, de quoi configurer des raccourcis claviers... Ne me manquait plus que la possiblité d'ajouter des lanceurs d'applications.
Pour ça, il y a wbar, ou pourquoi pas un autre panel comme xfce4-panel. Cependant, je préfère utiliser un petit outil qui s'intégrerait directement dans la barre de fluxbox.
Pour cela, autant se servir du systray. C'est là qu'intervient fluxlaunch, qui va mettre dans le systray les lanceurs que je souhaite.

Pour utiliser le script, enregistrez-le puis éxécutez-le avec python3 :

python3.4 fluxlaunch.py
Running fluxlaunch
edit /home/xavier/.fluxlaunch.conf to change configuration

Il est nécessaire d'avoir les dépendances :

python3-pil python3-tk python3-pil.imagetk tk-tktray

Vous verrez apparaître quelques icônes dans le systray. Si ce n'est pas le cas, vous pouvez éditez le fichier ~/.fluxlaunch.conf qui ressemble à ça :

# /path/to/icon command
/usr/share/icons/Adwaita/16x16/categories/applications-internet.png, firefox
/usr/share/icons/Adwaita/16x16/categories/applications-other.png, thunar

Très facile à comprendre, une icône par ligne suivie par la commande à lancer, les deux séparées d'une virgule.

Au final, vous n'avez plus qu'à cliquer sur une des petites icônes du tray pour lancer la commande voulue :

alt

C'est très simpliste, très léger, et à priori facile à hacker si on veut l'améliorer.
Merci à Michael Lange dont le code de unapplet m'a bien aidé à intégrer les icônes au systray avec tkinter.

23 September 2016

bonjourapril.png Bonjour April

Apéro April

Le 23 September 2016 à 21:43:00

Apéro April juillet 2016

Tous les mois, l'April organise un apéro. Cela consiste à se réunir physiquement afin de se rencontrer, de faire plus ample connaissance, d'échanger, de partager un verre et manger mais aussi de discuter sur le logiciel libre, les libertés informatiques, fondamentales, l'actualité et les actions de l'April…

Un apéro April est ouvert à toute personne qui souhaite venir, membre de l'April ou pas. N'hésitez pas à venir nous rencontrer.

Des apéros April sont aussi organisés ailleurs qu'à Paris.

Frederic BEZIES

En vrac’ de fin de semaine.

Le 23 September 2016 à 20:29:05

Comme chaque fin de semaine, l’obligatoire billet en vrac’.

Côté logiciel libre et informatique :

Côté livre ? Un éditeur exprime son point de vue sur les menottes numériques

Côté musique ?

Bon week-end !

22 September 2016

Frederic BEZIES

Ça donne quoi TrueOS, le successeur de PC-BSD ? Un premier coup d’oeil.

Le 22 September 2016 à 12:33:47

C’est en lisant un journal sur LinuxFr que j’ai pu apprendre la naissance officielle de TrueOS.

Sur le site officiel d’anciennement PC-BSD, on apprend en plus du journal sur LinuxFr que pour le moment, les ISO disponibles sont de niveau béta. Parmi les fonctionnalités ?

Outre le fait de promouvoir le principe du rolling release « rationalisé » – ça vaut mieux quand on utilise la branche de développement de FreeBSD ! – la simplification est à l’ordre du jour : un seul dépôt logiciel, l’utilisation unique de ZFS pour gérer les disques, l’utilisation de LibreSSL en lieu et place d’OpenSSL, une couche de compatibilité linux assez récente pour les circuits graphiques. Bref, que du bon 🙂

J’ai donc récupéré la dernière image ISO de développement en date, datée du 20 septembre 2016. Le 64 bits est à l’honneur, ce qui est somme toute logique. Les premiers PC 64 bits, ça date de fin 2003, non ? D’ailleurs, j’ignore si le ZFS fonctionne avec FreeBSD en 32 bits.

[fred@fredo-arch ISO à tester]$ wget -c http://download.trueos.org/master/amd64/TrueOS-Desktop-2016-09-20-x64-DVD.iso
–2016-09-22 10:09:32– http://download.trueos.org/master/amd64/TrueOS-Desktop-2016-09-20-x64-DVD.iso
Résolution de download.trueos.org (download.trueos.org)… 2a00:7b80:3005:7::1:81, 89.233.107.230
Connexion à download.trueos.org (download.trueos.org)|2a00:7b80:3005:7::1:81|:80… connecté.
requête HTTP transmise, en attente de la réponse… 200 OK
Taille : 1837922304 (1,7G) [application/octet-stream]
Sauvegarde en : « TrueOS-Desktop-2016-09-20-x64-DVD.iso »

TrueOS-Desktop-2016 100%[===================>] 1,71G 3,01MB/s in 10m 0s

2016-09-22 10:19:32 (2,92 MB/s) — « TrueOS-Desktop-2016-09-20-x64-DVD.iso » sauvegardé [1837922304/1837922304]

J’ai ensuite lancé VirtualBox en partant d’un modèle FreeBSD 64 bits que j’ai gonflé au maximum : 2 Go de mémoire vive, 128 Go de disque virtuel, l’horloge en UTC. Je n’ai pas poussé le vice à activer l’UEFI cependant.

Après un démarrage somme toute rapide, on nous propose de lancer l’installateur en mode graphique ou en mode texte.

J’ai pris l’installateur graphique, et j’ai demandé à avoir l’installation en français… Sans oublier de vérifier que le clavier était en azerty 🙂

J’ai demandé l’installation de la version bureau de l’OS basé sur FreeBSD.

Ensuite, j’ai pris les options par défaut. À savoir du mono-démarrage.

L’installation s’est très bien passée. Un peu longue – une dizaine de minutes – mais sans incident.

L’installateur m’a demandé de redémarrer.

L’assistant de premier démarrage m’a permis de configurer la langue, le fuseau horaire, de créer un compte utilisateur que l’on peut chiffrer avec PersonaCrypt. Que du très classique, donc.

L’assistant a fini par me rendre la main. Pcdm s’est affiché, j’ai juste activé la bonne traduction et Lumina Desktop m’a accueilli.

Rien de mieux que de montrer l’OS en action. La vidéo a été un peu plus longue que prévue à l’origine, mais au moins, j’ai tout fait pour rester dynamique 😀

J’avoue que je m’attendais à tomber sur un OS lourd, comme l’était PC-BSD. Mais c’est au contraire une bonne surprise. Même s’il met un peu de temps à démarrer, une fois en mode graphique, il est assez rapide à répondre. Il faut dire que Lumina Desktop aide franchement ici.

Pour une première version béta, c’est très utilisable. Évidemment, il y a certains logiciels qui sont un peu vieux, mais c’est lié aux ports de FreeBSD qui sur certains plans ne sont pas de la première fraicheur. Dommage aussi que le support du HTML5 dans Mozilla Firefox 49 soit un brin capricieux 🙁

Il reste un peu de franglais, mais cela reste dans les limites du supportable, surtout quand on garde en mémoire le fait que c’est une version non finalisée…

Mes seules critiques ? Vouloir utiliser FreeBSD-CURRENT, ce qui demandera aux équipes de TrueOS de proposer les mises à jour avec une précaution maladive. Et aussi le nom, qui peut laisser penser que les autres OS ne sont pas de vrais systèmes d’exploitation. Ça pourrait porter tort à l’équipe en cas de mise à jour un peu trop délicate.

En tout cas, pour un premier aperçu, c’est une bonne surprise. Au moins, on est loin du pachyderme asthmatique qu’était PC-BSD sur sa fin de vie.

ggravier.png Gilles GRAVIER

The mutable immutable distributed ledger (aka Accenture's editable blockchain)

Le 22 September 2016 à 09:54:47

Just a few days ago, Accenture announced that they had applied for a patent (EU and US) to cover an editable blockchain. This has set the world of blockchain technologies into a turmoil.

Lets look at it from two different perspectives.

First, it's a patent. In the world of blockchain technologies, most of the code out there (bitcoin, stellar, ethereum, and so many more) is open source. This is a community that doesn't take very well things like patents. In fact, the open source community is usually quite opposed to patents and one could very well imagine Accenture's patent to make the top entry of the Stupid Patent of the Month page very soon.

Second, it's blockchain... One of the key elements of a blockchain is the immutability of what's stored in it. The fact that you can trust that the data in the blockchain hasn't been tampered with. If you enter a transaction (of token T from A to B) in a blockchain, the only thing you can do later on is to do another transaction either from A to B with additional tokens... or from B to some other entity (A or C) of the token T (or its equivalent). That's it. That's the way you can trace back every transaction ever entered in a blockchain. That's how you can be sure that you'll find full traceability of everything entered in the blockchain. That's why solutions like blockverify.io and Provenance can offer excellent supply chain transparency models.

If you are going to built a distributed ledger (or datastore of some sort) that allows editing of entries, you might as well use a standard distributed database like MongoDB or Cassandra, and then add some way of access control and auditing to suit your needs.

Designing a mutable version of what is normally an immutable storage system is, at best, counterproductive... Accenture has shown a deep understanding of what blockchain is all about.

21 September 2016

ggravier.png Gilles GRAVIER

A new entry on W3C blockchain workshop on my Wipro blog

Le 21 September 2016 à 14:13:06

I posted a new entry on my Wipro corporate blog. Here is the text from it:

An opportunity to attend a 2-day blockchain workshop, organized by Worldwide Web Consortium (W3C) at the MIT Media Lab in Cambridge, MA, in late June, provided a great insight on the need for a dedicated blockchain working group and the kind of standards such a group should address. The outcome of this workshop as shared here, could shape a remarkable era in which blockchain technology will re-order how we manage trust without a central authentication authority for transactions in areas as diverse as banking, trading, education, music, real estate, healthcare, government services and even ride sharing.
So how massive is the impact of blockchain likely to be? Late last year, when reporting the first securities transaction processed on the NASDAQ blockchain platform, the Wall Street Journal (WSJ) noted that the technology could cut US$20 billion in annual costs in the global banking system alone. Blockchain can not only trigger savings by eliminating intermediaries but also slash time in completing transactions. Indeed, the fact that most of the blockchain code out there is open source, removes the cost entry barrier. Trust is designed in the architecture of blockchain and hence it becomes easy for any entity to operate in the trusted environment that blockchain brings with it. These are very exciting possibilities. And the amazing energy in the W3C workshop reflected the promise held by blockchain.
Among the most important exercises at the workshop were the discussions on subjects such as identity, legal, cloud, etc. It was indeed a privilege to witness each table presenting its findings and proposing directions for possible working group activities. To fuel the excitement, votes were taken to rate themes and prioritize them. The first immediate result of the workshop was the creation of the Blockchain Digital Assets Community Group - time to join and participate. For CIOs eyeing the technology, the outcome of the workshop will spell relief. Many are currently being deterred because of a lack of interoperable standards (among other things).
It was therefore good to see people at the workshop from the attendees to pure blockchain industry (people developing blockchain products or running blockchain networks) and also users (and some quite significant players in the financial markets). There was an exchange of views and knowledge and everyone got down to the task of figuring out what should be done next. But, as you may expect, in addition to the pure "standards" work that took place, there was a whole lot of networking going on.
What intrigued me, and came up a lot at the workshop, was the issue of web developers accessing blockchain to build apps via standard APIs. Many discussions revolved around the identity of users and the provenance (the record of ownership) of assets, two issues that greatly affect the financial services industry. People tend to think blockchain is the solution to everything. Well, it's not. It's a fantastic technology with great potential. Given its nature of being a distributed, shared, transaction database with immutability built in, it is well suited to certain types of use cases. Exploring them with the crowd there was just great!
We came out of this workshop with a much clearer idea of where W3C should progress in terms of standardization areas for blockchain. But more importantly, the intensive discussions shed light on where the technology can be put to good and effective use.
My colleague Presanna. V. Sundararajan (Practice Head - Blockchain and API platform, Wipro Ltd) put it really well when he said, "The standards are going to be the backbone of blockchain adoption. They will bring industry together. It will impact the whole business community and in the future blockchain might just be the standard for everything that we do, just like the Internet is now."
Now it is time to sit down and take all those ideas and put them into practice!

jzimmermann.png Jérémie ZIMMERMANN

ePrivacy Directive: The EU Commission Must Protect the Confidentiality of Communications

Le 21 September 2016 à 13:31:58

Paris, 21 September 2016 — The European Commission should submit this autumn a draft revision of the 2002 directive on privacy in the electronic communications sector, also called "ePrivacy directive". This future draft follows a public consultation launched by the European Commission in April 2016 that La Quadrature answered. While for months the telecoms industry, GAFA and member States have been intensely lobbying against this fundamental text, the European Commission must resist these pressures and seriously take into account the proposals from civil society associations in order to produce legislation respectful of fundamental rights, including the right to encryption.

Dear Commissioner Oettinger,
Dear Vice-President Ansip,
Dear Members of the Directorate General CONNECT,

The publication by the Commission of the first results of the consultation on the revision of the ePrivacy directive confirmed a well-known gap between civil society and industry. On diverse topics such as broadening the scope of the directive to new communication services (the so-called over-the-top service providers or OTT), on cookies, on the appropriate type of consent to process personal data, the result is clear: answers from individuals, civil society associations and Data Protection Authorities are radically opposed to the companies' answers.

It is striking how the so-called opposition between online services and telecoms is only a façade where it comes to broadening the scope of the directive so that the OTT services are covered by the legislation. The coalitions of telecom operators and OTT service providers show that traditional telcos understood how pointless it is to oppose the development of these communication apps and, more broadly, giants such as Google, Facebook and Microsoft. For the operators it seems more profitable to capture new markets and themselves offer over-the-top services. Thus, even if they seem opposed (for example in their answers to the consultation), these big players defend side by side a pure and basic abrogation of the directive, and accuse it of killing innovation, competition and the economic promise of the Digital Single Market.

These campaigns are only the tip of the iceberg that represents the lobbying deployed against this crucial text for Europeans' right to privacy. If we look carefully at the meetings of Commissioners Oettinger and Ansip, it appears that the ten organisations they meet most often are all big companies: Google, Deutsche Telekom, Microsoft, Telefonica and specialised lobbies DIGITALEUROPE and BUSINESSEUROPE come at the top of the list.

Moreover, member States are also lobbying very strongly, but in their case against the right for individuals to secure their communications. This has been shown by repeated statements of French political leaders and by the joint declaration of Thomas de Maizière and Bernard Cazeneuve on "cybersecurity" on 23 August 2016. Obviously, the revision of the ePrivacy directive represents for them a wonderful opportunity to question the right to encryption under the guise of combating terrorism.

Facing these various pressures, the European Commission must stay the course in defending an ambitious new legal act. This text must both protect our right to encryption, in writing it explicitly into the article on the confidentiality of communications, and also equally impose security and confidentiality obligations on all companies. All this should be done while restricting the derogations given to member States. This subtlel balance should be preserved so that the ePrivacy directive may continue to be a defense of fundamental rights in the digital world, in line with the CJEU's case law.

Thus La Quadrature du Net calls on the Commission to:

  • remain impartial in elaborating its proposal, by diversifying its sources of expertise;
  • defend the right of Europeans to confidentiality of communications through the recognition of the right to end-to-end encryption, by putting into the text the obligation for member States to protect this right and the distribution of the tools that enable it;
  • make the provisions on cookies consistent with the general Regulation in confirming the illegitimacy of forcing a user to "pay" with his/her data to access a service;
  • remember that 90% of the individuals, civil society associations and data protection authorities who answered the consultation favour a regime for direct marketing calls based on prior consent (opt-in). These answers reflect the general trend regarding how users want to take back control over their data. The public interest is the only direction for the Commission to take.

We look forward to working together.

La Quadrature du Net

20 September 2016

tnitot.png Tristan NITOT

En vrac et Libre a toi

Le 20 September 2016 à 15:55:00

Lac Léman au crépuscule

Si vous lisez le Standblog, je vous encourage vivement à soutenir le projet de Radio associative Libre @ Toi, qui vise à obtenir une fréquence sur la bande FM pour faire une radio des Communs (logiciels libres / numérique / culture libre / science / environnement / associatif / éducation / économie sociale et solidaire). Je connais bien l’équipe, ils font du super boulot sur leur Webradio et leurs podcasts, il ne leur manque plus que la fréquence pour toucher un plus large public. Pour ça, prends 5mn, cher lecteur, pour dire pourquoi tu soutiens leur démarche dans le formulaire. Merci pour eux !

bsibaud.png Benoît SIBAUD

LinuxFr.org : première quinzaine de septembre 2016

Le 20 September 2016 à 07:44:52

Cinquante-sixième épisode dans la communication entre les différents intervenants autour du site LinuxFr.org : l'idée est tenir tout le monde au courant de ce qui est fait par les rédacteurs, les admins, les modérateurs, les codeurs, les membres de l'association, etc.

L'actu résumée ([*] signifie une modification du sujet du courriel) :

Statistiques

  • 2198 commentaires publiés (dont 4 masqués depuis)
  • 284 tags posés
  • 95 comptes ouverts (dont 4 fermés depuis)
  • 63 entrées de forums publiées (dont 3 masquées depuis)
  • 17 dépêches publiées
  • 39 journaux publiés (dont 1 masqué depuis)
  • 4 entrées dans le système de suivi
  • 1 sondage publié
  • 0 page wiki publiée

Listes de diffusion (hors spam)

Liste linuxfr-membres@ [restreint]

  • RAS

Liste meta@ [restreint]

  • [Meta] Qui veut un livre (v3) ?

Liste moderateurs@ [restreint]

  • [Modérateurs] Sondage
  • [Modérateurs] éditeur Markdown en ligne
  • [Modérateurs] Commentaire diffamatoire
  • [Modérateurs] Modif sur dépêche en modération
  • [Modérateurs] erreur 500 sur linuxfr.org, quelque soit la page

Liste prizes@ [restreint]

  • [Prizes] LinuxFr prizes recap du samedi 3 septembre 2016, 17:48:19 (UTC+0200)

Liste redacteurs@ [public]

  • RAS

Liste team@ [restreint]

  • [team linuxfr] Spam sur nos listes
  • [team linuxfr] [EVI] Ordinateurs assemblés en France, compatible Linux et livrés sans OS

Liste webmaster@ [restreint]

  • RAS

Canal IRC adminsys (résumé)

Tribune de rédaction (résumé)

  • Signalement de spam

Tribune de modération (résumé)

  • Du spam sur les listes de diffusion et sur le site, la plage IP maudite des 45.xx.xx.xx
  • Des commentaires problématiques à gérer
  • Une dépêche notée négativement
  • Pas mal de journaux de qualité et peu de dépêches ? Tandis que plein de dépêches attendent en rédaction

Commits/pushs de code https://github.com/linuxfrorg/

  • Add ayo logo

Divers

  • Arrêter la diffusion "manuelle" par courriel pour ne garder que la partie web publique (ou alors rss2email peut-être)

Lire les commentaires

april.png Nouvelles April

Europe : une surcouche de règles rétrogrades en guise de réforme du droit d'auteur

Le 20 September 2016 à 07:35:31

Après des mois de consultations et d'annonces diverses sur la mise en place d'un « marché unique numérique » et d'une modernisation du cadre juridique du droit d'auteur en Europe, la Commission ne propose que des rustines pour rapiécer un cadre juridique vieux de 15 ans. Là où était attendue une véritable réforme du cadre actuel basé sur la directive 2001/29/CE, qui date de 2001, ce texte ne serait modifié qu'à la marge par la nouvelle directive Copyright in the Digital Single Market (en anglais uniquement pour le moment). Par ailleurs, plusieurs propositions de la Commission contiennent des menaces inquiétantes.

La directive de 2001 reste donc globalement inchangée ; le projet de directive, « à l'exception de l'article 6, laisse intactes et n'affecte en aucun cas les règles issues » de la directive 2001/29/EC (article 1). Le régime des droits voisins mis en place au début du siècle sera même étendu aux éditeurs de presse : « Les articles 11 et 12 étendent les droits prévus aux articles 2 et 3(2) de la directive 2001/29/EC aux éditeurs de publications de presse pour l'usage numérique de leurs publications ». Il s'agit là d'un des principaux points de crispation exprimés par les défenseurs des libertés informatiques et d'un internet ouvert et libre, avec la généralisation des « robocopyright » (article 13). Voir également l'analyse de Next INpact.

La sacralisation des mesures techniques de restriction des usages - ou DRM - reste plus que jamais d'actualité comme le confirme le septième considérant de principe du projet de directive : « La protection des mesures techniques établie dans la directive 2001/29/EC reste essentielle pour garantir la protection effective de l'exercice des droits accordés aux auteurs et autres ayants droit en droit de l'Union ». Les éditeurs de presse bénéficieront d'ailleurs de cette protection absurde (article 11) avec des conséquences encore difficiles à mesurer pour les logiciels libres. On peut par exemple s'interroger sur le sort des logiciels d'aggrégation de flux RSS.

La Commission ne semble pas non plus estimer que la reconnaissance d'un droit à interopérabilité, ou ne serait-ce que d'un simple droit au portage des données, soit utile à un « marché unique numérique ». Une des consultations, dont nous attendons toujours le résultat, portait d'ailleurs sur le « cadre de l'interopérabilité », mais elle ne semble pas avoir inspiré l'institution européenne. Et si, au sixième considérant de principe, le projet prend soin d'exprimer l'importance de « parvenir à un juste équlibre entre les droits et intérêts, des auteurs et autres ayants droit d'une part, et les droits des utilisateurs d'autre part », il ne semble considérer cet équilibre que via le prisme de quelques exceptions très encadrées (titre 2 du projet).

Enfin, de façon assez emblématique de l'évolution de ces dernières années sur tout ce qui concerne la réglementation des usages en ligne, le projet de directive marque la responsabilité croissante des intermédiaires techniques et une volonté nette de remettre en cause la distinction entre les notions d'éditeurs et d'hébergeurs. On notera ainsi que le Vice-président de la Commission, Andrus Ansip, lors de la conférence de presse du 14 septembre 2016 où a été annoncé ce projet de directive, a expliqué (vers 19min 30s) qu'il a été décidé « d'utiliser le principe de diligence (duty of care) pour clarifier quand les plateformes agissent comme intermédiaire neutre et quand elles vendent des produits à valeurs ajoutée ». Avec des notions aussi floues, gageons que la sécurité juridique des hébergeurs sera mise à rude épreuve. Lire également l'analyse de La Quadrature du Net.

Le calendrier n'est pas encore connu mais Gunther Oettinger, commissaire à l'économie et à la société numérique, a affiché sa volonté d'avancer rapidement sur ce dossier lors de la conférence de presse. Prochaine étape, le Parlement européen où les débats promettent d'être mouvementés tant le texte actuel semble être l'antithèse du rapport de l'eurodéputée Julia Reda remis en janvier 2015 sur demande de la Commission.

Les citations sont des traductions faites par l'April à partir de sources en anglais.

19 September 2016

rhertzog.png Raphaël HERTZOG

Mes activités libres en août 2016

Le 19 September 2016 à 19:07:18

Mon rapport mensuel couvre une grande partie de mes contributions au logiciel libre. Je l’écris pour mes donateurs (merci à eux !) mais aussi pour la communauté Debian au sens large parce que cela peut donner des idées aux nouveaux venus et que c’est également un des moyens les plus effectifs de trouver des volontaires pour travailler sur les projets qui me tiennent à cœur.

Ayant pris deux semaines de vacances en août, l’activité de ce mois fut moins importante qu’à l’accoutumée.

Travaux relatifs à Kali

La nouvelle équipe pkg-security fonctionne à plein régime, et j’ai passé en revue/parrainé de nombreux paquets ce mois-ci : polenum, accheck, braa, t50, ncrack, websploit.

J’ai créé le rapport de bogue n°834515 concernant sbuild, car sbuild-createchroot n’était plus utilisable dans kali-rolling du fait du tiret dans son nom. Le comportement antérieur a été restauré, et cette fonctionnalité proposée explicitement au travers d’une option.

J’ai attiré l’attention des ftpmasters sur le bogue n°832163, au sujet de la présence de paquets non désirés dans la section standard (ils ont été découverts dans l’ISO live de Kali, alors que nous ne les voulions pas).

J’ai envoyé (en tant que non-mainteneur) deux versions de fontconfig, de sorte à ce que nous puissions enfin pousser dans Debian une correction à peu près propre pour les diverses légendes affichées comme des carrés, après une mise à jour des polices (cf. le n°828037 et le n°835142).

J’ai testé (par deux fois) un patch live-build d’Adrian Gibanel Lopez implémentant le boot EFI avec grub, que j’ai intégré dans le dépôt Git officiel (cf. le n°731709).

J’ai ouvert un rapport de bogue (n°835983) concernant python-pypdf2, qui présente une dépendance invalide interdisant son installation parallèlement à python-pypdf.

J’ai déclaré orphelin le paquet splint, son mainteneur étant aux abonnés absents – missing in action (MIA). Déclaration immédiatement suivie d’un upload corrigeant un bogue critique pour la publication, bogue pour lequel il avait été exclu de testing (ce paquet est une dépendance de compilation d’un paquet Kali).

django-jsonfield

J’ai écrit un patch rendant python-django-jsonfield compatible avec Django 1.10 (cf. le n°828668). Patch que j’ai poussé par la suite dans le dépôt amont.

Distro Tracker

J’ai réalisé quelques modifications afin de rendre la base de code compatible avec Django 1.10 (et ajouté Django 1.10 à la matrice de test tox). J’ai également ajouté un lien « Tableau de bord du mainteneur Debian » à côté des noms des personnes, à la demande de Lucas Nussbaum (cf. le n°830548).

J’ai réalisé une analyse préliminaire du patch de Paul Wise visant à ajouter des indications multiarch (cf. le n°833623), et j’ai amélioré le support par le mailbot des en-têtes MIME faisant référence à des jeux de caractères inconnus (comme par exemple « cp-850 », Python ne reconnaissant que « cp850 »).

Enfin, j’ai aidé Peter Palfrader à mettre en place une adresse .onion pour tracker.debian.org, cf. onion.debian.org pour la liste complète des services accessibles à travers Tor.

Travaux divers

J’ai mis à jour ma formule salt pour letsencrypt.sh, afin qu’elle soit fonctionnelle avec la toute dernière version de letsencrypt.sh (0.2.0).

J’ai fusionné les traductions mises à jour pour le Cahier de l’Administrateur Debian sur weblate.org, et poussé une nouvelle version vers Debian.

Merci

Rendez-vous au mois prochain pour un nouveau résumé de mes activités !

Ceci est une traduction de mon article My Free Software Activities in August 2016 contribuée par Weierstrass01.

Aucun commentaire pour le moment | Vous avez aimé ? Cliquez ici. | Ce blog utilise Flattr.

april.png Nouvelles April

L'April sera présente à l'Amiens in Libe

Le 19 September 2016 à 13:54:40

15 Octobre 2016 - 14:30
15 Octobre 2016 - 18:00

Une libre journée

La Machinerie et les Incroyables Comestibles d’Amiens vous proposent de participer à une journée de rencontres, d’échanges et d’informations sur la culture libriste. L’angle d’approche sera celui de la permaculture :

– dans le monde organique, jardin et lieux culturels
– dans le monde numérique des internets

Les enjeux de la privatisation du vivant et des semences, des espaces culturels indépendants et de l’espace numérique sont les mêmes.

Il faut pour, nos libertés, préserver la biodiversité et l’intimité dans nos jardins, dans nos lieux de convergences et dans notre vie numérique.

– Les semences libres contre la privatisation du vivant
– Les lieux culturels autonomes et autogérés
– Systèmes d’exploitations et logiciels libres et gratuits
– Reprendre le contrôle de nos données personnelles
– Préserver ses libertés et son intimité sur internet

Le but de cette journée est de nous rencontrer et de faire société autour de ces domaines, de créer de nouvelles connexions humaines, de tisser des contacts autour de tous ces sujets majeurs.

Il y aura des stands et des micro-conférences.
Retrouver nous à la Machinerie 70 rue des Jacobins Amiens Hauts-de-France

Il est temps de reprendre la main et de tisser du libre dans toutes les strates de nos réseaux citoyens.

Revue de presse de l'April pour la semaine 37 de l'année 2016

Le 19 September 2016 à 12:33:43

La revue de presse de l'April est régulièrement éditée par les membres de l'association. Elle couvre l'actualité de la presse en ligne, liée au logiciel libre. Il s'agit donc d'une sélection d'articles de presse et non de prises de position de l'association de promotion et de défense du logiciel libre.

En podcast.

Sommaire de la revue de presse de l'April pour la semaine 37

[Archimag] Libre@Toi: bientôt une radio libre dédiée aux ”communs” sur la bande FM?

Par Clémence Jost, le vendredi 16 septembre 2016. Extrait:
> L'association Libre@Toi candidate auprès du CSA pour l'obtention de la fréquence FM 93.1. Son objectif: lancer la première radio dédiée aux communs, rassemblant des acteurs du logiciel libre, du numérique, de la recherche, de l'éducation, du monde associatif et du monde du travail.
Lien vers l'article original: http://www.archimag.com/bibliotheque-edition/2016/09/16/libre-toi-radio-libre-communs-bande-fm

[Presse Citron] Microsoft a complètement embrassé le mouvement open source

Par Setra, le vendredi 16 septembre 2016. Extrait:
> La firme de Redmond a plus de contributeurs open source que Google. La politique d’ouverture de Satya Nadella est en train de payer.
Lien vers l'article original: http://www.presse-citron.net/microsoft-a-completement-embrasse-le-mouvement-open-source

Et aussi:
[Journal du Net] Champion de la contribution open source!

[Next INpact] Rejet du recours contre le partenariat entre Microsoft et le ministère de l'Éducation nationale

Par Marc Rees, le jeudi 15 septembre 2016. Extrait:
> Le juge des référés du tribunal de grande instance de Paris a rendu son ordonnance dans l’action lancée par plusieurs associations issues du milieu du libre contre l’accord Microsoft/Éducation nationale. Les plaignants sont tous déboutés.
Lien vers l'article original: http://www.nextinpact.com/news/101392-rejet-recours-contre-partenariat-entre-microsoft-et-ministere-education-nationale.htm

Et aussi:
[Silicon] Accord entre Microsoft et l’Éducation: les plaignants déboutés

Voir aussi:
Dernières nouvelles

[France Inter] Logiciels libres et administrations: l'impossible mariage?

Par Camille Magnard, le jeudi 15 septembre 2016. Extrait:
> L'administration réaffirme régulièrement sa volonté d'utiliser les logiciels libres. Mais la mainmise des géants de l'informatique reste difficile à contourner.
Lien vers l'article original: https://www.franceinter.fr/info/la-bataille-des-logiciels-libres-reste-ca-mener-dans-l-administration

[Silicon] L'État rend Open Source trois de ses simulateurs

Par Ariane Beky, le jeudi 15 septembre 2016. Extrait:
> Un hackathon va accompagner l'ouverture des codes sources des simulateurs carte grise, gratification des stagiaires, intérêts moratoires.
Lien vers l'article original: http://www.silicon.fr/etat-open-source-trois-simulateurs-codegouv-157607.html

[Industrie et Technologies] Quand Ray Kurzweil s’interroge sur la mort du brevet... mieux vaut quand même écouter

Par Aurélie Barbaux, le mercredi 14 septembre 2016. Extrait:
> Quand Ray Kurzweil, l’auteur d'Humanité 2.0 qui annonce la dominance de l’intelligence artificielle sur celle des humains pour 2045, s’interroge sur la mort de la propriété intellectuelle, il vaut mieux tendre l’oreille. Pas tant pour ses arguments, pas inintéressants par ailleurs, que parce que la puissance de lobbying des géants de la Silicon Valley sur l’économie mondiale et la transformation de nos sociétés n’est plus à démontrer.
Lien vers l'article original: http://www.industrie-techno.com/quand-ray-kurzweil-s-interroge-sur-la-mort-du-brevet-mieux-vaut-quand-meme-ecouter.45576

[Industrie et Technologies] L’Industrie 4.0 sera open source... ou ne sera pas

Par Nicolas du Manoir, le mercredi 14 septembre 2016. Extrait:
> Selon Nicolas du Manoir, vice-président régional de Progress pour la France, la clé de l'industrie 4.0, intelligente et surtout connectée, réside dans l'interopérabilité. Et cette interopérabilité passe forcément par l'ouverture et le partage des plateformes, normes et protocoles. Fini les systèmes propriétaires. L'industrie du futur sera open source... ou ne sera pas.
Lien vers l'article original: http://www.industrie-techno.com/l-industrie-4-0-sera-open-source-ou-ne-sera-pas.45567

Note

Les articles de presse utilisent souvent le terme « Open Source » au lieu de Logiciel Libre. Le terme Logiciel Libre étant plus précis et renforçant l'importance des libertés, il est utilisé par l'April dans sa communication et ses actions. Cependant, dans la revue de presse nous avons choisi de ne pas modifier les termes employés par l'auteur de l'article original. Même chose concernant l'emploi du terme « Linux » qui est généralement utilisé dans les articles pour parler du système d'exploitation libre GNU/Linux.

Ce que copier veut dire - Copy Party, Communs, Domaine public, Culture libre - 1/3 - Lionel Maurel

Le 19 September 2016 à 10:14:04


Lionel Maurel

Titre : Ce que copier veut dire (1/3) - Copy Party, Communs, Domaine public, Culture libre
Intervenant : Lionel Maurel
Lieu : Conférence [lire+écrire] numérique - Médiathèque de Rezé
Date : Mars 2013
Durée : 28 min 51
Licence : Verbatim
Pour visionner la vidéo

Description

Un cycle de rencontres et de formation à la culture numérique conçu et animé par Guénäel Boutouillet et Catherine Lenoble.

Transcription

Ce matin, je voulais essayer de remettre en contexte cet événement de la Copy Party en parlant tout simplement de l'acte de copier et ce qu'il signifie en général et ce qu'il signifie en particulier, aujourd'hui, dans cette période de développement du numérique qui en change profondément la signification. J'ai appelé ça Ce que copier veut dire, parce que le fait de copier est devenu quelque chose qui n'est plus du tout anodin, qui soulève beaucoup de questions, qui peut poser des problèmes très sérieux, et qui doit nous amener à nous questionner sur la signification de ce geste que nous allons faire tout à l’heure. Et je pense que ce sera intéressant, justement, d'aller copier des documents dans la bibliothèque en ayant cet arrière-plan en tête, pour bien mesurer les enjeux de ces gestes.

Je suis bibliothécaire et juriste. Je suis blogueur sur un blog qui s'appelle Silex1. Je m'intéresse à ces questions depuis plusieurs années et j'essaye aussi de réfléchir à la place du savoir et de la connaissance dans la société aujourd'hui, autour notamment d'un collectif que j'ai cofondé avec un autre bibliothécaire qui s'appelle Silvère Mercier, sur les biens communs de la connaissance qui s'appelle Savoirs Com12. Voilà, c'est de ce point de vue-là que j’aborde ces questions.

Nous allons faire une Copy Party, donc j'ai mis cette image en introduction. C'est un site qui s'appelle Bibliogobelin3 qui publie ce genre d'images, qui jette un regard un peu décalé sur l'activité des bibliothèques et qui en avait fait un sur la Copy Party justement et qui avait mis cette image de moine dans un scriptorium, qui est une image qui n'est pas du tout anodine, si vous voulez, parce que vous allez voir que la bibliothèque est fondamentalement reliée à l'acte de copier. Les bibliothèques, à la base, n'étaient pas tellement des endroits où on prêtait mais des endroits où on copiait. La bibliothèque d’Alexandrie, son principe de fonctionnement, c'était quand les bateaux arrivaient dans le port, ils avaient obligation de remettre tous les rouleaux qui étaient dans les bateaux, ils faisaient une copie, ils gardaient l'original et ils rendaient la copie aux bateaux. C'est comme ça, fondamentalement, que la bibliothèque s'est constituée par l'acte de copie. Et en plus, on est dans une ancienne église, donc tout ça est un arrière-plan assez intéressant.

La question c’est de se demander qu'est-ce que fondamentalement cela veut dire copier aujourd'hui ? Vous allez voir, qu'en fait, il y a beaucoup de sens, le mot copier charrie beaucoup de sens cachés. Copier, ça peut vouloir dire tricher, par exemple. Copier, certains l'assimilent à l'acte de voler. D'autres vont dire copier c'est aimer. D'autres vont dire copier c'est créer. Tous ces sens-là sont encapsulés, si vous voulez, dans le terme copier et c'est ce qui en fait une sorte de nœud assez complexe à démêler. Moi ce que je voudrais, aujourd'hui, c'est essayer de démêler un petit peu ce nœud.

Je vous ai mis, au début, quelques paradoxes et on va aller en Suède qui est un pays qui est assez concerné par ces questions. Et vous allez voir qu'on arrive à une situation, quelque part, un peu délirante sur ce qui tourne autour de l'acte de copier. Ça c'est en Suède. Il faut savoir qu'en Suède, en 2012, il y a une église, qui a été reconnue comme religion officielle, qui est l'église du Kopimisme4 qui s'est montée. Cette église est un groupe qui considère que « l'information est sacrée et la copie est un sacrement. L'information a une valeur en soi et cette valeur se multiplie grâce à la copie. » Leur geste sacré c'est le Ctrl+C, Ctrl+V, c'est l'acte du copier-coller. C'est une église. Là par exemple j'ai une vidéo sur Internet où on voit un mariage célébré par un prêtre de l'église du Kopimisme qui a donc marié deux personnes. Donc c'est un groupe religieux qui a élevé la copie au rang de geste sacré. Ça peut paraître quand même assez surprenant d'aller jusque là.

Il faut savoir, en fait, que l'arrière-plan de la Suède est assez complexe. Vous savez aussi que la Suède, peut-être, j'en parlerai tout à l'heure, c'est le pays du Parti Pirate. C'est aussi le pays où est né le plus grand site de partage de fichiers qui s'appelle The Pirate Bay, le Pirate Bay. Et, en fait, ces gens ont fait ça parce que, en ayant la protection du statut de religion officielle, ils espèrent pouvoir copier sans être empêchés par les entraves légales que peuvent être le droit d'auteur, etc. Un peu comme les Rastafari, à une époque, avaient élevé la consommation de cannabis au rang de pratique légale pour pouvoir le faire sans être empêchés par une forme de prohibition. Vous voyez, quand même, que c'est assez représentatif, je trouve, d'une situation un peu embrouillée autour de la notion de copie. Comme je vous le disais la Suède c'est aussi le pays de The Pirate Bay qui est le plus grand site d'échange de fichiers Torrent au monde. Donc là on est sur du partage de fichiers qui sont, en général, des œuvres protégées par le droit d'auteur, et ce site suscite des réactions assez virulentes de la part de ce qu'on appelle les industries culturelles qui l'ont attaqué dans plusieurs endroits dans le monde, en Suède, en Finlande, aux Pays-Bas, en Belgique et qui ont obtenu son blocage. Les trois fondateurs du site, vous voyez en photo, ont été condamnés par la justice suédoise et on a appris, juste hier en fait, que la Cour européenne des droits de l’homme avait rejeté leur dernier recours et donc ils sont passibles de peines de prison et d'amendes assez importantes. L'un d'entre eux a aussi de gros ennuis judiciaires en Thaïlande. Voilà. On est dans une situation où ces personnes, pour avoir mis en place ce site, ont des soucis très importants.

Mais la Suède c'est aussi donc, comme je vous l'ai dit, le pays du Parti Pirate qui est un parti politique, qui a envoyé des représentants au Parlement européen. Il y a deux représentants suédois qui ont été élus comme députés européens et qui siègent au Parlement européen, qui prônent des réformes très importantes du droit d'auteur ainsi que des réformes du fonctionnement de la démocratie elle-même. C'est là où c'est paradoxal, la Suède est aussi le pays où est né un site de streaming légal, là cette fois-ci, qui s'appelle Spotify et c'est le pays, la Suède, où ce service se porte le mieux, avec des croissances de l'ordre de 50 % cette année par exemple.

Si vous ajoutez tout ça, vous avez donc un pays qui a une église reconnue officiellement autour de la copie, qui, d'un autre côté, a le site qui est le plus dans le collimateur des tribunaux, qui est le siège du Parti Pirate, mais qui est le pays où l'offre légale de musique en streaming se porte le mieux. Je trouve que c'est un très bon résumé du paradoxe de la situation actuelle autour de la copie et des contradictions que ça peut soulever. Évidemment je dirais que c'est un peu paroxystique en Suède, mais dans tous les pays du monde on retrouve ces contractions autour de l'acte de copier.

Au cœur de la question on a le droit d'auteur. Pourquoi est-ce que la copie soulève des questions ? C'est parce que cet acte de copie est saisi par un arrière-plan juridique qui est celui du droit d'auteur. Le droit d’auteur appréhende la copie comme un acte de reproduction. La reproduction fait partie de ce qu’on appelle les droits patrimoniaux, qui appartiennent aux auteurs, aux créateurs et à leurs ayants droit qui peuvent être des éditeurs, des producteurs, et le droit d'auteur leur donne un monopole sur cette action. C'est-à-dire que quand vous avez créé une œuvre, vous avez le droit, un droit exclusif, de faire des reproductions de cette œuvre ou d'autoriser des tiers à reproduire votre œuvre. Et pour la loi française, la reproduction c'est « la fixation matérielle de l’œuvre par tout procédé qui permette de communiquer cette œuvre au public de manière indirecte. » C'est une définition très large qui couvre toutes les formes de copie que ce soit le fait d'éditer un livre, vous êtes obligé de reproduire des exemplaires, que ce soit le fait de faire des copies numériques aussi. On le verra tout à l'heure, la loi s'applique aussi à l’environnement numérique. Donc, si vous faites une reproduction d'une œuvre protégée sans autorisation, vous tombez sous le coup d'un délit qui s’appelle la contrefaçon du droit d'auteur, et on verra que c'est un délit qui est assez sévèrement réprimé. Donc voila comment le droit d'auteur appréhende l'acte de copie.

Pour illustrer cette image je vous ai mis des œuvres de street art. Là, en haut, c'est Banksy qui est assez connu, un graffeur qui est assez connu, et là c'est Rero. J'ai mis ça parce que ce sont des gens qui ont un rapport, de toutes façons, à la légalité un peu complexe, parce qu'en général, quand on fait des œuvres de street art c'est illégal en soi de peindre sur des murs et qui ont une réflexion assez intéressante sur le droit d'auteur, aussi bien Bansky que Rero sont assez critiques. Par exemple Rero autorise librement la copie de ses œuvres, ce qui permet de mettre son œuvre sur un support sans aucun souci. Il a fait des choses comme ça assez intéressantes.

Le droit d'auteur a quand même un rapport assez ambivalent avec l'acte de copier. C'est-à-dire que, par exemple, quand vous faites une copie à l'identique, imaginons une personne qui refait un tableau à l'identique, ça va être une reproduction et une contrefaçon si l’œuvre est protégée. Là, pour copier ce tableau-là, vous avez le droit de le faire parce que ce tableau est ancien, on dit il est dans le domaine public et n'est plus protégé par le droit d'auteur.

Il y a une autre notion qui est importante quand on parle de copie, celle de plagiat qui, étrangement, n'est pas dans le code de propriété intellectuelle, mais qui correspond à une condamnation morale de l’acte de copier : c'est le fait de s’attribuer l’œuvre d'un autre, en remplaçant le nom de l'auteur par le sien, et donc en lui déniant ce qu'on appelle le droit de paternité qui est une composante du droit moral de l'auteur, qui est très fortement protégé en France. Ça c'est le plagiat, mais étonnement la notion de plagiat n'est pas dans le code de propriété intellectuelle elle-même.

Il y a aussi une chose qui est importante dans le droit d'auteur c'est que, quand vous faites une création, on ne va vous donner un droit sur cette œuvre que si vous faites un apport original. C'est-à-dire que si vous vous contentez de faire une simple copie comme cette peintre, elle n’aura pas le droit de signer de son propre nom le tableau qu'elle aura reproduit. Ce ne sera pas considéré comme son œuvre. Et ça pose des soucis par rapport à certaines formes de création. Par exemple je vous ai mis trois images-là. Vous avez une photo de livre de cuisine qui représente les ingrédients de la bouillabaisse, ici un tableau de Spoerri, vous savez ce sont les fameux tableaux, les dîners capturés qu'il recouvrait de colle et qu'il mettait à la verticale. Et vous avez une autre œuvre d'art contemporain qui a consisté par le créateur à inscrire la phrase « Paradis » en doré au-dessus d'une porte dans un asile. Alors je vous pose la question, d'après vous, il n'y en a qu'une seule qui est protégée par le droit d’auteur, laquelle ? Spoerri? Eh bien non ! La seule qui a été reconnue par les juges comme protégée par le droit d'auteur, c'est la troisième. Celle-là a été considérée comme une reproduction trop fidèle de la réalité qui n'était pas originale. Les tableaux de Spoerri n'ont pas été considérés par la Cour de cassation comme « protégeables » par le droit d'auteur ou, au moins, le concept de coller des objets, ça ce n'est pas « protégeable ». Par contre, le fait d’inscrire en lettres dorées « Paradis » au-dessus d'une porte, ça c'est une œuvre de l'esprit pour les juges. Vous voyez, c'est assez complexe.

Alors on est aussi dans une période que moi je considère assez « rapprochable » de celle de la prohibition dans les années 30, de la prohibition de la consommation d'alcool. Pourquoi ? Parce que vous avez un décalage patent entre l'état du droit et l'état des pratiques. C'est-à-dire que sous la prohibition vous aviez une interdiction de la consommation de l'alcool et de la commercialisation de l’alcool, mais c'est notoire qu'une partie énorme de la population s'adonnait à ce genre de pratiques et que les sanctions étaient très dures contre ces pratiques qui étaient pourtant socialement répandues. Et on a, à peu près, la même situation aujourd'hui entre les interdictions du droit d'auteur, qui sont extrêmement fermes et catégoriques sur presque toute forme de copie, et la pratique culturelle. J'aime bien citer cette phrase de Lawrence Lessig5, qui est un juriste américain, qui a réfléchi beaucoup à ces questions de droit d'auteur dans l’environnement numérique et qui est à l’origine de certaines licences libres dont je vous parlerai tout à l'heure qui s'appellent les Creative Commons et qui dit ceci. À la fin d'une de ses interventions, une conférence, il disait : « Je veux finir avec une chose bien plus importante que l'aspect économique : comment tout cela touche nos enfants. Il faut bien admettre qu'ils sont différents. Nous avions les K7, ils ont les remix, nous regardions la télé, ils font la télé. C'est la technologie qui les a rendus différents et en la voyant évoluer nous devons bien admettre qu'on ne peut tuer sa logique. Nous ne pouvons que la criminaliser, nous ne pouvons en priver nos enfants, seulement la cacher. Nous ne pouvons pas rendre nos enfants passifs, seulement en faire des pirates. Est-ce le bon choix ? Nous vivons en cette époque étrange une prohibition où des pans entiers de nos vies sont en désaccord avec la loi. Des gens normaux le vivent, nous l’infligeons à nos enfants. Ils vivent en sachant que c'est à l'encontre de la loi. C'est extraordinairement corruptif, extraordinairement corrupteur. Dans une démocratie nous devrions pouvoir faire mieux. Faire mieux au moins pour eux et à défaut pour l'opportunité économique ». Et je dois avouer que cette citation m'a beaucoup guidé dans ma réflexion sur ces questions parce que je trouve que ça pose des questions assez graves sur qu'est-ce que ça signifie dans un pays d'avoir une loi posée de manière très dure alors que la pratique, elle, est très largement différente.

La loi est dure et vous savez on a dit « dura lex, sed lex », ce n'est pas un vain mot, la contrefaçon est punie théoriquement en France de trois ans de prison et 300 000 euros d'amende. Et sur le site Numerama, donc Guillaume Champeau qui est là, avait fait une comparaison entre ces peines, trois ans de prison, 300 000 euros d'amende, c'est très puni. Par exemple, en copiant illégalement, vous prenez le même risque que de frapper quelqu'un en lui provoquant un arrêt de travail d'une semaine, d'envoyer par écrit des menaces de mort, de faire des tests biologiques sur des cobayes humains non consentants. Et vous prenez plus de risques que de harceler sexuellement quelqu'un, de profaner un cimetière ou de ne pas payer son hôtel ou son taxi ou son restaurant. Donc on voit quand même, dans l'échelle symbolique, si vous voulez, la contrefaçon est très sévèrement punie.

Alors évidemment, ces peines ne sont pas appliquées par les tribunaux. On n'a pas d’exemple de personne, de simple on va dire citoyen, qui ait fait une copie, qui ait été attaqué en justice et qui risque trois ans de prison ou 300 000 euros d'amende. De la même façon que vous avez le dispositif mis en place par la loi HADOPI de déconnexion de citoyens, a abouti à l’envoi de centaines de milliers, de millions même d'avertissements, mais que pour l'instant en justice, on a juste eu un cas de condamnation avéré.

Mais qu'est-ce que ça signifie de condamner une chose aussi fermement et de ne pas appliquer ces peines ? Symboliquement, qu'est-ce que ça nous dit ? Il y a un auteur de science-fiction qui s'appelle Cory Doctorow qui a écrit un roman, qui s’appelle Pirate Cinema, où il imagine une société qui appliquerait vraiment ces peines. Qu'est-ce qui se passerait si tous les foyers où du téléchargement illégal était opéré, se faisaient vraiment déconnecter d'Internet ? Qu'est-ce qui se passerait si on envoyait vraiment les gens trois ans en prison pour de la contrefaçon ? Et ça donne un roman qui est assez intéressant à lire parce que ça tourne vite à quelque chose de très dystopique qui finit par une forme de rébellion et de révolution violente assez flagrante.

Et puis on est dans une période de confusion aussi. On voit ça beaucoup dans les chiffres qui circulent sur cette question. J'aime beaucoup cette vidéo qui s'appelle Copyright Math, qui a été faite par un humoriste américain, qui a pris si vous voulez, les chiffres avancés par les industries culturelles pour expliquer le préjudice que leur cause la piraterie. Et les industries américaines du cinéma estiment que les pertes dues au piratage équivalent à 58 millions de dollars et 350 000 emplois perdus. Et lui, en fait, il a tout simplement comparé ça à la réalité des emplois et il s'est rendu compte que l'industrie du cinéma, par exemple, n'a jamais eu plus de 250 000 emplois aux États-Unis. Voilà ! Que 58 milliards de dollars c’est plus que l'ensemble de toute la production agricole américaine, qui est quand même la première puissance américaine au monde. Et les industries du cinéma, estiment, quand elles attaquent quelqu’un, qu'une copie leur cause 150 000 dollars de perte. Il en a déduit que sur un iPod, un iPod rempli de contenus piratés vaut 8 milliards. Lui il en déduit que certainement, pour expliquer ces pertes, il faut envisager une piraterie extraterrestre et il a fait un roman où il envisage qu'il y ait une piraterie extraterrestre. C'est assez drôle. Ça paraît drôle mais c'est vrai, en fait, c'est ce qu'ils demandent en justice. Là récemment quelqu'un a été arrêté pour avoir uploadé, c'est-à-dire mis en ligne le dernier album de Beyoncé, et Sony lui réclame 180 000 euros de dommages et intérêts, alors que cet album s'est vendu à un million d’exemplaires et qu'il est disque de platine.

La question c'est comment est-ce qu'on en est arrivé là ? Comment est-ce qu'on a pu arriver à ce que l'acte de copie devienne une chose aussi problématique d'un point de vue légal, d'un point de vue économique, d'un point de vue politique ?

Quand on est dans ce genre de situation, je pense que le mieux c'est de se plonger un peu dans l'histoire, parce qu'en général ça nous dit beaucoup, et de se demander qu'est-ce que ça a signifié dans l'histoire de copier ; vous allez voir que l’histoire a des choses à nous dire là-dessus. Dans ces cas-là, moi j’aime bien aller vraiment aller au fond des choses. Revenons au tout début de la création, allons à l’âge des cavernes qu’est-ce que ça signifiait de créer à cette époque ? Je vous conseille vraiment beaucoup ce livre6 qui vient de paraître sur la création dans les cavernes et la manière dont les grottes de Lascaux ou la grotte Chauvet ont été peintes. Pendant longtemps c'est resté une très grande énigme de savoir comment ces personnes, enfin nos ancêtres, ont pu peindre de cette façon sur les murs et finalement l'hypothèse qu'avance ce livre, et qui est assez intéressante, c'est que pour peindre ces animaux, les hommes préhistoriques ont certainement utilisé des petites sculptures qu'ils mettaient au bout de bâtons et, avec un feu en arrière-plan, qui projetaient l'ombre sur le mur et qui leur permettaient de détourer, simplement, les contours pour peindre sur les murs. Et si vous voulez, moi quand j'ai vu ça, je me suis dit, en fait, que ce que ça montre c'est que les premières créations humaines ont peut-être été, à la base, des copies. Parce que si la création se faisait de cette manière, ça veut dire que la création se faisait directement par un acte de recopie de contours d'une autre chose déjà, etc. Je trouve ça assez intéressant dans le processus. Je ne sais pas si vous savez, mais la mythologie a peut-être gardé une trace de ça, parce qu'il y a un mythe grec qui dit que l’origine de la peinture ce serait une femme qui, son amant allant partir à la guerre, aurait peint son profil sur un mur avec un morceau de charbon, pour garder sa trace sur le mur alors qu'il n'était plus là ensuite.

Peut-être que dès l'origine, entre la copie et la création, il y a un rapport qui est très profond. Et si vous voulez, l’étymologie aussi a gardé une trace de ça. Quand on regarde, en fait, les mots « œuvre » et les mots « copie » on se rend compte qu'ils ont la même origine en sanskrit, ça vient d'une racine sanskrite qui est OP, O, P, et on le retrouve, œuvre en latin c'est Opus, Opera et copie c'est cOPiare, cOPia. Donc on retrouve ce OP dans les deux mots, et quand on étudie l'origine de ces mots, on se rend compte que ça remonte à cette racine sanskrite qui est l'activité productrice, le fait de produire des choses. Et c'est aussi le même mot qui a donné ensuite « abondance », par le biais d'une autre racine qui est opulencia, OP encore une fois. C’est le même mot aussi qui a donné usine. Donc voilà. On a cette origine et ça, ça nous dit quelque chose de très profond, le rapport entre la création et la copie. Et pendant longtemps, dans l'histoire, créer était absolument indissociable du fait de copier. Dans la statuaire antique, par exemple, les Romains ne faisaient que copier leurs prédécesseurs grecs et c’était un processus à part entière de l'acte de copie. L'Apollon du Belvédère est une copie romaine d'un sculpteur grec qui s’appelait Léocharès, et c'est comme ça dans tous les domaines. Au Moyen-âge, les livres ne se concevaient que par la copie. On recopiait les livres de l'Antiquité et on copiait en ajoutant des choses qui pouvaient être des annotations ou des enluminures, mais toute production était fondamentalement copie.

Pendant longtemps aussi, la notion d'auteur était absente. Les œuvres étaient anonymes, la création était collective. La pyramide de Khéops porte le nom de son commanditaire : c'est celui qui finançait la création qui laissait son nom sur l’œuvre et Notre Dame de Paris, on ne sait pas les noms des personnes qui l'ont faite. Parfois sur les pierres il y a des poinçons, mais en fait c'est beaucoup plus des marques d'artisans qui voulaient être rétribués au nombre de pierres qu'ils avaient faites, qu'une vraie signature. Et en fait, la signature apparaît à la Renaissance, à partir du moment où vous avez des personnes comme Dürer, Albrecht Dürer, qui peut être considéré comme le premier à avoir signé ses toiles, avec le monogramme qu'on retrouve dans ses tableaux, le AD et Albrecht Dürer, dès qu'il rentre dans cette logique de signature et d'affirmation de lui-même comme auteur, on tombe dans un problème avec la copie. Là je vous ai mis un petit texte qu'il avait inséré en préambule d'un recueil de gravures qui dit : « Malheur à toi voleur du travail et du talent d'autrui. Garde-toi de poser ta main téméraire sur cette œuvre. Ne sais-tu pas que le très glorieux empereur romain Maximilien nous a accordé que personne ne soit autorisé à imprimer à nouveau ces images à partir de faux bois, ni à les vendre sur tout le territoire de l’empire ? Si tu fais cela par dépit ou par convoitise, sache que non seulement tes biens seraient confisqués, mais tu te mettrais également, toi-même, en grand danger ». C'est la première mention de copyright attestée, si vous voulez, qui était quand même assez vindicative. Donc il a inséré son monogramme sur toutes ses œuvres et il a attaqué en procès un autre graveur qui s’appelait Marcantonio Raimondi, qui, pendant ce temps-là était en Italie, et qui recopiait ses gravures, d'une manière très fidèle en ajoutant même son monogramme. C'est-à-dire que Raimondi signait lui aussi AD. Et il y a un jugement d'un tribunal à Florence qui a condamné Raimondi, pas pour avoir fait des copies, mais pour avoir utilisé le monogramme AD. Raimondi a pu continuer à faire des copies, sans mettre le monogramme, et sa signature est devenue un cartouche vide. Raimondi signait avec le cartouche mais sans rien à l'intérieur. Donc vous voyez, dès la Renaissance on a cette tension.

Après, forcément, c'est l'imprimerie qui nous a plongé dans une rupture fondamentale parce que ça a permis de multiplier les copies, et un petit peu plus tard, on a les premières législations qui arrivent sur le droit d'auteur, le statut de la reine Anne, en Angleterre, en 1710, et finalement, en France, c'est à la Révolution, après les actions de Beaumarchais, qu'on a le droit d'auteur qui est consacré dans la loi comme un droit.

Pendant tout le 19ème, ce qui se passe c'est qu'on a un phénomène qui est l'augmentation de la durée du droit d’auteur, qui explose. À la base c'était seulement dix ans après la création de l’œuvre. Aujourd'hui on en est à soixante-dix ans après la mort de l'auteur, ce qui équivaut à des durées de cent quarante, cent cinquante ans après la publication de l’œuvre. On a tout ce phénomène avec des gens comme Victor Hugo qui se sont battus pour le droit d’auteur.

Plus tard, on a aussi, à la fin du 19ème siècle, au début du 20ème siècle, une explosion des moyens techniques qui permettent la diffusion et la copie des œuvres : la photographie, le phonographe, le gramophone, le cinéma, la radio, la télé, le magnétoscope. Et ce qui est intéressant c'est que, à chaque fois, il y a eu une peur panique d'une catégorie professionnelle qui s'est sentie terriblement menacée. Par exemple, quand Edison a fait son invention, les orchestres se sont sentis terriblement menacés. La photo, les peintres se sont sentis terriblement menacés, etc. La radio, les théâtres se sont sentis extrêmement menacés. Il y a toujours eu une réaction assez virulente, mais le droit d'auteur, et ça c'est quand même assez exceptionnel, s'est toujours adapté, jusqu'au magnétoscope là, qui a suscité des débats très importants, qui a donné naissance à un mécanisme spécial qui va s’appeler la copie privée, qui va nous permettre, légalement, de faire des copies avec des appareils de type magnétoscope, et c'est cet élément-là qui va nous permettre, tout à l'heure, de faire des copies dans la bibliothèque ; c'est le même élément, ce qu'on appelle l’exception de copie privée, une exception au droit d'auteur qui nous permettra, tout à l'heure, de faire des copies dans la bibliothèque.

17 September 2016

Frederic BEZIES

En vrac’ de fin de semaine.

Le 17 September 2016 à 08:22:00

Comme chaque fin de semaine, l’obligatoire billet en vrac’. Cette semaine, il va être assez copieux 🙂

Côté logiciel libre et informatique :

Côté musique ?

Bon week-end.

16 September 2016

bonjourapril.png Bonjour April

Bonjour Gnous Fimo

Le 16 September 2016 à 08:56:00

Gnous en pâte Fimo

La mascotte du projet GNU est un … gnou !

La créativité des libristes et grande, sujet déjà abordé ici et ici.

Faites rencontrer les deux idées et vous obtenez des ateliers pour faire des gnous et des Tux en pâte Fimo :

Merci à Coralie pour les photos et les créations.

Vous aussi, organisez des sessions collectives de création de gnous sous toutes les formes possibles !

À l'April, la créativité a toute sa place, n'hésitez pas à rejoindre l'un des groupes de travail pour la promotion et la défense du Logiciel Libre.

xcartron.png Xavier CARTRON

Les sites de torrent ferment, dontpanic déménage

Le 16 September 2016 à 07:09:09

Tristes nouvelles autour du torrent dernièrement. L'excellent btdigg ne retourne plus de résultats, torrentz est fermé, torrentproject a fermé son API et utilise une protection le rendant impossible à utiliser hors d'un navigateur web.

Forcément, dontpanic qui a besoin d'un moteur de recherche de torrent se sent bien seul.
Étant seul à le maintenir, ce n'est pas facile à maintenir, surtout dans ces cas là. Heureusement, le collectif 3hg a repris le projet dontpanic. Merci!

Au passage, on peut noter les améliorations suivantes :

  • Retrait des moteurs morts,
  • Mise à jour des moteurs piratebay et kickasstorrent,
  • Ajout du moteur isohunt,
  • Légères améliorations dans le code.

Ce changement d'équipe implique que dontpanic n'est plus hébergé sur mon site et n'est plus empaqueté. Ça n'empêche pas d'utiliser le code source comme avant et lancer dontpanic en ligne de commande :

./dontpanic

Si quiconque est intéressé pour en faire un paquet, un port, il ne faut surtout pas hésiter à se servir des sources.

De quoi streamer du torrent sans retenue.

13 September 2016

Frederic BEZIES

Les distributions GNU/Linux basées sur la Devuan, quel bilan ? Dernière partie.

Le 13 September 2016 à 13:55:48

Après un premier article consacré à la GNUinos et à la Refracta, le deuxième article à la Star et à la Zephyr Linux, voici enfin l’article sur la Nelum-Dev1. J’en avais déjà parlé sur le blog, dans un article de mai 2016 qui avait trop vite tourné au règlement de comptes dans les commentaires.

Allant sur le site de la distribution, j’ai pu voir que la dernière ISO disponible datait de fin mai ou début juin 2016, j’ai donc décidé de la récupérer avec wget.

[fred@fredo-arch ISO à tester]$ wget -c http://freefr.dl.sourceforge.net/project/nelum-dev1/Nelum-Testing/Nelum-Dev1-XFCE-64-Testing.iso
–2016-09-11 18:08:14– http://freefr.dl.sourceforge.net/project/nelum-dev1/Nelum-Testing/Nelum-Dev1-XFCE-64-Testing.iso
Résolution de freefr.dl.sourceforge.net (freefr.dl.sourceforge.net)… 2a01:e0d:1:8:58bf:fa88:0:1, 88.191.250.136
Connexion à freefr.dl.sourceforge.net (freefr.dl.sourceforge.net)|2a01:e0d:1:8:58bf:fa88:0:1|:80… connecté.
requête HTTP transmise, en attente de la réponse… 200 OK
Taille : 1142947840 (1,1G) [application/octet-stream]
Sauvegarde en : « Nelum-Dev1-XFCE-64-Testing.iso »

Nelum-Dev1-XFCE-64- 100%[===================>] 1,06G 731KB/s in 20m 19s

2016-09-11 18:28:33 (916 KB/s) — « Nelum-Dev1-XFCE-64-Testing.iso » sauvegardé [1142947840/1142947840]

Rien que le nom me laisse penser que l’ISO n’est pas basée sur la Devuan en cours de stabilisation, mais sur sa branche testing, dérivée de ce qui donnera la Debian Stretch en 2017.

En jargon « devuanien », c’est la version Ascii, dixit la page d’accueil de la Devuan :

current testing is “Ascii” (planet nr.3568)

Ensuite, j’ai lancé mon ami VirtualBox avec la configuration habituelle pour tester l’ensemble.

Une fois le démarrage terminé, je me suis connecté via le duo nom d’utilisateur « live » et mot de passe « live », sans les guillemets. On a une interface Xfce dont la présentation générale fait penser à MS-Windows.

On est alors confronté à un bug de connexion réseau, suite à un changement introduit dans udev 197, les Predictable Network Interface Names.

Un simple ip a dans un terminal m’a aidé à configurer wicd pour que le réseau soit fonctionnel. Une personne ne connaissant pas cette subtilité bazardera l’image ISO sans autre forme de procès. Dommage.

Ensuite, j’ai lancé l’installateur, qui se révèle être celui de la Linux Mint Debian Edition. Autant dire, du sérieux et du solide.

Ah, les écrans d’attentes 🙂

Même s’il y a une gueulante à l’installation de grub, cela n’empêche nullement le système de démarrer par la suite.

Au premier lancement, après avoir configuré correctement wicd, j’ai demandé la recherche des mises à jour et leur installation. Autant dire qu’il y avait du peuple 🙂

Que 700 mises à jour depuis la fin mai 2016 ?

Après l’installation et le redémarrage, je suis resté face à un écran noir. J’ai été obligé de me connecter dans une deuxième session via le raccourci touche ctrl de droite et F2, puis j’ai installé le paquet virtualbox-guest-x11.

J’ai essayé en vain de faire passer les répertoires utilisateurs de l’anglais vers le français. J’ai donc laissé tomber, puis j’ai fait chauffer mon enregistreur de vidéo.

La Nelum-Dev1, modulo le bug de l’interface réseau, est sûrement l’une des dérivées les plus utilisables. Il y a quelques bugs graphiques qui doivent être liés à des thèmes incompatibles avec GTK 3.20. Le bilan des dérivées de la Devuan est tout sauf fameux, et je dois dire que je ne m’attendais pas vraiment à un résultat différent.

Moralité ? Si vous voulez une distribution sans systemd, c’est soit la Devuan Jessie, soit la Slackware Linux, soit la NuTyX, soit la Manjaro OpenRC, soit la Void Linux ou encore une Gentoo Linux ou une Funtoo Linux. Désolé si j’en ai oublié dans la liste, mais c’est déjà pas si mal que ça 🙂

Guillaume ROUAN

Prenez en main Snapchat en quelques glissements de pouce

Le 13 September 2016 à 13:02:07

snapchat_circulations_1140x570px

Encore aujourd’hui j’entends souvent dire que Snapchat n’est pas simple à manipuler, que l’on n’y comprend rien et que l’on ne parvient toujours pas à ...

Cet article Prenez en main Snapchat en quelques glissements de pouce est apparu en premier sur Communication & Transformation Numériques des Territoires.

april.png Nouvelles April

Je n'ai rien à cacher - Conversation entre 4 assos du Libre

Le 13 September 2016 à 07:04:11


Assos du Libre

Titre : Je n'ai rien à cacher - Conversation entre 4 assos du libre
Intervenants : Magali Garnero - Emmanuel Charpentier - Nicolas Vinot - Luc Fievet
Lieu : Studio April
Date : Septembre 2016
Durée : 11 min 30
Pour écouter ou télécharger le podcast
Licence : Verbatim

Description

Partage d’arguments pour répondre au fameux « je n’ai rien à cacher »

Transcription

Luc : Podcast qui n’a pas de nom puisque nous sommes en train de l’improviser. Nous sommes quatre réunis autour de la table, avec plusieurs têtes. Magali ?

Magali : Ah ben tiens, je vais être Framasoft1, ce soir !

Luc : Manu ?

Manu : On va dire Agenda du Libre2 et puis April3.

Luc : OK. Nicolas ?

Nicolas : Moi, je crois que je vais être Café Vie Privée4.

Luc : D’accord. Eh bien moi, je vais être Parinux5 et un petit peu AMMD6. L’idée de ce podcast improvisé c’était d’évoquer les arguments qu’on a pour faire face à certaines des idées qu’on entend et qui nous énervent bien, et on pensait commencer par une bien connue qui est « je n’ai rien à cacher ». Donc, « je n’ai rien à cacher », c’est quoi vos arguments ? Magali, tu dis quoi ?

Magali : Alors moi, je leur dis toujours que si eux, ils n’ont rien à cacher, est-ce qu’ils sont sûrs que les gens avec qui ils ont communiqué n’ont rien à cacher ?

Luc : Et concrètement, tu imagines quelle situation ?

Magali : J’imagine les journalistes qui ont des rapports avec des sources qu’ils veulent maintenir secrètes et qui mettent en danger leurs sources s’ils utilisent des outils comme Gmail.

Luc : Toi Nicolas, dans le Café Vie Privée, tu as déjà bossé avec des journalistes ?

Nicolas : Oui, oui ! Des gens qu’on côtoie. Effectivement, dans les communications, on a toujours deux personnes et donc, même si une personne n’a rien à cacher, peut-être que l’autre a cette communication-là qui doit être protégée. Et puis, de manière plus générale, je réponds « eh bien vas-y, mets-toi à poil si tu n’as rien à cacher ! »

Luc : Bon. Est-ce que quelqu’un l’a déjà fait ? Parce que je le fais aussi : montre-moi tes fesses, mais ça ne marche pas !

Nicolas : Oui. Les coordonnées de Carte Bleue aussi. Demander « donne-moi ton numéro de Carte Bleue ou combien tu gagnes. Vas-y, sors-moi ta fiche de paie. »

Luc : Des gens sont prêts à le faire, au moins pour la fiche de paie.

Nicolas : Il y en a que ça coince !

Luc : Effectivement. Toi Manu, c’est quoi ton argument ?

Manu : Moi, ce n’est pas forcément un argument en général, mais c’est souvent de voir les gens qui partagent sur les réseaux sociaux ces choses-là et notamment les petits jeunes, les adolescents, les étudiants. Et j’ai tendance à leur faire remarquer que c’est bien gentil de partager, de partager avec leurs potes, de devenir des stars, au moins dans un certain milieu, mais il faut qu’ils pensent que leurs parents, par exemple, donc des gens qui directement sont impliqués dans leur vie et qui n’ont pas les mêmes pouvoirs qu’une entreprise qui est au Japon ou qu’un gouvernement, leurs parents, vont être au courant de tout ce qu’ils font. Et est-ce que ça va vraiment leur plaire ? Généralement non.

Magali : Ou leurs profs.

Luc : Ou leurs futurs employeurs, etc. Après voilà, moi j’ai rencontré des gens beaucoup plus âgés, qui disent « mais moi je n’ai rien à cacher, etc. » Alors j’ai entendu récemment un argument que j’ai trouvé très bon qui est de dire « il y a des gens qui sont super intéressés par tes données personnelles, ce sont les escrocs qui font, notamment, de l’usurpation d’identité. » Effectivement plus tu donnes d’informations, plus tu leur facilites la vie et quand on t’a piqué ton identité, tu es sérieusement dans la merde ! C’est un truc qui dure plusieurs années et c’est vraiment galère. »

Magali : Il y a aussi les cambrioleurs. Moi, j’adore quand mes clients mettent leurs photos de vacances en ligne. Comme il y en a plusieurs, eh bien on sait qu’ils y sont encore et, du coup, je me dis « il faudrait aller cambrioler chez eux parce que là on est sûr, ils n’y sont pas ! »

Luc : Je pense que tu as raté ta vocation.

Manu : Escroc !

Luc : Oui ! Donc sur l’argument que tu donnais tout à l’heure, Magali, des gens autour de vous qui ont des choses à cacher, dans les arguments que je dis bon, on pense aux trucs sexuels, que votre voisin ou quelqu’un dans votre famille a des pratiques sexuelles, genre échangistes ou des trucs comme ça, vous vous en foutez potentiellement, mais peut-être que vous n’avez pas envie de le savoir. Et, effectivement, il y a ce premier truc-là et après il y a également, pour moi, un argument qui est assez fort et qui marche bien quand je l’utilise, c’est le fait qu’un jour on va tous se retrouver en position de vulnérabilité. Il y avait un cas que j’avais retrouvé dans la presse, qui ne touche même pas l’informatique puisque c’était le cas d’un Américain qui a reçu une pub, un catalogue. Dans le champ nom, les gens avaient mis une donnée personnelle : en fait, ce mec, sa fille était morte dans un accident de voiture. Donc il reçoit un truc par la poste qui dit : « M. machin qui a perdu sa fille dans un accident de voiture » et, quand on dit ça aux gens, ils se mettent bien dans la position. Et voilà, on va tous avoir des maladies graves ou tous avoir des gens, dans notre famille, qui vont tomber malades et, en général, les drames de la vie qu’on va tous connaître, on n’a pas tellement envie que ça se sache.

Manu : Dans le même contexte, c’est quelque chose de très proche de nous, je pense que Marine Le Pen pourrait devenir président de la République. État d’urgence oblige, elle aura déjà des pouvoirs considérables, mais, en plus de ça, si on peut penser à toutes les bases de données auxquelles elle pourrait avoir accès, donc des bases de données qui vont lister les gens qui seront étrangers, bien sûr, les gens qui seront, peut-être, de certaines confessions, Juifs, Musulmans, les gens qui étaient homosexuels, les gens qui ont avorté, tous ces gens-là, toutes ces bases de données. Alors Marine Le Pen est une femme très gentille.

Luc: Non, mais son surnom c’est Dalida au sein du FN, donc l’homosexualité, c’est un non problème. Cet argument, pour moi, est à manier avec prudence et faire gaffe à qui on parle. Parce qu’il y a plein de gens qui ne rentrent pas du tout dans la démarche un peu parano en disant « et si la démocratie se casse la gueule, etc ». Plein de gens disent : « Non, ça n’arrivera jamais ! » Certaines personnes y sont sensibles. Pour moi, ce n’est pas l’argument qu’il faut sortir à tout le monde. Il faut essayer de jauger la personne qu’on a en face.

Nicolas : Ça s’adresse bien à des personnes, pas les hommes blancs hétérosexuels, hétéro-normés, parce qu’effectivement, ça ne fait pas mouche du tout et ils vont dire ils n’ont rien à cacher au sens strict du terme.

Magali : On ne sait pas ce que l’avenir nous réserve. Typiquement, aller militer pour le mariage pour tous ou contre le mariage pour tous peut très bien nous mettre une étiquette de terroriste dans vingt-cinq ans. On ne sait pas !

Luc : Oui. Mais je veux dire il y a plein de gens qui ne militent pas, ils ont une vie pépère et tu leur dis : « Attention le ciel va te tomber sur la tête, et ils vont dire, encore un illuminé ! »

Magali : J’ai des amis qui m’ont dit : « Je n’ai rien à cacher ! » Donc ce sont des gens qui sont retraités, qui ont vécu une grosse partie de leur vie, qui pensent réellement qu’ils n’ont rien à cacher, et je leur dis toujours : « Mais vous vous rendez compte que vous êtes en train de me parler, je suis une militante et potentiellement vous pouvez être espionnés juste parce que vous me connaissez ! » Et là, du coup, ils disent « Ah ben mince. Je vais être espionné alors que je n’ai rien à cacher ! » Ils commencent à réfléchir eux-mêmes, à se dire « ah oui, mais alors, si je suis espionné, je ne vais plus pouvoir dire ça, je ne vais plus pouvoir dire ça » et ils commencent à s’autocensurer eux-mêmes et ils se disent « on ne veut pas être espionnés finalement. » Et ils se rendent compte que, eh bien si, ils ont quelque chose à cacher, leur intimité.

Nicolas: Après il y a aussi la notion de séparation. On a plusieurs identités, en fait, dans une vie. On a effectivement l’identité dans la famille, on a l’identité professionnelle, on a notre identité en tant qu’activiste et on a nos deux vies de couple avec ses amants, etc. Chaque domaine, en fait, va avoir ses propres données et on n’a pas envie que tout se sache. Nos photos de cul, on n’a pas envie de les voir arriver sur le bureau au boulot. Ce qu’on fait en associatif peut être aussi dangereux au niveau professionnel, au niveau personnel !

Luc : Il y a un truc que j’utilise aussi, qui marche bien, c’est l’humour pas drôle et l’humour lourd. Moi, j’aime bien les blagues à base de trucs scato. Et en fait, effectivement comme tu le dis sur ces différentes identités, eh bien, quand on exprime ces trucs-là, on sait que le contexte est vachement important. On peut faire des blagues qui passent avec certaines personnes, avec du second degré, et on sait qu’à l’écrit ça saute assez facilement et que du coup, quand tout est transparent, ce truc-là, il dégage. Donc du coup, on peut se retrouver dans un truc un peu bordélique parce qu’on a des paquets de merde qui nous tombent sur la tête. Voilà, le contexte est difficile à contrôler. Du coup, notamment l’humour, c’est est-ce que j’ai le droit de faire des grosses blagues pourries ? Dans un système totalement transparent c’est compliqué !

Manu : J’aurais, moi, une autre approche que j’aime bien mettre en avant. Vous m’avez déjà entendu en parler, c’est prendre le sujet à l’envers et de parler de tous les outils qu’on a aujourd’hui et qui nous permettent de reconnaître et de savoir ce qui se passe autour de nous. De voir à travers les murs, d’avoir des petits drones qui peuvent voler et voir dans les jardins. Et en fait, on a accès, potentiellement très facilement, à la vie de tout le monde. Donc moi, j’aurais tendance à militer : je mets en avant la société de la transparence.

Luc : Ça, ça fait flipper !

Manu : Mais moi j’adore, et l’idée est très simple, c’est qu’on a vraiment, tous, rien à cacher. On ne veut pas de terroristes, mais on ne veut pas non plus de gens qui soient vraiment des gros méchants, globalement. Et donc, si on était tous ultra transparents, c’est-à-dire que nos murs étaient transparents, nos vêtements étaient transparents en permanence, que toutes nos pratiques sexuelles étaient mises sur la voie publique, que tout le monde était au courant de tout, eh bien on aurait beaucoup moins de problématiques de sécurité. On aurait moins de problématiques de corruption. Potentiellement, ça peut être très intéressant que chacun ait une caméra dans ses toilettes, dans sa salle de bains, dans sa chambre.

Luc : La fameuse « toiletcam » ? Ouais !

Manu : Exactement ! Et sachant qu’il n’y a pas que moi qui milite pour cette société de la transparence, parce que je milite pour cette société de la transparence, bien sûr, mais il y a des gens comme les fondateurs de Google qui aiment bien mettre en avant ce genre d’idées et effectivement, de leur point vue, on n’a rien à cacher, donc il faut montrer tout. Et puis, si on a fait vraiment des conneries, eh bien on n’a qu’à changer d’identité et de nom de famille, et puis changer de pays, et on se débrouille !

Luc : Par rapport à cette question de la transparence, le patron de Google avait fait des trucs en disant « la vie privée c’est une anomalie de l’histoire ». Le patron de Facebook a dit : « La vie privée c’est totalement has been, etc. » Ça marche avec des gens qui ont un peu de sens politique, mais ce genre de choses, leur dire : « Vous avez remarqué à tel point votre vie est transparente, mais la leur non ! Leurs comptes, toutes leurs magouilles financières, etc., tout ça est bien opaque. »

Manu : Ils mettent tous un petit sparadrap sur la caméra de leur ordinateur. C’est con ! Mais ils ont peur, juste ne serait-ce que cette petite caméra qui est sur leur ordinateur.

Luc : Il y a truc, c’est plus de l’actualité, mais voilà si vous entendez ça, vite, ça peut être intéressant. J’ai vu que sur la campagne des primaires qui s’annonce au niveau des Républicains, les amis de Sarkozy ont déployé une super appli et je vois, Nicolas, ton sourire.

Nicolas : Oui, je l’ai vu passer aussi. C’est une super appli : en fait, à chaque fois qu’il y avait un contact qui était effectué entre les militants des Républicains et n’importe qui en France, plus ou moins, ils remplissaient la base de données, donc il y avait tout. Il y avait les coordonnées de qui avait financé ou qui avait soutenu les Républicains. Qui c’est qui avait été démarché, enfin les coordonnées. En fait, c’est une énorme base de données, géante.

Luc : Ouais, mais en gros l’application qu’ils ont mise en place, avec le côté appli mobile, c’est-à-dire ils disent : « Si on identifie quelqu’un comme étant un sympathisant, c’est-à-dire, par exemple, il a fait un « J’aime » sur le groupe Facebook de Sarko, etc., eh bien il est considéré comme sympathisant. Et, à partir de là, on va commencer à croiser toutes les données qu’on a sur lui pour essayer de retrouver son adresse et on met tout ça dans une appli mobile et les militants qui roulent pour Sarko viennent sonner chez les gens et leur disent : « Coucou, vous êtes fan de Sarko », et ils essaient de les faire rentrer là-dedans.

Nicolas : L’application était publique, en plus. N’importe qui pouvait faire de la recherche pour savoir ce qu’il y avait dedans. Il y avait un énorme bug.

Luc : Ce n’est pas sûr que ce soit totalement légal. Il commençait à y avoir des trucs…

Nicolas : Et la CNIL a tapé en disant : « Non, non ! Vous retirez ça, s’il vous plaît ! »

Luc : Donc voilà. C’est un bon exemple concret de ne rien avoir à cacher, quoi !

Manu : Pensons à toutes les bases de données dans lesquelles on est tous de multiples fois et sous de multiples formes et qui comportent un nombre considérable d’erreurs. Les bases de données ne sont pas du tout, du tout, fiables. Ce n’est pas juste qu’on va savoir que vous prenez des Tampax de telle marque ou que vous avez des pratiques sexuelles un petit peu originales. Non ! C’est qu’on va vous appliquer des critères ou des idées qui, en fait, ne sont pas appliquées à vous. Que peut-être, eh bien, vous avez changé de sexe, alors que pas du tout, ce n’est pas le cas !

Luc : Ne serait-ce que par homonymes.

Nicolas : 85 % d’erreurs dans le STIC qui est le fichier national des infractions. Il y a 85 % d’erreurs dedans !

Luc : Je crois qu’ils l’ont fermé d’ailleurs. Ils ont fait autre chose.

Nicolas : Ouais. C’était des problèmes d’homonymies, des problèmes d’adresses pas correctes, de dates de naissance pas bonnes et puis, du coup, eh bien ça tapait sur le voisin. Voilà, ce sont des choses qui peuvent arriver.

Luc : Ah ouais ! On avait un exemple concret.

Nicolas : Il y a l’abonné de Numéricable aussi, qui avait été fiché comme ça, 80 000 fois je crois, parce qu’il y avait un bug dans un logiciel, et qui était le pédophile de la planète parce que toutes les réquisitions judiciaires arrivaient sur son adresse.

Manu : Je crois que c’était un problème de coordonnées GPS, parce que, par défaut, ça tombait chez lui. C’était vraiment pas de bol. Et le gars il en avait marre parce que régulièrement il y avait des flics qui se pointaient, des avocats et des gens de la cour, et le gars savait pourquoi ils venaient. À part sortir le fusil, il ne pouvait pas faire grand-chose !

Luc : Il y a eu pendant l’état d’urgence, enfin on n’en est pas sorti, un type qui a été assigné à résidence et, en gros, qui devait pointer au commissariat genre deux ou trois par jour. Le problème, c’est qu’il habitait banlieue sud de Paris et le commissariat où il devait pointer c’était au nord de Paris, parce qu’en fait, ils ont confondu son adresse d’habitation et son adresse de travail. Et donc du coup, ce mec potentiellement dangereux, assigné à résidence, passait sa journée dans le métro. Bon, c’est un peu ridicule ! Enfin voilà ! Donc ça fait pas mal d’arguments. Si on résume, on a quoi ? On a les erreurs, c’est un très bon argument aussi qu’il faut que je rajoute à ma panoplie.

Nicolas : Phases multiples. Phases d’identité multiples.

Luc : Oui, mais c’est-à-dire ?

Nicolas : Chaque personne a des identités et chacun va vouloir protéger son morceau d’identité en fonction du contexte.

Manu : Le changement de société.

Luc : Oui, avec le côté un peu évolution vers des systèmes autoritaires.

Manu : Les mœurs ont changé et peut-être que les mœurs d’aujourd’hui ne seront plus les mêmes, mais que vous serez fiché comme ayant eu des comportements qui ne sont plus tolérés.

Luc : Là-dessus, penser à la façon dont certains politiciens ou autres se voient reprocher des choses qu’ils ont écrites il y a trente ans.

Manu : Ah oui, tu penses à Cohn-Bendit, il avait écrit des trucs sur les jeunes enfants qui sont mal passés aujourd’hui.

Luc : Tout à fait. Peut-être qu’il avait écrit ça à l’époque soit sincèrement, soit par pure provoc, mais aujourd’hui ça ne marche plus du tout. On a le fait qu’un jour on va être vulnérable et qu’on n’a pas envie que ça se sache.

Magali : L’intimité des autres.

Luc : Tout à fait.

Manu : Du coup on n’a peut-être qu’on n’a rien à cacher, mais on a tous des choses à protéger.

Luc : Bravo ! C’est un super mot de la fin.


Powered by Planet!
Mise à jour: Le 24 September 2016 à 20:33:07